Sans perdre un instant, les deux Aurors sortirent de la prison et débouchèrent dans un couloir d'une dizaine de mètres de largeur et une cinquantaine de long. Visiblement, la tour se trouvait à l'extrémité d'une aile. Les rares fenêtres présentes avaient leurs rideaux tirés et seules des chandelles éclairaient le couloir.
Ron était en tête, mais il ne savait absolument pas où aller. Il essaya de se souvenir des évènements de la veille. Tout était encore brumeux dans son esprit. Il se rappelait distinctement la pièce, mais le château était si immense qu'il était absolument hors de question de toutes les fouiller. Et il ne croyait pas vraiment à l'existence d'un plan lui indiquant son chemin.
Le jeune sorcier se revit dans le parc, il se souvint avoir traversé des couloirs interminables. Mais pas d'escaliers. Cela impliquait que le bureau était au rez-de-chaussée et probablement loin de l'entrée. Ron s'approcha d'une des fenêtres et ouvrit légèrement le rideau. Il fut momentanément aveuglé par la brusque luminosité de l'extérieur. Une fois ses paupières habituées, il put constater qu'il se trouvait face au Nord – le soleil n'était visible nulle part – et au huitième étage, à en juger les fenêtres sur la façade face à lui.
Ils se trouvaient au Nord. Le jeune sorcier se rappelait que lui et son équipe étaient arrivés par l'Est. Par conséquent, le bureau devait se trouver quelque part à sa gauche. Autrement dit, de l'autre côté de la tour qui servait de prison. De toute évidence, Ron avait face à lui une cour intérieure. Il se remit en route et suivit le long couloir jusqu'à une double-porte en bois. Il la poussa, ou tout au moins, il essaya. Car la porte resta fermement en place.
« La porte est fermée, sembla utile de remarquer Summerby.
— Non, observa Ron en reculant légèrement. Elle n'est pas fermée… Elle est lourde.
— Lourde ?
— Oui, regarde le sol. Je l'ai à peine déplacée. Cette porte n'a pas besoin d'être fermée, son poids seul suffit à la rendre infranchissable.
— En s'y mettant à deux, on devrait pouvoir y arriver. »
Summerby posa Harry délicatement contre un des murs, puis commença à pousser la porte de toutes ses forces. Celle-ci bougea un peu plus, mais l'espace était encore insuffisant. Ron posa Higgs à son tour et vint aider son coéquipier. À deux, ils donnèrent de fortes impulsions sur la porte, qui bougea par à-coups.
Petit à petit, ils réussirent à ouvrir un espace entre les deux battants. Ils redoublèrent d'efforts et réussirent enfin à l'ouvrir suffisamment pour passer. Ils étaient en sueur et trop fatigués pour partager leur joie, aussi ils retournèrent vers les deux sorciers inconscients. Summerby récupéra l'Attrapeur tandis que son chef d'équipe s'occupait de son ami. La porte ouvrait sur un autre couloir, perpendiculaire.
Cette fois-ci, ce n'était pas des fenêtres qui le parcouraient, mais des portes. Il était aussi, bien plus étroit – cinq mètres tout au plus, jugea le jeune rouquin – et plus sombre. Il n'y avait personne. Ron regarda à droite puis à gauche, essayant de déterminer le chemin le plus court. Le couloir à sa gauche semblait continuer sans fin, alors que vers la droite, un coude était visible.
Cela lui sembla étrange : lorsqu'il avait regardé à l'extérieur, l'aile face à lui ne devait pas se trouver à plus de vingt mètres. Ne voulant pas tenter le Détraqueur, il opta pour l'assurance et tourna à droite, suivi de son coéquipier. Ils prirent le coude, qui tournait lui aussi à droite, et continuèrent d'avancer.
« Nous devons descendre, finit par murmurer Ron.
— Je m'en doutais, aussi incroyable que cela puisse paraître.
— Cesse d'être cynique ! Nos baguettes sont dans le bureau de Kontschak, et ce bureau se trouve au rez-de-chaussée. Nous devons descendre, c'est impératif. »
Il s'arrêta, scrutant le couloir devant lui. Des portes se succédaient jusqu'à perte de vue sur sa gauche et des fenêtres, rideaux tirés, se trouvaient sur sa droite. Le couloir n'en restait pas moins sombre et lugubre. Il n'y avait toujours personne, ce qui commençait à l'inquiéter sérieusement. Après tout, ils se trouvaient à seulement quelques mètres de la prison. N'y avait-il réellement qu'un seul garde ?
Ron essaya de se concentrer sur les escaliers. Ceux-ci étaient sûrement derrière une porte, une toile ou une tapisserie – voire une des statues présentes un peu plus loin –, mais comment savoir quelle était la bonne solution. Il était tout simplement hors de question d'ouvrir toutes les portes. Tout d'abord, si elles étaient toutes aussi lourdes que celle qu'ils venaient de franchir, ils allaient perdre un temps faramineux. Enfin, rien n'empêchait qu'ils tombent sur une salle remplie de Vampires.
« On va devoir descendre par dehors, annonça-t-il alors.
— Tu veux bien répéter ? Descendre par dehors ? s'interloqua Summerby.
— Oui, confirma le jeune chef d'équipe. Il est inutile de perdre du temps ici à chercher les escaliers. En passant par dehors, nous augmentons nos chances de réussite. Tout d'abord, c'est un moyen rapide de traverser le château car nous pourrons couper à travers le parc. Ensuite, les Vampires ne s'aventureront sûrement pas à regarder par la fenêtre, ou à faire des rondes dans le parc. Pas en pleine journée.
— Je t'accorde le bénéfice de la sécurité, admit son coéquipier. Mais j'ai comme l'impression que tu oublies un détail crucial : nous sommes au huitième étage. Soit à pas loin de quarante mètres de haut si tous les étages font la même hauteur, ce qui me semble le cas. Sans compter que nous avons deux personnes totalement incapables de se débrouiller seules.
— Nous n'avons rien à craindre, assura Ron. Combien d'entre nous sont tombés de haut et ont rebondi simplement ?
— Nous étions gosses et ne maîtrisions pas notre magie, rappela Summerby. Je doute que cela fonctionne encore aujourd'hui. Prends l'exemple de Potter : ce n'est pas pour rien que Dumbledore l'a ralenti lorsqu'il est tombé de son balai face à Poufsouffle.
— Harry était inconscient…
— Preuve que ces deux-là ne survivront pas à la chute, conclut son partenaire récalcitrant. Que celui-ci y passe, je m'en moque éperdument. L'Angleterre peut se passer de son Attrapeur. Mais la mission est de sauver Potter et je doute que de ramener une bouillie ne soit compris dans les termes de la mission. Ou alors, Ospicus a un sens de l'humour dont j'ignorais l'existence. »
Ron se détourna de son coéquipier et avisa de nouveau la cour intérieure face à lui. La solution, il l'avait. Restait à la mettre en place rapidement.
« On peut sauter avec eux, tenta-t-il.
— Ça ne change rien, objecta Summerby. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir survivre, nous aussi. Je n'ai jamais entendu parler de sorciers adultes réussissant à faire de la magie sans baguette.
— Dumbledore…
— Était une exception, tout comme l'était Tu-Sais-Qui. Ils n'étaient pas normaux. Je ne veux pas prendre un tel risque sans contrepartie. »
Le chef d'équipe regarda autour de lui, comme si la réponse était écrite quelque part. Soudain, un éclair se fit sans son esprit : la réponse n'était pas écrite, elle était accrochée.
« Les rideaux ! s'exclama-t-il.
— Les rideaux ? répéta l'Auror d'un ton sceptique. Tu veux te pendre ?
— Ne fais pas l'imbécile, rétorqua Ron. Nous pouvons utiliser les rideaux pour descendre.
— Je te répète que nous devons descendre de quarante mètres… Enfin trente-cinq, puisque nous ne comptons pas cet étage. Je doute que nous ayons le temps de faire une corde suffisamment longue pour aller jusqu'en bas.
— Pas besoin d'avoir trente mètres ! Deux suffiront, un pour chacun de nous.
— J'ai besoin de tes lumières, avoua Summerby.
— Tu es un Sang Pur ? s'enquit Ron.
— C'est exact.
— As-tu des Sangs-Mêlés ou des Nés-Moldus parmi tes relations ? Parles-tu du monde Moldu avec eux ? Te l'expliquent-ils ?
— Weasley, tu dois comprendre que le cas de ta femme n'est pas universel. Même si Tu-Sais-Qui n'est plus, beaucoup de sorciers n'ont pas accepté les Nés-Moldus comme des sorciers à part entière. Beaucoup d'entre eux préfèrent ne pas étaler leur monde.
— Tu es donc un anti-Moldu ? avança le chef d'équipe.
— Non, trancha son coéquipier. Je te dis juste que les Nés-Moldus avec qui j'ai une relation amicale ne me parlent pas de leur monde et préfèrent éviter la conversation.
— Dommage pour toi, confia Ron, parce que ce sont les Moldus qui vont nous sauver.
— Sois plus précis, exigea Summerby.
— Bien. Les Moldus ont inventé un système leur permettant de sauter dans le vide en toute sécurité, sans s'écraser au sol, expliqua le jeune rouquin. Cela s'appelle le parachute. En gros, le principe est d'utiliser une toile assez grande pour ralentir ta chute. En général, les Moldus ne l'utilisent pas tout de suite, car ils sautent de très haut. Mais pour nous, les rideaux feront office de parachutes. Nous devrons les tenir fermement et ils devraient nous ralentir considérablement. »
Summerby regarda son chef d'équipe, puis les rideaux, puis la cour intérieure et revint à Ron. Il n'était pas sceptique – il croyait visiblement l'histoire de Ron –, mais il semblait cependant inquiet sur le fait de faire confiance à une technique Moldue.
« Tu es sûr que ça marche ?
— Absolument, certifia Ron. J'ai vu plusieurs photos de ces Moldus et Hermione m'a même emmené voir une démonstration. Je peux t'assurer que ça marche. Le seul problème est que nous ne pourrons pas maîtriser le lieu de notre atterrissage. »
Son coéquipier resta silencieux quelques secondes de plus. Le temps pressait et Ron avait du mal à cacher son impatience.
« Bon d'accord. Je veux bien utiliser ton idée de peureuchoute…
— Pa-ra-chu-te !
— Mais comment va-t-on les descendre, ajouta Summerby en désignant Harry et Higgs.
— Chacun de nous en prendra un. Rien n'empêche de sauter à deux et la surface de ces rideaux devrait être suffisante. »
Après un bref signe, Summerby accepta le pari fou de Ron. Ils s'assurèrent qu'il n'y avait pas de Vampires dans les parages – un pur miracle qu'aucun ne soit venu leur rendre visite en prison –, puis commencèrent à détacher les rideaux. Ils tirèrent comme des forcenés, mais le rideau tint bon avant de lâcher soudainement. Ils furent prit dans le tissu lourd, mais réussirent à sortir. Ils réitérèrent sur le rideau suivant, qui lâcha plus vite.
Puis, Ron brisa une des vitres, après s'y être repris à plusieurs fois – tout semblait avoir une résistance supérieure à la normale dans ce château –, et regarda au pied du mur. Aucun obstacle sur sa route. Il se retourna et entreprit de s'attacher fermement au rideau, aidé de Summerby. Puis, il attrapa Harry et son équipier fit un tour supplémentaire pour l'attacher lui aussi. Le jeune chef d'équipe s'assura que le reste du rideau était bien étalé par terre avant d'aider son collègue à s'équiper à son tour.
C'était fait de façon très artisanale et il savait que ce n'était pas aussi sûr que ce que faisaient les Moldus, mais ça valait toujours mieux que rien.
Une fois Summerby paré, Ron s'approcha de la fenêtre et s'assit sur le rebord, tenant fermement son meilleur ami. C'était le moment ou jamais. Il se mit debout, prit une grande inspiration et sauta le plus loin possible du mur, en attrapant le rideau. Il se sentit chuter pendant de longues secondes, le sol s'approchant de plus en plus. Il avait passé trois étages, non quatre. Puis soudain, une violente secousse failli lui broyer les aisselles et il se sentit planer. Le choc lui arracha une grimace : son bras lui fit de nouveau mal. La douleur irradia dans toute la partie supérieure de son corps, qui se crispa spontanément.
C'est pas croyable ! Ça doit être la seule fois où Hermione n'a pas terminé un truc et ça tombe sur mon bras !
Il leva les yeux et vit que le rideau s'était ouvert comme il le fallait. Il se sentit planer, mais le sol se rapprochait toujours aussi rapidement. Le choc fut plus violent qu'il ne s'y attendait. Il sentit une vive douleur dans ses jambes et il s'écroula au pied du mur. Le rideau lui tomba dessus et il se retrouva rapidement enchevêtré dans des kilomètres de tissus. Il réussit à s'en sortir au bout de cinq petites minutes.
Summerby était tombé un peu plus loin et avait visiblement les mêmes problèmes. Ron le laissa se débrouiller et essaya de retrouver Harry sous le rideau affalé au sol, ce qu'il fit assez rapidement, à sa grande surprise. Il traîna son ami jusqu'au mur où il le déposa délicatement. Puis il alla rejoindre son coéquipier qui essayait toujours de retrouver Higgs. Il leur fallut un peu plus de temps, mais ils y arrivèrent. Ron essaya alors de déterminer quel chemin suivre.
« La prochaine fois que tu essayes de me tuer, fais en sorte que ce soit efficace ! maugréa Summerby.
— Je ne pensais pas qu'on allait atterrir si vite… s'excusa le jeune chef d'équipe. On n'a pas dû sauter d'assez haut pour que ce soit efficace. Et nous manquons vraisemblablement de pratique pour l'atterrissage. L'essentiel est qu'on soit en vie et en sécurité pour encore quelques heures.
— Où allons-nous ensuite ? »
Ron observa de nouveau la cour intérieure. Face à lui se tenait la tour renfermant la prison. Elle était reliée au reste de l'édifice, non pas par une aile, comme l'avait cru Ron, mais par un pont en pierre. La taille et la forme de ce pont faisaient qu'il ne pouvait tenir que par magie. Il y avait bien un mur sur sa gauche, mais il lui paraissait bien trop proche pour être le lieu où se trouvait le bureau de Kontschak. Mais cela dépendait d'où se trouvait l'entrée. Peut-être était-elle à plusieurs centaines de mètres de leur position. Quelle était la taille réelle de ce château ?
Ron essaya de se rappeler la forme du bureau. C'était une grande pièce, une pièce circulaire. Elle se trouvait donc dans une tour. Le problème était qu'il y avait des tours un peu partout dans cette forteresse. Il essaya de se souvenir de plus de détails. Les fenêtres étaient ouvertes, il avait vu la nuit dehors. Mais aucune lumière. La tour devait donc donner sur le parc à l'extérieur. Les fenêtres étaient grandes, se souvint le jeune sorcier.
Il leva les yeux et observa les différentes tours. Plusieurs avaient de grandes fenêtres, mais elles étaient une minorité. Cela réduisait considérablement la recherche. Une tour à grandes fenêtres, orientée vers l'Ouest et se trouvant sur les flancs extérieurs du château. Il ne devait pas y en avoir des dizaines.
« Il faut trouver un moyen de sortir de cette cour intérieure, pour retourner à l'extérieur, déclara Ron.
— Et qui te dit que nous pourrons le faire sans repasser par l'intérieur ? interrogea Summerby.
— Il n'y a aucune porte donnant sur cette cour, fit remarquer le jeune rouquin. Cela signifie donc que les Vampires peuvent y accéder par l'extérieur. Il y a donc forcément un passage pour y aller.
— Et pourquoi les Vampires sortiraient de leur château ? Peut-être que cette cour est seulement là pour faire joli, pour isoler la prison du reste du château. Ça me semble plus logique.
— Ça ne coûte rien d'essayer », insista Ron.
Il s'éloigna en longeant le mur, tout en regardant autour de lui, essayant de trouver une ouverture. Après avoir parcouru une centaine de mètre, il en trouva finalement une… Non deux. Une était directement sur sa gauche et donnait accès à une nouvelle cour qui semblait aller vers l'Ouest. De nombreuses tours se trouvaient au centre et plusieurs ponts la traversaient. Il y en avait d'ailleurs un juste au-dessus de sa tête. L'autre ouverture – aussi surmontée d'un pont – se trouvait de l'autre côté de la cour et donnait sur le Nord. Ron ne parvint pas à voir s'il lui était possible de tourner plus loin. Il retourna vers son coéquipier.
« Visiblement, ce château est construit comme un labyrinthe, constata-t-il. Plusieurs cours sont connectées les unes autres par des passages. Les ailes et les tours sont reliées, quant à elle, par des ponts. Ce château doit être aussi grand que Poudlard. »
Il se pencha et prit Harry par les épaules. Il était totalement amorphe et ne tenait debout que par son soutien. Ils avancèrent vers l'autre cour et la traversèrent.
Summerby était impressionné par la prestance dégagée par les murs et Ron dut reconnaître qu'il sentait une pointe de respect émerger en lui. Tout semblait se croiser, se soutenir, se traverser avec grâce, intelligence et splendeur. C'était comme s'il y avait une recherche artistique dans l'agencement de chacune des pierres.
Le jeune chef d'équipe suivit les différentes cours, essayant plus ou moins de continuer vers l'Ouest. Il avait l'impression de tourner en rond et cela faisait plus d'une heure qu'ils marchaient sans relâche lorsque, devant eux, un paysage montagneux se dessinait entre deux murs au bout d'un long couloir. Ron redoubla d'intensité et parcourut les derniers mètres au pas de course. Il embrassa le paysage du regard, observant les montagnes boisées, les forêts, les vallées face à lui.
Il essaya de déterminer son orientation. Le Soleil était sur sa droite et déjà bas sur l'horizon. Les sorciers ne pouvaient être que face au Sud. Ron allait prendre cette direction lorsqu'un détail attira son attention : une tour unique faisait face au Sud, reliée par une aile au reste du château. Elle faisait quatre étages de haut, mais ce qui l'attira, c'étaient les fenêtres. Chacune ne devait pas faire moins de dix mètres de haut, peut-être même quinze. Il resta figé quelques instants. Il ne pouvait s'agir que de cette tour. Elle se situait seulement à une cinquantaine de mètres et le jeune sorcier pouvait voir que les rideaux qui encadraient ces fenêtres étaient brodés avec de l'or, contrairement aux autres rideaux qu'il avait vus jusqu'à maintenant.
Il désigna la tour à Summerby qui la jugea à son tour. Lui aussi semblait convaincu. Ron réfléchit à la meilleure marche à suivre. Mieux valait y aller seul. Cela diminuait les risques de se faire repérer, mais augmentait également le temps de recherche.
« Vas-y, lui lança son partenaire. Je reste ici avec ces deux-là. Ils risquent de nous gêner si nous y allons tous les deux. Je t'attends ici.
— D'accord. Reste dans la lumière, conseilla le jeune chef d'équipe, cela devrait te couvrir suffisamment.
— Ne t'inquiète pas, je me débrouille. »
Summerby joignit un hochement de tête à ses paroles avant de désigner la tour. Ron déposa Harry contre le mur et courut en direction du bâtiment. Il ne lui restait plus que quelques heures de soleil – trois au maximum – avant que la nuit n'arrive. Il leur restait à trouver Stimpson et à s'enfuir. Le temps risquait de leur manquer.
Le jeune sorcier arriva au pied de la tour, tout près d'une des fenêtres. Un doute l'assaillit alors soudainement : et s'il y avait du monde à l'intérieur du bureau ? Il n'avait pas pensé à cela. Qu'allait-il se passer s'il entrait en plein milieu d'une réunion entre Vampires ? Sans doute allait-il se faire tuer sur place. Il colla une oreille contre la fenêtre et couvrit l'autre avec sa main. Rien. Mais cela était peut-être dû à un Sortilège d'Impassibilité ou alors les rideaux suffisaient à étouffer le son. Comment savoir ?
Une idée germa alors dans son esprit. Il regarda frénétiquement autour de lui et trouva ce dont il avait besoin : une petite pierre. Il la prit, se cacha au bord de la fenêtre contre laquelle il frappa avec la pierre.
Tout d'abord, le projectile ne fut pas repoussé, indiquant l'absence de Sortilège d'Impassibilité. Deux minutes supplémentaires lui confirmèrent également l'absence de quiconque dans ce bureau. En effet, si Kontschak ou un autre Vampire s'y était trouvé, il aurait au moins ouvert les rideaux de loin, sans pour autant s'exposer à la lumière du soleil, pour voir l'origine du bruit. Or les tentures n'avaient pas bougé.
Ron se baissa pour prendre une plus grosse pierre. Il la lança de toutes ses forces contre l'un des carreaux, qui ne fit que se fendre légèrement. Il la ramassa et la jeta de nouveau au maximum de sa puissance. La fissure augmenta de taille, tandis que d'autres la rejoignirent sur le point d'impact. Après trois autres tentatives, le jeune sorcier réussit à briser le carreau. Celui-ci, étant dans les mêmes proportions que la fenêtre, était suffisamment grand pour le laisser entrer.
Le jeune Auror enjamba l'encadrement, fit attention de ne pas se couper et entra dans le bureau. Il resta immobile quelques secondes, dans l'attente d'une réaction des Vampires. Mais toujours rien. C'était à croire qu'ils étaient partis. Ron entreprit de fouiller le bureau, ce qui n'était pas une mince affaire : en effet, celui-ci s'étendait sur les quatre étages de la tour.
Il commença par fouiller le mobilier présent, tirant chaque tiroir, chaque porte. Il souleva piles de parchemins sur piles de parchemins, ouvrit livres sur livres et vida boîtes sur boîtes. Il passa à l'étage supérieur, puis encore celui au-dessus et enfin, le dernier étage.
Le soleil avait décliné au loin et Ron se trouvait toujours sans baguette – et Kontschak n'était toujours pas rentré à son bureau. Depuis combien de temps s'étaient-ils libérés ? Stimpson était-elle morte ? Ron se cala dans le fauteuil de Kontschak, regardant la pièce autour de lui. Où les baguettes pouvaient-elles bien se trouver ? Il avait fouillé partout dans cette pièce. Partout… sauf derrière les tableaux !
Mais bien sûr ! Les Vampires nous ont déjà montré qu'ils n'hésitaient pas à copier les Moldus !
Le jeune chef d'équipe se leva de nouveau, excité par sa nouvelle découverte et se mit à retourner tous les tableaux de la pièce. Au bout de son septième essai, il tomba sur une cavité dans laquelle se trouvait une boîte en acajou. Il la prit délicatement et la posa sur le bureau de Kontschak. Il n'y avait aucun système de verrouillage, et donc, aucun système de déverrouillage, à moins qu'il ne fût magique. Cependant, le Roi des Vampires n'avait pris aucune disposition magique pour protéger son bureau, aucune raison qu'il le fasse maintenant.
Ron posa sa main sur le couvercle de la boîte et l'ouvrit. Un immense soulagement le parcourut mais il fut rapidement suivi par un pincement au cœur lorsqu'il tomba sur une vingtaine de baguettes. Cela signifiait donc qu'il y avait, ou avait eu, vingt prisonniers en tout. Il repéra la sienne et l'attrapa, puis il utilisa un Sortilège d'Attraction pour récupérer les autres. Il referma alors la boîte et la reposa où il l'avait trouvée.
D'un mouvement de baguette, il essaya de remettre un peu de rangement dans la pièce et ainsi effacer les traces de son passage. Il sortit et répara le carreau. En se retournant, une mauvaise nouvelle l'attendait : le soleil se trouvait à présent au ras de l'horizon. Dans moins de quinze minutes, il aurait disparu et les Vampires pourraient alors sortir en toute liberté. Ron retourna aussi vite qu'il put vers la cachette où se tenait Summerby.
« Par les caleçons de Merlin, mais qu'est-ce que tu faisais ? s'impatienta Summerby. Ca fait des heures que je t'attends ici ! J'ai cru voir deux Vampires s'aventurer aux fenêtres et un autre qui se baladait à l'ombre.
— Ça prouve qu'ils sont là, murmura Ron.
— Comment ça ?
— Comme tu le dis, je suis resté deux heures et demie dans ce bureau et pas une seule fois un Vampire n'est venu me rendre visite, révéla le chef d'équipe.
— Tu crois que c'est un piège ? proposa son coéquipier.
— Je ne sais pas, mais je n'aime pas ça, confessa le jeune rouquin. J'ai récupéré nos baguettes et elles fonctionnent. Je pense qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'on les trouve si vite. Il faut se montrer très prudent à présent. Tiens, prend ta baguette.
— Merci. Où va-t-on maintenant ? s'enquit Summerby.
— Nous devons retrouver Patricia, affirma Ron. Elle a été emmenée probablement dans une salle de torture. Il doit s'agir d'une zone assez isolée pour ne pas attirer l'attention ou déranger le reste du château. Si c'est dans une des tours, celle-ci doit avoir peu d'ouverture.
— J'opterais plus pour les sous-sols dans ce cas-là.
— Les Vampires ne sont pas vraiment du genre à se terrer. C'est bien pour ça que ce sont les loups-garous qui ont attaqué le Ministère.
— Si tu le dis. »
D'un coup de baguette magique, Summerby fit léviter Harry et Higgs à quelques centimètres du sol, leurs têtes penchées en avant. Puis, d'un autre coup, il pratiqua sur l'ensemble du groupe, un Sortilège de Désillusion, ce qui devrait les protéger légèrement plus longtemps.
Ron ouvrit la marche et s'engagea vers les cours intérieures. Le soleil s'apprêtait à se coucher – les nuages au-dessus de leurs têtes viraient au rose orangé – et l'obscurité régnait à présent dans toutes les cours. Seul le sommet des tours et de certaines ailes étaient encore éclairés par la lumière de l'astre roi.
Le jeune sorcier supposa que la salle de torture devait se trouver à proximité de la prison, selon toute logique. Il n'y avait aucune tour correspondant aux critères dans la cour intérieure, mais il se souvint que plusieurs se trouvaient à proximité. Il décida donc de revenir sur leurs pas, ce qui fut plus rapide qu'à l'aller. Il la retrouva lorsque le dernier rayon de soleil éclaira la tour contenant la prison. À ce moment précis, des cloches résonnèrent dans tout le château et, presque instantanément, les rideaux furent tirés.
Ron aperçut les débris de la fenêtre qu'il avait brisée dans l'après-midi et, de toute évidence, cela n'allait pas passer inaperçu. Il continua sa route en direction de l'ouverture se trouvant en face de lui. Il suivit un long labyrinthe avant d'arriver devant une construction singulière.
Au niveau du sixième étage d'une des ailes du château, une passerelle tenait en l'air et reliait l'aile du château à une tour sans fenêtre qui semblait suspendue dans les airs. La tour, qui ne faisait qu'un étage, n'avait l'air de tenir que grâce à la passerelle. Un endroit totalement inaccessible excepté par un seul côté. Et la prison ne se trouvait qu'à une centaine de mètres derrière eux.
« Ça doit être là, supputa Summerby dans un murmure.
— Je pense pareil, approuva Ron. Reste à trouver un moyen de s'y rendre.
— L'un de nous doit retourner à l'intérieur, fit observer son coéquipier. Ces deux-là vont nous ralentir si nous y allons tous ensemble et nous ne pouvons pas les laisser sans surveillance. Ils peuvent se réveiller ou les Vampires peuvent tomber dessus.
— Dans ce cas, tu y vas ! Je suis allé dans le bureau de Kontschak. Je reste ici avec eux et je t'attends. Dès que tu auras récupéré Patricia, tu reviens ici et nous trouvons un moyen de sortir rapidement.
— On devra transplaner, suggéra Summerby.
— Le château doit être protégé. Il faudra courir jusqu'à l'extérieur de l'enceinte.
— Il est donc préférable que tu y ailles toi, avança son coéquipier. Moi, je rentre immédiatement avec Harry et ce type. Je peux les porter et courir sans trop de problème.
— On se donne rendez-vous au village où nous sommes arrivés. Nous devons partir ensemble, insista Ron.
— Pourquoi ? s'intrigua Summerby.
— Parce que si tu rentres sans moi, on va penser que j'y suis resté et avant même que tu n'auras ouvert la bouche, tous les Aurors vont débarquer ici. Il faut éviter d'empirer les choses. Tu m'attends dans la ruelle…
— Oui, je t'y attendrai.
— Si je ne suis pas revenu avant…
— Allez, vas-y ! » pressa son coéquipier.
Celui-ci donna une tape dans le dos de son chef d'équipe pour le faire avancer avant de partir en courant, faisant léviter les deux autres prisonniers devant lui. Il disparut si rapidement que Ron jura qu'il avait réussi à transplaner. Son regard se porta sur l'étrange structure. Il ne voulait pas s'aventurer dans les couloirs.
Comment arriver là-haut ? Il n'avait pas de balai et il était hors de question d'en attirer un à lui. Escalader le mur ? C'était une idée, mais ceci le rendrait vulnérable. Le jeune sorcier opta pour la dernière option qui lui vint : se faire léviter jusqu'au pont. Il s'appliqua le sortilège et se sentit monter de quelques centimètres en l'air. Malheureusement, son ascension s'arrêta à moins d'un mètre du sol. Le sortilège cessa et Ron s'affala de tout son long en retombant.
Bon, va pour l'escalade.
Il s'assura que personne ne regardait dans sa direction, puis que le Sortilège de Désillusion était toujours fonctionnel. Enfin, il s'approcha d'un des murs et commença à grimper le long des rebords. Sans la magie, il n'aurait pas fait un mètre, mais il réussit à creuser des interstices pour caler ses mains et ses pieds. Il était dans un équilibre très instable, il sentait qu'il pouvait tomber à chaque seconde.
Il lui fallut un peu plus de dix minutes pour réussir à gravir les six étages. Il s'accrocha à la passerelle, s'y hissa et se prépara à contrer une éventuelle attaque. Mais rien ne vint. Pourquoi les Vampires n'intervenaient-ils pas ? Cela faisait plusieurs heures que Ron et Summerby s'étaient échappés et leur passage n'avait pas été sans laisser de traces. Était-ce un piège ? Et Stimpson, était-elle encore en vie ? Cela valait-il le coup ?
Le jeune chef d'équipe écarta ces idées et se précipita vers la porte à l'autre bout de la passerelle. Il tenta de l'ouvrir, sans grand succès. Il essaya de la projeter à travers la pièce à l'aide de sa baguette, mais il ne réussit qu'à la faire basculer en arrière. Aussi étrange que cela pût paraître, aucun grain de poussière ne fut soulevé. C'était comme si l'intérieur était parfaitement propre. Il entra, sa baguette prête à être utilisée. Mais rien ne se passa.
Il était arrivé dans une sorte d'antichambre et personne ne s'y trouvait. Il traversa la pièce, jusqu'à une autre porte. Celle-ci s'ouvrit avec plus de docilité. Ron entra dans une grande pièce circulaire, entièrement recouverte de blanc…
Non, elle est fabriquée dans du marbre blanc, réalisa-t-il.
Il vit au centre de la pièce, une table sur laquelle reposait un corps ensanglanté. Il courut dans sa direction pour trouver Stimpson, presque entièrement dévêtue, recouverte de sang et de cicatrices. Elle respirait faiblement, mais elle était vivante. Le jeune sorcier la secoua dans l'espoir de la réveiller, ce qu'elle fit au bout de quelques secondes. Elle cligna des yeux, regarda autour d'elle, comme effrayée, avant de voir enfin le sourire bienveillant de Ron.
« Patricia ? Patricia, tu m'entends ?
— Ou… oui, balbutia-t-elle dans un murmure. Où… où suis-je ?
— Nous sommes dans une salle de torture, révéla le jeune sorcier, située dans le château que nous recherchions. Les Vampires t'ont-ils fait du mal ? s'inquiéta-t-il.
— Ils m'ont… ils m'ont posé des questions…, avoua la jeune sorcière. Je n'ai pas…pas répondu. Ils n'ont pas aimé… pas aimé du tout
— Ils t'ont torturée ?
— Je… je crois… mais je n'avais… pas mal… Ils… ils me soignaient…, bredouilla Stimpson. Puis ils sont tous partis… Quelqu'un est entré… il leur a parlé… et ils sont… sortis… Je me suis… évanouie juste après…
— Ce n'est pas grave Patricia, rassura Ron. Tu as été admirable !
— On a… on a retrouvé… Harry ? s'enquit sa coéquipière.
— Oui, oui, opina-t-il. Ne t'en fait pas. Ne te préoccupe de rien. On va rentrer maintenant. »
Il fit apparaître un drap autour du corps de Stimpson puis il la prit dans ses bras. Il se retourna et sortit en courant de la pièce, sans rencontrer de résistance. Il arriva sur la passerelle, où se tenait – enfin – un Vampire. Celui-ci regarda Ron tout comme Ron le regarda pendant quelques secondes.
Le jeune sorcier mit à profit cette hésitation pour propulser son adversaire sur le mur d'en face. Il regarda le vide sous ses pieds et réalisa qu'il ne pourrait pas faire comme à la montée. En entendant des bruits de pas qui se rapprochaient, il comprit qu'il ne pourrait pas non plus utiliser de son stratagème avec les rideaux. Il prit une grande inspiration, tint fermement Stimpson et se jeta dans le vide alors que la porte s'ouvrait.
Il se roula en boule et pointa sa baguette vers le bas. Il fit apparaître un coussin, mais celui-ci était trop petit pour amortir sa chute. Il tenta alors de la ralentir et se sentit à peine freiner. Il toucha violemment le sol avant de sentir la jeune Auror lui échapper des bras et eut le souffle coupé.
Il était allongé sur le dos, il avait mal partout. Sa vision resta brouillée quelques secondes avant de redevenir nette. Il vit les Vampires, sur la passerelle au-dessus de sa tête, en train de se préparer à sauter. Il se releva, le corps endolori de part en part, se précipita vers Stimpson, la ramassa et courut aussi vite qu'il put dans la direction qu'avait prise, un peu plus tôt, Summerby.
Ron entendit derrière lui les bruits mats des corps des créatures magiques qui tombaient sur le sol et les exclamations de leurs voix. Il courut à en avoir mal aux jambes, celles-ci le brûlaient atrocement et le poids de Stimpson lançait horriblement son bras, mais il ne ralentit pas la cadence. Et même si son souffle était de plus en plus court, il ne s'arrêta pas.
Il réussit à sortir du dédale du château et se retrouva face à une forêt. Il s'y précipita et vit alors Summerby en sortir, sa baguette pointée sur quelque chose derrière lui. L'Auror lança plusieurs sortilèges et son chef d'équipe entendit des cris ainsi que les impacts des sorts. Ron continua à courir tandis que son coéquipier le couvrait.
Ce fut alors qu'il sentit quelqu'un tomber derrière lui, ou plutôt se réceptionner, et lui attraper la jambe. Il trébucha et glissa sur plusieurs mètres. Stimpson lui échappa une nouvelle fois des bras, mais Summerby réussit à la rattraper avant qu'elle ne touche le sol. Ron se retourna et vit qu'une Vampire lui tenait fermement la jambe. Il essaya de se dégager, donnant des coups à la terrible créature, mais il ne fit que se blesser d'avantage. Il pointa sa baguette et trancha le bras de son adversaire… Ou du moins, ne fit que l'entailler.
La créature ne lâcha pas sa prise pour autant et commença à traîner Ron avec sa force surhumaine. Celui-ci attira une des pierres du parc et la métamorphosa en pieux. Il propulsa alors l'objet dans le dos de la femme, mais celui-ci explosa au contact de la peau. Néanmoins, la Vampire lâcha prise sous le choc. Elle se tint le dos puis se retourna, mais Ron s'était déjà enfui et avait attrapé le bras libre de Summerby. Ils transplanèrent l'instant d'après.
Kontschak était debout, au milieu de son bureau. Il regardait le désordre plus ou moins bien camouflé, un léger sourire sur les lèvres. Weasley était rentré par effraction pour récupérer les baguettes, il n'y avait aucun doute là-dessus. La porte s'ouvrit derrière lui et il entendit un de ses subalternes entrer précipitamment.
« Mon Roi, je suis désolé, mais ils se sont enfuis. Nous n'avons pu les arrêter à temps, ils avaient franchi nos barrières…
— Des pertes ? s'enquit le Roi.
— Aucune, Votre Excellence, lui confirma son sujet. Quelques blessés légers, mais rien d'important.
— Bien. C'était prévisible qu'ils s'échappent. C'était même souhaitable, concéda-t-il. Shacklebolt aurait donné l'assaut au lever du soleil s'il n'avait pas reçu de nouvelles de son escouade.
« Tout s'est déroulé selon le plan et à la perfection, se réjouit Kontschak. Même le fait que Weasley entre ici, récupère leurs baguettes et aille chercher la fille.
— Pourquoi ne pas les en avoir empêchés ?
— Tout d'abord, parce que Shacklebolt a jugé bon de lancer une attaque contre une de nos positions ce matin, laissant par l'occasion le château sans effectif ou presque. Ensuite, parce qu'en retournant chez eux, Weasley et Potter nous laissent le champ libre pour détruire les Mangemorts. Les Aurors vont les débusquer pour nous.
« Mais surtout, cette évasion aura eu au moins l'intérêt de nous rendre le Sanguini Cordis. Notre pouvoir nous a été rendu et les sorciers vont vite comprendre qu'il aurait mieux valu le détruire définitivement.
─ Mais, Excellence…, objecta le Vampire.
─ Potter détient nombre de nos secrets. Mais il ne sait pas que le Sanguini Cordis n'est que la deuxième pièce du sceptre de Mulcahy.
─ Il n'y a qu'une pièce au Sceptre, Ô Roi.
─ Tu te fourvoies, assura Kontschak. Le Sanguini Cordis n'obtient tout son pouvoir que s'il est relié à la deuxième pièce du sceptre : le Roi des Vampires. »
