Coucou à toutes ! Merci à Nannoulaet, Pims10, Kaname20 et apfeltorte pour leur commentaire sur le précédent chapitre.
Je n'ai pour une fois, pas grand-chose à dire avant ce chapitre, je tiens seulement à remercier crazybells qui a fait un formidable travail de bêta lecture.
Bonne lecture !
-Isabella, une revenante, ça fait plaisir ! Commence Allison.
Elle n'a comme qui dirait, pas apprécié que je les laisse sans nouvelle pendant trois ans, ce qui n'est pas très étonnant. Si la situation était inversée, je serais probablement pire que mon ancienne collègue infirmière. Mais c'est moi qui ai le rôle de la méchante et puisque je me sens coupable, je vais encaisser sans rien dire, du moins, je vais essayer ce qui n'est pas gagné quand on me connaît.
-Allison, Matt, je suis heureuse de vous revoir. Vous semblez en forme, je réponds poliment.
-Pas grâce à toi en tout cas. Je suis même étonnée que tu te souviennes de nous. Parce qu'honnêtement, seule une amnésie pourrait excuser ton manque total de communication ces dernières années, rétorque sèchement la blonde.
Alice glapit à côté de nous et je peux la comprendre, elle qui souffre d'amnésie.
-On va peut-être vous laisser entre vous, propose la jeune militaire.
-Tu ne nous présente pas tes nouveaux amis ? Demande Allison d'un ton un peu plus doux. Je le savais qu'elle avait la rancune tenace.
-Lieutenant Alice Brandon et Major Jasper Whitlock, je vous présente le Lieutenant Matt Kyle et le Capitaine Allison LePetit, d'anciens collègues.
-En fait, avec ton départ, je suis passé Capitaine, intervient Matt. Enchanté de vous rencontrer, dit poliment l'infirmier en tendant une main au Marine et à Alice.
-Je parie que vous n'avez pas la moindre idée de qui nous pouvons être, ne peut s'empêcher de dire Allison.
-Je ne pense pas qu'aujourd'hui soit le jour pour mettre sur le tapis toutes ces rancunes, je lui dis. D'autant que le Lieutenant Brandon et le Major Whitlock n'ont rien à voir avec mon silence. Jasper, il me semble que le Marine là bas vous fait signe.
-Nous allons le saluer avec Alice, comprend le blond. Nous ne serons pas loin, dit-il en s'éloignant.
-Tu as si peur de nous qu'il te faut une garde rapprochée ? Se moque Allison.
-Ali, je soupire. Ce n'est pas le moment de se battre. Tout ce que je veux savoir c'est si vous aussi vous allez recevoir la Distinguished Service Cross ? Je demande.
-Nous ne la recevons que maintenant, à cause de toi, en passant.
-Vraiment navrée, je lui rétorque en ayant plus l'impression d'être au lycée qu'à une remise de distinction à la Maison Présidentielle en compagnie de personnes toutes plus gradées les unes que les autres.
-Mais tu dois t'en foutre complètement, tu n'as pas subi une enquête alors que tes collègues te regardaient bizarrement.
-C'est vrai, ce n'était pas moi la principale mise en faute, j'ironise. Tu m'excuses si je te dis que je ne suis plus autant désolée maintenant que je te revois ? J'ai eu tort de couper tout contact mais tu n'as pas non plus pris la peine de faire le moindre pas vers moi.
-C'était à nous de le faire ? Demande Allison. On a essayé de prendre contact pendant que tu étais à l'hôpital, tu refusais même les appels de Rosalie. On a simplement arrêté après surtout quand on a su que tu étais visée par une enquête qui nous incriminait aussi. Nous avons dû penser à notre carrière et aussi à nous remettre de nos blessures.
-Tu vois que ça n'aurait servi à rien que je t'appelle, j'aurais mis en péril ta carrière, je réponds.
-Mesdames et Messieurs, merci de bien vouloir gagner les places en fonction de votre corps militaire, résonne une voix de femme depuis la petite estrade et je suis contente car ça me permet d'échapper à cette joute verbale très fatigante.
Alice bien qu'appartenant à l'US Army, se dirige en compagnie de Jasper en direction des chaises pour les Marines. Quant à moi, j'essaye d'ignorer le fait que je ne suis pas très loin d'Allison, même si entre nous deux se trouve Matt qui se penche vers moi pour murmurer :
-Ne l'écoute pas, ça fait plaisir de te revoir et de constater que tu vas bien.
-Le plaisir est partagé, je réponds sur le même ton. Et je sais que ce n'est pas une excuse, mais si je ne vous ai pas contacter c'est parce que ma vie était compliquée et qu'elle l'est toujours un peu.
Matt exerce une légère pression sur mon bras pendant qu'un haut gradé fait un discours que j'écoute à moitié et qui se termine par la venue du Président sur un fond d'hymne nationale, nous faisant nous lever, et pour les militaires, nous faisons un salue. C'est très kitsch et très patriotique mais c'est américain alors ne soyons pas étonnés. Pendant trois bonnes minutes, nous restons ainsi à saluer, attendant que l'hymne se termine pour pouvoir se rasseoir. Je me retiens de pousser un soupir de soulagement lorsque je peux enfin arrêter d'être raide. Malgré tout, je ressens toujours cette petite lueur de fierté, celle que je ressentais lors de mes premières années à l'armée.
Le Président nous assomme avec un discours qu'il veut sans doute passionnant, puisqu'il le ponctue de phrases ou de mots prononcés un peu plus fort, mais lorsque les politiques parlent, il n'y a rien de plus soporifique. Tous leur discours et peu importe la personne, sont formatés de la même façon ce qui devient tout de suite très ennuyant.
Vient ensuite le moment où la remise de médaille débute réellement, et ça fait déjà une heure que nous sommes assis. Nous sommes appelés en fonction de la branche dans laquelle nous sommes, puis en fonction de notre rang et enfin par ordre alphabétique. La remise des médailles à proprement dit commence avec l'US Army, puis se poursuit avec l'US Air Force et c'est à ce moment que je me lève. Matt passe devant Allison et je reste en dernière avant que nous nous dirigions au pas sur l'estrade. C'est le Colonel Hale qui nous remet notre médaille en compagnie du président.
-Je suis fier au nom du peuple américain de vous remettre la Distinguished Service Cross, récite le président pendant que le colonel épingle la médaille sur mon uniforme. Je les salue tous les deux avant de quitter l'estrade et de retourner à ma place. J'assiste ensuite à la même chose pour l'US Navy et ça se termine ensuite par l'US Marine. Les gardes côtes et l'armée de réserve sont à part. Un peu après midi, nous pouvons enfin sortir de la pièce et je ne m'attarde pas en présence de mes anciens collègues, préférant retrouver Jasper et Alice. Cette dernière ne semblait pas aller très bien quand je me suis levée pour récupérer ma médaille.
Repérant Jasper dans la foule d'uniformes, j'enlève mon képi pour le coincer entre mon bras et mon torse, autour de moi, plusieurs militaires font la même chose alors que nous nous dirigeons vers la salle contenant le buffet et je dois dire qu'il est le bienvenu comme semble me le rappeler mon estomac qui grogne.
-Capitaine Swan, un moment, m'arrête la voix du colonel Hale et je peste tout bas.
-Colonel, je réponds, que me vaut ce plaisir ? Je demande alors que dans ma tête je lui hurle de me laisser tranquille pour que je puisse manger.
-Swan, ne me prenez pas pour un idiot, ce n'est un plaisir ni pour vous, ni pour moi. Je dois cependant vous dire que je suis ravi que vous ayez enfin obtenu cette médaille, après tout ce temps.
-C'est gentil, je réponds, mais vivre sans ne m'aurait pas gênée. J'y arrivais très bien jusqu'à maintenant.
-Notre entente n'a pas toujours été très cordiale, en particulier parce que je pensais que vous tiriez ma fille vers le bas, mais je suis quand même content que vous receviez cette distinction, votre équipe et vous même la méritiez.
Dire que je suis surprise est un euphémisme, nous n'avons jamais su nous entendre avec le colonel, en partie parce que je lui en voulais de la manière dont il traitait sa fille comme si elle était n'importe quel soldat sous ses ordres, même en privé, ce qui faisait du mal à ma meilleure amie. Grandir avec un père très pris par son métier et qui fait preuve d'une très grande autorité dans sa vie professionnelle, je connaissais mais mon père, à la différence du Colonel Hale, ne m'a jamais considérée comme suspecte ou comme une criminelle à la maison. Quand mon père était à la maison, le shérif n'existait plus.
-Merci, je lui dis, ravie de la reconnaissance qu'il me donne.
-Quand vous rentrerez, vous pourrez dire à ma fille que je suis fier d'elle ?
-Bien sûr, ça ne me regarde probablement pas, mais pourquoi ne l'appelez vous pas vous même ?
-Je ne suis pas certain qu'elle soit ravie de m'entendre.
-Et je suis sûre du contraire, je dis. Vous n'avez rien à perdre si vous essayez. Bonne journée Colonel.
Sans attendre sa réponse, je reprends mon chemin pour chercher mes deux pensionnaires. Jasper a bougé et je ne le retrouve plus dans la grande salle. Décidant de sortir dans les couloirs, je suis le chemin vers les toilettes et je retrouve Alice assise à même le sol alors que Jasper lui parle doucement. Le scénario que je redoutais est en train de se dérouler. Sans même réfléchir, je m'accroupis devant Alice, hésitant pendant une fraction de seconde à l'attitude à adopter, avant de poser mes mains sur ses genoux.
-Jasper, est ce que ça vous dérangerait d'aller chercher un verre d'eau fraîche pour Alice ? Je lui demande.
-Vous êtes sûre ? Je serais plus utile auprès d'Alice.
-Certaine, vous aussi avez besoin de boire quelque chose, je m'occupe d'Alice, je réponds d'une voix douce mais ferme. Une fois que le blond s'est un peu éloigné, je questionne Alice. Alice, c'est Bella, je précise parce que ses yeux regardent dans le vide et qu'elle ne semble pas me reconnaître. Vous êtes en sécurité, vous voulez me raconter ce que vous êtes en train de vivre, ou ce qui a déclenché votre réaction.
-Be… Bella ? Demande Alice d'une voix brisée. Du centre ? Ils ont aussi réussi à mettre la main sur vous ? s'inquiète la jeune femme d'une petite voix.
-Qui sont ils ? Je l'interroge.
-Je… Je ne sais pas, ils ont aussi deux collègues, je ne les ai jamais vus mais je les entends. Un homme et une femme je dirais. Ils les font souffrir, je les entends parfois hurler et c'est insupportable. Ils font ça pour que je parle.
-Pour que vous parliez ? Je la questionne. Est ce que vous vous êtes faites capturée ? Vous savez depuis combien de temps ?
-Longtemps, je crois. Les deux autres sont arrivés en même temps que moi. Nous nous sommes fait prendre alors que nous nous rendions à notre point de rendez vous. Vous ne pouvez pas être avec moi, j'hallucine, dit Alice alors qu'elle se met des gifles.
Ça me brise le cœur de la voir aussi fragile et j'attrape ses deux mains pour éviter qu'elle ne se fasse mal. Au même moment, Jasper revient avec deux verres d'eau et j'en attrape un pour le donner à Alice. Je trempe mes doigts dans le second et je me permets de poser mon index et mon majeur, rendus froids au contact de l'eau, sur le front de la jeune militaire. Ce geste semble la sortir un peu de son état de transe et elle se rend maintenant compte de son environnement.
-Jasper, Bella, vous allez bien ? Vous semblez inquiets.
-Alice, vous venez d'avoir des flashback, est ce que vous vous en souvenez ? Je l'interroge.
-Un peu, répond la jeune militaire. J'étais retenue prisonnière et je n'étais pas seule. Ils… ils me torturaient, j'ai reçu plusieurs coups à la tête.
-Sans vouloir paraître insensible, je dis après qu'elle ait fini, ce couloir n'est pas le meilleur endroit pour en parler. Je vous propose de retourner à l'hôtel nous changer et nous aviserons par la suite, je leur propose en me relevant car la position accroupie est vraiment inconfortable surtout avec une prothèse.
Avec Jasper, nous aidons Alice à se relever, l'encadrant de chaque côté. En repassant devant la salle du buffet, le Colonel Hale me salue de la tête et j'incline la mienne pour lui montrer que je l'ai vu et nous quittons la Maison Blanche sans plus de cérémonie. Un poids se décharge de mes épaules lorsque nous quittons le périmètre sécurisé de ce lieu de pouvoir. Sans même nous consulter, nous prenons le chemin de retour, sans chercher à savoir où se trouvent l'arrêt de bus ou la station de métro les plus proches.
Lorsque le symbole de la puissance américaine se trouve à plus d'une centaine de mètres derrière nous, Alice nous demande de nous arrêter pour nous asseoir sur un banc dans un parc. Soucieuse, tout comme Jasper, nous acceptons et Alice se laisse glisser sur un banc. Jasper s'assoit à ses côtés pendant que je reste debout. La jeune femme prend une grande inspiration avant d'expirer fortement et de répéter l'opération pendant une bonne minute, le temps de retrouver ses esprits. N'ayant pas pris le temps d'observer Jasper en raison de la crise d'angoisse d'Alice mais aussi en raison de mes propres préoccupation, mais le Marine ne semble pas aller beaucoup mieux que la jeune brune à ses côtés. Au contraire, il semble fatigué et avoir vieilli de 10 ans tellement son visage est marqué.
Ça serait moi, nous repartirions immédiatement pour le Montana où Rosalie pourrait les aider efficacement et pour qu'ils oublient ou tout du moins, se remettent , de cette journée mais nous ne pouvons pas, il y a peu de chance pour qu'on trouve un vol de dernière minute, d'autant que nos billets pour demain sont déjà réservés. Moi-même, je ne rêve que de retrouver le ranch et de partir pour une promenade en solitaire avec ma Freesia. L'agitation de Washington est trop importante pour moi à présent qui vis dans un ranch loin de tout. La grande ville ne me manque pas pour la simple bonne et raison que je conduis, que je ne vis pas dans une maison isolée mais c'est vrai que faire les trajets jusqu'à Billings lorsque nous avons besoin de quelque chose peut être épuisant et il y a dix ans, lorsque je sortais du lycée, je n'aurais pas pu vivre aussi éloignée de tout. Et le jour où j'aurais des enfants, ça pourrait aussi poser problème mais pour l'instant c'est très agréable.
-Je suis désolée, dit soudainement Alice.
-Pourquoi ? Lui demande Jasper surpris.
-A cause de moi, vous n'avez pas pu manger ou discuter avec d'anciens collègues.
-Ce n'est pas grave ça ! Je m'exclame. Je préfère avoir un peu faim, et encore nous allons nous changer et ensuite nous allons nous restaurer, plutôt que de vous voir ou savoir mal.
-Et quand au fait de parler à d'anciens collègues, ce n'est pas le plus important, c'est toi qui nous importes, renchérit Jasper.
-Mais… quand même, je me sens mal.
-Ne vous en faites pas, je lui dis, surtout pas à cause de ça !
Alice pousse un soupir de soulagement avant de se relever, ayant retrouvé un peu de son entrain, je me demande d'ailleurs comment elle fait. A sa place, beaucoup se serait vautré par terre et rouler en position fœtale et il leur aurait fallu des jours pour se remettre mais Alice semble reprendre le contrôle de ses émotions, même si je me doute que ce n'est qu'une façade pour nous leurrer. Mais à voir Jasper, lui non plus n'est pas dupe, même si il doit aussi gérer ses pauvres démons. A l'heure actuelle, la seule qui pourrait les aider tous les deux efficacement est Rose. Quand à moi, je sens que la prochaine séance avec Carmen sera chargée et je remercie mentalement mon cousin de m'avoir poussée à prendre plus de séances avec la psychologue.
-Bon, on y va ? Je n'ai pas envie de rester dans cette tenue plus de temps que nécessaire et notre repas ne va pas se manger tout seul !
-Allons y, Répond Jasper avec un léger sourire qui n'atteint pas ses yeux.
Cette cérémonie aura fait plus de mal que de bien, même si ça a permis à Alice de se souvenir de certains éléments de son temps à l'armée et d'après ce qu'elle m'a décrit, ça pourrait être sa dernière mission, les coups à la tête ayant provoqués son traumatisme crânien. Ce qui est intrigant est les deux personnes qu'elle entendait hurler de douleur. Qui peuvent être ces personnes ? Des militaires vraisemblablement, qui ont aussi été torturé.Ces personnes ont elles été retrouvées en même temps qu'Alice ? Je suppose qu'il y a peu de chance que j'ai la réponse un jour.
Voilà ce chapitre sur la remise des médailles, j'espère que cela vous aura plus et que je vous laisse avec des questions ! Qui sont les personnes qu'Alice entendait ? Des idées ?
La semaine prochaine, le chapitre sera spécial avec un point de vue inédit, alors à qui pensez vous ?
N'hésitez pas à laisser un commentaire !
