Decouvrir.

Un an plus tard.

Il parcourait les rues de Londres un peu à l'aveugle, s' imprégnant de cette ville qui était sienne. Il inspira les odeur de pots d'échappement, d'asphalte et de fast food. Il observa les trottoirs, les croisements et les passants . Inchangée, immuable, fière et libre. Sa ville. Son fief.

Comment pourrait il la requitter maintenant qu'il venait de la retrouver. C'était là sa place et peut être, maintenant, avait-il regagné le droit de rester?

Un énorme sac sur l'épaule, il continua de déambuler sans vraiment réfléchir. Il devait rejoindre la chambre d'hôtel que lui payait l'armée mais l'envie lui manquait. Il voulais profiter de sa liberté retrouvée, chez lui.

Néanmoins, après une demi heure de marche son sac commença à le gêner. Ce n'est pas qu'il n'avait pas la force de le porter, c'était juste gênant pour marcher tranquillement. Il se résigna donc à passer poser ses affaire puis réparti après une douche bien mérité.

John ne savait toujours pas où il allait quand il passa devant St Bart. Il marqua un arrêt, nostalgique et leva les yeux vers le toit se remémorant l'un des moment les plus douloureux de sa vie. Il sourit. Le temps avait fait son travail et les tristesses du passé étaient plus diffuses dorénavant.

Surtout que l'année qui venait de s'écouler avait été proche de l'enfer. Toute l'escouade avec laquelle il était parti avait périe moins d'un mois après leur arrivé. Il avait été seul rescapé à attendre caché qu'ils envoient d'autres hommes. Une semaine durant, il était resté seul. Survivant avec les maigres rations qui lui restaient. Le soldat ne savait pas si du jour au lendemain, il ne se réveillerait pas, attaqué par l'ennemi et laissé au milieu de rien. Mais il avait réussi et les remplaçants était venus le rejoindre, non pas pour le sauver mais comme renfort pour continuer la mission. Des mois durant ils avaient parcourus le pays, jusqu'à avoir éradiqué la menace de celui-ci. Mais ça ne s'arrêtait pas là pour John, il eut à peine deux semaines pour se reposer qu'il fut renvoyé dans un autre endroit avec une autre escouade.

Toujours, ne pas connaître leurs noms, ne pas s'attacher, ils ne mettraient pas longtemps à mourir de toute façon. Lui aussi certainement. Ça n'avait pas d'importance, il était là pour ça. Il avait pris part à cette horreur comme purgatoire personnel et il passerait du temps avant que ses péchés puissent être si ce n'est pardonnés au moins payés.

Ainsi passa les jours, les saisons jusqu'à ce qu'il ne se refasse tirée dessus, dans la jambe cette fois ci. Il fut évacué et ramené à Londres. Le soldat boitant et misérable revint à la surface l'espace d'un instant, il se haït pour ça, mais en quelques sorte la boucle était bouclé. Il ne pouvait plus retourner dans l'armée et avait été réformé définitivement.

Sa peine était finie mais il en gardait un goût amer sachant que ça ne suffirait jamais. Que rien ne suffirait.

Et voilà qu'il se trouvait après tout ce temps devant St Bart, là où sa vie avait réellement commencé des années auparavant.

Il pensa à Sherlock sachant très bien qu'il ne le reverrai jamais. Son cœur se serra et John soupira se détestant d'avoir détruit la plus belle chose dans sa vie.

Le médecin était redevenu lui-même suite à tout ça. Disparu L'homme en colère et immonde qu'il avait été suite au retour de Sherlock et à l'apparition de Caleb Mastre. Il se sentait mieux mais il ne pourrait jamais le revoir. Ni Sherlock, ni Greg, ni Molly, ni Martha il n'était plus digne de ces gens.

«-John Watson??! Ça alors! Je n'imaginais pas te recroiser un jour après que tu sois repartilà bas!- Mike Stamford, un sourire immense aux lèvres s'avançait vers lui.

-Mike! Je n'imaginais pas revenir non plus, pour être honnête.»

Il releva les yeux vers le toit, se gratta l'arrière de la tête, gêné, ne sachant que dire.

«- Il vient à peine de partir, tu l'as raté de peu.

-Comment?

-Sherlock Holmes. Il est passé en coup de vent, je l'ai croisé en allant dire bonjour à Molly. Il avait l'air pas bien. Il vient de partir.

-Ah, euh, je ne venais pas spécialement le voir en fait…

-Ça s'était mal fini entre vous, n'est-ce pas?

-On peut dire ça oui.»

Il ne voulait vraiment mais alors vraiment pas parler de Sherlock à cet instant, heureusement pour lui Mike sembla sentir son malaise et changea de sujet. Son ancien collègue lui demanda quand était-il revenu, était-ce définitif, avait-il des pistes pour un appartement?

Ce flots de questions apaisa John et il y répondit avec enthousiasme. Mike ne savait pas et quelque part cela lui faisait du bien qu'une personne de son passé lui parle comme à un ami, bien qu'il ne le mérite pas. Comment aurait-il pu lui dire de toute façon?

Il parlèrent quelques instants puis se séparèrent se promettant d'aller boire un coup à l'occasion.

L'ancien soldat continua sa vadrouille empruntant chaque rue qu'il connaissait encore par cœur puis décida de se perdre dans celles qu'il ne connaissait pas. Ce fut au détour d'une petite impasse qu'il ne comptait pas vraiment prendre qu'il sentit le premier coup. Un coup rapide derrière la tête mais manquant de force. Il se retourna s'attendant à voir un homme appartenant à Mycroft ou même Greg Lestrade qui l'aurait aperçu mais il n'eut pas le temps de comprendre qu'un autre coup s'abattit sur son crâne, l'envoyant dans les vapes.

Sherlock.

Bienvenue pour le dernier problème!

Le jeu était absurde. Douloureux. Il ne savait pas et ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait.

Mycroft avait avoué, les barrières étaient tombées suite à l'entrée dans sa vie d'une femme qui ne le lâchait pas depuis plusieurs semaines. Elle s'était fait passée pour une fan, c'était réaliste, il s'était fait piégé.

Mais tout n'avait pas été dit, juste ce qu'il fallait pour qu'il comprenne ce qui lui manquait, ce pant de mémoire qui avait disparu sans qu'il ne puisse s'en rendre compte. Ce secret qui avait fait de lui L'homme qu'il était devenu.

Musgrave. Le peu qu'il en savait lui fit mal. Mais il avait besoin de la voir, besoin de comprendre. Besoin de se souvenir.

Alors il convint son frère de l'y emmener, de l'emmener rencontrer Eurus. Sa sœur…

Ce fut relativement facile d'entrer dans le complexe où elle était enfermée. Ce fut plus difficile de la voir, d'admettre que cette femme qu'il ne reconnaissait pas était pourtant sa famille. Puis les choses dégénérèrent et le jeu prit place.

Un jeu absurde, douloureux. Ponctué par la voix de Jim Moriarty et par celle d'une enfant piégée dans un avion. Mycroft et lui-même étaient prit au piège devant participer à cette folie. Il résolu la pseudo enquête qu'elle lui présenta mais qui se solda quand même par la mort des trois frères. Il appela Molly et lui intima de lui confesser ses sentiments pour lui, la fit souffrir, cela pour rien. Il faillit tuer son frère car elle le demanda mais il trouva parade en pointant l'arme sur lui-même.

De retour dans le bureau de coordination, il crut que c'était finit qu'enfin elle allait se calmer lorsque un écran géant afficha John Watson, évanoui dans un endroit se remplissant d'eau.

Le choc fut rude pour le détective, il pensait ne jamais revoir son ami mais celui-ci réapparaissait finalement dans des conditions atroces. Le sauver devint sa priorité lorsque que la voix de Eurus s'éleva:

«- J'ai retrouvé le Docteur Watson! Je l'ai retrouvé juste pour toi Sherlock! J'espère que ça te fait plaisir. Maintenant il faut que tu le trouves.»

Puis elle se mit à chantonner la comptine de son enfance et une épaisse fumée envahit la pièce après un dernier regard avec Mycroft, les deux frères s'évanouirent.

Sherlock se réveilla dans une pièce semblable aux autres pièces du complexe, la voix de la petite fille de l'avion se fit entendre de nouveau, la peur était encore plus présente en elle. Il ne savait que faire lorsque l'appel coupa de nouveau et qu'une autre voix se fit entendre.

«-Il y a quelqu'un? Eh oh?! Si quelqu'un m'entend, j'aimerais bien sortir de là!

-John?

-Sherlock? C'est toi?

-Oui John c'est moi je vais faire mon possible pour te sortir de là!

-Qu'est-ce qui se passe Sherlock? C'est quoi tout ça?

-Ce serait trop long à t'expliquer maintenant mais sache que je suis désolé, John, c'est encore de ma faute.

-Ne t'en fait pas ça ira, j'ai confiance en toi! Je suis dans un puits Sherlock, attaché!

-Je sais je t'ai vu ne t'en fais pas je vais te trouver!»

Sherlock regarda autour de lui, il vit la gamelle de Barberousse, elle semblait persuadé qu'il ne comprenait pas qu'elle l'avait emmené, mais il fallait avancer, sortir de là. Sentant que quelque chose ne collait pas dans la pièce où il se trouvait, il l'observa de plus près. Le courant d'air et la légère contraction des murs furent parlant et d'un geste presque théâtral il poussa le faux mur devant lui. Et pour la première fois depuis son enfance il la vit. La maison de ses premières années. Musgrave, brûlée et attaquée depuis toutes ces années par le lierre.

Eurus lui parlait mais ce qui comptait était la jeune fille de l'avion et John. Il arriva dans le hall et sur un énième écran il vit le visage de sa sœur, calme. Et la voix de John se fit entendre de nouveau

«-Sherlock? T'es encore là?

-Oui John je cherche une solution!

-Par contre, je dois te dire, je suis désolé mais, je crois qu'il y a des ossements avec moi!

-Oui très probablement de chien, je sais où tu es John, enfin je suis censé le savoir mais je vais trouver!

-Sherlock, ce… ce ne sont pas des os de chiens… c'est ceux d'un enfant…

- Oui, Rappelles-toi Sherlock de quoi papa était-il allergique?-La voix de Eurus s'éleva de nouveau.- Qu'est-ce qu'il ne t'a jamais laissé avoirmalgré tes suppliques? Rappelle-toi qu'il ne t'a jamais laissé avoir un chien.»

Le crâne de Sherlock commença à lui faire mal tandis qu'il se souvenait des jeux de son enfance avec barberousse, les images se succédèrent au son de la voix de sa sœur:

«- Drôle de petite mémoire, Sherlock. Tu étais bouleversé, alors tu t'es raconté une meilleure histoire. Nous n'avons jamais eu de chien.»

Les souvenirs de Sherlock s'éclaircirent soudainement et toutes ces images où il était avec son chien se transformèrent et il se souvint de ce petit garçon avec lequel il jouait.

«Victor

-Ça te revient

-Victor Trevor. On jouait au pirates quand nous étions petits.»

Sherlock se mit à pleurer pour la première fois depuis John, alors qu'il avait été la seule personne pour qui il l'avait fait.

Eurus continua de parler expliquant sa jalousie. Il ne l'écoutait plus vraiment.

«-Tu as tué mon meilleur ami!

-Je n'avait personne!

-Sherlock! L'eau s'écoule vraiment vite là!

-Monsieur? Vous êtes toujours là?»

Tout le monde se mit à parler en même temps tandis que Eurus chantait encore la comptine. Sherlock eut un déclic et se rendit jusqu'au stèles. En quelques secondes il parvint à craquer le code et comprit que sa sœur tout le long avait eu besoin de lui. Que c'était un appel au secours auquel il devait répondre.

Après s'être rué dans sa chambre, avoir compris qu'elle était la petite fille de l'avion, il l'a prit dans ses bras.

C'était finit, elle lui indiqua comment sauver John. Cette histoire se terminait enfin.

John

Il sentait le regard de Greg Lestrade sur lui. Si Sherlock faisait comme si de rien était et restait constamment à moins d'un pas de John, l'inspecteur lui n'avait pas pardonné. Même si dans ses yeux, la haine qu'il avait ressenti un peu plus d'un an auparavant semblait légèrement ternie. Mycroft était absent, il avait été emprisonné dans l'ancienne cellule de Eurus.

John, quant à lui, n'arrivait pas à faire face à son ancien ami qui regardait sa sœur se faire emmener par la police en silence. Mais Sherlock ne l'entendait pas de cette façon et il se tourna vers lui une lueur décidée dans son regard:

«-On rentre.»

John, pas plus que Greg , n'eurent le temps de protester que Sherlock attrapa son bras et s'engouffra dans l'hélicoptère que son frère avait appelé pour le ramener, après l'y avoir poussé.

Bien qu'ayant les casques pour communiquer ils ne dirent pas un mot pendant le trajet. John ne savait pas quoi penser ni faire alors il préféra se taire.

Arrivé à l'héliport, il prirent la voiture qui les attendait, toujours en silence.

Il savait où ils allaient et à chaque instant il avait juste envie de tout stopper et de s'enfuir mais son corps ne lui répondait plus. Son cerveau non plus d'ailleurs. Alors il se laissa porter par Sherlock, suivant aveuglement, comme depuis le début.