Bonjour à toutes et à tous !

Bienvenu pour l'ouverture de cette dix-neuvième case de ce calendrier de l'avent !

Je vais relancer mon annonce d'hier : à partir du 25 décembre, je vais corriger cette histoire (erreur de grammaire, ponctuations, virgules beaucoup trop présentes), aux vues des nombreux retours de certains lecteurs ! donc pas de panique si, un beau matin, vous voyez que j'ai de nouveau poster sur cette fiction, ce ne sera pas une suite !

Au programme de ce soir : enfin la mission commando, une histoire de chiffre, la fierté d'une ex, et un sociopathe inquiet ! alors, je vous ai donner envie ?

Réponses aux reviews : (merci à vous d'avoir mis des pseudos, vous êtes adorables, et j'aime mieux pouvoir vous donner un nom ou un prénom, c'est plus agréable pour moi !)

Laurie : hey Laurie ! joli point de vue ! après je ne peux pas affirmer ou réfuter ton avis parce que ce serait te supprimer la surprise ! tout ce que je peux te dire c'est d'attendre dimanche ou lundi pour savoir avec certitudes !
je te souhaite un très bon chapitre,
bisou
Mya

Ninidezil : Ola Nini ! (oui, je me suis dit que changer un peu de pays ça fait du bien par temps de pluie !)
ah ! je suis très heureuse de voir que ma Bella te plait bien ! et même mieux ! que tu en est très fière !
pour la mission commando, réponse juste en dessous lol, j'espère qu'elle te plaira !
je pense que j'aurais fait la même chose que toi et j'aurais aussi surement pris la carte bleu du grand Aro Hall ! même si il est un personnage fictif mdr
tes suggestions sont vraiment très bonnes, vraiment très, très bonnes ! mais je ne peux pas dire oui ou non la dessus, parce que ce serait t'enlever la possibilité d'être peut être surprise lol
je te souhaite quand même un super chapitre,
Bisou
Mya

Delphine : hey Delphine ! Pas mal de théories ! j'aime bien ! tu auras des réponses très, très vite !
bisou à toi et bonne lecture,
Mya

Lilijune : coucou Lili ! merci pour ce compliment ! comment tu dois l'avoir compris à force, j'adore lire ca lol
je suis désolé, mais décembre ne dure que 31 jours, et le calendrier de l'avent que 24… mais j'ai une autre fic sur le même Parring, et vraiment si le style de « un blond sous le sapin » te plait, j'ai écrit un livre sur le même genre ! oui, oui, je fais ma propre pub mdr
mais je suis vraiment très heureuse que cette histoire continue de te plaire,
je te souhaite un très bon chapitre,
bisou
Mya


*** bonne lecture ! ***


Chapitre 19

Jeudi 23 décembre

POV Rosalie

A peine Bella a-t-elle quitté les escaliers, que le calme revient dans la cuisine, pour le plus grand bonheur de mes oreilles. Qui donc a donné à ce lutin d'un mètre cinquante, une voix aussi haut perchée ? Je me le demande !

— Elle ne se doute pas, n'est-ce pas ? me demande Alice.

— Elle est aussi innocente que l'agneau qui vient de naître, à cause d'Edward ; grimacé-je ; alors bien sûr qu'elle ne se doute pas qu'elle nous a tous réveillé, à notre étage !

— Il a voulu aller leur dire de faire moins de bruit ; s'excuse-t-elle. Mais je lui ai dit que ce serait sûrement une très mauvaise idée, et qu'il ferait mieux de se préparer pour sa journée en famille.

— Il aurait dû, tiens ; ricané-je, méchante. Il aurait été reçu avec les honneurs, si j'en crois les décibels émis.

— Jasper est doué, ce n'est pas sa faute ; lève t-elle les yeux au ciel. J'en ai profité pendant près de dix ans, de ses dons, alors, crois moi, je ne peux vraiment pas en vouloir à Bella de nous avoir tous réveillé, sur le palier.

C'est sûrement la discussion la plus étrange, et, surtout, la plus dérangeante que je n'ai jamais eu avec quiconque, si ce n'est avec Bella, à nos débuts, à Emmett et moi ; quoique, à l'époque, je tentais, tout de même, de modérer mes propos…

— Serait-il possible de ne pas parler des prouesses sexuelles de mon fils, alors que je n'ai toujours pas bu mon café ? grimace maman.

— Techniquement, c'est plus buccal que sexuel, mais je peux comprendre l'erreur ; sourit en coin Alice.

— Eh arrêtez enfin ! s'écrie-t-elle. Je ne veux pas entendre cela ! C'est de mon bébé, dont vous parlez ! Mon bébé si pur, si innocent, et si …

— Vierge ? l'interrompt-je. Crois moi maman, il n'y a aucune chance là-dessus !

— Plus un mot ! s'écrit-elle.

Il ne me faut qu'une seconde, après avoir croisé le regard pétillant d'un rire contenu d'Alice ; pour laisser le mien éclater, retenant des larmes. C'est le premier fou rire que j'ai, avec elle, depuis près d'un an, et ce constat me réchauffe de l'intérieur.

— Mais enfin Chelsea ; supplie papa ; c'est important pour moi, de savoir que notre fils perpétue la tradition familiale !

— Parce que le cuni est un truc que vous vous passez de père en fils ? m'étouffé-je. Première nouvelle !

— Tu apprendras, ma fille, que ton frère a eu droit à un cour d'éducation sexuelle de ma part, lorsqu'il avait douze ans, et que, lui, n'a pas eu besoin d'une psychothérapie durant un an, après ! retorque t-il, fier de lui.

Décidément, cette matinée devient de plus en plus étrange, au fil des minutes ! Entre les révélations de Jasper, cette nuit, me faire réveiller par les cris de Bella, ce matin, la découverte de la remise à l'écriture de mon frère depuis trois jours, et cette conversation…

— Trois jours ; soufflé-je, frappée. Elle a bien dit trois jours, non ?

Le visage d'Alice se relève d'un coup, ses yeux brillant de la même excitation que la mienne.

— Elle a dit trois, en effet ; affirme-t-elle. Tu crois que…

— J'en suis persuadée ! m'exclamé-je.

— Si, comme je le connais, il n'a pas dormi depuis près de trois jours ; commence-t-elle à réfléchir ; maintenant, il devrait tomber comme une masse avant la fin de l'heure.

— Tu oublies le fait qu'elle soit montée le rejoindre ; réfuté-je. Dans une demi-heure, grand maximum, il dort. Cela te tenterait il, une mission commando ?

L'éclat de joie apparaissant dans son regard vert me répond pour elle, de même que son grand sourire faisant le tour de son visage, presque. Visiblement, aujourd'hui sera à marquer d'une pierre blanche ! La première activité que nous allons faire, elle et moi depuis un an ! Et putain, ce que cela m'a manqué…

Je ne le lui ai pas dit, hier soir, parce que je pense qu'il l'a compris de lui-même ; mais lorsque Jasper m'a expliqué les raisons de sa séparation avec Alice, les raisons pour lesquelles leur divorce a été aussi houleux, j'ai eu l'impression d'avoir enfin toutes les réponses pour pouvoir retrouver mon amie, mon amie qui m'a sincèrement manquée, soit dit en passant.

L'arrivée ô combien bruyante de mon mari, réclamant, à corps et à cris, des cookies ; ne fait que marquer le début d'une longue, très longue attente, qui ne se termine que lorsque l'horloge affiche neuf heures du matin, nous voyant sauter de nos tabourets avec une vivacité qui, pour sa part, me semble presque incongrue !

— Si tu veux que nous soyons discrètes ; m'arrête t-elle, en haut des escaliers ; nous devrions peut-être enlever ces chaussures, non ?

Un bon point pour elle ! Tellement prise dans ma frénésie d'avoir, enfin, ce graal entre les mains, ce manuscrit que nous attendons tous depuis un an ; je ne m'étais pas rendu compte du bruit que produisaient ces escarpins à 600$, que je m'empresse d'enlever.

— Attends, non ; la retiens-je, alors qu'elle va pour ouvrir leur porte. J'ai une meilleure idée.

Haussant un sourcil, elle accepte, tout de même, de me suivre ; restant dans mon sillage, lorsque je rentre dans ma chambre, pour prendre la clef argentée, dans le bocal sur la commode, et la fait passer par la terrasse mitoyenne à la leur, mettant un doigt manucuré sur mes lèvres.

— Il n'y a pas un bruit ; chuchoté-je. Ils ont dû s'endormir.

— On entre ! murmure t-elle, surexcitée.

Si seulement saint Cullen pouvait la voir, en cet instant, il ne fait aucun doute qu'il n'aimerait pas voir à quel point elle est enthousiaste de lire la nouvelle lettre d'amour de son ex ! Et bon dieu que l'idée qu'il le sache me ravit !

Précautionneusement, je rentre la clef dans la serrure, la tournant en faisant le moins de bruit possible, avant d'entrer, la laisser en faire de même, et refermer derrière moi. Il serait stupide qu'ils se réveillent par ce qu'un courant d'aire les dérange !

— Tu crois qu'on peut ? chuchote t-elle, le regard rivé sur l'ordinateur.

— Tu crois qu'il a écrit combien de chapitre ? rétorqué-je. Cinq ? Dix ?

— Je parierais sur treize ; fait-elle, après réflexion.

— Et vous auriez toutes les deux tort !

Sursautant violemment sous la brusque montée de peur que nous a provoqué l'entente de la voix de Jasper, assourdie pour ne pas réveiller Bella ; je peux, à mon tour, constater l'effet de trois nuits sans dormir, ou si peu seulement, sur son organisme !

Ses cernes mangent ses yeux, une légère barbe de trois jours, à peine visible, commence à prendre forme sur son visage, ses cheveux pendent autour de celui-ci ; mais il a cette flamme vivante, brillant au fond de ses prunelles, qui est tout bonnement hypnotisante.

— Combien ? souffle Alice.

L'étincelle grandit un peu plus encore, tandis que son sourire vient manger une bonne partie de son visage ; mais peu m'importe. En cet instant, il est heureux, et j'ai la réponse à la question d'Alice.

— Il l'a écrit en entier ; souris-je.

— Mais c'est impossible ! s'écrie Alice, mettant immédiatement ses mains sur sa bouche, avant de continuer, soufflant la suite. Tu te serais écroulé de fatigue avant !

— J'avais une bonne raison de le terminer.

Le léger coup d'œil qu'il lance, en direction du lit où Bella dort toujours, n'est manqué, ni par moi, ni par Alice ; et la tendresse et l'amour qu'exprime son visage me retourne l'estomac. Moi qui croyais qu'il l'aimait simplement ; je me retrouve face à un homme qui a pleinement accepté d'être tomber amoureux, et je manque de laisser couler une larme, en le voyant.

— Ton maquillage rose ; ricane t-il.

— Tu as grandi ; sourit Alice, fière.

— Tu m'as aidé à comprendre ; hausse t-il les épaules, gêné.

Je ne comprendrai sûrement jamais le lien qui les unit, Jasper et elle, mais je sais reconnaitre une amitié forgée par les drames et les joies ; et ce qui les unis, va bien au-delà de cela. Elle est puissante mais moins que celle qui le lie à Bella

— Que vouliez-vous ? demande t-il, écrasant un bâillement.

— Lire ton manuscrit ; souris-je. Maintenant que je sais qu'il est terminé, tu as intérêt à me le faire lire !

— J'ai promis à Bella qu'elle serait la première à le faire ; secoue t-il la tête.

— Et manquer de faire un faux pas, en déclarant ton amour à une autre ? s'outre Alice. J'espère que tu t'es bien arrimée, parce que si c'est le cas, tu ne comprendras la fureur d'une femme en colère, que lorsque tu seras au sol, entrain de gémir de douleur. Je ne suis pas stupide jasper, j'ai bien compris que tous ces livres, c'est à elle que tu les écrivais, et non à moi.

Je ne l'aurais, certes, pas dit ainsi, mais le résultat est là. Avec beaucoup de réticences, il me fait signe d'aller chercher son ordinateur, le visage fermé. Visiblement, ce nouveau roman est celui de sa vie, si j'en juge la tension qui émane de lui.

Avec plus de respect que je ne l'aurais fait avec mes Jimmy chou, je récupère son ordinateur, mon regard accrochant une carte de visite, tombée sous la table, qui me fait vivement redresser la tête, plantant un regard incrédule dans le sien.

— Tu verras bien ; sourit-il, énigmatique. Et maintenant, allez-vous-en, j'ai besoin d'une semaine de repos, et peut être d'un massage du dos.

— Demande donc au petit bout de femme, dans ton lit, qui rêve de me faire la peau ; sourit-elle. Pas sure qu'elle pousse des gémissements aussi bruyants que ce matin, mais, au moins, tu peux être sûre de la rendre heureuse !

Pour la première fois de ma vie, je vois, sur les joues de mon frère, des plaques d'un rouge très soutenu, apparaître, alors que nous le laissons aller se recoucher ; maugréant envers les femmes au mauvais caractère, et à la langue bien pendue.

Le trajet jusqu'au bureau de mon père, à côté du salon, se fait dans un calme olympien, ce qui relève, en soi, du miracle, tant l'excitation et l'anticipation est à son maximum.

La laissant entrer le mot de passe de l'ordinateur, qu'elle connait par cœur ; je vais brancher l'imprimante, et sortir la relieuse, avant de me mettre en quette de deux tablettes, pour y mettre les fichiers.

— Deux ? me demande t-elle, lorsque je les pose devant elle. Pourquoi ?

— Tu crois vraiment que mes parents et Emmett ne vont pas vouloir le lire ? haussé-je un sourcil. C'est bien mal les connaitre !

— Surtout si cela parle de leur histoire, à tous les deux ! renchérit-elle.

Le fichier s'ouvre enfin, révélant la page de garde, et, aussi bien elle que moi, nous figeons face au titre ; avant de nous tourner, brusquement, l'une vers l'autre, simultanément.

— Tu penses que… ; débute-t-elle.

— J'en suis persuadée ! affirmé-je.

— Oh putain ; souffle-t-elle.

Au moins, je n'en suis pas la seule à mesurer l'ampleur de ce que nous tiendrons entre les mains, dans une demi-heure, lorsque l'imprimante aura, enfin, terminée de cracher les trois cents pages de manuscrit !

— Toi ; donné-je les ordres ; tu vas t'allonger dans le canapé. Moi je vais aller préparer le café !

Ne lui laissant pas le temps de me répondre, ou même de faire quoi que ce soit, à vrai dire ; je m'élance dans le salon, trouvant mon mari, toujours attablé devant son assiette de cookies, un verre de lait à la main, les yeux rivés à l'écran de la télé. Quand je dis qu'il est un enfant dans le corps d'un adulte…

— Emmett ! m'écrié-je, le faisant sursauter. Va chercher trois plaids, des oreillers, et laisse cette assiette tranquille !

— Pourquoi ? ronchonne-t-il, essuyant le lait sur son maillot. Putain rose ! Un tee-shirt tout neuf !

— Je t'en payerai un autre, mon chéri, mais là, nous n'avons pas le temps ! Va me chercher ce que je t'ai demandé, et laisses moi ces putain de cookies !

Finalement, je n'aurais sûrement pas besoin d'avoir un enfant, pour materner, vu la patience et l'endurance qu'il faut, pour canaliser mon mari. Mais je l'aime, donc…

Bougonnant envers les femmes de mauvais caractère, ce qui est la deuxième fois, aujourd'hui ; et qui n'ont aucun respect pour les vêtements des autres ; il accède, tout de même à ma requête, tandis que mes parents viennent à ma rencontre.

— Rose ; demande mon père, inquiet. Que se passe-t-il ? Tu as l'air survoltée.

— Maman, il faut que nous préparions du café, beaucoup de café ; continué-je à donner les ordres. Et des gâteaux, aussi !

— Mais pourquoi enfin ? s'énerve papa. Vas-tu enfin nous dire pourquoi j'ai l'impression que la troisième guerre mondiale va se dérouler dans mon salon ?

— Parce que ta journée entre homme est annulée, papa, de même que notre sortie shopping.

— C'est à cause du shopping ? demande-t-il, les yeux exorbités.

— Non, c'est à cause du roman de Jasper !

Je les laisse digérer l'information, tandis que je retourne dans le bureau, appréciant, pour la première fois de ma vie, la vitesse d'impression de cette imprimante. Au bas mot, elle a déjà craché la moitié du manuscrit, et si elle se dépêche encore un peu, nous aurons de quoi lire dans moins d'une demi-heure.

— J'ai lancé deux impressions ; m'apprend la voix d'Alice, depuis le canapé. Comme cela, tes parents pourront commencer ensemble, et continuer à leur rythme.

— Alice, tu es un génie ! m'écrié-je.

— Je sais.

Rares ont été les fois ou je me suis sentie si exaltée, dans ma vie ; à vrai dire, hormis pour mon mariage, pour mon entrée à Stanford, ou pour la création de l'ARC de cupidon ; je pense ne jamais avoir, tant, déborder d'énergie.

Les dernières vingt minutes me paraissent interminables, et Emmett ne semble pas avoir envie de me pardonner de sitôt la tâche qu'il s'est faite, sur son tee-shirt ; mais il a pris soin de recouvrir Alice des pieds à la tête, lui déposant un coussin sur son ventre pour qu'elle puisse y poser sa tablette.

Enfin, le dernier point s'inscrit, sur la dernière page, alors que l'imprimante commence le jet du second exemplaire ; et, une fois relié, j'emporte manuscrit, tablette, et ordinateur dans le salon, ayant l'impression de tenir le messie entre mes mains, tant le regard de ma famille est vibrant d'anticipation.

Donnant celui relié à ma mère, alors que papa nous verse le café, ayant déjà ouvert une bouteille d'eau pour Alice ; une tablette à celle-ci, de même que pour mon mari ; je viens me coller contre lui, détachant le clavier de l'écran, pour commencer ma lecture.

Au bout de deux heures intensives de celle-ci, lorsque nous passons, tous les cinq, à table ; un silence méditatif nous entoure.

Certes, pour la plupart d'entre nous, nous n'avons pas été, jusqu'à présent, plus loin que le quart de cette tranche de vie ; mais, voir noir sur blanc le récit de cette histoire, de leur histoire, nous donne, à tous, de quoi réfléchir.

— Si vous voulez parler ; se lance, enfin Emmett, coupant ce silence presque angoissant ; arrêtez vous à ce pari stupide qu'ils ont fait, dans la chambre de Bella. Et ne me parlez surtout pas de mère Noël avant deux semaines.

— C'est dommage ; susurré-je, taquine ; je m'étais achetée un petit ensemble qui, j'en suis sûre, t'aurait fait grande impression !

— Tu es gentille ; grimace-t-il ; tu ne le sors qu'à la saint Valentin.

Ce que les hommes peuvent être prudes, quand il s'agit de la sexualité de leur petite sœur ! Ou bien est-ce uniquement le mien, qui voit toujours la sienne comme une nonne, alors qu'elle a trente ans ? Je ne saurais le dire.

— Il lui a vraiment fait ce coup-là ? demande d'une toute petite voix, Alice. Il a vraiment mis la chanson qu'elle avait choisi comme ouverture de bal, pour leur couronnement ?

— Poupée ; soupire Emmett, se prenant la tête entre les mains, et reprenant ce surnom de notre adolescence ; ton mec est une ordure, il va falloir t'y faire.

— Mais il ne l'est pas, avec moi ; dément elle.

— Il ne l'était pas avec Bella, au début, non plus ; rétorqué-je. Pourtant, il n'a pas hésité à la tromper, à la laisser endosser la responsabilité de leur séparation devant toute la ville, et se faire traîner plus bas que terre par tout le monde.

Une larme s'échappe de son œil, et mon cœur se brise. Combien de femme, saint Cullen va-t-il détruire, pour son propre plaisir ?

— Tout ira bien, et il t'aime, non ? demandé-je, en lui prenant la main.

— Oui ; souffle-t-elle.

Pourtant, au fond de moi, je peux sentir qu'elle n'est, elle-même, pas sûre de ce qu'elle avance. Serait-il plus « amoureux » du bébé qu'elle porte, ou bien d'elle ?

Cette question me poursuit jusqu'à ce que nous reprenions tous notre place au salon ; et notre lecture se poursuit durant encore quelques heures, à vrai dire, jusqu'à ce que nous entendions le son du moteur de la Mercedes de Carlisle, remonter l'allée gravillonnée de la maison.

Immédiatement, comme si nous avions, tous, toujours fait cela ; les parents récupèrent les tablettes et les manuscrits, s'enfermant dans le bureau, alors qu'Emmett et moi, jusqu'alors, tendrement enlacés, nous redressons.

— Alice ?

Suivant le regard de mon mari, je vois mon ancienne amie ? Mon amie ? Mon ex-belle-sœur ? Peu importe ; je la vois, assise sur le canapé, le visage baigné de larmes, se retenant de pousser des gémissements. Immédiatement, chacun de nous deux est à ses côtés, l'une de ses mains dans la nôtre.

— Le père de mon bébé est un sociopathe ! éclate t-elle en sanglots.

Bon, d'accord, si j'avais dû prononcer cette phrase, j'aurais sûrement remplacé « sociopathe » par « gros connard imbu de lui-même » ; mais, au moins, maintenant, elle sait dans quoi elle s'est engagée, si je puis m'exprimer ainsi…

Poussant un soupir, Emmett la prend dans ses bras, posant ses lèvres sur son front, pour l'embrasser comme il l'a fait avec Bella, il y a trois semaines, lorsqu'elle a débarqué, en pleurs, chez nous, après la petite fête surprise que je lui avais organisée.

Pourtant, elle avait été forte, et fière ; elle avait tenu cinq jours, avant de frapper à la porte de notre maison, sous la pluie battante, ses cheveux pendant autour de son visage, les yeux brûlants de larme, et son sac de voyage sous le bras.

Il a eu beau, méthodiquement, chercher à la rendre plus terne, à lui enlever tout ce en quoi elle croyait, tout ce qui la rendait si belle et éclatante, en l'emprisonnant dans cette cage dorée qu'a été leur relation ; elle a fini par se relever.

Ce roman, ces trois cents pages complètes, du titre jusqu'au point final, n'est juste que la plus belle lettre d'amour que Jasper n'ait jamais écrite, que ce soit à elle, Alice, notre mère ou moi. Soigneusement, méthodiquement, il a choisi ses mots pour lui rendre son éclat, pour lui rendre toute la fierté que notre cousin lui avait prise.

Trois cents page de drames, de larmes, de haine, de peine, d'amour, de passion et d'une tendresse infinie. Sans conteste, ce manuscrit est le diamant brut de Jasper, la bouteille à la mer qu'il lui envoie, pour qu'elle retrouve le chemin de la maison, le chemin de ses bras ; et, personne, dans ce salon, ne pourrait dire l'inverse.

— Tout ira bien, poupée ; continue de lui chuchoter Emmett. Je te promets que tout ira bien.

— Je suis un monstre ; sanglote-t-elle.

— Non chérie ; vient la réconforter ma mère. Tu es juste amoureuse, et tu sais que tu as blesser ton amie, c'est tout.

— Pas seulement Bella ; pleure-t-elle. J'ai aussi blessé jasper.

— C'est un fait ; hoche t-elle la tête.

Notre conversation se termine là, puisque, ouvrant brusquement la porte, Edward localise immédiatement Alice, comme s'il avait lu dans ses pensées, la place ou elle se tenait ; et il fonce sur elle, la délogeant des bras d'Emmett, pour prendre sa place.

— Que se passe-t-il, Alice ? demande t-il vivement. C'est le bébé ?

— Non, pas le bébé ; renifle t-elle, tentant de se dégager de son étreinte.

— Alors quoi ?

— Nous avons regardé Titanic cet après-midi ; viens-je à son secours, interceptant le regard de détresse de mon amie. Tu connais les femmes et les hormones, Eddy.

— J'en déduis donc que ton mari est une femme ? ricane t-il.

Tournant quelques secondes le regard vers Emmett, je peux, en effet, voir les traces laissées par les sillons de larmes, sur ses joues ; et ma main vient rejoindre la sienne, en lui envoyant un sourire réconfortant. Pour moi aussi, l'après-midi fut riche en émotion.

— Au moins, l'un de nous deux à un cœur ; grince t-il. Tu ne peux pas en dire autant Eddy.

Ledit Eddy ne semble pas goûter la plaisanterie, mais, au moins, en le détournant de la conversation, Alice a pu s'extraire de ses bras, et est partie trouver du réconfort dans ceux de ma mère, pleurant abondamment contre son épaule, alors qu'elle la conduit jusque dans le bureau.

Peut-être n'a-t-il jamais aimé Alice comme il le faudrait, peut-être n'a-t-il jamais aimé Bella comme il aurait dû ; mais la préoccupation dans son regard qui la suit, elle, est sincère ; et je me dis que, peut-être, tout n'est pas perdu pour Edward.

Le son des ustensiles de cuisine qu'utilise mon père pour préparer le souper nous parvient, et, d'un simple coup d'œil, Emmett et moi nous levons, allant d'un même pas dans les escaliers, pour atteindre le premier étage, et la porte de nos frère et sœur.

— Je suppose que je ne dois rien dire à Bella ? soupire t-il.

— Non ; secoué-je la tête. J'ai dans l'idée qu'il compte lui offrir le manuscrit pour Noël, comme il l'a décrit dans son livre.

— Je n'arrive pas à imaginer ce par quoi ils ont dû passer, pour en être là aujourd'hui ; souffle t-il. J'ai l'impression d'avoir tout découvert cette après-midi, alors que nous les avons vu, séparément et ensemble, durant un an !

— Parfois, c'est plus compliqué de voir ce que l'on a sous les yeux depuis le début, que d'accepter la vérité, dans sa forme la plus pure et parfaite.

— Tu es déjà en train de psychanalyser les Jasper et Bella du livre, je me trompe ? Rit-il amer.

— Tu me connais trop bien, chéri.

Son sourire atteint presque ses yeux, et, en soit, c'est, pour moi, déjà une victoire. Alors quand il parvient enfin à faire émerger Jasper de leur chambre, et qu'il lui tend la main, je retiens mon souffle.

Mais, finalement, la confrontation à laquelle je m'étais attendue à la fin de cette lecture ; se déroule tout autrement. Attrapant la main de mon frère, il le tire à lui, lui offrant une étreinte virile, qui laisse Jazz figé, jusqu'à ce qu'il rencontre mon regard plein d'amour et de fierté ; alors il se laisse aller, et referme son bras dans le dos de mon mari.

Ils paraissent s'échanger des mots, tous les deux ; et même si ma curiosité mal placée me pousse à vouloir écouter ; mon instinct me dit que, pour une fois, je ne devrais pas m'en mêler, que cette affaire ne me concerne pas vraiment ; et je lui fais confiance.

C'est souriant et riant même de bon cœur, que ces deux redescendent dans la salle à manger, alors que Bella se pend à mon bras, pour tenter de garder l'équilibre précaire qu'elle réussit à conserver, sur les escarpins qu'elle a trouvés, dans le sac de vêtements que je lui ai fourni.

Oui, Bella Swan et Jasper Hall ont bien grandi, depuis leurs dix-sept ans ; mais, par bien des égard, leur histoire ne fait que commencer.


A vos claviers mesdames, je suis impatiente de connaitre votre ressentit ! ce chapitre vous à plu ? vous avez aimer découvrir un peu plus du caractere d'alice ? et ce Aro vous plait toujours ? impatients de savoir ce que contient ce livre ? et ce emmett totalement degouté vous a-t-il plu ?

Au programme de demaain : un iceberg en perspective, une bella enragée, une veritée et un corps coincé ! alors, je vous donne envie ?

Je vous dis à demain, 17h, pour la suite du programme !
je vous souhaite une très bonne soirée,
je vous embrasse
à demain,
Mya