Note : Avant toute chose, toutes mes excuses pour cette longue absence. Je n'étais tout simplement pas satisfaite de ce chapitre en l'état. Trop plat. Maintenant ça va mieux, je trouve que j'ai réussi à rajouter un peu de fantaisie. Merci à tous pour vos gentilles reviews, votre présence et votre patience. J'espère que ce chapitre vous plaira et je vous retrouve très très vite pour la suite ! (Promis je vais me rattraper pour cette longue année sans nouvelles !)


Chapitre 10 : Le champion de Poudlard

Jeanne et Tamao restèrent assises dans la Grande Salle toute la matinée, discutant de tout et de rien en surveillant la Coupe de Feu. Dès qu'un élève de Poudlard entrait ou se levait pour partir, le jeu était de deviner s'il allait ou non déposer son nom dans la Coupe. Elles perdaient beaucoup mais elles s'amusaient bien.

Vers midi, le contenu des plats changea, petits pains et confitures laissant place aux spaghettis, pommes de terre, rôti de veau et haricots verts. Horo-Horo fit son apparition, le visage tiré et d'immenses cernes sous les yeux, suivi de près par un garçon que Tamao voyait pour la première fois. Il avait des cheveux clairs mais le teint hâlé, paraissait avoir son âge et portait un ample vêtement orange drapé comme une tunique qui laissait voir l'éclat brillant de bijoux dorés autour de son cou et ses bras. Le bindi sur son front confirmait son attachement à Gandhara.

Horo-Horo s'effondra sur la table à côté de Jeanne qui fit une drôle de grimace alors que le garçon inconnu les saluait d'un air joyeux.

— Bonjour bonjour ! Je suis Dainichi, ravi de faire votre connaissance. Vous êtes des amies de Horokeu Usui ?

— Oui, répondit Jeanne en retrouvant une contenance.

Tamao cligna plusieurs fois des yeux. Ces derniers devaient lui jouer des tours car elle avait l'impression quand elle regardait Dainichi de voir la table des Poufsouffle qui se trouvait derrière lui. Comme s'il était transparent.

— Tu es un élève de Gandhara ? demanda Jeanne d'un ton sceptique qui trahissait la même perplexité que Tamao.

— Non je ne suis pas un élève, je suis l'esprit protecteur de Dame Sati, rit Dainichi. Tu veux savoir pourquoi je suis ici ? ajouta-t-il d'un air malicieux.

Jeanne hocha la tête.

— Horokeu Usui a pensé qu'il pouvait déjouer la limite d'âge de Dame Sati, expliqua-t-il avec un grand sourire. Je suis ici pour lui rappeler à tout instant qu'il avait tort.

— Vraiment ? s'étonna Jeanne.

— Cet enquiquineur me colle aux basques depuis minuit, grogna Horo-Horo. Je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit.

Cette déclaration sembla ravir Dainichi.

En l'observant attentivement, Tamao finit par comprendre ce qu'il semblait sous-entendre en se présentant comme un esprit. Il n'était pas d'un argenté translucide comme l'étaients les fantômes de Poudlard, à l'instar de Damuko ou Amidamaru. De loin, Tamao l'avait vraiment pris pour un être vivant, mais à y regarder de plus près les lignes de son visage semblaient floues.

— Quelle idée d'avoir voulu tricher, déclara Jeanne d'un ton qui signifiait qu'il avait la punition qu'il méritait.

— Mais je n'ai pas voulu tricher ! s'écria Horo-Horo en se redressant brusquement, manquant de renverser le pichet d'eau près de lui. Tout est à cause de cet abruti de Ren !

Jeanne le dévisagea avec condescendance sans accorder une once de crédit à son plaidoyer.

— Que s'est-il passé ? demanda doucement Tamao.

— On était allés voir la Coupe, commença à raconter Horo-Horo.

— En pleine nuit, crut bon de compléter Dainichi.

— Juste pour voir de plus près quoi ! se justifia Horo-Horo. Et puis pour soutenir Yoh qui voulait participer. Et voilà pas que Ren commence à se moquer de moi, comme quoi je ne serai pas cap de franchir la limite d'âge.

Tamao sentit arriver la suite.

— Qu'est-ce que vous auriez fait à ma place ? les prit à partie Horo-Horo.

— Je l'aurai ignoré, répondit consciencieusement Jeanne.

— J'ai mis un pied dans le cercle pour prouver que j'étais cap ! répondit en même temps Horo-Horo.

— Et me voilà ! s'amusa Dainichi. Horokeu Usui a l'immense privilège de m'avoir auprès de lui jusqu'à ce soir pour lui rappeler tout au long de la journée qu'il ne faut pas tricher.

— Mais je n'ai pas triché !

Cri de rage et de désespoir. Tamao se recula sur son banc alors que Jeanne esquissait un sourire satisfait.

— Que se passera-t-il si un autre élève tentait de franchir la limite d'âge ? demanda-t-elle à Dainichi. Laisseras-tu Horo-Horo pour aller le tourmenter ?

— Si seulement, geignit ledit Horo-Horo avant d'écraser sa tête sur la table, comme si ces dernières paroles avaient fini de le vider de toute son énergie.

— Oh non, nous sommes plusieurs, expliqua joyeusement Dainichi. J'ai déjà croisé Acala et Asura qui suivaient d'autres élèves. Mais à moins que nous ne soyons tous sollicités, je n'aurai pas à délaisser Horokeu Usui.

Jeanne acquiesça d'un signe de tête pour signifier qu'elle en avait pris bonne note.

— Je change de sujet : j'ai entendu parler d'un fantôme du nom de Damuko qui connaîtrait tous les ragots amusants à connaître sur Horokeu Usui. Vous pourriez me la présenter ?

Tamao plaignait sincèrement Horo-Horo.

Le soir venu, l'ambiance dans la Grande Salle était électrique. Toute la journée à vrai dire, une étrange frénésie semblait s'être emparée des murs du château, si bien que Tamao n'avait réussi ni à se concentrer sur les cours qu'elle souhaitait réviser, ni à trouver suffisamment de quiétude pour dessiner. Elle aurait pu aller s'isoler dans son dortoir pour ce faire, mais elle avait eu envie de rester avec Jeanne et Jeanne adorait cet état d'esprit. Les deux filles avaient par conséquent passé la journée tantôt dans la salle commune à assister à des conversations animées avec les autres élèves de Poudlard sur les participants et leurs chances à chacun d'être choisi pour champion, tantôt à épier les élèves de Gandhara qui semblaient tous plus gentils les uns que les autres. Jeanne semblait toutefois éviter soigneusement la délégation de Beauxbâtons, Tamao se demandait seulement si c'était par choix ou si c'était inconscient.

Les plats apparurent sur les tables mais les élèves étaient un peu trop fébriles pour vraiment profiter du festin, se contentant de picorer de-ci de-là. Tous attendaient avec impatience la désignation des champions.

Lorsque le professeur Lasso se leva, le silence de fit presque immédiatement dans la Grande Salle.

Comme tous les autres, Tamao se tordit le cou pour apercevoir la Coupe de Feu.

— Il va être l'heure, indiqua gravement le directeur en s'avançant jusqu'à la Coupe. Lorsque le nom du champion de chaque école sera annoncé, chacun d'entre eux devra se rendre dans la pièce voisine.

Le directeur désigna la porte derrière la table des professeurs du bras.

Le professeur Lasso se tut et le silence s'installa. Peu à peu, des chuchotements se mirent à courir dans les rangs des élèves sans qu'aucun professeur ne bronche. Jeanne se tourna vers Tamao en ouvrant la bouche mais elle se figea quand une flamme jaillit soudain de la Coupe de Feu. Les conversations s'arrêtèrent instantanément.

Le professeur Lasso avança la main vers la flamme et, comme elle disparaissait, attrapa au vol un bout de parchemin noirci.

— Pour Beauxbâtons, Pedro Gomez.

De bruyants applaudissements succédèrent à son annonce et un grand élève bronzé dans une robe de sorcière blanche se leva de la table des Serdaigle et s'avança dignement vers l'estrade. Il passa derrière la table des professeurs et les acclamations s'estompèrent peu à peu.

Peu après, une deuxième langue de feu s'éleva de la Coupe. De la même manière que précédemment, le professeur Lasso s'empara du morceau de parchemin rejeté par l'artefact.

— Pour Gandhara, Ouiza Morsi.

De nouveau des applaudissements alors que la championne se levait à la table des Poufsouffle. Elle rejoignit l'estrade, se retourna pour saluer respectueusement l'assemblée, puis imita Pedro Gomez et contourna la table des professeurs pour rejoindre la pièce voisine.

Les vivats mirent un peu plus de temps à s'éteindre cette fois et le silence total ne fut pas rétabli. La Coupe de Feu allait désormais désigner le champion ou la championne de Poudlard et les élèves avaient du mal à s'astreindre au calme. Tous souhaitaient que le représentant de l'école dans le tournoi appartienne à leur maison, Tamao peut-être exceptée.

Elle souhaitait, elle le souhaitait vraiment de tout son cœur, que Yoh soit désigné mais une voix insidieuse au fond d'elle lui soufflait que ce ne serait pas le cas, que le nom qui sortirait de la Coupe serait celui de Hao. C'était de la triche, c'était profondément injuste mais c'était ainsi. Ce qui ne l'empêchait pas d'espérer…

Une troisième fois, la Coupe de Feu cracha des flammes rougeoyantes et un morceau de parchemin s'envola. Tamao ferma les yeux.

— Pour Poudlard, Hao Asakura.

Quand Tamao monta se coucher ce soir-là, elle était épuisée. À vrai dire, depuis sa confrontation du matin avec Hao, elle ne se sentait pas en grande forme, mais sa désignation ce soir avait fini de vider ses forces. Elle le revoyait encore, avec son faux-sourire, rejoindre tranquillement les autres champions sous le vacarme assourdissant des élèves des quatre maisons.

— Avec Hao comme champion, je suis prêt à parier mon bras que c'est Poudlard qui va remporter le tournoi, avait-elle entendu dire Kyle Craig dire à Brit Karlsen.

Et Sanna Bilis de pousser de profonds soupirs rêveurs en ne lâchant pas le Serpentard des yeux.

Jeanne s'était rendue compte que Tamao n'était pas dans son assiette quand elles étaient remontées toutes les deux après le repas.

— Tu aurais préféré que ce ne soit pas Hao, n'est-ce pas ? lui avait-elle demandé, entrant directement dans le vif du sujet.

Tamao avait pu lire l'interrogation muette sur son visage, mais elle ne pouvait rien lui dire. Elle ne pouvait pas expliquer à Jeanne pourquoi cela l'embêtait tellement que Hao participe au Tournoi des Trois Sorciers. Alors elle avait biaisé.

— J'espérais que ce soit Yoh, avait-elle simplement répondu.

Bien sûr Jeanne n'était pas idiote. Tamao savait qu'elle avait compris que ce n'était pas la vraie raison et qu'il y avait autre chose sous cette excuse. Cependant Jeanne n'avait rien demandé de plus et Tamao lui en était reconnaissante.

Elle se laissa tomber sur son lit, exténuée. Son regard se perdit sur les teintures crème au-dessus de son lit. Une nouvelle fois elle revivait dans ses pensées la confrontation du matin et elle en tremblait. Hao était vraiment… elle n'avait pas les mots.

Quand le professeur Lasso avait annoncé son nom, elle avait reporté son attention sur Mikihisa, mais ce dernier était resté de marbre. En même temps, il était toujours très difficile de savoir à quoi il pensait. Quant à Yoh, elle ne l'avait pas aperçu de la soirée, mais le connaissant il devait être très heureux pour son frère. Pourtant, le fait que Hao participe, c'était un problème, non ? C'était de la triche, n'est-ce pas ? Elle poserait la question à Anna. Anna saurait quoi faire.

« Il n'y a rien à faire », chuchota une petite voix à son oreille. La même qui lui avait soufflé toute la journée que ce serait Hao qui serait désigné champion. « Le mieux que pourra faire Anna, c'est t'expliquer qu'il n'y a rien à faire. »

« Peut-être, se dit Tamao, mais j'irai tout de même lui en parler. »

Elle se redressa, attrapa machinalement son cahier à dessins et fit défiler les pages. Dernièrement, elle avait entrepris de dessiner Jeanne. Pour l'instant, elle n'avait que quelques esquisses, des crayonnés, des brouillons, mais elle aimerait réussir un dessin plus construit. Peut-être pourrait-elle lui demander l'autorisation de la croquer sur le vif, quand elle faisait ces mimiques qui lui étaient propres et que Tamao essayait de se remémorer une fois seule face à sa page blanche. Mais cela signifiait lui avouer qu'elle tentait de la dessiner et elle n'y était pas encore prête.

En feuilletant son cahier, elle tomba sur une ancienne ébauche de Yoh. Le contour du visage, le haut du front, le départ des cheveux, le contour des yeux, du nez et de la bouche. Elle eut envie de le reprendre mais pour en faire quelque chose d'autre. Quelque chose de différent, qu'elle n'avait jamais fait jusqu'à présent.

Elle reprit les cheveux, les fit partir sur les côtés, lâchés, sans s'intéresser à en dessiner les mèches ou à établir une longueur. Elle oublia les oreilles, affina le nez, gomma les quelques traits prévus pour dessiner le collier. Puis elle remonta sur les yeux, en tordit les contours, effaça, recommença, esquissa les iris, descendit sur la bouche, modifia le sourire, reprit les yeux, noircit le regard, gomma, dessina des flammes.

La porte du dortoir s'ouvrit sur Iris et Agata en grande discussion.

Tamao reposa son crayon et examina son dessin d'un œil critique. Oui… elle avait réussi à capter quelque chose, en dessinant clairement les feux dans ses yeux. Personne ne confondrait jamais ce dessin avec un de Yoh.

Imitant ses condisciples, Tamao rangea son cahier, se mit en pyjama et se glissa dans son lit. Elle ne mit que très peu de temps à s'endormir.