- Merci à Ma-Chan pour sa review ! bon courage pour tes études ! les filles ne pourrons pas trop t'aider à réviser, elles sont déjà en galère, mais dès que tu voudras te changer les idées tu seras bienvenue ! * pouce en l'aire de Lilly et Akira *
- Merci à Tsiaritra Randriatoavina aussi pour sa review ! Rolala tu nous a vraiment fait plaisir ! Héhé ^^ les filles savent y faire pour nous envoyer dans des montagnes russes émotionnelles ! entre des bêtises et des moments fatidiques, nous aussi on douille !AAAAAAAAAh l'approvisionnement en mouchoiiiirs ! VAAASTE VAAAAAAASTE problème ! surtout pour ce couple si dangereux et si... * se retient d'y penser ma boite est vide...* ... ce baiser ... Tartine y a laissé sa vie, on a du la ranimer après. Et on te remercie pour ton idée par rapport au point de vue des garçons, la barre des 2.000 se rapproche et donc un chapitre BONUS se profile donc il y a moyen que ton souhait soit exhaussé !
Merci beaucoup pour ces review et ces jolis moments de folie ! vous êtes au bon endroit et promis on a pas fini d'en rire ^^
A tous, merci de nous suivre ! d'être toujours au rendez-vous ça nous motive comme jamais !
D'autant plus que c'est moi LCDAH qui ai le privilège d'ouvrir le chapitre ! c'est un "arc émotionnel" qui s'ouvre et qui va faire des dégâts ! vous l'avez tous compris, notre Lillynette est au bord du gouffre et la distance entre elle est les autres (Luffy, Akira) ne fait qu'augmenter. Il va lui falloir du soutien ! Les hostilités commencent, et les calamités arrivent ! Bonne lecture à tous et vous retrouverez Tartine en fin de chapitre ! Prenez soin de vous !.
Chapitre dix-huit :
Désenchantées
Point de vue de Lilly :
Mon réveil sonne mais j'ai déjà les yeux ouverts.
Je fixe obstinément le plafond de ma chambre à la recherche de la moindre trace. Hier soir je n'ai pas fermé les volets alors le jour s'est déjà invité depuis quelques heures.
J'éteins mon réveil et repousse mes draps.
Comment peut-on se réveiller en ayant déjà mal ?
Les douleurs de mon dos, de mes épaules se font de plus en plus insistantes. Ma mère m'a collé un patch chauffant hier soir, il est tiède à présent. Je le retire délicatement et il laisse des marques sur ma peau blanche.
J'ouvre le robinet d'eau et me défait de mon pyjama.
Une fois propre je choisi la température la plus basse pour me donner un bon coup de fouet. Ma peau rougit au contact de l'eau glacée et j'endure les morsures du froid encore un peu. Puis je m'emmitoufle dans une serviette épaisse. Mes mâchoires s'entrechoquent, je grelotte et sautille sur place, trempant le parquet de ma salle de bains.
Le reflet du miroir me renvoi mon propre reflet, enfin surtout mes cernes et ma mine grise. Mon teint laiteux est d'ordinaire ma fierté mais là, je dois bien admettre que je manque d'éclat.
Chaque geste me coûte mais je parviens à me donner un semblant de bonne mine grâce aux cosmétiques que m'envoie mon père de ses nombreux voyages. Il ne me reste plus qu'à coiffer mes cheveux.
Aujourd'hui c'est cour de sport, mais surtout une activité particulière, alors j'opte pour une couronne de tresses histoire de bien coincer toutes mes mèches et avoir la vue dégagée.
C'est la première fois de l'année où je vais pouvoir participer à un cours de sport alors je compte bien me défouler.
Une fois mon uniforme revêtu et mon nœud parfaitement ajusté, j'attrape mon sac et dévale les escaliers.
- Oh, un papillon blanc.
La voix de mon Grand-père rayonne comme mon premier rayon de soleil de la journée. En ce moment et depuis que j'ai appris ce qu'il a fait pour Marco et les autres, j'ai encore plus envie de redevenir une petite fille et passer mes après-midis à dormir sur ses genoux.
Je m'empresse donc de me blottir contre lui et il me rend mon étreinte.
- Câlin collectif !
Lance ma mère qui se joint à nous. Je suis certaine qu'elle pourrait nous porter tous les deux. Elle sent le café et le beurre fondu, ça me donne faim !
- Tu t'es coiffée ?!
La remarque de mon Grand-père m'arrache un sourire alors j'avance et m'assied au comptoir de son bar tandis qu'il me serre un verre de jus de fruit.
- Oui, aujourd'hui c'est tir à l'arc au lycée ! je suis super excitée !
- Oh ! ne tue personne. Me dit-il.
- Tu sais très bien que je suis douée ! je ne risque pas de le faire par inadvertance.
- Je sais, c'est pour ça que je te le répète : ne tue personne, délibérément.
Un sourire se dessine sur mon visage et je fais mine de bouder, tout en sachant que sa mise en garde est valable… Ma mère vient nous rejoindre, les mains chargées de mon moka adoré et d'un bon croissant.
- Salut !
Dehors, Akira est déjà là. Je lui ai déjà proposé plusieurs fois de venir prendre le petit déjeuné chez moi mais visiblement, elle préfère ses brocolis et son poisson froid. Brrr quelle idée.
- Alors ? Lui demande-je.
- Jaune ! et toi ?
- Noire.
Nous rions toutes les deux après avoir satisfait à cette tradition matinale : de quelle couleur est ta culotte ? ça porte bonheur.
- J'ai encore rêvé d'Alisha cette nuit ! je veux vraiment apprendre à me battre contre elle !
C'est vrai qu'Akira et Alisha se sont échangé leurs coordonnées à la fin du séjour. Rien que d'y repenser mon cœur se serre. Non pas qu'Alisha m'ait traumatisé (quoi que…) mais quand je repense au trajet du retour, à ce silence si pesant.
Dans le train, tout allait bien jusqu'à ce que Monkey-san rentre dans le wagon, la mine fermée et si silencieux. Il s'est assis au fond, rejoint par Portgas-san qui affichait lui aussi un visage crispé et triste. Pas un mot n'a été échangé de tout le trajet, toute la classe est restée silencieuse. Même Nami-san nous à peine regardé.
Ça fait une semaine que nous sommes rentrés déjà, mais j'ai le sentiment que l'abcès n'a toujours pas été percé.
Akira aussi a changé, je le vois bien. Le baiser échangé avec Ace l'a touché, chamboulé mais elle ne sait pas comment s'y prendre pour y voir plus clair. Tout le monde navigue à vue en définitive. J'avale les dernières gouttes de café chaud et glisse ma main dans celle de mon amie. Ses yeux pétillent mais je sens battre son cœur et je m'en veux d'être si faible, il me faut de la force pour pouvoir l'épauler !
Je balance mon gobelet dans la poubelle et me met à courir jusqu'au lycée, entraînant Akira dans ma course.
- Aaaaaah ! attends ! faut que j'enlève mes chaussures avant !
- Nan, comme ça tu vas pouvoir les user un peu !
Nos éclats de rire réveillent le soleil tandis que nous sillonnons les rues jusqu'à arriver devant le grilles du lycée Grand Line. Dehors, le surveillant Katakuri monte la garde et nous glisse un regard glacé.
- Ne courez pas.
Nous hochons la tête alors que je sens mon épine dorsale tressaillir. Ce type me fait flipper. Devant les casier, Akira balance ses chaussures et fourre ses patins dans son sac avant de me lancer :
- Je vais faire pipi ! on se retrouve dans la classe !
Je lui fais « coucou » de la main en lui souhaitant bon courage avec sa vessie.
- Toujours aussi discrètes.
Nami-san et Vivi-san viennent d'arriver elles aussi et nous nous saluons.
- Je suis passée chez les trois frères hier … j'en reviens toujours pas que tu aies pu croire que Luffy puisse sortir avec Margaret.
La voix de Nami-san vient perturber mes oreilles dès le matin.
- Je te l'ai déjà dit plusieurs fois, Dellinger nous avait fait part du fait que « Luffy était avec Margaret », c'est tout. Je soupire. Là c'est moi qui ne comprends pas pourquoi cette histoire dure autant.
- Mais parce que tu as préféré croire Dellinger plutôt que de faire confiance à Luffy ! Et surtout Lilly, tu ne te rends pas compte du mal que tu lui fais ! Je suis son amie et je suis là pour le protéger !
Je soupire, toute cette histoire est ridicule.
- Alors sois une bonne amie, et va t'occuper de lui, ne t'approche pas de moi puisque je suis visiblement si nocive.
Je claque la porte de mon casier et lance un mauvais regard à Nami-san, les nerfs à vifs je pars en direction de la salle de classe.
- C'est tout ce que tu sais faire ! Repousser les autres au lieu de dire la vérité !
Le cri de Nami-san me donne le hoquet et mon cœur manque un battement. Figée sur place, mes poings se serrent. Je trébuche et mon téléphone me glisse des mains. Les jambes tremblantes je m'accroupie pour le ramasser, mais ce sont d'autres doigts qui s'en sont chargé. Je lève les yeux et mon regard se porte sur la cicatrice qu'il possède sous l'œil gauche. Monkey-san me tend mon portable, les yeux lumineux mais le sourire froid.
- Merci.
Je pose mes doigts sur ma coque mais il résiste et ne me rend pas mon mobil.
- Je sors pas avec Margaret.
Impossible de me rappeler la dernière fois qu'il m'a parlé directement. Sa voix, c'est comme si tous ces moments passés n'étaient au final qu'un rêve, tout ce dont je me souviens, ce sont mes mots « je ne peux pas être ton amie ».
- Je m'en fiche, que tu ne sois plus avec Margaret ça ne m'intéresse pas.
Je parviens à récupérer mon téléphone tandis que la prise de Monkey-san s'est affaiblie. Il ne répond rien, se contente de plaquer son chapeau de paille sur son crâne et d'avancer.
- C'est l'anniversaire de Nami.
Puis il s'en va.
Je ne sais pas combien de fois il faudrait que je répète le mot « merde » dans ma tête pour couvrir les hurlements de mon cœur. Mes lèvres s'agitent frénétiquement alors que je pousse la porte de la salle de classe. Akira est déjà là, assise sur mon pupitre comme à son habitude et le simple fait de voir sa silhouette suffit à me rassurer. Je tire ma chaise pour m'asseoir et viens poser ma tête sur les cuisses de mon amie.
- J'ai faim…
- Je t'avais dit de prendre un croissant chez moi.
- J'aurai dû.
Un sourire fend mes lèvres et j'ai la sensation de m'endormir. Mon pauvre cœur est mis à si rude épreuve en ce moment, j'ai beau être solide je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir encore.
« Salutations tout le monde ! c'est moi Usopp et je vais vous raconter la fois où j'ai combattu avec 8 000 hommes contre un dragon volant avec un simple cailloux ! Héhé ! »
Mais la voix d'Usopp-san me tire de ma quiétude. Quel est l'abruti qui a laissé Usopp-san accéder au micro de l'école ?! Qu'on aille pas me faire croire qu'il existe un « club radio » c'est encore un de ses mensonges, je n'y crois pas !
- Oh ! il est courageux ! avec un caillou, tu te rends compte !?
Niarf, il n'y a bien qu'Akira pour l'écouter… Ses yeux pétillant et sa bouche légèrement ouverte témoignent de tout l'intérêt qu'elle porte au récit de l'affabulateur. Je soupire en tapotant sa cuisse.
- Heureusement que tu es là.
Pour toute réponse, mon amie me gratifia d'un éclat de rire.
La matinée est passée comme une brise monotone. Je crois que même les professeurs sont surpris du calme qui règne dans cette classe de fous.
Une certaine routine s'est installée et je tiens bon pour continuer à garder la main d'Akira dans la mienne. C'est comme si j'avais peur que si je la lâchais, elle disparaitrait quelque part, sans moi. J'ai l'impression que tout le monde est loin de moi, surement à cause de la distance que j'ai moi-même introduite, mais je refuse de me fermer d'Akira. J'ai tant besoin d'elle.
Dans les vestiaires, une fois encore le silence et les murmures.
Nos tenues de sport (qui ont pris cher pendant le voyage) nous ont été remplacées et ce sont maintenant de longs leggings noirs qui remplacent nos shorts traditionnels. Pas de changement pour les t-shirts blancs en revanche, vu ma taille je suis obligée de rebouler les manches.
Nami-san et Vivi-san terminent de se changer. Mon cœur se serre et je fais quand même un pas vers elles.
- Nami-san… Dis-je, la mine boudeuse.
- Quoi ?
Elle se retourne, les sourcils légèrement froncés.
- Euh, mmmh… bon anniversaire…
En une seconde l'expression du visage de Nami-san change et c'est un sourire qui vient illuminer ses traits. Elle se met à rire tout en passant son index sous son nez.
- Héhé ! merci !
- Ooooh ! je savais pas !
Akira nous rejoint tandis que j'ouvre les bras et que je sens mes joues rosir.
- Cadeau …
- Oh ! me dis pas que … !
Nami-san explose de rire devant ma pudeur et je soupire en lui faisant un câlin. Même si je connais l'appétence de Nami-san pour les biens matériels, c'est tout ce que je peux lui offrir en l'instant : un câlin. Très vite, Akira et Vivi-san nous rejoignent et j'ai l'impression de revivre le câlin collectif de ce matin. Nous rions toutes ensemble et je crois qu'au final c'est à moi qu'il a fait le plus de bien. Après quelques secondes de silence à profiter de la présence de l'autre, du collectif, nous nous séparons, les joues légèrement rosies.
- Merci Lilly, mais ça ne change pas ce que je t'ai dit ce matin, à propos de Luffy.
La voix de Nami-san est si douce, je sens qu'elle fait de son mieux pour être compréhensive. Je décide donc de faire un effort.
- Nami.
C'est la première fois que je l'appelle uniquement par son prénom, et je ne compte pas réitérer mais je vais faire de mon mieux pour lui parler un peu. Je prends sa main.
- Ce qu'a pu dire Dellinger, ce n'est pas ça la source du « problème », il n'y est pour rien, je ne pense pas qu'il ait dit cela volontairement. La véritable source de tout cela c'est moi et, parce que tu es l'amie de Monkey-san, alors crois-moi, jamais je ne ferai quoique ce soit qui puisse lui nuire directement, au contraire je … je fais tout ce que je peux pour le protéger…
Mon regard, comme un besoin vital, se plonge vers le sol à apprendre par cœur les motifs du lino qui revêt le sol des vestiaires. Si je pense à quoique ce soit d'autre je craquerai, il n'en est pas question.
- Et tu penses sérieusement que tu pourrais lui faire du mal en étant proche de lui ? Je ne te crois pas, c'est bien plus votre distance qui le blesse.
Je dépose mon autre main sur celle de Nami-san.
- La vérité peut être, bien plus atroce qu'une simple absence.
Mes doigts glissent hors de ceux de Nami-san à qui je destine un sourire franc, sans dissimuler toute l'amertume qui noie mon cœur en ce moment. Face à mon casier je prends une respiration profonde et m'empare de mon carquois. Tirer me fera du bien. Dans l'embrasure de la porte qui mène au gymnase Akira me rejoint et m'adresse un sourire doux. Elle sait, elle me comprend mais me laisse le temps de faire les choses à ma manière, sa confiance me réconforte.
- Tu as pris ton arc !
- Oui, il est fait parfaitement à ma taille, comme je suis petite j'ai souvent du mal avec les arcs standards.
Les lèvres d'Akira s'entrouvrent à mesure que je lui fais le détail de spécificité techniques de mon arc. Je ne boude ni mas fierté, ni mon plaisir. Jamais encore je n'avais pu tirer avec à l'école, on me l'interdisait systématiquement mais le professeur Borsalino m'avait autorisé à l'apporter, il semblait même intéressé et curieux de mon niveau réel.
- Il est joli ! j'aime bien les dessins. Me dit Akira.
- Les dessins ?
Elle me désigne une gravure à l'intérieur de l'arc.
Un frisson me parcourt l'intégralité du corps. Ce n'est pas un dessin, c'est le logo de « Dragon Céleste ». Je me stoppe net, qu'est-ce que je suis censée faire ?!
- Mmh ? ça ne va pas ? tu n'es pas allée aux toilettes ?
La remarque d'Akira qui parvient d'ordinaire à me faire relativiser, échoue.
- OoooOoooh te voilà ! Je t'ai trouvé un adversaire, j'ai vraiment hâte de voir ça.
La voix du professeur capte toute mon attention, il tapote de la main le dos de Vinsmoke-san qui s'en va, me dévoilant cet « adversaire » qui se tient devant moi, un arc médiocre à la main.
Margaret.
Debout l'une face à l'autre, nous nous considérons sans restriction. Elle doit très certainement m'en vouloir pour l'avoir, non seulement envoyé sur les roses mais aussi mise mal à l'aise pendant le voyage. Un nouveau nom à rajouter sur la longue liste de ceux qui ont quelque chose à me reprocher.
- Ecooouutez tous, aujourd'huiiii cours un peu spécial ! j'ai toujours rêvéé d'un tournois d'archers ! D'habitude mes élèves sont mauvais, mais là, j'ai un millésime parfait !
En effet, il n'a pas lésiné sur les moyens, il doit y avoir plus de dix cibles et des montages étranges de cibles mouvantes. On bien surs qu'il s'agit d'un cours d'EPS ?
- Et comme les paris sportifs ça fait aussi parti du sport, c'est Sentoumaru qui récoltera les paris.
Dans les gradins, un gros type au physique étrange et à la ceinture de corde léchouille frénétiquement sa sucette en forme de patte de chat.
- Quoi ? c'est vraiment n'importe quoi !
Nami-san s'adresse au professeur tandis que Vivi-san supervise Koza-san qui a déjà commencé à démonter certaines cibles.
- Qu'est-ce qu'on y gagne ?
Je demande tout en gardant les yeux fixés dans ceux de Margaret.
- Un secret.
Elle me répond sans sourciller et poursuit.
- La perdante devra révéler un secret à l'autre.
C'est donc ça.
Autour de nous une légère vague de contestation mais je ressens l'agitation qui gagne la classe, c'est peut-être ce qu'il nous faut à tous, une compétition en règle.
- D'accord.
Non Lilly tu n'as pas…
- Si tu gagnes, je te dirai ce que tu veux savoir. Dis-je en désignant Margaret.
- J'en ferai pareil.
Je souris, la situation est absurde.
- Aucun de tes petits secrets ne m'intéressent. Un léger rire traversa ma gorge.
- Détrompe-toi.
Oh, je dois avouer que la détermination que me démontre Margaret force le respect, mais elle ne sait pas à qui elle a affaires. Je dépose mon arc magnifique dans les mains d'Akira et retire mon carquois fétiche que je lui confie avant de me saisir d'un arc banal et trop grand pour moi.
Margaret est si sure d'elle.
- Tu as beau être téméraire, je ne veux pas qu'on m'accuse d'avoir gagné grâce au matériel, alors je me mets à ton niveau.
Et ça résoudra la question de mon arc « Dragon Céleste ». Je salue du regard Akira qui sert contre elles mes bijoux adorés, Vivi-san la prend par les épaules et l'emmène dans les gradins. Derrière moi, Nami-san me glisse à l'oreille.
- T'es pas censée être au courant, mais Margaret est notre championne régionale, elle n'a jamais perdu, alors fait attention.
Je hoche la tête et elle s'en va rejoindre les autres. Eux non plus ne sont pas censés savoir mon niveau réel. Après tout, je ne suis pas d'ici.
Borsalino-senseï nous explique rapidement les règles, elles sont simples. Il y aura trois phases. La première pour les huit cibles fixes à 80 mètres, il faut faire le plus de points. La seconde pour les cibles mouvantes, il faudra en toucher le plus. Puis l'épreuve finale qu'il nous révèlera en temps voulu.
Margaret et moi nous saluons du regard, courtoisie nécessaire à la noblesse de ce sport. Je choisi de lui laisser la main. Elle n'aura qu'un seul moment de gloire alors autant qu'elle en profite.
Les cibles sont posées tout au fond du gymnase, le reste de la classe est calmement assis sur les gradins à droite. Margaret a remonté la ligne et décoche sa première flèche. Elle est précise et remonte une cible après l'autre. Au final elle les a toutes touchées mais n'a percé que cinq fois le fameux cercle rouge. Les élèves l'applaudissent ce qui doit lui faire du bien après le rejet de Boa. Ce tournois est aussi une occasion pour elle de retrouver un peu de popularité.
Je laisse couler les applaudissements encore un peu avant de m'avancer au centre de la ligne des dix mètres. Là où Margaret avait pris le temps de tirer une par une, ses flèches, je pioche huit flèches dans le carquois posé dans mon dos. Je positionne mon arc à l'horizontal et coince les huit têtes contre le bois usé de l'arc. Je plie un peu mes genoux, mais ma petite taille a toujours été un avantage sérieux, souvent sous-estimé par mes adversaires.
J'inspire profondément et me concentre au point de tout effacer de mon esprit, je ne vois que les trajectoires. J'expire et tends la corde.
D'un coup sec et rapide je libère les huit flèches qui s'en vont fendre l'air à une vitesse phénoménale. Elles se poussent légèrement les unes et les autres sous l'impulsion que je leur ai donnée et vont rigoureusement toutes, percer les cœurs rouges des cibles.
Je n'en ai pas manqué un seul.
Dans le silence général, je me retourne, Margaret est derrière moi à quelques pas mais loin. Cette distance qui nous sépare, celle qui nous différencie.
Elle est championne, tandis je n'ai aucun titre ni médaille, j'ai toujours eu peur qu'on attribue ma réussite à mes origines. Mais c'est une amazone, le combat n'est pas terminé.
Au loin j'entends un murmure monter et le professeur saluer mon tir. Mais ni Margaret ni moi ne prêtons attention aux alentours, elle veut me battre et moi je veux me battre. Nous entamons la phase 2 sans même attendre qu'on nous y invite. Margaret active le petit moteur et les petites cibles du module commencent à bouger. On se croirait devant un stand de fête foraine. Il ne manquerait plus que la musique et l'odeur des barbes à papa.
Plus déterminée que jamais Margaret va chercher en elle-même l'énergie et la conviction nécessaire pour livrer ses meilleurs tirs, mais elle rate la dernière en explosant quand même la cible. Ses mains sont crispées et ses muscles sont tendus.
L'esprit toujours vide et lavée de toute douleur j'accompagne une à une chacune de mes flèches vers le cœur de la cible. C'est comme si à chaque tire retirait une des épines qui blesse mon cœur, comme si je gagnais en envergure. J'ai compté dix-neuf impacts parfaits, je n'en ai pas loupé un seul mais je sais qu'il en manque un. Derrière, j'entends le professeur rire de sa voix aiguë. Mon intuition doit être la bonne, la dernière cible doit être cachée quelque part.
La première qualité de l'archer et l'observation et je suis à peu près certaine que le professeur a basé la dernière épreuve sur cet impératif. La dernière cible doit être dissimulée mais à portée de tir.
Où Borsalino-senseï aurait-il pu la cacher ?
Soudain, le souvenir me traverse l'esprit ! Quand je suis arrivée, il tapotait dans le dos de Vinsmoke-san ! Il lui a collé la cible dans le dos !
A cette distance un tir trop violent lui causerait de sévères blessures, la précision, seconde valeur de l'archer. Vu l'état de nefs dans lequel se trouve Margaret il n'est pas question de lui donner la solution, je dois trouver un moyen d'attirer l'attention de Vinsmoke-san sans qu'elle ne lui tire dessus.
Il est assis au dernier rang, devant lui, Roronoa-san…. Je me souviens alors de ce moment rapide qu'il avait fait pour venir en aide au blond, peut-il le sauve encore ? Je parie là-dessus.
La résolution prise je commence à courir dans la direction opposée aux gradins. A bonne distance je décoche une flèche qui vient se planter entre les jambes de Roronoa-san qui sursaute à cause de l'impact.
- Oraaa ! ça va pas ?
Les autres élèves s'écartent de lui, sauf Vinsmoke-san qui se lève et se penche pour reculer son ami de peur d'un nouveau tir. Dans son geste, j'aperçois le haut de la cible effectivement positionnée dans son dos. Je glisse un œil vers Margaret qui a évidemment découvert le disque en carton elle-aussi. Sans attendre d'avantage, elle bande son arc et tire en direction du blond. Comme je le craignais elle a bien pris Vinsmoke-san pour cible vivante !
Du plus rapide que je le peux, je tire moi aussi, en direction du blond pour barrer la trajectoire de la flèche de Margaret. J'espère juste que Roronoa-san pourra le dégager à temps.
L'impact n'a pas été fort mais il a dû être puissant, assez pour faire glisser Vinsmoke-san des marches des gradins.
J'ai vissé mes yeux sur ses jambes et j'ai prié pour ne pas les voir s'écraser contre le sol. Mais Roronoa-san l'a rattrapé, il s'est saisi du bond par la taille et l'a chopé à la volée lui empêchant une chute douloureuse.
Ce n'est qu'en voyant Vinsmoke ainsi perché dans le vide et retenu par les bras solides de Roronoa-san que Margaret comprend ce qu'elle a fait. Elle lâche son arc qui vient se briser conter le sol et court jusqu'aux gradins.
Pour moi ce ne sera pas possible, j'ai le souffle court et mes jambes flageolent, j'ai vraiment eu peur.
- OOoooooOOOooooh je crois que nous avons une gagnante !
Borsalino-senseï s'est levé et ramasse la flèche tombée à côté de Vinsmoke-san. Ce dernier se rend compte finalement de ce qu'il avait dans le dos et arrache en criant la cible en carton. Devant l'étonnement général, aucune flèche n'est plantée dans cette cible, mais elle est pliée en deux.
Un murmure se soulève et tous demandent des explications.
- Hiihiiiiiihii, regardez donc !
De ses longs doigts, Borsalino-senseï dévoile la flèche de Margaret, plantée dans la mienne qui a paré l'impact. Le choc a été violent, la cible a été pliée et ma flèche perforée, elle va éclater, mais Vinsmoke-san n'a rien senti.
L'espace d'une seconde, ma flèche s'effrite et tombe en miettes sur les gradins. Je m'écroule, les fesses sur le terrain puis j'entends Margaret murmurer : « J'ai perdu ».
- Raaaaaaah …
Ma tête cogne contre le lino du terrain, ça m'a fait du bien mais je suis rincée.
- Ouiiiii ! Bravoooo Lillyyyyyy !
J'entends la voix d'Akira et j'ai envie de rire. Je me redresse et tout le monde a quitté les gradins, l'ambiance s'est réchauffée. Nami-san me tend la main et m'aide à me redresser.
- Une si belle victoire ça vaut bien une invitation à ma soirée privée ! J'entends vaguement Nami-san.
- Oooh ! je peux venir aussi !?
Akira m'a rejoint, elle tient toujours fermement mes bijoux et sourit à Nami-san. J'ai presque envie d'y aller, à sa soirée privée.
- Tu as effectivement gagné.
Un genou à terre, Margaret me tend la main, je la serre.
- Mais ne t'en fais pas, pas la peine de me raconter que tu rêves d'un poney pour noël, tes petits secrets ne m'intéressent pas.
Margaret sourit, pour la première fois et ne lâche pas ma main, au contraire, elle tire dessus pour me rapprocher d'elle. La bouche collée contre mon oreille elle me susurre.
- Comme tu as l'air d'être têtue et aimer faire l'autruche, laisse-moi de te le dire ce petit secret. Tu as raison, le fait que nous soyons sortis ensemble lui et moi l'été dernier n'en est pas un, tout le monde le savait et c'est la raison pour laquelle Hancock me voulait près d'elle. Mais ce que personne ne sait, ce que nous avons gardé secret Luffy et moi, c'est que nous avons couché ensemble, tous les deux, plusieurs fois. Pas un recoin de son corps ne m'est inconnu.
Margaret m'a lâché et ma tête s'est cogné contre le sol. Elle se penche sur moi et me dépose un baiser sur la joue.
- Je suis seule désormais, mais vous n'avez pas à vous imposer ça à cause de moi. Alors ? Toujours persuadée que mes petits secrets te désintéressent ?
Ma vision devient floue et je sens un liquide chaud s'écouler de mon nez.
- Lilly ! tu saiiiiiignes !
Mais loin de l'effusion habituelle, le torrent rouge se déverse avec une certaine sérénité, comme si c'était mon cœur qui saignait, qui en finissait d'être brisé.
Je ferme les yeux et je sens qu'on me porte et me transporte dans un autre lieu. J'ai l'impression qu'une odeur de viande grillée s'engouffre dans mes narines endolories, on m'amène à la cantine ? Peu après, je me réveille sur un petit lit de l'infirmerie. Je reconnais tout de suite ce décor si familier. Allongée, je referme les yeux, tout mon corps est si lourd. Le poids de mes sentiments, de ma conscience qui m'accable.
La révélation de Margaret m'a fait l'effet d'une gifle, d'un passage à tabac, comme si un camion m'avait roulé dessus. Mais je n'arrive toujours pas à pleurer. Pourtant je sais que j'ai mal rien qu'à l'imaginer prendre la main d'une autre, la regarder avec cette douceur, lui sourire…
Mes doigts pianotent sur le drap blanc et je serre le poing.
- Lâche-moi putain ! j'ai rien !
- J'te crois pas le roulé ! laisse toi examiner !
Les voix de Roronoa-san et Vinsmoke-san me sortent de mes sanglots secs.
- Il est où l'autre ?
- Tu vois, y'a personne, c'est bon j'me tire.
- J'AI DIT !
J'entends le bruit d'une chaise qui claque. Curieuse, je me retourne discrètement et pousse le rideau blanc du bout du doigt. Devant le bureau de Marco, Vinsmoke-san est assis sur la chaise, bloqué par Roronoa-san, les bras accrochés aux accoudoirs et la tête baissée face au blond.
- Pourquoi tu fais toujours ça …
Les mots de Roronoa-san arrachent un soupire à Vinsmoke-san.
- Et toi, pourquoi tu me traites toujours comme un con ?
- C'est pas vrai ! Et d'abord t'es le premier à jouer les guignols, à t'affoler pour toutes ces filles … C'est la première fois que je vois Roronoa-san le rouge aux joues.
- Je suis comme ça, mais ça ne m'empêche pas de savoir ce que je veux.
- Ah ouais ?! bah on dirait pas le cuisto. Mais bon, après tout, si t'es même pas capable de trouver un truc sympa à me dire …
Vinsmoke-san pointe du doigts Roronoa-san qui doit faire référence à son gage du jeu du roi pendant le voyage scolaire, auquel Vinsmoke-san avait refusé de répondre.
- J'en étais sur ! tu fais encore la gueule pour ça !
- EVIDEMENT ! … et je fais pas la gueule, j'suis juste … voilà.
Quelle éloquence. Même quand ils essaient de ce dire quelque chose ces deux-là en passent toujours pas des engueulades … je soupire intérieurement.
- Ta force, ton courage, ta couleur de cheveux, tes boucles d'oreilles … ça va ? je continue ?
- Mmmm…
La tête de Roronoa-san retombe vers le sol, dérobant son regard à celui de Vinsmoke-san. Une atmosphère étrange commence à titiller mes narines. Me dites pas que …
Vinsmoke-san dépose ses mains sur les joues de Roronoa-san et le force à le regarder.
- Tes yeux, tes lèvres …
Pas besoin de mots pour terminer cette phrase, leurs bouches sont scellées les unes sur les autres.
OH PUTAIN !
Je presse mes paumes sur mes narines pour ne pas transformer l'infirmerie en baignoire de sang et je fais des efforts surhumains pour garder les yeux ouverts. Pas question d'en perdre une seule miette. Leur baiser est interminable, les mains de Roronoa-san ont quitté les accoudoirs pour venir saisir le t-shirt de Vinsmoke-san, il pourrait le déchirer. Mais loin de protester, Vinsmoke-san se blotti plus proche encore des bras de Roronoa-san et cambre un peu son dos.
GRAND DIEU QUE C'EST SEXY !
Je crois qu'ils sont à deux doigt de se monter dessus !
- Y'a quelqu'un ?
RHAAAAH AKIRA !?
Nous sursautons tous les trois et les deux garçons reprennent illico leur distance habituelle tandis qu'Akira pénètre dans la petite pièce.
- Oh ! salut ! vous êtes blessés ? vous êtes tous rouges ?
- NAN !
Ils se tirent en courant, la porte claque et ils ont déjà disparu. Je pousse le rideau et me vautre sur le sol, le carrelage froid me fais du bien. Je jurerai que de la vapeur s'échappe de mes paumes, mon sang doit être en fusion.
- Oh ! t'es là ! les cours de l'après-midi ont été annulé !
- Hein ?
Mon amie me tend un soba-pan et viens s'asseoir par terre à côté de moi.
- Il parait que Belmère a séquestré tous les profs de notre classe pour que Nami puisse quand même profiter de son jour d'anniversaire ! t'y crois ?
- Honnêtement ? oui.
- Du coup les filles nous attendent si t'es en état !
Akira a toujours le sourire et les pieds nus. Elle boulotte tranquillement son soba-pan et fredonnant. Évidemment que je veux venir avec elle.
- Qu'est-ce qu'on va faire ?
Elle avale de travers et Akira-grimace fait son retour.
- Les magasins …
Je l'entends déglutir bruyament et surtout je la vois tirer une tronche !
- Shishishiiiii ! et tu as accepté !?
- J'ai pensé que ça te ferait plaisir, t'aime bien ça non ?
- Oui, mais toi tu déteste ça…
Tu as accepté pour moi.
- J'avale d'une traite mon soba-pan et me hisse sur mes jambes avec une énergie imaginaire.
- Go !
Hors de question que je laisse ses efforts vains ! Sus aux magasins !
J'étais tellement dégoûtée d'avoir perdu mes affaires pendant le voyage scolaire que je n'étais même pas rentrée dans une boutique depuis. Mais c'est la première fois que je fais du shopping avec autant d'amies.
Nami-san ne quitte plus son téléphone des mains qui vibre sans arrêts d'appels et de messages, elle offre une ristourne aujourd'hui seulement sur les ardoises de ceux qui lui souhaitent son anniversaire. A chaque appel elle griffonne dans son carnet secret. Vivi-san quant à elle est pire que moi niveau shopping, et surtout dépenses ! Nous devions juste prendre une glace et aller à la boutique de maillots de bain mais on se retrouve à entreprendre une expédition devant chaque vitrine du centre commercial.
La route jusqu'au maillot est encore longue…
Tandis qu'Akira s'aère le cerveau en donnant des noms à tous les poissons de l'aquarium géant qui trône au milieu de l'étage, je balaye du regard la vitrine du magasin en face. Ce sont des petits objets mignons et scintillants, je me demande quel genre de fille pourrait porter des trucs pareil…
Quand soudain mes yeux se posent sur un petit bijou de portable, du genre scintillant et parfaitement inutile mais qui attire mon regard et redonne des couleurs à mes joues. Une petite libellule étincelante aux ailes irisées. Elle est magnifique !
J'ai fait de la condensation sur la vitre mais je n'arrive pas à défaire mon regard de ses ailes.
Il me la faut !
Je m'apprête à passer le seuil de la boutique mais … Nami-san m'attrape au vol.
- Direction les maillots !
- Oui oui, deux secondes ! j'arrive je la prends juste !
Elle me regarde, dégaine son carnet secret.
- Je te facture donc deux secondes du jour de mon anniversaire ?!
La menace suprême… Je soupire en m'adressant mentalement à la libellule « bouge pas, je reviendrai te chercher ! » puis cède à Nami-san qui ricane.
Nous sommes toutes les trois assises sur les fauteuils tandis que Nami-san sillonne les rayons du magasin.
- J'ai envie de mourir. Chuchotte Akira.
- Et moi de m'enfuir. Lui répondis-je.
- Tenez bon les filles, ce n'est qu'un jour par an. Concède Vivi-san.
Puis Nami-san reviens vers nous, les bras chargés.
- Alors ! je vous ai trouvé des petites merveilles ! pas question de refuser de les essayer ! Tiens, pour toi Akira j'ai pris un modèle une pièce, avec ta petite poitrine et ta jolie peau ça sera super. Pour Vivi j'ai pris le plus cher. Et toi Lilly, j'ai remarqué un truc la dernière fois : tu nous avais caché tes nibards ! allez hop, on va remédier à ça ! en cabine et plus vite que ça !
Nous soupirons toutes les trois et je vois qu'Akira lorgne sur la sortie de secours, je lui prends la main et tente de lui transmettre le peu de courage qu'il me reste.
Chacune dans une cabine, c'est la soumission totale.
Je défais ma chemise et me retrouve très vite en sous-vêtements devant le miroir. Devant ma peau blanche je me souviens des mots de Margaret : « Pas un recoin de son corps ne m'est inconnu » et je me sens frémir.
La peau de Monley-san. Ma peau.
Je passe mes doigts sur mon cou et les glisse sur mes épaules. Qu'est-ce que ça me ferait s'il effleurait ma peau comme ça ? ai-je envie qu'il le fasse ? Hypnotisée par cette pensée je ressens sa chaleur, comme au cinéma quand je me suis endormie contre lui. Je repense à sa main dans mon dos.
Pourquoi n'en ai-je pas plus profité ?
Je soupire et enfile le maillot de bain choisi par Nami-san. Deux pièces. Il est vrai que ma poitrine est généreuse, mais je ne l'avais jamais considéré comme un atout, je ne m'étais jamais posée la question de plaire à quelqu'un. Ou encore d'être désirable.
Je noue les cordons colorés derrière ma nuque dégagée par mes cheveu noués. Le tissu, tout en nuances de bleus, met en valeur ma peau laiteuse et les paillettes me donnent de l'éclat. La forme du soutien-gorge souligne l'opulence de ma poitrine en en dévoilant les contours. Le bas, légèrement échancré, accompagne la finesse de mes jambes. Je les trouve d'ordinaire trop maigres et petites mais là, elles me plaisent. Je me tourne et me retourne devant le miroir avant de pousser le rideau pour retrouver mes amies.
Akira est aussi victime du changement. Mais comme moi, ce changement lui donne des allures féminines plus assumées. Le maillot gris perlé qu'elle porte est largement décolleté à l'avant et les bretelles soulignent la musculature de ses bras. La ceinture à la taille lui donne une allure sophistiquée et plus mature que d'ordinaire. Ses yeux océans et ses cheveux écarlates paraissent encore plus flamboyants.
Vivi-san est quant à elle revêtue d'un maillot couleur or qui lui va parfaitement.
Et Nami-san … Je dois avouer avoir du mal à déterminer la couleur du tissu tellement c'est le grand absent de son corps. Mais bon, autant couvrir des montagnes avec une serviette en papier… c'est vain…
Je me dis au moins qu'il ne sera pas très cher vu le peu de tissu utilisé…
- 155 Berry. Merci les filles.
- KOUAAA ?!
Nami-san part en nous faisant un clin d'œil sous le bruit du tiroir-caisse du magasin. Vivi-san et moi sortons nos cartes de crédit tandis qu'Akira est en train de se changer. Je refuse de lui imposer cette facture cosmique alors qu'elle a pris tout son courage pour enfiler ce maillot dans lequel elle est si jolie. Je fais signe à la vendeuse de rajouter la part d'Akira et son maillot au montant… Je dis adieu mentalement à ma jolie libellule en tapant mon code sur la machine.
J'aurai préféré me planter.
Point de vue Akira :
Je m'asperge plusieurs fois le visage avec de l'eau froide. Puis je tapote mes joues et me redresse pour me contempler dans le miroir au-dessus du lavabo. Nami avait raison. Ce maillot de bain gris perle met en exergue mes cheveux et mes yeux. On ne voit qu'eux. Mon regard descend inexorablement vers ce décolleté vertigineux qui laisse même entrevoir mon nombril. Comme mes seins sont petits, je n'ai pas l'impression d'être vulgaire. Heureusement que je n'ai pas hérité de la poitrine opulente de ma mère.
Je fronce les sourcils en me souvenant des paroles horribles qu'elle m'a décernées tout à l'heure. Nami, Vivi, Lilly et moi nous sommes séparées pour que la rouquine puisse achever les préparatifs de sa fête d'anniversaire. En rentrant chez moi pour dîner, je me suis rendue compte que j'ai passé une bonne partie des dix derniers jours à l'extérieur. Le Jeu du Roi a fait des dégâts dans mon cœur et ma tête, il fallait absolument que je me change les idées. Mais à ce moment-là, en ouvrant la porte, j'ai culpabilisé d'abandonner ma mère à son sort.
Je l'ai alors découvert blottie sur le canapé, les restes d'un plat surgelé reposant à côté d'elle. Mon cœur s'est affolé à cette vision et j'ai fait aussitôt le lien. Phase dépressive, celle qui me terrifie le plus. En me dirigeant craintivement vers elle, j'ai pressé mon portable à m'en défaire les phalanges avec un leitmotiv en tête : « Je ne suis plus seule dans cette maison ». C'est vrai. Même si mon père est toujours en séminaire, il me suffit de l'appeler pour ressentir notre lien. Alors j'ai replacé la couverture sur le corps endormi de ma mère et j'ai débarrassé la vaisselle sale. J'ai sorti l'un des nombreux plats préparés qu'achète ma mère et l'ai placé au micro-ondes. Je déteste cette nourriture mais je voulais rejoindre Lilly au plus vite chez elle.
En repartant, à peine vingt minutes plus tard, j'ai fait quand même une halte devant le canapé. Je devais l'informer de la soirée de Nami. Si je ne communique pas avec elle, rien ne changera vraiment. Le corps tremblotant, j'ai allongé le bras vers elle et j'ai secoué son corps frêle. Elle a émis un grognement plaintif puis s'est tournée vers moi. Son regard océan était alors aussi glacial qu'un ciel d'hiver.
- Qu'est-ce que tu veux ? m'assena-t-elle aussitôt.
L'antipathie dans sa voix désintégra mon souffle. Dans ma gorge ne reposait plus que le vide. Je dus piocher dans les réserves de mes poumons pour parvenir à déclarer :
- Je... je sors ce soir. Une amie m'a invitée à son anniversaire.
- Tu peux bien faire ce que tu veux, je m'en fiche.
A ces mots cinglants, elle reposa sa chevelure rose contre l'oreiller et m'ignora royalement. Je ne sais comment je fis pour partir de cette maison mais quand je repris connaissance j'étais déjà en train de courir vers le Moby Dick. Plus vite, toujours plus vite. Il fallait que je revois le visage de Lilly sinon j'allais me fissurer de toutes parts.
A peine je fus accueillie par le regard inquiet de Nina que je me rendis compte que c'était une mauvaise idée. Je ne pouvais pas faire face à Lilly dans cet état. Il fallait d'abord que je reconstitue mon sourire de façade. Je me suis alors excusée et je me suis enfermée dans les toilettes du café en prétextant que je devais enfiler mon maillot de bain.
J'arrose de nouveau mon visage.
- Allez, du nerf Akiki.
Je respire un grand coup et sors des toilettes en arborant un grand sourire de façade. C'est devenu naturel ces derniers temps. La salle est pleine, comme toujours. Je repère sans mal mon amie vêtue d'un joli chemisier vert lichen et qui est en train de passer un chiffon sur un table vide. Plongée dans ses pensées, elle ne me voit pas approcher. Puis elle se redresse et ses prunelles marrons vagabondent vers la vitre. Quelque chose – toujours la même depuis le voyage scolaire - me saute aux yeux. Lilly est triste. Et le temps ne répare pas son cœur. Alors que des personnes l'ont acceptée pour qui elle est, et ce même en ayant conscience de son identité. Marco, Thatch, Izou, Sabo, moi-même et... un autre nom auquel je refuse de penser pour le moment. J'ai cru qu'elle allait s'épanouir de plus en plus après cet épisode. Cependant c'est l'inverse qui s'est produit.
Mon sourire se crispe. Pourquoi... pourquoi est-ce que je suis une amie aussi minable ? Je pourrais directement lui poser la question pour savoir ce qui la mine autant. Mais je n'ai pas envie. Car ça me rappellerait avec encore plus de virulence que je suis pathétique en tant que soutien. Je me déteste rien que pour ne pas comprendre ce qui lui donne cet air abattu. Lorsque je parviens à sa hauteur, elle tourne enfin la tête vers moi.
- Akiki ? Ça ne va pas ?
J'arque les sourcils, chamboulée. C'est à moi de te poser cette question, Lilly... Allez Akira, souris, souris comme tu l'as toujours fait devant elle. Une tartelette à la framboise fait subitement son entrée dans me champ de vision.
- Quelque chose m'alerte que tu n'as pas mangé à ta faim ma grande, me glisse Nina en me lançant un clin d'oeil.
Je ne peux m'empêcher de lui sourire. Cette famille est tellement chaleureuse. J'étreins brièvement la maman Newgate dont le rire fait sursauter tous les verres de la salle. Puis je dévore le dessert et me tourne vers Lilly en levant les bras en l'air :
- Allons nous amuser Lilly !
- Bien parlé !
La blanche tape dans ma paume offerte et enlace à son tour sa mère. Leur différence de taille est impressionnante. Nina embrasse le nez de sa fille et déclare :
- Dois-je me forcer pour te conseiller de ne pas trop picoler ?
- Hmmm, non. Ça ne te ressemblerait pas.
A la bonne heure ! Amusez-vous les poulettes, profitez-en mais ayez en tête que demain c'est jeudi et il va falloir assurer ! Et ce week-end va falloir réviser pour les examens ! Cora, je vais assurer le service en salle comme convenu, tu peux y aller aussi. Cora, alias Corazon, est également convié à la soirée de Nami pour une raison que j'ignore. Je relève la tête et sourit à sa patronne et amie. Je crois qu'il n'a pas remarqué que son tablier était en train de prendre feu...
- T'aurais fait quoi si t'avais mis le feu au café ? On arrive à peine à joindre les deux bouts, c'est pas le moment de nous endetter.
Je cligne des yeux. La scène est pour le moins surréaliste. Trafalgar Law est en train de sermonner Corazon. Alors comme ça ces deux-là se connaissent ? Je me tourne vers Lilly qui est encore plus sur le cul que moi.
- C'est quoi ce délire ?! fait-elle.
Corazon allait s'expliquer mais il est tombé à la renverse en glissant sur... rien du tout... C'est donc Law qui se charge d'éclairer nos lanternes de la manière la plus concise qui soit :
- Corazon m'a recueilli quand j'étais môme. Et vous, d'où vous le connaissez ?
- Il travaille au Moby Dick et est par conséquent l'apprenti de ma mère.
Je percute alors. Law est ami avec Nami et est proche de Corazon. D'où l'invitation de ce dernier. Tout coule de source ! L'homme se redresse maladroitement et retire le cadenas de son vélo.
- Mon petit Law, tu veux bien emmener Crimson-san avec ta moto ? Je vais m'occuper de Lilly.
- Ne m'appelle pas comme ça ! répond le concerné en se frappant le visage. Et c'est qui « Crimson-san » ?
- C'est moi !
- Bien.
Il me lance une veste de motard à la figure ainsi qu'un casque. Oooh je vais faire de la moto ?! Ce que c'est excitant ! Je n'aime pas trop ce type d'engin mais il me permettra de ressentir le vent pleinement ! Law me dévisage :
Ne sois pas si impatiente, je vais rouler au pas pour attendre Cora-san et Minimoy.
- Oh..., fais-je un peu déçue en enfilant ce qu'il m'a prêté.
Je monte derrière lui et passe mes bras autour de sa taille. Mon désenchantement n'est que de courte durée car le duo improbable que forme Corazon et Law anime tout le trajet. Ils me font rire et, encore plus important, ils font rire Lilly.
Ma gaieté est pulvérisée au moment même où nous nous garons à proximité de la plage. Sur cette dernière je parviens à discerner un attroupement qui se trouve à une dizaine de mètres de nous. Seule la lumière de la lune éclaire leurs visages. Et force est de constater que c'est toujours le sien que je repère en premier.
Ace est là.
Je ne suis pas étonné de sa présence, il est assez proche de Nami. Mais le voir me fait toujours aussi mal. Nous descendons sur la grève et les rejoignons. Nous sommes accueilli par Eustass Kid qui rit toujours à sa façon, c'est-à-dire comme une hyène :
- Mais regardez qui voilà ! Le toubib, Minimoy, l'aguicheuse et... mais c'est qui ce clown ?! Enfin bref, j'en ai rien à kicker. Alors vous avez hâte de vous mettre une murge les gonzesses ?
Kid passe un bras autour du cou de Lilly et du mien et fait teinter deux bouteilles en verre. La blanche ricane :
- Ne te ventes pas trop, je serai encore en train de boire que tu auras déjà la tête au dessus d'un seau.
- C'est un défi, Minimoy ? rétorque Kid en souriant narquoisement. T'entends ça Killer ? Cette nana a plus de burnes que la plupart des mecs sur cette plage !
L'homme masqué se tient derrière nous et hoche la tête en silence. Pas très causant, il est l'extrême opposé de son ami aux cheveux de feu.
- Ah mais c'est moi que tu nommes « aguicheuse » ! je percute enfin. Pourquoi ?
- Quelle question ! s'exclame Kid en se penchant vers moi. L'autre coup t'as enfoncé si profondément ta langue dans la bouche de Portgas qu'aucun spectateur de votre emballement passionnel ne risque d'oublier ce qu'il a vu !
Je me détourne, rouge d'embarras. Je jette un regard vers le principal intéressé mais heureusement il n'a rien entendu des propos compromettants de Kid. Il est en train de se tordre de rire en compagnie de Zoro, Franky, Luffy, Sanji et d'une fille que je ne connais pas aux courts cheveux bleus. La cause de leur hilarité est simple : Usopp est en train de faire le pitre avec deux bâtonnets de Mikado enfoncés dans ses narines. Comment Ace peut rire aussi allégrement ? Je secoue la tête. Je vais finir par devenir mauvaise si je continue à faire attention à lui.
La fille finit par quitter leur groupe pour rejoindre Vivi qui est elle-même en pleine discussion avec Robin, Violet, Rebecca et une autre fille que je ne connais pas. Celle aux cheveux bleus nous désigne et les cinq femmes viennent à notre rencontre.
- Lilly ! Akira ! Je suis contente de vous voir ! s'écrit Vivi.
Son sourire déclenche le nôtre. Elle désigne les deux « nouvelles » :
- Je vous présente Nojiko, la grande sœur de Nami.
- Oh ! J'ignorais que Nami avait une sœur ! je m'exclame.
- On peut dire qu'elle aime s'entourer de personnes aux cheveux bleus, fait remarquer Lilly.
- Ah ah, c'est que vous avez l'air marrantes toutes les deux ! s'esclaffe Nojiko.
- Et voici Conis, la correspondante suédoise de Nami. Elle est déjà en vacances et est venue une semaine au Japon pour s'habituer à nos coutumes. Vous la reverrez également en septembre pendant la « semaine des correspondants ».
- Nombril ! dit Conis en s'inclinant vers nous.
La blanche et moi écarquillons les yeux.
- Euh... Ca veut dire « bonjour » en suédois ? demande Lilly.
- Non, ça signifie bel et bien « nombril » en japonais, conclue Robin comme si elle parlait toutes les langues du monde.
La seconde suivante nous sommes toutes là à nous marrer comme des baleines. L'allégresse de la blanche et la mienne est de nouveau coupée par une nouvelle arrivante.
- Bonsoir.
Nous nous tournons de concert vers Margaret qui avance lentement vers nous, indécise. Son affliction est collée sur ses traits et me rappelle celle de Lilly ces derniers temps. Leur duel de tir à l'arc était haletant, un peu trop même pour n'être qu'un simple défi. Une tension inhabituelle nous avait tous figés dans l'attente. Seul son sourire prouve qu'elle prend sur elle en ce moment pour se montrer poli. Nami a dû l'inviter parce qu'elle avait pitié d'elle. Il ne faut pas oublier que Margaret a été radiée par Hancock. Je fronce les sourcils et la regarde par en dessous. Je m'en fiche à présent. Je ne peux pas omettre ce à quoi j'ai assisté. Je me souviens. De la bouche de Margaret tout contre l'oreille de Lilly, de ses confidences inaudibles puis du corps de mon amie. Qui s'effondre, toujours un peu plus fort lorsque je me remémore ce qui s'est passé. Alors que je lui avais offert ma sympathie, voilà comment Margaret nous remercie. Qu'elle ose encore s'en prendre à Lilly et je ne répondrai plus de rien.
- Où est Nami ?
La voix de Law nous tire du malaise. Remarquant toute notre attention dirigée vers lui, il se détourne.
- Pas que ça m'intéresse mais son cadeau est encombrant.
- Tout à coup nous sommes tous éblouis par des phares qui proviennent tout droit de la mer.
- Putain c'est quoi ces conneries ?! hurle Kid.
- Bienvenue à tous ! J'espère que vous êtes tous prêts pour fêter le meilleur anniversaire de tous les temps !
Cette voix qui provient d'un haut-parleur... C'est celle de Nami ! Nous nous habituons petit à petit à la luminosité agressive. La rouquine se tient sur un yacht et exhibe le bikini qu'elle a acheté cet après-midi. Tandis que les premières exclamations de joie explosent dans notre groupe, la reine de la soirée nous coupe dans notre élan de joie :
- Je vous préviens, obligation pour les filles de sortir leurs boobs et pour les garçons de faire parader leurs abdominaux ! J'espère que vous avez pensé à prendre vos maillots car sinon vous ne poserez pas un orteil sur mon bateau, le « Vogue Merry » !
- T'as déjà bu combien de verres Akiki ?
- Euh, je ne sais plus trop. Quatre ou cinq ?
- Hééééé ?! s'exclame Lilly. T'es en train de me devancer !
La blanche écarte ses jambes pour placer son gobelet et le remplir avec une bouteille à proximité. Je pouffe en l'observant siroter sa boisson comme si me rattraper était tout ce qui comptait au monde. Puis elle brandit son verre en poussant un « Aah ! » satisfait. Je ris franchement en tapant mes pieds l'un contre l'autre. Puis mes yeux furètent d'un coin à l'autre du pont du bateau.
- Non Akira, le monstre du Loch Ness ne se pointera pas cette nuit, affirme Lilly en tapotant ma tête.
- Dommage, je serai bien montée sur son dos. Mais tu n'y es pas, je cherche ce qu'on a bu en début de soirée. Tu sais, on a tous trinqué avec en montant sur le Vogue Merry.
- Tu parles du shooter ? « La cervelle de singe » ?
- C'était bon.
- Y a que toi pour aimer les trucs infâmes ! rigole Lilly en frappant son front contre mon épaule.
J'attends qu'elle se redresse pour m'allonger, la tête sur ses cuisses. Ses mains fourragent aussitôt dans mes cheveux et mon sourire est le reflet du sien. Cette nuit d'été est chaude, une brise tiède lèche mes membres nus, la musique fait vibrer le pont, l'air marin empli mes narines et surtout Lilly est à mes côtés. Je me sens légère, comme si l'alcool et la présence de la blanche chassait mes soucis. Lilly aussi semble un peu plus apaisée. L'espace d'un instant j'ai le sentiment que c'est ma compagnie qui lui fait du bien. Une discussion alentour attire mon attention. Je tourne la tête et découvre Zoro et Robin accoudés au bastingage. Je me remémore mon entrée dans l'infirmerie de tout à l'heure.
- Dis Lillynette je peux te poser une question ?
- Yeap ? Après ce sera à moi de t'en poser une !
- Pourquoi Zoro et Sanji étaient rouges lorsque je suis venue te rendre visite à l'infirmerie ? Ils s'étaient battus ?
La blanche presse aussitôt son nez et agite son autre main devant comme si cela pouvait retarder la montée sanguine. Attendez... Si elle fait ça c'est que...
- NAAAAAAAN ILS ONT FAIT COMME IZOU ET SABO ?! je m'égosille en me relevant.
- CHUUUUUUT ! s'écrit Lilly pas moins fort en me forçant à me rallonger. Ne parle pas d'eux, ça va sortir, ça va sortir !
- Oh non Lilly tiens bon !
J'ajoute mes doigts aux siens pour empêcher le sang d'échapper de ses narines. Ensuite je coule un regard vers Zoro puis vers Sanji qui danse avec d'autres personnes. C'est à peine croyable, je n'ai rien vu venir ! Pour sauver la vie de mon amie, je décide de changer de sujet :
- Tu voulais me demander quoi ? Ah, je crois que tu me baves dessus.
- Ah ? Pardon j'étais en train de les imaginer. Euuuh... Ah oui ! Ça va avec Ace ? Je veux dire... Qu'est-ce que ça te fait quand il est là ?
- J'ai envie de le frapper.
Ma réponse était si spontanée que je croyais qu'elle allait en rire. Au lieu de quoi elle caresse gentiment mon front et me sourit.
- Pourquoi t'as envie de taper Ace ?
Luffy qui, jusque là dansait également, vient s'asseoir en face de la blanche. L'expression de celle-ci change du tout au tout. J'arque un sourcil. Ce n'est pas la première fois qu'elle réagit de cette façon en sa présence. J'ai soudain l'impression d'être passée à côté de l'essentiel. Je sursaute en sentant une pichenette sur ma joue. Luffy. C'est vrai qu'il m'a posé une question :
- Tu disais ?
- Pourquoi t'as envie de taper Ace ?
- Parce qu'il est lâche, je fais en croisant les bras sur mon maillot de bain et en faisant la moue.
Luffy fronce un peu les sourcils. Ça ne doit pas lui plaire que je dénigre son frère. Il est si proche de nous que j'ai une vue prenante sur son buste nu.
- Tu m'en veux ? je fais soucieuse.
- Je ne sais pas, je crois pas.
- Ils sont bien dessinés tes abdominaux, c'est joli, je constate.
Il pouffe mais je vois bien qu'il n'a pas le cœur à rire. Son attention converge vers Lilly. Il porte sa bière à sa bouche sans quitter des yeux la blanche. Puis il fouille dans la poche de son short de bain et sort un paquet de Mikado qu'il lance à Lilly.
- C'est pour ? demande la blanche suspicieuse.
- Pour me faire pardonner. J'ai mangé tout ton paquet pendant le voyage scolaire, c'était pas cool.
Ses mains qu'il a reposées nonchalamment frôlent les jambes de Lilly. Cette dernière ne les quitte pas des yeux. Puis Luffy sourit et se lève pour rejoindre Law, Kid, Corazon et Killer qui font ce qu'ils appellent un « bière-pong ». Je m'apprête à reprendre notre discussion sur un ton joyeux mais la figure de Lilly est définitivement gelée sur le paquet de Mikado.
- Pourquoi... Mais pourquoi s'acharne-t-il ...? murmure-t-elle.
Je me remets assise et agrippe son visage.
- Qu'est-ce que tu as dit ?
Ses yeux marrons plus humides qu'à l'ordinaire se plantent dans les miens. Et c'est un accablement sans nom qui se déverse sur elle. Des larmes perlent au coin de ses yeux tandis qu'elle se force à me sourire.
- Va danser Akira.
- Seu... seulement si tu viens avec moi ! je balbutie déconcertée.
Elle secoue la tête.
- Si tu ne vas pas danser maintenant je vais appeler Sanji pour qu'il t'entraîne de force.
- Mais dis moi ce que je peux faire pour t'aider ! Je ferai n'importe quoi !
- Si tu tiens tant que ça à me faire plaisir alors très bien : va t'amuser, ne te soucie pas de moi, c'est ça que je souhaite.
Elle se lève et m'oblige à faire de même. Puis elle me pousse gentiment vers la piste de danse. Elle me sourit, toujours les larmes aux yeux, puis désigne du menton Corazon pour me signifier qu'elle va le rejoindre. Je m'écarte d'elle à contre cœur et déambule comme un automate sur le pont. Mon corps percute une table pleine de gobelets remplis. J'en saisis deux au hasard et les avale cul-sec. Pendant que l'alcool consume mon œsophage, je toise Nami qui est en train de discuter avec Margaret. Mes doigts se contractent autour du verre qui se fissure. La colère trace un chemin net jusqu'à mon cerveau. Pourquoi l'a-t-elle invitée ? C'est sa faute si Lilly se sent aussi mal !
- Crimson-san ! m'appelle Usopp en saisissant mon coude. Viens t'amuser avec nous !
Il a raison, je dois m'amuser, c'est ce que souhaite Lilly après tout. Je me retrouve sans trop savoir comment au centre de la piste de danse. Sanji est également là est esquisse des claquettes. Je fronce les sourcils. Pourquoi n'est-il pas avec Zoro si ces deux-là se sont embrassés ? Pourquoi les hommes sont-ils aussi lâches ? Je fais volte-face et me retrouve nez à nez avec Violet et Rebecca. L'aînée des deux cousines danse gracieusement le flamenco même si la musique ne s'y prête pas. Quant à Rebecca... Elle aussi est lâche. Margaret l'a sauvée de la noyade lors de mon premier cours de navigation. Et que fait Rebecca pour la remercier ? Elle lui tourne le dos alors que la blonde n'a plus personne sur qui compter. Je serre les poings. Pardon Lilly, j'ai dû mal à m'amuser. Je cherche mon amie des yeux et constate que Corazon l'a rejointe. Ça me rassure. Une grosse main s'abat sur mes cheveux et les frictionne :
- T'as vraiment la même crinière que moi, l'aguicheuse ! rugit Kid tout sourire.
J'ignore pourquoi mais son sourire me donne soudainement envie d'en faire autant.
- C'est musique est SUUUUUUUPER, parfaite pour se trémousser ! me garantit Franky qui est le seul en slip de bain.
Ses poses incongrues me font rire comme une folle. Et c'est le bonheur. Un bonheur pur, simple, frivole, qui m'envahit de la tête au pied. Une chaleur inattendue inonde chaque centimètre de mon organisme. C'est si bon, mes membres sont souples. Mon corps se dandine au rythme de la musique. Ma tête dodeline et percute un torse musclé, celui de Kid. Je tapote dessus et bredouille en pouffant :
- Toc toc, qui est là ? Ha ha !
- Oïe l'aguicheuse, on t'a perdue ? fait le rouquin en riant et sans me repousser pour autant.
La joue collée à ses pectoraux chauds, je me sens envahie par un bien-être inattendu. Ce genre de contact physique est rassurant. J'entends que des personnes sifflent à mes oreilles, que je suis la cause de ces railleries mais je n'en ai cure. Cette chaleur me rappelle quelqu'un, quelqu'un que je voudrais chasser de mon esprit pour savourer pleinement ce cocon d'euphorie.
Mes yeux s'ouvrent subitement et sont harponnés par d'autres nettement plus sombres à l'autre bout du pont. Ace. Il me fixe sans bouger. Je sais bien qu'il est là, j'ai senti sa présence durant toute la soirée. Vivi, Conis, Nojiko et lui effectuent un « jeu à boire » avec des cartes. Je le sais, je le sais que Nojiko et lui parlent depuis une heure ou deux. Ils doivent se connaître, après tout ils sont les frères et sœurs de deux amis d'enfance : Luffy et Nami. Mais ça ne me plaît pas.
- Et ça ne me plaît pas que ça ne plaise pas...
- Qu'est-ce que tu baragouines ? s'étonne à moitié Kid en se désaltérant.
Je n'avais même pas fait gaffe mais j'ai noué mes bras autour de sa taille. Chaude. Ça ne me rappelle que trop bien... ce moment. Je recule en titubant et suis soutenue par je-ne-sais-qui. On rigole à mes oreilles, on me conseille d'arrêter de picoler.
- Que nenni ! je déclare en levant un doigt.
Pourquoi me défaire de quelque chose qui me procure autant de bien ? Comme pour attester ma décision, je pique le gobelet de Kid et le vide dans mon gosier sans le quitter des yeux. Son sourire devient de plus en plus carnassier. Mes mains reviennent tâter son bassin. Chaud, si chaud. Si rassurant. Si enivrant. Kid ne gesticule plus, il ne plaisante plus. L'atmosphère est aussi électrisante que lors de mon baiser avec...
Et si je recommençais avec quelqu'un d'autre ? Pourrais-je de nouveau ressentir quelque chose d'aussi... indescriptible ? D'aussi grisant ? Mes doigts remontent sur les cotes de Kid, effleurent ses épaules. Est-ce que cela me permettrait d'effacer mes pensées involontaires pour Ace ? D'une main que je souhaite ferme, je me cramponne à la nuque de l'homme aux cheveux de feu. Feu, chaleur, bonheur. C'est évident que ça fonctionnerait avec lui. Je ris puis me hisse sur la pointe des pieds pour planter un baiser au creux de son cou. Je glousse un peu plus fort.
- Tu es grand, c'est... hips... c'est compliqué !
- Qu'est-ce que tu crois faire là ?
Sa voix est rauque, son haleine chargée d'alcool. Je lève ma vision de plus en plus déficiente vers lui. Et tout ce que je discerne ce sont des pupilles dilatées. Si proches des miennes puis tout à coup si éloignées. Mon corps n'est plus au contact du sien, j'ai froid.
- T'es vraiment une aguicheuse en fait ! C'est flatteur mais là ça devient dangereux pour nous deux, je risque de ne plus pouvoir me contrôler alors que je sais que je ne devrais pas !
Que veut-il dire ? Mais en fait je m'en fiche. Tout ce qui importe est cet immense vide qui résulte de ce nouveau rejet. Mon humeur retourne sa veste sournoisement. Les larmes me piquent les yeux sans que je puisse les retenir. Il me faut un soutien ou je vais me craqueler, ou pire encore me briser.
- Lilly, où est Lilly ? je chuchote en arpentant des yeux le pont.
Je me frotte les paupières mais ça ne sert à rien : je ne vois plus grand chose. Il faut que je puise dans ma concentration pour... Elle n'est nulle part. Une morosité inextinguible m'accable aussitôt. Elle est partie. Corazon n'est plus là non plus. La tristesse est si envahissante que c'est insupportable. Je tire mentalement dessus pour l'extraire de mon corps mais en faisant cela j'amène un autre sentiment. De la colère. Mon regard fielleux darde le dos de Margaret. C'est sa faute !
- C'est... c'est sa faute ! je bégaye méchamment.
- Akira-swan, tu ne tiens plus debout, assieds-toi.
Je repousse ce que je pense être Sanji et me dirige tant bien que mal vers la blonde. A chaque fois qu'on essaye de me retenir je me dégage prestement. C'est la faute de Margaret si Lilly est aussi triste. C'est sa faute si elle a disparu. Qu'est-ce qu'elle lui a fait ?!
- Qu'est-ce que tu lui as fait ?! je hurle alors en arrivant à sa hauteur.
La blonde et Nami se retournent prestement, averties par mon ton venimeux. Je saisis brutalement Margaret par les épaules et elle
elle disparaît de mon champ de vision. Si Lilly n'est plus sur le Vogue Merry alors Margaret non plus ne doit plus être là. Elle n'en a pas le droit. Un « plouf » sonore retentit dans la nuit en même temps que des exclamations de surprise. Je me retiens au bastingage et agrippe ma tête. Elle n'arrête plus de tourner. Je crois entendre d'autres « plouf », signe que des personnes sont parties la repêcher. Non, arrêtez...
- Mais tu as perdu l'esprit ou quoi ?! s'insurge Nami avec véhémence. Elle aurait pu se faire très mal ! Qu'est-ce qui t'a pris ?!
- Elle... C'est sa faute !
- Qu'est-ce que tu racontes ? Qu'a-t-elle fait ?!
Je lève difficilement le visage vers la rouquine. Jamais je ne l'ai vue aussi furieuse. Il faut... il faut que je m'explique. Je fais un effort surhumain pour délier ma langue :
- Tout est de... de sa faute ! je répète.
- C'est tout ce que tu sais dire ?! s'époumone Nami.
Elle quitte momentanément mon champ de vision puis revient pour mieux me lancer toutes mes affaires à la figure.
- Tu es complètement bourrée, va décuver ailleurs ! Je ne veux pas de personne aussi violente sur mon bateau !
- Na...Nami...
- Fiche-le camp Akira, je ne veux plus te voir !
La musique s'est tue tout comme les discussions sur le pont. Tous les invités à cet anniversaire se sont rassemblés autour de nous. Tous ces regards posés sur moi... Pitié, surprise, colère. Non, arrêtez de me fixer comme ça. Je ne suis pas fautive, c'est vous... Vous qui avez tort. Ma vision considérablement réduite parvient à distinguer Rebecca. Qui a abandonné Margaret depuis qu'elle s'est faite radiée par Hancock. Je fronce les sourcils et murmure :
- Lâche...
Puis mes yeux se posent sur Sanji et Zoro qui gardent intentionnellement une distance entre eux. Alors qu'ils pourraient faire comme Sabo et Izou.
- Lâches...
Plus loin je vois Nojiko, Vivi et Luffy remonter Margaret. Je vacille dans leur direction mais suis interceptée.
- Arrête Akira, tu vas trop loin.
Je relève mes yeux défaillants vers cette personne. Ace. Sa main sur mon poignet. Sa chaleur sur mon bras. Rien à voir avec celle de Kid. Mes larmes redoublent d'intensité sans que je comprenne pleinement que je suis en train de pleurer. Sa présence me rappelle brusquement son rejet. Je n'ai pourtant pas rêvé. Nous étions en phase pendant notre baiser. J'ai entendu son cœur battre au même rythme effréné que le mien. Et ses lèvres qui cherchaient les miennes...Alors pourquoi ? Je passe le dos de ma main libre sur mes paupières mouillées, mais rien n'y fais je pleure et je hoquette encore. Je noie mes yeux déjà inondés dans les siens et je proclame, la voix démolie :
- Et toi tu es le plus lâche de tous...
Ses deux onyx ne me quittent pas, tout comme ses doigts qui se referment un peu plus fort sur mon poignet. Puis il finit par me lâcher peu à peu et conclue en chuchotant :
- Je sais.
Je remplis les rues de lamentions et de geignements. Je chancelle tous les trois pas, ne parvenant pas à marcher droit. Et je vomis à chaque coin de rue. Jamais de toute ma vie je ne me suis sentie aussi mal. Mon estomac me fait un mal de chien et ne cesse de se soulever. Je suis frigorifiée, l'alcool ayant grandement diminué la température de mon corps. Pourtant je n'ai même pas pris le temps de me rhabiller. Mais si seulement, si seulement il n'y avait que ça. C'est surtout psychologiquement que je suis défaite. Et seule. Rejetée par Ace, par Nami, par mes amis, et même par Lilly.
Alors que je dégobille une fois de plus tout ce que j'ai ingurgité ce soir, je prends conscience que je ne peux pas rentrer chez moi. Je ne veux pas que ma mère me voit comme ça, qui sait ce qu'elle est capable de faire quand elle est en phase dépressive ? Et que dirait-elle ? Je ne me sens pas apte à essuyer ses remarques blessantes.
Je pleure de plus bel lorsque je comprends que je n'ai nulle part où aller. Je...
- Akira !
Des mains viennent tirer mon visage vers le haut et je rencontre deux marrons. Je plisse mes paupières un peu plus, les larmes ne faisant plus qu'un avec mes joues.
- Lilly...
- Bon sang qu'est-ce qui s'est passé ?! On m'a prévenue que tu rentrais toute seule et que ce n'était pas prudent ! Qui t'a mis dans cet état ?!
A sa voix je sens qu'elle serait capable de démolir n'importe qui. Mais j'ai déjà assez fait de mal pour ce soir. Je ne veux plus impliquer personne... Voyant que je ne réagis pas, elle se penche un peu plus et étreint mes épaules. Mon crâne repose contre son épaule. Sa voix réconfortante résonne à mes oreilles :
- Pardon... Je suis tellement désolée de t'avoir laissée ce soir. Et aussi... Je suis tellement désolée d'être comme ça.
Je voudrais lui rétorquer qu'elle ne devrait pas dire des choses aussi tristes mais l'envie de vomir est plus puissante. Pendant que je me vide, elle me tient les cheveux et me frotte le dos doucement. Puis une fois que je suis de nouveau sur pieds, elle passe mon bras sur ses épaules :
- Je vais te raccompagner chez toi.
A l'entente de ces mots, un nouveau déluge de larmes s'abat sur mes joues :
- N...non... Veux pas rentrer...
Je m'essuie le nez.
- Ma mère... elle est... elle est bipolaire... je ne peux pas l'affronter...l'aider toute seule...
Lilly ne bouge plus pendant de nombreuses secondes. Puis elle se positionne devant moi pour me nettoyer le visage avec la manche de son chemisier vert lichen. Un chemisier auquel elle doit tenir. Et pourtant elle n'hésite pas à le salir. Elle m'autorise même à me moucher dedans. Puis elle me hisse tout contre elle avec encore plus de vigueur et déclare, la voix émue :
- Je ne t'abandonnerai jamais. Je le jure. Et même si un jour tu en as marre de moi, je serai quand même là. Jamais je ne te lâcherai.
Je hoche la tête, terriblement bouleversée par ses propos. Je voudrais lui répondre la même chose mais je suis bien trop épuisée et nauséeuse pour aligner plus de trois mots.
Et c'est plus unies que jamais que nous nous dirigeons vers la résidence des Newgate.
Hello les loulous ici Little Tartine armée de son bouclier car je seeeeeeens que vous allez avoir envie de nous frapper * pare un caillou bien placé* . Bon entre Lilly et Margaret y a de l'eau dans le gaz. La blanche a battu la blonde mais on sent bien l'affliction de Margaret vis à vis des sentiments non-réciproques de Luffy, ce qui l'a rend plus crue. De son côté rien ne va plus pour Akira non plus ! Rejetée par Ace et par Lilly qui se replie sur elle-même, la rouquine doute énormément d'elle ! Heureusement sa BFF (kuhuhuhu j'ai douze ans :B) n'est pas loin ! A dans deux semaines, portez-vous bien, ciaossuuuuuuuu !
