Salutations !
Itsme : oh merci, je m'étais pas rendue compte que le chapitre 22 innovait en terme de style x) je suppose que j'évolue un peu, de chapitre en chapitre ? Pour une vieille routière comme moi, avec tous ces mots au compteur, c'est étonnant ! (non c'est pas vrai) (j'ai peu de mots au compteur, et c'est pas plus mal si je continue à évoluer ^^) mais comme tu dis, ça peut aussi venir du fait que... ben, c'était un combat. Un bon gros combat plein de testostérone comme on aime ! ça m'a fait pousser des poils au menton et des phrases plus courtes dis donc ! (je m'emballe sorry)
Mutekiam : Aaaah tu l'as vu :D niéhéhé trop forte. Tu vois beaucoup trop de trucs en vrai, tu es ma jauge d'obviousitude. Le réveil du Hulk était anormal ! Les maîtres étaient démunis ! Peter a des pouvoirs hors du commun ! Loki était encore absent ! T'as tout relevé héhé, mais où tout ça nous mène donc ?! Bon en vrai le chapitre qui arrive est un peu plan-plan, on va pas franchement avoir de réponse. On va plutôt bieeeen insister sur les questions. (Faut bien, on me souffle dans l'oreillette que ça sert à rien d'aller trop vite.)
La Terre, c'est bientôt fini. Restez avec moi et la semaine prochaine, on atterri dans la Nation du Feu !
Chapitre 23 - Contusions
Tony massait sa tempe endolorie avec un morceau de glace. Il contemplait le champ de ruines depuis les escaliers du palais.
Ce Hulk était tout bonnement incroyable. Il n'irait pas jusqu'à dire qu'il ne regrettait pas les bleus et autres commotions, mais bon sang, cet esprit était dingue. Il ne savait pas s'il devait être fasciné par la force de sa maîtrise de la Terre, par l'impressionnante métamorphose physique, ou par le fait que le petit bonhomme n'ait pas déjà été complètement terrassé par l'énergie et la colère qui vibrait dans son imposant colocataire.
Certainement un peu des trois.
Bon sang, quel combat !
La cité royale gisait en piteux état. Peu de constructions tenaient encore debout – à défaut d'être indemnes. Finalement, le dirigeable de l'ingénieur restait le seul bâtiment qui n'avait pas été trop affecté par cet épisode agité. Son bijou de technologie. Sa forteresse de métal pur, coffre-fort imprenable. Inviolable...
Est-ce qu'il l'avait rêvé, ou est-ce que T'Challa avait véritablement soulevé l'engin comme s'il n'avait été qu'un vulgaire rocher ? Il devait forcément l'avoir rêvé. Ce coup à la tête avait été un poil trop fort et ses neurones n'étaient plus correctement alignés. Le roi de la Terre ne pouvait pas maîtriser le métal pur. C'était impensable.
Il se frottait encore la tempe, mais le bout de glace avait fondu depuis un petit moment déjà, réduit en flaque d'eau à ses côtés.
Steve lui en tendit un nouveau.
« Cessez de les faire fondre si rapidement, » sermonna-t-il à moitié.
Tony ne répondit pas et saisit le nouveau glaçon qu'il porta à son front. Avant de subitement s'arrêter.
« T'es sûr que tu maîtrises pas le soin ? Parce que là ça serait franchement utile. »
Steve haussa les épaules et hocha la tête, désolé.
Tony reprit son mouvement mécanique. Il se questionna sur les compétences de Peter à avoir réussi à calmer l'indomptable. Soit Rogers lui avait enseigné des trucs spirituels pas complètement inutiles, soit le gamin avait de l'intuition. Beaucoup d'intuition.
Il n'avait même pas envie de songer au prince de l'Air qui avait brillé par son absence. Toujours pas réapparu. S'il y avait bien une chose pour laquelle l'exilé pouvait se montrer utile, c'était exactement ça : calmer les esprits un peu trop grognons. Et pile au moment où il ses compétences se révélaient les plus nécessaires, le prétentieux disparaissait sans laisser de traces. Ce gars-là aurait des explications à fournir, il pouvait en être sûr.
Le milliardaire accepta le nouveau bout de glace que lui tendit Steve, ce dernier s'étant résigné à ne pas les économiser.
Gamora les rejoignit finalement.
Elle descendit quelques marches pour se mettre au niveau de ses coéquipiers, et soupira, lasse.
« Je vous le confirme, cette apparition du Hulk est anormale. »
Le soldat haussa les sourcils, sans plaisanter.
« Banner ne sait pas pourquoi la transformation a eu lieu, continua-t-elle. La dernière chose dont il se souvient était d'être endormi.
– Est-ce qu'on pense à une attaque d'esprit ? tenta le blond.
– Après ce qu'il s'est passé à Gaoling et au Nord... souffla Tony, secouant ses doigts humides pour les égoutter, avant de simplement les faire chauffer. Plus rien ne m'étonnerait.
– Dirigée contre l'Avatar ? » exprima Gamora, inquiète.
Elle et Tony dévisagèrent leur capitaine, appréhendant la réponse qu'il hésitait à formuler tout haut. Après tout, ils n'en savaient rien.
« Peut-être. »
Ils baissèrent le regard. Songeurs.
« Difficile d'en être sûr, ajouta-t-il, mais cela ne change en rien notre objectif. La sécurité et l'apprentissage de Peter sont nos priorités. Redoublons de vigilance. »
Ils acquiescèrent en silence.
Puis Gamora soupira doucement, ce qui capta l'attention des deux hommes.
« Partons pour le Feu, » suggéra-t-elle.
Et Tony la regarda avec des yeux ronds comme des ballons.
« Peter maîtrise la Terre et le métal, justifia-t-elle. Il n'y a rien de plus que je doive lui enseigner de manière urgente. Rien qu'il ne puisse apprendre ailleurs. Et... il sera plus en sécurité à la Nation du Feu. »
Après quelques battements de cils interloqués, Tony se tourna Steve avec la naissance d'un sourire en coin, main portée à la hanche avec fierté.
Le capitaine observa successivement ses deux coéquipiers.
« Très bien. Partons pour le Feu.
– Après... »
Steve, sur le point de se lever, fut coupé dans son élan par l'ingénieur.
« Je veux dire, après avoir aidé à reconstruire ? » suggéra Tony qui ne s'autorisa pas à hésiter – ayant trop peur de le regretter.
Un coup d'œil au champ de bataille suffisait à considérer l'ampleur des réparations qui seraient nécessaires. Deux maîtres de la Terre et du métal, un maître de l'Eau et un ingénieur du Feu en plus ne seraient pas en trop. Gamora avisa son homologue du Feu, ce que Tony se força d'ignorer, par résidu de fierté.
C'était donc entend, ils prendraient un jour ou deux pour aider à rebâtir, puis mettraient les voiles pour la Nation du Feu.
À condition de mettre la main sur le fils d'Odin d'ici là.
Steve maintenait sans effort l'eau du canal bloquée en amont en attendant qu'un technicien de la Terre finisse de réparer le système d'évacuation en aval. Une tâche qui ne lui réclamait que peu de concentration. Ainsi aperçut-il immédiatement l'éclair blanc apparaître et sitôt s'évanouir dans leurs quartiers temporaires. Le capitaine attendit le feu vert pour relâcher la pression de l'eau et s'en alla parler au maître de l'Air.
Il le trouva sur le pas de la porte, comme s'il l'y attendait.
« Eh bien, commenta le prince d'une voix monocorde, vous vous êtes amusés.
– Éclairez-moi, Loki, entama le soldat. Vous êtes sensible à l'énergie spirituelle ?
– Est-ce vraiment une question ?
– Non, évidemment, vous adorez nous le rappeler. Mais alors, ça, là – il pointa du doigt la cité royale et ses fraîches ruines. Vous ne l'aviez pas vu venir ?
– Je ne suis pas devin, Captain.
– À aucun moment vous ne l'avez perçu ?
– Une fois transformé Hulk est difficile à louper, il suffit d'avoir les pieds au sol pour le percevoir.
– Et vous avez pensé que votre aide serait optionnelle ?
– Vous n'en avez pas eu besoin.
– Il y a eu des blessés, Loki. Certains gravement. L'Avatar aurait pu être l'un d'entre eux.
– L'Avatar est celui qui vous a sorti de cette mauvaise passe, vous devriez être content. Il progresse.
– Avez-vous peur ?
– Pardon ?
– Simple question. Avez-vous peur ? »
Loki dévisagea son capitaine avec étonnement. De toutes les remarques qu'il s'était préparé à recevoir, celle-ci n'en faisait pas partie.
« De quoi ? questionna le prince. Des esprits ? »
Le soldat tombait à côté de la plaque, Loki pourrait manipuler les esprits avec plus de dextérité que Strange s'il le souhaitait. Si son capitaine le croyait réellement effrayé par ces spectres, il était encore plus mauvais juge qu'escompté. Peut-être Loki l'avait sur-estimé.
« Non, corrigea Steve. De nous. »
... pardon ?
« Nous n'avons pas à être amis, affirma le blond. Nous n'avons même pas à nous apprécier. Mais je vous vois constamment fuir, éviter le contact autant que possible. Serait-ce parce que vous avez peur de vous laisser aller ? De commencer à vous complaire dans cette équipe ? Il ne faudrait pas que de bons sentiments surgissent de nulle part, je me trompe ? »
Le prince se redressa, observa son homologue avec plus de distance. Décidément, il se mettait le doigt dans l'œil encore plus profondément qu'il avait d'abord cru. Des bons sentiments ? Et puis quoi encore ! Pauvre soldat, s'il savait. S'il se doutait seulement de ce que Loki pensait de lui et de sa pathétique équipe. C'en était presque triste.
« Vous êtes observateur, je ne sais que redire de cette fine analyse, » ironisa-t-il.
Il se préparait à partir pour en finir là, mais Steve l'interpella :
« Ne vous en faites pas, vous aurez tout le loisir de parler à cœur ouvert dans les jours qui viennent. Nous partons pour le Feu. »
Et le soldat s'en retourna au chantier, sans ignorer que Loki, derrière lui, avait subitement déchanté. Son teint devenu un ton plus pâle – si ç'avait été chose possible. Il resta figé une seconde de trop, saisit son bâton fermement et fit volte-face.
Ils partaient pour le Feu.
Après cinq ans.
Il était donc temps.
Peter attendait à la porte de l'infirmerie, mal à l'aise. Il se dandinait nerveusement, jusqu'à ce qu'Okoye lui fasse signe de rentrer.
Il pénétra dans la salle surpeuplée sur la pointe des pieds. Il se força à ignorer le sentiment d'être un intrus bien mal venu, se fit tout petit sous les regards curieux qui lui étaient lancés depuis les bancs des blessés. Autour des malheureux s'affairaient infirmiers et aides-soignants, bandant bras et mollet mutilés, administrant les premiers soins et recollant les morceaux cassés. Une scène d'après-guerre dont Peter se serait bien passé.
Enfin, il atteint sa cible.
Shuri se faisait ausculter, pansement tout frais à la tempe et tensiomètre au bras.
Arrivé à son niveau Peter se confondit en excuses, honteux d'avoir causé sa blessure par son incapacité à arrêter la pluie de météorites qu'il avait lui-même créé.
La princesse, d'abord surprise, parvint finalement à couper le jeune homme en détresse.
« Tu n'as pas échoué Peter, sourit-elle, presque amusée par l'excès de dévotion du garçon. Nous sommes tous là grâce à toi.
— Mais vous êtes blessés, j'ai pas su contrôler la Terre comme j'aurais dû, je suis désolé. Ça aurait pu être tellement plus grave, vous auriez pu...
— Peter, la coupa-t-elle à nouveau. C'est toi qui a su calmer Hulk. Sans toi, la ville entière aurait été en danger. Tu nous as sauvé. »
L'enfant s'enfonça dans l'embarras, venu pour présenter ses excuses, il ne s'était certainement pas préparé à recevoir des louanges.
Il s'étrangla dans ses lamentations lorsque T'Challa s'approcha. Le roi s'assit aux côtés de sa petite sœur dont il étudia le nouveau bandage avec tendresse.
« Souvent, tu auras l'impression que tu aurais pu faire plus, affirma-t-il, et il se tourna enfin vers Peter. Tu auras l'impression que tu n'es pas assez bon, pas assez fort. Ce sont des sentiments louables, qui t'encourageront toujours à t'améliorer. Mais ne laisse pas le regret t'envahir, jeune Avatar. Ce sentiment n'est pas moteur. Apprends de tes erreurs, et fais-en une force. Accepte de ne pas être parfait, et cherche à progresser. Malgré ton erreur, aujourd'hui, tu as su rester vaillant pour mettre un terme au combat. C'est bien. Ne te laisse jamais abattre. »
Sous le coup de l'impression, Peter but les paroles du souverain. Il se recula légèrement lorsque le roi de leva, et le suivit à son invitation.
« Maintenant, continuait-il, pour alléger cette culpabilité, parle aux gens qui t'entourent. Va les voir, enquiers-toi de leur situation. Fais-leur savoir qu'ils comptent pour toi, si c'est ce que tu ressens. Sois honnête avec eux. Tu seras ainsi plus en paix avec toi-même. »
Le fils de la Terre accepta la parole du roi et le suivit vers une première famille dont la mère avait été blessée à l'épaule. Le souverain s'accroupit à leur niveau, échangea quelques mots et les présenta à Peter. Le garçon prit une grande inspiration et s'avança, présenta ses excuses pour les dommages qu'il n'avait pas su éviter. Il leur promit qu'il s'entraînerait plus dur encore pour s'assurer que ça ne se reproduise pas, et la mère de famille le remercia pour sa prévenance.
Déjà, le cœur de Peter se fit un peu plus léger.
Il poursuivit sa ronde avec le roi quelques temps encore, avant d'aller de lui-même parler aux blessés qui attendaient d'être salués.
Tout ça, il ne s'en doutait pas, sous la surveillance satisfaite de Gamora.
Tony toqua trois fois. Sans vraiment attendre d'y être invité, il poussa la porte et pénétra dans la petite salle sombre. La silhouette recroquevillée sur son lit ne broncha pas à son arrivée.
« Et ben, doc', fit-il guilleret, vous aviez pas menti. Un sacré phénomène, votre esprit ! »
Bruce ajusta la couverture sur ses épaules et se renfrogna un peu plus.
« Vous vous en remettez ? » s'enquit l'industriel, soucieux cette fois.
L'homme grisonnant hocha la tête.
« Je ne comprends pas Tony. Je pensais... »
Il hoqueta, enfouit la tête dans ses genoux repliés.
« Vous pensiez le contrôler ? tenta l'ingénieur.
– Je pensais le comprendre, rectifia le docteur. Je pensais pouvoir anticiper ses apparitions, connaître les circonstances dans lesquelles elles avaient lieu. J'avais tort.
– Vous ne l'aviez pas vu venir ?
– Je dormais.
– Hum. »
Le brun s'assit en bout de lit, se gratta le bouc soigné dans un geste pensif.
« Vous avez senti une différence ?
– Autre que mon incapacité à reprendre le contrôle ? le docteur soupira. Ce n'est pas moi qui l'ai provoqué. Hulk est arrivé à cause de quelqu'un, ou quelque chose d'extérieur, ça n'était pas ma colère habituelle. Je ne pensais pas ça possible.
– Comment aurait-il été provoqué ? Et par qui, ou... quoi ?
– Je ne sais pas. »
Tony étudia l'homme avec empathie, bien incapable de l'aider.
« Vous pensez que ça peut revenir ?
– Je n'en sais rien. »
Ils n'avaient pas l'habitude, les génies, d'être à ce point démunis.
« La ville est en danger si je reste ici, souffla le docteur. Je dois partir.
– Pour aller où ?
– Je ne suis pas sûr... »
Cette fois-ci, Tony soupira.
« Dans d'autres circonstances, je vous aurais proposé de venir...
– Ne vous en faites pas Tony. Je crois qu'être proche de l'Avatar et au sein de la Nation du Feu n'est pas franchement recommandé. Je m'en sortirai.
– Ne partez pas trop loin, si j'ai la moindre piste je vous recontacte.
– Entendu, » et le docteur esquissa un début de sourire teinté de reconnaissance.
En regagnant le chantier, Steve déblaya les quelques pierres qui traînaient sur son chemin. Il s'arrêta face à un mur où un roc plus gros que les autres s'était encastré, il prépara sa gourde pour tenter de l'en extraire. Mais son regard fut attiré sur le côté de la pierre, une sorte de tige en métal dépassait. Il fit le tour pour l'étudier plus attentivement. Le bout de métal, figé dans la roche, était trop sophistiqué pour être un simple débris. Sur la tige il y avait une encoche et des volets, et à l'autre extrémité, plantée dans la pierre, la tête de la flèche. Steve ôta l'instrument avec précaution, prenant grand soin de ne pas abîmer l'objet. C'était indéniable. Une flèche d'archer avait fini sa course dans cet énorme rocher.
Il eut un regard aux alentours, personne. Pas une âme pour surprendre sa découverte, il décida de cacher l'objet dans sa ceinture. Il l'étudierait avec plus d'attention plus tard.
Le plus tard s'avérant être le lendemain, lorsqu'ils furent prêts à reprendre la route.
L'équipage embarqua et une fois en vol, Steve prit le temps de féliciter Tony, Peter et Gamora pour leur réaction face à l'esprit vert. Loki ne se formalisa pas un instant de la condamnation tacite de son absence.
Après quoi Steve s'autorisa un moment de calme dans sa cabine, allongé, il observa la flèche avec attention. Le projectile avait été forgé dans un métal ultra raffiné, ses finitions semblaient particulièrement sophistiquées. À première vue, le soldat pensa à une création de Tony ou Shuri. Il ne connaissait pas d'ingénieurs plus aptes à manipuler ce genre de matériau.
Qu'est-ce que cela signifiait ? Si Tony ou Shuri avait effectivement créé cette flèche, par qui aurait-elle été décochée ? Avec quel objectif, quelle mission ? Avait-elle été destinée à Peter ? Dans le trouble et la confusion de la transformation du docteur, quelqu'un aurait été missionné pour terminer l'Avatar sans qu'on ne sache qui blâmer ? Même s'il cherchait à ne pas trop le manifester, plus ça allait, et plus Steve craignait que Peter soit en grand danger.
Il refusait de faire vivre l'idée que Tony puisse être derrière un tel dessein. Mais sans pouvoir affirmer que ça n'était pas lui le créateur de cet objet technologique dont la mission lui restait pour l'instant étrangère, il préféra l'enfouir sous son oreiller et ne pas en parler.
Il regagna la salle de commande et ses coéquipiers, commençant à douter que la Nation du Feu leur offrît la sécurité tant recherchée.
