Place au face à face inévitable. J'espère avoir respecté les caractères qui, je dois l'admettre, ne sont pas forcément évidents à faire dans toutes les circonstances. Un peu plus d'action dans le chapitre suivant !

Et encore un grand merci pour tous vos retours tous très positifs ! Que du bonheur et des encouragements !

PS : Petite erreur dans le dernier chapitre. Non, ce n'est pas Rhaegal qui meurt mais bien Viserion :) j'ai modifiée si jamais.

Bonne lecture !


Chapitre 19

Les balancements répétitifs finirent par la réveiller de son lourd sommeil.

Au début, il n'y avait que des formes floues et grossières qui se présentèrent devant elle qu'elle reconnut ensuite étant un plafond de bois avec un petit chandelier suspendu. Ce dernier se balançait tranquillement d'un côté à l'autre au gré des vagues. La fenêtre sur sa gauche laissait pénétrer la lumière du jour dans ce qui semblerait être une chambre dans un bateau.

A la forte luminosité matinale, Emerys plissa les yeux de désagrément puis émit un petit son plaintif lorsque son estomac vide se rebella subitement à cause des mouvements lents de la cabine. Elle avait très soif, sa gorge et sa bouche étaient sèches après des heures endormie. Un peu déboussolée elle chercha du regard une cruche et un verre qui se trouvaient fort heureusement à sa disposition sur le petit guéridon à droite du lit.

Frottant une main sur son visage pour chasser les restes de sommeil, la jeune femme se redressa contre la tête du lit puis récupéra un verre qu'elle avala goulument afin d'étancher sa soif et d'apaiser son inconfort passager. Son corps entier était endolori, remarqua-t-elle au mouvement de son dos qui engendrait des douleurs musculaires. Pour le moment elle ne se souvenait pas de grand-chose des récents évènements mise à part l'attaque des marcheurs blancs et le sacrifice de Jon Snow.

Un peu ennuyée de devoir fouiller dans sa mémoire hasardeuse, Emerys poussa un petit soupir contrarié avant de s'intéresser plus particulièrement à son environnement étranger. Elle se trouvait donc dans un lit recouvert d'une douce couverture de fourrure blanche sur ses jambes. Un lit simple au milieu d'une cabine qui contenait un coffre près de la porte non loin de la fenêtre où elle ne pouvait rien voir d'autre que le ciel gris. Ses yeux ne s'étant toujours pas habituer à la luminosité et n'ayant pas retrouvé leur netteté, elle pouvait d'ores et déjà sentir le mal de crâne prendre de l'ampleur.

D'une petite grimace à la douleur lancinante dans sa tête embrouillée, elle massa ses tempes tandis qu'elle cherchait vainement les raisons du pourquoi elle se retrouvait dans un lit sur un bateau au beau milieu de l'océan vêtue d'une simple chemise de nuit. Sa gorge picotait constamment, son estomac nauséeux se tordait. Combien de temps avait-elle dormie comme ça ? Où se trouvaient les autres ? Qu'en était-il de la mission aujourd'hui ?

«Enfin réveillé.» Grommela quelqu'un à sa gauche.

Sur le lit, Emerys se raidit de surprise au son de cette voix graveleuse car elle ignorait totalement qu'elle n'était pas toute seule dans sa cabine. D'un déglutissement lent aux martèlements de son cœur, elle tourna son visage perplexe dans la direction de son mari assis dans une chaise de l'autre côté de la porte lui faisant actuellement face. Il lui fallut quelques secondes de plus pour adapter sa vision sur la forme imposante du Limier imperturbable par son regard ahuri.

Sandor avait ses bras croisés sur sa poitrine, ses longues jambes étendues et croisées devant lui. La chaise en bois n'avait pas l'air très confortable à première vue cependant il restait tranquillement affalé dans la même position sans jamais rompre le contact visuel avec la femme aux cheveux d'argents assise sur le matelas. Il la toisait dans le silence, ses yeux bruns reflétant une forme d'impatience avec une touche de méfiance qui ne plaisait absolument pas à Emerys toujours aussi confuse. Il était distant avec elle, pourquoi ? Pourquoi préférait-il s'assoir sur une chaise aussi loin plutôt que de profiter de l'espace opposé de son lit ? Ils étaient mariés après tout, il n'y avait donc aucune raison sauf s'il lui en voulait pour quelque chose.

Plongée dans la réflexion afin de comprendre ce qu'avait mis l'ancien Chien dans cet état d'esprit, Emerys faillit manquer le reflet haineux dans ses yeux qui portaient normalement de l'amour à son égard. Pendant ce court instant, elle manqua de souffle. C'était à la fois étrange et à la fois très rabaissant, n'osant imaginer le fond de sa pensée pour lui donner cette expression complexe à déchiffrer.

Les deux se fixèrent mutuellement sans pour autant prendre la parole pendant les prochaines longues minutes. Sandor cherchait à la lire tandis qu'Emerys essayait de retrouver la piste de ses souvenirs momentanément égarés dans les limbes de son esprit enveloppé d'une épaisse brume de confusion. C'était une tâche extrêmement difficile toutefois elle voulait plus que tout faire l'effort afin de trouver une solution pour apaiser la colère de son mari impulsif. Non pas qu'elle le craignait, mais elle se sentait triste de le voir aussi distant et méfiant.

«Pourquoi tu ne m'as rien dit ?» Poursuivit le Limier avec calme. Il pencha la tête sur le côté puis étudia le visage chiffonné d'incertitude d'Emerys.

A cet instant il comprit qu'elle était vraiment perdue alors il rouvrit la bouche pour la refermer tout aussi vite quand l'expression de la femme s'illumina soudainement de compréhension. D'abord elle paraissait heureuse, puis ensuite, cette joie se transforma rapidement en horreur avant de finir sur de la consternation et du désolément. Sa respiration devint rapide et inégale, ses yeux noirs balayant furtivement la pièce pendant que les souvenirs inondèrent sa tête d'images, de sons et de sensations. Ses doigts s'accrochèrent résolument à la couverture sur ses genoux jusqu'à ce que ses jointures ne deviennent blanches.

Finalement Emerys leva son regard désespéré dans celui de Sandor toujours tranquillement assis en attente de réponses à ses nombreuses questions silencieuses. Elle passa sa langue sur ses lèvres gercées, le poids de ses actes passés se logeant dans son cœur douloureux. Tourmentée, elle offrit ensuite une petite secousse négative de sa tête ce qui entraina ses longs cheveux enchevêtrés à rebondir sur ses joues blêmes.

«Je ne pouvais pas. Tu n'étais pas prêt à entendre la vérité.» Répondit-elle d'une voix éraillée par manque d'utilisation.

«Mon cul ouais ! Pas prêt à l'entendre ?! Quand t'allais me le dire ? Que ta putain de magie ne s'arrêtait pas à de la guérison mais qu'elle te permettait aussi de devenir une saloperie de bête cracheuse de feu !» Rugit soudainement Sandor en bondissant de sa chaise avec colère. Il serra les poings à ses côtés, son regard bouillonnant ne faiblissant pas malgré le visage choqué de sa femme.

Il ne le pense pas, il est en colère … Mais il a raison. Emerys ferma les yeux puis détourna légèrement la tête sur la droite, acceptant les réprimandes sévères de son mari hors de contrôle. En revanche elle marmonna quelque chose sous son souffle d'un froncement de sourcils.

«Oui, pas prêt. C'est une vérité difficile à accepter et j'avais peur. Pour toi la magie n'existe pas ! Si je te l'avais dit, tu ne m'aurait jamais cru-» Elle éleva la voix mais Sandor en fit de même.

«Epargne-moi tes leçons de moralité bordel de Dieux ! C'était ton devoir de femme ! Tu comptais me le cacher encore combien de temps ? C'est comme ça qu'on a fuis Port-Réal aussi vite ? A coups d'ailes de dragon ? Humpf. Je croyais que ces choses-là n'existaient plus depuis longtemps ! Et maintenant j'apprends que ma propre femme fait partie de mon pire ennemi !» Clama-t-il, furieux. Il passa une main dans sa barbe avec nervosité face à la bouche béate d'Emerys puis reprit, les yeux légèrement écarquillés.

«Alors c'était toi que j'avais vu dans la forêt avec le Septon Ray. Tout ça c'est complètement fou, des foutues conneries ! Combien de ton espèce se cache parmi les populations ? Des dizaines, des centaines, des milliers peut-être ? Merde, qu'est-ce que je dois encore savoir que tu ne me dis pas Emerys !» Se moqua crûment l'homme balafré incapable de retrouver sa quiétude.

«Il n'y a rien d'autre, je pense que c'est déjà amplement suffisant. Et je suis seule d'après Varys.» Rétorqua sur le même ton Emerys en levant ses yeux rougis vers lui. Autant répondre à toutes ces questions malgré le cynisme évident derrière chaque parole hargneuse.

«Ne me mens pas !» S'impatienta le Chien.

«Je ne te mens pas !» Cria-t-elle en retour d'agacement, déjà à bout de souffle. Même si elle avait tant redoutée cette conversation elle poursuivit avant que Sandor ne prenne une fois encore la relève.

«Pendant de nombreuses années je me suis entraînée à le contrôler. Toute cette colère, toute cette haine renfermée … Je n'avais guère d'autres choix que d'apprendre à le cacher aux yeux de la cupidité humaine. Aussi loin que je m'en souvienne, Varys a toujours été là pour m'aider et m'encourager afin que plus jamais je ne déverse ma rancœur sous cette forme dévastatrice. Aujourd'hui j'ai des regrets. Des maques du passé qui me ronge petit à petit ! Je ne cesse de culpabilisé à chaque fois que je me regarde dans une glace, à chaque fois que je te regarde …» Emerys posa brièvement ses yeux sur la grande brûlure sur le côté droit de la tête de son époux renfrogné puis prit une inspiration tremblante.

«Autrefois dans mon petit village, avant qu'il ne soit pillé par les Lannister, j'avais réussi à trouver une forme de paix intérieure. Après des années de souffrance morale à me battre contre moi-même au lieu d'apprendre à vivre avec. Ce jour-là ils m'ont tout prit. Ma dignité, ma paix et ma confiance.» Sa voix s'étrangla à la fin de sa phrase tandis que les larmes fraîches dévalèrent ses joues.

Malgré sa vive colère, Sandor écouta attentivement en arpentant la pièce de gauche à droite, forcé de croire ce que son côté rationnel ne pouvait résoudre. Néanmoins il s'arrêta lorsqu'il entendit les prochaines paroles prudentes de sa femme en émoi pour la regarder droit dans les yeux.

«Puis nos chemins se sont croisés. J'ai longuement voyagée aux côtés d'un mercenaire redouté et d'une petite louve intrépide. Deux personnes qui ont bouleversée toute mon existence. Un chemin au cours duquel j'ai appris ce qu'était d'aimer et d'être aimé !» Déclara Emerys avec force cependant sa voix refusait de se stabiliser. Elle déglutit doucement pour libérer sa gorge anormalement serrée de ses liens invisibles, défiant l'homme intimidant du regard au travers ses larmes de désespoirs. Elle poursuivit.

«Oui, j'ai fait des choses atroces par le passé. Et il m'arrive d'avoir des visions. Révélatrices pour la plupart, terrifiantes pour d'autres. Je refuse d'être utilisée comme machine de guerre ! Mais aujourd'hui je me rends compte que je n'ai pas le choix …» Chuchota-t-elle ensuite en couvrant ses yeux avec ses mains. Son cœur se serra à la voix bourrue du Limier.

«Moi aussi j'ai fait des choses atroces. Massacrés des vieillards, des femmes, des hommes, même un putain de gosse innocent pour satisfaire une bande de pourriture ! Nous sommes tous pareilles ! Nous sommes tous des enculés sur cette terre à la recherche de gloire et de pouvoir qui ne s'obtiennent pas autrement que par la violence ! Tu es un dragon, tu as un instinct de tueur. Alors dis-moi qu'est-ce qui te différencie des autres ?» Somma l'homme qui surplombait maintenant le lit de sa hauteur conséquente, bloquant une partie de la luminosité avec son corps.

Il avait besoin de connaître les risques.

«J'ai le droit de choisir, voilà toute la différence désormais. Je ne t'ai pas tué ce jour-là parce que je savais qui tu étais. Je savais où j'étais et comment user de ma force sans risquer des dommages considérables. Je sais faire la différence entre un allié et un ennemi ! Beaucoup de choses restent floues dans ma tête mais une chose est sûre, j'ai le plein contrôle.» Répliqua Emerys avec confiance néanmoins la phrase suivante la bouleversa énormément.

«Alors pourquoi tu n'as pas choisi de sauver tes petits copains dans les Eyriés quand tu en avais l'occasion ? Hein ? Si tu es tellement puissante ? Ou alors pourquoi tu n'es pas partie de Port-Réal loin des griffes de cette salope ? Réponds-moi !» Siffla rudement Sandor en se penchant vers elle, regrettant presqu'instantanément ses mots lorsqu'il vit son regard blessé. Il se redressa lentement, sa colère redescendant rapidement alors qu'il serrait la mâchoire et sentait la culpabilité grimpée en lui.

«Il y a une seule chose qui ne se contrôle pas, la peur.» Répondit Emerys entre ses dents, le venin s'écoulant dans chacun de ses mots. Longuement, elle le fusilla du regard jusqu'à ce qu'il se redresse et ne se détende d'un soupir abattu.

Sandor su alors qu'il était allé trop loin, qu'il n'aurait jamais dû utiliser ces drames contre elle. Mais il était tellement en colère d'avoir été dupé. Il se sentait trahi et malmené par la personne en qui il avait le plus confiance en ce fichu monde. Il n'arrivait même plus à réfléchir sans dire des choses qu'il ne voulait pas ou qu'il ne pensait même pas. C'était avant tout la terreur qui parlait à sa place.

Depuis qu'il avait découvert l'autre identité monstrueuse d'Emerys, il ne voyait plus que la vision du feu et des hommes hurlant d'atroces souffrances dévorés par les flammes du dragon noir. Le dragon noir, sa propre femme si douce, attendrissante et si belle … C'était tellement difficile à croire et pourtant tout était vrai. Les preuves se présentaient à lui.

Pendant les quelques heures où Emerys dormait profondément, il avait pu réfléchir et se rendre compte que de nombreux mystères avaient également été résolus suite à cette révélation complètement folle et insensée. Des trous manquant du puzzle. Il était certes effrayé par elle et par ses sinistres pouvoirs mais son amour n'avait pas pour autant faibli, loin de là. Toutefois il ne pouvait s'y résoudre à faire comme si de rien était et de vivre avec cette connaissance du danger sans en parler.

Car après tout, Emerys Raven faisait partie intégrale du feu.

Donc si vraiment elle avait un mauvais fond, alors elle l'aurait tué depuis bien longtemps déjà. Par les flammes … La pire mort qui puisse exister pour Sandor Clegane. Rien qu'à cette dernière pensée, d'horribles frissons lui parcoururent l'échine de la tête aux pieds, lui arrachant un petit souffle de crainte de la bouche alors qu'il regardait fixement les couvertures devant lui. Tout à coup il sentit une main chaude se poser sur sa joue rugueuse et un pouce frotter sa peau amochée avec tendresse. Il redressa son regard incertain dans celui d'Emerys agenouillée sur le matelas.

«Sandor, écoute-moi attentivement. Je ne t'ai jamais menti ni trahi et jamais je ne te ferais de mal. Tu as ma parole. Je sais qui je suis et ce que je suis. Tu ne risques rien avec moi, je te le promets.» Chuchota-t-elle d'un doux sourire qu'elle espérait réconfortant. Lentement comme pour ne pas l'effrayer, elle déposa un baiser sur sa joue opposée.

Elle ressentait chacune de ses craintes entièrement fondées, sa perplexité et son sentiment de trahison mais tout ce qu'elle lui disait était véridique. Un jour ils découvriront toute la vérité ensemble. Allant de ses origines à ses pouvoirs extraordinaires jusqu'à sa mission sur cette terre et dans cette guerre. Il fallait jusque qu'il lui fasse confiance encore une fois, qu'il croit en elle comme au premier jour sans savoir qu'elle pouvait devenir une créature du feu.

Sa bouche s'attarda sur ses lèvres pour déverser tout son amour dans un tendre baiser, souriant lorsqu'il le lui rendit aisément en passant ses bras autour d'elle pour la rapprocher contre lui.

Désespérément, Sandor l'embrassa alors qu'il la serrait dans sa poitrine, à la recherche de chaleur et d'acceptation malgré ses quelques réticences. Ses mains voyagèrent sur son corps, se remémorant chaque courbe qu'il aimait tant. Il descendit amoureusement le long de sa mâchoire jusqu'à son cou avant de finalement se retirer puis de s'éloigner complètement d'elle loin de sa portée. Il lui fallut absolument toute la volonté du monde pour se séparer de sa femme mais il avait besoin d'aller prendre l'air pour faire le tri avec les informations qu'il venait d'assimiler en seulement un jour et demi.

«Tu aurais dû me le dire.» Répéta-t-il simplement entre deux souffles, les mains dans ses cheveux bruns. Il lui offrit un regard dur avant de lui tourner le dos pour rejoindre la porte, tentant d'effacer la douleur qu'il venait de voir sur le visage d'Emerys.

Sa main se posa sur la poignée cependant il eut un temps d'hésitation. Il ferma les yeux. Devait-il vraiment faire ça ? La laisser quand elle avait le plus besoin de lui ? La décision n'était pas simple à prendre mais ils avaient tous deux besoin de temps et d'espace pour réfléchir. Son expression accablée le hantera pendant un long moment c'était une certitude mais en attendant il vivra avec comme toutes les autres fois. Il ne voulait pas lui faire de mal, jamais. Il devait juste s'éloigner pour ne plus dire de choses blessantes involontaires à la personne qu'il aimait profondément.

Elle ne le méritait pas.

«Est-ce que cela aurait vraiment changé quelque chose ?» Déclara prudemment Emerys quand Sandor ouvrit enfin la porte. Elle était toujours agenouillée sur le matelas, le cœur martelant au rejet soudain alors qu'elle appréhendait sa réponse.

«Beaucoup de choses.» Grogna le Limier sous son souffle sans même offrir un dernier regard avant de la laisser seule faire face à ses pensées.

Et le cœur d'Emerys se brisa.

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Plusieurs longues heures passèrent avant qu'un coup distinct ne résonne contre le bois de la porte de sa chambre provisoire à bord du navire voguant vers Port-Réal. Les visiteurs se faisant rares, elle ne s'attendait très certainement pas à avoir ce genre de visite après les révélations choquantes sur une part de son identité.

La Mère des dragons pénétra tranquillement dans la pièce lorsqu'elle entendit un faible «entrer» venant de la part de l'occupante dans le lit. Elle passa d'abord un rapide petit coup d'œil autour de la chambre pour s'assurer qu'elle n'empiétait pas dans une conversation privée ni qu'elle ne dérangeait en aucune façon. Mais personne n'était présent. Donc elle posa finalement son regard inquisiteur sur la femme platine assise contre la tête du lit à quelques pas de là.

Cette dernière n'avait pas fière allure. Ses yeux étaient rouges, ses lèvres avaient perdues de leur couleur naturelle et sa peau paraissait plus pâle que d'habitude. Presque … Maladive. Emerys peignait doucement ses longs cheveux argents flétris avec un peigne ivoire mais quand elle remarqua enfin la présence de la Reine, elle cessa immédiatement ses actions en déposant son accessoire sur la couverture blanche recouvrant ses longues jambes. Détournant honteusement les yeux, elle se racla la gorge.

«Pardonnez-moi votre Majesté. Je ne suis pas de très bonne compagnie aujourd'hui.» Expliqua-t-elle d'un maigre sourire en passant sa manche sur ses paupières puis sous son nez pour y retirer l'humidité.

«Il ne l'a pas accepté ?» Demanda Daenerys sans faire de commentaire supplémentaire.

«Qui accepterait une chose pareille.» Grommela Emerys d'une pointe d'agacement. Elle croisa les bras sous sa poitrine mais ne manqua pas le regard réfléchi de la belle Reine Targaryen immobile au pied du lit.

Du coin de l'œil, elle put discerner qu'elle aussi avait longuement pleuré durant les dernières heures car ses yeux bleus tristes étaient cernés et bordés de rouge dût aux nombreuses larmes qui avaient coulées pour sa lourde perte. Néanmoins elle restait digne en sa présence et affichait une impassibilité de marbre malgré les récents évènements plutôt fâcheux. Son charisme dépassait toutes ses attentes les plus folles. Cette Reine venue du Sud était certainement la plus honorable qui ait jamais existée jusqu'ici.

Daenerys avala doucement la salive qui s'était accumulée dans sa bouche puis se détourna pour regarder par la seule petite fenêtre de la chambre exiguë qui donnait sur la mer du Détroit. Elle croisa ses mains dans ses manches, son regard pensif perdu sur l'étendu de bleu et de gris. Elle rejouait plusieurs conversations dans sa tête ainsi que les dernières découvertes déconcertantes l'ayant amenée ici, cherchant des réponses mais aussi la vérité qui ne semblait pas aussi évidente que cela. Tandis qu'elle était perdue dans ses mémoires, elle parla enfin après quelques minutes de silence.

«Les hommes sont parfois compliqués.» Déclara-t-elle évasivement. Ensuite, elle se tourna dans la direction de la jeune femme demeurante silencieuse qui s'autorisait à la regarder avec curiosité.

«Cela dit, vous représentez un réel danger pour nous tous. Je ne sais que pensez, que croire, qui croire. C'est absurde. Tout ça me paraît insensé ! Vous m'avez caché la vérité. Par conséquent, vous mériteriez une exécution pour avoir trompée votre Reine !» Réprimanda Daenerys d'une secousse sèche de sa tête, son expression intransigeante. Puis tout à coup son visage se détendit et elle offrit à la place un sourire rassurant ; «mais heureusement pour vous, vous avez des amis très convaincants.»

Emerys imita son sourire narquois d'un petit reniflement amusé. Lord Varys et Tyrion Lannister. Qui d'autre ?

Emue par cette nouvelle revigorante après une matinée entière à broyé du noir, elle écouta attentivement les prochaines paroles inattendues de sa Reine un peu plus confiante que précédemment. Bien évidemment qu'elle se méfiait toujours d'elle, qui ne le serait pas, cependant elle communiquait avec elle d'une facilité surprenante malgré la menace évidente derrière sa voix implacable.

«J'ai appris ce que vous avez fait pour ce Prêtre adorateur du feu. Vous êtes très courageuse. Rares sont ceux qui le sont à juste titre. Vous n'avez pas, ne serait-ce qu'un seul instant, hésité à vous jeter sur le danger omniprésent pour nous sauver la vie. Et aujourd'hui je vous en suis éternellement reconnaissante.» Déclara solennellement Daenerys d'une main sur le cœur, sa voix débordante de sincérité.

«Le courage est une chose stupide …» Murmura aussitôt Emerys d'un froncement de sourcils.

«Mais il détermine la grandeur d'un homme.» Récita ensuite la Reine proche de la fenêtre. De sages paroles qui venait de son plus proche Conseiller, Tyrion. Celui qui lui avait appris que le courage sommeillait en chaque personne sur cette terre et que tout le monde n'était pas forcément mauvais.

«Une fois quelqu'un m'a dit qu'on ne juge pas un homme sur sa taille mais sur celui de son cœur.» Emerys lâcha un éclat de rire nostalgique puis baissa les yeux sur ses mains entremêlés au-dessus de ses genoux. Une autre phrase mythique du demi-homme qui venait compléter celle de la Mère des dragons.

Daenerys accorda un autre sourire à cela. Tyrion avait bien raison sur ce point-là. A une certaine époque elle pensait comme Emerys, que le courage était une chose stupide qui amenait les héros à mourir pour rien. Mais dorénavant elle portait un tout autre regard sur la définition du mot courage grâce au petit homme devenu sa main mais également un véritable ami en qui avoir confiance. Elle fixa un instant la jeune femme assise d'une lueur d'admiration tandis que cette dernière ouvrit la bouche pour reprendre.

«Sachez que je suis vraiment navrée pour votre perte et … Que j'aurais aimé pouvoir faire quelque chose. N'importe quoi, pour changer ça.» Dit-elle avec mélancolie en l'observant sous ses longs cils noirs.

La Reine se tendit subitement à ses mots, la piqure familière des larmes derrière ses yeux. Elle déglutit difficilement pendant qu'elle la regardait longuement sans ciller une seule fois, le mépris et la haine gravée sur chacun de ses traits habituellement doux. Une facette qu'elle tentait bien que mal de cacher derrière de beaux sourires et de belles paroles toutefois son véritable caractère plus funèbre ressortait à ces moments-là où les émotions lui échappaient. Quelque chose était éteint, quelque chose lui manquait, mais quoi ? Finalement elle reprit le contrôle d'elle-même pour faire un sourire aigre à Emerys spectatrice du changement brusque d'humeur.

Un sentiment de malaise la balaya.

«Malheureusement il est trop tard. Mais je vais continuer d'avancer pour que sa mort ne soit pas en vain. Je me débarrasserais de tous ceux qui se mettront en travers de ma route vers la victoire.» Affirma-t-elle d'une profonde inspiration tremblante, résolue.

«Jon Snow ?» Vint la question suivante. Emerys leva les yeux avec appréhension vers la Reine qui se dirigeait lentement vers son lit, désireuse de savoir si le Roi du Nord était lui aussi tiré d'affaire.

«Il s'en remet. Grâce à vous.» Daenerys sourit de reconnaissance en prenant place dans la chaise à droite du lit.

«Je suis heureuse de l'entendre.» Confia l'autre femme d'un soupir bienheureux.

Elle était vraiment heureuse et soulagée de savoir que Jon Snow était encore en vie, que son intervention avait servie à quelque chose au final. Certes c'était un énorme risque mais aujourd'hui elle ne regrettait absolument rien car maintenant ils détenaient toutes les preuves sur l'existence des marcheurs blancs pour convaincre Cersei de se joindre à eux pour la guerre imminente. Et le Roi sera là pour les accompagner, les guider jusqu'à la victoire, parce qu'elle s'en était personnellement assurée.

Daenerys s'installa confortablement dans la chaise en bois pour pouvoir regarder l'occupante de la chambre d'un peu plus prêt, plus intimement. Malgré les cernes, les tourments et les traces d'épuisement, elle restait incroyablement belle, un petit sourire timide ornant ses lèvres sèches. La beauté des Targaryen était inscrite sur chaque courbe de son visage, chaque once de son corps sinueux, chaque brin de ses cheveux soyeux.

Et pourtant elle n'en était guère une.

Ses sourcils se froncèrent progressivement alors qu'elle l'examinait avec soin. Ses doigts tiquèrent nerveusement contre sa cuisse puis tout à coup, elle leva sa main droite pour venir la déposer sur les mains jointes d'Emerys posées sur la couverture. Ce geste surpris cette dernière qui retint brusquement son souffle, ne s'attendant certainement pas à un contact aussi rapproché de la Reine constamment sur ses gardes. Daenerys avala avant de se pencher légèrement en avant pour s'exprimer d'une voix mesurée.

«Devenez mon enfant Emerys. Jurez-moi fidélité, donnez-moi votre puissance et je vous promets que plus jamais vous ne vous sentirez seule. Une fois cette guerre terminée, aidez-moi à récupérer ce qui me revient de droit. Aidez-moi à renverser Cersei Lannister et reprendre le Trône de Fer ! Renversons tous ces dirigeants qui ne jurent que par la violence. Ceux qui utilisent la peur pour gouverner sur ces peuples enchaînés. Brisons cette roue infernale, ensemble.» Plaida-t-elle en resserrant désespérément sa main sur celles d'Emerys perplexe par ses demandes improbables.

Et la femme en question était éberluée mais pas choquée. Tiraillée entre la méfiance et l'espérance. Serait-ce même possible ? Que cette Reine voyait par-dessus le danger qu'elle représentait allant jusqu'à lui demander de devenir son protecteur personnel ? C'était un énorme honneur bien-sûr, mais quelque chose dans cette demande intriguait Emerys. Il y avait une sorte de prévention derrière ses mots que si jamais elle la décevait d'une quelconque manière, ou refusait, les conséquences seraient terribles.

Pour elle, comme pour les autres.

Sa gorge se serra atrocement à cette dernière pensée. Puis un sentiment étrange étreignit son cœur, une sensation qu'elle ne pouvait pas encore discernée correctement mais qui s'intensifiait à chaque fois qu'elle regardait droit dans les yeux voraces de Daenerys Targaryen. Elle était assoiffée de pouvoir, c'était un fait. Mais sera-t-elle vraiment comme les autres monarques avant elle une fois sur le trône de Fer ? Elle ne détenait pas encore la réponse cependant elle était prête à prendre le risque.

Emerys prit une profonde inspiration avant de se pencher vers la Reine qui n'avait pas une seule fois cligné des yeux. Elle récupéra sa main dans les siennes pour lui offrir un semblant de réconfort et de soutien pendant qu'elle la scrutait de la même façon. Daenerys plissa un peu les yeux tandis que son regard fixe débordant d'espoir se déporta sur leurs mains jointes une fois qu'Emerys resserra sa prise sur elles.

«Mon allégeance envers vous n'a pas changé, votre Majesté. Elle ne cesse d'accroître avec mon admiration. Vous nourrissez l'espoir de plusieurs peuples et le mien grâce à votre ambition défiant les limites du possible. Je vous ai dit que je serais à vos côtés pour vous faire prendre la pleine possession de vos pouvoirs. Vous êtes ma Reine, vous l'avez toujours été. Je vous ai déjà aidé contre l'armée des Lannister et je recommencerais encore et encore s'il le faut. Pour vous.» Assura-t-elle avec détermination, son sourire grandissant face à la lueur chaleureuse dans les yeux de la Reine.

«Et Cersei ne sera un jour plus qu'un mauvais souvenir pour nous tous. Faite-moi confiance.» Finit-elle d'un grognement.

«La confiance est une denrée rare de nos jours.» Rétorqua soudainement Daenerys d'un geste de son menton.

«C'est pour cette raison qu'il faut la chérir lorsque l'on vous l'accorde.» Enchaina promptement Emerys en haussant les sourcils.

C'était ambitieux, mais elle ne s'était jamais sentie plus sûre d'elle que maintenant. Après toutes ces mésaventures, ces rencontres et ces prises de confiance en soi, elle estimait qu'elle pouvait se permettre d'être audacieuse. Malgré tout, elle ne put s'empêcher de s'imaginer ce qu'en penserait Sandor de cette décision … Mais il n'était pas là. Il ne voulait pas être là avec elle. Dans tous les cas cela semblait plaire à la Mère des dragons car elle se laissa sourire victorieusement.

«Donc c'est vrai, vous êtes un dragon … Je crains de ressentir une profonde jalousie à votre égard.» Dit-elle d'un hochement de tête méditatif après s'être penchée en arrière dans sa chaise, lâchant les mains de l'autre femme.

«Vous l'êtes aussi. Vous avez l'âme d'un dragon. Vous êtes Daenerys du Typhon de la Maison Targaryen, première du nom, Reine de Meereen, Reine des Andals, de Rhoynar et des Premiers Hommes. Suzeraine des Sept Couronnes et Protectrice du Royaume. Khaleesi de la Grande Mer Herbeuse, Mère des Dragons. L'Imbrûlée. Mhysa.» Epela-t-elle sans faute à la plus grande surprise de Daenerys qui se mit à rire de bon cœur.

«Les éloges ne sont pas nécessaires dans cette conversation. Même si je dois admettre que c'est assez satisfaisant à attendre venant de la bouche d'un dragon.» Elle cligna de l'œil, ce qui entraina un léger rougissement aux joues d'Emerys n'ayant pas l'habitude des louanges concernant son autre forme. Toutefois elle ne se laissa pas déstabiliser parce qu'elle poursuivit sur sa lancée.

«Lorsque l'on vous brûle, les flammes ne vous dévore pas. Lorsque je m'embrase, mon corps devient poussière. Je renais de mes cendres. Vous, vous devenez toujours plus forte et respectable. Nous ne sommes pas si différentes vous et moi. Une âme de dragon pulse dans vos veines comme vos ancêtres avant vous.» Assura Emerys, l'admiration et la sincérité suintantes simultanément dans sa voix.

Daenerys perdit lentement son petit sourire malicieux pour reprendre son expression pensive. L'amusement écarté, elle se concentra à nouveau sur la jeune femme d'apparence si innocente face à elle qui pourtant cachait une puissance monumentale. Elle pourrait facilement tout détruire si l'envie l'en prenait. Tout brûler sur son passage, faire en sorte que les peuples soient enfin libres de la corruption.

Alors pourquoi continuait-elle à se cacher derrière cette apparence frêle au lieu de déployer sa vraie force aux yeux du monde ? Encore un mystère qu'elle n'arrivait pas à comprendre mais qu'elle s'obstinera à le faire.

«J'ai l'impression de vous connaître Emerys. C'est un sentiment si étrange … Lointain. Vous m'êtes à la fois familière et à la fois complètement inconnue. Et vous parler le Haut Valyrien, ma langue maternelle. Que dois-je pensée ?» Chuchota tranquillement Daenerys en pleine introspection, le regard vague. Ce sentiment familier ne la quittait jamais, comme une impression de déjà vue qui ne se manifestait qu'en présence d'Emerys Raven.

«Je l'ignore. Des parties de mon esprit restent inaccessibles encore aujourd'hui. Je ne me souviens pas d'où je viens exactement ni de qui étaient mes ascendants. En moi souffle un feu incandescent don je ne connais même pas l'origine. J'aimerais pouvoir vous répondre, mais je suis aussi confuse que vous hélas.» Expliqua la jeune femme platine d'une secousse regrettable de sa tête, vraisemblablement confuse comme elle le disait.

Puis le visage de la Reine Targaryen se durcit considérablement. C'était effrayant de voir à quelle rapidité ses expressions faciales changeaient aux grés de ses émotions contradictoires. Son côté plus sinistre se déployait à chaque fois au mauvais moment malgré ses grands efforts pour l'enterrer. Le souffle d'Emerys se bloqua inopinément dans sa poitrine au regard froid que lui accorda ensuite la suzeraine clairement insatisfaite de sa réponse au sujet de ses origines.

«Nous arriverons à destination d'ici une demi-journée si la mer ne se montre pas trop houleuse pour nous. Soyez prête.» Répondit Daenerys sans l'ombre d'un sourire ni chaleur dans sa voix monotone.

Plusieurs frissons parcourut le corps d'Emerys alors qu'elle regardait la Reine se retourner vers la porte puis disparaître derrière cette dernière sans un coup d'œil dans sa direction ni parole supplémentaire. Finalement son cœur cessa sa course folle. Pendant un instant elle avait ressentie de la peur mais cette peur se transforma rapidement en témérité farouche. Elle savait à quoi s'attendre ou du moins, elle le pensait. Chaque âme regorgeait de mystères. Mais un jour elle apportera toutes les réponses aux questions de sa souveraine légitime.

D'un petit soupir las, les yeux d'Emerys inspectèrent la pièce pour remarquer qu'un paquet se trouvait sur la chaise autrefois occupé par son mari Sandor. La tristesse s'empara à nouveau d'elle, l'envie irrésistible d'aller le retrouver même si elle savait que ce n'était pas une bonne idée. D'abord perplexe par la présence de ce paquet, elle s'imagina ensuite que quelqu'un lui avait apporté de nouveaux vêtements pendant qu'elle dormait.

Ses pieds entrèrent en contact avec le sol en bois froid puis d'un sifflement aigu, elle se dirigea rapidement vers la chaise à gauche de la porte pour ramasser le tissu noir dans ses mains. C'était doux au touché. Une matière qui ressemblait à de la fourrure d'ours ou peut-être du loup, dans les deux possibilités c'était très agréable et n'irritera pas sa peau. Elle passa lentement ses doigts dessus tandis qu'elle s'empressait de rejoindre le petit miroir dans sa chambre de substitution.

Elle délia soigneusement le vêtement pour se rendre compte qu'il s'agissait en fait d'une robe noire aile de corbeau avec des finitions argentées le long du buste mais également sur le côté gauche ouvert dans le but de montrer sa jambe. La bouche grande ouverte d'émerveillement, elle enfila la longue robe duveteuse sur son corps qui comportait également une grande cape noire atteignant le sol derrière elle.

Elle ressemblait à un oiseau de la nuit. Peut-être plus à un dragon à cause de la pierre ovale obsidienne en guise de fermoir autour de son cou. Une large ceinture noire et argent entourait sa taille et marquait sa silhouette féminine, l'ouverture sur le côté donnant un aperçu de sa jambe. Les manches longues recouvraient l'intégralité de ses bras jusqu'à la base de ses majeurs, la cape s'écoulant par-dessus ses épaules. C'était à la fois très élégant et à la fois très luxueux. Sans doute un cadeau de la Reine d'après la beauté de cette robe hors du commun.

Devenez vous-même.

Un lent sourire confiant étira ses lèvres au reflet de ce qu'était autrefois la femme dans le miroir. Horriblement blessée, seule et incomprise. Dans ses yeux brillait une lueur obscure et déterminée qui ne pourra plus jamais lui être prise. Elle venait de retrouver ce qu'elle avait douloureusement perdu à l'époque, sa volonté de vivre mais aussi son assurance.

Son regard se posa ensuite sur le reflet de sa fenêtre. Port-Réal était enfin en vue.

A suivre …


VP