Hey !

Alors, ce tête doit être un des moins "joyeux" du calendrier. Pas qu'il soit crève-coeur en vrai, normalement ça va, mais contrairement à ceux où les perso traversent de durs moments pour mieux se relever, ici, le deux chatons sont face à une inévitable situation ? Bref, je vous laisse en juger.

J'ai écris ça cette été, et ça fait longtemps que je mourrais d'envie de faire une scène comme ça ! A cause de Who want to live for ever de Queen, principalement. Ecoutez cette chanson. Elle est, genre, trop bien.

Merci à Ima et Lae pour leur review du jour !

Bonne lecture !

Pairing : Vaniku (Parce que, vraiment, je pouvais pas y couper.)


Jusqu'au bout de la nuit

Il fait nuit, depuis plusieurs heures. L'ombre vous avale. Ton corps est calé contre le sien, serré, imprégné par la chaleur d'une peau à moitié découverte. Son bras s'est enroulé autour de tes épaules pour te garder tout proche, comme un précieux trésor. Son trésor. Son garçon aux yeux jaunes.

Vous ne parlez pas, mais tu sais qu'il ne s'est pas encore endormi. Ça n'est pas au programme. Cette nuit, c'est résitance. Vous comptez profiter jusqu'au bout. C'est la dernière qu'il vous reste. Demain, il y aura les bagages, et puis le train. Six heures pour rentrer chez toi. Sans lui. Un chez toi sans lèvres chaudes, sans cheveux colorés pour chatouiller ta joue quand il se penche. Tu ne veux pas y penser.

Tant que le soleil ne se lève pas, dehors, ce n'est pas encore demain. Et peut-être que si vous restez éveillés suffisamment longtemps, cette ultime journée s'éternisera encore. Peut-être que demain ne viendra jamais. Vous vivrez pour toujours, immortels.

Il murmure qu'il t'aime en te serrant. Tu sais que c'est parce qu'il a peur. Qu'il est triste. Qu'il ne veut pas te laisser. C'était votre trésor merveilleux, cette semaine accordée, et elle s'est égrainée si vite. Deux heures au cinéma, quelques autres dans les rues désertes de cette petite ville de campagne. Une vingtaines de minutes perdues à s'embrasser, des jours gaspillés sans avoir osé partager vos lèvres. Vous n'avez rien vu venir. Et soudain, la fin. Là, comme un évidence. Comme un châtiment. Les jours, vous avez oublié de les compter. Mais Dimanche arrive sournoisement. Et Lundi, il faudra reprendre les cours. Reprendre la vie. Sans lui.

Votre prochaine rencontre semble si loin. C'est une date sur un calendrier, une croix, une alarme sur ton téléphone. Un vague fantôme. Tu la vois comme quelque chose qui n'arrivera jamais. Comme un Noël à venir auquel on pense déjà en se levant, le 26 décembre. Un mirage.

Son pouce dessine des cercles sur ton épaule. C'est tendre. Agréable. Tu aimes bien. Tu voudrais que ça dure pour toujours, mais tu sais que toutes les bonnes choses ont une fin. Alors, cette nuit, elle est pour vous.

Tu laisses faire sa main douce. Tes yeux luisants se lèvent vers ce visage que tu as d'abord découvert sur des photos timidement échangées, des clichés qu'il avait pris tout spécialement pour toi parce qu'il n'aime pas ça, d'habitude. Tu te rappelles, son minois encore un peu rond et ses cheveux plus longs, éclaircis par la décoloration, qui descendaient sous ses épaules. Ce gris métallique. Son goût pour la mode alternative. Un de vos premiers points communs. A son poignet, il porte un de tes bracelets à pointes. Tu comptes le lui laisser pour qu'il pense à toi chaque fois qu'il posera ses yeux dessus.

Il murmure encore qu'il t'aime. Ça te plait. Tu aimes cette adoration que tu sens dans ses yeux turquoises, dans sa voix sincère. Juste dans le souffle qui suit ses mots. Il ne sait pas mentir, encore moins avec toi, toi qui boniment comme on va chercher du pain, sans penser qu'on devrait culpabiliser pour ça. Il ne sait pas mentir et il te croit toujours, même quand il sait que tu ne lui dis pas la vérité. Il fait semblant. Et ce que tu ne dis pas, ce qui reste précieusement au fond de toi, il le voit. Il n'attend pas de toi que tu lui répondes, puisqu'il sait déjà.

Tu le regardes dans la pénombre, son visage découpé par un morceau de pleine lune, sa peau qui ressemble à du lait. Tu tends la main pour la caresser, et tu t'étonnes presque de ne pas la sentir mouillée. Il ferme les yeux pour savourer. Tu penses que demain va vous séparer, mais tu chasses l'idée comme un mauvais rêve. Vous ne dormez pas, alors demain ne sera jamais là. Jamais. La nuit pour toujours sur vous.

Ça te va, à toi. Tu aimes l'ombre sur ta peau, les ténèbres qui caressent, effleurent, engloutissent. La bouche béante de la nuit qui vous a tous les deux avalés. Tu sens les monstres sous le lit qui se sont réveillés, et tu les attends, impatiemment. Tu les connais. Ils ne te font pas peur, jamais.

Je t'aime, encore. Tu voudrais qu'il le répète sans jamais s'arrêter, parce que sa voix est d'une incroyable délicatesse. Tu tends les doigts vers sa bouche, ses lèvres, tu y appuies ton index qu'il fait mine de mordiller, un sourire en coin. Tu hésites à l'embrasser. Même, tu te demandes si tu n'as pas envie de plus là, tout de suite. Une nuit comme ça, ce serait pas mal pour une première fois. Pour son corps, pour le tient, pour une étreinte si longue, si courte. Pour vos maladresses que l'ombre cachera, pour la gêne qu'il ne devinera pas. Pour le bruit que vous étoufferez, et que ses parents qui dorment en bas ne percevront jamais. L'idée te traverse l'esprit. Elle reste. Mais tu ne fais rien.

Tu gardes ta tête posée sur ce torse nu et chaud. T'es posé. Tu voudrais ne jamais bouger.

Tu fermes les yeux.

Quand tu les rouvres, les chiffres du réveil n'ont pas bougé. Mais c'est un morceau de soleil qui se devine, pâle, dans la ligne grise éclairée à l'horizon. Tu ne veux pas voir. Tu ne veux pas savoir. Il est quelque chose comme cinq heures, et ça avance encore. Le temps ose couler. Tu lui en veux.

Sa main passe dans tes cheveux. Il te ramène encore plus près. A nouveau, tu fermes les yeux. Tu sens les ténèbres qui glissent sur vous, protecteurs. Tu sais, sur sa table de chevet, le cadeau qu'il va te glisser dans la main avant que tu ne montes dans le train. Tu souris en y pensant. Tu te détends.

Je t'aime, il répète.

Tu rouvres les yeux avant que le sommeil ne te vole vos dernières heures, et tu te laisses câliner.


Fini ! Alors, ça vous a plu ? C'est pas trop triste au final, j'espère ?

A demain !