Chapitre 23
Aux termes de mes deux heures de cours de Botanique ennuyants au possible, je me glisse à la table des Serpentard. Shelly fait de même à ma gauche et je glisse un œil un peu plus loin, vers Lucretia. Cette dernière est assise entre Barry Wilkes et Michael Flint. Le premier est aux anges, le second a tout l'air de vouloir se pendre à la poutre la plus proche. En même temps, je le comprends. A moi aussi ça me donnerait des envies de suicide d'assister d'aussi près à la méthode de reproduction d'un troll.
- Gratin ?
Je m'arrache à la vision de mon amie en train de galocher bien baveusement son re-nouveau petit ami, et louche sur le plat huileux à souhait que Shelly a glissé sous mon nez.
- Non, merci Shelly. Je crois que je vais me contenter d'une salade.
J'ai l'appétit coupé. Ce qui renseigne assez bien sur mon état psychologique, vu que j'ai pu recommencer à manger tranquillement que depuis moins de vingt-quatre heures et que je devrais être en train de rattraper le temps perdu.
Et si le fait que Wilkes ne me harcèle plus à table n'est pas le signe que le cognard du match de samedi était bel et bien le sien, je ne sais pas ce qu'il faut !
Notre repas se déroule dans une ambiance morose. Shelly essaye de me faire oublier l'absence de Lucretia, mais son bavardage futile ne parvient pas à m'empêcher de jeter de temps en temps un œil hargneux sur l'horrible couple. Je n'en reviens toujours pas que Lucretia m'en veuille à ce point de mon coup de sang sur le terrain. Avec le recul, je concède que ma stratégie n'a pas été des plus fines. Ma réaction a été digne des Gryffondor les plus sanguins que cette école n'a jamais connu. Mais j'avais des circonstances atténuantes. On ne peut pas franchement demander à quelqu'un qui manque de nourriture depuis des jours de ne pas perdre le contrôle des nerfs lorsqu'il comprend que celui qui l'affame tente, en plus, de lui prendre à un aller-simple pour le cimetière le plus proche à coup de ballon vengeur.
- Gâteau au chocolat ?
La masse marron surmontée d'une épaisse crème chantilly et parsemée de paillettes argentées s'invite sous mon nez, repoussant ma salade à peine entamée. Vu le nombre de calories que doit receler ce dessert, Shelly craint la crise d'inanition.
- Nous avons un cours sur les informulés tout à l'heure, fait mon amie en réponse à mon œillade interrogative. Alors même si je sais que tu évites autant que possible tout sucre mauvais pour ta graisse abdominale, il te faut prendre des forces pour réussir à faire ce que te demandera le professeur Daniel's.
Je roule des yeux alors que Shelly attaque sa propre part de gâteau à gros coup de fourchette. Je repousse l'assiette et me rabat sur une pomme bien rouge, bien moins dangereuse pour mes artères. Ce faisant, mes yeux tombent de nouveau sur Lucretia, sur qui j'ai une vue beaucoup plus complète depuis que Michael a pris la poudre d'escampette. Je ne loupe donc rien lorsque ma chère Serpentard sort très discrètement de la poche de sa robe une petite fiole d'un rose très douteux. Et qu'elle en glisse le contenu dans le verre de Wilkes pendant qu'il lui tourne le dos pour je ne sais quelle raison.
Je fronce des sourcils, un doute se frayant un chemin dans mon cerveau. Ce flacon, je suis sûre de l'avoir déjà vu quelque part. Et ce quelque part, c'est le rayon Charme de Sorcière de chez Weasley, Farce pour sorciers facétieux.
Son méfait accompli, Lucretia remet bien soigneusement la preuve de son délit dans sa robe. Au passage, son regard croise le mien. Elle m'adresse un rapide clin d'œil et un sourire discret. Mon cœur se gonfle de joie. Je retrouve bien là ma brave Serpentard.
Ragaillardie, je délaisse mon trognon de pomme et tire à moi l'infarctus au chocolat et à la crème fouettée. Une petite douceur pour fêter ça.
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- Allez, dis-moi !
Pour la je-ne-sais-combien-de-fois depuis la pause déjeuner, je supplie Lucretia.
Nous venons de partager un cours de Métamorphose particulièrement intéressant. Non parce que le cours en lui-même l'était - rester deux heures à tenter d'envoyer des sorts silencieusement à un rat qui a tout l'air de se foutre de votre gueule n'a absolument rien de passionnant - mais parce que Barry Wilkes a passé le total de ces deux heures, le regard brillant et les yeux rêveurs, à dessiner des petits cœurs sur un parchemin. Manque de pot, j'étais trop loin pour voir le nom griffonnée à côté des arabesques passionnées.
- Allez !
J'insiste encore auprès de mon amie, même si je sais que c'est peine perdue, rien que pour le plaisir de pouvoir encore lui parler. Pendant plusieurs heures, j'ai vraiment craint de ne plus pouvoir partagé à un seul instant de ma vie avec cette petite teigne.
- Cesse de me harceler ! fait Lucretia alors que nous remontons le couloir du cours de Sortilège, empli de septième années le nez plongés dans leurs parchemins. Je te promets que ta curiosité sera bientôt assouvie.
J'en sautille d'impatience. Enfin, je le ferais, si je n'avais pas une réputation à tenir de Serpentard à qui il ne vaut mieux pas venir se frotter.
Quelques pas devant nous, Wilkes remonte lui aussi le couloir, se faufilant entre les élèves avec une célérité que je ne lui connais pas. Ce philtre d'amour estampillé Weasley doit être sacrément puissant ! Car je me doute que le babouin énamouré est à la recherche de son âme sœur. Mais qui Lucretia a-t-elle bien pu choisir pour remplir ce rôle ? Qui pourrait coller une honte sans commune mesure à un troll comme lui ?
Soudain, un poids s'abat sur mes épaules et une voix masculine très proche de mon oreille me demande :
- Pourquoi tu fixes Wilkes de cette manière ? J'espère que tu n'as pas osé te venger sans moi ?
L'espace d'un instant, je suis troublée par la sensation du corps de James collé contre mon dos. Je suis un peu trop consciente de son large torse et de sa carrure athlétique pour rester de marbre. Mais je me reprends bien vite.
- Tu pèses le poids d'un âne mort, Potter. Et je ne suis qu'une frêle jeune fille. Alors bouge-toi.
Un rire léger résonne à mon oreille mais James fini par faire ce que je lui demande. Il se glisse alors à ma gauche, puisque ma droite est déjà occupée par Lucretia. Je remarque, avec un peu de retard, qu'il est accompagné de Logan que je salue d'un signe de tête. James redresse son sac qui a glissé de son épaule quand il s'est collé à moi, et pose à son tour un regard intrigué sur Wilkes qui s'est arrêté au milieu du couloir, les bras ballants.
Nous sommes arrivés près du patio bondé du second étage. Au milieu de la pelouse détrempée, notre concierge, Scrooge, est en train de passer ses nerfs sur deux Serpentard de troisième année, un frisbee à dent de serpent entre les mains qu'il vient très certainement de leur confisquer.
- Henry !
La voix pleine de dévotion et d'amour provient de Barry Wilkes, qui laisse tomber son sac de cours sur le sol en pierre du couloir, et cours en direction du trio.
- Non, lâché-je à mi voix, en couvant Lucretia d'un regard brillant de joie. Tu n'as pas osé ?
Sourire fier aux lèvres, elle acquiesce d'un signe de tête. Je reporte alors mon intérêt sur mon camarade de classe, impatiente de découvrir la suite des événements.
Trop empressé de rejoindre l'amour de sa vie, Wilkes glisse dans une flaque de boue, atterrit douloureusement sur les fesses, se redresse le cul crotté et reprend sa course folle sous le regard perdu du concierge. Les deux Serpentard qui se prenaient un savon s'écartent avec prudence de la scène irréaliste qui se déroulent sous nos yeux.
- Mr Wilkes, mais qu'est-ce que . . .
Le vieux Scrooge ne terminera jamais sa phrase. Le babouin attardé fini par atteindre son but et saute au cou du concierge qui affiche deux yeux, ronds comme des billes. S'ensuit un baiser digne des pires films d'horreur. Toute l'assemblée, en un élan collectif, pousse un cri de dégoût. Bien vite suivi par quelques rires moqueurs et hystériques.
Je ne vais pas jusque là, dignité obligé, mais le sourire qui s'étale en large doit assez bien refléter ce que je pense. A cet instant précis, je n'échangerais ma place pour rien au monde.
- Merlin, c'est horrible ! s'exclame James, le visage verdâtre de celui qui ne va pas tarder à rendre son repas.
Il se tourne ensuite vers moi, l'air indigné.
- Pourquoi t'as fait ça sans moi ?
Je secoue la tête et fais un signe de pouce en direction de Lucretia. Les yeux bleus du Gryffondor se déportent alors sur mon amie qui, je le sais sans avoir besoin de la regarder, se gonfle de fierté.
- Nott, c'est de toi ? demande James, ébahi.
- Tout à fait, mon cher. Et j'ai dû donner de ma personne pour que Barry me fasse confiance au point de pouvoir déverser subrepticement cette petite merveille dans son jus de citrouille du déjeuner, répond-t-elle en agitant un petit flacon rose en forme de cœur sous le nez du Gryffondor.
James ouvre des yeux ronds en reconnaissant le produit de fabrication Weasley. Même Logan, derrière lui, est surpris. Puis, un sourire chafouin s'étire sur les lèvres de mon ami.
- Tu me surprends Nott, je n'aurais jamais cru ça de toi.
- Aux grands maux, les grands remèdes.
Je retiens un rire en entendant l'expression typiquement moldue dans la bouche de Lucretia Nott. Je déteins vraiment trop sur elle.
Alors que mon amie range la fiole dans sa robe, l'un des Serpentard a qui Scrooge passait un savon il y a encore peu de temps déboule à toute vitesse. Un sourire grand comme le monde accroché au visage, il remet un objet à Lucretia avant de repartir comme il est venu.
- Tu as même pensé à tendre un piège à Scrooge ici et à cet instant précis, histoire que tout le monde puisse assister à la scène, comprends-je alors. Petite vicelarde. Au fait, qu'est-ce qu'il t'a donné ce troisième année ?
Avec son air le plus aristocratique possible accrochée au visage, elle montre ce qu'elle tient dans sa main. Une photo. Du baiser entre Wilkes et Scrooge.
J'en laisse tomber ma mâchoire. James, lui, lâche d'une voix forte :
- Épouse-moi.
De quoi ?
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L'avantage d'aller étudier à la bibliothèque le samedi matin, c'est qu'il n'y a personne pour venir vous embêter. La plupart des élèves de Poudlard préfèrent faire la grasse matinée plutôt que de venir se perdre dans le dédales des étagères pleines de poussière. J'avoue que j'aurais bien fait pareil. Mais mon week-end précédent ayant été passé au fin fond d'un lit à l'infirmerie - Merci Pomfresh ! - je me dois de rattraper mon retard au plus vite. Ce qui veut dire s'enterrer au fin fond de la bibliothèque le temps qu'il faudra. Ô joie.
- Nom d'une gargouille, quelle froid !
Je glisse un œil par dessus la table et la pile de bouquins qu'elle supporte. Face à moi, Lucretia à terré ses mains sous ses aisselles en grelottant. Faut dire qu'elle ne porte qu'une fine veste en laine par dessus son chemisier.
- Je t'avais dit de te couvrir ! Mais tu n'en fais qu'à ta tête.
Mon amie pince les lèvres et m'envoie un regard noir. Je hausse des épaules, peu impressionnée.
- Et puis, personne ne t'a obligé à venir que je sache. T'aurais pu rester sagement au chaud dans ton lit.
Ce qui n'est que la vérité. La veille au soir, j'avais prévenue Lucretia et Shelly que je passerais mon samedi à étudier. Je n'avais invité personne à me rejoindre, sachant que mes deux Serpentard d'amies n'étaient pas trop portées sur l'étude. Sans surprise, Shelly n'avait même pas relevé, mais Lucretia, elle, avait insisté pour m'accompagner. J'avais bien essayé de l'en dissuader mais bon . . . C'est une Nott !
Pour ma part, ça fait deux heures que je suis plongée dans mon devoir de Sortilège, emmitouflée dans une épaisse veste en laine doublée fourrure. Grâce à toutes mes heures de colle passées ici au cours des dernières années, j'ai fini par comprendre comment je dois m'habiller pour venir, selon la période de l'année. J'en ai même averti Lucretia . . . qui n'a rien voulu entendre, prétextant que j'ai toujours été d'une nature frileuse. Mais c'est qui la frileuse maintenant, hein ?
J'imagine que, prendre sur elle pour m'accompagner dans mes révisions, est sa manière à elle de se faire pardonner de m'avoir laissé croire pendant plusieurs jours qu'elle me faisait la tronche. Ça part d'une bonne intention, mais je crois qu'au final, c'est encore moi qui vais le payer.
De l'autre côté de la table, je vois Lucretia tenter de contenir un frisson et serrer les dents. Je crois même qu'elle jette un drôle de regard sur les étagères. Quelque chose me dit qu'elle envisage sérieusement d'y foutre le feu. Pas sûre que Pince apprécie sa méthode pour se réchauffer.
N'ayant pas envie de me voir bannie à vie de la bibliothèque pour complicité de dégradations de biens privés, je finis pas capituler :
- J'emprunte ce bouquin et on retourne à la salle commune.
Je tire ledit bouquin jusqu'à moi, le range dans mon sac avec plumes et parchemins puis rassemble le reste des livre pour les remettre à leur place.
- Attends-moi là, je reviens.
Sur ces mots, je m'éloigne et disparais entre les étagères. Il ne me faut que quelques minutes pour remettre chaque objet à la place qui lui revient de droit, mais en revenant à la table que je partageais avec mon amie, j'ai la surprise de la découvrir moins seule que je ne le pensais. James s'est visiblement pointé entre-temps. Je les retrouve côte à côte, dos à la table, bavassant calmement.
C'est quoi ce délire ? Lucretia devrait déjà avoir sa baguette à la main et un sort au bout des lèvres, vu qu'elle n'a toujours pas accepté l'idée de la trêve entre Potter et moi - alors pour l'amitié, je vous laisse imaginer le chemin qui a encore à parcourir ! De plus, quand le Gryffondor a lâché sa demande en mariage lundi dernier après le spectacle donné par Wilkes, il a fallu toute ma force de persuasion, conjuguée à celle de Logan, pour empêcher Lucretia de lui envoyer un Doloris au beau milieu du couloir. Donc, les retrouver en train de papoter, juste comme ça, c'est . . . très bizarre.
Mes deux potes cessent leur discussion quand James me voit. Immédiatement, un immense sourire s'étale sur son visage et il fait deux pas dans ma direction. Lucretia, elle, croise les bras et se contente de hausser lentement des épaules en réponse à mon regard interrogatif.
- Super, te voilà, fait le Gryffondor. Ça te dérange si on se trouve un coin plus propice pour discuter tous les trois ? Il faut que je vous parle.
Vu que mon amie n'a pas l'air contre, j'accepte d'un signe de tête. Je récupère mes affaires sur la table et nous sortons de la bibliothèque, non sans avoir signalé mon emprunt au passage auprès de Mme Pince. Puis, James nous guide jusqu'à un recoin dans le couloir, sous une fenêtre en ogive recouverte de glace et de neige. Faut que je pense à faire en sorte que la discussion ne s'éternise pas trop, ou Lucretia va finir en glaçon.
- De quoi voulais-tu nous parler ? demandé-je, une fois mon popotin installé sur le rebord de pierre sous la fenêtre.
James frotte ses mains l'une contre l'autre puis souffle dessus avant de me répondre. Je constate alors que lui non plus n'est pas très couvert. La vache, mais ils sont tous débiles ces nés-sorciers ou quoi ?
- J'ai réfléchi toute la semaine à comment faire croire aux parents de Nott qu'on sort ensemble, sans que les élèves de l'école le sachent. Et je crois que j'ai la solution.
J'échange un regard avec mon amie. Honnêtement, j'avais cru que ma demande était passé aux oubliettes. Et vu sa tête, Lucretia aussi. Mais tant mieux, si on s'est trompé. Encore que, faut voir quelle idée lumineuse un cerveau de Gryffondor a bien pu nous pondre.
Je me tourne vers James pour l'encourager à poursuivre mais je constate qu'il continue de frotter ses mains, méthode vaine pour récupérer un peu de chaleur. A côté de moi, Lucretia grelotte. Et je n'ai qu'une seule veste fourrée. Sans compter que nous avons interdiction d'utiliser la magie dans les couloirs, et donc, d'utiliser un sort de Duplication.
Je propose alors :
- Et si on allait en discuter autour d'une boisson chaude ? Il n'est que neuf heures, le service n'est pas encore terminé.
Mon idée est adoptée à l'unanimité. Je prends donc la direction de la Grande Salle. Lucretia s'empresse de glisser son bras sous le mien et de venir chercher un peu de chaleur en se collant contre moi. Trente secondes plus tard, James fait de même de l'autre côté sous le regard furibond de mon amie et interloqué du mien.
- Te gène pas surtout ! s'exclame Lucretia avant que j'ai eu le temps de penser à une solide répartie.
- Je ne vois pas où est le problème, rétorque-t-il. Tu le fais bien, toi !
- Normal, c'est mon amie !
Je pense que toute l'Angleterre a bien senti le sentiment de possessivité dégagé par Lucretia. Elle n'est pas prêteuse.
- La mienne aussi.
Lucretia ne trouve rien à répondre. Je sourcille en constatant que James a eu le dernier mot. A noter dans les annales. C'est pas souvent que quelqu'un - en dehors de moi - arrive à lui rabattre le caquet à l'héritière Nott.
C'est donc bras dessus, bras dessous que nous débarquons dans la Grande Salle, plutôt bondée à cette heure de la matinée. Mais nous passons inaperçus. Faut croire que Poudlard s'y fait.
Suspectant que Lucretia n'accepterait jamais de poser son royal fessier à la table des rouge et or, je prends tout simplement la direction de celle des Serpentard. Je sais pertinemment que James n'y verra rien à redire.
Les seules places de libre que nous trouvons sont du côté de la table des professeurs. Ceux qui y sont attablés nous jettent des œillades surprises. Même eux sont conscients de l'incongrue de la situation.
Je m'assieds, toujours entourée de Lucretia et James, et nous sers à tous les trois de grandes tasses de chocolat chaud.
- Du coup, c'est quoi ton idée de génie ?
James prend le temps d'avaler une gorgée de boisson chaude avant de me répondre.
- Je pensais envoyer une lettre aux parents de Nott pour la demander en mariage.
J'avale mon chocolat de travers. Non mais c'est qu'il insiste en plus ! Je vais finir par croire que ça lui plaît . . .
- Ne me regarde pas comme si j'étais un véracrasse, poursuit le Gryffondor en regardant Lucretia dans le blanc des yeux. Laisse-moi le temps de vous expliquer mon raisonnement.
Il reprend une gorgée de son breuvage et reprend, en me regardant moi cette fois-ci :
- Pour résumé, j'ai pensé leur écrire que Nott et moi sortons ensemble en secret depuis longtemps, qu'elle a fait semblant de jouer avec les crétins de Serpentard pour noyer le poisson mais que notre amour est si grand que je veux l'épouser, d'où ma lettre pour leur demander sa main.
L'idée est . . . simple. Et géniale. Pourquoi on y a pas pensé ?
Je me tourne vers mon amie. A son air, je comprends qu'elle aussi se traite intérieurement de tous les noms pour ne pas avoir eu cette idée phénoménalement simple.
- Alors, vous pensez que ça a une chance de passer ? nous demande James.
Je pousse un profond soupir.
- Bon, bah, je peux dire adieu à ta dette.
- Ah non non, s'empresse-t-il de me contredire. Je ne le fais pas pour toi, je le fais pour elle.
Ah bon ? Et pourquoi ?
- Prends ça comme un remerciement pour le spectacle que tu nous as offert avec Wilkes, dit-il à Lucretia. C'était du grand art. Il va être difficile de t'égaler. En plus, tu as utilisé un produit Weasley.
Un sourire vicieux s'étale sur les lèvres de Lucretia. J'imagine qu'elle revoit Barry embrassant Scrooge à pleine bouche. Beurk.
- La plaisir était pour moi, Potter, répond mon amie en faisant un signe dans sa direction avec sa tasse de chocolat. Et j'accepte ton aide. Eve, tu nous prêtes une plume et un parchemin ?
Je plonge aussitôt dans mon sac et en ressors tout ce qu'il faut pour leur fameuse lettre.
Je connais deux sang-pur qui sont sur le point de recevoir le courrier le plus horrifiant de toute leur vie.
