Holà holà .laaaa ! on se retrouve pour un nouveau chapitre. Fait quel temps chez vous?! hum hum... bon je sais que comme vous avez vu le titre, vous avez qu'une envie c'est de savoiiiiir quel va être ce baiseeeer ! J'espère que vous avez votre armée de Kleenex à proximité héhé ! On prend les paris que vous n'aurez pas deviné de qui il va s'agir ! je n'en dis pas plus, vous retrouvez Tartine en fin de chapitre et n'hésitez pas à nous dire en review si vous aviez prédit ce qu'il s'est passé héhé ! très bonne lecture, merci de continuer à nous suivre et prenez soin de vous * coucou !
Chapitre dix-sept :
Premier baiser
Point de vue de Lilly :
Le plancher de la pièce qui sert de dortoir aux filles est une vraie torture.
Je me hisse avec difficulté sur mes fesses déjà endolories. A côté de moi, le futon d'Akira est vide, les couvertures rejetées en arrière, c'est décidément une lève tôt. Tout autour de moi je sens les rebonds des talons des filles qui s'agitent pour se préparer à descendre rejoindre les garçons.
- Hé ! ils nous ont apporté des vêtements propres ! il reste une tenue, Akira a déjà pris la sienne.
Nami-san est la première personne à m'adresser la parole. Derrière elle je distingue une file d'attente.
- Merci, s'passe quoi là-bas ? Alisha est revenue ?
Silence général, tout le monde se fige sur place, à croire que la chasseuse de primes à largement marqué les esprits ! et surement hanté certains rêves.
Nami-san se retourne et me lance un regard incisif.
- La Reine se pomponne et monopolise la salle de bain depuis deux heures…
Ah oui c'est vrai que Boa a dormi ici aussi. Hier soir elle a tapé un scandale pour avoir sa propre chambre mais l'équipe d'encadrement lui a cordialement annoncé qu'il n'en était pas question. Du coup elle a monopolisé tous les matelas de ses « subordonnés (?) » qui ont dû s'éclater le dos à dormir directement sur la paille.
Une vraie amie cette Boa.
Je soupire et décide de me lever. Je replie soigneusement le futon et les draps d'Akira pour les mettre de côté avec ceux de Nami-san et Vivi-san. Quelque chose me dit que Koza ne laisserait rien arriver au futon de Vivi-san, les nôtres sont donc en sécurité à proximité.
Je défais la tenue prêtée et je suis à deux doigts d'exploser de rire.
- C'est une blague ?
- Quelque chose ne va pas ?
Vivi-san a noué ses cheveux bleus dans une jolie tresse déposée sur son épaule.
- C'est juste que … la dernière fois que j'ai porté un truc comme ça c'était dans mon ancien lycée, en plus il est blanc, comme mon ancien uniforme.
Je lui montre la robe à corsets et jabots, toutes ces fanfreluches faussement sophistiquées me dégoûtent.
Je réalise seulement qu'elles portent toutes des tenues extravagantes. Vivi-san est vêtue d'une robe à corset brodée de plumes bleue et de cristaux. Quant à Nami-san, elle ressemble à une fleur orange avec sa collerette perlée qui se dresse dans son cou.
Je suis à deux doigts de préférer le short de sport, c'est dire.
Nami-san vient poser son coude sur mon épaule et tapote le haut de mon crâne.
- Tu nous rejoins en bas ?
- Oui, partez devant.
Les deux filles s'exécutent et je ramasse la robe blanche, le jupon en métal et tous ses artifices pour ouvrir la fenêtre. Les autres pensionnaires s'insurgent de mon geste mais peu m'importe, sur le rebord je trouve les baskets d'Akira, elle a dû sortir par là ce matin aussi. Je saute par la fenêtre, à croire que ses méthodes m'ont contaminé. Mais je dois avouer que cette grande gifle d'air frais m'a fait du bien.
J'atterris en contre-bas, les jambes encore un peu douloureuses de la veille sans pour autant que ce soit insupportable. Une fois dehors je me cache derrière un mur bois, près d'un des nombreux canaux qui perforent la ville et commence à me déshabiller.
Certains gestes restent gravés dans la peau, même si je préfèrerai les oublier. J'enfile le panier à arceaux en métal et le positionne sur ma taille avant d'enfiler la robe blanche. Le tissu épais aux motifs de flocons tombe droit et ses froufrous caressent le sol. Je passe ma tête dans la dernière pièce de tissu immaculé qui recouvre mes bras et je l'ajuste à ma poitrine avant de ferme le corset blanc brodé de perles. Je tire sur les cordons avec la fermeté de l'expérience et retiens ma respiration.
Par reflex, je noue mes cheveux blancs dans le traditionnel chignon haut exigé par Mary Geoise. Je sors mon téléphone de la poche de mon short et me prends en photo pour l'envoyer à mes parents, j'imagine que ça les fera rire aussi.
Je trottine pieds nus en soulevant dignement le devant de ma robe immaculée et me dirige vers la salle de restauration. La maison est aussi branlante de dehors que de dedans, les plumes brodées sur mes épaules bouffantes s'agitent et les perles qui ornent mon corset s'entrechoquent.
Comment de telles tenues pourraient-elles être à disposition comme ça ?
J'arrive à hauteur de la porte du réfectoire et je pénètre dans la salle pour découvrir que tous les élèves sont vêtus de ces costumes colorés et excentriques.
C'est un véritable carnaval !
Les couleurs et les grelots jaillissent de tous les côtés, je suis presque aveuglée par toutes ces costumes qui scintillent. Je ne sais pas où poser mes yeux. Prisonnier de mon corset, mon cœur est retenu et il ne pourra pas exploser, c'est peut -être une bonne chose après tout.
Je presse le pas, la tête légèrement baissée pour ne croiser personne, en direction de la table de Nami-san et Vivi-san. Je prends place à côté d'elles.
- C'est rigolo, t'es la seule en blanc, tout le monde à des couleurs ! mais ça te va bien !
Nami-san détourne rapidement ses yeux vers l'un des garçons présents à table, un terminal. Il porte un costume blanc et noir aux motifs de croix et de cœurs, un mélange étonnant mais qui va très bien avec son bonnet tacheté.
- Oh, d'ailleurs je ne sais pas si vous vous connaissez ! Lilly je te présente Trafalgar D. Law, il est en terminale.
J'incline poliment la tête, Trafalgar-san fait de même et reporte son attention sur Nami-san.
- Vous êtes avec nous pour les visites de ce matin ? Lui demande-t-il.
- Oui, on vous accompagne une bonne partie de la matinée.
- Bien.
Le silence prend place entre les deux et Vivi-san en profite pour me tirer par le coude.
- Viens ! on va manger !
Son sourire me réchauffe un peu mais j'avoue chercher celui d'Akira dans les moindres recoins de la salle, sans la trouver.
Pour ce matin, il n'est pas question de plateau et de tapis roulant, nos hôtes ont mis le paquet. De grandes tables ont été dressées et regorgent de nourriture tout aussi excentrique que nos costumes. Je ne reconnais aucun des mets alors je vais au plus « sur » et m'empare de la dernière pomme dans le panier. J'allais saisir le fruit quand mes doigts rencontrent ceux d'une autre personne.
Margaret.
- Oh pardon, je vais prendre autre chose.
Sa voix raisonne contre ses dents serrées dans un sourire faussement détendu.
- Non c'est bon, prends le, je n'en veux pas.
Je lui tourne le dos mais elle m'attrape le poignet.
- Lilly, tu … tu es très jolie.
Mes yeux peinent à contenir tous les éclairs qu'ils pourraient darder contre Margaret tandis que je vois derrière son épaule Monkey-san dans son habit magnifique. Il resplendit, rayonne et irradie ce sourire qui m'est interdit.
Margaret dépose le fruit dans ma main et je sens sa peau chaude glisser sur la mienne.
- J'ai vu que tu as été blessée hier, j'espère que tu n'as rien de grave.
- Non, ne t'en fais pas pour moi.
Je ne la regarde pas, trop obnubilée par Monkey-san vêtu d'or, de pourpre et de fourrure. Son long manteau aux broderies infinies, ces épaulières qui soulignent son visage et cette dignité naturelle qui émane de tout ce qu'il fait.
Comment peut-il être aussi solaire ?
Je fais un effort considérable pour retenir mes jambes de courir vers lui, et je déteste Margaret pour pouvoir être si proche de lui, si naturellement. Et je me trouve si ridicule.
Tout ceci est ma faute.
Violement, je me décale des mains de Margaret et me dirige vers la porte. J'allais saisir les poignées mais c'est finalement la porte qui s'ouvre toute seule.
- Ah t'es là !
Akira ! J'aurai pu sentir les larmes me monter aux yeux si j'avais pu, mais je crois avoir rarement été aussi heureuse de la trouver. Elle et son vêtement de métal orné de fleurs, elle a déchiré le drapé blanc qui devait la gêner et ses jambes sont à découvert. Ses cheveux lâchés se perdent dans les pétales des fleurs de son corset. Elle sent si bon, comme un morceau vivant de nature.
Sentant ma détresse elle me prend par la main et me guide jusqu'à la table de Vivi-san qui lui faisait signe.
Une fois assise, elle dépose la pomme qui s'était fixée dans ma main et y glisse ses doigts.
- Je suis allée faire un tour dehors, et tu devineras jamais ! dans cette ville y'a plein d'hippocampes ! et en plus ils sont super grands !
Elle s'arrête là dans son récit et porte son regard sur Portgas-san. Lui aussi prend une dimension différente ainsi vêtu. Je vois les yeux d'Akira scruter et détailler le costume rouge et noir de Portgas-san. Cette veste large brodée de flammes entremêlées et cette dentelle noire qui entoure son cou. Rien n'échappe aux yeux océan de mon amie.
- Vous êtes ravissantes !
Sabo-sempaï nous interrompt dans nos contemplations. Son manteau bleu orné d'or lui va à merveille, il pose ses mains sur les dossiers de nos chaises.
- Héhé ! j'ai apporté ma touche personnelle au mien ! Lui répond Akira en pointant les fleurs dans ses cheveux.
- Ça te va très bien ! Lilly, ça va aller pour les visites ? Pour tes blessures.
Je me contente d'un hochement de tête.
- Parfait ! comme toutes les classes sont réunies nous devons partir ensemble ! régalez-vous mais ne traînez pas trop !
Il nous quitte avec son éternel sourire angélique et rassurant avant de rejoindre Izou-sempai (vêtu d'un long manteau de soie couleur lavande et rose) et de quitter la salle.
C'est à ce moment que la « Reine » décide de faire son entrée.
Les deux portes s'ouvrent et laissent tout le monde admirer les courbes de son corps largement mises en avant par son costume rouge intense. Son interminable jambe se dévoile sous la fente du tissu de sa robe et sa poitrine généreuse ne laisse aucun mystère.
Cavendish et Dellinger, l'escortent jusqu'à la table de Monkey-san à laquelle Boa prend place.
Portgas-san se lève et repousse sa chaise. La tête relevée il croise le regard d'Akira qui était braqué sur lui. Il la salue de la main mais Akira-grimace fait son retour. Les traits de mon amie se crispent et Portgas-san quitte la salle.
- Faut que je mange, j'ai mal au ventre.
La logique légendaire d'Akira.
Elle me tire par le bras et me traine jusqu'au buffet. Elle renifle les mets mais rien ne semble la convaincre. Elle attrape alors un des pans de sa robe et y engouffre des cerises bien rouges.
- Les noyaux, ça me fera du bien. Me dit-elle en souriant.
Je sens que quelque chose en va pas entre elle et Portgas-san, je pensais pourtant que l'épisode Teach aurait pu les rapprocher mais c'est le contraire qui semble se produire.
Je soupire en me trouvant bien égoïste ces derniers jours, je dois plus penser à Akira, ça m'aidera à oublier mes tracas.
- Tu veux des abricots aussi ? le noyau est bien robuste.
- Oh ! bonne idée !
Ainsi des abricots vinrent rejoindre la famille des cerises dans la jupe d'Akira.
De retour sur la table, je me rends compte que Nami-san est perdue dans une conversation passionnée avec Trafalgar-san. Leurs yeux pétillent à tous les deux.
Je vole une cerise à Akira et m'aperçois que Vivi-san est déjà partie. Je jette ma tête en arrière sur l'épaule de mon amie qui vient coller sa joue contre mes cheveux, je la sens mâcher ses noyaux de fruits et sa mastication frénétique me fait rire.
- Atta je sens qu'il va bien croquer celui-là.
« CRAOUNCHE »
- Aïe ! Hahahaha !
- Shishishiiii
Nous rions toutes les deux et je colle encore un peu plus ma tête contre sa joue.
Pour rien au monde je ne voudrais que ça s'arrête.
Nos rires raisonnent encore un peu, le temps qu'Akira termine ses fruits (enfin surtout les noyaux) et nous nous levons, bras-dessus, bras-dessous, en direction de l'extérieur. Ainsi liée, plus rien d'autre n'a d'importance pour moi, juste Akira.
Une fois dehors, mon amie m'entraine vers un des canaux qui s'écoule lentement aux abords de la maison branlante.
- Regarde !
Elle me pointe du doigt une étrange créature qui porte sur son dos une espèce de barque. Akira part le saluer et lui gratter le menton.
- Ce sont des Bulls ! tu trouves pas qu'ils sont beaux !?
A ces mots les yeux de la créature s'allumèrent et des petits cœurs se dessinèrent sur ses pupilles. Je m'approche pour venir caresser le sommet du crâne de la créature qui jappe de plaisir.
- Oh, les lutins, c'est par là que ça se passe.
Alisha, plantée derrière nous les bras croisés se tient néanmoins à bonne distance.
- Salut ! t'en as déjà caressé un ? lui demande Akira.
- C'est un moyen de locomotion, pas un jouet…
- Au pire s'il te mord, je te porterai jusqu'à l'infirmerie.
Ma remarque me vaut un regard (faussement mauvais) de la part d'Alisha qui se résigne et vient tapoter avec nous le crâne du Bull qui continue à japper de joie.
- Pourquoi t'es habillée normalement ? Je lui demande.
- Parce que j'ai toujours mon sac, moi.
Je lève les yeux au ciel et envoi un dernier hommage à mes affaires englouties.
- Tu sais ce que c'est le programme de la journée ?
- Musées.
Akira et moi affichons simultanément la même moue de dégoût, ce qui arrache un rire à Alisha.
- M'en parlez pas, j'suis même pas payée pour ces conneries.
- Oh ! Crimson-san !
Sabo-sempaï et Izou-sempaï nous font signe près d'un autre Bull un peu plus loin. Akira court les retrouver et je l'entends râler contre le programme de la journée. C'est vrai que j'ai du mal à l'imaginer enfermée toute la journée alors qu'il y a l'air d'avoir beaucoup de choses à faire ici ! des choses bien plus amusantes.
- Mmmmh … mais c'est le programme habituel, tous les voyages scolaires suivent le même circuit ! Dit le président du Conseil des élèves.
- Mais ! Pourquoi s'enfermer !? Il fait si beau dehors. Tonne Akira.
Je vois que Sabo-sempaï lutte intérieurement pour résister aux yeux d'Akira mais il reste droit. Soudain je sens qu'on me tire la manche. Izou-sempaï me chuchotte à l'oreille :
- Si on l'enlève de force il ne pourra plus râler.
- Oh, la bonne idée !
Tandis que Akira et son sempaï sont en pleine négociation, six autres élèves nous rejoignent et je m'approche de Nami-san.
- Dis, une évasion ça te tente ?
- Je réfléchissais à la même chose avec Law.
La rousse me fait un clin d'œil et je sens l'amusement gagner le visage de Trafalgar-san.
- A trois, tu embarques qui tu peux et on saute dans les Bulls qui arrivent.
- Vendu !
Tandis qu'elle parle, deux nouveaux Bulls ont rejoints la rive ce qui est largement suffisant.
Derrière, j'entends Shanks-senseï commencer à faire l'appel. Nami-san attrape la main de Trafalgar-san et de Vivi-san qui eux-même attrapent celles de Roronoa-san et de Koza avant de bondir dans le premier Bull en riant.
A mon tour j'attrape Akira et Alisha qui embarque Sabo-sempai et Vinsmoke-san qui hurlait sur Roronoa-san. Nous sommes rejoints par Izou-sempaï qui fait avancer notre Bull.
Derrière nous j'entends les « professeurs » nous hurler dessus mais nous sommes trop loin.
- Ouiiiiiii ! hahahahah !
Akira n'en finit pas de rire tandis que les Bulls prennent de la vitesse avant de dévaler les toits de Water-Seven.
L'eau des lagons m'éclabousse doucement le visage et l'air frais donne des couleurs à mes joues. Tout le monde à bord exulte de joie et des rires fusent de toute parts. J'ai l'impression de partir à l'aventure !
Akira, la seule debout dans l'embarcation, danse et chante pour motiver le Bull qui doit être ravi de ces encouragements.
- Ce n'était pas du tout au programme ! Quelque peu décontenancé, Sabo-sempai sème la pagaille dans ses boucles blondes.
- Laissons la place à l'imprévu.
Izou-sempaï sort un éventail en dentelle de sa poche et dissimule son sourire sous les froufrous tout en laissant ses yeux pétiller. Si elles avaient pu, les pupilles de Sabo-sempaï auraient envoyé une volée de cœurs en direction du vice-président du conseil des élèves. Je déchire un bout de dentelle de ma manche et me la roule dans les narines, un sourire pareil, c'est un crime !
Sabo-sempaï soupire et s'en va nouer ses bras autour des épaules de mon sempaï qui lui glisse un baiser sur la joue… ET UNE MAIN DANS LA POCHE ARRIERE.
- Aki … ra.
J'attrape le bras de mon amie pour me maintenir debout, une vision pareille c'est pas humain non plus.
- Mmh !? Lilly ça va ? Me demande mon amie.
- Tout va bien Lilly-swan ?! Tu as le mal de mer ? Vinsmoke-san se rue vers moi.
- Nan, j'ai le mal des beaux garçons … dois-je avouer.
Mais ma réponse ne fait pas rire Vinsmoke-san, au contraire, pour la première fois je le trouve songeur, ses yeux se perdent dans l'embarcation voisine dans laquelle s'amusent le reste de la bande des évadés.
- Eh ! on va se faire des joutes ?
Nami-san nous hurle en agitant les bras, visiblement nous allons bientôt descendre. Dommage, c'est vraiment amusant, la vue des toits de Water Seven !
Nous descendons en gratifiant les Bull de papouilles obligatoires et trottinons tous ensemble en direction des fameuses joutes dont nous a parlé Nami-san.
D'ailleurs…
- Eh, Akira, tu trouves pas que …
Sans prononcer les mots (à titre préventif pour mes narines) je désigne Nami-san et Trafalgar-san du bout du doigt. Ils sont très proches (leurs épaules se touchent) et se perdent dans les yeux l'un de l'autre.
- Tu veux manger ? Me répond Akira.
- Nan… regarde, Nami-san et le terminal. Tu trouves pas que …
- Qu'ils ont faim ?
Je soupire, tapote le haut du crâne d'Akira (en me mettant sur la pointe des pieds) et m'en vais me rapprocher de mon sempaï, quelque chose me dit qu'il aura des informations. Sa main est glissée dans celle de Sabo-sempaï, je n'ose interrompre ce charmant tableau et lui tire la manche doucement.
- Izou-sempaï…
- Humm, petit oisillon ?
Même si ce sont ses lèvres qui prononcent ce surnom, j'entends la voix de Marco le prononcer à la place, mon cerveau doit être en surchauffe.
- Tu ne trouves pas que… entre Nami-san et Trafalgar-san …
- Ahaaah !
Ses yeux deviennent espiègles.
- Law est un terminal et Nami une première alors …
- Ce n'est pas bien de se mêler des histoires des autres !
Sabo-sempaï nous interrompt, son index collé sur ses lèves comme s'il mimait un secret. Izou-sempaï lève les yeux au ciel avant de me faire un clin d'œil et de déposer ses lèvres roses sur le doigt du Président du Conseil des élèves. D'un coup, les joues de Sabo-sempaï prirent la même teinte rosée que les lèvres du vice-président.
Je décide de prendre un peu de distance avec eux…. Ce couple est beaucoup trop dangereux pour moi.
Je remarque alors seulement que tout le groupe s'est attardé devant une petite échoppe ambulante pour acheter des glaces.
C'est vraiment n'importe quoi de voir tout ce monde déguisé acheter simplement des esquimaux… N'importe quoi.
Remarque, celui au chocolat à l'air bon.
Mais, j'ai oublié mon porte-monnaie à l'auberge. Je fais glisser ma main, comme un adieu, sur la pancarte de plastique. Au revoir petit bonheur chocolaté.
- T'en veux ?
Un frisson remonte le long de ma colonne vertébrale. Ça va devenir une habitude pour lui de surgir dans mon champ de vision.
- Dellinger …
Je réprime une moue habituelle suscitée par ce type, qui ne porte d'ailleurs pas ses cornes habituelles ! Il est habillé, comme un garçon !
- T'es un garçon.
Je vois ses joues changer de couleur sous la colère et ses sourcils se froncer. Il se mord la lèvre et détourne les talons aussitôt, visiblement vexé.
Mince ! j'ai blessé l'affreux !
- Attend, le prend pas mal !
- Et comme je dois le prendre !? Espèce de coton ambulant !
Coton ?
J'ai dû casser Dellinger car le niveau de ses insultes à salement diminué.
Pour la peine, je ma pares de mon plus beau sourire et vient poser mes doigts sur le poignet de Dellinger.
- Mais tu avais raison, je voudrais bien une glace… celle au chocolat.
Il me semble que le petit poignet de Dellinger tremble un peu et se défait doucement de mes doigts pour partir vers la petite échoppe.
- T'as des goûts étranges … Buah.
La voix d'Alisha pouffe derrière mon épaule et je devine qu'elle a assisté à toute la scène. Mais pas de quoi avoir honte. Pourtant la rousse…
Attendez… Les neurones d'adolescente qui dansent la samba dans ma tête se concertent une seconde. Alisha est ROUSSE !
Je lui attrape le bras et elle me regarde en arquant les sourcils, sans pour autant s'arrêter de boire.
- T'es rousse …
- Et toi extrêmement perspicace, Me répondit-elle.
- T'es sortie avec Marco ?!
Heureusement que je suis rapide parce que sinon ma robe aurait changé de couleur. Alisha a craché si fort, je pense qu'elle a fait peur à tous les passants.
Mais un tel comportement ne peut pas tromper ! J'AI MA REPONSE !
Je relève le bas de ma robe et m'élance vers Akira qui discute tranquillement avec Vivi-san.
- Shishishiiiiii !
Derrière moi, j'entends le bruit des talons d'Alisha s'enfoncer dans le sol à ma poursuite. Je pense honnêtement qu'elle va attenter à ma vie.
Avant d'arriver jusqu'à mon amie, j'attrape un bras anonyme et l'agrippe pour essayer de semer le démon qui me poursuit.
- ohOhoh Lilly-swan, voyons, si tu es si pressée je …
Du coin de l'œil je vois Vinsmoke-san perdre l'équilibre et commencer à tomber. Mais je vois aussi les yeux rouges d'Alisha s'allumer comme des malédictions ambulantes. Pas le temps de rattraper le blond.
Une brise verte vient enlacer Vinsmoke-san et le retenir avant que sa tête ne touche le sol.
- Espèce d'abruti… regarde un peu ce que tu fais.
Les visages de Vinsmoke-san et de Roronoa-san sont si proche l'un de l'autres. Les boucles d'oreilles de Roronoa-san frétillent encore, il est allé si vite pour prendre Vinsmoke-san dans ses bras. Les longs doigts du blond s'agrippent sur les épaules de son sauveur et ils restent tous les deux immobiles.
Je peux bien mourir après avoir vu ça.
En parlant de mourir.
Alisha est visiblement insensible aux beaux garçons, enfin, pas tous ! Elle se dirige vers moi avec la détermination d'un sanglier et je reprends ma course (… ma fuite).
Prochain rempart à mon salut, j'aperçois Akira et me jette dans ses bras en riant.
- C'est elle !
Je pointe du doigt Alisha qui est à quelques pas de moi et me glisse dans le dos de mon amie qui se retrouve à faire le tampon entre Alisha et moi. Impossible de m'arrêter de rire en voyant le visage d'Alisha-démon ! Mes joues sont en feu et bientôt, sans même savoir pourquoi, Akira se met à rire elle aussi et une partie de cache-cache à trois commence entre nous.
Akira enlace Alisha qui essaie de s'en défaire tout en agitant ses bras pour m'attraper.
- Hum hum …
Nous nous figeons simultanément. Alisha tient dans chacune de ses mains une poignée de nos cheveux, à Akira et moi.
Je continue de rire (seule) et je reprends mon souffle tandis qu'Alisha se démène pour défaire ses doigts de nos cheveux.
En face, Marco et Dellinger ont les mains pleines.
Une fois libérée, je m'en vais remercier Dellinger et commencer ma glace tandis que Marco glisse, lui aussi, un bâtonnet dans la main d'Alisha.
- Vous aussi vous avez pris un Bull !? Demande Akira à l'infirmier.
- Ouais, la fuite était inévitable, oye.
Puis, les yeux de Marco se posent sur Dellinger.
- Il s'est passé quelque chose ? osai-je.
Je vois Marco soupirer et l'expression du visage de Dellinger changer.
- Tu dois aller aux toilettes ? Demande Akira.
Mais au lieu de s'énerver comme à son habitude, Dellinger ne dit rien, ou plutôt, j'ai l'impression qu'il a besoin de se confier.
- Hancock a été …. Contrariée.
Ombre habituelle au tableau, le nom de la « Reine » vient pétrifier mon cœur.
- Oh, elle a des problèmes de digestion ?
La candeur habituelle d'Akira parvient même à arracher un sourire à Dellinger.
- Non, disons qu'elle a passé ses nerfs sur Margaret.
- Pourquoi ?
La discussion de ce matin me revient en mémoire et je réalise seulement que Margaret n'était pas assise à la table de Monkey-san, contrairement au repas du soir.
Dellinger hésite à me répondre mais il ouvre ses lèvres.
- Elle trouvait que Margaret et Luffy étaient trop proches, alors elle l'a …. Radiée. Margaret est seule désormais.
Mes doigts se serrent.
J'ai envie de me gifler. Impossible pour moi d'admettre que je puisse avoir la même jalousie que Boa. IMPOSSIBLE.
Mes doigts s'enfoncent dans ma chair lorsque je repense à mes sentiments de ce matin. Sans doute que Margaret cherchait simplement un appui de ma part, mais j'étais trop focalisée sur sa relation avec Monkey-san pour sentir sa détresse à elle.
- Du coup Luffy a dû intervenir et il a pu protéger Margaret. Ce qui a évidemment énervé Hancock encore plus, et au final, Margaret est avec Luffy…
Mon esprit devient vide, blanc…
Seuls les derniers mots de Dellinger raisonnent.
Margaret est avec Luffy.
/
Point de vue Akira :
- Tu exagères Lilly ! Sans mon intervention tu aurais encore plein de savon dans les cheveux ! s'emporte Nami d'un ton faussement énervé.
Nous sortons des douches à sa suite, des serviettes nouées autour de nos corps et de nos cheveux. La rouquine marche d'un pas assuré, comme toujours. Mes yeux descendent sur ses reins. Tiens mais...
- Tu as le popotin à l'air, fait remarquer Lilly en pointant le postérieur de Nami.
Notre amie ne semble pas s'en soucier plus que ça. Elle prend le temps pour sortir un carnet de sa « trousse beauté » ainsi qu'un stylo. Tout en écrivant dessus elle déclare :
- Sanji, X Drake et Absalom. Vous me devez tous les trois 50 Berrys pour avoir mater mes jolies fesses.
Des « gloups » retentissent derrière nous dans le couloir. Vivi se met à glousser, elle doit être familiarisée avec la cupidité de sa meilleure amie. Lilly et moi commençons également à nous y habituer. Nami se retourne vers nous et nous gratifie d'un clin d'œil :
- Pour vous c'est gratuit, évidemment.
Nous rions tous en chœur, même si je constate que la gaieté de Lilly est factice. Elle semble ailleurs depuis que nous sommes revenues de la visite de Water Seven. Ses poings sont constamment serrés et ses pensées sont à des kilomètres de nous. Nous atteignons notre dortoir où sont rassemblées toutes les filles de notre classe. Tandis que nous enfilons nos tenues de sport qui nous servent dorénavant de pyjama, mes prunelles se promènent dans la pièce. Pudding discute avec Perona d'un film d'horreur qu'elles auraient vu récemment et Baby 5 s'est déjà couchée. Quant à Rebecca et Margaret, l'ambiance est assez... étrange. Elles échangent quelques mots, mais j'ai l'impression que la fille à l'armure est un peu distante avec son amie. Est-ce à cause du fait que Margaret s'est faite radier par Hancock ? Je fronce les sourcils. Cette histoire ne me plaît pas du tout.
- Tu as mis ton t-shirt à l'envers Akiki, observe Lilly en tirant sur mon habit.
Je me tourne vers elle et souris. Parfois elle prend sur elle pour revenir au moment présent. Tout en rejoignant Nami et Vivi, je retire mon haut et le remets à l'endroit. Nami, qui s'est déjà changée et a sorti un livret de comptes, zieute sur mon buste :
- Tu ne mets pas de soutien-gorge ?
- Pourquoi faire ? Et puis habituellement je porte des brassières.
- Koza ne devrait pas tarder à nous communiquer le lieu et l'heure du rendez-vous, certifie Vivi en me couvrant d'un œil amusé. Donc il y aura des garçons parmi nous, si tu vois ce que je veux dire.
- Laissez, intervient Lilly d'un geste de la main. Les brassières lui serrent les nénés.
Les deux filles écarquillent les yeux en se demandant probablement comment la blanche peut être au courant d'une telle information. Je me gratte la tête en songeant qu'il faudrait que je rachète de la lingerie. Même si ma poitrine est plutôt menue, je porte encore des brassières en temps normal.
Je repense à ce que vient de dire Vivi. Après cette journée de folie, j'avais presque oublié ce qui nous attendait ce soir. Koza aurait organisé une soirée top secrète à l'insu des profs et des surveillants en ayant pour seul objectif d'énerver l'administration. Vraiment ? Serait-ce sa seule motivation ? Je revoie la main de Vivi posée sur la cuisse de son ami d'enfance dans le bus. Hm... Oh ! L'armoire de la concernée produit un drôle de grincement.
- Psst...
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHH ! crions Nami, Lilly et moi en chœur ce qui fait hurler Perona à l'autre bout de la pièce.
La petite penderie de Vivi vient de s'entrouvrir et tout ce que nous apercevons est un éclat de lunettes teintées. Puis des doigts qui sortent de l'obscurité. On se croirait dans une film d'horreur. Me dites pas que c'est Alisha qui vient nous hanter ?!
- C'est toi Koza ? fait calmement Vivi qui est d'ailleurs la seule de nous quatre qui ne s'est pas égosillée comme un putois.
- Oui.
- Y A PAS IDÉE D'APPARAITRE D'UNE FACON AUSSI FLIPPANTE ! se déchaîne la rousse en claquant la porte de l'armoire contre ses doigts.
A l'étonnement général, le professionnel du boycotte n'émet aucune protestation ni aucune lamentation. Comme il bafouille quelque chose, nous nous penchons pour l'écouter :
- Quelle que soit la situation, un soldat ne doit... argh... ne doit jamais montrer aucune émotion...
- Ooooh, faisons Lilly et moi en applaudissant.
- Ne l'encouragez pas dans ses bêtises ! s'exaspère Nami en se frappant la tête.
- Pourquoi es-tu venue Koza ? s'enquiert innocemment Vivi.
- Pour te voir... Hrm... Je veux dire pour vous transmettre le point de rassemblement.
Le « soldat » entrouvre un peu plus la penderie pour capter nos regards attentifs. Il nous expose alors le plan de la soirée. Nous sommes toutes les quatre conviées à 21h à la SQFCG, alias la Soirée-Qui-Fera-Chier-Garp. Nous nous jetons des regards qui en disent long sur notre opinion concernant ce titre à rallonge. De plus si nous y allons c'est surtout pour passer un agréable moment et non pour attirer encore plus les foudres de Garp sur nous. C'est risqué, mais il suffit de ne pas nous faire prendre. La discrétion sera donc de rigueur. Hein ? Comment ça « C'est pas gagné » ? Qui a dit ça ? C'est vous derrière votre écran ? Ah, je dois me faire des idées... Enfin bref, j'aimerais bien que cette soirée change les idées de Lilly. J'ai vraiment l'impression qu'elle se force à paraître normale, ça me fait mal au cœur...
Koza nous explique qu'elle se déroulera dans un débarras qui ne semble pas trop utilisé. Nous pouvons également en parler à nos camarades de dortoir. Il faut juste que nous soyons certaines qu'elles ne vendront pas la mèche auprès des professeurs, des surveillants ou - encore pire ! - auprès de Garp.
- Rompez soldats ! s'exclame Koza avant de refermer la porte de la penderie.
Porte que nous rouvrons aussitôt. L'armoire ne contient rien de plus que les habits de Vivi. Pas la moindre trace de son ami d'enfance.
- Trop cooool ! je m'extasie.
- Mais alors... Koza serait en réalité... un ninja ?! s'étonne Lilly.
- Je ne veux pas le savoir..., soupire Nami.
/
Dans le couloir, je me ronge les ongles, ce qui ne m'arrive très exactement jamais. Je crois que j'ai fait une erreur. J'ai invité Margaret car ça m'attristait de la voir ainsi abandonnée de tous, même par Rebecca. Être seule n'a rien de drôle, je sais de quoi je parle. Comme elle ne peut plus vraiment approcher Luffy à cause de Hancock, elle doit vraiment être au plus mal. Je fronce les sourcils. C'est quand même n'importe quoi cette situation. Hancock qui s'octroie autant de pouvoir et entrave la liberté de penser des autres, ça ne me plaît pas.
Quoi qu'il en soit mon erreur n'a pas été d'inviter Margaret, mais plutôt de ne pas avoir pensé aux conséquences que cela aurait sur le moral de Lilly. Elle s'est encore plus refermée sur elle-même. Et je suis tellement énervée contre moi-même ! De ne pas comprendre pourquoi elle se sent aussi mal. Je baisse les yeux sur mes pieds nus. Je suis nulle comme amie...
Tout à coup, à une intersection, deux masses nous tombent littéralement dessus. Nami me saute dans les bras en poussant un cri suraigu et Margaret s'agrippe à la première personne à sa portée, c'est-à-dire Lilly qui semble indubitablement mal à l'aise. L'espace de quelques secondes, nous considérons en silence les corps inertes de Zoro et Ace. La tête de Luffy apparaît à l'intersection et il nous fait un signe de la main.
- Salut !
- Dis pas « salut » d'une façon aussi désinvolte, imbécile ! s'énerve Nami en le frappant. On va finir par se faire repérer avec des énergumènes de votre espèce !
- Mais c'est toi qui a crié.
- La faute à qui ?!
Pendant qu'ils se chamaillent, Margaret s'écarte prestement de Lilly en s'excusant et Vivi et moi nous agenouillons auprès des garçons pour nous assurer qu'ils ne sont pas morts. Une bulle de sommeil s'échappe de leurs narines, ça doit être bon signe. Je fais une fixette sur le visage d'Ace. Je souris en tapotant ses joues du bout du doigt. J'aime bien ses taches de rousseur.
- Pourquoi dorment-ils ? demande Vivi.
- Zoro dormait déjà mais je me suis dit que ce serait marrant de le ramener. Pour Ace, je venais de dire qu'il y aurait peut-être du rôti à la soirée ninja de Koza, c'est là qu'il s'est endormi.
- Alors toi aussi tu penses que Koza est en vérité un ninja ? je m'enquiers des étoiles pleins les yeux. C'est marrant, Lilly et toi avaient le même rire mais aussi les mêmes suppositions.
Luffy allait me répondre mais son regard dévie vers la blanche qui a eu le même réflexe que lui. Puis celui de mon amie se détourne vers Margaret qui observe attentivement la scène.
- On y va ? suggère Lilly d'un ton qu'elle souhaite neutre.
Nous reprenons alors la route sans émettre d'objection. Luffy s'occupe des deux cadavres ambulants. J'allais me proposer pour porter Ace mais j'aurais bien trop peur qu'il se réveille en chemin. Je fronce les sourcils. Pourquoi diable cela m'enquiquine ? Je l'ai déjà fait à la fête foraine, à ce moment là je ne me souciais pas de son opinion me concernant.
Nous trouvons enfin la salle désignée par Koza. Nous entrons discrètement dans la minuscule pièce pleine de bric-à-brac. Un espace au milieu a été dégagé pour qu'on puisse s'asseoir. Il est délimité par des bougies. On croirait intégrer une secte. Au centre nous retrouvons Koza – évidemment -, Trafalgar Law, Eustass Kid, Sanji et sa sœur aînée, Reiju. Je ne lui ai jamais parlée mais tout comme lui elle a une mèche qui cache l'un de ses yeux et un sourcil enroulé à l'extrémité. Impossible de se tromper. Lorsqu'elle constate qui est présent dans la pièce, le sourire de Nami s'agrandit. Mais, fière comme elle est, elle déniche un sujet pour détourner notre attention de sa gaieté évidente :
- Vous ne trouvez pas ça étrange que nous n'ayons pas croiser l'ombre d'un surveillant ? Qu'est-ce que peuvent bien faire Katakuri et Smoker ?
- Ne t'en fais pas, si nous ne faisons pas trop de bruit ils ne risquent pas de nous trouver, répond mystérieusement Reiju un sourire aux lèvres.
La maturité qui se dégage de cette jeune femme aux cheveux rose bonbon semble rassurer la rouquine. Nous prenons place au centre. Je m'assieds à côté de Sanji et Lilly se place à ma gauche. En face de nous se trouvent entre autres Luffy, Ace et Zoro. Margaret s'est assise assez loin du garçon au chapeau de paille. J'ai de la peine pour elle mais... c'est étrange, je n'arrive pas à les imaginer ensemble. Mon horrible pensée est heureusement engloutie par les discussions qui commencent à animer la pièce. Kid explique qu'il est venu uniquement dans l'optique de, je cite, « se torcher la gueule » et comme ça l'embêtait de se retrouver avec des « petits premières », il a entraîné de force Law dans sa combine. Comment ça « se torcher la gueule » ? Je baisse les yeux et découvre plusieurs bouteilles de saké et des gobelets déjà distribués. Je me sens tout excitée. Je n'ai jamais bu d'alcool, je me demande quel goût ça a.
Tout à coup la porte s'ouvre à la volée et nous sursautons tous. Mon sang se fige lorsque je constate qui pénètre dans la pièce exiguë : Boa Hancock, sa sœur Sandersonia et Dellinger. La rousse fronce aussitôt ses sourcils :
- Les serpents ne sont pas la bienvenue ici.
- J'ai ouï dire que mon bien-aimé se trouvait ici et qu'il était entouré par des brebis galeuses. Ma présence et celles de mes sous-fifres devraient rehausser le niveau.
Sans attendre d'autres contestations, la Reine du lycée impose sa présence à la droite de Luffy. Ce dernier la fixe et c'est bien la première fois que je le découvre avec cette expression : une indifférence totale. Sandersonia et Dellinger suivent le mouvement. Je coule un regard vers Lilly qui a les poings serrés sur ses cuisses. Puis je me penche pour apercevoir Margaret. Elle tremble de la tête aux pieds. Je contemple mon verre que Kid a rempli à ras bord. Cette soirée qui promettait d'être amusante est devenue bien pesante en l'espace d'un instant.
Koza frappe dans ses mains pour attirer notre attention et nous souhaite à tous la bienvenue. Zoro et Ace se réveillent en même temps. Le brun croise mon regard que je détourne aussitôt. La lumière tamisée forme des ombres voluptueuses sur son visage, je ne peux pas le regarder sans rien ressentir. Je me concentre sur les explications de Koza.
Il nous explique alors que nous allons faire un jeu – le meilleur à ses yeux - pour débuter la soirée. Il s'agit du « Jeu du Ou-sama », également appelé le « Jeu du Roi ». Les règles sont simples: seize bâtonnets sont rassemblés dans un verre. L'un d'entre eux possède une extrémité rouge. Celui qui tire ce bâtonnet donnera une directive à deux personnes du cercle à laquelle ils ne pourront pas déroger. Silence de mort. Law finit par se lever :
- Tu m'appelleras quand tu seras un peu moins extrémiste, dit-il à l'intention de Koza.
- Ben alors le toubib a les foies ? se moque Kid.
Il n'en faut pas plus pour faire rasseoir l'homme au bonnet tacheté. Les yeux de Hancock et Nami pétillent d'une malice malsaine. Je ne le sens pas trop ce jeu... Nous piochons tous un peu gauchement dans le gobelet. C'est Law qui obtient le bâtonnent rouge et donc reçoit pour ce tour le titre de Roi. Un sourire sadique se dessine sur sa bouche. Il parcourt l'assistance de ses yeux anthracite qui finissent par se poser sur Lilly.
- Toi, je ne sais plus ton nom. Tu dois arracher une dent à Kid.
- OK ramène-toi le Minimoy, déclare Kid en faisant un geste vers Lilly.
- Bouge pas mon gros j'arrive, rétorque la blanche.
- Quel sang-froid ! S'exclame Koza. Je peux t'appeler Eustass-sama ?
- Ce serait quand même bien si tout le monde pouvait s'en sortir en un seul morceau, fait remarquer Vivi.
- Bon très bien, soupire Law. Minimoy fais une partie de saute-mouton sur le dos de Kid.
- Son prénom c'est Lilly.
Tous les regards se tournent vers Luffy. C'est exactement ce que j'allais dire mais venant du garçon au chapeau de paille la remarque est encore plus percutante. Car il est le premier à donner des surnoms à tout le monde. Quelque chose s'allume dans les yeux de la blanche mais s'éteint aussitôt, comme brimée par ses propres pensées. Puis elle se redresse et dit à Kid d'un ton plein de sarcasmes :
- Tu devrais te mettre plus bas que terre vu qu'à ce qu'il paraît je suis « minuscule ».
Nous sommes tous là à la dévisager. Lilly ne s'adresse jamais à quelqu'un de cette façon à part quand quelque chose la contrarie. Je n'ai pas l'impression qu'elle est énervée contre le garçon aux cheveux rouges. Qu'est-ce qui lui arrive ?! Kid s'exécute sans mot dire en se mettant carrément allongé sur le dos. Un sourire se dessine sur les lèvres de Lilly ce qui me rassure un peu. Elle escalade le corps gigantesque de Kid et se met à califourchon sur son bassin. Puis elle palpe ses abdominaux et chuchote :
- Hmm... Ça me rappelle ceux de Marco.
Kid la dévisage puis se met à ricaner comme une hyène. Oh ! Je crois que le feeling passe bien entre ces deux-là ! Quasiment tout le monde se met également à rire ce qui pour à pour effet de détendre l'atmosphère. Puis ils regagnent tous les deux leurs places et trinquent à leurs santés. Nous suivons le mouvement et je me sens aux anges lorsque je vois que Lilly reprend des couleurs. Il y a comme un lâcher prise dans sa physionomie. L'alcool descend dans mon gosier et réchauffe la pièce. Seules Margaret, Sandersonia et évidemment Hancock ne se prêtent pas aux festivités.
Nous poursuivons la partie. Sanji tire le bâtonnet du Roi et désigne Margaret. Elle doit décrire Reiju en un mot. La blonde réfléchit un moment puis finit par dire « mature ». Je suis persuadée qu'on aurait tous employé ce terme-là. Kid est chanceux au troisième tour. Il se marre ouvertement avant d'engloutir son gobelet cul-sec. Je souris. Il ne m'a pas fait une forte impression le jour de la rentrée mais finalement il me fait rire à sa façon. Il pointe de ses doigts vernis Ace.
- Le tacheté, faut que tu baisses le froc de la tapette.
De qui il parle ? Il désigne du menton Dellinger qui se renfrogne aussitôt. Ace râle un bon coup mais s'exécute quand même – en même temps il n'a pas le choix. Le blond aux talons se rassied et se met à picoler sévère. Je remarque que certains, tout comme lui, ont une bonne descente. Kid en tête, mais aussi Nami et Zoro qui tiennent vraiment bien l'alcool. Il y a également Koza et Reiju qui vident leurs gobelets rapidement. Quand je pense que je n'ai toujours pas fini le mien et que j'ai déjà les joues qui chauffent... Je lorgne sur Lilly qui entame son troisième verre. Si ce n'est qu'elle est un poil plus gaie, je ne discerne aucune différence avec la Lillynette de base et celle de l'instant présent. Je me resserre mais la main de Sanji se superpose à la mienne.
- Doucement Akira-san, on ne boit pas ça comme du petit lait.
Je hoche la tête et décide de l'écouter. Il doit en savoir plus que moi à ce sujet. Sandersonia tire ensuite le bâtonnet rouge et l'ambiance se refroidit légèrement. Elle est la sœur de Hancock, tout est à craindre venant d'elles. Sa longue langue fouette l'air puis elle désigne Vivi.
- Nefertari, tu dois gifler Koza-kun.
- D'accord.
A la surprise générale, Vivi ne se démonte pas. Elle s'accroupit devant Koza qui l'examine avec attention. La bleue lui sourit tendrement puis lui retire ses lunettes teintées.
- Pardon Koza.
- Vivi...
Et elle le gifle. La claque retentit dans la pièce. J'ouvre grand la bouche. Je n'aurais jamais pensé que Vivi irait jusqu'au bout, surtout qu'elle l'a administrée sans se départir de son sourire tranquille. Puis, avant même que Koza ressente la douleur, elle attrape son visage en coupe et l'embrasse pleinement. Ça ne dure qu'une seconde mais ça suffit à changer le sens du défi de Sandersonia. Des exclamations explosent dans la pièce et je crois que tout le monde, moi y compris, a oublié qu'on était censé être discrets. Je tape du pied contre le sol, Lilly se met à siffler entre ses doigts et Nami hurle des félicitations.
Hancock administre une petite frappe sur le bras de sa sœur et vocifère :
- Tu es cruche ma parole ! Pourquoi tu n'as pas désigne Luffy-mon-mari et mon humble personne ?!
- Pardon...
Nous tirons tous les bâtonnets, encore tous un peu grisés par ce que nous venons d'assister. Bon, Koza lui est hors jeu pour le moment. Je crois qu'il en phase avancée de stupéfaction. Mon cœur se serre. Oh non...
- Ce petit jeu gentillet a assez duré, énonce Hancock en brandissant le bâton du Roi. On va passer aux choses sérieuses. Nefertari, tu dois t'asseoir entre les jambes de Trafalgar.
Cette fois Vivi n'en mène pas large et dévisage aussitôt Nami. La rousse peut difficilement cacher son courroux.
- Hancock..., fulmine-t-elle.
- Un problème rouquemoute ? Veux-tu profiter de ce rassemblement pour te confesser sur ce que nous savons tous ?
Le silence est total. Je guette en particulier la réaction de Law qui n'est pas aussi stoïque que d'habitude. Il laisse glisser entre ses dents :
- T'es vraiment une gamine, Hancock.
- Comment ?!
Pendant ce temps, Nami fait un signe à Vivi pour lui assurer qu'elle ne lui en voudra pas. La bleue s'exécute, ostensiblement gênée. Elle s'assied entre les grandes jambes du garçon au bonnet tacheté mais n'ose pas caler sa tête contre son torse. Heureusement que Koza est toujours en pleine mort cérébrale sinon je pense qu'il pourrait dégainer une arme de son pantalon et tuer la vipère. Nous reprenons tous une bonne gorgée de saké, histoire de se requinquer. Je pose la gobelet. Des fourmis commencent à danser la salsa sur mes jambes. Il faut vraiment que j'arrête de boire...
Le prochain a tiré le bâton rouge est Dellinger. Euh... Est-ce moi ou ses joues sont à la limite du cramoisi ? M'est avis qu'il a une idée derrière la tête depuis un petit bout de temps... Comme il ne se décide pas, Kid intervient d'un ton tranchant :
- Bon dents de scie, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
- Le jeu... le jeu du Pocky..., balbutie Dellinger.
On se penche tous vers lui. Qu'a-t-il osé dire ? Le jeu du Pocky ? Même une inculte comme moi sait ce que c'est. Deux personnes doivent grignoter un bâtonnet en chocolat coincé entre leurs lèvres. Le premier à lâcher prise a perdu. Mais si aucun des deux ne se décident à abandonner... Rien que d'imaginer la scène et je sens mon thermomètre corporel augmenter d'un ou deux degrés.
- Tu désignes qui ? demande Luffy.
- Li... Lilly...
Tous les yeux convergent vers la blanche qui a simplement haussé les sourcils. Elle ne semble pas plus inquiète que ça puisque elle a déjà dégainé un paquet de Mikado de sa poche. Une vraie accro du chocolat... Le garçon au chapeau de paille gigote un peu sur ses fesses et poursuit :
- Et ?
- Et moi-même...
Des « Oh ! » s'élèvent dans la pièce minuscule et font vaciller les flammes des bougies. Hancock proteste et rappelle que nous n'avons pas le droit de se désigner soi-même, sinon elle l'aurait fait quand elle avait tiré le bâton du Roi tout à l'heure. Nami éprouve un malin plaisir à lui rétorquer que Koza n'a jamais évoqué cette règle. Lilly n'a pas paru surprise lorsque Dellinger s'est désigné. Mais alors... S'il a proposé ce défi c'est que... Je plaque mes mains sur mes joues brûlantes. Lilly s'agenouille devant Dellinger. Voyant que tout le monde se moque gentiment du jeune homme, elle proclame :
- Tu ne comptes pas perdre, n'est-ce pas ?
La figure de Dellinger est rouge pivoine à présent. J'ai l'impression que même ses fausses cornes ont rosi. Puis ses sourcils se sont froncés et il déclare, déterminé :
- Évidemment que non.
- Bien, conclue Lilly en glissant un bâtonnet de Mikado entre ses lèvres.
Dellinger a approché son visage de la blanche et le duel commence. Chacun grignote petit à petit le bâtonnet, les yeux dans les yeux. J'ai bien du mal à quitter ce tableau du regard pour examiner les alentours. Nami et Vivi semblent un peu déconcertées, Sanji hurle des « Enfoirééééé, ma Lilly-chwaaaan ! ». Hancock affiche une mine réjouie et Luffy... est impassible.
Voyant que le duel s'éternise, Lilly prend les devants et se redresse légèrement pour surplomber Dellinger sans quitter le Mikado des lèvres. Elle appose sa main sur le torse de son adversaire et avale une bonne partie du bâtonnet. L'émoi est si envahissant sur le visage du blond que je sens qu'il est à deux doigts de céder.
- Elle en a dans le bide Minimoy, souffle Kid en finissant une bouteille au goulot. Dents de scie ne fait pas le poids.
Cette remarque réveille un aspect dominant que personne ne soupçonnait. Ses dents parcourent les derniers centimètres qui les séparent des lèvres de Lilly et... Les murmures moqueurs ou indignés cessent soudainement. Les sentiments de Dellinger mis à nu emplissent la pièce et tissent des fils sur nos lèvres pour nous forcer à nous taire. Il a fermé les yeux et savourent cet instant que personne jusque là n'avait cru possible. Ceux de Lilly sont ouverts par la surprise mais aussi par une prise de conscience. Dellinger ne se moque pas d'elle. Non, bien au contraire. En ce moment, il est tout ce qu'il y a de plus sérieux. J'ignore si c'est l'alcool qui l'a poussé à se livrer mais nous en sommes là. Ses lèvres, telle la flèche de Cupidon, cherchent à atteindre le cœur de la blanche. Comme celle-ci ne bouge pas, c'est le blond qui rompt le baiser en premier. Ses doigts frôlent une dernière fois la joue laiteuse de mon amie puis sa façade dédaigneuse reprend ses droits :
- T'avais pas le droit d'avoir les lèvres aussi douces, idiote !
Je m'attendais à une réplique acerbe de Lilly mais il n'en est rien. Elle lui sourit. Véritablement. Comme pour le remercier des sentiments du cornu à son égard. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu avec un air aussi sincère. Puis elle reprend sa place et nous prenons tous sur nous pour n'émettre aucune interrogation sur ce qui vient de se jouer sous nos yeux. Tous, sauf Hancock :
- Eh bien, vous cachez bien votre jeu tous les deux. Mais en toute honnêteté vous formerez un couple charmant. Tu en penses quoi, Sandersonia ?
- Je suis amplement d'accord, ma sœur.
Lilly fait un geste de la main comme pour balayer leurs remarques. Aucune parole acerbe ne pourra briser ce qu'elle a vécu. Hancock fronce les sourcils par tant d'impertinence et plonge sa main dans le gobelet pour tirer un bâtonnet. Manque de chance pour elle, c'est Nami – ouiiii ! - qui le tire. La rouquine sourit, victorieuse, et je sens que la vengeance sera terrible pour la brune. Je me détends. On peut compter sur Nami pour renvoyer la balle dans le camp adverse.
- Comme l'a dit la vipère... Oups pardon, ça m'a échappé, je veux dire comme l'a dit Hancock-KUN, les défis infantiles doivent prendre fin. C'est pourquoi j'aimerais qu'Ace embrasse Akira.
Qu'est-ce que je disais ? Nami assure... Euuuuuh qu...qu...QUWOIIIIII ?! Cette fois toutes les personnes de la salle ont hurlé en plaquant leurs mains contre leurs joues rose fluo, telles des petites midinettes. Même Koza s'est réveillé puis s'évanouit la seconde d'après en apercevant Vivi entre les jambes de Law. Je peine à comprendre ce qui se passe et surtout à intégrer le fait que ce défi me concerne. Ce sont les yeux marrons de Lilly qui cherchent une réaction sur mon visage qui me font prendre conscience que oui, j'ai bien entendu. J'ose alors un regard vers Ace qui me fixe sans ciller. Rouge de gêne, je lorgne sur mes pieds abîmés.
- Comment tu peux me demander de faire ça, Nami ? vitupère le garçon aux taches de rousseur.
Cette remarque étreint mon cœur. Alors, l'alcool aidant, je bredouille sans toutefois le regarder :
- Tu... tu ne veux pas m'embrasser ?
Son absence de réponse affole mes pensées. Je relève brutalement la tête pour le dévisager. Et c'est ce qu'il est également en train de faire. Il me dévisage sans retenue et ni l'un ni l'autre ne détournons nos regards. Nous aurions pu rester longtemps comme ça, à réfléchir et à se perdre, mais c'était sans compter l'impatience de Nami. Elle se penche et me pousse dans le dos.
- Allez du nerfs ! Et je veux voir vos langues sinon je ne serai jamais satisfaite !
Nous avançons maladroitement l'un vers l'autre et nous nous accroupissons au centre du cercle. Maintenant que je suis si proche de lui, que je peux sentir la chaleur de son corps inviter le mien, je ne parviens plus à soutenir son regard. Je lorgne bêtement sur mes cuisses en m'efforçant à relever la tête. Cependant, mon cœur n'en fait qu'à sa tête et agrippe mon regard pour qu'il soit constamment baisser. Je sens le corps d'Ace s'incliner légèrement ainsi que son souffle dans mes cheveux :
- Personne ne peut te forcer à m'embrasser, tu sais...
Ses mots pleins de douleur me font l'effet d'un électrochoc. Comment peut-il... Je trouve la force nécessaire pour lui faire face. Mon visage n'est qu'à quelques centimètres du sien mais plus rien ne peut ramener mon embarras. Comment peut-il se détester autant ?
- Ne dis plus ça, je murmure en me retenant de toucher ses joues tachetées du bout des doigts comme tout à l'heure.
Et alors je ne sais si c'est l'absorption d'alcool ou bien les bougies qui laissent des traces aux couleurs chaudes sur sa peau, mais je jurerais que les pommettes d'Ace sont rouges. Sans me quitter des yeux, il incline son visage vers le mien. Je sais que c'est le moment. J'ignore comment procéder, je n'ai jamais embrassé personne. En revanche, j'ai en mémoire les baisers de Koza et de Vivi ainsi que celui de Dellinger et de Lilly. Je ferme les yeux.
Et je les sens pleinement. Les lèvres d'Ace posées sur les miennes. C'est au départ comme une plume qui effleure ma bouche. Si léger et tendre, comme s'il avait peur de me briser en mille morceaux. C'est presque imperceptible mais cela suffit à attiser le feu en moi qui brûle depuis des semaines. Je me redresse un peu plus pour l'embrasser plus franchement. Bouche contre bouche. Il n'y a que ses lèvres, ses lèvres que je perçois vraiment à présent.
Nous restons ainsi quelques secondes sans bouger. Je me demande l'espace d'un bref instant si cela pourrait suffire aux autres. En tout cas moi, ça ne me satisfait pas. Alors qu'il y a cette peau si brûlante qui m'incite à plein de choses. A lâcher prise. A prendre conscience de ce que je ressens pour Ace. Et enfin à le toucher. Je tends les bras et mes mains tremblantes se posent sur ses hanches. Il marque un temps d'arrêt mais rien en lui ne me fait supposer qu'il est contre ce rapprochement. Toutefois je ne suis toujours pas comblée. Ce n'est pas ses habits que je veux toucher mais...
Mes mains remontent lentement dans son dos puis viennent saisir sa nuque. Brûlante. Brûlante. Brûlante. Si chaude qu'elle se déverse comme un brasier dans mes doigts. Je ne tremble plus, je n'hésite plus, je ne réfléchis plus. Mes lèvres quittent les siennes et viennent cajoler doucement sa joue parsemée de taches de rousseur. Des taches que j'ai toujours trouvées attrayantes.
Et, tel l'élément déclencheur d'une intrigue, un déclic se produit en lui. Il saisit mon visage pour ramener mes lèvres vers les siennes. Ma bouche s'ouvre tout naturellement, à la recherche de son souffle. Nous émettons en même temps un soupire de bien-être qui jette des bûches sur l'incendie qui domine nos corps. Ses mains descendent fébrilement, un bras vient entourer ma hanche pour la plaquer contre son torse. Ma poitrine se presse contre ses abdominaux. Alors que je commençais vraiment à perdre tout sens de la réalité, il rompt le baiser pour baisser ses yeux sur le haut de mon buste. Ses deux onyx rencontrent de nouveau les miens et une nouvelle lueur brille au fond d'elles.
- Tu...
Je vois bien qu'il y a un dilemme qui se joue en lui. Son corps se détache peu à peu du mien puis comme mes mains n'ont pas quitté sa nuque il enserre de nouveau ma taille. On ne m'avait pas prévenu... On ne m'avait pas dit que j'en voudrais encore. L'esprit embrumé, je m'avance et capture les lèvres d'Ace. Ses cheveux qui rebiquent viennent tenter mes doigts. Je fourrage alors mes mains dans ses boucles d'ébène et il fait de même avec les miennes. L'incendie a gagné tout mon corps et mon esprit. Et amène avec lui des pensées peu orthodoxes qui me ressemblent si peu. Mon bas-ventre est encore plus douloureux que lorsque j'ai assisté à l'échange luxurieux entre Sabo et Izou. C'est si nouveau pour moi, je...
- Attends...
Ace brise soudainement la magie et ramène le décor autour de nous. J'étais tellement emportée par... ça que j'en ai oublié où j'étais et qui se trouvait autour de nous. Le brun me lâche sans signe avant coureur et ses yeux me manquent déjà. Mais il semble bien décidé à ne plus croiser mon regard. J'ai encore la gorge sèche lorsque je demande :
- Ça... ça ne va pas ?
- Je ne peux pas faire ça.
C'est comme un coup de massue auquel je me sens démunie. Je ne sais que dire, ni quoi faire. Il regagne sa place sous les mirettes ébahies de toute l'assistance, hormis celles de Kid qui se moque :
- Ben alors le tacheté tu te débines, t'as perdu tes couilles ?
Je ne bouge pas d'un millimètre, trop occupée que je suis à prendre peu à peu conscience de ce qui vient de se passer. C'est donc ça, embrasser quelqu'un ? C'est de la folie, j'ai eu l'impression d'être ensorcelée. J'étais tellement électrisée que c'en était un peu douloureux. Néanmoins, ce que j'ai ressenti peut se résumer plus simplement : du plaisir. C'était... extraordinaire. Est-ce ce qu'on éprouve quand on bécote quelqu'un ? C'était tellement génial que ça me donne envie de recommencer. Est-ce que je ressentirai la même chose si j'embrassais Usopp ou Sanji ? Ou bien était-ce parce que c'était Ace ? Mon enjouement en prend un sacré coup. Il a dit qu'il ne pouvait pas. Il s'est passé quelque chose entre nous, j'en suis presque certaine, mais il m'a rejetée. Est-ce que je suis la seule à avoir goûter à cette parcelle de bonheur ? Il faut vraiment que je me renseigne sur ce qui m'arrive, ça ne peut plus durer comme ça.
Une main sur mon épaule vient me tirer de mes élucubrations. Lilly se penche vers moi, l'inquiétude brillant au fond de ses prunelles marrons.
- Ça va ?
Je hoche machinalement la tête et la suis pour reprendre ma place dans le cercle. La mâchoire de Sanji s'est décrochée et il articule difficilement « Mon... Mon Akira-swan... ». Nami se penche à mon oreille pour me chuchoter :
- Tu comprends pourquoi Vivi et moi t'avons conseillé de porter un soutien-gorge ?
Je revoie ma poitrine plaquée contre le torse d'Ace et mon visage s'embrase de nouveau. Je coule un regard vers le principal intéressé mais ce dernier est bien décidé à m'ignorer. C'est horrible de réagir comme ça, je ne sais pas ce que j'ai fait de mal... Je me sens...triste. Lilly cale sa tête contre mon épaule et la tiédeur de son corps agit comme un baume sur la plaie de mon cœur. Nami pousse Sanji pour prendre sa place et passe un bras autour de mon épaule. C'est peut-être sa façon à elle de s'excuser pour ce challenge.
Hancock propose qu'on reprenne la partie après ce défi « sans intérêt ». Je n'ai plus très envie de jouer mais j'ai encore moins envie de plomber l'ambiance. Cette fois, c'est Lilly qui tire le bâtonnet rouge. Elle réfléchit un instant puis semble tout à coup sûre d'elle. Elle lance le paquet de Mikado au milieu de la pièce et déclare :
- C'était sympa le jeu du Pocky, du coup Dellinger et moi ne devons pas être les seuls à en profiter. Monkey-san, Margaret-san, vous pouvez vous lâcher.
Nami se détache de moi pour reluquer Lilly. L'incompréhension danse dans ses prunelles chocolat. Une aura noire émane de Hancock qui est à deux doigts de prendre une bouteille vide pour tenter de l'exploser sur le crâne de la blanche. Je me demande ce que cherche à faire Lilly... Est-elle consciente que Margaret est déjà la cible des méchancetés de Hancock ? Quoi qu'il en retourne, j'accepterai les motivations de mon amie. Même si je suis un peu dans le flou concernant ses agissements, je serai toujours là pour elle.
Luffy se lève et je m'attends à ce que Margaret l'imite mais il n'en est rien. La blonde se contente d'observer la scène et je m'en rends pleinement compte alors. Quelque chose cloche entre eux. Le garçon au chapeau de paille saisit le paquet de Mikado et
il le vide,
il le vide dans sa bouche. Il avale le tout en un instant et jette le paquet derrière lui. Un refus. C'est une première depuis le début du jeu, personne n'est allé jusque là. Cette action cloue le bec à tout le monde. Luffy s'attarde un instant sur Lilly. Ses prunelles noires chargées en émotions diverses se posent sur elles. Puis ses lèvres s'étirent en un sourire qui ne dégage aucune chaleur. Il fait volte-face et, sans un mot, il quitte la pièce en laissant dans son sillage une nuée de tristesse. Ace ne se fait pas prier pour partir à ses trousses. Le rire piquant de Hancock nous vrille les tympans :
- Ne sois pas si déçue Margaret, tu n'as pas loupé grand chose. Après tout, ce n'est pas comme si ce défi aurait signé votre premier baiser.
Sous le coup de cette estocade odieuse, les yeux de la blonde se gorgent de larmes. Voyant que Hancock allait porter le coup de grâce, Kid lui saisit le bras méchamment :
- J'aime être un connard mais je respecte mes potes. Toi, tu n'apportes que le mal autour de ton entourage.
La vipère semble étonnement blessée par sa remarque. Elle perd son sourire, ferme la bouche et se contente d'entourer ses cuisses de ses bras. N'y tenant plus, Nami se lève et semble furieuse contre Lilly :
- Mais pourquoi tu as fait ça ?! Margaret et Luffy ne sont même pas ensemble !
Lilly paraît désorientée :
- Pas plus tard que cet après-midi, Dellinger certifiait que Margaret-san était avec Monkey-san.
- Oui, c'est ce qu'il a dit ! j'affirme.
Les sourcils de la rousse se froncent encore plus et cette fois nous l'avons vraiment énervée :
- J'ai rencontré Luffy en primaire, je le connais mieux que vous deux réunies. Quand je vous dis qu'il ne sort pas avec Margaret, c'est qu'il ne sort pas avec, point barre.
Elle se rassied mais laisse un espace ostensible entre nous. Je crois que le défi proposé par Lilly a également froissé Nami. Elle n'a pas dû supporter de voir son meilleur ami dans cet état... Nous retirons les bâtonnets en trop et en tirons tous un. C'est Vivi qui obtient celui doté d'une extrémité rouge.
- Bon, pour repartir sur une note positive, je vais demander à Sanji-san de dire ce qu'il aime le plus chez Zoro-san.
Le blond qui était en train de finir son saké recrache tout sur... Zoro, évidemment. Mais l'homme aux cheveux verts semblent si perturbé par ce défi qu'il ne s'en formalise même pas.
- Qu...qu'est-ce que tu me demandes Vivi-chwan ?!
- Tu as bien entendu, Sanji-san.
Le cuistot déglutit bruyamment et Zoro et lui se regardent longuement. J'ai l'impression que les joues du blond se colorisent mais j'imagine que ce sont les effets de l'alcool.
- Zoro est...
Puis les yeux du blond convergent vers sa sœur assise à sa droite. Elle ne semble pas comprendre pourquoi il hésite autant. Sanji se ressaisit et balance tout-de-go :
- Il n'y a rien que j'aime chez cet abruti.
J'étais certaine que le concerné allait riposter ou arborer un air du genre « je m'en tamponne le coquillard » mais non, c'est même plutôt l'inverse qui se produit. Zoro, l'imperturbable Zoro, affiche une mine passablement blessée. Sanji écarquille son seul œil visible et s'apprête à rajouter quelque chose mais est devancé par un son que nous entendons tous.
Des bruits de pas lourds. Le genre de couinement que produisent des bottes. Une pensée se forme dans notre cerveau outrageusement réduit par l'alcool.
Katakuri arrive. Nous allons nous faire dézinguer.
Mais c'était sans compté Reiju qui, loin d'être effarée, s'est redressée dans le plus grand des calmes :
- Je m'occupe de faire diversion. Vous tous, sortez d'ici dans exactement deux minutes.
Et c'est sur ces mots qu'elle part pour sauver nos vies. Mes membres se relâchent enfin, délestée de la pression de cette soirée. Celle-ci était censée nous amuser. Ce fut le cas, certes, mais elle a surtout bousculé pas mal de monde. Dans tous les sens du terme.
Lillynette j'ai besoin de tes mouchoirs ! *s'en enfonce plein dans les narines*
Ah ça va mieux !
Alors, qu'avez-vous pensé de ce... hrm... chapitre riche en émotions et rebondissements ? La sortie en ville de nos amis habillés pour l'occasion sert de divertissement, on voyage, on s'amuse. Et BIM vient la soirée de Koza, qui est presque un huis-clos ce qui contraste avec la partie précédente. On peut dire que le jeu du Roi a amorcé pas mal de choses, comme par exemple un rapprochement plus concret entre Vivi et Koza. Mais il en a également dévoilé d'autres, tels que le respect de Luffy pour ses propres sentiments ou encore les sentiments inattendus de Dellinger pour Lilly ! Et puis le baiser de Akira et Ace... *presse son nez*. J'avoue avoir failli perdre mon âme en écrivant ce passage, c'était trop intense pour moi !
Alors, avez-vous deviné juste par rapport à ce "premier baiser" ? Héhé, fripouilles que nous sommes, en vérité, et vous avez pu le constater, il n'y a pas qu'un baiser mais trois (Vivi/Koza ; Lilly/Dellinger ; Akira/Ace). MOUHAHAHAHAHA ce que nous sommes sadiques !
Sur ce, on vous dit à dans deux semaines pour la suite des aventures de ce lycée de dingue !
Ciaossuuuuuu !
