Ron rouvrit les yeux. Il se trouvait dans une chambre d'hôpital. Il reconnut les motifs de la tapisserie de la salle Cliodna, celle où Harry se trouvait avant d'être enlevé. Il essaya de se redresser, mais il était trop faible pour cela et sa tête se souleva à peine. Il essaya alors de la tourner à droite, puis à gauche. Il y avait un lit de chaque côté et chacun semblait occupé. Son esprit était dans le brouillard le plus total. Il reconnut néanmoins Harry et Stimpson. En revanche, Summerby était absent. Avait-il été mis dans une autre chambre ?
Sans doute pas, sinon Stimpson aurait été mise avec lui, pour ne pas le laisser tout seul, pensa Ron. Il a donc dû s'en sortir sans graves blessures. Enfin, ça dépend du temps que je suis resté endormi.
Le jeune sorcier réalisa alors que Higgs n'était pas là non plus… Finalement, peut-être que Summerby était dans une autre chambre…
Non, on nous aurait sans doute laissé seuls, Harry et moi. Harry a eu droit à sa chambre privée plus d'une fois à cause de son nom. Si on nous a mis tous les trois dans la même pièce, cela signifie que nous sommes suivis par le même médicomage, ce qui n'est pas le cas des autres.
Il essaya une nouvelle fois de bouger lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir. À sa grande surprise, il ne vit pas un médicomage ou un guérisseur franchir la porte, mais une jeune femme, qui devait être à peine plus âgée que lui. Celle-ci remarqua qu'il était réveillé et se retourna pour appeler quelqu'un dans les couloirs. Quelques instants plus tard, l'Auror reconnut Volenlaire entrer dans la chambre.
« Ah, Miss Midgen, merci de m'avoir prévenu. »
Ron continua de fixer la jeune femme, tandis que Volenlaire s'approchait de son lit, n'en croyant pas ses oreilles. C'était impossible ? Était-ce réellement Éloïse Midgen face à lui ? L'Éloïse Midgen ? Il cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer que ce n'était pas un mirage, mais il dut se rendre à l'évidence.
L'adolescente qui avait autrefois été le siège de la plus grosse crise d'acné connue à Poudlard, l'étudiante qui avait subi toutes les railleries possibles sur son physique, celle avec qui aucun garçon n'avait souhaité sortir… Cette jeune fille s'était transformée en véritable cygne.
Bien sûr, elle est moins jolie qu'Hermione, pensa-t-il.
Mais il ne put que constater que Midgen était devenue beaucoup plus séduisante qu'à Poudlard. Ce n'était pas la fille qui allait attirer tous les regards lorsqu'elle passerait dans la rue, mais les rares hommes qui y feraient attention ne pourraient que la remarquer.
« Bonjour, Mr Weasley ! » s'exclama Volenlaire, faisant sortir Ron de ses rêveries. « Je suis bien heureux de voir que vous vous soyez réveillé si vite. Cela fait à peine deux jours que vous êtes tous arrivés ici !
— Deux jours ? s'étonna Ron, toujours déboussolé.
— C'est exact ! Votre femme et votre sœur sont déjà venues vous voir. Elles sont parties prendre un thé, elles ne devraient pas tarder. Comment vous sentez-vous ?
— Un peu… pâteux, je dirais, hasarda le jeune sorcier. J'ai mal partout… Je me sens épuisé…
— Rien de plus normal, après ce que vous venez de traverser, assura le médicomage. On peut même dire que vous récupérez vite. Je pense que d'ici deux jours, on pourra vous sortir de là, conclut Volenlaire en se levant et en commençant à ausculter les deux autres patients.
— Comment vont-ils ? s'enquit précipitamment Ron. Les autres, comment vont-ils ? »
Le médicomage interrompit son examen et se tourna vers son patient. Il avait une mine sombre et semblait réfléchir à la pertinence de la question.
« Potter a été torturé physiquement et sans doute mentalement, confia-t-il dans un soupir. Ajoutez ses précédentes blessures et vous conviendrez qu'il est dans un état très faible. Il sera de nouveau opérationnel d'ici un mois, mais il pourra sortir dans une semaine.
« Miss Stimpson a été, elle aussi, torturée, mais sur une période moins longue. Elle devrait pouvoir s'en remettre très vite. Bien sûr, il y a des blessures qui cicatrisent plus lentement que d'autres et face auxquelles la médicomagie ne peut rien.
— Et Summerby ? Et Higgs ?
— Mr Summerby a été gardé en observation quelques heures. Son état n'est pas préoccupant. Il vous a sauvé la vie, à vous tous, confia Volenlaire. Je lui ai cependant préconisé du repos.
« Quant à Mr Higgs… Son pronostic vital n'est pour le moment pas en jeu, mais je pense qu'il lui faudra beaucoup plus de temps pour s'en remettre… Nous avons réussi à le… rafistoler, si on peut dire. Vous seriez intervenu un jour plus tard, nous n'aurions pas pu le sauver.
— Il est vivant ?
— Oui, mais je pense le garder dans le service des longs séjours pour plusieurs mois encore. Il est le seul à ne pas encore avoir montré signe de vie et je pense que son mental a été totalement détruit. S'il s'en sort, ce qui n'est pas gagné, il ne pourra de toute façon plus jamais jouer au Quidditch de haut niveau.
« Bon, sur ce, je vous laisse. Ne forcez pas trop, Mr Weasley, préconisa le médicomage. Si vous avez envie de dormir, dormez.
— Merci, Médicomage Volenlaire. »
Ce dernier sortit de la chambre, laissant Ron et Midgen seuls à se dévisager. Le jeune sorcier avait toujours du mal à réaliser, mais les nouvelles de Volenlaire lui permirent de faire passer la découverte. Harry et Stimpson étaient vivants et Summerby roupillait chez lui. Seul Higgs venait noircir le tableau, mais il n'était pas prévu au départ, n'est-ce pas ?
« Tu es donc le nouveau chef d'équipe de Patricia », fit remarquer Midgen pour rompre le silence. « Elle a toujours rêvé de faire équipe avec l'un de vous deux.
— Je n'en doute pas, convint machinalement Ron. Elle m'a paru très enthousiaste quand elle a appris sa nouvelle affectation.
— Tu devrais l'entendre lorsqu'elle boit un peu », se moqua-t-elle en lança un regard plein de compassion vers la jeune Auror endormie. « Elle ne jure que par Potter ou Weasley. Vous êtes de véritables idoles pour elle.
— C'est le cas pour beaucoup de monde depuis… depuis Poudlard. »
Le silence retomba dans la chambre tandis que Midgen tirait une chaise pour s'assoir à côté de Stimpson et lui tenir la main. Elle la lui caressa avec douceur et tendresse. Ron fut surpris par le geste, le trouvant très intime.
« Tu as changé… depuis… Poudlard, avoua-t-il avec hésitation.
— Oui, c'est ce que les gens me disent souvent lorsqu'ils me revoient, admit Midgen. En général, c'est même la première chose qu'ils me disent.
— Je ne suis pas tous les gens, affirma Ron.
— En effet, tu es Ronald Weasley, le grand héro de la Bataille de Poudlard, concéda la jeune femme. Mais ça a quand même été ta première remarque. Tu aurais pu me demander « Comment vas-tu Éloïse ? » ou encore « Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? ».
— Je… je ne voulais pas… te vexer, s'excusa benoitement le jeune chef d'équipe.
— Oh, ce n'est pas grave, balaya-t-elle d'un geste de la main. J'y suis habituée maintenant. Mon physique a toujours été le principal sujet de conversation sur ma personne. Il n'y a pas de raisons que ça change.
— Excuse-moi, insista Ron. Alors… Euh… Comment as-tu connu Patricia ?
— Nous sommes amies depuis ma quatrième année, révéla Midgen. Elle m'a aidé à plusieurs reprises.
— Ah, fit Ron. Et… a-t-elle… euh… des petits amis ?
— Je te croyais marié avec Hermione Granger ? s'étonna la jeune femme en se tournant vers lui, le regard suspicieux.
— Je le suis, en effet, se précipita-t-il de confirmer. Mais j'ai bien le droit de m'intéresser à la vie de mes coéquipiers. Cela fait à peine quatre jours que j'ai été catapulté chef d'équipe. Et j'en ai passé trois endormis.
— Nous sommes ensemble, dévoila Midgen sans détour. Et cela depuis deux ans.
— Vous… vous êtes ensemble ? s'étonna, Ron qui voyait son hypothèse se confirmer.
— Oui, ensemble. Nous sommes amoureuses l'une de l'autre. Il n'y a rien qui nous y empêche. Et ce ne sera sûrement pas toi…, argua-t-elle.
— Midgen… Euh, Éloïse ! Tu sais très bien que ma famille est la plus tolérante parmi les Sangs-Purs ! Ça m'est complètement égal que tu sois attirée par les filles.
— Et Patricia ? questionna Midgen, anxieuse.
— Tant qu'elle n'est pas perdue dans vos ébats amoureux sur le terrain, je m'en tamponne l'oreille avec la patte arrière d'un Scroutt à Pétard femelle ! » assura Ron.
Midgen eut un léger petit rire, mais elle fut interrompue par l'ouverture de la porte. Hermione et Ginny entrèrent de concert dans la chambre. Sa jeune sœur était à présent enceinte jusqu'aux yeux et était presque à terme. Lorsque son épouse le vit éveillé, elle se jeta littéralement sur lui. Le choc lui décrocha une grimace de douleur. Derrière, Ginny salua poliment Midgen. Visiblement, elles s'étaient déjà vues lors de leurs précédentes visites.
« Oh, excuse-moi. Je ne voulais pas te faire mal.
— Ce n'est pas grave, Hermione. Ça fait toujours autant plaisir de voir ta bonne humeur.
— On se faisait un sang d'encre pour vous deux. Ta mère nous envoie un hibou toutes les heures et Ginny… Ginny…
— Est sur le point d'exploser ! tonna l'intéressée. D'abord Harry qui, une fois son diplôme en poche, essaye de se tuer toutes les semaines. Et maintenant mon cher frère qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de l'imiter, après avoir résisté un mois. Et je ne parle pas de la fois où vous avez failli vous entre-tuer.
— Ginny, répliqua Ron sur un ton de reproche, tu savais à quoi on se risquait en rejoignant les Aurors. Tu crois qu'on ne ressentait pas la même chose lorsqu'on te voyait foncer vers le sol pour récupérer un Souafle ? Ne pas hésiter à te prendre un Cognard si l'esquive te faisait perdre un angle d'attaque favorable ?
« Tu crois que je n'ai pas peur de voir Hermione passer ses journées auprès des créatures les plus dangereuses de notre pays ? De la savoir en pourparlers avec les Centaures ? Tenter de discuter avec les loups-garous ? Tu crois que nous aussi nous n'avons pas peur pour vous deux ? Tu nous crois insouciants et trompe-la-mort ?
— Non… bien sûr que non, céda Ginny d'une voix faible. Je… je ne…
— Et bien détrompe-toi ! Nous ne le faisons pas exprès ! C'est les risques de notre métier, comme ça l'est pour toi de te prendre un Cognard en pleine tête ou de chuter de ton balai. Passer une journée chez les Vampires n'est pas l'idée que je me fais de superbes vacances, je te l'assure. Si j'avais pu rester au chaud dans mon bureau, à remplir des formulaires inutiles, crois-moi que je l'aurais fait ! »
Le silence retomba sur la salle, Ginny se sentant fautive. Elle préféra s'abstenir de répondre et s'approcha de son mari. Elle tira les rideaux pour les séparer du regard des autres. Midgen était restée totalement immobile, n'osant pas intervenir. Une fois le calme revenu, elle retourna à ses occupations en racontant ses journées à Stimpson, en parlant à voix basse. Hermione s'assit au pied du lit de Ron, prenant elle aussi ses mains dans les siennes. Elle les tripota, jouant avec, les caressant affectueusement.
« Tu sais, Ginny est un peu à cran ces derniers temps. Avec le bébé, elle se fait des idées. Elle a peur qu'il ne devienne orphelin, comme Harry.
— Tu sais parfaitement que nous considérons Harry comme un frère, lui rappela-t-il. Ma mère lui envoie toujours un pull à Noël.
— Oui, je sais, s'agaça Hermione. Mais ce n'est pas de ça qu'elle veut parler. Harry n'a jamais connu ses vrais parents et elle a peur que cet enfant ne voie jamais son père. Et moi aussi. J'ai envie que nos enfants puissent grandir dans les bras de leur père.
— Hermione, tu sais que je ne le fais pas exprès.
— Parfois, je me le demande, avoua-t-elle. Tu ne t'en rends pas compte : affronter une horde de Vampires à deux, tout en transportant des blessés. C'est bien plus fou que la… que ce que nous avons fait, se rattrapa juste à temps la jeune Juge-mage, se rappelant la présence des deux autres femmes.
— Hermione, je te promets que nos enfants grandiront dans les bras de leur père. Allez, viens par ici ! Fais-moi un gros câlin ! »
Avec un grand sourire, elle se pencha sur le torse de Ron, qui la serra dans ses bras. Ils restèrent ainsi, profitant de ce moment d'intimité, de ce contact dont ils avaient tant besoin.
« Alors comme ça, tu t'inquiètes quand je vais voir les Centaures ? s'enquit Hermione d'un ton narquois.
— Ta nomination au Magenmagot est sans doute ce qui m'a fait le plus plaisir depuis notre mariage, assura Ron du tac-o-tac.
— Quand même », continua Hermione en tapant affectueusement sa joue, « ça fait du bien de savoir que son amoureux s'inquiète pour soi.
— Comprends-moi : quand je m'imagine la plus belle femme du monde, seule dans la forêt avec des Centaures beaux et forts, je m'inquiète », taquina le jeune sorcier.
Son épouse le frappa de nouveau, un peu plus fort, mais ils explosèrent de rire tous les deux. Soudain, un grand cri vint de derrière le rideau où se trouvaient Harry et Ginny. Hermione et Midgen se levèrent brusquement tandis que, quelques secondes plus tard, Volenlaire entrait en trombe. Il ouvrit les rideaux et tous découvrirent Ginny, allongée sur le torse de Harry, pleurant de joie. Celui-Qui-Ne-Meurt-Pas était réveillé, l'air un peu hagard et ne comprenant visiblement pas ce qu'il se passait.
Harry sut qu'il était de retour à Ste-Mangouste à l'instant même où il émergea. Il ne portait pas ses lunettes, mais l'image floue était différente du cachot de la salle de torture des Vampires. Le cri de Ginny – qu'il reconnut juste avant que ses tympans ne soient vrillés – lui confirma son départ de chez ses tortionnaires. Et il savait qu'il n'était pas chez lui lorsqu'il distingua de vagues silhouettes allongées sur sa gauche. Néanmoins, il sentit au plus profond de lui une vague de soulagement, un véritable raz-de-marée, lorsqu'il réalisa peu à peu qu'il n'était plus chez les Vampires. Il était désormais en sécurité, près de la femme qu'il aimait. Pendant une fraction de seconde, il crut que c'était un rêve, mais l'intensité avec laquelle le traversaient les ondes sonores émises par Ginny ne pouvaient être imaginaires. Plusieurs ombres s'activèrent, mais elles furent rapidement dissimulées derrière une nouvelle silhouette, blanche cette fois-ci.
« Ah ! Mr Potter a enfin daigné se réveiller !
— Médicomage Volenlaire, nargua Harry d'une voix faible. Vous savez que je suis un gros dormeur. J'ai eu beaucoup à faire ces derniers temps.
— J'ai cru comprendre, oui », déclara le médicomage d'une voix soudainement plus grave. « Comment vous sentez-vous ?
— Faible, fatigué et terriblement affamé, ajouta le jeune Auror avec un sourire.
— Votre repas arrive, lui promit Volenlaire. Avez-vous mal quelque part ?
— Euh… non, répondit Harry. Enfin, si. Un peu partout. Mais on dirait des courbatures plus qu'autre chose.
— Aucune douleur pénétrante ou vive ? s'enquit le médicomage. Pas de vertiges ou de maux de têtes ? Pas de lancements ?
— Rien de tout ça, assura l'alité. Enfin, j'ai un peu mal à la tête, mais c'est supportable… Comme si j'avais une grosse fatigue, que j'avais trop réfléchi.
— Le taux d'adrénaline a dû redescendre dans votre organisme et vous a vidé. Du repos, c'est tout ce que je peux vous préconiser. Je vais chercher vos repas, à vous et à Mr Weasley. »
Ginny regarda le médicomage s'éloigner de son mari, se pencher sur Stimpson, puis sortir de la chambre. Elle le suivit dans le couloir, suivie d'Hermione et d'Éloïse Midgen. Volenlaire, sentant la présence des trois femmes, se retourna.
« Ils vont tous les trois très bien, les rassura-t-il. Comme je vous l'ai déjà expliqué, Miss Midgen, Miss Stimpson s'est réveillée ce matin avant de sombrer à nouveau. Son état est stable et je suis confiant quant à son rétablissement.
— Mais pourquoi les autres sont-ils restés éveillés ? questionna Midgen.
— Miss Stimpson a été torturée très récemment, rappela le médicomage, ce qui n'est pas le cas des deux autres. De plus, lorsque Miss Stimpson a été amené ici, elle était partiellement dévêtue. Nous avons observé des blessures indiquant qu'elle a essayé de se débattre. Malheureusement, nous n'avons trouvé aucune trace le confirmant, mais il est possible qu'elle ait été agressée sexuellement par les Vampires.
— Comment ça, agressée sexuellement ? s'interloqua Midgen. Vous voulez dire qu'ils l'ont… Qu'ils lui ont fait… Des choses ?
— Comme je le disais, nous n'en avons pas l'absolue certitude.
— Pourquoi ? Comment vous ne pouvez pas en être sûr ?
— Les Vampires sont connus pour faire ce genre d'actes sur leurs proies féminines et parfois même masculines, expliqua Volenlaire. Cependant, même en étant des humains au départ, leurs pratiques sont différentes et il est très difficile de juger.
« S'il y a bien une chose pour lesquelles les Vampires sont très délicats, notamment avec d'autres qu'eux, c'est bien pour leurs pratiques sexuelles. Seule Miss Stimpson pourra nous éclairer et je doute qu'elle nous partage son expérience de sitôt. »
Les trois femmes regardèrent, horrifiées, le médicomage qui semblait dégouté à l'idée même de ce qu'il venait d'évoquer.
« Et pour Harry ? s'enquit Ginny.
— Mr Potter va s'en sortir, lui promit-il. Si j'en crois Mr Summerby, votre mari a également été torturé, tout comme Mr Higgs, mais sans doute d'une manière différente. Et cela doit remonter à au moins une semaine. De plus, il semblerait que les Vampires soignent leurs victimes après les séances de torture afin que celles-ci tiennent plus longtemps.
« Un seul mot qualifie cette pratique : barbarie. Même du temps de Vous-Savez-Qui, nous n'étions pas confrontés à ce genre de cas. Au moins, les Mangemorts avaient la décence de tuer leurs victimes une fois torturées.
— Les Londubat…, intervint Hermione.
— Sont des cas isolés. Rares sont les sorciers ayant perdu définitivement la raison par un Sortilège Doloris. Bellatrix Lestrange était connue pour préférer la torture à la mort elle-même et donc prolonger ses séances. Les Londubat auraient dû mourir, mais les Aurors sont intervenus avant que les Mangemorts ne mettent fin à leurs jours.
— Va-t-il s'en remettre ? s'inquiéta Ginny, anxieuse.
— Votre mari verra son enfant naître, je peux vous l'affirmer. Il devrait sortir d'ici une semaine, le temps que son corps se remette de ses blessures et que nous nous assurions que les cicatrices laissées par les Vampires n'aient pas de mauvaises surprises.
« Quant à Mr Weasley, il devrait être libre d'ici deux jours. Ses blessures étaient superficielles et il a récupéré d'une grande partie de sa fatigue. Je recommanderai au Bureau des Aurors de le ménager un peu, je vous le promets.
— Merci, déclara Hermione.
— Quant à Miss Stimpson, je vais la garder un peu plus longtemps. Son état s'améliore de jour en jour et j'ai bon espoir de pourvoir la laisser sortir d'ici un peu plus d'une semaine.
« Sur ce, mesdames, je vous laisse. J'ai, malheureusement, d'autres patients. »
Volenlaire s'éloigna, sa blouse blanche flottant derrière lui. Les trois femmes restèrent au milieu du couloir, immobiles, durant quelques secondes avant de rejoindre la chambre qu'elles avaient quittée.
Ginny s'assit à côté du lit de Harry qui la regardait sans rien dire. Son amour avait été torturé. Une fois de plus, il avait échappé de justesse à la mort. Le faisait-il exprès ? Était-il malheureux ? Voulait-il rejoindre ses parents ? Harry ne lui avait que partiellement – elle le savait – raconté ce qu'il s'était passé avec Ron et Hermione quatre ans plus tôt, pendant qu'elle menait la résistance à Poudlard. Ni ce qu'il s'était passé durant la Bataille de Poudlard. Ignorait-elle quelque chose qui pouvait expliquer les actions de son mari ?
Elle lui prit la main et la serra fort, avant d'y déposer un baiser sur le dos et de la presser contre sa joue, se jurant que plus jamais Harry ne serait malheureux. Il ne devait plus jouer les trompe-la-mort. Un enfant était sur le point de naître et Ginny voulait qu'il comprenne enfin l'importance de la famille, la signification de ce mot et le bonheur qu'il procurait.
Harry n'avait jamais eu de famille – elle avait rapidement croisé sa belle-tante et Dudley lors de son mariage – et elle savait qu'il avait besoin d'en avoir une à lui et non une de substitution. C'était à elle que la tâche incombait. Elle savait qu'elle s'en sortirait haut la main, elle se le jura alors qu'elle posait un léger baiser sur les lèvres de son époux et qu'une stagiaire apportait les différents repas, signalant la fin des visites.
Harry sortit de Ste-Mangouste cinq jours après son réveil – « Quand je vous dis que même un Avada Kedavra ne le tue pas ! » avait plaisanté Volenlaire – et était rentré, non pas chez lui, mais au Terrier. Moore était passé prendre des nouvelles la veille de son départ et lui avait annoncé, ou plutôt appris, la promotion de Ron suite à son extraordinaire opération à Chicago.
Le jeune sorcier avait été surpris d'apprendre que le sceptre avait été récupéré si rapidement, mais pas des exploits de son ami. Il savait que celui-ci avait de très grandes ressources et cachait très bien son jeu. Il était cependant étonné qu'il ne lui en ait pas fait part durant leur séjour commun à l'hôpital magique. Harry mettait cela sur le compte de la trop grande modestie de son beau-frère. Il savait que Ron serait gêné d'avoir, pour la première fois, un ascendant sur lui. Il était même persuadé que son beau-frère avait refusé de le prendre dans sa nouvelle équipe.
Moore ne l'avait pas contredit, ni approuvé. Il lui avait juste donné les dernières informations et ajouté qu'Ospicus, bien que comprenant la situation, l'attendait dans moins d'une semaine pour reprendre le travail. Son chef d'équipe avoua qu'il avait « égaré » le formulaire indiquant la durée du congé. Le jeune Auror l'en remercia gracieusement avant que Volenlaire ne lui annonce qu'il pourrait partir le lendemain.
Harry était donc resté au Terrier, Molly Weasley profitant de l'avoir sous la main pour le gaver de tous ses délicieux plats. Trop poli pour refuser, il mangea à n'en plus finir et commença à comprendre ce que voulait dire Ron lorsqu'il lui avait raconté l'épisode où il était tombé malade après avoir attrapé un vilain rhume. Le jeune sorcier passait ses journées allongé, plus pour digérer les repas copieux que pour prendre du repos.
Ginny restait elle aussi au Terrier, l'accouchement se faisant de plus en plus imminent et Mrs Weasley voulant à tout prix être aux premières loges pour voir naître le premier enfant de la seule fille Weasley depuis huit générations. Son père paraissait moins préoccupé par cet évènement, mais Harry était certain qu'il devait être le plus inquiet de la maison.
Ron passait le voir tous les soirs, lui apportant des nouvelles du Bureau des Aurors. Il était cantonné aux tâches administratives, avec Summerby. Stimpson se remettait lentement et devait sortir à la date prévue. Les Vampires s'étaient retirés des zones où ils avaient été repérés et mués dans un silence qui inquiétait grandement le Ministère.
Quant aux Mangemorts, il semblait que tous se fussent évaporés après l'attaque de Chicago. Ceux attrapés avaient été envoyés à Azkaban dans l'attente d'un jugement et refusaient de parler, même pour demander à boire – « l'un d'eux a failli mourir déshydraté », lui rapporta son ami –, et les Aurors n'étaient pas près de retrouver les autres.
Les États-Unis les avaient contactés quelques jours plus tôt pour leur assurer que la situation à Chicago était désormais sous contrôle et que toutes les mémoires Moldues avaient été modifiées. Cependant, quelques américains et touristes présents avaient pris en photo la destruction de la tour et posté sur le réseau « Une Terre Nette ». L'information ayant rapidement circulé, les Men In Black avaient eu l'idée d'appliquer un enchantement à ces photos, afin que toute personne les regardant soit victime d'un sortilège de Confusion couplé à un sortilège d'Amnésie. Ça avait été le premier administré à « l'Un Fort Mythique ».
Un léger silence suivit l'explication et Harry surprit Ron à éviter son regard. Il l'invita à sortir dans le jardin et Ron sauta sur l'occasion. Moins de deux minutes plus tard, le jeune sorcier prenait son premier bol d'air frais depuis des lustres, mais son ami évitait toujours consciencieusement son regard.
« Je peux te demander quelque chose ? s'enquit le jeune convalescent.
— Bien sûr.
— Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ?
— De quoi donc ? feignit le jeune rouquin.
— Tu sais très bien de quoi je parle, Ron. »
Celui-ci leva les yeux et croisa ceux de son ami. Il comprit alors que la conversation n'allait pas dans la direction qu'il souhaitait. Ainsi qu'il ne pouvait plus faire marche arrière.
« Je pense que tu connais déjà la réponse, Harry, supputa-t-il.
— Je veux l'entendre de ta bouche, insista le Survivant. Nous sommes amis depuis près de treize ans. Je pensais qu'on avait passé le cap où on se cachait des choses.
— Notre amitié ne veut pas dire que je suis dans l'obligation de tout te dévoiler jusque dans les moindres détails, rétorqua Ron.
— Sans doute, concéda Harry, mais elle te demande de dire à ton meilleur ami pourquoi tu le refuses dans ton équipe. »
Il ne fit rien pour brusquer son ami, toujours terré dans son silence. Il savait que la réponse allait arriver, il fallait juste donner le temps à Ron de la formuler. Non pas qu'il était lâche, mais justement parce qu'il était ami avec Harry et ne voulait donc pas le vexer.
« Je crois… je crois que je ne suis pas en mesure de te donner des ordres, avoua-t-il finalement.
— Et pourtant, tu sais que si tu me demandes de faire quelque chose, je le ferai…
— Mange un gnome ! plaisanta Ron pour détendre l'atmosphère.
— Dans les limites du raisonnable, concéda Harry. Ron, je ne comprends pas ce geste. Nous sommes amis depuis si longtemps, nous avons traversé des périples que nul autre n'a connus. Tu sais que je te fais confiance et je te sais capable de prendre les bonnes décisions.
— C'est juste que… C'est juste que je me suis habitué à… à ce que ce soit toi qui donne les directives. Tu as plus le profil du meneur que moi.
— Mais un meneur n'est pas forcément celui qui pousse ses amis, les oblige, à tomber dans un piège plus gros qu'un géant, fit observer le jeune Auror. Le meneur est celui qui sait donner les bonnes directives au bon moment, qui ne fonce pas tête baissée.
— Tu as raison, convint le jeune rouquin. Mais le meneur est aussi celui qui sait se faire écouter et, si ça n'avait pas été toi, aucun de nous ne serait allé au Ministère. C'est Hermione qui a eu l'idée de créer l'AD, mais c'est toi qui lui as donné sa consistance. C'est à ton départ que l'AD a quitté Poudlard alors qu'elle aurait pu y rester.
« Je n'ai pas voulu te parler de ma promotion, car je ne voulais pas que tu me demandes pourquoi je ne t'ai pas pris dans mon équipe. Et je ne t'ai pas pris dans mon équipe, car je serai incapable de te diriger. Je préfère que tu restes à l'extérieur. »
Un nouveau silence entre les deux amis s'installa quelques secondes. Ron détourna une nouvelle fois le visage tandis que Harry continuait à l'observer. Le nouveau chef d'équipe se sentait-il vraiment incapable d'être au-dessus de lui ? Il n'avait pas besoin de legilimancie pour savoir que son ami disait la vérité.
« Tu me croyais incapable de comprendre tout ça ? s'étonna-t-il.
— Bien sûr que non, assura Ron. J'avais simplement peur que le dire ne ferait que le rendre plus réel. Je savais que j'allais devoir t'en parler un jour. Je voulais juste que ce jour soit le plus lointain possible.
— Ron, tu te plains souvent de rester dans mon ombre – tu m'as même fait des crises de jalousie à cause de ça – et maintenant que tu as l'occasion de sortir de cette ombre et de m'y mettre, tu la refuses, sermonna Harry. Aurais-tu peur de t'exposer, de te retrouver à la lumière ? Te serais-tu habitué à rester dans l'ombre de quelqu'un ?
« Au final, c'est comme lors de la chasse aux Tu-Sais-Quoi : tu ne veux pas quitter tes bonnes vieilles habitudes. Je croyais que tu avais grandi, que tu avais décidé de prendre tes responsabilités.
— Harry, le problème est là ! s'exaspéra Ron. Tu ne peux être dans l'ombre de personne parce que tu es toi. Le Survivant, l'Élu, l'Immortel ! Celui qui a vaincu deux fois Voldemort. Moore t'a pris dans son équipe car il savait qu'il serait gagnant, que cela pourrait lui permettre d'être mis en avant.
— Je m'en doute, admit Harry.
— Je l'espère. Mais moi, je n'ai pas besoin d'être mis en avant, ni de sortir de ton ombre, car j'ai déjà tout ça, expliqua le jeune rouquin. Et les gens sont habitués à ce que je sois derrière toi. Je ne peux tout simplement pas te faire de l'ombre, même si c'est moi, le grand ami de Harry Potter, l'un de ceux qui a permis de détruire Voldemort, l'un des héros de la Bataille de Poudlard, décoré de l'Ordre de Merlin Première Classe à seulement dix-huit ans.
— Que veux-tu dire ?
— Que je n'ai pas besoin de te prendre dans mon équipe, car tu ne peux tout simplement pas être derrière moi. Même si tu considères que je suis tout sauf un fardeau, que je suis aussi méritant que toi, les gens ne le pensent pas.
« Pour eux, je suis toujours celui qui est dans ton ombre. Et même si ça ne m'enchante guère, je dois le rester à leurs yeux. Le monde veut croire en ses habitudes, et modifier brusquement ces habitudes n'est pas la meilleure chose à faire. Si je te prends dans mon équipe, les gens vont penser que je t'ai subtilisé la première place. Ou pire, ils vont penser que je te favorise en te laissant décider à ma place. Or ça, je veux l'éviter, certifia Ron.
« Tu n'as pas besoin d'être sous mes ordres et je n'ai pas besoin de t'avoir sous les miens. Certains prendront ça pour de la lâcheté, penseront que je suis incapable de te contrôler. Mais je préfère ça que de les voir penser que je suis un chef d'équipe minable qui suit les directives d'un de ses subalternes. »
Il termina son monologue, laissant Harry pantois. Le soleil était à présent haut dans le ciel et Mrs Weasley les appela depuis la cuisine. Ron se retourna, passa devant son ami et alla rejoindre sa mère.
« Tu ne seras pas un chef d'équipe minable, l'alpagua le jeune convalescent. Tu sais parfaitement que je respecte tes choix et que si c'est toi qui donnes les ordres, je les suivrai car je te fais confiance.
— Harry, tu ne comprends vraiment pas, déplora Ron. Même si tu me suis, même si je suis le seul à donner les ordres, tout le monde va penser que l'ordre vient de toi et que je te suis, que je te laisse diriger à ma place. Et ça, je ne le veux pas ! Aussi bien pour mon image que pour la tienne !
« Les gens n'attendent que de te voir chuter, de trouver une raison pour ne plus d'idolâtrer. Tu es celui qui les a sauvés. Mais comme tout grand héro, ils attendent ta chute. Et plus tu arrives de haut, plus la chute est violente.
« Or toi, tu n'es pas arrivé de très haut, tu as commencé au sommet ! Ils n'attendent que de te voir chuter. Croire que tu diriges dans l'ombre, tel un marionnettiste, est le meilleur présent que tu puisses leur faire.
« Excuse-moi de ne pas t'avoir pris dans mon équipe, mais je ne pouvais pas m'y résoudre. Nos images sont trop importantes au Ministère pour qu'on les salisse. »
Ron se retourna et alla vers la cuisine. Harry resta quelques instants immobile, seul dans le jardin, lorsqu'il entendit un bruissement de feuilles derrière lui. Il se retourna et vit Hermione qui sortait au détour d'un des murs du Terrier. Son regard était triste et inquiet.
« Il faut le croire, Harry, implora-t-elle. Il n'a pas fait ça parce qu'il ne voulait pas que tu sois dans son équipe. Il l'a fait parce que tu ne peux pas être dans son équipe.
— Pourquoi ne pas me l'avoir expliqué avant ? interrogea-t-il.
— Tu sais comment il est. Il préfère tout garder pour lui et lâcher tout d'un coup.
— Il est idiot.
— Non, il est ton ami », corrigea Hermione d'un ton ferme mais compatissant. « Ton meilleur ami. Et en tant que meilleur ami, il fait tout pour te protéger. Même si, pour cela, il doit faire quelque chose qu'il ne veut absolument pas. Tu sais parfaitement que s'il le pouvait, il te prendrait dans son équipe.
— Mais il le peut…
— Oui, mais toi tu ne peux pas, rétorqua la jeune femme. Il ne peut pas te le proposer parce qu'il sait que tu accepterais immédiatement. Tu as beau être Harry Potter et vivre dans le monde des sorciers depuis treize ans, ce monde te terrifie toujours et ta célébrité encore plus. Tu as besoin d'être avec Ron pour te sentir en sécurité.
— Je peux très bien refuser sa proposition Ron ! protesta Harry.
— Et tout le monde croira alors que votre amitié est rompue, termina Hermione avec patience. Que vous ne vous parlez plus. Que c'en est fini du « trio légendaire ».
— Et depuis quand toi, Ron ou moi faisons attention à ce que les gens pensent ?
— Harry, nous étions des élèves à l'époque, des enfants, fit remarquer la jeune sorcière. Maintenant nous sommes des membres importants de la Communauté, non seulement en tant qu'Aurors pour vous que comme membre du Magenmagot pour moi. Sans parler que nous avons sauvé le monde magique.
— La victoire contre Voldemort est l'œuvre de plusieurs personnes ! objecta Harry.
— Et pourtant, c'est toi qui l'as défait devant nous tous dans la Grande Salle. Nous avons reçu l'Ordre de Merlin Première Classe, cette décoration signifie quelque chose pour les gens. Ce que je veux essayer de te dire, c'est que nous avons grandi depuis Poudlard, et tu dois comprendre que ton image, que notre image, a pris une part importante au point d'impacter non seulement notre vie mais aussi les gens qui nous sont proches et le Ministère lui-même. Ron commence à le comprendre, d'où sa décision, il est temps que tu en fasses de même. Tu ne peux pas faire quelque chose qui pourrait faire croire que notre amitié est rompue.
— Les gens qui nous connaissent sauront que c'est faux, assura le jeune sorcier. Et puis, ils verront vite que nous sommes toujours amis.
— Harry, la population est friande de spectacle, de scoop, de débauche. Refuser la proposition de Ron n'occultera pas le fait que vous vous montrez ensemble comme amis, assura la jeune sorcière. Le choix de Ron est purement politique : il veut, tout autant que toi, protéger le Ministère et la Grande-Bretagne.
« Tu dois comprendre que nous faisons parties de cette politique. Si tu vas mal, le Ministère va mal. Tu n'as pas lu la presse, mais lors de tes séjours à Ste Mangouste, on accusait le Ministère de jouer avec la vie de ses hommes à n'importe quel prix. On t'accusait de n'en faire qu'à ta tête, de ne pas prendre en considération l'intérêt de la Communauté.
« Si Ron te prend dans son équipe, le Ministère sera accusé de corruption. Harry, vous ne pouvez pas être dans la même équipe si vous n'avez pas le même rôle.
— Je… je comprends », convint Harry. « Mais je persiste à croire que Ron aurait pu m'en parler, on aurait pu choisir ensemble.
— Il n'a pas choisi, révéla-t-elle. Tu étais chez les Vampires lorsqu'il a été promu. Je te l'accorde, vous auriez pu en discuter après. Mais ce n'est pas moi qui vais t'apprendre comment Ron réagit devant les responsabilités. Allez, viens. L'anniversaire de Ginny va bientôt commencer. »
Il suivit Hermione jusqu'à la porte de derrière. Elle s'arrêta un instant sur le perron avant de se retourner vers lui. Elle parla dans un murmure.
« Ne dis pas à Ron que je vous ai écoutés, ni que nous avons parlé.
— Il est ton mari, Hermione. Il a le droit de savoir.
— Il vaut mieux qu'il ne sache pas ça, confia la jeune Juge-mage. Sinon, il va encore croire que j'interviens dans ses affaires et qu'il est incapable d'agir tout seul. Or, c'est aussi la raison pour laquelle tu ne dois pas être dans son équipe : lui prouver qu'il peut parfaitement agir seul.
— Mais Hermione…
— Je sais que tu l'en crois capable. Mais lui, ne le sais pas encore. »
Sur ce, elle se retourna et s'engouffra dans la maison. Harry la suivit, comprenant pourquoi son amie lui avait parlé et pourquoi elle voulait que la discussion reste cachée. Le bruit des conversations se fit plus insistant lorsqu'une question vint à son esprit.
« Hermione ? Je peux te demander quelque chose ?
— Oui, qu'est-ce qu'il y a ? s'intrigua-t-elle.
— Tu connais le Sanguini Cordis ? interrogea-t-il.
— Oui, bien sûr. C'est une Relique de l'Ancien Temps, perdue depuis longtemps. On dit qu'elle confèrerait de grands pouvoirs. Pourquoi ?
— Pour rien », répondit Harry, affichant un sourire innocent.
Il passa devant son amie qui le regardait avec suspicion. Il traversa la cuisine, prit une profonde inspiration et se prépara à accueillir les premiers invités.
