Hello mes p'tits chous ! C'est un miracle que j'arrive à publier quelque chose en ce moment, je vais faire de mon mieux pour garder un rythme de progression régulier. Normalement je devrais publier lundi prochain comme d'habitude, et je préciserai à ce moment-là comment se passera la suite, avec les vacances de Noël pendant lesquelles je ne suis pas sûre de pouvoir publier. Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 23 – Dix-sept ans
Laureen n'en croyait pas ses yeux. Ses amis et sa famille avaient vraiment fait les choses en grand. Plusieurs petites tables étaient disséminées avec des chaises pliantes dans le jardin, ainsi que des chaises longues. Une plus grande table faisait office de buffet, elle pouvait y voir des saladiers remplis de bonbons, des chips, des amuse-bouche salés et sucrés, ainsi qu'une myriade de gâteaux tous plus colorés les uns que les autres. Il y avait aussi une grande quantité de bouteilles de jus de citrouilles et de bièraubeurres, et même du Whisky Pur Feu pour les adultes.
Autre que la nourriture, il y avait plusieurs tables avec des jeux dessus. Elle pouvait voir Fred et Lee s'installer pour un poker face à Remus. Un peu plus loin, Ginny, Angelina, Sirius et une autre jeune femme semblaient commencer une partie de volleyball avec le souaffle que les Weasley possédaient pour leurs entraînements estivaux. Elle aperçut même Kingsley qui semblait en grande discussion avec Dean et Seamus.
Laureen se tourna vers George avec un sourire émerveillé.
-George, c'est de la folie ! Vous êtes des grands malades, mais je vous adore !
-On t'aime aussi, Lau'. Allez, on va faire un volley ? sourit-elle.
-Je suis avec Sirius et cette jeune femme ! accepta-t-elle.
-Je vais dans l'équipe d'Angelina alors, rougit George.
Ils rejoignirent le petit terrain improvisé et rejoignirent leurs équipes.
-Salut papa !
-Salut ma grande. Tu t'es bien amusée ? C'était bien, le cinéma ?
-Oui, c'était génial ! Une super journée. Tu me présentes ?
-Oh, oui, Laureen, je te présente Nymphadora Tonks, mais ne l'appelle jamais par son prénom.
-Tonks suffit, sourit la jeune femme. J'ai beaucoup entendu parler de toi. Sirius n'arrêtait pas de me répéter à quel point il était fier de sa fille chérie et si heureux de pouvoir enfin passer du temps avec elle.
Les deux filles éclatèrent de rire alors que Sirius prenait un air désabusé.
-Ma fille est exceptionnelle, et en tant que parent j'ai le droit de m'en vanter, marmonna-t-il.
Laureen alla l'embrasser sur la joue avant de se placer devant le filet. Elle vit les cheveux de Tonks passer du roux au rose vif et écarquilla les yeux.
-Métamorphomage, lui souffla la jeune femme avec un clin d'œil.
Laureen hocha la tête avec un sourire impressionné. Ginny fit alors un service, Sirius réussit à frapper la balle, Laureen la remonta en l'air et laissa Tonks la rabattre vers l'autre camp, où George plongea pour la relancer vers Angelina.
La partie dura une demi-heure avant que Molly ne les appelle, les bras chargés d'un plateau avec des verres de citronnade. Sirius, Tonks et Laureen, qui menaient de deux points, se précipitèrent pour prendre à boire.
L'après-midi passa tranquillement, et alors que le soleil entamait une descente paresseuse vers l'ouest, peu avant sept heures, un « crac » sonore retentit un peu plus loin dans le jardin. Aussitôt tout le monde tira sa baguette. Sirius s'était placé instinctivement devant sa fille, et Tonks faisait mur avec lui. George avait poussé Angelina et Ginny derrière lui. Remus avait fait un pas devant Fred et Lee. Neville et Ron se baissèrent derrière le buffet alors que Arthur prenait la main de Molly. Kingsley s'était placé entre la source du bruit et Dean et Seamus. Hermione, qui lisait dans l'herbe toute seule au milieu du jardin, eut le réflexe de s'aplatir dans la pelouse avant de ramper vers Laureen pour bénéficier d'une protection suffisante.
Finalement les pas se rapprochèrent et deux silhouettes passèrent l'angle de la maison, se mettant à la vue de tous. Ils sursautèrent et levèrent instinctivement les mains en criant « Ne lancez pas de sorts ! C'est nous ! » face à toutes les baguettes pointées sur eux. On entendit un soupir de soulagement dans l'assemblée, alors que Bill et Charlie s'avançaient lentement au soleil, les bras toujours levés. Arthur et Molly furent les premiers à baisser leurs baguettes, vite imités par les autres, à l'exception de Laureen, qui lança un petit éclair bleu juste au-dessus de la tête de Charlie, qui plongea vers l'herbe par réflexe.
Tout le monde pivota vers la jeune fille, avec un air surpris ou réprobateur.
-Je n'ai pas fait exprès, dit-elle en haussant les épaules.
-Tu n'as pas fait exprès de tirer, ou de le rater ? demanda Sirius à voix basse.
Laureen haussa à nouveau les épaules avant d'aller saluer Bill, tournant ostensiblement le dos à Charlie.
-Bonjour Bill, ravie de te voir, le salua-t-elle en lui faisant la bise. C'est gentil d'être rentré d'Égypte pour l'occasion. Ton travail, comment ça se passe ?
-Joyeux anniversaire Laureen, sourit-il. Ça se passe très bien, j'ai été mandaté pour une mission d'un mois à Gringotts, je commence la semaine prochaine. Et ensuite j'irai en France, pour trois mois.
-Waw, c'est génial, s'enthousiasma la jeune femme. Je t'enverrai du thé anglais, on ne sait jamais quel genre de boissons étranges ils boivent, sous la Manche. Et tu dois absolument me rapporter une bouteille de leur fameux vin, ou même du champagne ! Je sais que ce sont des boissons de moldus, mais j'ai entendu dire qu'ils fabriquaient le meilleur vin du monde.
L'aîné des enfants Weasley éclata de rire face à son babillage joyeux, et promit de lui rapporter une bouteille de vin. Un raclement de gorge attira leur attention et le sourire de Laureen disparut aussitôt alors qu'elle pivotait sur ses talons pour faire face au deuxième fils Weasley qui occupait – toujours et malgré elle – une place si spéciale dans son cœur.
Charles William Weasley, plus communément appelé Charlie, avait toujours été une personne très téméraire. Poursuiveur et capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, il avait été suivi de près dans sa septième année par des recruteurs pour des équipes professionnelles de Quidditch avant de renoncer à une carrière de joueur pour accepter le poste de ses rêves : s'occuper de dragons. Le fait que la réserve soit en Roumanie ne rendait cette nouvelle aventure que plus belle et plus excitante. Autant sur un balai que face à un dragon, il n'avait jamais reculé et avait toujours donné le meilleur de lui-même, quitte à frôler le danger d'encore un peu plus près à chaque fois. Ça le faisait rire. Le danger dans sa vie était comme l'oxygène, indispensable. C'était rafraichissant. L'adrénaline était devenue sa drogue, et dernièrement, son moyen de se vider la tête et de tenter de l'oublier. Ça ne marchait pas vraiment pour ce dernier point, mais c'était sa meilleure option.
Mais tout téméraire et addict au danger qu'il soit, Charlie Weasley se sentait ridiculement petit et effrayé lorsqu'il se retrouvait face à une Laureen en colère. Très en colère. Contre lui.
Elle était tellement adorable ainsi, les bras croisés sur sa robe, soulignant innocemment sa poitrine qu'il avait imaginée tant de fois dans les longues nuits où il restait éveillé, et dans ses rêves les plus indécents. Ses joues rondes étaient rosies, par le volley-ball, et maintenant la colère qu'elle sentait monter en elle mais aussi – ce qu'il ignorait – et tout simplement, parce qu'il arrivait toujours à la faire rougir, par sa simple présence. Ses yeux d'habitude doux et brillants comme des émeraudes avait pris la couleur d'une feuille d'arbre prise en pleine tempête. Et cet air orageux n'augurait rien de bon pour lui.
-Joyeux anniversaire, petit ange, réussit-il à dire malgré la boule qui s'était logée dans sa gorge.
Elle haussa un sourcil, et fit lentement passer sa langue sur sa lèvre supérieure, une habitude qu'elle avait lorsqu'elle cherchait ses mots. Charlie dut bander sa volonté pour ne pas l'embrasser sur le coup. Elle ne se rendait même pas compte qu'elle le mettait au supplice.
-Merci, Charles, répondit-elle avec un bref hochement de tête un peu sec.
Elle pivota à nouveau sur ses talons et offrit un petit sourire à Bill avant de se diriger à pas vifs vers le buffet, rejoignant Dean et Seamus qui faisaient honneur à un plateau de petits gâteaux préparés par Molly.
-Ouch, elle t'a appelé Charles… remarqua Bill avec une grimace. Elle t'en veut vraiment, mon vieux.
-Je sais, marmonna Charlie avec la gorge serrée. Je vais laisser son cadeau avec les autres, il vaut mieux que je rentre.
-Non, si tu pars à la réserve maintenant, maman va piquer une crise. Et ça n'arrangera pas les choses avec Laureen.
Charlie hocha mollement la tête et décida de rester, mais se tint sur le bord la plupart du temps. Surtout quand il remarqua les regards en biais dont le fusillait Sirius.
Finalement, alors que la fête allait se finir, un patronus arriva au milieu de l'assemblée, un magnifique phénix blanc et brillant.
-C'est celui de Dumbledore ! s'exclama Kingsley, alarmé.
-Retournez immédiatement chez vous, annonça le phénix avec la voix du directeur de Poudlard. Des partisans de Voldemort se doutent de quelque chose. Sirius, tu dois rester au quartier général. Emmène Laureen avec toi.
Aussitôt Molly renvoya tous les plats et les meubles dans la maison d'un coup de baguette, pendant que les autres échangeaient rapidement des salutations. Charlie allait se précipiter vers Laureen pour au moins lui dire au revoir mais Sirius l'avait déjà prise dans ses bras et transplana avec sa fille. Charlie poussa un juron sonore et retourna à l'intérieur avec agacement.
Laureen s'était agrippée à son père et avait retenu son souffle jusqu'à ce qu'ils aient « atterris » … là où ils avaient atterri. Sirius ne perdit pas une seconde et d'un mouvement négligent avec son poignet, il déverrouilla magiquement la porte et la claqua derrière eux une fois qu'ils furent rentrés.
Ils étaient dans un couloir d'entrée sombre et malodorant, poussiéreux aussi.
-C'est quoi cet endroit ? demanda Laureen à voix haute.
-Chut, ne parle pas si fort dans l'entrée, lui murmura Sirius.
-QUI EST LÀ ?! rugit une voix autoritaire à quelques mètres d'eux, faisant sursauter Laureen.
Sirius lâcha un soupir exaspéré.
-AH, C'EST TOI, TRAÎTRE À TON SANG ! COMMENT OSES-TU REVENIR DANS CETTE MAISON ?! COMMENT OSES-TU SOUILLER LA GRANDE DEMEURE DE LA NOBLE LIGNÉE DES BLACK PAR TA PRÉSENCE ?!
Laureen s'était blottie dans le dos de son père, incertaine de ce qu'il se passait.
-La demeure des Black ? répéta-t-elle à voix basse.
Elle sourit en se redressant.
-Papa, on est au Square Grimmauld ? Dans ta maison ?
-PAPA ?! reprit la voix. QUI EST-CE ?! SIRIUS ORION BLACK ! J'EXIGE DES EXPLICATIONS !
-Silence, vieille sorcière ! répliqua Sirius avec humeur. Nous ne sommes pas venus ici pour écouter tes sornettes !
-COMMENT OSES-TU…
Mais le reste de la phrase se perdit quand Sirius ferma rageusement des rideaux pour masquer un grand portrait.
-Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda Laureen.
-Ça, c'était ma mère, ta grand-mère Walburga, répondit son père d'une voix monotone. On en parlera une autre fois. Allons chercher une pièce suffisamment propre pour dormir.
Ils commencèrent à monter l'escalier, et tombèrent sur un elfe de maison assez repoussant qui les regarda d'un air mauvais.
-Le traître à son sang est revenu, marmonna sombrement la créature.
-Kreattur ! cria Sirius avec hargne. Garde ton venin pour toi et laisse-nous tranquille ! Tu devras montrer du respect à ma fille ou je te donnerai un vêtement !
-Oui, maître, fit Kreattur en inclinant la tête. Kreattur ne vit que pour servir la noble lignée des Black, maître.
Laureen haussa un sourcil assez surpris, mais ne dit rien.
-Un traître à son sang et une bâtarde, oh, si ma pauvre maîtresse voyait ça, soupira-t-il dans l'escalier une fois qu'il se crut hors d'ouïe.
-Il est toujours d'aussi bonne humeur ? demanda Laureen à son père, tentant de garder un masque d'impassibilité face aux insultes de l'elfe de maison.
-Il a toujours été comme ça avec moi, soupira Sirius. Tu sais, je suis parti de cette maison à seize ans, alors tu peux deviner que je n'appréciais pas forcément cet endroit.
-Où est-ce que tu es allé ? Chez Oncle Remus ?
-Non, chez les Potter. Les parents de James, Fleamont et Euphemia, avaient l'habitude de m'accueillir de temps en temps pour les vacances, et n'ont pas hésité à m'ouvrir leur porte quand je suis parti d'ici. Mais ça nous arrivait régulièrement d'aller passer une soirée chez les Lupin, en effet. Ah, voilà mon ancienne chambre.
Il fit un mouvement du poignet et la porte s'ouvrit en grinçant. Ils restèrent un instant sur le seuil à observer le contenu de la pièce.
-Rien n'a changé, souffla Sirius. J'ai placé un sort de stase sur la pièce avant de partir. Visiblement il a bien tenu. Il y a aussi un sort très spécial de verrou sur la porte, créé par… Créé par ta mère. Seulement mon sang peut ouvrir cette porte lorsqu'elle est verrouillée. Étant ma fille, tu pourras le faire sans problème.
Ils restèrent ensuite un instant silencieux, et Laureen en profita pour inspecter la décoration, entièrement aux couleurs de Gryffondor, avec beaucoup de photos des Maraudeurs dans leur jeunesse.
-T'étais vraiment un petit rebelle à l'école, hein ? sourit Laureen. Sort de superglu je suppose ?
-Évidemment, sourit Sirius. Dans une maison aux couleurs de Serpentard, j'étais obligé. Enfin bref, trêve de sentimentalisme, tu me prêtes ta baguette une seconde ? Je vais lever le sort de stase, tu auras un lit propre comme ça.
Laureen lui tendit sa baguette sans hésiter et attendit qu'il ait levé le sort pour parler de nouveau.
-Je ne dis certainement pas non à un bon lit, mais toi, où vas-tu dormir dans ce cas ?
-Je trouverais bien un canapé pas trop sale où m'installer, ne t'en fais pas. Allez, tu devrais dormir, la journée a été longue. Je viendrais te réveiller demain matin.
Il l'embrassa sur le front et sortit de la pièce en fermant doucement la porte. Laureen resta pensive un moment avant de faire un tour de la pièce. Il y avait un grand lit à baldaquins en bois sombre travaillé, un magnifique bureau et une grande armoire. Elle y fouilla une minute et en sortit un vieux maillot de Quidditch aux couleurs de Gryffondor avec le nom de son père dans le dos. Elle décida que ça ferait un pyjama suffisant et pivota sur elle-même, s'approchant de la porte à droite de l'armoire. Supposant que c'était une salle de bain, elle l'ouvrit sans réfléchir, et poussa un hurlement de terreur pure en faisant un bond de quatre mètres en arrière, grogna en tordant sa cheville à l'atterrissage, perdit son équilibre, tomba en arrière avec un autre grognement, et poussa un deuxième hurlement à glacer le sang en posant à nouveau ses yeux sur ce qu'il y avait derrière la porte. Elle se redressa sur ses coudes et rampa en arrière aussi vite qu'elle le pouvait.
La porte s'ouvrit à la volée et Sirius fit irruption dans la pièce, paniqué par les cris de terreur de sa fille.
-Laureen ! s'exclama-t-il en la voyant par terre, l'air plus effrayée que jamais.
Elle continuait à ramper en arrière, tremblant, pleurant et geignant de peur. Il se tourna vers la porte qui était supposée mener à la salle de bains rattachée à sa chambre, et se figea à son tour. Il put presque sentir son cœur se déchirer une nouvelle fois dans sa poitrine, et son souffle se bloquer dans sa gorge. Dans l'encadrement de la porte gisait un corps dans une mare de sang. Le corps brisé de la seule femme qu'il ait jamais aimé. Une douce crinière de boucles auburn, de grands yeux émeraudes, une peau blanche comme la neige…
-Brianna… souffla-t-il alors qu'une larme solitaire roulait sur sa joue creusée par le temps.
Il secoua la tête. Un épouvantard terrorisait peut-être les gens, mais ce n'était pas une créature très intelligente, heureusement. Brianna était morte il y a des années déjà, et il avait eu le temps de faire son deuil. Il se pencha doucement vers sa fille et l'embrassa sur le front alors qu'il récupérait la baguette qui s'était échappée de sa poche lorsqu'elle était tombée. Il se tourna vers l'épouvantard en soupirant alors qu'il levait la baguette.
-Riddikulus.
Aussitôt il y eut un petit tourbillon autour de la créature, et à la place apparut la silhouette de Lucius Malefoy, en tutu rose de ballerine moldue. Sirius ne put s'empêcher d'éclater de rire, et d'un mouvement négligent du poignet il fit disparaître la créature. Il s'agenouilla ensuite auprès de sa fille et l'enveloppa dans ses bras, la ramenant contre sa poitrine avant de la bercer comme si elle n'était qu'une enfant.
Alors que Laureen se laissait aller aux pleurs contre son père, ce dernier sentit son cœur se serrer une nouvelle fois. Combien de fois avait-il rêvé de tenir ainsi contre lui sa fille, depuis le jour où elle était née ? Combien de fois, dans ses jours les plus sombres à Azkaban, avait-il imaginé ces grands yeux verts, et les petites mains potelées de ce poupon avec lequel il avait à peine pu passer quelques mois.
Fermant ses yeux le temps de refouler les regrets et la culpabilité, Sirius caressa les cheveux de sa fille jusqu'à ce qu'elle se calme. Lorsque finalement ses pleurs s'estompèrent, il prit doucement son visage entre ses mains et l'embrassa sur le front.
-C'est fini ma grande, c'est fini, la rassura-t-il sans la lâcher. Tu veux… tu veux me dire ce que tu as vu ?
Elle secoua frénétiquement sa tête de gauche à droite, les yeux encore écarquillés par la peur.
-D'accord. Si tu veux m'en parler je suis là, mais si tu veux le garder pour toi c'est ton droit.
Il l'aida à se relever et jeta un coup d'œil dans la salle de bain pour vérifier qu'aucun autre épouvantard ne se cachait là. Quand il fut sûr que sa fille était en sécurité, il lui souhaita une bonne nuit et la laissa aller se débarbouiller tranquillement alors qu'il refermait la porte de la chambre derrière lui.
Laureen alluma les lumières de la salle de bain d'un coup de baguette et se rinça le visage à l'eau froide avant d'enlever ses vêtements et de les laisser sur le rebord du grand lavabo qui trônait contre un mur. Elle enfila l'ancien jersey de Quidditch de son père par-dessus ses sous-vêtements et revint dans la chambre se glisser sous les couvertures. D'un coup de baguette, elle alla nicher une petite sphère de lumière au-dessus de la porte de la chambre, comme veilleuse, et ferma les yeux en se persuadant que ce que lui avait montré l'épouvantard ne se réalisera jamais.
Car jamais elle ne laisserait une telle chose arriver, dusse-t-elle en mourir.
