NdA: Bonjour tout le monde! Bonne lecture! J'espère que ce chapitre vous plaira!

À jeudi prochain :)

RàR Cinder: Il est normal que tu n'arrives pas à te situer chronologiquement avec cette fanfiction puisqu'il s'agit d'un univers alternatif et que je détruis le canon à ma guise! Pour l'année dans laquelle les élèves se retrouvent, j'ai précisé dans le chapitre 12 qu'Evan entrait en cinquième année, cela t'avait peut-être échappé, ça arrive :) Quant à l'âge de Luna, c'est voulu (comme expliqué en NdA du chapitre 14). J'espère que l'histoire te plait quand même et te souhaite une bonne lecture si toutefois tu décides de la poursuivre :)


J'aurais aimé que cette journée continue sur sa lancée mais je n'aime pas ce que je suis en train de voir. À la table des Serdaigle, une bande de cinq étudiants vient de s'asseoir près de Luna. Elle les dévisage. Je lis clairement la panique dans son regard alors qu'une des filles lui chuchote quelque chose à l'oreille.

Ma blonde baisse la tête et repose sa fourchette. Hey! Te laisse pas faire! Les filles rigolent. L'une d'elle va même jusqu'à s'appuyer sur Luna de façon à la dominer. Elle ne réagit pas, presque tétanisée. Draco me dévisage, il voit à ma tête que je suis furieux. Il se retourne et regarde du côté des aigles avant de soupirer.

Poings crispés, je fais mine de me lever lorsque Draco me retient.

–Attends.

Comment ça, attends?! Comment veux-tu que je reste zen face à ça, merde! Draco me fait signe de ne pas y aller de front, comme ça, dans la grande salle mais je ne veux pas la voir endurer ça plus longtemps que nécessaire.

–Daph?

Daphnée se tourne vers nous. Théo suit le mouvement. Draco pointe Lovegood du doigt, faisant soupirer Daphnée.

–Je peux en parler au professeur Flitwick… Mais sans preuve… Luna refuse d'avouer. Je pense… qu'au fond d'elle-même elle ne veut pas s'avouer qu'elle est une victime.

Pas suffisant. Ma blonde trouve la force de se lever. La bande la suit. Je me lève à mon tour. Hors de question de les laisser tenter quoi que ce soit. Je connais bien ce genre de bande, s'ils y vont aussi franchement devant témoins, je n'ose pas imaginer ce qu'ils seraient capables de faire seuls avec leur victime. Je dois agir. Même sans intervenir, du moment qu'il y a un témoin, ils devraient renoncer. Si pas, je leur ferai comprendre qu'on s'en prend pas à mes amis. Avec les poings s'il le faut. Je ne touche pas aux filles, certes. Je ne suis pas pour me battre inutilement mais s'ils font quoi que ce soit, ils vont me trouver.

J'entre dans les couloirs et m'arrête. Luna est contre le mur. Les trois garçons sont contre elle alors que les deux filles observent en spectatrices. Les garces. Un des mecs retient ma blonde par le poignet de manière brutale. Je prends une grande inspiration alors que ma magie s'agite. Un autre semble vouloir lui enlever son pantalon et l'humilier. Il n'en a pas le temps.

Ma colère active ma magie et je parviens à en propulser deux en arrière alors que les filles crient. Le dernier, celui qui retient Luna, resserre sa poigne. J'approche et lui balance mon poing en pleine figure. Bah quoi? Tu pensais vraiment que je ne te ferais rien?! T'as pas connu mon monde on dirait! Le coup suffit à l'assommer et ma blonde retombe mollement au sol.

–Evan?

Draco entre dans le couloir à son tour, au côté de Daphnée. Blaise et Théo suivent juste derrière.

–Merde! Qu'est-ce que t'as foutu?

Je regarde la scène autour de moi. Les deux garçons que j'ai envoyé valser sont toujours au sol comme celui que j'ai cogné. Tous assommés. Les deux filles, elles, restent prostrées, tremblantes.

Daphnée se rue vers nous et approche Luna avec une extrême douceur, dédaignant les deux autres.

–Luna? C'est moi, Daphnée. Je suis la préfète de Serpentard. Viens, on va t'amener dans ma chambre et après j'irai prévenir les professeurs…

Elle bouge à peine. Les larmes coulent le long de ses joues. Ce triste spectacle suffit à me calmer et ma magie retombe, permettant aux deux idiotes de reprendre leur souffle.

À genoux, je finis par m'asseoir près de Luna et de lui frotter les joues des pouces, en lui murmurant des "chuut". Je ne sais faire que ça. Même pas foutu de parler pour la consoler. Mais je crois que ça suffit.

Elle attrape mon haut et je lui prends doucement la main, dans un état second. Ce n'est pas dans mes habitudes d'être doux après avoir connu la brutalité et la cruauté du monde mais je fais attention. Elle a déjà eu assez d'emmerdes ainsi.

Après quelques minutes, les garçons reprennent conscience et Draco s'empresse de sortir sa baguette.

–Dormez encore, messieurs!

Il les assomme et les ficelle avec Théodore pendant que Daphnée s'occupe de Luna. Elle lui prend l'autre main et nous gagnons le dortoir. Je passe à côté des deux filles responsables de tout ça et leur adresse mon regard le plus froid possible avec un sourire à la limite du psychopathe. Leurs frissons reprennent. Tant mieux. Craignez moi, bande de salopes. Vous payerez. Tôt ou tard.

–Théo, Draco, je vous laisse informer le professeur Snape? J'irai voir Flitwick après.

– On s'occupe d'eux, répond Draco en surveillant les autres cons.

– Je vais prévenir Prince et je t'envoie Flitwick, Daph'!

– Ça marche! Merci Théo!

Théodore rougit et détourne le regard alors que nous continuons d'avancer. Luna est mal à l'aise. Elle tire sans cesse sur son haut qu'ils n'ont heureusement pas eu le temps d'arracher.

–Luna… Écoute, il va falloir que tu nous dises ce qui s'est passé. Tu as confiance en Evan, tu peux avoir confiance en moi. Je dois savoir. Ils doivent être punis, tu comprends?

Des coups à la porte nous interrompent. Daphnée soupire et va ouvrir la porte, dévoilant Flitwick et Sev'. Théo a fait vite…

–Evan?

– Il a… boxé un élève. Mais c'était pour défendre Luna…

Sev' soupire mais ne dit rien pendant que le petit professeur approche.

–Miss Lovegood. Mr Malfoy et Mr Nott sont venus me voir. J'ai vu aussi les autres élèves. Compte-tenu du choc, ils vont bien. J'ai besoin de comprendre ce qui s'est passé…

Luna se renferme. Elle glisse ses bras autour de ses genoux et murmure quelque chose à propos des nargoles.

–Bordel, Luna!

Je réalise à peine que je viens d'hausser la voix et de prononcer un mot pour la première fois depuis de longues années. Elle a assez fui la réalité comme ça! Il est temps de punir les coupables, les vrais coupables! Je lui attrape le bras aussi délicatement que je le peux en étant en colère et remonte son haut, dévoilant de gros hématomes sur son ventre mais aussi sur ses bras.

Le professeur Flitwick regarde longuement les taches noirs sur sa peau diaphane avant de refermer doucement les yeux alors que Luna cherche à se débattre contre moi.

–Ev…

–Evan, non, t'as pas le droit…

Elle pleure.

–Miss Lovegood. Il semble qu'Evan veuille que vous alliez mieux. Les coupables vont être punis. Ces marques ne datent pas d'aujourd'hui. Depuis quand, Miss Lovegood?

Luna détourne le regard. Je lui relève la tête et essuie une fois de plus ses larmes.

–Dis-le…

Ma voix n'est plus qu'un murmure à présent. Je bute sur les mots mais l'intention est là. Elle comprend mon message.

–La rentrée…

– Et avant?

Les lèvres de Luna tremblent alors que son corps est pris de frissons.

–État de choc. Je vais lui chercher une potion. Filius…

–Je ne bouge pas d'ici tant que Miss Lovegood ne sera pas endormie et en sécurité. Nous irons voir Albus plus tard. J'ai aussi prévenu Poppy qu'elle ne devait pas libérer les agresseurs tant que je ne serais pas venu.

Le petit prof est furieux et c'est à peine si sa magie ne crépite pas autour de lui. Il n'a pas dû supporter qu'on s'en prenne à une des élèves de sa maison. Pire encore: d'apprendre que ce sont des Serdaigle qui s'en sont pris à elle. Il marmonne dans sa barbe et, de temps en temps, quelques mots que je suppose être des jurons, sortent de sa bouche dans une langue inconnue.

–Miss Lovegood? C'est une potion calmante pour les états de choc. Vous allez rester ici, la prendre et vous endormir. Nous allons nous occuper de tout ça.

Luna acquiesce à peine, la tête baissée. Daphnée lui prend à nouveau la main et se glisse à côté d'elle pour la réconforter. C'est rassurant. Mon amie prend la potion et ses tremblements s'apaisent. Notre préfète la glisse dans le lit et s'assied à ses côtés.

–Evan? Je vais avoir besoin de toi… Ton… souvenir peut être un point déterminant.

– Vous allez faire quoi? demande Daphnée.

– Un renvoi. Pur et simple. Quelques jours ou définitif. Si le harcèlement date de plusieurs années… Albus ne plaisante pas avec ça, ils seront exclus directement avec interdiction de se réinscrire.

J'acquiesce avant de me tourner vers Luna qui se calme, petit à petit.

–Tu peux y aller, Evan, je m'occupe d'elle, ne t'en fais pas.

Je soupire avant de suivre mon père jusqu'au bureau du directeur. Je ne vais pas me contenter de la scène. Les autres marques que j'ai vues dans le trimestre vont y passer aussi. Ils vont payer. S'ils ne payent pas, je leur ferai payer. Moi-même. D'une manière ou d'une autre.

Nous marchons dans les couloirs. Mon corps s'agite. Sev' pose une main apaisante sur mon épaule.

–Evan?

Je me tourne vers lui, dans un souffle.

–Tu… tu as parlé, pas vrai?

C'est alors que je réalise. Cette voix si rauque, si cassée, qui n'avait plus franchi mes lèvres depuis des années. C'est la mienne. Je glisse une main le long de mon cou. Une voix éclatée et pourtant, mon père me sourit avec une espèce de… fierté? Je souris à mon tour. Une petite victoire au milieu de tout ce bordel.

–Tu verras, Sev'! Bientôt, il parlera tellement qu'il faudra le faire taire!

J'adresse fièrement mon majeur à Draco qui roule des yeux en riant.

–Ouais ouais, c'est ça!

Nous faisons encore quelques pas avant de gagner le bureau du directeur. Un escalier qui tourne derrière une statue. Et c'est quoi ce mot de passe à la con que Sev' vient de dire? Twix? Vraiment? Le dirlo est un accro aux bonbons?

–Severus, Filius, je vous attendais.

Le directeur nous observe, moi plus longtemps que les autres avant de nous inviter à nous asseoir. Je me retiens à grand peine de lui faire un regard noir Made In Snape. Il doit y être habitué, ça ne servirait à rien, il doit être immunisé à la longue.

–Albus. Monsieur Nott et Monsieur Malfoy sont venus nous voir pendant le repas suite à un acte de violence complètement gratuit sur la personne de Luna Lovegood.

– Une agression? Allons, Severus, vous n'exagérez pas un petit peu?

Je tape du poing sur la table, ce qui surprend tout le monde. Accuse-nous de mentir tant que tu y es, vieux débris! Sev' retient à grand peine un sourire qui menace de lui bouffer les lèvres. A-t-il lu dans mes pensées? Je suppose.

–Elle est en état de choc, Albus! Ce n'est pas une "petite" agression! Severus a dû lui procurer une potion calmante supérieure!

Le regard du vieux débris se durcit. Il a compris que c'était du sérieux.

–Evan? Je peux?

Je regarde la baguette de Sev' et acquiesce doucement.

–Revis le souvenir. Ça l'éclaircira pour que nous puissions le regarder.

Je repense alors à l'agression mais pas qu'à ça. Nos moments dans la cour, les marques précédentes, la scène de Pré-au-lard dans le hall. Tout y passe sous une forme de long filament blanc.

Le vieux schnoque sort une espèce de grosse bassine et Snape y déverse mes souvenirs.

– Ça, Evan, c'est une pensine. Il suffit d'y plonger la tête pour visionner le souvenir.

J'acquiesce et, même si je ne suis pas très à l'aise, je me penche en dernier lieu avec les deux profs et le directeur pour visionner une première scène. Celle de l'agression. Filius est furieux. Mon père glisse un bras autour de moi alors que je frémis de colère et que ma magie m'échappe. Le vieux devient blême et, une fois l'agression terminée, tous trois veulent s'en aller mais je les retiens.

–Evan?

Je nie de la tête. Ce n'est pas fini. Sous nos yeux, le temps semble revenir en arrière et semble presque s'arrêter sur les instants où je l'ai vue marquée pour la première fois.

–C'est assez.

Le directeur se retire et nous faisons de même.

–Albus?

– Le verdict est clair. Ils doivent être renvoyés. Poudlard ne peut pas admettre ça plus longtemps. Je vais contacter Mr Lovego…

–Non!

Je me retourne pour réceptionner une Luna agitée, suivie de près par Daphnée.

–Pardon Evan, elle voulait absolument venir et ne se calmait pas.

–S'il vous plait professeur, ce sont les nargoles! Je ne veux pas qu'ils aient des ennuis, s'il vous plait! Laissez leur une seconde chance!

Je serre les poings. Hors de question que je leur laisse ça! C'est quoi la prochaine étape? Un viol collectif? Luna me dévisage. Elle voit la colère luire au fond de mes yeux.

–Evan… Si je leur pardonne moi, tu peux leur pardonner, non?

Je détourne le regard. Non. Je ne peux pas. Impossible. J'ai trop souvent été à ta place pour laisser passer ça, désolé.

–Miss Lovegood… Je vais contacter votre père. Vous êtes mineure, il doit en être tenu informé, vous comprenez?

Et pour la punition, Albus?

– Je vais leur donner un renvoi temporaire. Si Miss Lovegood choisit de porter plainte avec son père par la suite, le renvoi sera définitif et à effet immédiat.

Un compromis. S'ils restent, ces batards, je leur ferai comprendre que s'ils tiennent à la vie, ils n'ont pas intérêt à recommencer. Et ce sera loin d'être une menace. Ce sera une promesse. Et je tiens toujours mes promesses.

–Evan?

Je soupire alors que Luna cherche une approbation dans mes yeux. C'est à toi que ça doit convenir, idiote…

–Je pense que mon fils sera d'accord avec moi si je dis que c'est à vous que cette décision doit convenir, Miss Lovegood.

J'acquiesce. Il a lu dans mes pensées. Hey, Snape Senior, fiche le camp de là!

Severus sourit. Il a eu mon message et ça l'amuse en plus!

–Bien. Je vais aller en informer les étudiants responsables, vous pouvez y aller.

–Et on fait quoi pour le dortoir? Elle va quand même pas retourner là-bas…

Merci, Daphnée de relever l'évidence! J'attrape Luna par l'épaule et la garde près de moi.

–Evan… Nous ne pouvons pas laisser une fille dormir chez les garçons…

Je lève les yeux au ciel. J'emmerde le règlement, Sev' et tu le sais très bien!

–Si ce n'est que pour quelques jours, elle peut prendre ma place dans le dortoir! Je suis toute seule avec Millicent et je sais que ça ne la dérangera pas! On peut aussi installer un deuxième lit dans ma chambre. C'est assez grand.

– Vingt points pour Serpentard pour accueillir et aider un élève d'une autre maison, Miss. Vous faites honneur à votre rang de préfète, je suis fier de vous!

Luna me jette un coup d'œil. Je finis par la regarder et la serrer un peu plus fort contre moi alors qu'elle se relâche, toute tension relâchée.

–Miss Lovegood?

–Je pense que la potion commence à faire effet. Elle a dû lutter pour venir ici. C'est l'adrénaline qui l'a fait tenir.

Je soupire en la prenant dans mes bras alors que Daphnée lui lance un sort.

–Pour l'alléger… C'est long jusqu'au dortoir et il faut qu'on passe prendre ses affaires…

–Je demanderai aux elfes de s'en occuper, Miss, vous pouvez y aller.

Je remue un peu pour la réveiller. Allez la blonde, t'as entendu? On rentre à la maison!