Et re !

Du coup le chocolat du jour, celui-là !

Bonne lecture !

La maison de Baba

21 décembre

« T'arrives toujours en dernier.

— C'est pour me faire remarquer. Parce que je le vaux bien. »

Elle dit ça d'un ton plat avant d'entrer dans la maison sans penser à claquer la bise à Larxène, qui lui a ouvert. Tant de gens à voir, elle trouve ça épuisant à l'avance. Elle a fait la route de nuit, moitié parce qu'elle déteste les bouchons, moitié parce qu'elle savait qu'en arrivant aussi tôt elle aurait le temps de s'installer avant de se faire submerger en règles. Il fait encore nuit, nuit noire et Larxène a fait du café. Elle s'attendait presque à trouver son frère déjà levé mais apparemment, il préfère dormir à la voir. Elle se sert une tasse et s'assied pour s'allumer une cigarette. La veille encore elle avait cours et elle a juste fait une petite sieste avant de prendre la route. Elle s'est levée à minuit, et elle aurait bien besoin de sommeil.

« Ça a été, la route ?

— Ouais. Faudra que je remercie Cid, pour la caisse.

— Cette vieillerie ? Crois-moi, tout le monde était content qu'elle vire de son garage. Maintenant que t'as ton permis faudra penser à t'en acheter une vraie.

— Celle-la me va bien. Elle est cool.

— Mais ce n'est pas une bonne voiture, et surtout pas pour une jeune fille. C'est une voiture de vieux croulant.

— Elle me plaît.

— Quand même. Tu sais que si t'as besoin de sous, tu nous demande. »

Nina opine du chef. Elle sait. Bien sûr qu'elle sait. Elle n'a pas l'habitude qu'on veuille autant s'occuper d'elle. Elle aurait dû, pourtant, entre son frère et le reste de la famille. L'indifférence de leur père a laissé une trace que rien ne pourra effacer. Elle tient à son indépendance plus que personne ici.

« Alors, quoi de neuf ? »

Nina hausse les épaules. Elle a besoin de digérer son café avant de faire de vraies phrases.

« Un amoureux ?

— Non.

— Une amoureuse, alors ?

— Non plus.

— Ah bon ? Jolie comme t'es, pourtant.

— C'est que j'ai autre chose à faire. Et puis j'ai pas le temps.

— Si tu travailles trop …

— Ça va, Tala, ça va.

— Dis-le si je te fais chier. »

Nina hausse les épaules. C'est un peu le cas, mais ce n'est pas vraiment la faute de Larxène, qui à présent semble fort mécontente. Un pas dans l'escalier. Nina espère qu'elle ne se trompe pas. Elle sourit, et puis elle ne sourit plus. Elle est certaine qu'il n'y a pas que la fatigue qui dégueulasse ainsi le visage de son frère.

« T'as une sale gueule. Qu'est-ce qui se passe ?

— Pas trop chiant la route ?

— Nan, nan, ça a été. Tu –

— J'ai besoin d'un café. »

Larxène ne l'entend pas deux fois avant d'en servir une tasse pour le nouveau levé. Elle s'en sert elle-même une deuxième, y rajoute du lait.

« Vanitas ?

— Quoi, quoi ? Je suis pas réveillé.

— Ben je sais pas, bonjour. »

Vanitas sourit, prend une gorgée de son café et repose la tasse avant de venir prendre le crâne de sa sœur entre ses mains, de déposer un long baiser sur son front. Elle n'a pas changé de shampoing.

« Salut.

— Et maintenant tu me dis ce qui va pas.

— Quoi, j'ai pas droit à un bonjour, moi ? »

Larxène les regarde avec tendresse. Il n'y a qu'entre eux, qu'ils sont comme ça, aussi démonstratifs, aussi sincères. Qu'ils ne cachent pas leur amour. Au point que longtemps, ils ont cru qu'ils n'avaient besoin de rien, à part l'un de l'autre. Nina se lève pour prendre son frère dans les bras un moment, le serrer fort avant de se rasseoir. Après tout, ça fait longtemps qu'ils ne se sont pas vus. Elle ne l'a pas pris dans ses bras depuis trois mois. Petits, ils se touchaient beaucoup. Ça avait disparu à la mort de Baba, elle s'en souvient très bien, d'un coup. C'était naturel, à l'époque. Ils se disaient qu'ils n'en avaient plus besoin, et puis Vanitas commençait sa crise d'adolescence. Maintenant, petit à petit, ça revient. Un câlin quand ils se voient, des mains dans les cheveux de temps en temps, des chatouilles. Et c'est bon.

.

Et voilà ? J'espère que vous aimerez bien Nina, parce qu'elle risque d'être un OC récurrent, surtout quand j'aurai besoin de nanas, parfois juste parce que je trouve qu'elle va mieux que d'autres persos.

Oh, et aussi, desfois que vous auriez tiqué sur le nom « Tala », c'est une contraction de Tata Larxène, et, comme beaucoup de choses de ce calendrier, c'est basé sur des trucs de ma propre famille. J'essaie de remettre les contractions à la mode là-bas, c'était ma grand-mère qui l'avait lancé, toute ma génération l'appelle Majo, pour « Mamie Joëlle ». Voilà.

À demain !