Chapitre 22 :

Un bonbon au citron

"Sorbet citron." dit le Professeur Dumbledore.

Harry se demanda s'il était devenu fou et quand la gargouille bougea pour les laisser passer, il se rappela que oui, son Directeur était fou et qu'il l'avait probablement toujours été. N'empêche, eux aussi, étaient fous dans la Meute et ils auraient tous approuvé !

"Ma soeur adorerait votre mot-de-passe." complimenta le jeune Black.

Il profita de l'escalier pour jeter un coup d'oeil à l'objet que McGonagall lui avait donné… un bonbon à la menthe ?! Est-ce qu'il sentait siii mauvais que ça ? Oh misère… il entrait dans la puberté !!! Pourquoi Max ne l'avait pas parvenu ?! Sa vie était fichue, FICHUUUE. Et non, il n'était PAS mélo-dramatique !

"Et vous n'avez pas encore rencontré mon oiseau domestique…" sourit Albus.

Il claqua des mains et la porte de son bureau s'ouvrit. Cool. Il n'en restait pas moins calculateur et cruel mais on pouvait au moins lui accorder ça : il ne manque pas de style.

"Phénix ???" s'écria Harry comme un dingue. "Waaah, c'est comme avoir un chalumeau de bureau ! FEUUU !!!"

Albus était confiant, Fumseck n'était pas du genre à obéir au premier venu surtout quelqu'un d'aussi méfiant envers lui qu'Harr…

"NOOON ! Fumseck !!!" hurla-t-il.

L'oiseau avait déployé ses ailes et sorti du feu d'on-ne-sait-où pour s'attaquer au bois. Depuis quand les phénix font ça ?! Qu'est-ce que... Pourquoi ???? Oh. Harry Black. Bien sûr… Pourquoi n'avait-il pas plus réfléchi avant de l'emmener dans son bureau ?

"C'est un ouvrage très précieux, surtout ne…" dit-il mais… Trop tard.

Le livre en question fut réduit en cendre et la moitié de sa bibliothèque partait en fumée, Harry continuait à hurler "feu ! feu ! feu !" et le phénix, bien que mourant n'avait jamais paru aussi joyeux et actif.

Quand avait-il perdu le contrôle de la situation ? Au moment où il avait piégé Harry Black pour un entretien… Oooh, le gamin n'était pas en danger, c'était LUI qui l'était (et son bureau, visiblement).

"Que dois-je faire pour que vous arrêtiez de mettre le feu à mes livres ?"

Harry arrêta net d'hurler "Feu" et il leva une main face au bec de Fumseck qui obéit, instantanément. L'oiseau se percha sur l'épaule du garçon et le monde de Dumbledore venait de basculer à 180 degrés. Bienvenue chez nous, Dumby, un bonbon ?

"Dites-moi tout ce que vous savez sur la Chambre des Secrets." exigea Harry d'une voix tranchante.

"Poudlard a été construit au Moyen-Âge, il y a plus de mille ans. La date exacte n'est pas connu mais d'après moi, ça se situerait plutôt autour des années..."

"Oh pitié ! Si j'avais voulu entendre un extrait de l'Histoire de Poudlard, j'aurai demandé à Hermione. Est-ce que vous savez ce que ça fait de vivre constamment entouré par des encyclopédies sur pattes ?! C'est horrible !!! Et puis en plus, vous ne mettez même pas le ton et je n'ai pas amené ma peluche que je n'ai même pas."

"D'accord. D'accord. Je saute la partie historique. Mais c'est fascinant, si vous saviez tout ce que..." Harry arrêta de caresser Fumseck et regarda ce qui restait de la bibliothèque avec un sourire sadique. Albus laissa échapper un petit cri pas du tout glorieux et s'empressa de finir son récit :

"Salazar Serpentard a construit une salle secrète dans le château et y a enfermé un monstre pour que son Héritier légitime extermine les nés-moldus."

"Waw, sacrée légende." souffla Harry, admiratif. "Dooonc… un imbécile se prend pour Picasso, tapisse le mur de sang et tout le monde panique comme si c'était la fin du monde ? Dommage que j'ignorais tout du récit, cette blague est hilarante. Personne n'a d'humour dans cette école de barge !"

"À part vous, je présume ?"

"Arroser le Professeur Chourave de tarte à la mélasse ÉTAIT hilarant. Il fallait y être pour comprendre."

Le Professeur Dumbledore ouvrit un dossier qui les attendait, seul sur une table et commença à lire les appréciations à voix haute :

École de Sorcellerie Poudlard

Harry Black - Serpentard

Note globale : Harry semble très fusionnel avec sa soeur jumelle (voir dossier Max Black) et présente un comportement provocateur.

Potions : "Excellent, rien à signaler. PS : arrêtez de me harceler à propos de cet élève !"

Métamorphose : "il va me falloir une autre salle."

Sortilèges : "il va me falloir plus de plumes."

Botanique : "il va me falloir plus d'élèves."

Défense contre les Forces du Mal : "il me fait peur, il fait peur aux élèves et il fait peur aux Forces du Mal."

Cours de vol : "j'aimerai bien participer au club de lecture qu'il a créé pendant mes cours mais je dois enseigner. Est-il possible de décaler mes horaires ?"

Appréciation générale sur l'élève : "explosif"

Le Directeur arrêta sa lecture et Harry le regarda, bouche bée.

"ATTENDEZ ! Y'a des vrais dossiers scolaires ?! Je croyais que vous faisiez semblant d'être Directeur."

"Ce n'est pas la question."

"Et vous pensez que je suis l'Héritier de Serpentard, uniquement parce que j'ai remis de l'ordre dans l'enseignement déplorable de cette école ?"

"Qu'en pensez-vous ? Vous êtes du genre à avoir des secrets… n'est-ce pas ?"

Harry voulut rire mais il toussa. D'abord légèrement, puis la quinte de toux s'intensifia jusqu'à brûler sa gorge et ses yeux pleurèrent.

"Un bonbon au citron ?" offrit gentiment le Directeur.

L'élève posa sa main au-dessus de la petite coupelle remplie de pastilles jaunes puis il s'arrêta, méfiant. Génial ! Il devenait aussi parano que Severus, maintenant…

"Je ne vais pas vous empoisonner."

Harry toussa puis cracha un liquide jaunâtre. Et enfin, il comprit. Tout faisait sens. Il ne puait pas de la gueule, hourra ! Alors il pris le bonbon à la menthe du Professeur McGonagall et ça soulagea sa gorge instantanément. Pfiou.

"Je préfère la menthe au citron." dit-il.

"Blasphème."

"Ceux qui croient que je ne suis pas leur dieu EST un blasphème. Préférer la menthe au citron, c'est juste du bon sens."

Un bruit sourd venant des escaliers intrigua Harry juste avant que la porte ne s'ouvre dans un grand fracas. Hagrid entra, essoufflé comme s'il avait couru jusqu'ici. Il tenait du produit contre les limaces dans une main et un poulet mort dans l'autre.

"Harry est innocent !" cria-t-il. "J'suis prêt à… à… à… euh... J'suis sûr qu'il est innocent. Faut mener une enquête et... et…"

"Hagrid, je suis sûr qu'Harry est innocent." assura Albus Dumbledore d'une voix calme.

"C'est faux, j'connais bien…" Hagrid s'arrêta. "Attendez, z'avez dit quoi ?!"

"Je suis sûr qu'Harry est innocent. Nous étions simplement en train de parler de son dossier scolaire. N'est-ce pas, Harry ?"

"Non, on parlait du fait que je suis un dieu et de vos goûts franchement discutables."

"Ah, z'êtes pas en train d'vous étriper ?"

Il jeta un coup d'oeil à la pièce, la bibliothèque à moitié cramée et un globe-terrestre qui continuait à flamber dans un coin. Visiblement, Harry avait trouvé un moyen de dominer la situation.

"Bon ba'h… J'vais vous laisser, dans c'cas."

"Oui oui." pressa Dumbledore.

"Il sort d'où ce poulet ?!" demanda Harry.

"J'l'ai r'trouvé com'ça. Mort. Y'a des gens pas nets…"

Et Hagrid s'en alla.

"Alors vous ne me pensez pas coupable ?" demanda Harry juste avant de sentir une pression dans son esprit.

Albus Dumbledore profita de la question pour effectuer une très légère légilimencie sur son élève mais il se heurta à un mur de feu mental alors il se retira. C'est bien ce qu'il craignait…

"La curiosité est un défaut illégal." lui répondit le Serpentard.

"Vous n'êtes pas un naturel, n'est-ce pas ? C'est difficile de s'en empêcher quand on est né avec des facultés de magie d'esprit… Veuillez m'excuser."

"Apprenez à vous contrôler, vous n'êtes pas un enfant. La prochaine fois que je sens la moindre intrusion, qu'importe si vous y êtes pour quelque chose ou pas, j'en informerai le Ministère." prévint Harry.

Il caressa une dernière fois le bec de Fumseck, arrêta le feu qui consumait encore le bois deçà et là avec un coup de baguette puis quitta la salle. Il descendit les escaliers et à peine la gargouille s'ouvrit-elle pour le faire passer qu'il tomba sur Max, Michael, Drago, Hermione, Praesepe et Logium. Ce dernier voulut faire un câlin à son petit presque-frère avant de se prendre un uppercut dans l'estomac. Ok, il allait bien.

"Albus sait que je suis innocent donc il connaît le coupable. Ce qui veut dire qu'il ne peut rien y faire." raconta Harry.

"Alors on va avoir besoin de ta pensine." répondit Michael. "On commence par éplucher nos souvenirs de la soirée pour déterminer qui était absent au banquet. On va trouver l'Héritier de Serpentard… et la Chambre des Secrets. Mais d'abord, on doit faire un truc important…"

"Choper celui qui a inondé l'étage !!!" répondit Harry. "Et trouver le tueur de poulet..."

-Fin du 22ème chapitre-

…à suivre…