20 décembre
Mots utilisés : Décorations de Noël - Givre - Conte
Fandom : Dragon Quest IX, les Sentinelles du firmament
Daisy, Stella et Aster + Moineau, Myrtille et Éléonore (OCs originaires du Tomodachi Life de La Petite Sayo)
Amitié - Famille
"Il était une fois, une petite fée avec un sens de la mode renversant et la force de dix mille hommes, ce qui ne l'empêchait pas d'être classe et charmante en toutes circonstances. Elle était accompagnée d'une fille avec des ailes d'oiseau dans le dos, et d'un gorille de compagnie, qui avait beaucoup de force dans les bras mais qui était loin d'être rapide... autant avec ses jambes qu'avec sa tête, d'ailleurs.
-Hé ! C'est de moi que tu parles comme ça, petite...
-Aster, ne crie pas sur Stella devant les enfants.
-Mais enfin, ma cocotte, tu as vu le rôle qu'elle me donne dans son histoire !
-Ah ! Je n'ai jamais prétendu que c'était toi ! Ceci dit, si tu y vois une ressemblance, c'est qu'il y a sûrement un problème que tu refuses de reconnaître.
-Tu as vu comment tu traites les gens, et après c'est moi qui ai un problème ?
-Moi j'aime bien le gorille avec des gros bras !
-Ah, tu vois ! Moineau l'aime bien ! Je peux reprendre mon histoire, maintenant ?
-Humf.
-Bon. Je disais donc, c'était l'histoire d'une petite fée intrépide et aventureuse qui parcourait le monde à bord d'un magnifique vaisseau sacré -quoi que manquant singulièrement de gros diamants rose- pour débusquer des trésors. Son but final était, bien sûr, de devenir la meilleure manucure du monde. Un jour, elle entendit parler d'un vernis fabuleux qui aurait le pouvoir de rendre les ongles les moins bien soignés aussi brillants que des étoiles ! Elle se mit alors en route avec sa célèbre équipe à bord du merveilleux Orion Express. Le voyage était toujours aussi agréable que d'aller au spa, parce que la petite fée était, en plus d'une aventurière roublarde et audacieuse, une fabuleuse hôtesse de véhicule sacré. La fille aux ailes d'oiseau et le gorille aux gros bras savaient qu'ils pourraient toujours compter sur elle pour rendre leur voyage digne d'une croisière six étoiles, et ils avaient du mal à en croire leur chance.
-Pfff, est-ce que là, je peux intervenir ? Tu ne veux quand même pas que les petits croient une histoire pareille ?
-Excuse-moi ? Tu remets mon charme et mon abnégation naturels en doute, peut-être ?
-Navré de te dire ça, poulette, mais harceler ses voyageurs n'est pas la meilleure façon de les aider à se détendre.
-Non mais tu entends ça, Daisy ? À croire que Monsieur a déjà été hôte de l'Orion Express, tu parles d'une plaisanterie ! Tu sais quoi, je ne voulais pas le dire pour ne pas te faire perdre toute crédibilité devant les enfants, mais tu es vraiment...
-Stella, ce que j'ai dit à Aster vaut aussi pour toi. Et cessez un peu de vous échauffer de la sorte, Éléonore ne parvient pas à téter quand les gens se disputent autour d'elle.
-Moi, je veux bien être magnanime et conciliante, mais il faut que le Gros cheminot arrête de me chercher.
-Pfff, t'as bien de la chance que je me soucie du bien-être des petits bouts de chou de Daisy.
-Bon, c'est parfait. Alors, où en étais-je ? Ah, oui, l'expédition. Donc, la petite fée et son groupe arrivèrent enfin en vue d'un immense océan qui était en fait un gigantesque miroir dont le verre était devenu liquide ! Et le problème, c'est qu'ils ne pouvaient pas le traverser parce que, sinon, ils allaient échanger leur place avec leur double maléfique et rester coincés sous la mer miroitante pour l'éternité ! La petite fée n'avait pas envie de rester coincée avec le gorille aux gros bras pour toujours, mais surtout, elle ne voulait pas qu'une version gothique et de très mauvais goût d'elle-même prenne sa place et vienne gâcher toute sa prestance. Ils cherchèrent un moyen de passer de l'autre côté de la mer miroitante pendant longtemps, mais ils n'avançaient pas très vite parce que le gorille aux gros bras n'était pas assez malin pour réfléchir.
-Ah, donc j'en conclus que la petite fée était incapable de réfléchir toute seule ? Finalement, elle n'est pas aussi maligne qu'elle le pensait.
-Et finalement, le gorille aux gros bras n'était pas là, elles l'avaient en fait laissé à l'attelage céleste parce qu'il était trop agaçant !
-Mais, Tante Stella ! Je voulais qu'il reste, moi !
-Bon, bon, d'accord... mais combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'appeler Tante Stella ? J'ai l'impression de prendre cent ans à chaque fois. Et si tu veux que je continue mon histoire, dis à Oncle Aster de ne plus m'interrompre.
-S'il te plaît, Oncle Aster ! Je veux écouter la suite de l'histoire de Tante Stella !
-Bon, très bien. Mais c'est bien parce que c'est toi, mon petit chou.
-Alors, pendant que l'équipe -avec le gorille aux gros bras- réfléchissait toujours à un moyen de traverser la mer pour trouver ce vernis merveilleux, la nuit tomba soudain. Ils se mirent tous à frissonner, mais c'est à ce moment-là que du givre blanc et brillant se mit à tout recouvrir dans un rayon de plusieurs kilomètres ! Il scintillait comme des milliers de petites étoiles, et c'est à ce moment-là que la petite fée comprit : le plus beau trésor de cette contrée ne se trouvait pas sous la mer miroitante, c'était le beau givre blanc, qui ferait un vernis idéal ! Après ça, elle est devenue encore plus riche et célèbre, tout le monde l'acclamait, et voilà, fin de l'histoire !
-Waaaaah ! Tu m'emmèneras un jour voir ce givre qui brille, Tante Stella ?
-Comment veux-tu que je t'y emmène ? Je ne fais pas partie de cette histoire, moi !
-Mais si, c'était toi la petite fée, je le sais !
-Je t'en prie, mon garçon. Est-ce que je ressemble à une fée ?"
Daisy sourit à son bébé qui s'assoupissait doucement contre son sein, repus, et le cala sur son épaule pour lui faire faire son rot. Elle reposa ensuite le nouveau-né dans son berceau en osier et regarda Stella, qui se chamaillait avec Moineau pour savoir si elle était vraiment une fée ou non. En tout cas, aujourd'hui elle ne l'était plus, c'était certain. Les cheveux blond sombre qui s'entortillaient autour de sa tête, les yeux chocolat, les lèvres boudeuses et la peau bronzée étaient tout ce qu'il y avait de plus humain, sans leur aura mystique d'ancienne fée extraordinaire. Daisy se demandait parfois si Stella le regrettait. Sans doute pas, avec sa nouvelle possibilité de parler à des centaines de nouvelles personnes, au lieu de devoir se contenter d'Aster et elle.
"Alors, il était pas bien, mon conte de Noël ? lui demanda son amie avec fierté.
-Si, c'était très intéressant, je dois dire, sourit Daisy en berçant le couffin pour endormir sa fille. Je me demande où tu vas chercher tout ça.
-Ah ! Je suis simplement dotée d'une imagination débordante !"
Ayant fini de se chamailler avec sa tante, le petit Moineau s'était maintenant tourné vers Aster pour qu'il l'aide à mettre toutes leurs décorations de Noël sur le sapin.
"Non, pas toutes les boules, Moineau, intervint Daisy alors que son fils entreprenait de mélanger les décorations rouge et or à celles qui étaient bleu et argent. Choisis un coloris, il y en a bien assez de chaque comme ça.
-Oui, Maman, obéit docilement le petit garçon en piochant de grandes étoiles dorées dans les boîtes. Je peux la prendre celle-là ?
-Bien sûr, mon chéri. Myrtille, n'embête pas ta petite sœur, tu vois bien qu'elle dort.
-Je voulais juste lui faire un bisou, Maman. Je peux, s'il te plaît ?
-Si tu la réveilles, ce sera toi qui te débrouilleras pour la rendormir.
-Ce n'est pas un problème, Maman, elle arrête toujours de pleurer quand je la prends dans mes bras.
-Le pire, c'est que c'est vrai, soupira Daisy, fatiguée par ses trois remuants bambins.
-Dis-moi, j'ignorais que tu te souciais de l'harmonisation des couleurs sur le sapin de Noël, plaça innocemment Stella en haussant un sourcil mi-intrigué, mi-circonspect.
-Quoi ? se défendit son amie. Mélanger les boules rouges et or à celles qui sont argent et bleues, ce serait... très... laid... Par le Tout-Puissant, Stella, je crois que tu commences à déteindre sur moi !
-Ah ! Je savais que mes leçons de mode finiraient par payer ! Même si je ne m'attendais pas à ce que ce soit à propos d'un sapin..."
À l'autre bout du salon, la décoration de l'arbre de Noël était presque terminée. Aster soulevait dans ses gros bras musclés le petit Moineau pour qu'il dépose l'étoile tout en haut du sapin.
"Tu as vu, Mère ! J'ai eu l'impression de voler ! s'exclama fièrement l'enfant en accourant vers Daisy.
-Chhut, Éléonore dort toujours... Mais j'ai vu, mon chéri. J'ai vu.
-C'était génial ! Je me demande ce que ça fait de voler vraiment ! ajouta le petit garçon, rêveur."
Une ombre passa dans les yeux verts de Daisy, que son fils chassa aussitôt en s'exclamant de sa petite voix enfantine :
"Oh, j'espère que Père va bientôt rentrer ! Et Oncle Aquila ! Et Oncle Bram, et Tante Calipso, et Oncle Loris, et...
-Oui, oui, mon trésor, tout le monde sera là. Mes amis, et toute la famille de ton père.
-Et Tante Bérangère aussi ? Et Oncle Martial ? Et...
-Tous les amis de Maman que tu as invités, l'interrompit la Gardienne avant que Moineau réveille sa sœur. Tu as bien écrit à tout le monde, n'est-ce pas ?
-Oh oui !
-Alors, ils seront là. Ne t'inquiète pas pour ça.
-Ouiiii ! Merci Maman !
-Pff, y'a pas de quoi, rit Daisy quand son turbulent petit garçon se précipita dans ses bras."
Son odeur d'enfant emplit son nez. Son coeur appartenait peut-être encore aux siècles oubliés et révolus qu'elle avait vécus, mais elle avait une vie, maintenant, où elle n'était en fait jamais seule. Même pas un seul instant.
