POV Aiko

Je me sentais bien, sous la chaleur du soleil. Le vent apportait cette petite touche de fraîcheur qui m'évitait de mourir de chaud. Je n'avais pas envie de bouger. Mon cocon de sable m'entourait d'un confort plus qu'appréciable. Cependant mon cerveau commençait à se remettre en route après une nuit de calme. Je finis par m'étirer comme un chat. Il me fallut quelques minutes pour ouvrir correctement les yeux. La première chose que je fis fut de chercher Ace du regard. J'étais persuadée qu'il était avec moi pourtant hier soir au moment où je me suis endormie. M'avait-il finalement laissée toute la nuit seule. Ce n'était pas que j'avais peur loin de là, mais cela voulait dire qu'il me faisait réellement confiance.

Mon estomac me rappela l'heure avancée de la matinée. Je me redressai tout en secouant mes vêtements. Il était temps que je regagne le navire pour rassasier ma faim. Je me surpris à penser ainsi. Non je ne devais pas céder à cette fatalité. J'y allais uniquement parce que je n'avais pas d'autres alternatives pour l'instant. Sans compter que je n'étais pas contre une bonne douche pour retirer tout ce sable dans mes cheveux.

En arrivant sur le pont, je fus étonnée de voir certains en train d'entretenir le bois et de refixer les planches qui commençaient à bouger. J'aurais pensé que tout le monde se serait tourné les pouces jusqu'au départ, mais il n'en était rien. Dans le réfectoire, le cuistot s'activait à préparer le repas de midi. Il confectionnait à côté des sandwichs. Je repérais rapidement Ace à une table qui semblait être dans une discussion animée avec Matt. Je me décidai à m'installer à une table seule. Je n'avais pas envie pour le moment de discuter avec eux. Chose étrange, personne ne vint me voir pour une fois.

Je me dépêchai de manger un bout avant de m'éclipser pour me doucher. Malheureusement en arrivant à la porte, je constatais que des gars s'y trouvaient. Ce n'était pas pour tout de suite le désensablement. Je soupirai tout en retournant vers ma cabine.

— C'est l'heure de pointe, mais tu peux utiliser ma douche si tu le veux, me proposa Ace que je n'avais pas vu arriver.

— Non c'est bon, je patienterai jusqu'à ce soir.

— Tu as peur peut-être. Tu n'as rien à craindre, j'ai fini ce que j'avais à faire pour le moment. Si tu es tenté, ensuite, on part dans une demi-heure vers l'endroit que je t'ai indiqué hier soir.

Il ne me laissa pas lui répondre et quitta le couloir pour rejoindre le pont. Je restais quelques instants interdite. Il m'avait proposé sa douche. L'offre était plus que tentante, surtout que le sable me grattait horriblement. Je n'étais pas sûre de tenir toute la journée ainsi. Même en enfilant une autre tenue, cela ne changerait pas grand-chose. Finalement, je cédai à la tentation et pénétrai dans l'antre du loup. Je fus surprise de la sobriété de la décoration. Il n'y avait que le strict minimum, ainsi sue son avais de recherche ainsi que celui de ses gars primés.

En observant bien, je remarquai la présence de mon propre avis. Il avait osé l'épingler avec les autres. Étrangement, un sentiment de fierté naquit au fond de moi. Je comptais énormément pour lui donc. Je me giflai mentalement tout en secouant la tête. Il était hors de question que je me réjouisse pour ça. Je n'étais pas venue pour ça, mais pour enfin enlever le moindre grain de sable. Je trouvai facilement la salle de bains. La porte était entre-ouverte. Je fus heureuse de constater qu'il y avait un verrou. Notre cher Portgas D Ace aurait-il peur de se faire surprendre sous la douche ? À cette idée, je ne pus m'empêcher de rire franchement en imaginant la scène.

Je finis par me reprendre et m'enfermer dans la salle de bains. L'eau, comme prévu, me fit un bien fou et je me sentis comme neuve. Je ne traînais pas trop longtemps toutefois. Je ne désirais pas croiser Ace dans sa cabine. Moins de vingt minutes plus tard, je me retrouvai sur le quai. J'avais revêtu un débardeur et un short auquel mes sabres étaient accrochés. Mes cheveux étaient de nouveau noués en queue de cheval. Involontairement, je m'étais préparé pour suivre Ace et son groupe. On était au final six à nous rendre à l'autre bout de l'île. Pour moi c'était surtout pour « armoire. J'avais besoin d'entretenir la base de mes sabres et surtout la garde. Mes armes avaient été durement société. J'avais pris ce qui me restait de mes économies et espérais que cela serait suffisant.

— Bon, si tout le monde est là, mettons-nous en route, annonça Ace.

Je me mis un peu en retrait du groupe. Je refusais pour l'instant tout signe de compagnonnage. Je n'abandonnais pas mon idée de fuir. Elle était juste reportée. On quitta rapidement la ville et nous empruntions une route bordée de champs. Le paysage était légèrement vallonné. Cela me rappela mon île natale. Là-bas aussi, il y avait de nombreux champs. J'y avais passé du temps à m'entrainer parmi les épis de blés, de maïs et les champs de tournesols au lieu de rester au dojo. J'aimais la tranquillité de ces endroits.

Par moments on croisa des bosquets de fleurs sauvages. Il y en avait de toutes les tailles et couleurs. C'était vraiment reposant. Je ne pouvais m'empêcher de fermer de temps à autre les yeux et d'inspirer profondément pour m'imprégner de toutes ces bonnes odeurs.

— On va se poser dans la clairière pour manger un bout, déclara Ace, me sortant de mes pensées. Cela fait déjà deux bonnes heures que l'on marche et je ne sais pas vous, mais je meurs de faim.

— On a quitté la table il n'y même pas trois heures, commentais-je.

— Oui et vu que l'on se dépense, il faut le plein d'énergie. Et puis on a tout notre temps. Il faut savoir profiter des moments comme çà. Ils sont tellement rares. Allez détends toi.

Je ne pus que soupirer devant la réponse plus que puérile de celui qui était censé être mon capitaine. Je suivis néanmoins le mouvement. Je me trouvais un arbre et m'adossais à celui-ci. Le soleil commençait à taper beaucoup et j'avouais que l'ombre n'était pas un luxe. Rapidement je fus rejointe par les autres à mon grand dam. Adieu ma tranquillité.

— Je pense que l'on est plus très loin, commenta Trévor. Dans moins d'une heure, nous arriverons à destination.

— Alors on aurait pu continuer à marcher.

— Il va vraiment falloir qu'on travaille sur ce côté-là de ton caractère, m'informa Ace.

— Et puis quoi encore. Je te signale que je n'ai pas demandé à vous rejoindre. Alors, ne m'en demande pas trop non plus.

— Encore et toujours dans la provocation, miss. Tu sais, tu ne feras pas de vieux jours si tu ne profites pas de l'instant présent. Allez détends toi et festoyons.

Chacun sortit son panier repas préparé par le cuistot. Ce dernier connaissait bien les goûts et les quantités que mangeait chacun. J'avais la dose juste pour me restaurer en sachant que je n'avais pas si faim que ça.

On resta plus d'une heure dans cette clairière. Ace avait fini par s'endormir tranquillement. Certains s'étaient mis à jouer aux cartes. Je n'avais pas pensé une seconde qu'ils se baladeraient avec un jeu de poker. On ne devait pas avoir le même niveau de priorité à prendre sur soi. Ces types me désespéraient au plus haut point. Et ça voulait que je reste avec eux ? Je décidais pour patienter de m'entrainer un peu aux sabres à l'abri des regards.

POV Ace

Je ne pouvais pas dire que je n'étais pas content qu'Aiko vienne avec nous, mais elle n'était pas d'une des meilleures compagnies aujourd'hui. Pourtant j'avais décidé de changer de tactique. Je l'avais même laissé tranquille au petit matin pour ne pas qu'elle se sente prise au piège. Notre discussion de la veille sur la plage ne semblait pas avoir eu tellement d'impact sur sa pensée. C'était dommage. Il n'y avait plus qu'à attendre que le temps fasse son œuvre. Matt et Spike rejoignaient mon opinion. Elle était faite pour être une pirate.

Je profitai de la pause déjeuner pour me reposer un peu. Dormir à la belle étoile à côté de la miss n'avait pas été si reposant. Je m'étais réveillé à plusieurs reprises pour l'observer. Elle m'obnubilait de plus en plus. Je pense que pour une fois ce soir j'irais comme les gars faire un tour dans un bordel. Peut-être qu'ainsi je pourrais me la sortir de la tête et la considérer uniquement comme une nakama. Si j'éprouvais moi-même des difficultés aujourd'hui, je n'osais pas imaginer les autres.

On reprit la route après ma petite sieste. Comme l'avait annoncé Trévor, il nous fallut qu'une petite demi-heure pour arriver dans le village des artisans. Il y avait vraiment de tout, malgré sa petite taille. On allait pouvoir refaire le plein pour les canons et les artilleurs. Je laissais le soin à Trévor de récupérer tout ce dont on avait besoin. Moi je voulais profiter pour avoir des informations pour la suite de notre voyage.

Je me rendis chez l'armurier suivi de plus ou moins loin par Aiko. Je savais déjà pourquoi elle y allait. Je fis le tour de la boutique, pendant qu'elle confiait ses lames. L'expert prit quelques minutes pour les inspecter de près les unes après les autres.

— Cela se voit que vous en prenez soin. La lame n'a presque pas de défaut. Peut-être la deuxième, un petit accroc comme si vous aviez tenté de couper un rocher. Par contre, il va falloir refaire les gardes.

— Il vous faudra combien de temps pour les remettre en état ?

— Je dirais deux bonnes heures. Je n'ai pas de commande urgente. La remise en état vous coûtera vingt mille berrys.

— Autant ?

— Vous n'avez pas de quoi payer ?

— Euh si, si.

Je sentais bien la gêne qu'elle avait. C'était loin de la somme qui avait été attribuée à chacun comme argent de poche. Je me rapprochais du comptoir et sortie une liasse de billets.

— Voici pour les sabres. Il y a vingt mille berrys.

— Non, mais je peux payer, s'insurgea-t-elle.

— Tu n'as pas cette somme. On vous a alloué à chacun dix mille berrys.

— Et alors ?

— Tu refuses de faire des économies ? Dis-toi que c'est parce qu'on a besoin de toi au top de tes capacités et que cela passe par la qualité de tes armes.

Je la vis réfléchir un instant avant de me lancer un de ses regards de défi.

— Ne viens pas me réclamer l'argent alors. Je serais capable de te livrer à la Marine pour te rembourser avec ta prime.

— Je me doute bien que tu en serais capable.

L'homme prit l'argent et se mit aussitôt à l'ouvrage. Il commença à refaire le tranchant de la lame légèrement écaillée.

— Dites-moi mon vieux, on m'a dit que tu avais servi dernièrement l'équipage de Le Roux. Il serait l'un de vos clients.

— En quoi cela intéresse un jeune de ton âge ?

— Vous savez où je pourrais le trouver ? Je dois absolument le voir.

— Quoi ? Tu veux voir Shanks le Roux, l'un des quatre empereurs ? s'écria Aiko.

— Oui, j'ai mes raisons ?

— Ne me dis pas que tu veux le défier en duel. Je conçois que tu es fort, mais pas au point de le battre.

Je me retournais vers Aiko en souriant.

— Tu t'inquièterais pour moi ?

— Pas du tout, cela arrangerait même mes affaires.

— Hum, c'est dommage. Mais je te rassure, je ne désire pas me battre contre lui. Non, c'est l'homme considéré comme le plus fort du monde que je souhaite affronter.

— Tu veux dire Barbe Blanche ?

— Tout à fait.

— Encore pire.

— Ne soit pas défaitiste comme ça. Douter de son capitaine ainsi.

— Elle a raison, tu es bien présomptueux pour un rookie. Si tu cherches Le Roux, tu le trouveras sûrement sur l'île hivernale Copélia. Elle se trouve à environ deux mois d'ici. Il y passe beaucoup de temps là-bas, car il est sûr de ne pas être embêté.

— Je vous remercie pour le renseignement, lui répondis-je en m'inclinant légèrement. Vers l'avant.

— Tu es bien poli pour un pirate.

— On m'a appris à remercier les gens qui sont sympathiques.

Je vis sur le visage d'Aiko, l'étonnement. Elle me prenait encore pour un rustre sans bonne manière. Pourtant j'avais été à bonne école avec Makino. C'est elle qui m'avait donné des cours de politesse suite à l'une de mes demandes. Je me rappelais encore les efforts que j'avais dû fournir pour me montrer à la hauteur. J'avais cru un moment ne jamais y arriver. Son commentaire me vexer énormément. Il était temps qu'elle arrête de me prendre pour un rustre que je n'étais pas. J'aimais ma liberté et ma façon de vivre.

Je quittais finalement l'armurerie pour rejoindre les autres en attendant qu'Aiko récupère ses lames. Le reste de la journée se passa relativement calmement. Cela changeait de l'échange avec la miss. D'ailleurs on ne l'avait pas revu de l'après-midi. Elle avait sûrement dû rester auprès de l'orfèvre pour surveiller le travail.

— Tu as eu tes informations ? me demanda Spike.

— Oui. Il nous faudra un moment avant de le rencontrer enfin, mais ce n'est pas grave. On a tout notre temps. En tous cas, il est dans cette partie de Grande Line.

— J'ai trouvé pendant ton absence quelques logs poses. Je pense qu'ils pourraient être utiles.

— En effet. Peut-être qu'il y en a un qui passera par Copélia. Il faudra voir avec Matt.

Le soleil commençait à se coucher quand nous retournions enfin vers le navire. On avait pris le temps de se restaurer avant de prendre le chemin retour. Aiko semblait plus heureuse depuis qu'elle avait récupéré ses armes refaites à neuves. Elle s'était même retrouvée devant le groupe. Dommage qu'il n'y eût pas la moindre bagarre dans le coin, j'aurais bien aimé voir ce que cela donnait maintenant que les lames étaient de nouveau bien tranchantes.

À l'approche du port, on croisa des membres de l'équipage souvent accompagner par une donzelle sous le bras. Ils ne perdaient vraiment pas de temps. Après, ils faisaient ce qu'ils voulaient, le navire était comme neuf, donc je ne pouvais pas les priver d'un peu de plaisir. Surtout que l'on ne savait pas pour combien de temps on en avait pour rejoindre la prochaine île.

Matt et Spike décidèrent de rester avec moi afin d'étudier les destinations des différents logs poses. L'avantage d'avoir pu dérober des cartes de certaines zones nous permit de sélectionner le bon pour prendre la route la plus directe pour rejoindre l'équipage de Shanks. Je savais que certains n'étaient pas pour cette rencontre, mais j'avais mes raisons et ils allaient devoir s'y plier.

Je m'étais fait cette promesse depuis que j'avais un petit frère de cœur. Ce dernier avait pris soin de Luffy pendant près d'un an sans compter le bourrage de crâne de la piraterie. J'avais hâte de connaitre enfin l'homme qui m'avait permis de me lier à Luffy.