Bonne année ! Alors, comment bien commencer l'année 2020 ? En publiant la suite !

Ange: Lorna a 9 ans

Bonne lecture !

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Chapitre 19

Culpabilité

-HAROLD !!! hurla Peter malgré la douleur de sa jambe, terrifié, voyant son amant tomber vers le sol.

Jean tendit la main juste à temps pour amortir sa chute, laissant Hank et Scott, qui étaient allés aider Quicksilver et Mystique, le mettre à l'abri à son tour.

Peter s'adossa au muret, à côté de Mystique, alors que le Fauve revenait avec Harold, protégeant sa tête de la saleté du sol. L'argenté aida le mutant poilu à étendre l'hybride avec la tête d'Harold sur la cuisse de sa jambe intacte, puis il retira ses lunettes de protection d'une main.

-Appuis ça sur la blessure, ordonna Hank en lui donnant une compresse de gaz qu'il avait dans son uniforme et mettant un linge propre sous la tête du polymorphe, sur la cuisse sale du coureur.

Peter passa l'autre main dans les cheveux bruns, la relevant lorsqu'il toucha quelque chose de chaud, ses doigts tremblants teintés du sang vermeil avant que Raven ne prenne la compresse pour appuyer sur la blessure. Ses yeux se remplirent de larmes, sa propre douleur combinée à celle de voir son amant blessé et évanouit parce qu'il l'avait amené avec lui étant trop forte.

C'était sa faute.

Son esprit le coupa du monde, ses oreilles remplies d'un bourdonnement assourdissant alors que les larmes de douleur et de culpabilité coulaient sur ses joues. Il n'entendit pas la voix d'Erik qui lui annonçait qu'ils avaient vaincus Apocalypse et qui lui demandait de se calmer, son regard brouillé fixé sur Harold, le visage calme du polymorphe inconscient alors que sa blessure continuait de saigner.

Ce fut la sensation qu'on tirait Harold de ses bras qui le fit réagir.

-NON ! cria-t-il malgré la douleur de sa jambe, les larmes coulant sur ses joue et la culpabilité le grugeant de l'intérieur.

« Peter, calme-toi » retentit la voix calme du Professeur dans sa tête. « Hank et Moira vont l'apporter à l'hôpital, et toi aussi pour ta jambe. Calme-toi. »

L'argenté sentait la panique l'envahir quand il s'endormit soudainement, calmé par une vague d'apaisement du Professeur.

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-C'était vraiment nécessaire ? demanda Erik en voyant son fils inconscient contre l'épaule de Raven, le polymorphe dans les bras du Fauve.

-Il devait se calmer, répondit Charles, soutenu par la télékinésie de Jean. C'était le meilleur moyen.

Erik prit soigneusement Peter dans ses bras et attendit que Kurt revienne après qu'il ait été porté Harold, Hank et Moira dans un hôpital spécial de la CIA, où Moira avait assuré le polonais qu'il ne serait pas arrêté. La tête de l'argenté était appuyée contre sa clavicule et le jeune homme sembla se détendre dans ses bras.

-P'pa...

Erik se figea, le murmure était presque inaudible et totalement inconscient, mais il sentit son cœur se serrer, la vérité était face à lui. Il avait faillit se battre contre son propre fils, et son ignorance sur la question était ce qui blessait le plus. Il aurait pu le tuer ou le laisser mourir alors qu'il était la chair de sa chair, son propre sang. Il se rappela les paroles d'Harold: il avait aussi une fille.

Kurt réapparut avec un nuage de souffre, coupant ses pensées, transportant le père et le fils à leur tour avant de venir chercher le reste des mutants.

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Deux jours plus tard, après la reconstruction de l'école, Erik et Charles attendaient les diagnostiques des docteurs, installés dans la salle d'attente, bien nettoyés. Hank avait appelé Marya, qui lui avait dit qu'elle les rejoindrait dès que son travail le lui permettrait.

Une Docteur aux origines arabes et aux cheveux couleur prune s'avança vers eux, consultant ses notes avant de lever les yeux. Ses iris jaunes croisèrent ceux gris et bleus des deux hommes qui comprirent aussitôt qu'elle était mutante.

-Vous êtes là pour Peter et Harold ?

-Oui, répondit Charles. Je suis le Professeur...

-Charles Xavier, je sais. Et vous devez être Erik Lehnsherr. Je m'appelle Khadija Adler, je suis le médecin spécialiste pour soigner les personnes pourvue de mutations génétiques. Juste pour m'assurer que nos données son véridique, le Maximoff est bel et bien un rapide ?

-C'est exact, répondit Charles.

-Bien, et Harold est bien un polymorphe animal ?

Charles hocha la tête faisant sourire la Docteur.

-Bien, c'est une bonne nouvelle. Il nous a fallu beaucoup de sédatifs pour endormir Peter, son corps se débarrassait facilement des effets, c'est l'une des raisons pour lesquelles vous avez patienté presque deux jours. Ensuite, puisque son métabolisme fonctionne vingt fois plus rapidement que le nôtre, la rééducation et la guérison risque de se faire en six jours maximum, même si les algorithmes déclarent qu'en 72 heures il devrait être sur pieds.

-C'est très rapide, marmonna Charles.

-En effet, mais si son corps fonctionnait au même rythme que le nôtre, cela lui prendrait de quatre à six mois avant de simplement remarcher. Il est présentement en salle de réveil, mais même avec son métabolisme rapide, la dose de sédatifs que nous lui avons donnée en surplus à la fin de l'opération pour le garder détendu vous permettra de le ramener calmement à l'infirmerie de votre école demain si ce n'est pas aujourd'hui.

-Et pour Harold ? demanda Erik.

Aussitôt, les yeux du docteur devinrent d'un violet plus foncés, alors qu'elle soupirait.

-Ses facultés motrices répondent bien, ce qui est une très bonne nouvelle, mais la dilatation de ses pupilles est lente. Et il est branché sur un respirateur artificiel jusqu'à son réveil.

-Ce qui signifie..?

Adler soupira en attrapant une chaise et en repoussant ses cheveux mauves derrière son épaule.

-Dans le domaine de neurologie, on parle d'une cécité corticale post traumatique. Le coup qu'il a reçu derrière la tête a affecté sa vision, tout en causant une hémorragie cérébrale légère. Cela se produit souvent pour les coups derrière le crâne, mais si ses yeux ne réagissent pas correctement d'ici une semaine, deux tout au plus, il pourrait perdre partiellement ou totalement la vision. Et nous ne pouvons nous baser que sur des résultats humains, cela ne s'est jamais produit avec un mutant. Ses constantes sont bonnes, il devrait se réveiller dans quatre à six jours. Il sera également transféré dans l'infirmerie de votre école. Il doit être dans un environnement calme, stable et relaxant, aucun stress, ou le moins possible. Si vous pouvez l'installer dans une chambre à part, ce serait l'idéal. Dès que vous le souhaiterez, deux ambulances pourront effectuer le transfert des garçons lorsque le docteur McCoy sera prêt pour les accueillir. Je lui donnerai également de mains propres les dossiers afin de m'assurer qu'ils aient les meilleurs soins possibles.

-Merci de tout faire pour les aider, répondit Charles, faisant sourire doucement Khadija. J'espère simplement que ce sera suffisant pour Harold.

Les yeux de la Docteur devinrent d'un vert doux rassurant alors que ses cheveux se coloraient soudainement de jaune.

-Ne vous inquiétez pas pour lui, je suis certaine qu'il s'en remettra complètement. Sa mutation l'a rendu très solide, et c'est elle qui l'a sauvé de la mort selon la force de l'impact. Il aurait pu avoir une fracture du crâne, et il s'en sort avec une légère hémorragie, une commotion et une cécité qui guérit dans la majorité des cas. Je sens qu'il va bien guérir, et j'ai raison la plupart du temps. Vous l'avez sûrement remarqué, mais je suis aussi une mutante. Une empathe et pour être plus exacte, et je peux vous assurer que dans le bon environnement, Harold se rétablira sans problèmes majeurs.

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-Laisse-moi le voir, s'il te plaît...

Peter suppliait presque Hank de le laisser voir Harold depuis qu'il arrivait enfin à marcher avec des béquilles. Ils lui retirerait le plâtre le lendemain, il devrait attendre les prochaines quarante-huit heures avant de pouvoir courir, et il suppliait le Fauve de le laisser voir le polymorphe qui ne s'était toujours pas réveillé.

Hank le conduisit finalement à la chambre d'Harold, qui avait été mis à l'écart des autres pour lui éviter un stress inconscient. L'argenté sentit une boule lui monter à la gorge, ses yeux se remplissant de larmes en voyant le polymorphe placé sous respirateur artificiel, ses constantes émises par le moniteur cardiaque horriblement répétitif.

Le mutant bleu posa une main rassurante sur son épaule, l'argenté conservant son regard rivé au visage de son amant, la douleur de la culpabilité l'envahissant. Hank l'aida à s'assoir sur une chaise à côté du polymorphe toujours inconscient, adossant les béquilles contre le mur. Un masque lui couvrait la bouche, le tube soufflant de l'air dans ses poumons, lui facilitant la tâche pour sa respiration. L'argenté attrapa sa main, et Hank se tut quand il comprit qu'il parlait dans le vide. Il serra les lèvres en débutant les manipulations qu'il expliquait en vain au mutant rapide, bougeant les articulations d'Harold et ses ailes pour éviter une atrophie musculaire et aider la circulation du sang. Peter le regardait à peine, les larmes silencieuses coulant sur ses joues, une culpabilité dévorante le glaçant de l'intérieur.

-Ce n'est pas ta faute Peter, déclara soudainement le scientifique.

L'argenté prit une respiration tremblante.

-Qu'est-ce qui te fait dire ça ? murmura le Maximoff, les yeux rivés au visage de son amant. Il a déjà tellement souffert, et malgré ça je l'ai entraîné ici. C'est entièrement ma faute, s'il était resté à la maison il irait bien. Il ne serait pas sans ce lit...

-Non, tu as raison, répondit Hank. Mais peut-être qu'il serait devant une pierre de marbre portant ton nom, dans un cimetière avec ta mère et ta soeur. Ou qu'il serait là, à ta place, à se reprocher la même chose que toi. On ne sait pas ce qu'il aurait pu arriver Peter. Peut-être même qu'Apocalypse aurait gagné contre nous et que tout les humains seraient morts sous son règne.

Peter leva ses yeux vitreux sur le docteur.

-Tu ne peux pas te reprocher ça. C'était son choix de venir, j'en suis persuadé, déclara Hank, approuvé par Peter d'un hochement de tête. Ce qu'il s'est produit est un accident, ne te le reproche pas d'accord ?

L'argenté ne répondit pas et le Fauve sortit avec un soupir en secouant la tête. Il comprenait Peter. Il avait vu les cicatrices d'Harold quand Adler était venue les ramener à l'école pour qu'ils y reçoivent leurs soins. Hank avait bien comprit qu'il avait traversé l'enfer, et le Professeur aussi. Et pourtant, Harold n'avait jamais hésité à se jeter dans la mêlée malgré les souvenirs amers qu'avait créés la race humaine dans sa vie.

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Trois jours étaient passés, et l'état du polymorphe ne démontrait aucune amélioration. Peter était resté nuit et jour après que Hank lui ait retiré le plâtre et qu'il ait pu marcher normalement à nouveau. Il avait interdiction de courir, et avait passé les deux jours qui suivaient dans un état second. Il n'arrivait pas à manger, n'arrivait pas à dormir, était assailli par d'horribles cauchemars et la culpabilité le rongeait de l'intérieur, l'obligeant à ruminer ses idées noires. Il se lavait car le Professeur l'y obligeait mentalement et Scott s'était occupé de lui fournir des vêtements propres avec l'aide de Jubilee et Warren, le garçon ailé qu'ils avaient réussi a sauver de l'accident du Jet avec une mutante guérisseuse travaillant justement pour lui rendre ses ailes blanches, en faisant un aller-retour au centre commercial.

Le coureur était assis à la même place, sur une chaise que Hank avait échangée pour un fauteuil plus confortable, quand Ororo rentra avec un bol de soupe préparé par Raven pour le dîner. La jeune mutante serra les lèvres en voyant les cernes qu'il avait sous les yeux, il était encore plus pâle que d'habitude et semblait sur le point de s'effondrer. Il ne tourna même pas la tête vers elle quand elle attrapa une table à roulette, tirant une chaise pour s'installer à côté de l'argenté.

-Tu dois manger Peter...

-J'ai pas faim.

Sa voix était rauque et ses yeux rouges, boursouflés, preuve qu'il avait pleuré. Ses mains étaient crispées sur celle du patient, et Ororo posa une main sur son épaule. L'argenté tourna lentement la tête, la lèvre tremblante.

-Ça va aller, murmura-t-elle. Tu dois manger Peter, que t'aies faim ou pas.

Peter hocha la tête, et mangea lentement la nourriture, les mains tremblantes du manque de sommeil.

-C'est quand la dernière que t'as dormi ? demanda Tornade en le voyant tomber à nouveau dans une transe ruminante.

-Sais pas, souffla Peter. J'arrive pas à dormir...

Tornade soupira en se levant, lui passant gentiment une main dans ses cheveux. Peter avait été le seul à ne pas la rejeter lors de son arrivée, même si maintenant elle était bien acceptée, avec Warren et Erik.

Comme s'il n'avait que ça à faire.

Ororo lui avait tenu compagnie plusieurs fois durant les trois jours précédents, s'assurant de lui changer les idées, de même que Warren. Erik ne savait pas encore comment agir, et ainsi il évitait un peu la chambre.

Elle lui versa un verre d'eau grâce à l'évier de la salle de bain attenante quand elle entendit un bruit étouffé. La mutante revint dans la chambre, pour trouver Peter assoupit, la tête sur l'abdomen du polymorphe, sa main toujours dans la sienne.

Elle attrapa le bol vide et sortit silencieusement en fermant les lumières, retournant à la cuisine où se trouvaient les autres.

-Alors ? demanda Raven.

-Il a mangé et est tombé de fatigue, soupira Ororo.

-Il ne pourra pas continuer comme ça longtemps, déclara Jean. Sa mutation draine son énergie alors s'il ne dort pas et ne mange pas...

Les autres hochèrent la tête, sachant où elle voulait en venir. Alex se leva et sortit sous un ordre muet du Professeur, suivit des yeux des autres avant qu'ils ne se séparent à nouveau.

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Marya serra la main de Lorna qui tapotait nerveusement du pied alors qu'elle se stationnait devant la porte principale, où un homme aux cheveux châtains les attendait, quelques cicatrices de brûlures fraîches marquant légèrement ses joues et son cou.

Marya sortit de la voiture avec sa fille, attrapant leurs sacs, que le Professeur leur avait suggéré de faire puisque Peter et Harold allaient vraisemblablement rester pour un moment à l'école en convalescence. L'homme vint les aider en se présentant.

-Salut, je suis Alex, Alex Summers. Vous devez être Marya. Le Professeur m'a prévenu votre arrivée.

-Est-ce qu'ils vont bien ? demanda aussitôt Marya en sentant la main de Lorna se serrer autour de la sienne, ses longs cheveux verts émeraudes ramenés en une tresse sur sa nuque, ses yeux et ses sourcils de la même couleur contrastant avec sa peau blanche maladive.

-Je vais vous conduire au Professeur, répondit simplement Alex avec un regard désolé.

Il n'avait jamais rencontré Harold, et pourtant il lui devait la vie. Si le polymorphe ne l'avait pas protégé durant l'explosion, il n'aurait même pas pu revoir son frère. Il avait été surpris de se réveiller dans une des tentes que les adolescents avaient montées, cadeaux fournis par la CIA. La dernière chose qu'il se souvenait était une intense chaleur, et de grands yeux verts forêt reptiliens.

Marya suivit l'homme, sentant son inquiétude grandir et rassurant du mieux qu'elle le pouvait Lorna, sentant le métal de sa montre commencer à frémir sur son poignet.

-Lorna, calme-toi chérie, le docteur McCoy a dit qu'ils s'en sortiraient , rassura la femme en entourant les épaules de la mutante d'un bras rassurant.

La petite s'excusa, alors qu'un homme en fauteuil roulant s'approchait d'elles.

-Bonjour, je suis Charles Xavier, se présenta le Professeur.

-Marya Maximoff, et voici ma fille Lorna. Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans, quand vous êtes venus parler à Peter..

-Je m'en souviens, répondit Charles, sentant l'inquiétude de la femme grandir encore.

-Est-ce que mon frère va bien ? demanda doucement Lorna, serrant ses mains contre elle pour arrêter les lueurs vertes.

-Ne t'en fais pas, ils vont bien. Ils ont été transférés il y a trois jours, ils sont dans une chambre commune dans une aile tranquille du manoir. Suivez-moi. Alex, tu peux déposer leurs sacs dans la chambre voisine.

-D'accord Professeur.

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« -Qu'est-ce tu fais ? demanda Harold en se jetant à côté de lui, les ailes repliées dans son dos.

Peter cacha en vitesse le papier, attirant un haussement de sourcils à son amant.

-Qu'est-ce que tu me caches ?

L'argenté lui sourit en retour, le plaquant sur le matelas. Il savait que le polymorphe pouvait le repousser sans effort, mais pour l'instant il était assis sur ses hanche, laissant ses doigts courir le long des écailles sur ses ailes, faisant frissonner le mutant sous lui.

-Tu sais à quel point j'adore tes yeux..? murmura-t-il en croisant le regard reptilien du brun qui rougit doucement.

Harold n'arrivait pas à se faire à l'idée que l'argenté l'aimait réellement. Il avait été méprisé pendant près de deux ans, et avait bien faillit croire aux mensonges de Stryker. Et voilà qu'arrivait le Maximoff. Le mutant passait au moins le quart de sa journée à le complimenter depuis presque trois ans.

-Et moi j'adore tes cheveux... souffla Harold en laissant ses griffes érafler le cuir chevelu de Peter, qui frémit de contentement, les yeux clos.

Harold avait remarqué à quel point l'argenté était dépendant des touches affectives, soupirant de contentement chaque fois qu'il lui passait une main dans mes cheveux ou qu'il passait ses bras autour de son torse ou de sa taille. Le polymorphe était persuadé que si le coureur avait été un félin, il passerait sa vie à ronronner. Peter se coucha sur l'hybride, la tête dans son cou alors qu'il continuait à lui effleurer les racines. Peter songea, l'esprit heureux, au morceau de papier dans sa poche.

Un morceau de papier qui avait les mensurations de l'annulaire gauche du polymorphe. »

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Il faisait noir, mais il était confortable. Un bip constant brisait le silence autour de lui, et il sentait des mains qui serraient les siennes, inertes contre la couverture douce. Il reconnu la peau chaude de Peter, qui lui donnait toujours autant de frissons de contentement, et les odeurs de Marya et de Lorna vinrent chatouiller son nez sensible. Il n'arrivait pas à bouger, et il avait l'impression qu'un étau entourait son crâne.

-S'il te... murmura la voix de l'argenté alors qu'il resserrait sa poigne. Me laisse... plaît Harold...

-On... enlever... artificiel... Respiration... sans danger.

Le polymorphe sentit son cœur se serrer, mais il n'arrivait pas à bouger. Son sang battait à ses tempes, et la douleur devenait insupportable. Il se rendormit malgré lui.

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Lorsqu'il se réveilla à nouveau, c'était des voix qui lui agressaient les oreilles.

-Qu'est-ce... dire ?

-... devez comprendre... peut-être jamais... mais... très probable... vue.

Il sentit ses oreilles s'adapter à son environnement et reconnu la voix d'Hank, de Marya et de Peter. Il sentit l'absence de tuyau dans sa gorge, mais n'y prêta pas plus attention. Il n'arrivait même pas à bouger ses appendices qui lui servaient d'oreilles.

-S'il... aucune réaction... trois jours... coma... problèmes... danger... vision.

Harold comprit qu'ils parlaient de lui, et qu'il semblait évanoui ou demi-conscient. Comateux. Il comprit que des barrières mentales qu'il conservait constamment empêchait le Professeur de le réveiller sans le brusquer, mais il était trop fatigué pour les abaisser. Il sentit une petite main serrer la sienne, Lorna caressait doucement les écailles sur sa peau.

-S'il te plaît Harold... réveille toi.

C'était la première phrase complète qu'il entendait. Et la seule chose qu'il voulait faire en réponse était de hurler qu'il était là, qu'il entendait tout, et qu'il les aimait. Il se sentait si impuissant. Et l'inconscience revint.

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Tu pensais vraiment qu'il t'aimerait ?! Il va t'abandonner comme tout les autres !

La voix de Stryker résonna dans sa tête.

Tu as toujours été naïf ! Même un monstre comme lui ne pourrait pas t'aimer ! Tu ne vaux rien, t'es pire qu'un monstre. Personne ne pourra jamais t'aimer.

Il sentit les pleurs monter.

Tu ne mérites même pas de vivre, ils te gardent avec eux parce que tu fais pitié. Tu mérites de crever comme tout ceux de ton espèce.

Il sentit les larmes chaudes couler sur ses joues, et une main douce, réelle, les essuya.

-Ça va Harold, tu es en sécurité. Tout va bien, murmura la voix de Marya alors qu'elle caressait ses cheveux. Tout va bien, calme toi chéri. Ce n'est qu'un cauchemar.

Il sentit son pouls se calmer, tout comme le bip du cardiogramme. Une présence chaude contre son torse le serrait dans ses bras et il reconnu l'odeur du shampooing de Peter alors qu'il était serré contre son flan gauche.

-Tu sais, commença Marya dans un murmure, je ne l'ai jamais vu comme ça.

Elle attrapa sa main droite alors qu'il se rendait compte du poids de Lorna, blottie dans son aile droite comme l'était le buste de Peter dans son autre aile.

-Harold, il tient tellement à toi. Il se reproche tellement ce qu'il t'arrive qu'il peut à peine dormir. Je l'oblige à manger, mais on dirait qu'il a cessé de vivre depuis que tu es inconscient, littéralement. Il ne sourit plus, il ne plaisante plus, il n'use même plus son pouvoir, et il ne fait plus cette chose qui me rend folle. Tu sais, quand il tape du pied tellement vite que le sol en vibre ?

Oh, ça il le savait. Les souvenirs amoureux qu'il avait avec Peter l'envahirent en même temps que la tristesse de savoir l'argenté si désespéré.

-Il n'est que l'ombre de lui-même, et même en sachant que son père est là et connaît son identité, il ne réagit pas. Tu dois te réveiller Harold, pour lui, mais aussi pour Lorna. Elle contrôle de moins en moins ses pouvoirs, et j'ai peur qu'Erik ai déjà comprit son lien. Oh, il m'a dit que tu lui as tout dit quand Peter n'a pas eu le courage de le faire, et je ne sais pas si j'en suis reconnaissante. Mais c'était le choix de Peter, et tu l'as aidé à le faire, malgré tout ce que tu as enduré. Tu mérites le monde Harold, s'il te plaît reviens nous. On t'aime tellement.

L'hybride sentit son cœur se serrer face aux trémolos dans la voix de Marya. Il savait qu'elle prenait tout sur elle pour ménager Peter et Lorna, mais ça lui faisait tout aussi mal. Il sentit un baiser se poser sur son front suivit d'une main douce sur sa joue, qui traça tendrement le coin de ses lèvres avant de suivre sa mâchoire, caressant les écailles noires et chaudes qui s'y trouvaient.

-On a besoins de toi petit dragon, reviens-nous, s'il te plaît.

Il sentit la fatigue l'envahir doucement, et la seule chose qu'il voulait était d'ouvrir les yeux et rassurer sa famille.

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Cette fois c'était différent. Il était encore plus conscient que les fois précédente. Un masque sur son visage l'étouffais par l'air qu'il soufflait et il leva lourdement une main pour le retirer, remplis de panique.

-Harold ? murmura une voix stupéfaite alors qu'il prit une grande inspiration par lui-même, enfin.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, une terreur sans nom l'envahit.

-Peter ?! Peter !

Deux mains attrapèrent ses joues pour le calmer.

-Hey, je suis juste là ! Je suis là, regarde moi.

Harold secoua la tête en appuyant ses paumes sur ses yeux.

-Non ! Non non non !

-Harold ? s'inquiéta l'argenté alors qu'il entendait Hank et le Professeur entrer dans la chambre.

-NON !

« Harold calme toi »murmura Charles d'une voix rassurante dans son esprit.

Sans s'en rendre compte, il avait abaissé ses barrières.

-Non, non non non.. murmura-t-il en se mettant à sangloter, laissant l'argenté commencer à paniquer alors qu'il le serrait contre lui. Non !

-Harold, qu'est-ce qui se passe..? murmura Peter d'une voix basse, inquiet alors qu'il tremblait comme une feuille.

-Je ne vois rien, murmura le brun d'une voix rauque, terrifiée.

-Quoi ?

-Je ne vois rien !

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Je sais, je suis méchante de m'arrêter là, mais j'espère sincèrement réussir à écrire le prochain chapitre en entier. Je vous assure que la fin approche, et sincèrement je n'ai pas envie de terminer cette histoire tellement je l'aime. Je vais probablement repasser à corriger les premiers chapitres tellement je l'aime.

Allez, passer de bonnes fins de vacances !

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Dirus