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Notre relation continua, pendant un mois, nous nous rencontrâmes une à deux fois pas semaines. Je faisais abstraction de sa situation, et lui de la mienne. Nous ne discutions toujours que très peu. Un jour, en lui enlevant sa veste, j'eus la surprise de voir tomber au sol une photo de sa famille. Je me baissais pour la ramasser et me retrouvais en culotte face aux trois visages souriants de sa femme et de ses deux enfants. Je faisais tomber la photo dans une réaction de rejet brutal. Ron semblait figé. Puis il s'assit sur le lit et attrapa doucement le cliché en se penchant. Mon regard exprimait la stupeur, je tremblais de tout mon corps.
Il se leva pour me prendre la main, mais je me contentais de m'habiller et de claquer la porte derrière mois. Je fuyais la situation, comme une biche affolée. Il me semblait que je n'étais pas à ma place. De retour chez moi, je m'écroulais dans le canapé, perturbée. C'est alors que je pris une décision, celle de cesser de subir ma vie. Je me dirigeais dans le placard de la chambre pour en sortir une boite pleine de lettres et de photos. Il s'agissait de mes souvenirs de Ron et de mon été au Terrier. Je m'assis tranquillement dans le salon devant l'âtre où un feu brulait, faisant tendrement craquer le bois. Je pris la première photo dans les mains et la jetais dans le feu. Mes yeux étaient fixés sur les flammes qui dansaient, consumant mes souvenirs.
J'étais toujours dans le salon, occupée à regarder bruler les lettres et les photos de mon amant dans la cheminée lorsque quelqu'un sonna. Avec surprise, je vis Hermione sur le pas de ma porte. Elle regarda tout autour d'elle en me suivant dans le salon. Et quand je revins avec du thé, je la retrouvais avec la photo de moi et Drago dans les mains. Je posais le plateau sur la table basse, elle releva le regard vers moi et sembla comprendre mon trouble.
- « Fleur m'a dit que ton mari avait disparu. » Commença-t-elle.
Je la regardais avec des yeux ronds, heurtée par la brutalité de sa franchise. Elle me demanda depuis combien de temps cela durait.
- « Il est parti, il y a presque trois mois. Il a pris toutes ses affaires.
- Mais pas les photos apparemment. » Souligna-t-elle en reposant la photo face à moi.
Je ne répondis rien et fis un geste bref pour déplacer la photo face contre la table basse. Le couple amoureux disparu, je me sentais respirer à nouveau. Je percevais toute sa désapprobation dans son attitude, son ton, et ses mimiques. Mais elle semblait être venue pour autre chose.
- « Lors de notre mission avec Harry et Ron, nous avons eu l'aide de ton mari. » Elle continue malgré mon air interloqué. « Alors aujourd'hui, c'est moi qui vais t'aider. Parce que j'ai compris que nous avions été injustes moi et Ginny. Nous avons eu tort de te dissuader de te marier avec lui. En réalité, je comprends maintenant que vous deviez former un beau couple. »
J'étais surprise de sa tirade. Je n'aurais jamais pensé qu'elle revienne sur la décision qu'elle avait prise dans ce bar quand nous nous vîmes comme des amies pour la dernière fois. Je me sentais complètement désarçonnée. Elle me demanda quelles nouvelles j'avais eu de lui. Je lui parlais vaguement de notre rencontre dans le Canterbury.
- « Tu es sa femme, tu as forcément accès à son compte en banque, à ses papiers, ce genre de choses. Tu y trouveras peut-être une piste.
- Pourquoi chercher à le retrouver s'il ne le souhaite pas de toute façon ? »
Elle leva les yeux au ciel et souffla longuement. A l'évidence, mon manque de motivation l'agaçait. Mais je dois dire que j'avais du mal à accepter son intervention. Elle me semblait peu disposée à comprendre ma situation. Pourtant, sur ces conseils, je me rendis à la banque pour connaitre les dernières transactions effectuées. Puis chez le notaire pour savoir si mon appartement était le seul bien que notre couple possédait. Je fus surprise d'apprendre que j'étais propriétaire d'une maison. Après avoir obtenu son adresse, je décidais de m'y rendre. L'intervention d'Hermione n'avait pas été vaine en fin de compte. Qui sait, peut-être que Drago vivait dans cette maison. Je trouvais même des clefs du lieu dans le bureau de Drago. J'y découvris en même temps une lettre à mon attention :
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Adélaïde, ma très chère femme,
Je t'ai aimé dès que mon regard s'est porté sur toi. Je t'aimerai toujours…
Tout ce que j'ai fait, était seulement pour toi. Mais maintenant tout a changé. Comment expliquer… L'emprisonnement de mon père. La destruction totale de ma vie telle qu'elle était jusqu'à cet instant. Je ne peux plus vivre cette vie. Je DOIS partir. J'espère qu'un jour tu comprendras. Qu'un jour on se retrouvera.
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La lettre s'arrêtait là. Seulement désormais, j'avais les clefs de notre maison. J'avais l'impression qu'un changement s'annonçait. J'étais pleine d'énergie. Cette fois, le passé était bel et bien derrière moi.
Ce n'est pas sans appréhension que je me rendis à Saint Bees. La maison bordait la petite ville, je voyais les champs au loin. Je me dirigeais vers la porte avec appréhension. En mettant la clef dans la porte, j'avais peur qu'elle ne fonctionne pas. Mais le verrou n'eut aucun mal à s'ouvrir. Je tournais la poignée et accédais à l'entrée. Il y avait un salon à droite, un escalier qui montait à gauche et au fond, une cuisine donnant sur un jardin entouré d'un mur en pierre. Le palier du premier étage distribuait trois pièces, deux chambres et une salle de bain. Plus haut, les combles étaient aménagés et possédaient deux ouvertures, l'une sur le jardin et la campagne environnante, l'autre sur la ville. J'ouvrais tous les placards, armoires et tiroirs dans l'espoir de trouver des indices. Il n'y avait que des serviettes et du linge de maison. Dans le salon, je remarquais une ouverture qui donnait sur deux pièces en enfilade, avec une seconde entrée donnant sur la rue perpendiculaire.
Je passais l'après-midi à visiter le village et les environs. Je me rendais au bord de mer et appréciais le vent glacé qui agitait mes cheveux. Je pris alors la décision de m'installer dans cette maison et mettre en vente l'appartement londonien dans lequel je ne voulais plus vivre.
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