Chapitre 22 : III : Willy Wonka ne va pas apparaître

Note de l'auteur :

(Section en italiques tirée du canon)

Note de la traductrice :

(Traduite comme d'habitude)


S'enfuir de chez les Dursley était la meilleure décision que Harry ait jamais prise. Deux semaines pour explorer, lire, essayer de se convaincre de ne pas acheter d'Éclair de Feu, sans oublier passer quatre bonnes heures chez l'apothicaire. Il essaya d'imaginer ce que diraient Hermione et Ron, et décida que Ron dirait 'Bon sang, c'est comme Hermione dans une librairie', ce qui le fit sourire. Il acheta des ingrédients de Potions habituels, ainsi que des choses dont il avait eu besoin l'année précédente et ne possédait pas, comme du sucre pour des bonbons magiques et du rab de scarabées pour le colorant rouge. Après avoir longuement contemplé un chaudron à mélange automatique et visualisé le commentaire probable de Rogue sur les personnes qui avaient besoin d'un chaudron à mélange automatique pour préparer des recettes de troisième année, Harry mit fin à ses achats et prit un catalogue pour les commandes par hibou.

Se rappelant ce qui s'était passé l'année dernière, Harry recommença deux fois sa rédaction sur la potion de Ratatinage avant de renoncer à essayer de l'améliorer davantage. Il ne s'embêta pas avec l'entraînement d'Occlumancie – ce n'était pas comme si vider son esprit et le remplir d'idées de Quidditch avait aidé avec Tante Marge, et il devait présumer que le sorcier maléfique lambda serait plus efficace que sa tante Marge – enfin, en théorie. Son esprit était, comme une note de bas de page dédaigneuse l'indiquait, 'chaotique, plein de feu et de tourment, contraire à toute retenue.'

Heureusement, une conversation au hasard avec Florian Fortarôme supprima toute envie de bouder, car rien ne pouvait entamer le bonheur qu'il ressentit en étant invité derrière le comptoir pour voir comment un des parfums était fabriqué, dans une combinaison fantastique de cuisine, potions et application judicieuse du sort de refroidissement. Harry s'entraîna sur son verre de limonade, et les glaçons ne fondirent pas de tout l'après-midi.

- Ce n'est pas vraiment comme changer le monde ou dompter des dragons, lui confia M. Fortarôme. Mais quand je vois un enfant triste sourire en recevant une crème glacée avec une cerise qui danse par-dessus, je me dis que je rends le monde un peu meilleur à ma façon.

Cela fournit une raison très agréable de penser à autre chose qu'à Sirius Black ou est-ce qu'il allait ou pas mourir ou essayer d'arrêter de déprimer parce qu'il n'avait pas acheté d'Éclair de Feu, jusqu'à ce que Ron commence à parler de Honeydukes dans le train, et que Harry réalise que son tout nouvel intérêt pour la fabrication de bonbons sorciers était encore une nouvelle façon pour sa famille de réussir à rendre sa vie plus difficile qu'elle l'était déjà.

Peut-être que ce fut avec tout ça en tête qu'après une rencontre terrifiante avec un Détraqueur et une ration de chocolat, la première question de Harry pour Remus Lupin quand il revint de s'être assuré que tous les Détraqueurs avaient quitté le train fut "Vous connaissez la recette de ça ?"

Lupin lui répondant humblement qu'il n'était pas vraiment sûr ne ruina en rien la détermination de Harry à trouver la réponse. Il avait toujours aimé les énigmes et les sucreries, et les énigmes faites de sucreries semblaient être un intérêt un peu plus adulte. Il avait quand même treize ans, après tout. Cela fournit une bonne distraction contre les moqueries de Drago, qui n'avaient vraiment pas manqué à Harry malgré la longueur de l'été.


À côté de ses collègues vêtus de leurs plus belles robes de sorcier, Lupin avait l'air singulièrement miteux.

- Regarde Rogue ! souffla Ron à l'oreille de Harry.

Le professeur Rogue, qui enseignait l'art des potions, regardait fixement Lupin. Il était de notoriété publique que Rogue briguait le poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal, mais même Harry fut surpris de voir l'expression de son visage. Plus que la colère, c'était le dégoût qui déformait les traits de son visage maigre et cireux. Harry ne connaissait que trop bien cette expression : c'était celle que Rogue avait arborée pendant la majorité de la première année de Harry, et ce fut seulement en regardant Rogue que Harry réalisa qu'il n'avait pas eu droit à cette expression depuis environ le début de sa deuxième année à l'école. L'année dernière le professeur Rogue avait alterné entre en colère, fatigué et inexpressif en face de Harry. Quand est-ce que ça avait changé ? Ça allait perturber Harry, il le savait, alors qu'il n'avait pas le temps de se faire encore plus de soucis.