Merci à tous de votre patience ! La fin de cette fanfiction arrive à grand pas, je vous rassure, ce n'est pas encore le dernier chapitre, mais c'est pour bientôt...

Hitori : Difficile pour Severus, mais comme il est dit dans le titre de ce chapitre, tout à une fin ! ;)

Bonne lecture à tous !


Chapitre 22 : Tout à une fin

Une partie de moi aurait aimé attendre encore un peu. Quoi ? Une certitude, celle que nous survivions tous à la guerre, mais personne n'était sûr de survivre. Je savais que tout cela devait prendre fin, de trop nombreux élèves avaient pris la marque des Ténèbres et bien que les raids s'étaient quelque peu calmés, cela allait un jour reprendre. Sûrement à la fin de l'année scolaire pour organiser une grande tuerie de moldus, prouvant ainsi la puissance de l'armée du Seigneur des Ténèbres. Et je ne voulais pas de ça, pas plus de morts sur notre conscience, pas plus de jeunes adolescents forcés ou non de tuer des êtres humains.

L'Ordre était donc réuni pour la dernière fois, les membres étaient arrivés calmement, du moins autant qu'il était possible de l'être en temps de guerre. Ils n'avaient aucune idée de ce que nous allions leur annoncer, mais ils se doutaient bien que nous ne les avions pas réunis à une heure aussi tardive pour rien. Tout le monde n'avait pas pu venir, mais ils étaient assez en contact les uns avec les autres pour que tout le monde soit au courant de ce qui allait bientôt se passer d'ici le lendemain soir.

- Bonsoir à tous ! Je vais faire aussi rapide que possible pour que vous puissiez tous retourner à vos occupations… commença calmement Harry sous le regard bienveillant et fier d'Albus qui avait voulu assister à la dernière réunion de l'Ordre. Nous avons réuni toutes les chances de notre côté pour détruire une bonne fois pour toutes Tom Jedusor.

Contrairement à ce que j'aurais pensé, personne ne dit un mot, peut-être était-ce à cause du choc de l'annonce ou bien de Panache courant sur toute la table à la plus grande joie des jumeaux Weasley. Outre Albus qui semblait presque rayonner et d'Hermione qui regardait Panache avait un léger sourire, tous les sorciers autour de la table étaient abasourdis par la nouvelle, ne s'y attendant pas.

- D'ici la fin de semaine, Severus va virer les Carrow de Poudlard, de la façon dont il lui plaira… Ils accourront voir Voldy et celui-ci viendra voir ce qu'il se passe à Poudlard. De préférence sans toute son armée, s'il ne se doute pas que c'est un piège, ce qui n'est pas gagné. Bien sûr, entre-temps nous aurons fait évacuer Poudlard. Ce qu'il nous faudrait, ce serait une diversion provoquée, venant de l'intérieur de Poudlard…

Harry, Hermione et moi regardions directement les jumeaux, nous savions qu'ils étaient au courant de beaucoup de choses même si l'Ordre ne leur donnait pas assez de crédit.

- Quand ? demanda l'un d'eux, ce qui était une première puisqu'ils parlaient habituellement d'une même voix ou complétaient les phrases de l'autre, cela démontrait l'importance de la discussion en cours.

- Severus ?

Ce n'était pas la première fois que je le faisais mais je replongeais à nouveau dans les emplois du temps des élèves et professeurs, nous avions regardé les moments optimums pour la protection des élèves et pour être à notre avantage.

- Jeudi vers 10h30. Les Carrow ont une heure de libre commune, entre 10h et 11h et il l'occupe toujours à surveiller le septième étage pour réussir à entrer dans la Salle sur Demande. Les élèves seront en cours et nous pourrons ainsi les faire évacuer progressivement dès 9h et en toute discrétion.

- Les faire évacuer où, Severus ?

J'avais envie de sourire à la question de Shacklebolt, Minerva m'avait posé exactement la même question quand je lui en avais parlé il y a moins de deux heures de cela.

- Chez eux ou chez des camarades. Les élèves à risque seront évacués en dernier et bien que cela ne me plaise guère, ils sont majeurs et ont le droit de faire leur choix. D'ici leur départ, le Seigneur des Ténèbres sera de toute façon déjà au courant que les Carrow ont été jetés hors de Poudlard. Si nous avons de la chance, il accélèrera le mouvement pour ne pas perdre Poudlard et commettra donc, des erreurs.

Les erreurs étaient ce qui permettait de gagner ou perdre une guerre et c'était à nous de remporter cette dernière bataille. Alors que tout le monde se mettait enfin à parler, les jumeaux nous regardèrent une dernière fois, hochèrent la tête avant de se lever et de partir, Merlin sait où !

La réunion ne dura pas beaucoup plus longtemps, les jumeaux s'occupaient de la diversion, bien que nous ne sachions ce qu'elle allait être, et tout le monde savait quoi faire. Une guerre avait toujours ses imprévues mais prendre les devants nous permettait d'avoir quelques cartes en main. Tout le monde était parti à ses propres préparatifs, comme chaque fois qu'une grosse bataille se préparait, profiter de sa famille, mettre ses affaires en ordre, penser à ce qu'il arriverait si nous ne revenions pas.

Harry était parti avec Dumbledore, comme si une dernière conversation entre eux allait sceller le destin du monde sorcier, ne restait plus qu'Hermione et moi. La jeune femme me tournait le dos, regardant par la fenêtre, pensant certainement à ce qui allait bientôt nous attendre, une guerre sans pitié. Je m'étais doucement approché d'elle jusqu'à coller son corps au mien, l'entourant dans mes bras tout en regardant par la fenêtre. Le parc en face du Square Grimmaurd était complètement vide, mais nous pouvions voir les jeux pour enfants qui avaient certainement été bien occupés quelques heures plus tôt.

- On sera bientôt libre, libre d'être qui l'on veut.

- J'ai l'impression de n'avoir jamais connu la liberté, avouai-je calmement.

- Tu la connaîtras, on la vivra, tous les trois.

Son corps épousait tellement bien le mien, comme s'il avait toujours été fait pour que je l'entoure de mes bras. J'avais peur que l'un de nous ne sorte pas vivant de cette guerre mais j'étais également confiant, nous étions assez puissants.

- Je t'aime, Hermione, tellement… On ne se le dit pas assez.

- La perspective de perdre l'autre change notre façon de voir les choses. Peut-être devrions-nous le dire plus souvent à partir de maintenant, répondit Hermione avant de se retourner vers moi sans jamais vraiment se décoller de moi. Je t'aime aussi, Severus.

Un baiser scella notre promesse, la guerre approchait mais nous étions ensemble et rien ne pourrait nous arrêter.

HPHGSS HPHGSS

Jeudi était arrivé rapidement, j'avais réussi à parler aux professeurs dignes de confiance, chacun d'eux savait exactement ce qu'ils avaient à faire. Poppy se tenait prête à soigner les éventuels blessés, les fantômes étaient étrangement silencieux et Peeves n'avait fait que regarder de loin ce qu'il se passait.

Quand les premiers cours commencèrent, les premières évacuations eurent lieu. L'heure fatidique arriva rapidement, les Carrow avaient terminé leurs cours et se dirigeaient vers le septième étage, du moins, c'était jusqu'à ce que Neville Londubat leur lance des sortilèges. Je regardais ce spectacle de loin, je pouvais voir du coin de l'œil Minerva et Filius revenir, c'était le signe que chaque élève mineur avait été évacué de Poudlard. Les élèves majeurs ou à risque avaient été dirigés vers la Grande Salle, je devais y aller dans quelques minutes pour leur faire prendre un choix, rester et se battre ou partir en espérant ne pas les retrouver dans les lignes ennemies.

Hermione apparut à côté de Neville, la baguette levée, des sortilèges sortants à toutes vitesses, elle se battait comme une lionne. Je vis sa magie se matérialiser en léopard et bondir sur le rebord de l'escalier pour sauter sur les Carrow. Si elle avait voulu, elle aurait pu les tuer, mais ce n'était pas le but de la manœuvre. Son léopard griffa tout de même assez sévèrement le torse de l'un d'eux. Tout le monde se demandait quel était ce sortilège, personne en Angleterre avait connaissance de la magie brute et encore moins osait imaginer qu'une jeune femme tout juste majeure puisse l'utiliser. C'était pourtant bien le cas, et j'en étais tellement fier. D'autres élèves cachés dans la Salle sur Demande étaient venus aider Hermione et Neville, pas qu'ils avaient réellement besoin d'aide. Mais ce ne fut que quand Harry enleva sa cape d'invisibilité que les Carrow bâtirent en retraite.

Ils commençaient à se diriger vers mes appartements quand ils me virent, tranquillement installés contre l'un des murs de pierre ayant un accès direct aux escaliers.

- Severus… Tu- tu as vu ? Aide-nous à les repousser !

Alecto Carrow essaya de soigner la blessure de son frère qui saignait abondamment, bien plus que je ne l'avais vu d'aussi loin. C'était sûrement pour cette raison que les « rebelles » n'y avaient pas été trop fort. Les Carrow devaient survivre pour aller pleurer dans les jupons du Seigneur des Ténèbres.

- Vous aidez ? Alors que j'essaie vainement de protéger les élèves de vous ? Je pense que le message est pourtant clair, vous n'êtes plus les bienvenus à Poudlard !

- Tu… un traitre ! grogna Amycus autant qu'il le put malgré sa blessure.

- Je crois bien que ton frère va mourir, surtout si tu restes ici…

Voyant que je n'allais absolument rien faire pour les aider, surtout pas avec ma baguette à la main jouant avec elle d'un air menaçant, Alecto tint son frère par le bras pour le faire sortir de Poudlard. La seconde étape du plan était terminée. Ils allaient rejoindre le Seigneur des Ténèbres et lui dire ce qu'il s'était passé ici, Amycus allait certainement mourir, pas que je m'en plaindrais, le monde serait bien mieux avec un Carrow de moins !

- Allons dans la Grande Salle ! Minerva, veuillez diriger les élèves mineurs vers les cheminettes, je pense que leur famille sera ravie de les retrouver.

Minerva hocha la tête et rassembla les élèves qui pour certains avaient disparu depuis de nombreux mois et pour lesquels je recevais même quelques lettres de parents inquiets n'ayant pas de nouvelles de leur enfant. Je ne perdis pas une minute de plus et me détourna pour aller directement dans la Grande Salle. Les élèves m'attendaient, regardant derrière moi où une concession d'élèves et membre de l'Ordre me suivait.

- Poudlard est temporairement libre et sera certainement très prochainement la cible d'une attaque. Vous avez le choix entre rentrer chez vous ou vous battre pour protéger Poudlard de l'influence du Seigneur des Ténèbres.

Mes mots étaient clairs, mon camp était choisi et tout le monde le savait à présent. Les élèves me regardaient, je pouvais déjà voir qui allait se battre, qui partirait. Mais je pouvais également voir les regards incertains et ceux de haine pure, j'étais à présent un traitre.

- Vous changez donc encore votre baguette de main, sale traitre !

Mon regard s'attarda sur Drago Malfoy, le jeune homme avait malheureusement était endoctriné depuis sa plus tendre enfance, je n'avais rien pu faire pour lui et la place de son père dans la société magique comme auprès du Seigneur des Ténèbres était trop dangereuse pour moi. J'étais désolé pour lui, désolé de n'avoir rien pu faire de plus par peur de me compromettre.

- En réalité, je ne l'ai changé qu'une fois, avant la fin de la Première Guerre et je n'ai cessé d'espionner par la suite. Mais cessons nos bavardages inutiles… Vous avez à partir de maintenant, deux minutes pour transplaner, qu'importe où vous le souhaitez… Si vous voulez sauver vos vies, je le comprendrais, si vous vous retrouvez face à nous dans quelques minutes, n'escomptez pas recevoir de la pitié et si vous nous aidez, alors je serais ravi de vous aider autant que possible.

Je n'avais pas mentionné que le transplanage n'était pas possible pour entrer à Poudlard, cela ferait le plus grand bien d'imaginer les Mangemorts voulant transplaner et se retrouver dans le lac. Hermione avait réussi à modifier les barrières de l'école, démontrant la puissance de ses pouvoirs. J'étais tellement fier d'elle, tellement heureux qu'elle arrive à voir au-delà des limites qu'elle pensait avoir. Je savais qu'Harry aurait pu le faire, mais il avait laissé Hermione se prouver à elle-même qu'elle en était capable. Notre trio se renforçait, et nos ennemis n'avaient qu'à bien se tenir.

Il y eut plusieurs transplanages, sans étonnement, Drago Malfoy était parti, mais Ronald Weasley qui avait pali en voyant ses parents ou peut-être était-ce à cause d'Hermione et Harry, était également parti. D'autres les avaient suivis, pour se battre dans le camp ennemi ou pour fuir, nous ne le savions pas encore. Mais j'étais fier de voir que la plupart étaient restés, même certains élèves portant la marque.

Alors que je faisais demi-tour, je pus voir que l'Ordre était partie, sûrement pour renforcer les protections de l'école. Alors que j'arrivais dans le hall d'entrée, Minerva avait déjà la baguette levée.

- Piertotum locomotor !

Un sourire illumina son visage alors que les statues sur les murs se laissaient tomber, ils avaient l'air encore plus impressionnants ainsi, se relevant et avançant comme des automates. Son regard croisa le mien et un léger rougissement prit place, je ne pus m'empêcher un sourire amusé de prendre place sur mon propre visage, peu pourrait se vanter d'avoir vu Minerva McGonagall rougir pour avoir été prise à s'amuser.

- Qui a dit qu'on ne pouvait pas s'amuser même pendant une guerre ? demanda-t-elle innocemment.

- Vous avez bien raison, Minerva. Qui sait si nous serons encore là demain pour fêter notre victoire ?

Albus Dumbledore se tenait non loin derrière moi, il ne respirait pas la santé mais contrairement à ses derniers mois, il semblait assez fort pour se tenir debout plusieurs heures.

- Vous devriez être au lit, Albus. Dis-je d'un ton doux.

- Vous savez tout comme moi que mes jours sont comptés, Severus. Laissez-moi la chance de participer à la fin de cette guerre.

Bien sûr, nous n'étions pas dupes, Albus allait certainement mourir dans cette bataille. L'avoir à nos côtés serait un avantage certain et ce n'était pas comme si nous pouvions forcer Albus à quoi que ce soit. Comme les élèves, lui aussi avait le droit de se battre et de tous ces mois passés, il n'avait jamais semblé aussi en forme qu'aujourd'hui.

- Je suis ravi d'avoir eu la chance de vous connaître, Severus. Profitez de votre longue vie de paix auprès de vos âmes sœurs !

- C'était un honneur de travailler à vos côtés, Albus.

- Je me demande pourquoi. Harry m'a ouvert les yeux ces derniers mois et j'ai bien peur d'avouer qu'il a raison, je ne vous ai pas traité convenablement alors que j'ai fait des erreurs bien pires que les vôtres… Je vous présente mes excuses et j'espère que vous saurez faire de cette école un sanctuaire pour ces élèves.

Albus s'excusant, jamais je n'aurais cru voir ça de ma vie. Je lui en avais parfois tellement voulu, mais j'avais reporté la faute sur moi, sur mes erreurs. J'avais remarqué qu'Harry en avait voulu à Albus, surtout à propos de ce serment inviolable, mais je n'avais jamais remarqué qu'il y avait eu plus entre les deux hommes.

- Merci.

Je ne pus répondre plus et il le comprit, Albus rejoignit Minerva qui avait l'air plus étonnée que jamais et ils se dirigèrent tous les deux devant les portes de Poudlard. Nous pouvions voir au-delà des barrières, de multiples transplanages, la dernière bataille allait commencer…

J'avais rapidement rejoint Hermione et Harry, ils regardaient au loin avec des jumelles et je n'avais pas besoin de demander pour savoir ce qu'il regardait.

- Il est là, fit la voix calme d'Hermione. Tout le monde est à son poste, les Aurors et des Médicomages ont étés appelés.

Voldemort était aux portes de Poudlard, et malgré les protections mises en place, nous savions qu'il allait réussir à entrer. Il devait entrer et ils essayaient déjà en lançant une multitude de sortilèges en même temps. Heureusement, le Seigneur des Ténèbres n'avait pas eu le temps de réunir tout le monde, mais cela voudrait également dire qu'il mettrait plus de temps à percer les barrières. Nous devions utiliser ce temps qui nous était accordé à essayer de nous mettre enfin d'accord sur ce que nous devions faire. Le plan d'Harry était bien trop dangereux, nous ne voulions pas le perdre.

- Et si nous pensions plutôt à la façon dont nous pouvons vivre pour survivre et non de nous sacrifier les uns les autres ? dis-je calmement.

Hermione et Harry me regardèrent, c'était les mots de Tolma et ils semblaient résonner en moi plus que jamais.

- Depuis notre retour, nous n'avons fait que réfléchir à comment ne pas se sacrifier et la façon dont on serait prêt à le faire pour se sauver les uns les autres. Mais Tolma m'a dit que pour survivre il faudrait commencer à vivre tout de suite.

- Tu suggères quoi, Severus ? Qu'on fonce dans le tas ?

- Je- oui, je crois bien que c'est exactement ça que je suggère…

Alors que les protections commençaient à se fissurer tout autour de nous, Harry me sauta dessus et m'embrassa comme jamais auparavant sous les regards ébahis de tous ceux nous entourant. Il embrassa ensuite Hermione et un sourire éblouissant illumina son visage, illumina mon cœur.

- Je suis Harry Potter, l'un des Erotes de Jade et je suis tombée amoureux de Severus Snape et d'Hermione Granger ! cria-t-il avec bonheur.

Il se mit à courir droit devant, allant directement vers nos ennemis et alors que la peur voulait enserrer mon cœur, Hermione vint m'embrasser à son tour. Un chant magique et puissant se fit entendre, Flaeme volait au-dessus de nous et tous mes doutes furent oubliés, une puissante confiance en nous balaya toutes mes inquiétudes.

- Nous pouvons tout faire, Severus. Il faut simplement pouvoir en assumer les conséquences et… ne pas avoir faim.

- Je n'ai pas faim, ça tombe bien ?

Elle me sourit tout en hochant la tête, nous étions des fous et pourtant je suivais le rythme. Hermione et moi nous étions mis à courir derrière Harry. Nos magies se sont déployées, se touchant, se mélangeant entre elles. Plusieurs entités étaient apparues, des créatures magiques et même non magiques et en regardant Harry de plus près, je pus voir Panache posé sur son épaule. Un sourire amusé éclaira mon visage et une drôle de pensée me vint à l'esprit…

- C'est ça, la vie…

Et alors que les protections tombaient irrémédiablement, Harry fendit l'air de ses deux bras et un rayon magique rouge traversa les troupes du Seigneur des Ténèbres, et quand il écarta ses bras sur les côtés, ils furent tous balayés. Il n'utilisait aucune baguette mais cela faisait un moment que je me demandais si celle-ci lui était véritablement utile. Hermione usait de sortilège divers et sa magie brute en même temps, mais je soupçonnais la volonté d'Harry d'invoquer de lui-même notre magie sous forme de créature. Était-ce seulement possible ? Je n'en avais aucun doute, rien n'était impossible.

Alors que je lançais plusieurs sortilèges de défenses et d'attaques envers ceux s'étant déjà relevés, ma main se leva naturellement vers le haut, je sentais un flux de magie, quelque chose de sombre et de puissant. Il glissait doucement entre mes doigts et m'appelait, j'ai lié ma magie avec lui pour le faire venir à moi mais je n'y arrivais pas. Ce n'est qu'en sentant une force le retenir que je compris, je sentais l'une des âmes du Seigneur des Ténèbres. Harry avait déployé notre magie avec magnificence et à présent toute la magie était décuplée autour de nous. Car nous étions tous des êtres magiques, allant du sorcier à la créature et en passant par les arbres poussant grâce à la magie. J'avais glissé une nouvelle fois ma main autour de ce flux de magie, mais au lieu d'essayer de le faire venir à moi ma magie s'enroula autour de ma main et m'aida à le briser en deux. L'incroyable facilité de mon acte aurait pu être effrayant mais ce qui fut le pire était bien le sentiment de puissance qui me parcourut.

J'avais cherché la puissance toute ma vie, pour impressionner Lily, pour montrer à mon père que je pouvais me défendre contre lui, pour montrer au Maraudeur que j'étais meilleur qu'eux, au Seigneur des Ténèbres que j'étais digne d'entrer dans son groupe et de recevoir autant de gloire qu'un Sang-Pur, ma maitrise en potion, tout. Tout n'avait été fait que pour le sentiment de puissance que cela m'apportait, tout sauf l'amour que j'avais trouvé en chemin, je n'en avais pas voulu mais ils m'étaient tombés dessus comme une évidence. Et à présent que j'avais cette puissance à portée de mains, je n'en voulais plus.

Toute cette réalisation me prit à peine une seconde, le cri de douleur que j'entendais et savais venir du Seigneur des Ténèbres termina cette seconde de distraction, et ce fut tout ce qu'il fallait pour qu'un rayon de lumière verte arrive vers moi. Mais avant que j'aie pu faire quoi que ce soit, quelqu'un s'écroula à mes pieds, ayant pris ce rayon à ma place. Mes yeux se baissèrent une demi-seconde avant de retourner en plein combat, à mes pieds, Albus Dumbledore était mort en me sauvant la vie. Il voulait mourir sur le champ de bataille en voulant se rendre utile une dernière fois. Et il m'avait sauvé… Mais je n'avais pas le temps d'y réfléchir.

POV Hermione

Le monde n'était qu'un cauchemar tout autour de nous, et pourtant je trouvais une certaine paix à être là. Nous étions là où nous devions être, sur le champ de bataille à combattre. Certains de nos compagnons tombaient morts ou blessés à nos côtés et nous ne pouvions pas faire grand-chose pour eux outre les protéger le temps que quelqu'un les transplane loin des combats. Harry avançait et sans vraiment nous concerter, nous avancions avec lui. Je pouvais sentir la magie autour de nous, je savais qu'en y prêtant attention, j'aurais pu retracer chaque sortilège pour remonter à leur propriétaire. C'était assez incroyable et terriblement enivrant.

Les créatures magiques invoquées autour de nous effrayées la plupart des sorciers les plus proches, certains avaient même essayé de les tuer mais après qu'elles aient ripostés sans qu'ils ne puissent rien y faire, la plupart avaient battu en retraite. Seuls les sorciers les plus loin osaient nous attaquer. Cela n'empêcha pas qu'un nombre incroyable de sortilèges nous était lancé. Nos pas ne s'arrêtaient pas pour autant, nous nous dirigions petit à petit vers Voldemort. Il était debout dans toute sa gloire mais ne combattait pas. Son visage se transforma immédiatement en rage pure quand il vit Severus à nos côtés. Alors que certains de ses meilleurs combattants étaient près de lui, un dôme rouge se créa tout autour de nous, enlevant tous les bruits et arrêtant tout les sorts qui étaient lancés de l'extérieur. Même son si spécial serpent, Nagini, était à l'extérieur et essayait d'attaquer le dôme pour entrer.

- Tu as rejoint l'ennemi, Severus… Comme je suis déçu de toi ! Qu'ont-ils proposé ? La sécurité, l'argent, la paix ? Comme c'est dommage, quand je gagnerai, tu n'auras le droit qu'à une longue vie de torture…

Le sourire de Severus ne m'étonna même pas, s'il se sentait aussi bien que moi, alors nous n'avions aucune raison d'avoir peur.

- Sais-tu, Tom, que j'ai un morceau de ton âme en moi ?

Le visage déjà pâle de Voldemort le fut encore plus, je n'arrivais pas à voir où allait Harry mais je savais qu'il avait à présent un plan, un véritable plan qui ne mettrait pas sa vie en danger.

- Le jour où tu as tué mes parents… Le jour où ton sortilège s'est retourné contre toi… Ton âme déjà bien trop instable s'est brisée en deux et s'est accrochée au seul être vivant de la pièce.

- Tu mens !

- Je ne suis pas toi, Tom. Je n'ai pas pour habitude de mentir… Est-ce que tu les sens, tes horcruxes ? demanda calmement Harry. Non, tu n'as plus assez d'âme en toi pour les sentir, même moi, je les sens plus que toi…

- Avada Kedavra !

Rien ne se passa, à la plus grande consternation de nous tous, sauf d'Harry qui commença à rire. Le visage décomposé du plus grand Mage Noir de tous les temps face à Harry était un spectacle que je n'aurais pas voulu rater, mais je le comprenais, je serais aussi totalement terrifié à sa place.

- Vois-tu, Tom… le jour où tu as essayé de me tuer, tu as fait de moi ton égal. Un puissant sorcier. Mais j'ai un pouvoir que tu n'as pas.

- Ne me parle pas d'amour, Potter !

- Ce n'est que l'un de nos nombreux pouvoirs, Tom. Il est certes à la base de tout mais nous savons tous que même pour plus de puissance tu ne pourras jamais ressentir cela, n'est-ce pas, Tom ? J'ai en moi une plus grande part de ton âme que toi-même, je les sens, Tom. Tes horcruxes. Il n'en reste plus beaucoup. En vérité, il n'en reste que deux, Nagini et moi-même… Hermione…

Harry me montra Nagini toujours à l'extérieur du dôme essayant de planter ses dents dedans. Avec un sourire amusé, je me concentrai sur un Panache bien plus grand qu'à son habitude. Je le fis sortir du dôme pour aller attaquer le serpent géant, il ne fallut pas longtemps à Panache pour réduire le Serpent en charpie avant de s'attaquer à Bellatrix Lestrange qui hurlait de rage. Voldemort se crispa de douleur, retenant visiblement un cri.

- Ah, tu ressens quelque chose finalement…

- Tu ne peux pas te tuer, Potter ! Il le faudrait pour me tuer, et ce n'est pas ce que tu veux !

- J'étais prêt à le faire, Tom. Mais… Mes compagnons n'ont pas voulu d'une solution aussi radicale pour moi. J'en suis heureux, cela aurait été beaucoup moins amusant pour moi… Mais je ne suis pas sûr que tu puisses comprendre, Tom. Après tout… tu n'es qu'un moldu sous ce dôme, ou plutôt un Cracmol !

- Avada Kedavra ! Endoloris ! Incarcerem !

Rien ne fonctionnait et plus il essayait, plus son visage se vidait de ses couleurs. Il essaya même de transplaner, sans succès. Harry posa sa main contre son front et en sortit doucement, presque délicatement, le morceau d'âme de Voldemort.

- Nous pouvons tout faire, mais il faut pouvoir en assumer les conséquences… fit Harry d'une voix calme. Si je jette ce morceau d'âme, la puissance magique que tu m'as involontairement donnée se détruira…

- Alors tu ne peux pas ! Tu aimes tellement être un sorcier… Allions-nous… Avec ta puissance, nous pourrions avoir le monde sorcier à nos pieds !

- J'étais déjà un sorcier avant d'être ton égal, Tom… Et même si cela devait me rendre cracmol, alors… qu'il en soit ainsi.

Harry jeta le morceau d'âme contre le dôme et celui-ci s'autodétruisit immédiatement sans même faire une vague sur le dôme fait avec nos magies brutes entremêlées. J'avais pu clairement sentir l'âme de Voldemort se détruire à son contact, tout comme je sentais chaque sortilège le touchant, j'aurais même pu dire avec exactitude où ils tombaient et de qui ils venaient.

- Nous pourrions te vider complètement de ta magie et te laisser vivre une vie moldue… Mais tous ces idiots pourraient croire que tu vas retrouver tes pouvoirs… Alors…

- Avada Kedavra ! crions-nous tous les trois en même temps.

Le sorcier le plus redouté de ce siècle était finalement mort, provoquant plusieurs transplanages des Mangemorts nous entourant.

- Est-ce que tu crois que… dis-je sans terminer ma phrase.

Je regardais autour de moi, certains avaient transplané mais la guerre ne s'était pas arrêtée pour autant, les combats continuaient. En me concentrant sur un Mangemort, je réussis à invoquer un dôme l'entourant, je le vis essayer de lancer des sortilèges, mais il ne pouvait rien faire car ce n'était pas ce que je voulais. Soudainement, je me sentais tout aussi puissante qu'Harry et Severus, je n'étais pas qu'une Erote, j'étais une égale.

- Tellement brillante…

- Pourquoi n'y avons-nous pas pensé plus tôt ?

- C'est vous les intellos ici ! grommela Harry.

Plusieurs dômes apparurent partout sur le champ de bataille, nous pouvions nous reconnaître à la couleur de nos dômes et cela aurait pu être amusant à voir si nous n'étions pas en guerre. De ce fait, les choses cessèrent rapidement, Harry ôta le dôme qui nous protégeait.

- Par Merlin ! Potter ! Comment fais-tu ça ?

Fol'œil s'était approché à grands pas, admirant les dômes entourant les Mangemorts, il en avait même touché un, j'avais pu le sentir sans même l'avoir vu faire.

- C'est Hermione qui a eu l'idée ! Une question de volonté !

- Et de beaucoup de magie ! grogna l'ancien Auror.

Plusieurs Aurors qui avaient combattu au vu de leur robe travaillèrent avec nous pour que les Mangemorts dans les dômes ne puissent s'enfuir. J'avais découvert qu'il était incroyablement facile de stupéfixer et ligoter les Mangemorts alors qu'ils étaient dans le dôme, comme s'ils étaient un concentré de magie où tout était possible… Alors que le dernier dôme qui appartenait à Severus fut enlevé, laissant le Mangemort aux mains des Aurors, je pus me retourner, le sourire aux lèvres. Nous étions libres, Voldemort était mort, ne restait plus qu'à libérer le Ministère mais cela semblait à présent n'être qu'une formalité. Harry se pencha vers Panache qui avait toujours la taille assez incroyable que je lui avais donné, arrivant un peu au-dessus du genou d'Harry.

- Bah alors mon Panache d'amour ! Tu as été un bon écureuil ! fit Harry sans se soucier de nous. Tu as tué le méchant serpent !

Il caressa la tête de Panache et lui gratta même l'oreille, j'avais l'impression de voir Harry avec Pattenrond, sauf que l'animal en question faisait bien quatre fois mon chat !

- Mais oui, tu l'as tué ! Mais oui !

- Je crois qu'il a définitivement perdu la tête, murmura Severus d'une voix moqueuse.

- Il n'a jamais vraiment été sain d'esprit, faut bien l'avouer…

Harry releva la tête d'un air faussement outré, et il se retourna pour se diriger vers Poudlard. Nous étions à présent quasiment les seuls sur le champ de bataille, les blessés et les morts ayant été évacués et les Aurors s'occupant des Mangemorts. Il n'y avait plus que le corps de Voldemort, personne n'avait voulu le toucher. Un puissant sortilège de feu suffit à consumer son corps en quelques secondes et quand je me retournai pour suivre de nouveau Harry, il était à nouveau devant moi, Severus à ses côtés, ils me regardaient avec fierté et amour.

- Je n'arrive pas à croire que tout est terminé…

- Il reste encore beaucoup à faire, tout à reconstruire… répondit pensivement Harry. King et Fol'œil doivent être en train de faire le ménage au Ministère avec l'Ordre, peut-être qu'on devrait y aller ? J'ai une main à rendre…

Severus se mit à rire le premier, rapidement suivi d'Harry et moi. L'expédition au Ministère paraissait tellement loin à présent, Ombrage avait vu son âme être aspirée par les Détraqueurs et l'homme qui avait agrippé Harry à notre sortie était mort, sûrement de la main même de Voldemort. Mais tout ça était terminé à présent et la réalisation de ce que tout cela impliquait n'était pas facile à admettre. Aller au Ministère était également une façon de ne pas encore penser à tous les morts de la guerre et parce que même si nous l'avions espéré, il était tout de même incroyable que nous soyons encore tous les trois en vie et en bonne santé. Les quelques blessures que nous avions étaient déjà soignées et il ne restait que nos vêtements pour prouver ce que nous venions de traverser.

Cela faisait plusieurs mois que nous étions ensemble, plusieurs mois que nous imaginions notre avenir, mais il était à présent plus palpable que jamais. Pour la première fois, je me rendais enfin compte de ce que cela voulait dire de faire partie des Erotes de Jade, l'avenir était devant nous et rien ne pourrait nous arrêter. Je pris la main de Severus dans la mienne, puis celle d'Harry dans l'autre et dans un mélange de nos trois pouvoirs, nous avions transplanés au Ministère pour constater que le monde sorcier était dorénavant libre et prêt à changer.