Bonjour à tous !

Je crois avoir établi un record : trois ans sans nouveau chapitre. Je tenais à profondément m'excuser d'avoir délaissé cette fanfiction, ce n'était pas prémédité. Mais comme je l'ai toujours dit, jamais je ne laisserais une histoire en suspens, et je reviens aujourd'hui motivée à vous offrir une fin digne de ce nom - si du moins vous êtes toujours là !

J'ai déjà quelques chapitres de rédigés. Je vais commencer par vous poster celui-ci, pour se remettre un peu dans le bain, et si vous n'avez pas tous disparu (ce qui serait compréhensible, vu le laps de temps de retard), alors je continuerais à publier régulièrement jusqu'à clore l'histoire.

Alors, si vous êtes toujours là, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! :)
Encore une fois, toutes mes excuses pour ce retard indécent.


Previously on WWMA -

Clarke quitte les siens, mais la disparition d'Octavia, Bellamy et Lincoln la force à entreprendre une nouvelle mission de sauvetage. Avec l'aide de Raven, elles parviennent à localiser les prisonniers dans le palais de la Nation de la Glace. Manquant de se faire exécuter par leur reine impitoyable, Clarke est sauvée par Lexa, qui lui offre son aide pour libérer les prisonniers.

Après plusieurs essais, et une attaque combinée entre les terriens et les Arkadiens, ils parviennent à libérer leurs prisonniers - sauf Lincoln, dont on apprend la mort.
Parallèlement, Clarke apprend le terrible de secret de Lexa : la reine de la glace, Nia, n'est autre que sa soeur. Pour protéger Clarke, Lexa est forcée de finalement se venger, en tuant sa soeur.

Alors que chacun rentre chez soi, Clarke réalise les sentiments qu'elle ressent pour Lexa, et part immédiatemment pour Polis pour lui déclarer sa flamme. Malheureusement, un terrible incendie criminel qui a laissé sa mère entre la vie et la mort force Clarke - accompagnée de Lexa - à retourner à Arkadia, où heureusement, Abby réussit à survivre à ses blessures.

Mais le répit est de courte durée : une vague de haine anti-terriens secoue Arkadia. Tout le monde est persuadé que la vague d'incendies criminels est causée par les terriens, et qu'ils ne sont pas dignes de confiance. La situation étant trop tendue et dangereuse, Lexa, au grand regret de Clarke, regagne Polis.


Les trois jours d'absence s'étaient transformés en trois longues et pénibles semaines. La paix était loin d'être rétablie sur Arkadia, mais le feu avait cessé. Aucun nouvel incendie n'avait été à déplorer, et personne, ni les autorités menées par Marcus, ni le petit groupe de recherche informel de Clarke et de ses amis n'avait découvert quoi que ce soit. Les coupables demeuraient introuvables. Et petit à petit, le sujet avait commencé à désintéresser les populations. Seuls Clarke et Bellamy maintenaient des patrouilles quotidiennes, le soir tombé.

Ce temps passé ensemble les avait beaucoup rapprochés. Mais plus Clarke se liait avec Bellamy, et plus son manque s'intensifiait. Trois semaines sans échanger un mot avec la Commandante. Trois semaines sans pouvoir admirer ses traits autre part que sur le papier sur lequel elle dessinait à longueur de journée.

Son coeur lui criait de retourner à Polis, de retrouver ces bras dans lesquels elle avait découvert des sensations que son corps réclamait maintenant en permanence. Mais sa place était ici, auprès des siens. Avoir failli perdre sa mère avait changé la perspective de Clarke, qui n'aspirait plus autant à s'éloigner d'Arkadia qu'auparavant. Les routes et les bois avaient perdu de leur attrait, et Clarke vivait sagement cantonnée à l'intérieur des fortifications. Ses seules escapades consistaient maintenant aux longues marches avec Bellamy lors de leurs patrouilles.

- Clarke, tu es toujours avec moi ?

La réalité la rattrapa, alors que le visage de sa mère en face d'elle la scrutait avec circonspection. Cela faisait quelques jours qu'Abby tenait sa fille à l'oeil, et ses doutes étaient confirmés : quelque chose clochait.

Assises à l'une des longues tables de bois dispersées sur la place centrale, la mère et la fille se faisaient face. Mais si l'une était bien présente, l'esprit de l'autre vagabondait aux quatres coins du monde.

- Je ne sais pas ce qui vous arrive en ce moment, mais ça commence à m'inquiéter.

- Comment ça ? releva-Clarke en fronçant les sourcils, avec un regain d'intérêt.

- Octavia, Raven, et maintenant toi !

- On peut comprendre O', maman. Elle a perdu l'amour de sa vie. Tu sais mieux que personne ce que ça fait. Elle aura besoin de beaucoup plus de temps que ça pour se reconstruire. Qu'est-ce que tu reproches à Raven, par contre ?

Elle détailla le visage de sa mère avec attention. A présent, elle ne voyait même pas les cicatrices de brûlures encore fraiches qui labouraient ses joues. Elle aurait pu y passer dans cet incendie, alors quelques cicatrices, qu'est-ce que ça pouvait bien faire…

Abby sonda les traits de sa fille en face d'elle, une moue songeuse sur le visage. Était-elle la seule à avoir remarqué le comportement étrange de la mécanicienne ? Clarke n'était-elle pas censée être une de ses amies les plus proches ? En voyant l'air peur disposé à parler de Clarke, Abby rendit les armes, levant les mains en l'air en signe de reddition.

- Peut-être que je me fais des idées. Promets moi juste de venir vers moi si quelque chose te pèse sur le coeur.

Clarke se mordit la lèvre inférieure, et hocha la tête, presque négligemment, parfaitement consciente de son mensonge. Sa mère était probablement la dernière personne à qui elle pouvait parler de Lexa. En réalité, à part Raven qui était au courant, elle ne pouvait guère en parler, à personne. D'abord parce que ça concernait sa vie privée, et qu'elle était farouchement occupée à la défendre, et à se garder un peu d'intimité. Ensuite, parce qu'elle mettrait sa main à couper que les gens d'ici ne seraient pas ravis de la savoir entretenir une liaison avec une terrienne. Le rejet du peuple de la terre se faisait de plus en plus fort, et rien ne s'était calmé, alors même que les incendies avaient stoppé.

Et puis finalement, qu'y avait-il vraiment, entre elle et la chef des terriens ? Elle aurait voulu pouvoir répondre à cette question, malheureusement, elle n'était même pas complètement certaine qu'il y ait toujours quoi que ce soit. Après bientôt un mois de séparation, elle ne savait pas comment elle devrait se comporter quand elle reverrait Lexa – si elle la revoyait un jour.

- Je vais te laisser, j'ai un truc à faire.

Sur cette excuse à la limite de l'acceptable, Clarke embrassa sa mère sur la joue, et s'éclipsa en vitesse. Abby la regarda partir, soucieuse. Son instinct lui hurlait d'insister, mais elle savait que c'était inutile. Clarke pouvait se replier sur elle-même à un tel point qu'elle en devenait inaccessible, parfois. Elle viendrait d'elle-même quand elle en ressentirait le besoin.

- Tu ne lui as toujours pas dit ?

Abby se retourna, et elle adressa un sourire solaire au nouveau venu, qui prit place sur le banc à côté d'elle. Elle hocha négativement la tête, lançant des oeillades prudentes autour d'eux. Après tout, leur relation était toute neuve, et encore dans le placard.

- Abby, tu m'avais promis que tu le lui dirais rapidement !

Marcus semblait déçu – ce n'était pas la première fois qu'ils avaient cette discussion. La condition pour qu'ils « révèlent » leur relation publiquement, c'était que Clarke devait être mise au courant avant les autres. Et Abby ne semblait pas particulièrement pressée, ce qui commençait sérieusement à agacer Kane qui en avait marre des cachotteries. « Je n'ai plus l'âge d'entretenir une liaison cachée d'adolescents », ne cessait-il de répéter avec humour mais fermeté.

- Elle le sait, Marcus. Je sais qu'elle sait.

- Alors quel mal à officialiser ? s'exclama-l'homme, qui ne comprenait décidément pas.

- Sois patient, veux-tu ? Elle traverse une période difficile, et je ne compte pas lui imposer plus de bouleversements que nécessaire.

- Trois semaines, Abby, ça fait trois semaines que les terriens ont levé le camp. Tu ne crois pas que c'est suffisant pour s'adapter ?

- Dans la mesure ou ni toi, ni moi ne connaissons l'étendue de sa relation avec Lexa, comment savoir quel temps suffit ? Je t'en prie, fais moi confiance.

Battu par ces derniers arguments qui sonnaient juste, Kane se contenta de hocher le menton avec dépit. Il avait tout simplement hâte de pouvoir se comporter comme il le souhaitait, et officialiser les sentiments qui s'étaient développés au fil du temps, pour sa Chancelière.

Les muscles endoloris de son cou craquèrent lorsqu'elle se redressa, et elle ne put retenir un grognement agacé. Si son cerveau carburait, et qu'elle n'avait jamais été aussi impliquée dans son travail qu'en ce moment, elle avait l'impression de se détacher de son corps, de plus en plus.

Ce fichue blessure à la jambe la faisait souffrir le martyr, la douleur lancinante l'empêchant même parfois de fermer l'oeil plusieurs nuits d'affilée. Bien évidemment, elle mettait un point d'honneur à ignorer ces maux, et il était hors de question qu'elle mette le bout d'un doigt de pied à l'infirmerie. Elle commençait tout juste à se débarrasser de cette étiquette « d'infirme », ce n'était pas pour leur prouver à tous qu'elle était en réalité endommagée de manière irréversible.

Et puis, son travail au Labo de la Reconstruction lui prenait tout son temps.

Décidant de s'octroyer une pause, Raven sortit de la pièce où elle passait le plus clair de ses journées, et fronça le nez lorsque le soleil l'éblouit. Elle déambula dans les rues d'Arkadia, serrant les dents pour ignorer la douleur qui commençait à la titiller, au niveau de sa jambe.

- Reyes !

Octavia s'approchait à larges enjambées, le visage fermé. La mécanicienne aurait bien voulu rebrousser chemin, ou faire semblant de ne pas l'avoir vue, mais c'était trop tard. Elle tenta d'adresser un sourire sarcastique à son amie, qui se plantait devant elle.

- C'est bizarre de te voir sans ton sabre, O'. La greffe n'a pas fonctionné ?

- Je suis pas là pour déconner, Raven.

La mécanicienne plissa le front, douchée par la réplique. Un masque de sérieux se peignit sur son visage.

- C'est quoi le deal avec Samuel ?

Raven sentit son sang ne faire qu'un tour. Comment était-elle déjà au courant ? Elle décida qu'il valait mieux se murer dans le silence pour le moment. Mais Octavia n'était pas d'une humeur très patiente.

- Il ne veut plus me parler, l'abruti chiale dans sa chambre, soi disant que tu lui aurais « brisé le coeur ».

Les gros guillemets qu'elle venait de mimer en l'air à quelques centimètres de son visage suintaient de mépris. Raven commençait à ne pas aimer la tournure de cette conversation, qui virait à l'agression. Elle croisa les bras sur sa poitrine, et toisa la jeune femme.

- Je ne savais pas que tu t'intéressais à Sam, persifla-Raven. Il fallait agir plus vite si tu le voulais avant moi.

Elle vit Octavia pâlir sous son masque de fureur, et n'avait pas prévu qu'elle réagirait au quart de tour. La jeune femme se jeta sur la mécanicienne avec une force impressionnante, et Raven alla rouler dans la poussière. Une douleur affreuse lui transperça la jambe, et elle resta le visage écrasé sur le sol, incapable de se relever. Des exclamations, du bruit, Octavia qui tente de se justifier. Raven se redressa en position assise, en grimaçant, pour voir Bellamy, Jasper, et quelques Arcadiens qui passaient maîtriser Octavia.

- Qu'est-ce qui te prend ? s'exclama-violemment Bellamy en direction de sa sœur. Tu te prends pour une terrienne jusqu'au bout ?

La gifle partit toute seule. Bellamy grimaça, et regarda Octavia tourner les talons, et quitter la rue, dans un silence consternant. Le jeune homme appela sa sœur, une fois, deux fois, trois fois, mais elle ne se retourna pas.

Il pivota vers Raven, et lui tendit une main pour l'aider à se relever. L'un et l'autre échangèrent un regard gêné.

- Excuse-la, marmonna-t-il du bout des lèvres. Elle n'est pas elle-même, en ce moment.

Raven haussa les épaules, l'air de dire qu'elle s'en foutait pas mal. Ils étaient tous à cran, en ce moment. Dans tout Arkadia, l'ambiance était inexplicablement électrique. Peut-être était-ce à cause de cette menace d'incendies non résolus qui planait dans l'air, comme une épée de Damoclès ? Ou peut-être craignait-on le retour des terriens, que l'on haïssait avec force. Toujour est-il que l'humeur était au plus bas, et que les tensions étaient toujours vives, et explosaient avec violence sans signe avant coureur.

La mécanicienne n'était donc pas surprise, elle était la témoin de ce genre d'altercation au moins une fois tous les jours, rien qu'en déambulant dans les rues. Ce qui l'étonnait, c'était qu'Octavia paraisse assez instable pour s'en prendre à elle, une de ses amies les plus proches, et à son frère. Ça ne lui ressemblait pas. Perdre Lincoln l'avait-elle bousillée pour le reste de ses jours ?

« Bousillée comme ma jambe »

Raven se traîna jusqu'à sa petite chambre, de laquelle elle claqua la porte. Elle s'assit sur son lit, et laissa échapper un soupir de douleur, en étirant le muscle de sa jambe. Ses pensées revinrent vers Samuel, et elle secoua la tête, dépitée. Quel gamin….

Elle n'eut pas le temps de se reposer davantage que quelques coups furent frappés à sa porte. Clarke. Les mots d'Abby avaient eu assez de force pour insinuer le doute dans le cerveau de sa fille. La jeune femme s'était baladée dans les rues en réfléchissant à Raven, et à Octavia. Avait-elle était si préoccupée par ses propres problèmes qu'elle en avait négligé la situation de ses deux meilleures amis ? Elle n'en était pas fière, mais ça aurait pu être très possible. Ces derniers temps, à part Bellamy, elle passait la majorité de ses journées en tête à tête avec son bloc à dessin.

- Je ne te dérange pas ?

Raven secoua négativement la tête dans un demi-mensonge. Elle aurait préféré être seule pour le moment, mais elle n'allait quand même pas mettre Clarke à la porte. La blonde cala son dos contre l'un des murs de la petite pièce, et dévisagea la mécanicienne avec sollicitude. Raven se sentit aussitôt scrutée d'une manière très désagréable.

- Qu'est-ce qu'il y a, Griffin ? Crache le morceau.

- Je voulais savoir si tout allait bien pour toi...Ces derniers temps, on a pas tellement eu l'opportunité de discuter. J'ai été...occupée.

Raven se mit à jouer avec la fermeture éclaire de son blouson rouge, les lèvres pincées. C'était l'euphémisme du siècle. Mais elle devait reconnaître qu'elle-même s'était ensevelie sous le travail, au Labo.

- Tout va bien, balaya-Raven en haussant les épaules. Nickel. Pourquoi ça n'irait pas ?

Pendant une poignée de minutes, Clarke continua de fixer la jeune femme, mais elle dû se rendre à l'évidence : Raven s'était enveloppée dans sa carapace, et elle n'arriverait pas à l'en faire sortir maintenant. Inutile d'espérer qu'elle se confie.

La blonde prit donc congé, et alors qu'elle refermait la porte, elle ne put s'empêcher de douter de plus en plus. La petite graine plantée dans sa tête par sa mère avait germé, et il fallait le reconnaître : Raven n'était pas tellement dans son état normal, elle venait d'en avoir la preuve. Etait-ce sa jambe, encore ? Ou était-ce autre chose ?

Clarke ne sentit pas le danger, lorsqu'une forme sombre jaillit au coin d'une rue, à quelques mètres seulement de la porte de Raven. Elle continuait à s'éloigner sans se retourner, alors que la silhouette sombre se glissait chez Raven, refermant silencieusement la porte derrière elle comme s'il ne s'était rien passé.