Bonsoir à tous et toutes !
Avant toute chose je vous souhaite une très belle année 2020. Je vous souhaite le meilleur.
Ce chapitre est comme un chapitre de transition qui j'espère vous plaira. En tout cas j'ai adoré l'écrire. Je prends vraiment du plaisir à essayer tout un tas de choses différentes dans cette histoire, et cela va continuer dans les prochains chapitres.
Je vous souhaite une très bonne lecture de ce 20ème chapitre qui sort en 2020 (et non j'ai pas fait exprès promis^^)
Merci à ariane-bob et à Nuala Thranduiliel pour leur deux review absolument adorables.
Chapitre 20
« L'épée des rois de Rhûn »
Myrddin disparaissait à sa guise, allant et venant sans mot dire, laissant Gandalf avec le reste des marcheurs. Il restait un être des plus mystérieux et nappé de secrets. Et si l'étendue de ses pouvoirs ne faisait aucun doute pour personne, ce qu'il était vraiment au plus profond de lui-même échappait à ses compagnons de route. C'était comme s'il avait vécu très peu de temps depuis sa venue au monde, et qu'il ne savait pas vraiment comment s'y prendre avec des êtres différents de lui.
Les deux seules personnes avec lesquelles il discutait parfois, était Gandalf et Abzal. Le magicien blanc, car il possédait l'expérience et les connaissances de la Terre du milieu qui manquait au mage d'argent, et Abzal parce qu'il l'avait sauvé des limbes de la mort, et parce que Myrddin était le seul point de repère du prince de Rhûn lors de son arrivée.
Le mage d'argent, contrairement aux autres Istari, avait reçu la faculté de lire les contours de l'avenir. Et si le secret de sa propre existence, de ses origines à sa mort, lui était inconnu, il pouvait lire aisément dans le cœur des gens, et dans les indices laissés par la nature elle-même.
C'est ainsi qu'une nuit, alors qu'il prenait le premier tour de garde, il lui vint une prédiction que lui seul pouvait percevoir :
"De l'ouest, loin au-delà de l'étendue bleue, une étincelle contre l'obscurité la plus totale, jaillira, et le destin du monde en sera changé.
Les cendres se relèveront et s'élèveront à nouveau vers la lumière du ciel."
-Mais de grands sacrifices seront nécessaires, compléta Myrddin en ouvrant les yeux.
-/-
Après une longue marche sous une pluie froide, le groupe fit enfin halte. L'atmosphère était lourde et triste comme le ciel, qui n'en finissait pas de s'assombrir. Même éloigné du lieu où avait péri Eowyn, la dame du Rohan, leur cœur était toujours aussi lourd. Et alors que tous s'installèrent du mieux qu'il pouvait, Myrddin sentit que le moment était venu. Il devait faire mal à Abzal. Pas physiquement, mais moralement, et faire remonter des souvenirs encore incandescents de traumatismes. Non par choix mais par obligation, et même en sachant cela, il ne pouvait empêcher ce sentiment de culpabilité de l'envahir pour la toute première fois de sa vie.
Le prince déchut était à quelques pas de lui à peine, mais alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la bouche, la voix enjouée d'Armos interpella sa cible :
-Tu viens Abzal ? C'est l'heure de la chasse.
-Je serais ravis de te montrer les techniques de mon peuple, répondit Abzal, bien que nous chassions peu, nous ne ratons jamais notre cible.
Armos et Abzal s'était rapprocher à l'étonnement d'Eléa. Son frère n'était pas le genre à se lier facilement avec des personnes qu'il ne connaissait que trop peu. Le jeune homme avait pour habitude d'avoir son cercle d'amis fermé, composé d'Elladan et d'Elrohir, et que quelques autre dunedains. C'était sans doute la première fois qu'il se liait aussi facilement et rapidement à une personne extérieure à son cercle proche.
Il n'y avait aucune idée préconçue entre eux puisque leurs deux peuples ne s'étaient jamais connus dans le passé.
-Abzal, commença Armos, alors que leur petit groupe se dirigeait vers des étendues boisées, je te présente ma sœur, Eléa, qui nous accompagnera. J'espère que sa compagnie ne te gènes pas.
-Enchanté Eléa, salua Abzal avec un sourire timide
-Très bien, déclara Armos, maintenant que les présentations sont faites, taisons-nous, où le gibier ne se montrera pas.
Les trois compagnons gardèrent le silence durant de longues minutes, leur ouïe à l'affût du moindre bruit. Mais malgré leurs nombreuses habilités, la chasse fut bien maigre ce jour-là. La vie semblait se rarifier partout.
A leur retour de la chasse, Myrddin approcha doucement du prince de Rhûn, occupé à nettoyer son épée à côté d'Eléa qui faisait de même avec sa propre arme.
-C'est vrai que tu es le prince de Rhûn ? demanda Eléa à Abzal tout en s'affairant sur sa lame.
-Et toi une dunedain n'est-ce pas ?
-Effectivement, répondit la jeune femme, malheureusement il ne reste bien peu d'entre nous.
-J'en suis navré, dit Abzal, je connais cela moi aussi.
-Je sais, dit Eléa en baissant la tête. J'ignore s'il y a des peuples épargnés quelque part.
-D'après les mages que mon père à rencontrer quand il n'était qu'un enfant, il y a d'autres peuples ailleurs, bien loin dans les terres, dont personne ne sait rien. Le monde est bien trop vaste.
-Des mages ? répéta Eléa hébétée
-Oui des mages, répondit Abzal avec un sourire, deux mages bleus nommé Alatar et Pallando…
-Les mages bleus qui avaient disparus ? coupa Eléa
-Pour vous seulement, répondit Abzal. Ils sont venus plusieurs fois sur nos terres. Et même si maintenant j'ignore où ils sont et même s'ils sont encore en vie, ils restent importants pour moi, tout comme le reste de mon peuple. L'un d'entre eux, Alatar à même forgée l'épée des rois de Rhûn.
-Celle-ci ? fit la jeune femme en montrant l'épée entre les mains du prince.
-Non pas celle-ci, répondit Abzal en baissant la tête, l'épée des rois a disparue au moment des combats. Et j'ai bien peur qu'elle ne soit perdue à jamais.
-J'en suis navrée, dit Eléa.
-Tu ne savais pas, déclara le prince.
Avant qu'Eléa n'ait put répliquer quoi ne se soit, le mage d'argent vint à leur hauteur. Il avait le visage grave, ce qui ne présageait rien de bon.
-Eléa si tu veux bien nous excuser, commença Myrddin à l'adresse de la jeune femme, Abzal et moi devons discuter en privé.
La concernée leva la tête de son ouvrage, et sans poser de question, elle se leva en s'excusant auprès d'Abzal, laissant les deux hommes seuls.
-Je sais ce que vous allez me demander, devina Abzal, depuis des jours j'attends le moment où je vais devoir vous raconter ce qu'il s'est passé durant les jours, ou peut-être même les semaines, qu'à durée ma captivité dans les profondeurs de Minas Tirith.
-On ne peut rien te cacher en effet, admis Myrddin. Gandalf et moi avons besoin de ces informations qui pourraient être capitales pour nous. Le comportement des gens peut dire beaucoup, fussent-ils Istari ou bien de simples mortels.
Sur ces mots Gandalf se joignit à eux, lui qui semblait presque plier sous le poids des soucis tant son apparence âgée s'était prononcée ces derniers temps. S'effaçant presque du groupe, le magicien blanc paraissait perdu dans ses pensées, et chaque nouveau jour accentuait son trouble. Les derniers événements l'avaient bousculé, et l'arrivé d'un nouvel Istari doté de grands pouvoirs, et dont il ne savait rien, n'avait rien arranger.
-Que voulez-vous savoir ? demanda le prince après un court moment de silence
-Tout, répondit simplement Myrddin.
Abzal ne put s'empêcher de rire nerveusement devant le visage sérieux du mage d'argent, mais celui-ci ne bougea pas un sourcil devant la réaction du prince. Il était clair qu'il lui fallait une réponse, et Abzal sentit très vite que celle-ci devrait être la plus complète possible.
-Les jours précédents, commença Abzal, un air putride s'était levé du sud-est. Mon père sut aussitôt qu'une guerre était inévitable. Nos guerriers se préparèrent alors dans une atmosphère pesante. Nous n'avions pas une très grande armée, notre repli du monde ne l'avait pas rendue indispensable. Cette guerre n'était pas la nôtre, mais malgré tout, nous allions devoir mener un combat ardent face à un adversaire qui pouvait nous écraser comme un rien.
-Mais cela ne vous a pas empêché de vous battre, fit remarquer Gandalf
-Le peuple de Rhûn est un peuple fier, déclara Abzal, nous n'aurions jamais reculé face à qui que ce soit, même si nous n'avions qu'une petite chance de succès. Ou même sans aucune chance. Pour rendre gloire aux noms de nos aïeux nous étions prêts à tout.
-Même à mourir ? demanda Myrddin
-Surtout à mourir, répondit le prince. Nous n'avons pas de tabou sur la mort. Pour notre peuple naître amène à la mort, donner la vie c'est aussi donner le trépas. C'est le cycle de l'univers tout entier depuis qu'il est né. Même les étoiles cessent de briller un jour où l'autre. Ce n'est pas parce que parfois on ne peut voir les choses qu'elles n'existent pas.
-Quand l'armée de Sauron est-elle arrivée ? demanda Gandalf
-A peine trois jours après l'arrivé du mauvais air, répondit Abzal, comme un présage il nous avait prévenu du danger. Et malheureusement pour nous, nous n'avons pas pu y échapper. Une marée noire avait obscurci l'horizon devant nous, et ce jour de ténèbres nous fut fatal.
Abzal ferma les yeux, les cris de ces concitoyens résonnant encore à ses oreilles malgré les semaines, les mois, qui s'étaient écoulés depuis la grande bataille. Et pourtant, à ce stade du récit, ce n'était peut-être pas le plus difficile à raconter. A l'époque il n'en avait pas idée, mais ce n'était que le début d'une longue et lente torture.
Il se souvenait de tout.
La cellule froide, sombre et humide, le soldat Haradrim qui le battait, l'atmosphère glaciale et pensante, et surtout lui. Sauron, le Seigneur des Ténèbres, en chair et en os face à lui. Les jours de torture, les coups à n'en plus finir, le visage satisfait de ses ennemis, et le combat sans fin pour ne pas sombrer dans la folie. Son père aussi, gisant dans une mare de sang, et lui, son fils, attendant la mort.
-Vous n'avez pas idée de la douleur, reprit Abzal, Sauron et ses alliés n'ont pas de limites. Ils n'ont rien n'a perdre d'ailleurs. Ils ne reculeront devant rien. Sauron est certain de sa puissance et il se moque bien de vos dieux.
-Il est au courant de la bulle d'argent ? demanda Myrddin
-J'en sais rien, répondit Abzal, mais il ne redoute rien ni personne. Nous ne sommes que des insectes face à lui.
-Comment est-il ? demanda Gandalf
-Myrddin m'a dit qu'il a été autrefois d'une taille démesurée, mais aujourd'hui il ressemble davantage à un elfe, répondit Abzal. Il est un peu plus grand que Legolas, avec de longs cheveux noirs. Presque beau malgré sa folie morbide.
A ces mots le magicien blanc paru pensif. Sauron, il l'avait toujours vu d'une taille extraordinaire, surplombant tous les êtres dans son armure noire et imposante, à l'image de son premier maître Morgoth.
-A quoi penses-tu Gandalf ? demanda Myrddin
-Je suis étonné, admis Gandalf, je ne pensais pas qu'il reprendrait une forme physique comme celle-ci.
-Il s'imagine peut-être qu'il mettra plus facilement à genou les autres peuples, proposa Abzal
-Je l'ignore, répliqua le mage blanc, mais cela me préoccupe. Depuis toujours Sauron fait étalage de sa puissance : sa tour, Barad-dûr, surplombe son pays, et sa haute taille est l'image de sa volonté de dominer toute vie.
-Et il avait des lueurs rouges dans les yeux, reprit Abzal, plus intense à mesure que sa colère contre moi augmentait.
-Sa colère ? répéta Gandalf
-Férocement en colère, répondit Abzal non sans un sourire, mais je pense que le plus énervé était ce soldat Haradrim.
-Celui qui te frappait tellement fort, qu'un jour tu prendras sa vie en dédommagement, devina le mage d'argent.
-Pas avant de l'avoir fait souffrir, dit Abzal froidement.
Son sourire satisfait était mort presque aussitôt qu'il était né. Ce soldat Haradrim, était son ennemi mortel, bien plus que tous les autres. Lui qui s'était donné un malin plaisir à le frapper encore et encore, lui qui avait été ravi d'avoir le prince de Rhûn à sa mercie durant des jours. Lui qui aurait tout donné pour avoir le droit de lui prendre la vie. Lui qui n'existait que pour le détruire.
-Ces lâches sans honneur, ajouta Abzal après un moment de silence. Ils vendraient leur propre pays pour un peu de pouvoir. Sauron n'a pas dû avoir le moindre mal pour les convainquent de le suivre dans son entreprise morbide.
Le visage amusé du soldat lui revenait en mémoire, lui l'instrument que Sauron utilisait pour le détruire. Alors que le Seigneur des Ténèbres aurait très bien pu se charger de la besogne, et sans même se salir les mains avec son sang.
-Oui, un jour je tuerais ce soldat Haradrim, souffla Abzal.
-Il ne s'agissait pas d'un soldat, informa Myrddin d'un ton neutre.
-Que voulez-vous dire ? demanda Abzal hébété. Je l'ai vu comme je vous vois vous ! Il portait les armes de son pays, et était vêtu comme n'importe quel soldat de ce pays désertique. Il était là Myrddin ! Devant moi !
-Je ne le nie pas, reprit le mage d'argent d'un ton calme, mais je te le dis à nouveau, il ne s'agissait pas d'un simple soldat de l'Harad.
-Je ne vous comprends pas..
-Tu avais face à toi le prince de l'Harad lui-même.
Le visage d'Abzal devint pâle. Le prince de l'Harad. Ainsi Sauron lui avait promit son ennemi en cadeau. L'héritier du trône de ce pays qu'il détestait depuis toujours, avait été à porter de sa main, tout ce temps. Le sourire mauvais qu'il avait eu face au cadavre du roi de Rhûn, et cette motivation sadique pour lui faire mal, sans le tuer, tout s'expliquait. Comme une évidence qui était pourtant là dès le début. Mais l'esprit d'Abzal s'était focaliser sur Sauron lui-même, pour mieux résister face à ses assauts dans son esprit.
Soudain Abzal s'en voulait de ne pas l'avoir poussé la tête la première contre le mur de sa cellule, quand il en avait eu l'occasion. Au lieu de cela s'était le poing du prince Haradrim qui avait rencontré le mur de pierres humides.
Abzal fut pris de vertige. Lui qui avait cru qu'un simple serviteur l'avait torturé, découvrait qu'il s'agissait d'un homme du même rang que lui, destiné lui aussi à porter la couronne de son royaume, à avoir la lourde tâche de guider son peuple.
-Comment le savez-vous ? articula Abzal difficilement
-Les Valar m'ont donné le don de voir des choses qui échappent au regard des mortels.
-Et le roi de l'Harad ? demanda soudain Abzal en riant, il n'était pas disponible ?
-J'ai le plaisir de t'informer que sa majesté n'est plus de ce monde, répondit Myrddin, de fait vous êtes rois tous les deux.
-A-t-il été couronné ?
-Pas encore, répondit Myrddin
-Alors un prince devra tuer l'autre, dit Abzal en reprenant son sérieux. Il n'y a pas de place pour nous deux. Je le tuerais, j'en fais face à vous la promesse. Même s'il s'agit de la dernière action de ma vie.
-Pour cela tu auras besoin de cela, dit Myrddin.
En se levant, le mage d'argent avait sorti de sa cape une épée, mais pas n'importe quelle épée : l'épée des rois de Rhûn, intacte, l'épée que l'Istari Alatar avait forgée pour l'ancêtre d'Abzal dont il portait le même prénom. Et cette arme avait été celle de son père. Une lame fine au manche d'argent et de cristal, qui ne pouvait tomber entre n'importe quelles mains, car elle appartenait à la lignée de Rhûn, et si celle-ci venait à vacillé, alors elle revenait à Alatar.
-Comment ? demanda Abzal le souffle court de surprise
-L'épée des rois de Rhûn ne se perd pas, elle revient toujours à son créateur, expliqua Myrddin. Alatar l'a découverte non loin de l'endroit où ils se tenait avec Pallando, et je suis arrivé peu de temps après. Et comme tu es le dernier descendant de la lignée, elle te revient de droit.
-Tu as retrouver les magiciens bleus ? demanda Gandalf les yeux ronds
-Effectivement, répondit Myrddin un sourire aux lèvres.
Abzal contemplât de longues secondes l'épée qu'il avait toujours connue. Depuis son plus jeune âge il savait qu'un beau jour elle lui reviendrait. Mais quand son père Olion était brutalement mort sous ses yeux, il avait bien cru que l'épée s'était perdue au court des combats, ou que les serviteurs de Sauron n'y avait tout simplement pas fait attention.
-Alors les mages bleus sont en vie, murmura Abzal, et dire que Sauron les croit morts.
-Ce ne serait pas son seul tort, commença Myrddin, le Seigneur des Ténèbres avance ses pions, moi aussi.
Alors vos avis ?
L'apparence de Sauron vous intrigue aussi ?
Je vous dis à très vite pour la suite !
Little-road
