GOLDORAK : LA GUERRE D'EUPHOR

LA GUERRE D'EUPHOR Episode 21

Procius ouvre les yeux, il regarde autour de lui. Il met quelques secondes pour réaliser qu'il se trouve dans la chambre qu'il utilise dans la base secrète. Le prince s'étire dans son lit.

- J'ai détruit ce vaisseau, mais qu'est-ce qui empêcherait Chronaris de faire descendre un autre vaisseau pour lui faire subir de même sort.

Procius s'étire à nouveau avant de repousser ses draps.

Le jour se lève sur l'île déserte, mais c'est pratiquement le milieu de la nuit sur la base lunaire. Les capitaines Knoch et Yamato sont inquiets, ils arpentent, tête baissée, la salle de commandement. En marchant ainsi, ils manquent de se rentrer dedans.

- Mais où est-il, lance Knoch.

- D'après les images satellites, nous savons que l'assaut a bien eu lieu, confirme Yamato. Mais nous n'avons aucune indication sur ce qu'il a bien pu faire après, soupire le militaire borgne.

- Mais pourquoi le prince ne rentre-t-il pas alors !

- Je l'ignore, rien n'indique qu'il a été capturé. Je suppose depuis quelque temps, qu'il a trouvé un endroit sécurisé sur la planète pour se cacher.

- C'est probable, mais pourquoi il ne nous en parle pas ?

- En effet, admet Yamato. Cela nous éviterait de nous ronger les sangs.

Ils sont interrompus dans leur échange par le lieutenant Rola.

- Lieutenant, fait le borgne.

- Il se passe quelque chose, annonce le soldat.

- Quoi donc, demande Knoch.

- C'est étrange. D'après les dernières images prises par un satellite, il y a une forte activité à Capico sur la zone de démontage.

Le commandant Vesta affiche un large sourire en regardant la zone et les restes du vaisseau. Juste après l'attaque, la femme aux cheveux rose a fait venir des installations les plus proches du matériel de remplacement. De puissants projecteurs ont été installés pour illuminer le secteur. La population locale a été reconduite sur la zone par les soldats pour ramasser tous les débris. Le commandant voit tout cela par la vitre de ses quartiers alors qu'elle porte un peignoir en s'essuyant les cheveux.

- Merci Goldorak ! Pour une fois, tu m'auras été très utile. Grave à toi le pont aérien va pouvoir commencer dès demain matin. Les vaisseaux usine vont pouvoir recycler tout ceci pour produire de nouveaux matériaux.

Vesta jette la serviette sur son lit.

- Bientôt, cette planète sera complètement à notre main !

En disant cela, le commandant referme sa main droite comme s'il y avait un objet invisible dedans.

La femme jette un dernier regard à la carcasse du vaisseau avant de se jeter sur le lit.

Alièna est dans son lit, son sommeil est troublé, elle ne cesse de tourner la tête sur son oreiller. La jeune femme fait un cauchemar, son esprit imagine Goldorak pris dans les tentacules d'un monstre géant portant la maque de Chronaris pour se modifier lentement en visage du roi Actarus. Lentement, les tentacules recouvrent entièrement la machine de combat qui n'arrive pas se dégager de l'étreinte. Finalement, Goldorak se retrouve broyé, des morceaux tombent des membres de la créature. C'est à ce moment, que la fille du chambellan se réveille avec le souffle court.

- Quel rêve horrible.

La jeune femme repousse ses draps pour s'asseoir sur sa couche. Elle porte une main à son cœur. Le rythme est rapide, elle tente de contrôler sa respiration, après un instant, les battements ralentissent.

- Je crois qu'être au service de ce tyran ne m'apporte que des angoisses supplémentaires.

Le prince est dans le mess de la base secrète, il mange une sorte de bouillie verdâtre en pensant à voix haute.

- Il faut que je regagne la Lune. J'en connais qui doivent être inquiets.

Il avale une cuillère de nourriture.

- Je vais rapporter ce conteneur. Nous en aurons sûrement l'utilité.

Le prince finit son bol puis se lève pour le porter au recycleur.

- Bien, voyons ce qui se passe maintenant.

Procius sort du mess pour prendre la direction de la salle de contrôle. Quand il arrive dans la pièce la lumière surgie automatiquement, le prince s'approche d'une console et l'effleure, cela suffit pour que toutes les consoles et les moniteurs se mettent en fonction. Le prince s'installe devant l'une d'elles. Il y entre quelques commandes.

- Voyons voir, ce que je vais pouvoir découvrir.

Ses mains s'immobilisent sur le clavier, il plisse les yeux, car une chose sur l'écran a attiré son attention.

- Qu'est-ce que cela signifie !

Il entre de nouvelles instructions au clavier, l'un de moniteur géant au centre de la pièce affiche maintenant une sorte de radar, plusieurs petits vaisseaux apparaissent, ils se dirigent tous vers la planète.

- Calculons leur cap, fait Procius en tapant sur la console.

Le résultat qui s'affiche le stupéfait.

- Si je ne me suis pas trompé, toutes ces navettes se rendent vers Capico ! Qu'est-ce que cela signifie ?

Le prince se rend à une autre console pour y entrer de nouvelles instructions.

- Mince ! Aucun satellite sur la zone ! Pas avant trente minutes. Je vais devoir attendre.

Procius saisit un siège pour s'asseoir tout en regardant le radar pour suivre la progression des vaisseaux.

Le commandant Vesta ajuste sa tenue avant de sortir de ses quartiers. Elle traverse rapidement la distance qui sépare son préfabriqué à celui de commandement. Le soleil pointe à l'horizon quand elle pousse la porte de l'installation. Immédiatement, les soldats présents se raidissent avant de saluer leur commandant.

- Où en sont les navettes, demande Vesta sans préambule.

- En approche, elles seront là d'un instant à l'autre, répond l'un des militaires.

- Parfait. Nous allons pouvoir commencer le pont aérien dès aujourd'hui, se félicite-t-elle.

La femme à la chevelure rose sourit.

- « Je vais pouvoir regagner le palais rapidement, pense-t-elle avec délice ».

Le bruit d'une navette en approche se fait entendre, le commandant sort du préfabriqué de commandement. Vesta regarde la première navette se poser dans l'une des zones prévues sur lesquelles sont entreposés des conteneurs remplis de matériaux à recycler.

Le soleil se lève au-dessus de la charpente métallique déformée du vaisseau.

Dans la salle de commandement de la base secrète, le prince Procius vient de voir les navettes se poser sur le radar.

- Pourquoi, s'interroge-t-il à haute voix. Ils évacuent le matériel après mon attaque ? Dans ce cas, pourquoi venir de l'orbite ?

Un signal retentit sur la console proche de lui.

- Enfin ! Le satellite est au-dessus de la zone !

Procius bondit du siège pour actionner la console, rapidement une image sombre apparaît sur le moniteur.

- Mince ! Le soleil n'est pas encore complètement levé, remarque-t-il.

Soudain, le prince se fige. Il examine avec attention une autre image.

- Ce n'est pas vrai ! Quel imbécile ai-je été !

Il voit les navettes posées et on peut deviner facilement qu'elles sont en cours de chargements.

- J'ai facilité leur travail en détruisant le vaisseau, soupire-t-il avec dégoût. Ils n'ont plus qu'à ramasser les débris et finir de démonter ce qui est encore debout.

Avant que le satellite quitte la zone, le prince remarque une importante main-d'œuvre aux alentours de la carcasse du vaisseau.

- Il faut que je regagne rapidement la base lunaire. Si Chronaris a le temps de recycler ces matériaux et d'assembler de nouvelles armes.

Sur le radar, Procius peut suivre deux navettes qui décollent en direction de l'orbite.

- Je n'ai pas le choix. Il faut que je trouve un chemin pour regagner la Lune.

Alièna et son père sont attablés pour prendre leur petit déjeuner. La jeune fille semble perturbée, le chambellan le remarque.

- Quelque chose ne va pas, demande-t-il.

La jeune fille hésite un instant avant de répondre.

- Il y a longtemps que tu es au service de la famille royale, demande-t-elle.

- Depuis la reconstruction d'Euphor.

- Et avant ?

- Avant ? Avant la destruction par Véga ?

- Oui.

- Avant l'attaque, soupire le vieil homme. Je travaillais au palais, mais je n'étais qu'un simple secrétaire. Au moment de l'attaque, j'accompagnais un ambassadeur dont j'étais au service. Il avait accepté que ta mère nous accompagne, car nous partions pour plusieurs mois. Quand nous avons appris la destruction de notre monde, nous sommes restés quelque temps sur la planète où nous nous trouvions. Nous avons pu résider sur la planète Akima grâce à la générosité de ses dirigeants, mais à la mort de l'ambassadeur quelques années plus tard, ta mère et moi avons jugé que nous ne pouvions plus y rester. Nous avons donc voyagé de planète en planète jusqu'à ce que la nouvelle de la renaissance d'Euphor nous parvienne. Nous sommes donc rentrés.

Le chambellan marque une pause.

- J'ai rencontré celui qui n'était que le prince Actarus à l'époque. Je suis devenu son aide, puis son secrétaire et de fil en aiguille je suis devenu chambellan quand il est devenu roi. Mais pourquoi me demandes-tu cela ?

- J'ai entendu quelque chose d'étrange au sujet de la famille royale.

- Et quoi donc ?

- Comme quoi le roi Actarus ne serait pas dirigeant légitime.

Le chambellan ouvre de grands yeux. Alièna continue.

- Que ce devrait être son frère aîné qui devrait être sur le trône.

- Son frère !

- Oui.

- Où as-tu entendu cela ? Qui t'a dit ça, demande le vieillard en se levant.

- Des rumeurs dans le palais. Cela peut-il être vrai ?

- Ce ne sont que des calomnies ! Des divagations de pauvre fou ! Notre roi n'a jamais eu de frère, il n'a qu'une sœur cadette ! Il en a toujours été ainsi !

- Jamais aucune rumeur, quand tu n'étais que secrétaire ?

- Jamais ! Je n'ai jamais entendu une telle chose ! J'ai beau avoir une dizaine d'années de plus que notre roi, mais je ne suis pas encore sénile !

La jeune femme est songeuse après tout cela.

- « Alors si le roi n'a jamais eu de frère, à quoi rimait toute cette déclamation à laquelle j'ai assisté ? Du pur délire d'ivrogne ou une réalité ? »

La fille du chambellan est encore plus perplexe qu'avant de questionner son père.

- Alièna, fait son père avec inquiétude.

La jeune femme sort de ses réflexions. Elle remarque que son père a débarrassé la table, elle tourne la tête pour regarder l'heure.

- Zut ! Je vais être en retard.

Elle se lève d'un bond avant de sortir avec précipitation.

Chronaris se trouve dans sa chambre, assis sur son lit. Il tient dans ses mains un coffret en bois dont il contemple l'intérieur. La boite contient des fioles renfermant un liquide bleu.

- Le temps passe et rien n'évolue, murmure-t-il. La situation m'a échappé dès le début.

Il prend entre ses doigts une fiole.

- Aurais-je assez de temps pour accomplir ce que je dois accomplir.

Il porte la fiole devant son masque pour la regarder.

- Je ne dois pas en gâcher. Il m'en reste si peu. Uniquement en cas de besoin.

Un bruit de porte qui s'ouvre se fait entendre, la porte d'entrée de ses quartiers. Le tyran replace la fiole avant de refermer rapidement le coffret. Il dissimule avec empressement la boite en bois sous son lit au moment où des coups discrets sont donnés à la porte de sa chambre.

- Maître, votre petit-déjeuner est servi, annonce la servante au travers de la porte.

Chronaris se détend, il avance vers la porte d'un pas souverain.

- Voyons voir, ce que le chef nous a préparé pour ce matin, lance-t-il badin.

Quand il ouvre la porte, Alièna se tient à proximité de la table pour attendre les instructions

.

Le colonel Niiva est déjà dans son bureau du hangar. Il travaille à son projet quand il reçoit un rapport provenant du commandant Vesta sur sa console. Il ouvre le message un peu à contrecœur, mais en le lisant son visage s'illumine, car il apprend qu'il va recevoir dans les jours qui viennent la première livraison de matériaux recyclés. Niiva se lève pour faire le tour de son bureau.

- Parfait. Parfait, fait-il en venant se placer devant la baie vitrée. Son regard se pose sur trois machines en construction, une grande partie de leur armature est achevée.

- Je prouverais au commandant Vesta que son idée de cybernétiser les Gats est inutile. Même avec l'aide de ce docteur Krema. Je serais récompensé par notre Maître.

À cet instant, l'équipe d'ingénieur sort du couloir, elle est accompagnée par la créature ressemblante à une sauterelle. Le colonel grimace subtilement en voyant le docteur Krema avec son équipe.

- Bon, soupire-t-il. Malgré tout, il est de mon devoir de les informer que la première livraison va pouvoir se faire bientôt.

Le colonel attrape sa badine sur le bureau avant de sortir accueillir son équipe.

Si Niiva est ravi d'apprendre que le recyclage avance plus rapidement que dans les prévisions, ce n'est pas le cas du général Zota en lisant le rapport en prenant son petit-déjeuner

- Maudite Vesta ! Dire que Goldorak a été son allié involontaire dans toute cette histoire ! À cause de son attaque, elle a gagné plusieurs jours de désassemblage sur le vaisseau.

Le général ne termine pas son repas, il quitte la table puis ajuste sa tenue avant de quitter ses quartiers.

- Quelles mauvaises nouvelles vais-je trouver en arrivant à la salle de commandement, lance-t-il en refermant sa porte.

Le lieutenant Rola a informé les capitaines Knoch et Yamato du nouveau mouvement de navette entre la surface et les vaisseaux usines en orbite. Les deux hommes se trouvent dans le bureau de Procius.

- L'attaque de notre prince n'a pas porté ses fruits, constate Knoch.

- Disons que le résultat n'est pas celui escompté, fait plus stoïquement le militaire.

- Qu'allons-nous faire ?

- Comme à chaque fois. Attendre son retour, soupire le vieux borgne.

- En espérant qu'il rentre indemne, ajoute son collègue civil.

Le prince est dans la salle de commandement de la base secrète. Il observe avec attention le radar.

- C'est la dixième navette qui vient de partir, si je ne me suis pas trompé.

Sur un autre écran. Une carte de la planète avec les lignes aériennes de représenter.

- Il faut que je trouve un chemin pour les traverser sans me faire repérer, fait-il songeur. De plus, je vais transporter une charge, cela va amoindrir ma manoeuvrabilité ainsi que ma vitesse.

Le commandant Vesta affiche un visage satisfait malgré la chaleur qui règne dans le désert. Assise dans un fauteuil en toile, abritée du soleil et de la chaleur par des soldats, la femme suit la rotation des navettes ainsi que le démontage du vaisseau avec plaisir.

- Je n'aurais jamais cru que cette mission se déroulerait aussi bien, déclare-t-elle en souriant.

La population locale ne peut pas en dire autant. Pratiquement réduite en esclavage par les militaires, elle travaille durement pour accomplir sa tâche. Certains soldats pour les motiver ne cessent de répéter que plus vite ils auront fini le désassemblage, plus vite ils retourneront à leur vie et à leur maison.

Le roi Actarus prend le petit-déjeuner en famille quand une ombre apparaît devant la toile qui clôture la cavité. Une personne s'éclaircit la voix avant de parler.

- Seigneur ?

Actarus se lève pour écarter légèrement la toile.

- Que se passe-t-il ?

- Une note pour vous, annonce un adolescent en tendant un papier.

Le roi saisit la missive pour la lire, elle lui apprend l'attaque de Goldorak sur Capico, mais que l'attaque a échouée, car la population n'a pas été libérée et que le démontage du vaisseau se poursuit.

- Merci, fait le roi pour congédier le porteur.

Actarus regagne la table avec dans ses mains le morceau de papier.

- Un problème, demande Phénicia.

- Pas exactement.

- Alors, questionne Vénusia.

- Goldorak a attaqué une installation, mais le résultat n'est sûrement pas celui qu'il espérait, répond évasivement le roi avec un regard absent.

- Que comptes-tu faire ?

- Je ne le sais pas pour le moment, répond-il.

Les deux femmes l'observent sachant pertinemment que son esprit est en grande réflexion.

- « Procius ne devait pas s'attendre à ce résultat, j'en suis persuadé. Mais que va-t-il faire en découvrant ceci ? Lancer un nouveau raid sur le secteur ou passé à autre chose ? Moi qui fais tout pour que la résistance reste en retrait pour lui le laisser libre de ses actions, vais-je devoir l'exposer maintenant ? Je préférerais attendre encore afin que nous soyons mieux préparés et surtout n'agir qu'une seule fois ! Ah ! Si seulement nous pouvions regagner le palais en toute sérénité ! »

Le prince trace du doigt un chemin invisible sur l'un des moniteurs de la base secrète.

- Voilà ! Si je suis ce chemin, je dois pouvoir regagner la Lune sans rencontrer le moindre adversaire. Enfin, si j'ai de la chance.

Procius s'écarte de la console informatique, son regard tombe sur l'écran d'à côté qui affiche les clichés pris précédemment par le satellite de la zone de démontage. Il se croise les bras sur le torse.

- Que dois-je faire ? Y retourner pour détruire l'installation et libérer la population ? Ou simplement passer à autre chose et rapporter ce conteneur à la base ? Cruelle décision ! Que ferait tu à ma place mon oncle ?

Le capitaine Knoch est assis dans le siège en face du bureau de Yamato. Les deux hommes boivent une boisson chaude. Le capitaine borgne parcourt en même temps des rapports d'activité, alors que son confrère fait tourner sa tasse dans ses mains avec nervosité. Le militaire le remarque et quitte sa lecture.

- Quelque chose vous préoccupe, demande le vieux borgne.

- Avez-vous pensé à la fin de la guerre, questionne Knoch.

- Pas vraiment, répond Yamato avec une moue. Pourquoi cette question ?

- Je me demandais ce que nous allions bien pouvoir dire à notre souverain.

Le militaire est étonné par cette réflexion.

- Que voulez-vous dire, demande Yamato. Ce que nous avons fait durant l'occupation ? Notre roi sait très bien que nous sommes inférieurs en nombre par rapport à notre ennemi et que nous ne pouvions pas reconquérir notre planète facilement…

- Je ne parlais pas de cela, coupe le capitaine civil.

- De quoi, alors ?

- Du prince !

- Du prince ?

- Oui. La plupart du temps, nous ne savons pas où il se trouve. Nous ignorons ses projets, nous gérons la base sans lui. Ils nous consultent rarement sur ses plans d'attaques.

- En effet, je n'avais pas songé à cela. Mais que voulez-vous en l'absence du roi, c'est notre chef suprême. Rien ne l'oblige à nous informer de tous ces projets.

- Vous croyez ?

- C'est mon point de vue militaire. Nous suivons les ordres qu'il nous donne.

Knoch se détend un peu en entendant cela.

Le général Zota marche dans les couloirs du palais, il rejoint la salle de commandement quand il aperçoit devant lui la silhouette familière de Chronaris. Chose étonnante, l'homme masqué n'est accompagné que par son animal artificiel de compagnie, aucune garde ne l'escorte. Le général passe une main sous sa tenue, il saisit la garde d'un poignard qu'il dissimule, la tentation est grande. Il s'imagine rentrant la lame dans la nuque du tyran en lui sautant dessus par surprise.

- Général, lance la voix de Chronaris.

Zota sort de ses pensées pour remarquer que l'homme masqué le regarde ainsi que la panthère mécanique.

- Maître, fait-il d'un ton naturel. Je ne m'attendais pas à vous trouver ici sans protection !

Le général dégage sa main du poignard en faisant mine de tirer sur sa tenue pour l'ajuster.

Chronaris avance vers le général pour poser une main amicale sur son épaule.

- Oui, j'ai eu envie de circuler librement, déclare Chronaris. Et puis, que pourrait-il m'arriver à l'intérieur du palais ?

Le général est parcouru par un frisson.

- Où vous rendiez-vous, demande l'homme au masque.

- Au centre de commandement.

- Bien, lance joyeusement le tyran. Faisons le chemin ensemble.

- Certainement, maître.

Les deux hommes se remettent en marche suivie par la panthère mécanique.

Actarus se dirige vers la salle de réunion quand il voit numéro qui se dirige vers lui.

- Majesté, avez-vous reçu la note, demande le quinquagénaire.

- Sur l'attaque infructueuse de Goldoralk ?

- C'est cela. Que comptez-vous faire ?

- Pourquoi, fait le roi surpris. Il y a autre chose ?

- D'après les dernières informations en ma possession. Depuis l'échec de l'assaut, la population locale est cette fois complètement asservie. Il y a de nombreux morts d'épuisement ou par exécution !

Le roi cesse de marcher.

- C'est horrible, mais que pouvons-nous faire dans cette région si isolée et inhospitalière dans l'immédiat ?

- Je pensais envoyer plusieurs groupes pour libérer les esclaves. Oui j'ai bien dit esclave, car ce peuple en est réduit à cela !

- J'en suis parfaitement conscient ! Croyez bien que si j'avais en mon pouvoir le moyen de les libérer, ainsi que la planète, j'enverrais Chronaris à l'autre bout de l'univers sur une planète désertique avec rien d'autre que des rations et des outils pour cultiver la terre !

- Veuillez me pardonner votre majesté, s'excuse le cinquantenaire. Loin de moi l'idée de croire que ceci ne vous préoccupe pas. Je me suis mal exprimé dans mes propos…

- Suffis, coupe le roi. Envoyez des équipes à quoi bon ? Nos cellules les plus proches sont à quelle distance ? Quatre ou cinq jours de route ?

- C'est exact.

- D'ici là, au rythme où vont les choses, le démantèlement du navire sera fini ou presque ?

- C'est fort probable.

- Donc, les militaires de Chronaris auront délaissé les lieux avant que nos forces arrivent. La population devrait être libre à ce moment-là. Nous aviserons à cet instant si ce n'est pas le cas.

- Vous avez raison, mon seigneur. Cela risquerait d'amoindrir nos forces inutilement.

- Et surtout de nous montrer à l'ennemi que la résistance existe toujours, lui qui croit nous avoir réduits au silence.

- J'en conviens.

C'est pratiquement le milieu de l'après-midi dans la zone désertique de Capico. Le commandant Vesta se trouve dans le poste de commandement préfabriqué. Elle s'évente avec sa main gauche alors que dans la droite elle tient une tablette informatique.

- Je vois que la quantité de matériaux transportés depuis ce matin est bien supérieure à ce que nous avions prévu.

- C'est exact, confirme un lieutenant. Il aurait pu être plus important si les rotations des navettes avaient été plus importantes.

- Comment cela, s'étonne la femme à la chevelure rose.

- Le nombre de navettes est insuffisant. Plusieurs fois, il y a eu des navettes en attente de déchargement en orbite, mais plus une seule en chargement sur la zone.

- Nous avons été trop efficaces, ironise le commandant.

Procius a revêtu sa tenue de vol, son casque est posé sur le pupitre d'une console. Il se trouve dans la salle de commandement de la base secrète. Il observe le moniteur indiquant la position des vaisseaux et navette ennemis.

- Bien, fait-il avec soulagement. Le chemin que j'ai repéré est toujours libre. C'est le moment de retourner sur la Lune.

Le prince sort en courant de la salle, il continue sa course dans le couloir tout en enfilant son casque. Après un instant, il débouche dans le hangar où l'attend patiemment Goldorak. Juste devant la soucoupe se trouve le conteneur contenant du matériel dérobé à l'ennemi.

- J'espère que nous en aurons l'utilité et que je ne prends pas tous ses risques inutilement.

Procius bondit dans la soucoupe porteuse. L'interface de pilotage se met en place sur ses membres. Une fois fait, le prince actionne des commandes. Les bras du robot se détachent de la soucoupe porteuse pour saisir le conteneur.

- C'est parti ! Goldorak ! Go !

Le robot géant s'élance dans le goulot métallique qui conduit à l'extérieur de l'île déserte.

Pendant ce temps sur Terre, le jeune Yoshi nettoie l'une des granges du ranch. Cette dernière sert plus de débarras qu'à l'élevage. Tout un tas de choses y a été entassé au fil des années. Mizar a chargé l'adolescent de faire du rangement et du tri. Le jeune homme a déjà sorti beaucoup de matériel hors d'état ou cassé, des cartons éventrés. Il rentre une nouvelle fois dans la bâtisse quand il remarque pour la première fois, toute proche de la porte, une bâche recouvrant un gros objet d'une forme indistincte. Cela l'intrigue beaucoup, il attrape la toile pour le retirer rapidement ce qui soulève un nuage de poussière qui obscurcit la grange tout en lui provoquant une quinte de toux qui l'oblige à sortir. En entendant cela, Banta qui n'était pas loin s'approche.

- Ben alors, qu'est-ce qui t'arrive, lance-t-il en riant.

- J'ai soulevé une bâche pour voir ce qu'il y avait dessous, répond Yoshi entre deux toussotements.

- Bon, allons voir quel trésor tu as découvert, fait le vieux garçon en tirant le jeune homme.

En revenant dans la grange, Yoshi pose les yeux sur l'objet qui était recouvert, il voit la peinture rouge et blanche puis le guidon.

- Une moto ! Non un side-car, s'exclame le jeune homme.

- Pas vraiment, c'est une moto à trois roues. Un Trike, je crois que cela s'appelle comme ça de nos jours. C'est l'ancienne moto à Actarus, Procius l'a donné à Dai, mais c'est vrai que cela fait longtemps qu'il ne l'a pas utilisé.

- Actarus ? Procius ? C'est qui ceux-là ? Première fois que j'entends parler d'eux !

Banta réalise qu'il a peut-être commis une erreur en parlant d'eux.

- Actarus est le fils du professeur Procyon qui dirigeait le centre il y a très longtemps. Procius est son neveu, il est venu vivre quelque temps ici, il y a quelques années.

- Et où sont-ils ?

- Ils vivent très loin d'ici.

Banta transpire.

- « Il va falloir que j'en parle à Mizar ! Je crois que j'ai fait une grosse boulette, pense-t-il. »

Yoshi s'aventure plus profondément dans la grange.

- Hé ! Y'à un gros truc jaune dans le fond, lance-t-il.

Banta se frappe le visage avec une main.

- « Oh ! Non ! La seconde soucoupe à Alcor ! Qu'est-ce qu'elle fiche là ! »

- Difficile à dire ce que c'est, reprend Yoshi. C'est tout déformé et cassé.

- Au moins, il ne pourra pas identifier ce que c'est, soupire le vieux garçon.

- Qu'est-ce que tu as dit, interroge l'adolescent du fond de la grange. J'n'ai pas compris !

- Moi ! Rien ! Attends, je vais chercher Mizar ! Attends avant de toucher à quelque chose !

Banta s'éloigne en courant.

- Houlala ! Non de non ! Comment on va s'en sortir !

Tout en courant, il se met à hurler le nom du propriétaire des lieux.

- Mizar !

Le capitaine Yamato est dans ses quartiers. Il retire sa tenue militaire, car la base est passée en phase nocturne. Il se prépare donc à se coucher quand un signal est émis par sa console. Le borgne pousse un soupir de lassitude avant de répondre.

- Yamato, j'écoute.

- Goldorak vient de pénétrer dans la galerie, annonce l'officier de permanence. J'ai pensé que vous aimeriez le savoir.

- Merci, vous avez bien fait.

Le vieux militaire borgne remet sa tenue d'un air résigné.

La soucoupe porteuse est dans le hangar lunaire, Goldorak dépose le conteneur le long d'une paroi puis les bras reviennent se plaquer contre la coque. Après cette manœuvre, la soucoupe glisse jusqu'à son emplacement habituel avant de se poser, les propulseurs s'éteignent. Procius saute du poste de pilotage de la soucoupe, il est surpris quand il voit Knoch qui l'attend.

- Enfin vous voilà, s'exclame le capitaine.

- Oui. Que se passe-t-il, questionne le prince craignant un problème sur la base.

- Rien ! C'est juste que vous me voyiez soulagé de vous savoir rentré.

- J'ai l'impression que vous n'êtes pas le seul.

Le prince voit s'approcher le capitaine Yamato.

- Tout s'est déroulé comme vous le souhaitiez, demande le militaire.

- Pas exactement. Mon attaque n'a pas bien fonctionné, grimace le prince. Au lieu de nuire à notre ennemi, je crains de lui avoir facilité la tâche. Et la population est toujours prisonnière et forcée à travailler, déclare-t-il avec dépit.

Un silence gêné se fait après cette déclaration jusqu'à ce que Yamato remarque le conteneur.

- Qu'avez-vous donc rapporté ?

- J'en ai profité pour leur dérober un peu de matériaux. Ce n'est pratiquement rien vu la taille du vaisseau en démontage, mais si cela peut nous être utile, c'est toujours cela de pris !

- J'en conviens, demain je mettrais quelques hommes pour en faire l'inventaire.

Malgré l'heure tardive, le colonel Niiva travaille encore dans son bureau dans le hangar secret. Il regarde le moniteur avec une certaine fierté.

- Voilà ! J'ai enfin fini les plans ! Il est parfait !

Le colonel se lève pour s'étirer.

- Il ne me reste plus qu'à le construire et grâce à lui je vaincrais Goldorak. Je prouverais ainsi à ce Krema et à Chronaris que rien ne vaut un bon pilote ! J'obtiendrais la reconnaissance qui m'est due !

Alors que Niiva se félicite de sa création, Chronaris dort dans son lit. Soudain, la panthère mécanique, couchée au pied du lit, se dresse sur ses pattes pour scruter l'obscurité. Un minuscule point lumineux apparaît. Lentement, le point grossit avant de prendre de l'ampleur instantanément pour former une sorte de tourbillon de lumière. L'animal artificiel pousse un feulement qui réveille Chronaris. Le tyran ouvre les yeux, il découvre le phénomène, rapidement il saisit son masque, posé non loin pour le mettre sur sa tête.

- Qui est là ? Que voulez-vous, demande-t-il en quittant son lit. Me tuer peut-être ?

- Ne sois pas idiot, lui répond sa voix.

Une forme sort du tourbillon, le despote se retrouve face à lui-même, enfin presque, son double porte un masque argenté et non doré.

- Mais…

- Pas le temps, pour les explications, coupe le double. J'utilise mes dernières unités pour ce voyage. Je suis venu pour te remettre ceci !

Le double tend un support de donnée.

- Qu'y a-t-il dedans ?

- Tu y trouveras des plans pour un nouvel armement, mais surtout le moyen de vaincre une bonne fois pour toutes ton ennemi. Je suis certain qu'avec cela tu y arriveras, car c'est grâce à cela que j'ai remporté la victoire dans ma trame ! Toi seul dois t'en servir, tu m'as bien compris ?

Chronaris regarde son double sans bouger.

- Alors ! Décide-toi vite ! Je ne vais plus pouvoir rester longtemps ici !

Derrière le double, la spirale se rétrécit et lui-même semble devenir transparent. L'homme au masque doré prend le support de donnée.

- La victoire t'appartient dorénavant, lance le double avant de disparaître complètement et que la spirale lumineuse se volatilise dans un éclat.

Chronaris reste un moment à fixer l'endroit où se trouvait la spirale puis il se dirige vers son bureau. Il introduit le support de donnée dans sa console.

- Des plans, des plans, fait-il avant de se figer.

Le tyran s'assoit tremblotant.

- Pas croyable, articule-t-il avec difficulté sous le coup de l'émotion.

Ses yeux parcourent le moniteur un instant puis il se pousse en arrière sur le dossier du siège en éclatant de rire.

- J'ai enfin l'arme absolue pour vaincre Goldorak !

Il regarde à nouveau les informations sur l'écran, son rire cesse alors.

- Mince ! Cela va me coûter à moi aussi mes dernières unités pour l'avoir en ma possession !

Chronaris reste inerte devant le moniteur en pleine réflexion.

- Qu'importe, finit-il par dire. Une fois, Goldorak vaincu, je n'aurais plus besoin de voyager et de conquérir des territoires. Je peux donc sacrifier mes dernières unités. Si ce double a réussi, pourquoi pas moi !

Le tyran se lève en fermant la console, il retire son masque en marchant vers son lit.

- Je crois que mon sommeil va être paisible.

Vesta sort de la douche, elle est complètement nue. Elle s'essuie les cheveux en marchant vers une fenêtre de son habitation préfabriquée. Quand elle arrive devant la surface vitrée, elle jette la serviette sur le sol avant de poser ses mains sur la surface transparente. À l'extérieur, la nuit est tombée, mais la femme peut voir la zone de désassemblage du vaisseau et la population au travail grâce aux puissants éclairages.

- Au rythme où vont les choses, d'ici trois à quatre jours le vaisseau sera complètement en pièce et je pourrais regagner le palais. Alors, je ferais tout ce que je pourrais pour que nous vainquions Goldorak et son pilote !

La jeune femme se retourne pour rejoindre sa console, elle actionne une commande pour régler la température de la pièce puis se jette sur le lit. Elle se retourne sur le dos et fixe le plafond.

- Goldorak et son pilote, répète-t-elle en éclatant de rire. J'ai l'avantage de connaître l'identité du pilote, sourit-elle.

La jeune femme se remémore quelques années plus tôt, alors qu'elle était dans les forces de Véga. Le Stratéguerre voulait venger la mort de son oncle, le Grand Stratéguerre. Elle n'était qu'alors l'aide de camp du commandant Minarvea, pour être honnête, elle était son âme damnée, à la fois espionne et exécutrice. Elle se souvient d'un entretien qu'elle a eu avec son commandant et Eekaan, la sœur jumelle de l'espion qu'elle avait envoyé sur Terre pour localiser la base et le pilote de Goldorak. L'espion se nommait Aakeen, lui et sa jumelle étaient originaires de la planète Qii'kri. Les habitants de ce monde ont de grands pouvoirs télépathiques, qui sont encore plus renforcés au sein d'une même famille, mais la technologie Végane avait encore amplifié ce dont grâce à des implants, ainsi l'espion avait pu transmettre à sa jumelle l'identité du pilote et son apparence avant de mourir. Soudain, Vesta est parcourue par un frisson glacial, elle se souvient aussi de sa mort sur Euphor, mais assez vaguement. Elle se revoit aux commandes d'une navette en forme de requin entrant dans l'atmosphère, puis devoir affronter des navettes de chasses Euphorienne et de les vaincre assez facilement. Après cela, un chasseur différent était alors apparu avec un pilote plus expérimenté. Elle revoit des bribes de combat aérien contre l'autre pilote, des manœuvres complexes avec des tonneaux, des piqués. Le reste est dans le brouillard, elle croit se souvenir que des lames étaient sorties des flancs du chasseur adverse, ensuite plus rien, jusqu'à qu'elle se réveille sur un fauteuil devant Chronaris.

- J'ignore qui m'a vaincu, mais je sais que je vengerais de toi. Procius ! Prince d'Euphor ! Oui, j'ai cet avantage

Ce que Vesta ignore, c'est qu'il y a trois ans, celui qui l'a abattu n'était autre que le roi Actarus aux commandes de son chasseur royal.

Actarus est allongé à côté de sa compagne qui dort profondément, malheureusement pour le roi ce n'est pas le cas, son esprit tourne à vive allure.

- « Comment faire ? Comment garder cette force sous contrôle encore alors qu'elle ne demande qu'à aller au combat. Combien de temps vais-je pouvoir les retenir ? Pourtant, notre réseau est important, mais ce n'est pas encore le bon moment pour se montrer. Il faut que Procius affaiblisse encore Chronaris pour que je puisse intervenir ! Mais si réellement, il a fait démonter l'un de ses vaisseaux afin de récupérer de la matière première, nous risquons de repartir pour encore de long mois de combat. Comment cela va-t-il se finir !? Comment te sent tu mon neveu ? C'est le deuxième conflit que tu dois résoudre, alors que moi je n'en ai eu qu'un seul et pourtant cela m'a grandement affecté. Je n'ose imaginer ton état d'esprit. »

Vénusia se retourne dans le lit.

- Il faut que je dorme aussi, murmure le roi en fermant les yeux.

Banta revient vers la grange en compagnie du propriétaire du ranch, Mizar Makiba. Le vieux garçon lui a rapidement exposé la situation, à savoir que Yoshi était tombé sur des objets qu'il n'aurait jamais dû voir.

Pendant ce temps, l'adolescent a continué de sortir de la grange de nombreuse chose, un vieux vélo rouillé, une charrue pour chevaux de trait.

- Mince alors, lance Mizar. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de choses entassées dans cette grange !

Yoshi arrête son labeur pour regarder son employeur.

- C'est quoi le truc jaune au fond ? Ch'ai que ch'ui pas un fermier, mais ça n'ressemble pas à du matériel agricole.

- La carcasse ? Elle est encore là, s'étonne faussement Mizar.

- Oui.

- C'est un prototype d'engin volant du professeur Alcor. Il s'est écrasé avec dans la pâture là-bas.

Mizar montre du doigt un endroit.

- Je me rappelle que mon père avait piqué une de ses colères ! Lui qui croyait que c'était enfin un engin extraterrestre qui venait le rendre visite. Quand il a réalisé que c'était un essai du centre, il a poursuivi le pauvre Alcor avec une fourche pour avoir saccagé son terrain.

Yoshi affiche un visage peu convaincu.

- Bon, je vais appeler ce vieux Alcor pour savoir s'il vient la récupérer ou si je l'envoie à la déchèterie avec le reste. Ça va faire quarante ans qu'elle est là, ça suffit !

Mizar regarde ce qui est entreposé devant la grange.

- Il va falloir que je fasse venir un camion pour enlever tout ça, soupire-t-il.

Puis il se retourne vers le vieux garçon de ferme.

- Banta, vérifie tout de même qu'il n'y a rien qui puisse nous être encore utile dans tout ce fourbi. C'est souvent le cas, c'est quand on vient de jeter quelque chose qu'on s'aperçoit qu'on en a besoin pour faire une réparation ou besoin de s'en servir.

En orbite d'Euphor, les vaisseaux usines de Chronaris sont en pleine production. Des chargements de matériaux sont déjà en attente pour rejoindre la planète où d'autres vaisseaux usines.

Contrairement à ce qu'il pensait, Chronaris ne trouve pas le sommeil trop excité par la visite de son double d'une autre trame. Le tyran a sorti de sa cachette le coffret en bois contenant les fioles au liquide bleuté. Il est assis sur son lit et fixe l'intérieur du coffret.

- Pour moi aussi, ce sont mes dernières unités. C'est tout ce qui me reste et je ne peux plus m'en procurer. Quel dommage. Je n'en ai que trop gâché déjà pour conquérir ce monde.

Il prend une fiole dans ses mains.

- S'ils s'étaient doutés que cela me sauvait la vie, mais que cela me permettrait de voyager entre les univers et le temps. M'auraient-ils sauvé la vie après l'attaque d'Euphor ?

Chronaris repose la fiole avec délicatesse.

- Mais dorénavant, je sais comment vaincre mon adversaire !

En disant cela, le tyran réalise qu'il n'a pas fermé l'œil de la nuit, car un rayon de soleil point derrière les rideaux.

Le commandant Vesta est harassé par la chaleur du désert de Capico. La femme à la chevelure rose marche accompagnée d'une section dans la zone de démontage du vaisseau. Elle fait une inspection pour constater l'avancement et la qualité du travail.

Non loin de là, un enfant d'une dizaine d'années transporte dans ses bras des câbles électriques. L'enfant est sale, visiblement affaibli dans des vêtements déchirés. Il avance péniblement sur le sable quand l'un de ses pieds se dérobe sous lui, il chute en faisant tomber sa cargaison. L'enfant reste quelques secondes sur le sol, le visage dans le sable avant de se retourner sur le dos, le soleil l'aveugle, mais il devine une forme qui se dresse devant lui.

- Lève-toi, ordonne une voix féminine.

L'enfant cligne des yeux.

- Lève-toi immédiatement, ordonne plus fermement la voix.

Une femme se précipite sur l'enfant au sol, elle porte elle aussi des habits en piteux état.

- Pitié, implore la femme. Laissez-lui le temps de reprendre des forces.

- Je suppose que tu dois être sa mère, lance sardoniquement Vesta.

- Oui, répond la femme. Pitié !

Le commandant sort son arme alors que la mère relève son enfant. Le commandant ouvre le feu, le tir arrive au pied de l'enfant et transforme le sable en verre. La mère et l'enfant sont terrorisés.

- Retournez immédiatement au travail, sinon le prochain tir finira là !

En disant cela, Vesta s'avance pour désigner le front de l'enfant avec le canon de son arme.

- Oui, oui. Nous faisons de notre mieux pour vous satisfaire, fait la mère en ramassant les câbles électriques pour les mettre dans les bras de l'enfant en larmes.

Vesta fait un pas en arrière et attend que l'enfant ait tout son chargement.

- Allez, va et fait vite, lance la mère à sa progéniture avec angoisse.

L'enfant trébuche après quelques pas, mais ne tombe pas. Le commandant le regarde s'éloigner un instant avant de tourner la tête vers la mère.

- Toi aussi, retourne au travail !

La femme sursaute avant de partir rapidement. Vesta range son arme en passant la pointe de sa langue sur ses lèvres.

Le colonel Niiva marche dans le couloir de ce qui était le hangar secret avant l'invasion. Après avoir terminé ses plans, il a rejoint ses quartiers pensant s'écrouler de fatigue, mais une fois coucher, il fut assailli par un problème : comment faire construire sa machine sans accord et sans éveiller les soupçons. Cela l'a tellement travaillé, qu'il a peu dormi à la recherche de la solution. Niiva est le premier dans le hangar, il se dirige vers son bureau. Une fois dans la pièce, il lâche un fort bâillement en déposant sa badine sur un meuble. Machinalement, il allume sa console informatique avant d'ouvrir un meuble dans lequel il garde une bouteille contenant un liquide verdâtre phosphorescent, un breuvage énergétique provenant de son monde. Il se verse un verre de ce liquide et l'avale d'une rasade.

- J'ai besoin de force, déclare-t-il en rangeant la bouteille et le verre.

Puis il s'installe à son bureau, il remarque sur le moniteur qu'il a un message.

- Déjà ! De si bonne heure, bougonne-t-il.

Mais en lisant le message, sa mauvaise humeur disparaît.

- Ça alors ! Je vais recevoir une livraison dès aujourd'hui !

Le colonel attrape sa badine pour jouer avec, mais un trait de contrariété barre son front.

- Cela ne me dit toujours pas comment je vais achever mon projet, soupire-t-il.

Après avoir parlé avec les deux capitaines, le prince Procius s'est rendu dans ses quartiers. À peine s'est-il allongé sur son lit qu'il a sombré dans un profond sommeil. Malheureusement, ses songes sont toujours perturbés par des cauchemars où il se voit pilotant Goldorak et tuant de pauvre Euphoriens prisonniers dans les engins ennemis. Malgré cet inconvénient, Procius se lève reposé, après un rapide passage sous la douche, il revêt ses habits princiers qu'il portait sur le vaisseau alors qu'Euphor était envahie. Il s'observe un instant dans la glace.

- Je n'ai pas toujours aimé porter ses habits, mais maintenant je n'ai qu'une envie, c'est de pouvoir les porter de nouveau, cela signifiera que tout ceci est enfin fini, que Chronaris aura été vaincu.

Procius regarde son visage dans le reflet.

- Ai-je encore le droit de porter ceci ? Que convient-il de faire pour Capico ? Dois-je retourner libérer le peuple ? Ou simplement attendre la fin du démontage du vaisseau ? D'une façon ou d'une autre, quoi que je fasse, cela servira les plans de Chronaris. La destruction du vaisseau est inutile.

Le lieutenant Rola est l'officier de service dans la salle de commandement de la lune. C'est un autre soldat qui s'occupe de la surveillance radar. Imoto met une main devant sa bouche pour bâiller, son quart de nuit lui a semblé beaucoup plus long que quand il est devant sa console radar. Ses yeux le piquent, il a hâte de rejoindre son lit quand il remarque que l'homme qui occupe son poste lui fait des signes. Rola s'approche donc de lui.

- Je vous écoute, annonce simplement le lieutenant.

- Un vaisseau cargo à quitter l'un des vaisseaux usine.

- Rien de surprenant, fait distraitement Rola en bâillant.

- Il descend vers la planète et si j'en crois ses vecteurs, il se rend au palais.

La fatigue du lieutenant est brusquement balayée.

- Quoi ! Déjà, s'exclame-t-il.

Le professeur Alcor se trouve dans l'un des laboratoires en sous-sol du centre, au milieu de la pièce se trouve une armature en alliage, dans laquelle se trouvent installés des circuits électroniques.

- Voilà ! Cela commence à prendre forme, se félicite Alcor en donnant un dernier tour de tournevis.

Daisuké s'approche, revêtu complètement d'une combinaison antistatique, avec une carte électronique dans les mains.

- Voilà le contrôleur de vol, annonce le jeune homme.

Dai s'immobilise pour marquer une pause d'étonnement et d'agacement.

- Professeur ! Vous avez encore oublié de mettre vos équipements !

- Comment ?

Alcor semble ne pas comprendre, puis il réalise qu'il porte ses vêtements de tous les jours. Il n'a pas mis de blouse, ni de gant, ni de coiffe de protection.

- Que je suis distrait, déclare le professeur en passant une main dans sa chevelure. Je suis tellement pressé de terminer cette sonde pour pouvoir la lancer et enfin savoir ce qu'il se passe sur Euphor.

- Je comprends, moi aussi, mais je suis les règles ! À cause de votre étourderie, il va falloir stériliser à nouveau la sonde et la pièce, soupire Dai. Ce n'est pas comme ça que l'on va avancer.

Le professeur est tout penaud après les remarques faites par le jeune homme.

L'activité de la salle de commandement du palais est relativement calme. Le général Zota s'est installé sur un siège pour consulter des rapports d'activités sur une tablette informatique.

Un soldat s'approche du militaire gradé pour venir se planter devant lui tout droit. Zota lève la tête légèrement intrigué.

- Oui ?

- La navette cargo pour le colonel Niiva est en approche. Elle a entamé ses manœuvres pour rejoindre l'entrée du hangar.

- Bien, s'étonne le général. Je n'étais averti de cette livraison.

Le soldat reste immobile.

- Rompez, ordonne le général.

Le militaire s'éloigne sous le regard du général.

- « Pourquoi n'ai-je pas été mis au courant de cette livraison ? Cette Vesta à trop de chance, involontairement Goldorak lui a facilité le démontage du navire. Elle risque de revenir d'ici peu au palais ! »

Zota grimace en pensant à cela.

La navette vient de se poser sous le regard du colonel Niiva depuis la baie vitrée de son bureau. Il se tient debout derrière la vitre, avec ses mains dans le dos serrant sa badine à deux mains. Les soutes du navire sont ouvertes, des soldats s'occupent du déchargement pendant que les ingénieurs supervisent et vérifient les manifestes de chargement pour contrôler les caisses.

Le colonel se déplace pour ouvrir la porte de son bureau, il fait un geste à l'ingénieur albinos. Ce dernier s'approche, mais Niiva lui fait un autre geste pour qu'il reste à sa place.

- Quand vous aurez fini le déchargement, lance le colonel. Venez me trouver dans mon bureau.

Niiva commence à refermer sa porte, mais se ravise.

- Que les autres commencent immédiatement le travail ! Il faut terminer ses machines qui sont sur l'aire de montage !

Le colonel ferme sa porte avant de rejoindre son bureau et de s'installer dans son fauteuil. Il se met à jouer avec sa badine pour tuer le temps.

Une demi-heure plus tard, l'ingénieur albinos frappe à la porte du bureau.

- Entrez, lance Niiva en posant sa badine avant de se redresser sur son siège.

- Vous m'avez demandé, en quoi puis-je vous être utile, demande l'ingénieur en approchant du bureau.

- Voilà. J'aimerais vous confier un travail supplémentaire. Un projet personnel, mais qui sera pour vous un travail secondaire. Je travaille sur un prototype et j'aimerais vous livrer son montage, mais ce travail passe bien évidemment après la réalisation de machine de combat que nous avons en cours. J'aimerais que cette tâche que je vais vous attribuer soit réalisée durant les périodes de faibles activités, où entre deux assemblages de Gat.

L'ingénieur albinos est décontenancé par ce que vient de lui annoncer son supérieur. Voyant l'hésitation de l'homme, le colonel se lève rapidement.

- Bien ! Voilà qui est entendu, fait Niiva. Je vous laisse retrouver à votre travail, il ne faut pas que nous prenions du retard dans la livraison des machines.

Tout en disant cela, le colonel entraîne l'ingénieur vers la porte et le pousse pratiquement hors de son bureau. L'ingénieur reste hébété un instant devant la porte puis par rejoindre ses compagnons. Niiva regagne son fauteuil avec un sourire aux lèvres.

La salle de réunion, du moins la cavité se vide. Le roi vient de s'entretenir avec plusieurs dirigeants de cellule, ceux-ci se plaignent d'être inactifs depuis la création de leur cellule, ils veulent passer à l'action. Avec beaucoup de difficulté Actarus a trouvé les mots pour les faires attendre encore, mais pour combien de temps. Finalement, il ne reste plus que le roi et le cinquantenaire dans la pièce.

- Votre Majesté. Je suis certain que vous avez remarqué l'impatience de ses hommes. Ils se sentent inutiles et ils ont de grandes difficultés à contenir la fougue de leurs hommes…

- J'en suis parfaitement conscient, coupe Actarus d'une voix presque éteinte. Je sais très bien que si je ne fais rien d'ici peu, la situation va nous échapper et chaque cellule lancera des attaques. Mais ce n'est pas encore le moment de passer à l'offensive.

- Vous ne cessez de dire cela à chaque réunion, mais cela ne suffit plus ! Certains pensent que vous avez peur d'affronter l'envahisseur et que vous devriez quitter la direction de la résistance.

Le roi lève à peine la tête.

- On peut m'accuser d'avoir sous-estimé nos défenses, notre armée et peut-être d'autre chose, mais sûrement pas d'avoir peur face à Chronaris.

- Alors, pourquoi ne nous révéler pas votre plan ? Cela calmerait les cellules.

- Je le pourrais certes, mais cela résoudra-t-il le problème de la sensation d'inutilité ?

- Je l'ignore. Je suis incapable de vous répondre, car même moi j'ignore vos intentions !

- Mes intentions sont toutes simples. Il n'y a rien de grandiose dans ma stratégie.

- Attendre que votre pilote tue un à un les soldats de Chronaris, ironise le quinquagénaire.

- Oui, Goldorak a une grande importance. Il est et restera notre meilleur espoir en première ligne.

- Alors, nous devrons attendre les bras croisés, s'emporte numéro un.

- Oui, tonne Actarus en se levant. Nous devrons attendre le bon moment pour passer à l'attaque.

- Quand ?

- Quand les forces de Chronaris seront assez affaiblies, je donnerais l'ordre d'attaquer ! Oui attaqué, mais pas dans un seul endroit ! Non ! Une attaque simultanée sur toute la planète !

- Sur l'ensemble de la planète !?

- Oui ! Une attaque synchronisée ! Ainsi, Chronaris sera dans l'incapacité d'envoyer des renforts sur une zone, car ce sera une zone de combat sur chacune de ses installations.

Le roi se rassoit.

- C'est donc ce que vous prévoyez ! L'idée est audacieuse, mais rien n'empêche Chronaris d'envoyer ses troupes stationnées en orbite, remarque le cinquantenaire.

- Je le sais fort bien, c'est pour cela que je n'ai toujours pas donné l'ordre d'assaut. Nous avons encore des zones non couvertes par notre mouvement. Il nous faut encore plus de temps pour tout mettre en œuvre ainsi que plus d'armement pour pouvoir en fournir à chaque combattant. Malheureusement, mon pilote doit encore faire du dégât chez notre adversaire avant de déclencher le soulèvement général !

- Vous devriez évoquer votre plan aux autres chefs de cellules.

- J'y ai déjà songé, rétorque le roi. Mais êtes-vous sûr à cent pour cent de ces hommes ? Les connaissez-vous tous ?

- Ils ont tous rejoint la résistance de leur propre chef…

- Vous éludez ma question, coupe le roi.

Numéro un reste silencieux un instant.

- Si vous voulez que je vous réponde, que je garantisse qu'aucun d'entre eux ne peut-être un espion à la solde de l'envahisseur. Non, en effet je ne peux rien affirmer, mais si c'était le cas, il y a longtemps que ces lieux auraient été investis.

- C'est probable, concède le roi. Mais rien n'est moins sûr, vous connaissez les intentions de Chronaris ?

- Je comprends ce que vous insinuez. Mais il va falloir leur donner quelques informations, où le moment venu nous risquons de n'avoir personne qui répondra à votre appel.

Actarus fronce les sourcils, il sait pertinemment que le quinquagénaire a raison.

Le capitaine Yamato avance en tête d'une section d'homme qu'il a choisi pour accomplir une tâche précise. Le groupe pénètre dans le hangar où stationne le robot géant, la section passe devant le robot géant pour s'immobiliser devant le conteneur. Le capitaine fait un geste de la main et sa troupe s'arrête. Le capitaine borgne se retourne vers ses hommes.

- Messieurs ! Derrière moi se trouve cette caisse contenant diverses pièces et matériaux. J'attends de vous un inventaire complet et détaillé.

Yamato regarde ses hommes de son œil valide.

- Au travail messieurs !

Le cirque de Pouki s'est installé dans une clairière pour faire une halte. La caravane repartira le lendemain matin pour rejoindre leur prochaine étape. Dans l'une des roulottes, une jeune femme aux cheveux regarde par la vitre de façon distraite, elle fixe le ciel comme si elle s'attendait d'y voir surgir quelque chose.

Devant la roulotte, passe un colosse, répondant au nom de Minima. Il remarque l'attitude absente de la jeune femme, cela le désole de la voir se lamenter de la sorte. Dans chaque ville ou village Thalia, car il s'agit bien de la jeune femme clown, écoute ce qui se raconte sur les attaques menées contre les troupes de Chronaris par un étrange vaisseau de guerre. Le colosse est triste pour la jeune femme, car il ne pense pas qu'elle aura l'occasion de revoir l'homme qui pilote cette machine. Il a déjà tenté de raisonner son amie, mais celle-ci refuse d'entendre raison, elle prétend que son amour pour lui est plus fort que tout. Il entend la jeune femme pousser un langoureux soupir dans sa roulotte.

- Antarès, où es-tu ? Que fais-tu, fait la femme en regardant les nuages.

Le directeur du cirque s'approche du colosse.

- Alors, lance le nain. Elle n'en a toujours pas fini avec son pilote ?

Minima secoue négativement la tête.

- Ça finira bien par lui passé, déclare Pouki en haussant les épaules.

- Je n'en suis pas certain, marmonne entre ses dents Minima.

La nuit tombe sur le ranch du bouleau blanc, un camion-benne et un camion à plateau muni d'une grue se trouvent devant la grange. Yoshi regarde la grue soulever la carcasse jaune. Non loin de là, Mizar parle avec le professeur Alcor, celui-ci porte une combinaison blanche.

- Je ne pensais pas qu'elle était encore ici, fait le professeur.

- Moi non plus, fait le propriétaire des lieux. Qu'est-ce que tu vas en faire ?

- Bah ! Elle va partir au recyclage, je ne vois rien d'autre à faire.

- Je peux te poser une question ?

- Oui, répond Alcor avec surprise. Laquelle ?

- Pourquoi tu portes cette combinaison ?

Le professeur regarde ses habits, il constate qu'il porte une combinaison stérile. Il se plaque une main sur le front.

- Que je suis distrait, fait-il. J'ai oublié de me changer. Daisuké va pouvoir me faire la leçon une nouvelle fois.

L'autre camion a déposé sa benne sur le sol, le vieux garçon de ferme attrape un des cartons éventrés pour l'y jeter. Banta interpelle l'adolescent.

- Hé ! Yoshi ! Quand tu auras fini de rêvasser, tu viendras me donner un coup de main !

Le jeune homme se retourne vers le vieux garçon de ferme.

- J'viens !

Yoshi jette un dernier regard à la carcasse que la grue dépose sur le plateau avant de rejoindre Banta.

Le capitaine Yamato se trouve dans son bureau, il est assis dans son fauteuil. En face de lui, l'un des hommes de la section chargée de faire l'inventaire du conteneur se tient au garde-à-vous. Le capitaine borgne consulte des feuilles manuscrites.

- Vous êtes certain qu'il y a bien tout cela, demande-t-il en finissant la dernière feuille.

- Absolument !

Yamato reste silencieux, il réfléchit un instant.

- Merci, disposez ! Il faut que je voie le prince.

Le soldat se retourne pour sortir, pendant que le borgne actionne sa console informatique.

- J'aimerais avoir un entretien avec le prince.

Quelques secondes plus tard, la voix de Procuis sort de la console.

- Capitaine, je ne suis pas actuellement dans mon bureau, mais je viens vous rejoindre dans le vôtre dans quelques minutes, annonce-t-il.

- Je vous attends.

Yamato vient de couper la communication que le capitaine Knoch entre dans le bureau.

- Vous avez vu son altesse ?

- Pas encore. Il doit arriver d'ici peu. Pourquoi ?

- Il faut qu'il lise absolument ceci, fait Knoch en brandissant une tablette informatique.

Dix minutes se sont écoulées, le prince se trouve dans le bureau de Yamato. Procius lit le contenu de la tablette informatique.

- Vous êtes certain de cela, demande-t-il.

- Sa trajectoire ne laisse aucun doute. La navette cargo a quitté le vaisseau usine pour se rendre au palais. J'ai été averti, juste avant votre arrivée, qu'un second cargo suivait la même route, annonce Knoch.

Le prince rend la tablette au capitaine en grimaçant.

- Je voulais ralentir le démontage de ce vaisseau, mais je n'ai fait qu'accélérer la chose et facilité la production de nouvelles armes. J'aurais du volé plus de conteneurs !

- En parlant de cela, fait Yamato en se levant.

- Vous vouliez peut-être me parler du contenu de ce que j'ai dérobé ?

- Exactement.

- Il y a du matériel utile ?

- Nous pouvons utiliser certaines pièces pour les installations de la base.

- Mieux que rien, soupire le prince. Et pour le reste ?

Yamato est hésitant.

- Je vous écoute, insiste Procius.

- Si nous avions à notre disposition au moins deux conteneurs du même acabit, nous serions en mesure de remettre sur pied le bombardier Xanta. Avec évidemment un peu de temps et beaucoup de travail.

- Je vois, fait Procius en croisant ses bras.

Les deux capitaines l'observent en silence jusqu'à ce que le prince décroise ses bras.

- Je ne vois qu'une chose à faire ! Je vais retourner à Capico pour finir ce que j'ai commencé. Détruire ce qui reste du navire, mais surtout pour voler le matériel dont vous avez besoin pour réparer le Xanta.

- Vous pensez que cela sera suffisant, demande Yamato. Ce n'est qu'une simple estimation de ma part.

- Je n'en doute pas. Avons-nous des nouvelles de notre vaisseau Kirigan ? L'équipage sera-t-il bientôt de retour avec des marchandises ?

- D'ici trois jours d'après notre dernier contact, annonce Knoch.

- Bien ! Dans ce cas, nous l'enverrons en prospection pour trouver ce qui manque.

- Vous en êtes certain, demande Yamato.

Le prince se retourne vers le borgne.

- Votre bombardier sera d'un grand renfort pour moi. Goldorak ne pourra combattre seul indéfiniment l'envahisseur. De plus, je doute fort que le fait de rester loin du combat vous siée à vous comme à votre équipage. Je me trompe ?

- En effet, mon équipage et moi-même sommes fiers de vous servir dans la reconquête de la planète, mais nous avons aussi envie de nous frotter à notre ennemi.

Procius sourit.

- Encore un peu de patience. D'ici peu, vous pourrez m'aider à venir à bout de l'envahisseur !

Le général Zota est en plein milieu de la salle de commandement quand la porte s'ouvre pour laisser entrer Chronaris, accompagné de sa panthère mécanique et de sa garde personnelle. Le général se retourne et s'incline respectueusement.

- Maitre. Soyez le bienvenu.

L'homme masqué jette un rapide regard à la salle avant de poser ses yeux sur Zota.

- Général, suivez-moi dans mon bureau.

Chronaris se retourne pour quitter la pièce, le général se redresse pour suivre les gardes. Il marche ainsi dans le couloir qui conduit au bureau de l'homme au masque doré. Le couloir est désert.

- « Si seulement il n'y avait pas ses gardes, pense Zota. Je lui sauterais dessus pour venger mon fils et mon ami ! »

Après quelques pas, le général se ravise.

- « Non ! Cela aurait été stupide de ma part, on m'a vu partir en sa compagnie. J'aurais été immédiatement suspecté. Patience. Le moment viendra ou j'aurais ma vengeance ».

Le groupe arrive devant la porte du bureau, Chronaris se retourne pour s'adresser à sa garde.

- Laissez-nous, ordonne-t-il.

Les gardes s'écartent de la porte. L'homme masqué ouvre la porte, immédiatement la panthère artificielle s'y engouffre. Le tyran entre à son tour suivi par le général, Chronaris referme lui-même la porte avant d'aller s'installer dans le siège derrière le bureau.

- En quoi puis-je vous être agréable, demande le général.

- Voilà, cette nuit j'ai eu une… révélation.

- Une révélation, répète Zota avec un peu d'appréhension. De quel genre ?

- J'ai décidé de changer certaines choses dans notre armement.

- Dans notre armement, répète le général à la fois soulagé et inquiet.

Chronaris sort de sa cape une tablette et la tend au général, ce dernier la prend et la consulte.

- Je voudrais que vous transmettiez ces plans à nos vaisseaux usines, déclare le tyran.

- Cela sera fait, affirme le général. Mais… Maitre, ceci ne va-t-il pas grandement diminuer le peu de réserve en matériaux que nous venons de faire en sacrifiant un vaisseau ?

- Ce n'est pas important, répond le tyran. J'aurais bientôt l'arme ultime pour vaincre Goldorak.

On peut deviner que Chronaris sourit largement sous son masque. Pendant un instant, Zota oublie momentanément l'envie de tuer le tyran, car il se demande ce qu'à bien put trouver Chronaris pour vaincre son ennemi. La façon convaincue dont il vient de faire cette annonce éveille, malgré lui, la curiosité du général.

- Mais vous n'y pensez pas sérieusement, proteste Knoch. Comment allez-vous faire ?

- Comme d'habitude, déclare le prince. Les forces de Chronaris n'ont toujours pas détecté mon brouillage.

- Certes, vous vous faufilez toujours, je ne sais comment, entre les lignes ennemies. Ce n'est pas la descente sur la planète qui m'inquiète outre mesure, mais votre retour avec la cargaison volée !

- En effet, confirme le prince. Il faut que j'y réfléchisse. Je pense pouvoir dérober au moins deux voire trois conteneurs, mais cela ne sera pas simple, j'en conviens.

- Prince, s'exclame Yamato. Si cela est trop dangereux, oublier ce que j'ai dit ! Nous attendrons avant de réparer le Xanta.

- J'ai déjà rapporté un conteneur, rassure Procius. Pourquoi ne pourrais-je pas en ramené deux de plus !

Le prince lance cela de façon assurée, mais les capitaines ne sont pas aussi convaincus que lui.

- « Il faut que je trouve un moyen, pense Procius.

- Je transmets immédiatement ces documents à nos vaisseaux usines, déclare le général Zota en se dirigeant vers la porte du bureau de Chronaris.

Le général ouvre la porte et se trouve nez à nez avec une sorte de sauterelle géante, le docteur Krema. Zota a un mouvement de recul.

- Général, je vous fais peur, demande le docteur avec la voix synthétique de son appareil.

- Non, docteur. C'est juste que je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un devant la porte.

- Je vois, je vois.

- Pardonnez-moi, mais le devoir m'attend, s'excuse le général en franchissant la porte.

Une fois, le passage libre, le docteur franchit à son tour la porte, mais dans l'autre sens. Zota a déjà fait quelques pas quand la porte se referme.

- Docteur, lance Chronaris avec bonne humeur. Que me vaut votre visite ?

- J'ai appris que des matériaux avaient été livrés au hangar du colonel Niiva. Je subodore que la fabrication des Gats est sur le point de reprendre. Je vous apporte donc une première liste de candidat a décérébré pour la cybernétisation des machines.

- Je fais toute confiance en votre choix.

- Il faudrait donc les transférer dans mon service afin que je puisse commencer le travail. J'aurais dû remettre cette liste au commandant Vesta, mais il ne se trouve pas au palais.

- Donnez-la-moi, je vais m'en occuper personnellement.

La luminosité décline au-dessus de Capico, le commandant Vesta regarde par la fenêtre de son préfabriqué la carcasse du vaisseau. Le travail de démontage est pratiquement terminé, il ne reste plus que l'armature du vaisseau et quelques diverses choses à faire pour en finir avec lui. La femme aux cheveux rose se retourne pour rejoindre le centre de la pièce. Sur le sol, une cantine ouverte dans laquelle on voit des tenues de rechange du commandant.

- Je vais enfin pouvoir regagner le palais. J'en ai fini ici.

Dans son dos, on devine par la fenêtre une navette qui décolle, chargé de matière à recycler.

La femme commence à retirer ses vêtements.

- Une bonne nuit de sommeil me fera grand bien. J'ai délégué la fin du désassemblage, tout est en ordre. Une navette vient me chercher de bonne heure. Tout est bien.

Vesta se glisse dans le lit avec un sourire aux lèvres.

- Un grand merci, prince d'Euphor.

Le prince d'Euphor est justement très occupé. Il est assis à son bureau dans ses quartiers. Des papiers sont étalés devant lui, ils sont remplis de formule mathématique, sur le sol d'autres papiers roulé en boule. Procius prend sa tête entre ses mains.

- Comment vais-je pouvoir rapporter plus d'un conteneur !? Je ne peux pas simplement en prendre un sous chaque bras et le troisième dans le rayon tracteur de la soucoupe ! Tous les calculs et les simulations que j'ai faits montrent que cela est impossible. Si je fais cela, je n'aurais plus de moyen de me défendre et ma consommation d'énergie serait vertigineuse au point que je serais handicapé pour franchir le blocus en orbite. Que faire ?

Procius se redresse, machinalement il attrape un crayon puis joue avec dans sa main, il le fait tourné entre ses doigts. Il regarde sa main et soudain son visage s'éclaire.

Daisuké dort profondément quand il se sent secoué. Le jeune homme est en plein rêve, il se voit aux commandes d'Alcorak pourchassant des navettes des forces du Stratéguerre. Sa navette essuie des tirs ce qui la fait trembler, il entend au loin la voix de Kohumé qui l'appelle.

- Je t'entends très mal, tu peux répété, fait-il à la radio.

- Vite… Au centre…, fait la voix.

- Quoi le centre ?

Alcorak prend un tir de plein fouet et se cabre violement. Dai se réveille difficilement.

- Le centre est attaqué, demande-t-il encore dans son rêve.

- Il faut que tu me conduises au centre ! Le travail est commencé !

- Le travail ? Quel travail, fait le jeune homme, les yeux mi-clos.

- Le bébé !

- Le bébé, répète Dai avant d'ouvrir les yeux en grand. LE BÉBÉ !

Il saute du lit, il manque de glisser sur l'une de ses claquettes.

- Doucement, lance Kohumé. On y va pour mon accouchement ! Pas parce que tu t'es cassé une jambe !

Dai enfile un pantalon sur son pyjama.

- J'appelle le centre pour qu'il prévienne le docteur et je reviens t'aider pour te lever et aller à la voiture !

Daisuké cherche son téléphone portable et une fois trouvé, il sort dans le couloir. Il revient moins d'une minute plus tard.

- C'est bon, Gavin va réveiller le doc ! On peut y aller, annonce-t-il en faisant le tout du lit.

Le colonel Niiva est souriant, il se tient debout devant la baie de son bureau. Il contemple l'assemblage des Gats. La livraison a permis de reprendre le travail inachevé par le manque de matériel. L'une des machines de combat est pratiquement terminée déjà.

- Si seulement, mon projet pouvait se faire aussi rapidement, murmure-t-il en serrant dans son dos sa badine à deux mains.

Il n'y a pas que dans le hangar secret que les choses se passent rapidement. Les chaînes de montage des vaisseaux usines travaillent intensément. Elles assemblent de nouveaux équipements d'après les plans que leur a transmis le général Zota.

Le roi Actarus est seul dans la salle de réunion souterraine. Il repense à ce qu'il s'est passé plus tôt dans la journée. Comment peut-il garder la confiance des différentes cellules de résistance s'il ne leur dévoile pas son projet. Comment être certain qu'il n'y a aucun espion à la solde de Chronaris dans ces membres malgré les vérifications qui sont faites. Le roi s'interroge sur ce qu'il convient de faire pour garder le contrôle de ses troupes sans rien dévoiler.

- Pour une fois, murmure-t-il. Je suis confronté à un problème que je ne sais pas comment résoudre.

Le docteur du centre se tient près du sas d'entrée, il regarde sa montre, à côté de lui le professeur Cochir fait les cent pas. Un fauteuil roulant est stationné à proximité des portes.

- Il y a longtemps qu'ils devraient être là, constate-t-il.

Soudain, deux points lumineux surgissent à l'entrée du centre.

- Ah ! Les voilà enfin, s'exclame le docteur.

Le vieux médecin sort pour accueillir le véhicule en poussant le fauteuil. À peine immobilisé, Dai saute de la vannette pour en faire le tour afin d'ouvrir la portière à Kohumé.

- Vous en avez mis un temps, fait Cochir.

- Papa, s'exclame Kohumé. Mais que fais-tu là ?

- J'avais un travail à finir, j'allais partir quand j'ai entendu Gavin qui prévenait le docteur.

La jeune femme est installée dans le fauteuil roulant par Dai et le médecin.

- Si vous pouviez finir votre discussion plus tard, fait le vieux docteur. Je dois partir avec cette future maman en salle de travail !

Cochir s'écarte pour laisser passer sa fille poussée par le médecin, puis il se tourne vers Daisuké.

- Pourquoi vous avez mis si longtemps pour arriver, questionne-t-il.

- Je n'ai pas roulé vite, admet le jeune homme avec embarras. Mais je voulais être prudent afin d'éviter les nids-de-poule qu'il y a sur le chemin.

- Ah ! Depuis le temps que je dis à Alcor qu'on devrait faire bitumée le chemin !

- Bah ! Une route en terre c'est sympa, pittoresque et puis ça évite d'avoir trop de curieux sur ce qui se passe au centre.

Le professeur Cochir confirme d'un signe de la tête. Celui-ci se rappelle avoir été très inquiet des années plus tôt quand un célèbre moteur de recherche a mis à la disposition du public des images satellites pour son système de cartographie. Heureusement, après des vérifications sur les images, les défenses du centre ne se voient pas. Il en est de même pour le centre de recherche photonique de Sayaka.

Procius pousse rapidement une porte, il se retrouve dans la salle d'ingénierie de la base lunaire. Il jette un rapide coup d'œil, la pièce est pratiquement déserte à cette heure, car c'est la phase nocturne, il avise l'officier de permanence.

- Lieutenant Sito !

L'homme s'approche.

- Que puis-je faire pour vous, votre altesse ?

- Avez-vous de quoi faire trois dispositifs d'occultation ?

- Des dispositifs d'occultation, répète le soldat. Si vous pensez à un système comme celui de la navette miroir, nous avons tout juste de quoi la réparer au cas où …

- Non, coupe Procius. Rien d'aussi élaborer ! Juste de quoi masqué une masse, d'environ le double de la navette miroir. Il faut que cela soit auto alimentée, actionnable à distance et incorporable dans un missile Bêta.

- Heu. Et bien… Je pense que cela est faisable, mais le dispositif ne masquera pas la signature des systèmes de propulsion.

- Cela tombe bien, il n'y en aura pas ! Il me faut cela le plus rapidement possible !

Sa phrase terminée, Procius sort de la pièce en laissant en plan le militaire.

Daisuké et Cochir sont assis sur des chaises dans le couloir, ils surveillent la porte en face d'eux. C'est que Kohumé doit accoucher, en réalité c'est la salle d'opération d'urgence qui a été transformée en salle d'accouchement. Cela fait déjà une heure qu'ils sont assis là.

La nuit est tombée sur le palais d'Euphor, Chronaris a congédié pour la soirée Aliéna. La jeune femme est donc rentrée tôt dans les quartiers qu'elle occupe avec son père. La jeune femme est dans sa chambre, elle attend le retour de son géniteur pour commencer le souper. Elle ouvre le tiroir de sa table de chevet, elle voit le communicateur qu'elle a fabriqué au milieu des quelques bijoux qu'elle possède.

- Je me demande comment il va, fait-elle pensivement.

Elle attrape l'objet de communication, une envie de le mettre en fonction lui taraude le ventre. Entendre la voix du prince l'aiderait certainement à surmonter tout ce qu'elle subit au palais.

- Cela remonte à une éternité la dernière fois où je lui ai parlé, soupire-t-elle. Je crois que c'était pour lui annoncer que les siens n'étaient plus ici.

La jeune femme ouvre l'appareil puis l'actionne.

Dans la salle de commandement du palais, un simple soldat somnole devant sa console, quand un signal clignote sur le moniteur le prévenant que la fréquence qu'il doit surveiller vient d'être détectée. Il ajuste rapidement le casque sur ses oreilles avant que ses doigts volent sur la console.

Alièna ne bouge pas, elle fixe le communicateur dans ses mains. La fréquence est ouverte, mais aucun son ne sort de sa bouche. La fille du chambellan reste ainsi quelques secondes avant de fermer l'appareil puis de le remettre dans le tiroir.

Les doigts du soldat s'immobilisent, le signal a disparu. L'homme soupire puis tape une commande afin de charger une fenêtre. Dans ce nouveau cadre, il établit un rapport afin d'avertir ses supérieurs qu'un bref signal a été détecté sur la fréquence à surveiller.

Alors qu'il fait nuit sur la capitale, le jour se lève sur Capico, le commandant Vesta est déjà levé, elle attend avec impatience la navette qui va la reconduire au palais. Ne tenant plus en place, elle profite de la relative fraîcheur de la nuit avant la levée totale du soleil pour rejoindre le poste de commandement. L'officier de garde se met au garde-à-vous dès son entrée.

- Commandant ! Désirez-vous les rapports d'activité de la nuit ?

Vesta le regarde sans le voir.

- Ce n'est plus de mon ressort, lâche-t-elle sur un ton méprisant. Où est le lieutenant Nieris ?

- Il ne prend son poste que dans une heure. Dois-je aller le chercher ?

La femme grimace.

- Non ! Inutile, répond-elle sèchement. Ce n'est plus de mon ressort !

Un soldat s'approche de l'officier et lui glisse un mot à l'oreille.

- Un problème, questionne Vesta.

- Aucunement, commandant, répond l'officier. On m'informe simplement que votre navette est en approche.

- Parfait ! Je vais sur la piste, qu'on y apporte mes affaires !

Vesta sort du poste, l'officier s'incline pendant ce temps.

- Je vais faire le nécessaire sur-le-champ, mon commandant.

Quand il se redresse, la femme a disparu de sa vision.

Le commandant marche en direction de la zone d'atterrissage de sa navette.

- Le jour se lève ici, réfléchit-elle. Mais au palais c'est la nuit, avec le temps du voyage, je vais arriver au petit jour. Cela ne fait rien, j'irais quand même voir Chronaris dès mon arrivée.

Procius travaille encore à son bureau, il termine un calcul puis s'étire en bâillant.

- Voilà qui est fait, dit-il. Les calculs et simulations confirment mon plan. Il ne reste plus qu'à l'exécuter.

Le prince regarde l'heure.

- Je vais dormir deux ou trois heures, puis j'irais voir où en sont les dispositifs d'occultations puis je parlerais de mon plan aux capitaines, sinon ils seraient capables de me clouer au sol.

Procius se lève pour rejoindre son lit, il s'effondre dessus, mais avant de fermer les yeux il règle la sonnerie de son réveil.

Le roi Actarus n'arrive pas à dormir, pourtant tout est calme dans les galeries souterraines. Le roi a quitté son lit pour ne pas déranger Vénusia qui dort profondément. Il s'est donc installé à la table de la cuisine, une bougie brille en son centre. Actarus regarde le halo lumineux sur la table sans le voir, absorbé dans ses pensées.

- Comment faire, murmure-t-il entre ses lèvres. Quelle est la solution ?

Phénicia écarte doucement la toile qui délimite sa chambre. Elle s'est réveillée et en se retournant, elle a remarqué la faible lumière provenant de la pièce. La sœur du roi s'est levée puis a marché sur la pointe des pieds pour venir voir ce qui se passait à cette heure de la nuit. Elle reste un instant immobile à observer son frère, elle se prépare à faire un pas vers lui quand il prend la parole.

- Retourne te coucher, murmure Actarus sans se retourner. Je sais que tu es là, mais tu ne peux pas m'aider.

Phénicia tend une main en direction de son frère comme si elle voulait le toucher malgré la distance qui les sépare.

- Je t'en prie, retourne au lit, il est inutile que tu veilles sur moi, insiste le roi.

Sa sœur détourne la tête à regret, la toile se referme alors qu'elle rejoint sa couche.

La navette du commandant Vesta arrive aux abords de la capitale.

- Nous y voilà enfin, soupire-t-elle d'aise.

La femme se trouve dans la partie arrière d'une navette de transport richement aménagé pour le transport de personne importante. Vesta cherche du regard par le hublot le palais royal, mais il est hors de sa vue pour l'instant. La capitale semble encore endormie, il faut dire que l'activité est grandement diminuée du fait des restrictions énergétiques. Les lumières sont rares, une majorité de la population se lève dorénavant une fois que le soleil brille et se couche quand il est sur le point de disparaître.

Après quelques minutes, la navette de Vesta amorce sa descente vers le palais. Peu de fenêtres sont éclairées. La navette est à peine posée, que la porte s'ouvre que le commandant en descend, la femme tourne la tête vers l'intérieur.

- Vous ferez porter mes affaires dans mes quartiers.

Une fois son ordre donné, elle marche d'un pas décidé vers le palais. Vesta marche dans les couloirs du palais, elle se dirige vers les quartiers de Chronaris. Dans un couloir, elle voit s'approcher le général Zota qui lui se dirige vers la salle de commandement.

- Général, salue-t-elle avec un mouvement de tête.

- Commandant ! Je n'ai pas été averti que votre retour au palais se faisait aujourd'hui.

- En effet, j'ai fini plus rapidement que prévu. Il ne restait que de menues tâches à accomplir, je les ai donc confiés à un subalterne.

- Je vois. Soyez la bienvenue.

- Je vais de ce pas voir notre Maitre pour lui faire mon rapport.

- Dans ce cas, je vous laisse.

Vesta fait un pas en avant pour parler à l'oreille du général.

- Sachez que la prochaine fois que vous me désignerez d'office pour une mission de ce genre loin du palais sans mon accord, je saurais vous le faire regretter. Soyez-en certain.

Puis la jeune femme reprend sa marche tranquillement. Le visage de Zota reste impassible, mais il crispe ses poings en se mettant en mouvement.

Le général est encore contrarié par sa rencontre avec le commandant Vesta quand il arrive à la salle de commandement. Machinalement, il prend la tablette informatique qu'un soldat lui tend. Son regard parcourt l'écran quand soudain il s'arrête. Il voit que le signal a été détecté sur une durée de trente secondes, mais qu'il a été impossible à localiser.

- « Cela faisait plusieurs mois qu'il n'y avait pas eu de transmission sur cette fréquence, se dit Zota. J'avais fini par penser que l'espion avait quitté les lieux, mais ce n'est pas le cas ! Pourquoi un si long silence ? C'est à n'y rien comprendre ! Y a-t-il vraiment quelqu'un derrière ces transmissions ou est-ce un système automatisé que nous n'avons pas découvert ? »

Une sonnerie retentit, dans la chambre du prince. Procius se tourne sur son lit pour atteindre le réveil et couper la sonnerie.

- Déjà, soupire le prince.

Il s'assoit dans son lit en s'étirant.

- Allez ! Un peu de courage ! Un dur labeur m'attend, lance-t-il pour se donner du courage.

Quelques minutes plus tard, le prince sort de ses quartiers, il passe par le mess pour prendre une barre de protéine avant de se rendre à l'ingénierie. Il trouve dans la pièce un sergent dont il ignore le nom.

- Votre altesse, salue le militaire.

- Sergent… J'ai demandé au lieutenant Sito des dispositifs…

- Il m'en a informé, fait le sergent. Ils sont prêts, un instant.

Le militaire se retourne pour se rendre au fond de la pièce, il revient vers le prince en poussant un chariot sur lequel reposent trois petites valises en métal.

- Les dispositifs sont à l'intérieur, annonce le sergent.

- Je les imaginais un peu plus petits. Vous pouvez me prêter le chariot ?

- Évidemment, votre altesse.

Procius quitte l'ingénierie en poussant le chariot.

- Maintenant, il ne me reste plus qu'à expliquer mon plan aux capitaines.

Le prince prend la direction de la salle de commandement avec le chariot.

Alièna vers un liquide chaud dans la tasse de Chronaris, quand on frappe a la porte. La jeune femme finit de remplir la tasse avant de se rendre à la porte pour l'ouvrir.

- Je viens voir le seigneur Chronaris, annonce simplement le commandant.

- Vesta, s'étonne le tyran dans la pièce. Vous êtes de retour au palais ?

- Je suis arrivée, il y a quelques minutes. Je venais vous faire mon rapport.

- Entrez donc ! Vous allez partager mon petit-déjeuner en même temps que vous me ferez votre compte rendu.

La fille du chambellan s'écarte pour laisser passer le commandant. Elle s'apprête à regagner la table pour reprendre son service quand l'homme au masque l'interrompt.

- Nous nous débrouillerons seuls. Vous pouvez disposer, ordonne-t-il. Je vous ferais prévenir quand vous aurez à débarrasser.

Alièna s'incline puis quitte les quartiers de Chronaris.

Procius entre dans le bureau du capitaine Yamato avec son chariot.

- Prince ! Mais qu'est-ce que tout ceci, s'étonne le borgne.

- Je vais vous expliquer tout cela. Mais avant tout, je vous demanderais de convier le capitaine Knoch. Vous qui vous plaignez de ne pas connaître mes plans, vous voilà servi, plaisante Procius.

Yamato ouvre grand son œil valide. Il observe le prince de la tête aux pieds. Ne sachant que penser, il appelle Knoch par la console informatique de son bureau.

Le capitaine royal arrive rapidement dans celui du militaire. Il découvre le chariot au milieu de la pièce et cela l'intrigue aussi.

- Votre altesse, pourquoi m'avoir demandé de venir, questionne Knoch.

- Dernièrement, vous vous êtes plaint que je ne vous tenais pas au courant de mes plans.

- Ce n'était qu'une requête, pas une obligation, s'empresse d'ajouter le capitaine.

Procius ignore la remarque et poursuit.

- Je vais donc vous exposer mon plan en détail. Et comment, je vais faire, capitaine Yamato pour vous fournir, avec de la chance, le matériel dont vous avez besoin pour le bombardier Xanta.

- Vous êtes sérieux, s'exclament d'une même voix les capitaines.

- Bien évidemment, répond le prince stoïquement. Vous voulez vous installer pour prendre des notes ?

- Attendez, fait Knoch. Vous allez descendre sur la planète, attaquer Capico. Voler du matériel et revenir tout de suite ici ?

- C'est le plan, enfin si tout se passe bien.

- Et vos plans se déroulent toujours comme prévu ?

- Et que vient faire ce chariot, demande Yamato.

- J'y viens, messieurs. Si vous voulez bien me laisser le temps de vous exposer mon plan.

Les deux capitaines s'installent chacun dans un siège pour écouter le prince.

- Je vais réaliser mon attaque de nuit. Vous allez me demander pourquoi, tout simplement pour ne pas être repérable à l'œil nu, ce qui facilitera mon repli une fois que j'aurais dérobé trois conteneurs. Oui, j'ai bien dit trois. J'ai refait plusieurs fois les calculs et les simulations pour arriver à la certitude de pouvoir le faire sans risque. Si tout se passe comme je le prévois, je n'aurais que quelques poursuivants à me débarrasser avant de quitter l'atmosphère et c'est à ce moment que le contenu de ce chariot me sera utile. Je vais donc utiliser…

Le soleil se lève sur le ranch du bouleau blanc, le jeune Yoshi arrive tranquillement sur son vélo. Mizar boit son café sur la terrasse, ces yeux sont légèrement cernés. Banta arrive à son tour en s'étirant. L'adolescent arrête son vélo en bas de la petite colline ou se trouve la terrasse de la maison.

- On dirait qu'vous z'avez mal dormi, crie-t-il.

- On attend des nouvelles, répond simplement Banta.

- Des nouvelles ?

- Kohumé est partie accoucher, annonce Hikaru en surgissant avec un plateau chargé d'une cafetière fumante et de tartine. Tu veux prendre ton petit-déjeuner avec nous ?

- Non, m'ci m'dame. J'ai d'jà mangé avant de venir.

Yoshi remonte sur son vélo pour s'éloigner vers les granges.

- C'est long, fait Daisuké avec inquiétude. Pourvu que tout se passe bien.

Au même instant, la porte de la salle s'ouvre. Dai et Cochir se lèvent ensemble. Le docteur sort de la pièce en s'essuyant le front.

- Félicitation. C'est un beau bébé, annonce le vieux médecin.

- C'est un garçon ou une fille, demande Cochir.

- Un garçon. Vous pouvez aller voir la maman, mais pas plus de cinq minutes.

- Merci doc, fait le nouveau papa en s'engouffrant dans la pièce.

Daisuké s'approche doucement de Kohumé, celle-ci a les yeux clos, le bébé posé sur son ventre qui dort.

- Il est bien comme son père, lance doucement la femme. Long à se décider, mais une fois lancé, rien ne peut plus le stopper.

- Je ne sais pas comment je dois le prendre, répond Dai.

Le professeur Cochir entre à son tour dans la pièce. La jeune maman a ouvert les yeux pour regarder ses proches.

- Vous avez déjà choisi un prénom, demande Cochir.

- Pourquoi pas le prénom de mon grand-père, suggère Daisuké.

- Hors de question, proteste fermement Kohumé. Il ne se prénommera pas Rigel !

- Bon, si tu veux, mais j'ai pas d'autres idées.

Cochir éclate de rire sans le vouloir, ce qui réveille le bébé qui se met à pleurer.

Procius a fini d'exposer son plan aux deux capitaines. Il se trouve maintenant dans le hangar de la base lunaire, il est occupé à modifier trois missiles Bêta pour y installer les dispositifs occultant.

- J'ai fini la modification pour qu'ils se magnétisent, mais je n'ai pas terminé, fait-il en s'essuyant le front.

Le prince souffle un instant puis se remet à l'ouvrage.

- Je ne dois pas traîner, il ne va pas tarder à faire nuit sur Capico.

Le docteur Krema se tient sur une passerelle d'assemblage au sommet d'un Gat qui est juste achevé. De son bureau, le colonel Niiva regarde ce qui se passe. La sauterelle géante s'occupe d'installer le cerveau d'un pauvre pilote dans la machine.

- Il faut que mon projet soit achevé rapidement, ainsi je démontrerais que tout ceci est inutile, fait le colonel entre ses dents.

Krema fait un signe aux ingénieurs pour leur indiquer qu'il a fini son travail. La sauterelle géante descend de la passerelle, aussitôt, deux ingénieurs arrivent pour refermer le Gat.

Le commandant Vesta a quitté Chronaris depuis un moment, elle se rend dans ses quartiers, elle tombe à nouveau sur le général Zota au détour d'un couloir.

- Avez-vous fait votre rapport à notre maître, questionne-t-il.

- En effet, Chronaris est très satisfait du travail que j'ai accompli. Il m'apporte tout son soutien.

- Je n'en ai jamais douté.

Vesta éclate de rire à la surprise de Zota.

- Voyons, général, vous mentez très mal, déclare-t-elle.

- Je ne comprends pas, proteste-t-il.

- Soyons francs ! Je ne vous aime pas et vous ne m'aimez pas !

Le général se raidit instinctivement.

- Je ne vise pas votre poste, du moins pour l'instant. Un conseil, général ne me mettez pas des bâtons dans les roues ! Écartez-vous de mon chemin ou vous terminerez comme votre fils !

- Que voulez-vous dire ?

- Qui d'après vous a ordonné au Damoclès d'ouvrir le feu sur Goldorak ?

Zota ne dit rien, il tremble de rage.

- Qui a soufflé à l'oreille de notre Maitre de donner cet ordre, ajoute Vesta avec un rire démoniaque.

Le général ne comprend rien aux insinuations de la femme à la chevelure rose, car cette dernière ne se trouvait pas dans la salle de commandement quand cela s'est produit.

- Vous mentez, hurle Zota. C'est impossible !

- Oh qui si, affirme le commandant avec un sourire sadique.

Le général tente de se remémorer la scène en détail, il se rappelle que ce jour-là, Chronaris n'était accompagné que de sa panthère mécanique quand il est entré dans la pièce.

Chronaris observe les écrans en salle de commandement. L'un affiche la progression de Gat, alors qu'un autre montre Goldorak affrontant les navettes.

- Dans combien de temps le Gat arrivera-t-il sur place, demande-t-il.

- Dans moins de cinq minutes, répond le général.

- Pourvu qu'il reste assez de navettes.

Sur l'écran principal, Goldorak affronte des navettes alors que le Gat vient de partir vers la zone de combat. Les navettes sont toutes anéanties quand le Gat arrive sur place. L'affrontement s'engage entre les deux machines de combats. Goldorak fait face à un adversaire ressemblant à une sorte de chevalier en armure recouverte de lame sur les bras et le dos. Le faciès de la machine est vaguement humain, on dirait que le heaume a fondu directement sur le visage pour ne laisser apparaître que deux yeux rouges brillants et enfoncés. Une mâchoire puissante et très carrée.

Alors que dans la salle de commandement du palais tous ont les yeux fixés sur les moniteurs, Vesta entre dans la pièce subrepticement sans que personne en prête attention à elle. Comme une ombre, elle se glisse dans le dos de Chronaris, sa panthère mécanique ne réagit même pas à la présence de la femme.

Goldorak détruit son adversaire et quitte la zone.

Dans la salle de commandement du palais, c'est la stupeur. Chronaris a les poings serrés. Le général Zota regarde le moniteur avec stupeur.

- Que la flotte en orbite soit en alerte, ordonne l'homme au masque. Je ne veux pas qu'il s'échappe. Ordre de tirer à vue !

Vesta glisse alors quelque chose à l'oreille de l'homme masqué avec une voix hypnotique.

- Ordonnez au Damoclès d'utiliser son canon de proue, lance Chronaris.

Le général Zota se retourne effaré.

- Maitre ! Vous n'y pensez pas. Ce canon est capable d'anéantir une planète ! La flotte est trop proche !

- Je le sais, fait sèchement le tyran. Goldorak ne pourra pas y réchapper, déclare-t-il sans quitter l'écran des yeux.

Le temps passe, Goldorak se bat contre des navettes en orbite.

- Où se trouve Goldorak, demande Chronaris. A-t-il été intercepté ?

- Pas encore, répond un soldat. Il a pratiquement franchi le blocus.

- Incapable ! Il faut empêcher qu'il prenne la fuite, hurle l'homme au masque avec les yeux injectés de sang.

- Le Damoclès indique que Goldorak sera bientôt dans sa ligne de feu, annonce le soldat.

- Qu'il ouvre le feu dès que possible !

- Non, intervient le général Zota.

Pendant ce temps, le commandant Vesta se tient derrière le tyran et continue de lui chuchoter des choses avec sa voix hypnotique.

- Comment, fait sèchement Chronaris en lançant un regard meurtrier au général.

- Le vaisseau amiral est dans la trajectoire, explique Zota.

- Goldorak est dans le viseur du Damoclès.

Vesta se passe la langue sur ses lèvres avant de dire : Feu.

- Qu'il fasse feu, ordonne Chronaris sans écouter les objections du général.

- J'étais là, c'est moi qui ai suggéré l'utilisation du canon du Damoclès pour abattre Goldorak, déclare Vesta en riant. La destruction du vaisseau amiral et la mort de votre fils ne sont qu'un dégât collatéral.

Zota dégluti avec peine, il tremble.

- Vous voyez ce que je suis capable de faire général, ajoute-t-elle. Alors, ne restez pas sur ma route.

Le général voit rouge, il ne se contient plus, il bondit sur la femme pour l'étrangler, mais ses doigts ne rencontrent que le vide. Zota tombe à genoux sur le sol. Vesta a disparu comme un fantôme seul son rire démoniaque résonne dans le couloir.

- Ainsi donc, Chronaris a été manipulé par cette infâme créature, crache le général avec des larmes aux yeux. Il est donc responsable indirectement de la mort de mon fils et de mon ami ! Comment un être comme lui a-t-il pu se faire berner ? Quel est donc le pouvoir de cette femme !?

Procius referme un missile Bêta.

- Voilà qui est fait, lâche-t-il en s'essuyant le front avec le revers de sa manche.

En faisant ce geste, il étale sur son front une trace sombre de saleté. Puis le prince regarde sa montre.

- La nuit ne va pas tarder à tomber. J'ai juste le temps de charger les missiles avant une douche rapide.

Il tourne la tête vers Goldorak.

- Ça te dit une petite sortie nocturne ?

Le général Zota se trouve dans ses quartiers, il tremble de tous ses membres pendant qu'il marche en rond dans la pièce.

- Il faut que je me débarrasse de cette Vesta ! Quelle influence a-t-elle réellement sur Chronaris ?

Zota se dirige vers son bureau, une bouteille et un verre sont posés dessus. Il se verse un verre puis le porte à sa bouche, mais quand le bord touche ses lèvres son geste s'arrête.

- Non ! Il faut que je garde l'esprit lucide, dit-il en posant le verre.

Sur le bureau, un cadre électronique projette une image en trois dimensions de son, fils. Le général regarde la projection.

- Je jure que tu seras vengé ainsi que Logs. Je trouverais le moyen de tuer cette femme. Puis je m'occuperais de Chronaris.

Zota sort la dague qu'il dissimule dans sa tenue. Avec la lame il s'ouvre la paume de sa main gauche, il referme la main et la place au dessus du cadre, l'image de son fils se brouille quand les gouttes de sang tombent sur le projecteur.

Procius est dans le cockpit de la soucoupe porteuse, il effectue les dernières vérifications avant le décollage.

- Nous sommes prêts, déclare-t-il.

Il serre ses mains sur les commandes.

- Goldorak ! Go !

Le robot géant s'élance dans le couloir conduisant à al surface lunaire.

Le lieutenant Nieris entre dans le préfabriqué de commandement.

- Heureusement, que le démontage est bientôt terminé, soupir-t-il en essuyant des gouttes de sueur avec sa main.

- Oui, confirme un sergent. Nous avons tous hâte de retourner dans notre casernement.

Soudain, l'alerte résonne.

- Que se passe-t-il, questionne Nieris.

Le soldat qui surveille le radar de campagne se retourne.

- Une soucoupe inconnue en approche, annonce-t-il.

- Une soucoupe, s'étonne le sergent.

- C'est Goldorak, annonce une voix dans la radio. Goldorak en approche !

- Encore, s'exclame le lieutenant.

- Demandez des renforts, ordonne le sergent.

Goldorak vole à basse altitude, mais Procius se doute qu'il a dû être repéré maintenant, sois par les radars ou les soldats posté sur le périmètre de l'installation.

Alors que la soucoupe approche de la zone de démontage, les projecteurs qui illuminent au loin la carcasse du vaisseau montre qu'il ne reste plus que la carcasse métallique qui n'est pas encore finie de désassembler.

- Goldroak, le moment est venu de faire nos courses, fait le prince.

La soucoupe vire vers la zone où sont entreposés les conteneurs.

L'agitation règne dans les bases les plus proches, les pilotes se précipitent vers leur navette pour un décollage d'urgence.

Le général Zota reçoit un appel dans ses quartiers.

- Goldorak vient d'être signalé au-dessus de la zone de démontage, lui annonce la voix d'un soldat.

- Comment !? Je viens aussi vite que possible.

Le général ferme la communication.

- Pourquoi attaque-t-il à nouveau cet endroit ?

Goldorak s'approche de la zone de stockage, mais le prince remarque sur le radar une escadre en approche.

- Une escadre en patrouille se détourne pour venir nous défendre, annonce un soldat dans le poste de commandement préfabriqué.

Le lieutenant Nieris pousse un soupir de soulagement.

- On dirait bien que les courses vont être plus compliquées que prévu, remarque le prince en faisant virer Goldorak.

Les navettes ouvrent les hostilités. Les tirs manquent la soucoupe porteuse.

- C'est à mon tour. Mégavolts !

Les quatre rayons partent de la soucoupe pour frapper deux navettes de têtes, les autres se séparent.

- Planitrons !

Les deux disques sont projetés, ils découpent une navette se trouvant sur leur trajectoire. Pendant ce temps, un groupe de cinq navettes prend à revers Goldorak. Elles ouvrent le feu, mais Procius les a vue sur soin radar, il effectue un looping pour se retrouver dans leurs dos.

- Pulvonium !

Les bras du robot se décollent de la soucoupe, les rayons mauves font exploser ses adversaires. Procius cherche le reste de l'escadrille sur son radar. Une navette plonge dans sa direction. Goldorak se cabre.

- Cornofulgure !

Le rayon en forme d'éclair frappe de plein fouet la navette audacieuse.

- Voilà. Il n'y a plus d'adversaire.

La soucoupe se tourne vers la zone d'entreposage, des tirs de canon antiaérien se manifestent. Le prince semble ne pas s'en soucier.

- Ces conteneurs sont parés pour le chargement, je n'ai qu'à prendre au hasard.

Goldorak plonge vers les conteneurs.

- Missiles Bêta !

Le lieutenant Nieris observe Godlorak avec des jumelles.

- Il ne va pas détruire notre stock quand même !

Les trois missiles se collent sur des conteneurs puis la soucoupe ralentie pour venir à leurs verticales. Goldorak en prend un sous chaque bras et le troisième dans le rayon tracteur de la soucoupe.

Le général Zota arrive dans la salle de commandement du palais.

- Quelle est la situation ?

Devant le poste de commandement préfabriqué, Nieris observe le stockage avec les jumelles.

- Mais ! Il nous vole des conteneurs, s'exclame le lieutenant.

- Mon vieux Goldorak, nous avons nos courses, c'est le moment de déguerpir !

La soucoupe s'élève, mais pas aussi facilement qu'à l'accoutumée.

- Pourvu que je n'aie rien oublié dans mes calculs, grimace Procius.

Goldorak prend lentement de l'altitude, Procius remarque sur le radar que des escadres arrivent de plusieurs directions.

- Allez Goldorak. Ce n'est pas le moment de s'éterniser ici !

Les tirs de canons reprennent. Un tir explose non loin de lui, cela fait trembler la soucoupe. Finalement, Goldorak prend de la vitesse ainsi que de la hauteur.

Le prince augmente la puissance des propulseurs pour quitter le plus rapidement possible la planète avant de se retrouver avec des poursuivants.

Zota attend en tapant du pied le rapport sur l'attaque.

- Le lieutenant Nieris nous informe que Goldorak a dérobé des conteneurs, annonce un soldat.

- Tous ces risques pour des conteneurs, s'étonne le général.

- Goldorak a quitté la zone, tout indique qu'il va gagner l'espace.

- Que les navettes en orbite soient parées à l'attaquer.

La soucoupe porteuse arrive à la limite du vide intersidéral.

- C'est le moment, fait le prince.

Il actionne une commande, alors les conteneurs disparaissent. Au loin, des points lumineux parmi les étoiles indiquent la position des vaisseaux formant le blocus.

- Pourvu que tout se passe bien.

La soucoupe s'immobilise dans le vide spatial. Les bras lâchent leur charge invisible tout comme le rayon tracteur.

- Heureusement, que je peux repérer les conteneurs sur mes radars, sinon je serais incapable de les trouver.

Les bras du Goldorak semblent saisir un gros objet invisible avant de le lancer. Il répète ce geste encore deux fois.

- Maintenant, il nous faut rejoindre la base lunaire mon vieux !

Procius remet en marche la soucoupe, mais avant cela, il regarde son radar sur lequel apparaissent les conteneurs.

- Ils sont bien en orbite, constate-t-il.

Goldorak se dirige la ligne du blocus quand son pilote remarque d'étranges points, il regarde ses instruments.

- Le comité d'accueil est en approche. Il faut que je m'éloigne pour qu'il ne découvre pas les conteneurs.

Les propulseurs s'illuminent pour projeter la soucoupe loin de la zone.

Zota reste silencieux dans la salle de commandement du palais.

- Goldorak est repéré, annonce un soldat. Des escadres se préparent à l'intercepter avant qu'il atteigne le blocus.

- Avons-nous un Gat à disposition, questionne le général.

- Affirmatif.

- Procéder au lancement !

Procius voit les navettes s'approcher de lui, quelque chose l'interpelle, mais il n'arrive pas à trouver quoi. Des traits de lumière déchirent l'espace, les navettes ont ouvert le feu, Goldorak les esquive.

- Mégavolts !

Les rayons quittent la soucoupe porteuse, mais les navettes manoeuvrent si rapidement qu'aucune n'est touchée.

- Tiens, s'étonne Procius. Il y aurait de bons pilotes dans cette flotte ?

Une partie des navettes s'écartent de façon à le prendre à revers. Le reste fonce droit sur lui.

- Pulvonium !

Les rayons partant des poings ne sont pas aussi efficaces que d'habitude, car le Goldorak ne détruit qu'une seule navette alors que les autres ont esquivé.

- Il y a réellement quelque chose de différent, constate Procius.

Une navette passe à côté de la soucoupe, c'est alors que le prince comprend ce qui cloche.

- C'est un nouveau modèle !

En effet, les navettes qu'il affronte ont une forme de requin, l'armement se trouve à l'emplacement de la gueule.

- Mais d'où sortent-elles ? Chronaris les aurait-il fait construire avec les matériaux du vaisseau ?

Procius ne peut pas s'interroger plus, car ses adversaires reviennent à l'assaut.

- Spider-spin !

Les Planitrons se mettent à tourner comme des scies circulaires sur leurs supports. Goldorak tranche deux navettes requin.

- Elles sont peut-être plus manoeuvrables, mais pas plus solides !

Deux navettes foncent droit sur la soucoupe.

- Clavicogyres !

Les deux lames courbes quittent les épaules de Goldorak pour fendre les navettes qui l'attaquaient. Mais malgré tout ses efforts, Goldorak se retrouve encercler par les navettes requins.

Dans la salle de commandement du palais, le général Zota ne quitte pas des yeux le moniteur central.

- « Il est cerné, constate-t-il. Ce n'est pas la première fois, il va bien trouver un moyen de s'en sortir encore ! »

- Décidément, sourit le prince sous son casque.

Il écarte ses doigts sur les commandes de pilotage une seconde avant de les serrer de nouveau.

- Spirogyre !

La soucoupe se met à tournoyer comme une toupie.

- Pulvonium ! Cornofulgure !

Rapidement, le cercle de navette explose sous l'impact des rayons.

- « Il fallait s'en douter, soupire intérieurement Zota. »

- Finis de jouer, lance le prince. Il est temps de rentrer à la base.

Il jette un regard au radar indiquant la position des conteneurs. Ils sont bien où ils doivent se trouver, mais un autre radar lui signale une masse imposante se dirige rapidement vers lui provenant de la planète

- Allons bon. Il ne manquait plus que cela !

Procius scrute l'espace, mais il ne voit rien même si son radar indique la présence d'un objet.

- Un défaut, se demande-t-il.

Mais un missile explose sur le bouclier.

- Quel imbécile je suis ! Un œuf sombre !

Effectivement, Procius n'a pas pu voir l'enveloppe du Gat qui approchait à cause de sa couleur. Une lueur envahit son champ de vision quand l'œuf se brise pour libérer la machine de combat. Quand la luminosité décroît, il se trouve face à une machine ayant la forme d'un loup avec des ailes de chauve-souris.

- Goldorak, je crois que nous serons en retard à la maison.

En un battement d'ailes, le loup est sur le robot géant, il agit comme s'il allait lui mordre la gorge. Pendant ce temps, les pattes du Gat s'agrippent à la soucoupe par le dessous.

- Je dois réussir à m'en débarrasser ! Bodyrepulsor !

La soucoupe s'entoure d'un rayon multicolore identique au Rétrolaser. Son adversaire arrive à maintenir son emprise, mais avec grande difficulté.

- Maxi Bodyrepulsor !

L'intensité du rayon augmente, mais le loup ne lâche pas sa proie.

- Allons, allons ! Je dois trouver comment me dégager !

Le colonel Niiva entre dans la salle de commandement, le général se retourne en entendant la porte.

- Que faites-vous ici, demande Zota.

- J'ai été averti qu'un Gat avait décollé, répond Niiva. Je viens donc voir la raison.

- Il semblerait que Goldorak nous a dérobé des conteneurs qui devaient partir pour les vaisseaux usine.

- Lui aussi aurait-il besoin de matériaux, remarque le colonel.

- Je l'ignore.

Niiva regarde le moniteur central.

- Et où sont ces conteneurs, demande-t-il.

Zota tourne la tête pour regarder l'écran.

- Bon sang ! Vous avez raison ! Nous avons la confirmation qu'il a emporté plusieurs conteneurs, mais depuis que Goldorak a été vu dans l'espace aucune cargaison n'était avec lui !

- Vous pensez qu'il les a cachés sur la planète ?

- Impossibles, nous l'avons suivi sur les radars depuis la zone de démontage, il n'a fait que gagner l'espace.

- Voici là un bien beau mystère !

- Nous verrons pour le résoudre plus tard, une fois le combat achevé, rétorque Zota.

- Vous avez raison. Voyons donc l'issu de cet affrontement. Comment Goldorak va vaincre cette machine.

La remarque étonne grandement le général.

- Vous n'avez plus confiance en vos Gats, demande-t-il. Vous me semblez défaitiste.

- C'est juste que son nombre de victoires est bien plus important que le nôtre.

Intérieurement, le colonel Niiva souhaite que Godlorak soit victorieux, ainsi cela montrera que les Gats cybernétisés du docteur Krema et de Vesta ne sont pas supérieurs aux Gats pilotés.

Procius lève le bras pour saisir la manette qui se trouve au-dessus de sa tête.

- Transfère !

Le siège de pilotage recule pour s'enfoncer dans les entrailles mécaniques du robot, il ressurgit dans la tête de la machine. Le rayon multicolore entoure toujours la soucoupe porteuse.

- Autolargue !

La tête du robot vient cogner la gueule du loup, mais rien ne se passe.

- Autolargue !

Un nouveau choc, les pattes du loup glissent sensiblement.

- Autolargue !

Le loup lâche prise sous le choc et tourbillonne dans le vide de l'espace pendant que le robot géant est éjecté.

Dans la salle de commandement, le colonel Niiva esquisse un sourire en coin discret.

Après quelques coups d'aile, le loup arrive à se stabiliser, il ouvre sa mâchoire comme pour pousser un hurlement, mais aucun son ne se propage dans le vide.

- Je ne pas combattre avec la soucoupe où je risque de me faire agripper de nouveau.

Procius réfléchit rapidement.

- Aimant-griffe !

La soucoupe porteuse arrive sous les pieds du robot qui se magnétisent pour se coller à elle.

Le Gat en profite pour bondir dans la direction du prince.

- Fulguropoings !

Les deux poings partent, mais avec de puissants coups d'aile son adversaire parvient à les détourner de leurs cibles. Ils regagnent alors, les bras du robot géant.

Les yeux du loup se mettent à rougeoyer, deux rayons en sortent, Procius fait pivoter la soucoupe pour les éviter. Entre temps, le loup a replié ses ailes et fonce sur son ennemi en tournant sur lui-même comme une balle de pistolet.

- Cornofulgure !

L'éclair jaune frappe le Gat ce qui ne fait que ralentir légèrement sa vitesse. Goldorak lève les mains comme pour intercepter un ballon. Il bloque le Gat, sous le choc la soucoupe porteuse recule obligeant Procius à mettre en action les propulseurs afin de ne pas dériver dans l'espace. La rotation du Gat se ralentit, Goldorak plie ses bras afin de le repousser, mais il n'est pas assez rapide, le loup déploie ses ailes qui viennent s'enrouler autour du robot géant.

- Je n'ai pas été assez rapide, grince le prince.

Goldorak se débat, il essaie de se libérer en bougeant ses membres, les ailes de chauve-souris se déforment, mais ne cède pas. Procius voit en face de lui la gueule du loup s'entrouvrir, une lumière jaune commence à envahir la cavité.

- Ça ne sent pas bon ! Sans mauvais jeux de mots, lance Procius arrivant à plaisanter dans cette situation.

Le commandant Vesta arrive dans la salle de commandement, ses cheveux sont légèrement en désordre, indiquant qu'elle s'est levée rapidement, mais sa tenue militaire est impeccable.

- Je vois que notre Gat cybernétisé a l'avantage, déclare la femme.

Zota se retourne.

- Je ne m'attendais pas à vous voir ici, remarque le général.

- En effet, j'ai été avertie qu'il y a très peu de temps qu'un combat se déroulait, répond-elle avec un mauvais sourire.

- « Mince, pense le général. Elle doit avoir des personnes qui travaillent pour elle dans la place ! »

- J'ai l'impression que Goldorak va réussir à se dégager, fait Niiva.

Tous les regards tendent vers le moniteur central.

- Voyons, colonel, proteste Vesta. Vous semblez douter de notre technologie.

- Clavicogyre !

Les deux lames courbes quittent les épaules de Goldorak, elles montent droit dans l'espace en tournoyant comme des boomerangs puis elles retombent rapidement, elles tranchent les ailes du loup à leurs bases.

- Rétrolaser !

Le Gat est pris de cour, il est envoyé au loin.

- Bon voyage, lance Procius.

Mais des flancs de la créature surgissent des réacteurs, le loup se stabilise rapidement.

- Mince ! Je pensais qu'il n'avait que ses ailes pour voler !

- Voyez, colonel, jubile Vesta. Nous avons pensé à tout !

- Certes, admet Niiva. Mais ce pilote trouve toujours un moyen de contrecarrer nos plus brillantes machines. Vous devriez le savoir ?

- Que voulez-vous dire, demande la femme avec suspicion.

- N'avez-vous pas déjà combattu Goldorak sur Terre avant de servir notre maître ?

- C'est exact, mais je ne saisis pas.

- Qui a remporté la victoire, demande Zota.

- Oui, je comprends. J'en conviens, Goldorak a vaincu les forces de Véga.

Les réacteurs du loup le propulsent vers Goldorak, celui-ci esquive les griffes des pattes avant de justesse en s'écartant. Le Gat se retourne pour un nouvel assaut.

- Astérohache !

La double hallebarde se forme, d'un geste rapide Procius tranche l'une des pattes avant du loup, mais ce dernier arrive à saisir dans sa gueule l'arme.

Le Gat se retourne, les deux adversaires s'observent. Le loup crache l'Astérohache, ses réacteurs donnent une nouvelle impulsion.

- Moi aussi, fais Procius.

Les propulseurs de la soucoupe porteuse se mettent en marche. Les deux combattants se dirigent l'un vers l'autre rapidement.

- Excalium !

De la main droite de Goldorak sort une lame énergétique. En un éclair, la lame s'engouffre dans la gueule béante du loup pour y disparaître. Le Gat commence à se déformer comme si des cloques se formaient sur le loup.

La soucoupe porteuse se recule rapidement, la lame d'énergie apparaît. Goldorak est toujours debout sur la soucoupe qui s'éloigne quand son adversaire explose.

Sur le moniteur central de la salle de commandement du palais, le Gat explose.

- Nous avons encore échoué, commente simplement Zota.

- La prochaine fois, nous l'aurons, affirme Vesta.

- Quelles prochaines fois, ajoute Niiva.

- Qu'insinuez-vous, fait la femme.

- Rien, juste que nous disons cela à chaque fois, et notre victoire ne cesse de reculer.

- Envoyez les navettes en orbite, ordonne le général.

- Cabré !

Godlorak bondit de la soucoupe.

- Retournement !

Le robot géant fait un looping.

- Récupération.

L'arrière de la soucoupe porteuse s'ouvre pour que le robot s'y engouffre.

- Ovostable !

Les bras du robot viennent se coller à la soucoupe pendant que l'arrière se referme.

- Maintenant, retour à la base !

Sur le radar des navettes sont en approche rapidement.

- Mégamach ! Missiles Fantômes !

Goldorak passe en super vitesse en lançant ses missiles leurres pour tromper les radars.

Quelques minutes plus tard, Goldorak s'immobilise dans le hangar de la base lunaire. Procius saute du poste de pilotage de la soucoupe. Au sol l'attendent les deux capitaines.

- Alors, questionne Knoch.

- J'adore quand un plan se déroule sans accrocs, lance le prince en souriant.

- Ce qui veut dire ? Vous avez les conteneurs, interroge Yamato.

- Il ne me reste plus qu'à aller, annonce le prince. Mais avant tout, je grignoterais bien un truc, le temps que les navettes de Chronaris cessent de chercher Goldorak.

Vesta retire avec énervement sa tenue militaire puis la jette sur son lit, elle se dirige ensuite vers sa salle de bain. La jeune femme observe son reflet dans la glace.

- Maudit prince d'Euphor ! Tu m'as une nouvelle fois humiliée. Je jure de ne pas faire comme sur Terre ! Cette fois, je remporterais la victoire pour mon maître !

Procius entre dans la salle de commandement de la lune. Il est en combinaison de vol, mais il tient son casque dans les mains.

- Quand est-il des navettes en patrouilles ?

Yamato se retourne vers lui.

- Les dernières observations indiquent qu'elles ont fini de chercher Goldorak. Les patrouilles ont repris normalement.

- Parfait. Il ne me reste plus qu'à récupérer les conteneurs avec la navette miroir.

Procius met son casque avant de quitter la pièce.

Le général Zota est toujours dans la salle de commandement du palais, il étudie le rapport de l'attaque que lui a envoyé le lieutenant Nieris depuis Capico.

- Il y a bien trois conteneurs de manquants, marmonne le général. Mais Goldorak ne les avait pas avec lui dans l'espace, où a-t-il bien pu les cacher ?

Six heures se sont écoulées depuis que Goldorak a vaincu le Gat en forme de loup ailé. Procius est aux commandes de la navette miroir, il remorque le troisième et dernier conteneur dérobé à Capico. Il arrive sur la face cachée de la Lune, alors il coupe les dispositifs d'occultations, la navette ainsi que son chargement apparaît.

- Et voilà le dernier voyage. Je ne suis pas mécontent, lance le prince.

La navette se présente devant les portes de l'entrée en surface.

Pendant ce temps sur Terre, dans l'infirmerie du centre de recherche spatial, la toute fraîchement maman, Kohumé, donne le biberon au nouveau né.

Fin

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