Et voici le nouveau chapitre un peu plus court que le précédent qui tombe pile pour le début des vacances de Noël... Enfin !

Bref, ce chapitre va peut-être apporter des réponses à de multiples questions que vous avez soulevé... (Je souligne l'importance primordiale du : peut-être)

En tout cas, je vous souhaite à tous et à toutes

Une bonne lecture !

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Discussion sur le balcon –

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Une fois qu'il n'y eut plus personnes dans les environs, Elrond se tourna vers Ondine et lui demanda :

« Depuis combien de temps votre collier vous pose-t-il des problèmes ?

- Ce n'est pas tout à fait un problème. C'est plutôt une… commença la jeune fille avant de s'interrompre devant le regard étrange que lui lançait son interlocuteur. Depuis le repas… avoua-t-elle.

- Que se passe-t-il exactement ? l'interrogea-t-il.

- J'ai remarqué qu'à chaque vous touchiez votre… anneau, cela déclenchait un picotement assez douloureux depuis mon collier. C'est un peu comme si mon collier et votre anneau étaient… connectés.

A peine l'adolescente eut-elle prononcée ces mots que le Seigneur de la cité, soupira avant de s'accouder à une rambarde surplombant une rivière qui courait dans le creux de la vallée. Intriguée et ne comprenant pas ce qui avait bien pu déclencher une telle réaction de la part de l'elfe, Ondine le rejoignit et s'appuya contre la rambarde attendant que l'immortel dise quelque chose, ce qui ne fut pas long.

Après quelques minutes à regarder un oiseau voleter de branche en branche en pépiant gaiement, Elrond soupira à nouveau et reprit la parole :

- Je vous dois quelques explications… C'est en grande partie de ma faute si votre pendentif, qui est l'un des Cinq comme vous devez déjà le savoir, est devenu aussi noir que les ténèbres.

Ondine voulu lui répondre, mais l'elfe leva une main lui intimant le silence.

- Laissez-moi vous expliquer.

La jeune fille acquiesça et dirigea toute son attention sur les paroles de l'elfe.

- Lorsque Maglor vous a amenée ici pour que je vous soigne, vous étiez mourante. J'ai directement compris en voyant votre blessure, qu'un poison mortel courait dans vos veines. J'ai donc d'abord essayé les méthodes classiques de guérison, mais elles n'avaient pas le moindre effet. Je me suis alors employé à utiliser d'autres méthodes plus complexes. Mais cela n'a pas eu le moindre effet non plus. Il m'a fallut alors utiliser toutes mes connaissances et puiser dans ma mémoire afin d'en ressortir d'anciennes techniques qui n'avaient pas été utilisées depuis des centaines d'années. Il y a eu un semblant d'amélioration et le poison a disparu de votre plaie. Et d'un seul coup, alors que je pensais avoir finalement réussi, le poison a reparu et a abattu les barrières que j'avais érigé afin d'empêcher sa propagation.

L'adolescente se crispa imaginant la scène. A côté d'elle, Elrond avait agrippé fortement la rambarde et ses jointures blanchissaient tant il la serrait fort. Ondine posa alors une de ses mains sur celles de l'elfe en lui demandant doucement :

- Comment avez-vous fait dans ce cas ?

Elrond baissa les yeux sur la jeune fille qui lui souriait doucement dans le soleil couchant.

- Je ne suis pas comme Dame Galadriel, je ne puis lire vos pensées. Alors, peut importe ce que cette histoire vous évoque, restez avec moi dans le présent. J'ai besoin de comprendre… S'il vous plaît…

Elrond tourna la tête et fixa le lointain, silencieux. Puis, il reprit :

- Le poison était sur le point d'atteindre votre cœur et j'avais essayé tout ce qu'il m'avait été appris. C'est alors que Dame Galadriel m'a contacté. C'est elle qui m'a informé que vous déteniez l'un des Cinq et que la seule solution était de tenter une liaison.

- Qu'est-ce ?

- C'est un procédé très puissant mais aussi très dangereux. Cela n'avait jamais été tenté auparavant et personne n'en connaissait les réels effets.

- En quoi cela consiste-il ? appuya Ondine espérant obtenir une réponse. Est-ce lié à ce qui s'est passé au repas ?

- En effet… Mais aussi à la couleur de votre collier, confirma Elrond.

- Dans ce cas, dites-moi ce que c'est ! Je vous en prit…

- Vous le savez peut-être déjà, mais les Cinq sont particuliers. Deux sont reliés aux anneaux des Nains, deux à ceux des Hommes, et un seul aux anneaux des Elfes. Il va s'en dire que celui que vous possédez est celui lié aux nôtres, qu'il a été apporté par Mithrandir, et qu'il est relié à la Valië Varda.

- Oui… souffla Ondine, sifflé par la justesse du propos de l'elfe, mais celui-ci avait poursuivi son explication.

- Etant donné que votre collier était théoriquement relié aux anneaux de notre peuple, j'ai réveillé cette connexion par le biais de Vilya, celui que je porte, ajouta-t-il en montrant sa main droite à la jeune fille.

Sur celle-ci, l'anneau, qu'Ondine avait aperçu à plusieurs reprises, brillait doucement dans la pénombre du soir. L'anneau était très simple et une pierre bleue, probablement un saphir, y était incrusté. Détachant ses yeux de l'anneau de pouvoir, la jeune fille demanda :

- Et vous avez donc relié votre anneau à… mon collier ?

- C'est exact. J'ai utilisé la puissance qui dormait dedans pour pouvoir vous soigner. Malheureusement, cette entreprise a eut plusieurs effets secondaires regrettables. Outre le fait que cela m'ait vidé de mes forces, j'ai été obligé de vider complètement votre collier de l'énergie qu'il renfermait. Lorsque j'ai terminé, votre pendentif avait viré au noir. Il semblerait que votre collier ne devait sa lueur blanche qu'à l'énergie qu'il contenait. Et croyez-moi, elle était colossale. C'est aussi cette liaison qui a dû provoquer ce qui s'est passé au dîner. Il semblerait que le pendentif que vous portez ait cherché à se "recharger" en énergie, mais sans succès provoquant ces pics de douleur que vous avez ressenti.

- Comment avez-vous deviné tout ça ?

- C'est une question d'expérience… répondit Elrond avec un petit sourire en coin.

Puis, tournant la tête vers l'est où les premières étoiles s'allumaient dans le ciel, il ajouta :

- Vous devriez rentrer, les nuits sont encore fraîches par cette saison.

- Nous sommes en mai… Et, vous n'imaginez pas à quel point la caresse du vent et le ciel m'avaient manqué, lui répondit doucement Ondine la tête dirigée vers les étoiles comme si elle venait d'oublier ce que lui avait expliqué Elrond.

- Vous faites référence à votre emprisonnement à Barad-Dur.

- Maglor vous a donc tout dit…

- Non. Il a refusé de me raconter ce qui vous est arrivé dans le monde d'où vous venez…

- Il n'y a rien d'intéressant à dire.

- C'est ce que vous dîtes…

- Vous pensez vraiment que ma vie sur Terre a été passionnante ?

- Selon Maglor et Dame Galadriel, il est très probable que vous soyez déjà venue ici. La Terre n'aurait été qu'un lieu de passage temporaire, où vous ne seriez que quelques années, théorisa Elrond.

La jeune fille grogna d'exaspération et s'éloigna de la rambarde pour se diriger vers le centre de la terrasse, et indirectement, de l'intérieur d'un bâtiment car il commençait à faire plus frais. Elrond la suivie attendant que celle-ci prenne position vis-à-vis de cette hypothèse. Lorsque cette dernière cessa de s'éloigner de l'elfe, elle s'était arrêtée au pied d'un arbre qui fleurissait. L'adolescente cueillit une petite fleur ouverte et caressa les pétales du bout de ses doigts.

- Cette hypothèse peut être vraie, mais elle est invraisemblable.

La jeune fille souffla doucement sur la fleur qui s'envola et tourbillonna en tombant avant de se poser délicatement sur le sol.

- Pourquoi serait-il impossible que vous soyez déjà venue auparavant ?

- J'ai dit invraisemblable, pas impossible, le corrigea Ondine. Je ne partage pas votre avis. Aussi loin que remonte mes souvenirs, j'ai toujours vécu sur Terre.

- Pourtant, il y a un certains nombres de détails qui laisseraient penser que vous n'êtes pas originaire de ce monde, et peut-être même… pas humaine.

- C'est absurde…

- Pas tant que ça… Vous parlez le Sindarin couramment, et il en est apparemment de même avec le Quenya. Vous parlez le langage commun tout à fait remarquablement, alors que ce n'est pas la même langue que le monde d'où vous êtes originaire, non ?

- Je…

A ces paroles, Ondine hésita. Elle n'avait jamais fait attention à ce détail, mais en y pensant clairement, la langue qu'elle parlait le plus souvent avec les différentes personnes qu'elle croisait sonnait légèrement différemment que le français ou tout autre langue de la Terre.

- De plus, ajouta Elrond en comprenant qu'il avait fait mouche, d'après Maglor vous savez vous servir d'un arc et de doubles-dagues sans n'avoir jamais touché d'armes de votre vie. Et, il a aussi noté que vous possédiez une très bonne vue, enfin pour une humaine.

- Etes-vous en train de sous-entendre que je pourrais être…

- Une elfe ? En effet…

- Mais, je ne suis jamais venue ici auparavant. Et il n'y a que des humains sur Terre ! Et, vous avez l'impression que j'ai des oreilles pointues ? ajouta-t-elle en dégageant une mèche de ses cheveux pour dévoiler des oreilles tout à fait arrondies et normales. Et, je vous signale que j'ai réalisé un certain nombre de prises de sang lorsque j'étais petite. Et, on ne m'a jamais signalé que je possédais un sang anormal.

- Inutile de vous énerver… Ce n'était qu'une hypothèse. Avouez qu'il y a de quoi avoir des doutes. Vous êtes un cas encore inexpliqué, et vous êtes incapable de nous apporter une réponse à ce sujet. Mais, pourquoi ?

- Je n'ai aucun souvenir qui remonte à avant mes cinq ans.

- Et… J'imagine que vous n'êtes pas capable non plus de nous dire qui vous a confié ce pendentif.

- Non plus. Je l'ai toujours porté. Et, les rares fois où j'ai essayé de le retirer, même pour un instant, il y avait comme une petite voix en moi qui m'interdisait de le retirer, avoua Ondine en serrant le collier dans sa main. Je ne l'ait jamais dit à personne. Pas même à Élisa, celle qui s'est occupée de moi, mais… Cette voix qui résonne en moi, dès que j'essaie de le retirer… C'est une voix d'homme. Je pense que c'est mon père. Et à chaque fois, je l'entends me dire : « Ne le retire pas. Quoi qu'il arrive, peu importe les circonstances… Garde le toujours sur toi. » C'est le seul souvenir que j'ai de mes parents… Enfin, si l'on peut appeler ça un souvenir car je n'en ait aucune image, et je serai incapable de reconnaître la voix de cet homme même s'il me parlait.

- Vous pensez donc que l'un des Cinq vous a été confié par vos parents ?

- Peut-être… Pourquoi ?

- Rien d'important… Mais, il se fait tard… Vous devriez aller vous coucher. Nous résoudrons ce mystère plus tard.

Ondine le salua et commença à s'éloigner, avant de s'arrêter.

- Seigneur Elrond ?

- Qu'y a-t-il ?

- Et, à propos de la couleur de mon collier ?

- Nous trouverons un moyen pour qu'il retrouve sa puissance originelle et que la liaison se rompe.

- Merci…

Et Ondine quitta les lieux.

Enfin seul, Elrond retourna auprès de la balustrade qu'il avait lâché quelques instants plus tôt et se perdit dans ses pensées. Et comme de multiples fois auparavant, une voix apaisante s'immisça dans son esprit.

- Vous savez que quelque chose nous échappe. Il y a dans l'histoire d'Ondine la clé de tout cela, souffla Galadriel dans l'esprit d'Elrond.

- Que pensez-vous que cela puisse être ?

- Elle pense que son collier est pu lui être donné par son père non ? Hors, nous savons qu'Elaiano en était la dernière porteuse, et qu'elle l'a elle-même reçu de Celeborn.

- Seriez-vous en train de penser qu'Ondine puisse être Elaiano ?

- Non… Il semble de plus en plus évident qu'Elaiano ait basculé sur Terre lorsqu'elle a disparue. Se pourrait-il que pour une raison ou pour une autre, elle ait croisé Ondine et qu'elle lui ait donné le collier ?

- Quel serait le lien ?

- Si cette déduction est juste, peut-être qu'en confiant le pendentif à Ondine… Cela ait déclenché quelque chose, et Ondine aurait "reçu" certains souvenirs ou aptitudes d'Elaiano ?

- Cela pourrait expliquer ses différentes capacités, notamment son aptitude à parler l'elfique sans l'avoir jamais appris, en déduisit Elrond. Mais, en êtes-vous sûre ?

- Ce n'est qu'une supposition… La réponse à cette énigme repose dans les souvenirs disparus d'Ondine.

- Il nous faudrait donc les débloquer, en quelque sorte… ajouta Elrond pensif.

- Il nous faudra alors l'un des Istaris…

- Mithrandir ?

- Je l'ai déjà prévenu, il est en route pour votre cité et devrait arriver demain. Celeborn et moi feront aussi le voyage… Mais, nous ne serons là que dans deux semaines.

- Je serais là pour vous accueillir.

Et l'esprit de Galadriel se retira, laissant Elrond à nouveau seul sous la voûte étoilée. Ce dernier jeta un dernier coup d'œil à la vallée d'Imladris avant de se retourner et quitter à son tour le balcon. Ce faisant, il ne vit pas l'étoile qui étincela plus fort qu'à l'accoutumé. Haut dans le ciel, Varda observait la Terre-Du-Milieu les yeux rivé sur l'elfe qui rejoignait sa demeure. Un léger sourire s'étendit sur son visage alors qu'elle murmurait un mot. Un seul mot aussi léger que le vent, et aussi éphémère que de la neige au soleil.

- Enfin… »


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Et voilà !

Ce chapitre était un mélange de doutes, de déductions et de révélations.

J'espère que son contenu aura répondu aux questions que vous vous posiez, ou qu'il vous a permis de vous en poser d'autres. Alors, avec cette "synthèse", quelles sont vos hypothèses ? Vos doutes ? Les points sur lesquels vous êtes sûr(e)s ?

En espérant que le chapitre vous aura plu !

Il n'y aura qu'un chapitre par semaine (soit le weekend) pendant les vacances (si j'arrive à les écrire à temps...) Donc, d'ici là...

JOYEUX NOËL À TOUS ET À TOUTES !