Hello mes p'tits chous ! Désolée pour l'attente, me revoilà enfin avec le prochain chapitre. J'espère que vous avez toutes et tous passés de bonnes fêtes de fin d'année. Je vous souhaite une très belle année, et je vous remercie de toujours me suivre. Bonne lecture !
Chapitre 25 – Déménagement
Sirius Black se trouvait dans la bibliothèque de la maison dont il avait hérité, étant le seul Black encore vivant au moment où ses parents étaient décédés. Laureen avait changé la donne, et logiquement c'était à elle qu'appartenait cette maison puisqu'elle était maintenant majeure et qu'il était toujours considéré comme hors-la-loi.
Marcher dans cette pièce lui procura un étrange sentiment de nostalgie mêlée à de l'amertume. Il avait souvent trouvé refuge dans le confort de cette pièce durant son enfance, et peu de gens savaient qu'avant de mettre les pieds à Poudlard, il avait passé le plus clair de son temps le nez dans les livres, et avait déjà des connaissances très avancées dans beaucoup de matières. C'est de là que lui venait son aisance en classe, et pourquoi il se permettait de ne presque pas travailler, du moins en apparence, à l'école.
Il promena ses doigts sur les tranches poussiéreuses des épais volumes de cuir qui lui avaient tenu compagnie dans sa tendre jeunesse, jusqu'à ce que ses sens canins l'informent de la présence de sa fille à l'entrée de la pièce. Il se tourna vers elle avec un sourire bienveillant.
-Tu as vraiment tout entendu ? grommela-t-elle en s'obstinant à détailler le plancher.
Son père éclata de rire avant de lui répondre.
-Je l'ai entendu déballer l'entièreté du pourquoi du comment il en était arrivé là, et toute sa déclaration d'amour, confirma Sirius.
Laureen s'apprêtait à répondre mais il leva la main dans un geste apaisant.
-C'était beau, ce qu'il a dit. Ça m'a rappelé l'époque lointaine où j'avais fait presque la même déclaration à ta mère, juste avant la fin de notre septième année… Je l'ai suppliée de venir avec moi. Tu te doutes déjà que sa réponse avait été négative et j'en avais souffert. Enfin, tu sais ce qu'il s'est passé et tu as autre chose à faire que d'écouter un vieillard nostalgique.
-Tu n'es pas si vieux, sourit Laureen tendrement.
Il sourit en retour, et s'assit sur un canapé de cuir moelleux, lui faisant signe de le rejoindre.
-Tu n'es pas fâché contre Charlie ? s'assura-t-elle.
-Si, et je le serai toujours, parce qu'il t'a fait du mal. Mais si tu veux flirter avec lui, ce n'est certainement pas moi qui vais t'en empêcher.
-Mais…
-Non, écoute-moi. D'abord, je n'ai pas de leçons à donner dans le domaine du flirt, car même si j'aimais éperdument ta mère, j'étais tout de même le tombeur de Poudlard. Deuxièmement, et même si ça me donne des boutons de l'admettre, toi et Charlie êtes amoureux et faits l'un pour l'autre, même un aveugle s'en apercevrait. Tout comme ta mère et moi étions faits l'un pour l'autre, preuve en est la magnifique jeune femme qui est assise à côté de moi aujourd'hui. Brianna et moi avons été séparés par plusieurs choses, mais que je reçoive le baiser du détraqueur si je suis une des raisons qui pourraient te séparer de Charlie !
Laureen se blottit dans les bras de son père avec un large sourire.
-Et j'ai confiance en Molly et Arthur pour avoir bien éduqué leurs enfants, je pense que Charlie est un bon garçon. Enfin, je jugerai au fil du temps je suppose. Il t'a invitée à dîner ? Ou tu l'as invité à dîner ? Je n'ai pas bien saisi qui invitait qui.
-Je lui ai finement suggéré de m'inviter, rit Laureen. J'attends donc une invitation.
-Très bien. Et quand… enfin et si… enfin si tu dois… tu sais que tu as… des sorts… ou des potions…
-Papa, arrête ! s'horrifia Laureen. On a déjà eu cette discussion avant le bal et je ne tiens vraiment pas à en parler avec toi, pas maintenant.
Elle sauta hors du canapé, et fut presque soulagée de voir que son père semblait aussi embarrassé qu'elle.
-Je... commença-t-elle. Petit-déjeuner ! Il n'y a rien pour le petit-déjeuner. Je regardais dans les placards quand… bref.
-Je me charge de trouver à manger, annonça Sirius. Il va falloir remettre cette maison en état, alors prends ta baguette et commence par la pièce de ton choix. S'il y a un monstre quelque part, referme la porte et fais un signe dessus, je demanderai à Fol-Œil de s'en occuper.
Laureen hocha la tête et sa baguette en main, se planta au bas des escaliers. Elle regarda autour d'elle, et commença par lancer un sort de Recurvit sur le côté intérieur de la porte d'entrée. Elle répéta l'opération sur chaque objet et endroit du hall d'entrée, jusqu'à ce qu'il ne reste que le portrait de la vieille Walburga, dont les rideaux étaient fermés, de sale et sombre.
Un peu essoufflée, Laureen se laissa tomber sur les premières marches de l'escalier avant de reprendre son travail. Le bruit mat de sa chute contrôlée suffit à réveiller le portrait de l'entrée, et les rideaux s'ouvrirent d'un coup sec.
-TRAÎTRES A VOTRE SANG ! INGRATS ! QUI ES-TU, TOI QUI OSES SOUILLER L'HONORABLE DEMEURE DE LA NOBLE FAMILLE DES BLACK ?!
Laureen sursauta et répondit machinalement à la femme austère qui la dévisageait.
-Laureen O'Neil.
-LA BÂTARDE TRAÎTRESSE A SON SANG ! LE REJETON DE MON INFÂME FILS AÎNÉ ! LA DISGRÂCE INCARNÉE !
-Tais-toi, vieille bourrique ! ordonna une voix bourrue.
Un homme de stature un peu moins impressionnante que son père, portant une veste verte un peu rapiécée, referma les rideaux d'un coup et noua les cordons d'un geste expert. Il se retourna avec l'air un peu attristé.
-Oncle Remus ! s'exclama Laureen en lui sautant au cou.
Elle était devenue très proche de l'homme après l'incident à Poudlard. C'était avec lui qu'elle arrivait à parler de ce qui était arrivé à Cédric Diggory. Il avait eu le jeune homme en cours et le trouvait brillant.
-Bonjour Laureen. Comment vas-tu ? sourit ce dernier en la tenant à longueur de bras.
-Très bien. Je dois encore m'habituer à cette maison, mais ça va. Et toi ?
-Ça va. N'écoute pas cette vieille pie, ajouta-t-il en désignant le tableau. Elle est complètement sénile et dérangée.
-Je me fiche de ce que peut dire un tableau, cracha Laureen avant de disparaître à grands pas dans la cuisine.
Remus haussa un sourcil dubitatif mais ne dit rien. Il la suivit dans la cuisine, la regardant s'attabler devant le petit-déjeuner qu'il avait apporté.
-C'est fou ce que tu me rappelles ta mère, souffla-t-il. Tu lui ressembles tellement, surtout avec le pull de Quidditch de ton père.
Laureen hocha la tête alors qu'elle saisissait un biscuit sec et mordait dedans énergiquement.
-Pourquoi tu portes un vieux pantalon de Sirius ? s'étonna Remus en s'asseyant en face d'elle.
-Pour que je sois certain qu'elle porte une tenue décente quand un garçon lui tourne autour… grogna Sirius en arrivant. Tiens, j'ai trouvé le livre que tu cherchais.
Il tendit un épais volume relié de cuir à son meilleur ami.
-Le garçon de Durmstrang ? demanda Remus avec un sourire en coin.
-Non, Erik est rentré en Suède, répondit mécaniquement Laureen.
-Et tu as déjà un autre prétendant ? rit Remus. On dirait ton père dans ses premières années d'école, une fille différente à son bras chaque mois.
-Je peux aller chez toi pour prendre mes affaires ? demanda brusquement Laureen.
-Allons-y, acquiesça Remus sans cacher son trouble face à la mauvaise humeur de sa filleule.
Dans une autre maison, quelque part dans la campagne anglaise et non-loin du village moldu de Loutry Ste Chaspoule, Bill Weasley venait de se réveiller. Après avoir écrit une longue lettre à une certaine sorcière française tard dans la nuit, il récupérait un peu de sommeil bien mérité. Il fut réveillé par des pas dans sa chambre. Il grogna et plissa des yeux.
-Charlie ? demanda-t-il d'une voix encore rauque de sommeil.
Il releva la tête et remarqua que son petit frère était déjà habillé et semblait même revenir dans la chambre.
-Qu'est-ce que tu fais debout si tôt ? grommela-t-il.
-J'avais une course à faire. Désolé de t'avoir réveillé, s'excusa Charlie en se laissant tomber sur le matelas par terre.
Bill Weasley remarqua immédiatement le ton inhabituellement heureux de son frère.
-Allez, dis-moi ce qui te rends aussi heureux, rit Bill. C'était quoi, cette course ?
-Je suis amoureux, Bill. Je suis fou amoureux d'elle.
-De Laureen ? Sans blague, quel scoop ! On est tous au courant, sauf Ron parce qu'il ne se rend compte de rien, et Laureen parce que… bon je ne vois pas pourquoi mais en tout cas elle ne se rend pas vraiment compte.
Bill alluma la lampe de chevet d'un geste négligent du poignet et regarda son frère.
-Donc, tu es amoureux de Laureen. Et ensuite ? Tu comptes enfin faire quelque chose ou tu vas continuer à rêver d'elle depuis ta réserve de dragons ?
-C'est de ma petite amie que tu parles donc sois poli, grommela Charlie en le fusillant du regard.
-Enfin ! s'exclama Bill. Après ton fiasco de Noël, j'ai bien cru que tu ne lui demanderais jamais.
-Je dois l'inviter à sortir maintenant, ajouta Charlie. Qu'est-ce que je suis censé faire ?
-Vas la voir ou envoies-lui une lettre d'invitation. C'est évident, non ? répondit Bill en s'adossant à son oreiller.
-Je sais comment l'inviter, répliqua Charlie en levant les yeux au ciel. Le problème c'est où l'inviter ! Un restaurant ? Un bar ? Un match de Quidditch ? Et si…
-Woah, du calme, frangin, fit Bill en se redressant. Respire, ça te fera du bien. Et j'ai peut-être la solution pour toi, d'accord ?
Charlie sembla se calmer et regarda son grand frère avec espoir pour qu'il l'aide à trouver le rendez-vous parfait.
-Le Chemin de Traverse n'est pas une option, prévint Bill. Trop dangereux en ce moment. Laureen va devenir une cible des mangemorts tant qu'elle est en-dehors de Poudlard. Le mieux est de l'emmener dans un restaurant moldu, loin de tout ça. Londres serait une option un peu trop évidente, et Sirius n'acceptera aucune prise de risque.
Bill s'arrêta quelques secondes pour réfléchir.
-J'ai bien quelque chose en tête, fit Charlie. Mais j'ai peur que ce ne soit pas vraiment ce dont elle a envie. Voilà…
Alors que Charlie exposait son idée à son grand frère, Molly Weasley avait fini de préparer le petit-déjeuner pour toute la famille. Arthur était déjà parti au Ministère, ses horaires s'étant considérablement alourdis depuis la tragédie survenue à Poudlard à la fin de l'année scolaire. La discussion avec sa femme la veille avait été houleuse, avant qu'il ne réussisse à la convaincre que c'était pour leur sécurité à tous. Elle devait maintenant l'annoncer à ses enfants, et ça n'allait pas être facile. Elle prit une grande inspiration en entendant le pas léger de Ginny qui sortait de sa chambre, puis la cavalcade des jumeaux qui couraient dans l'escalier.
-Bonjour maman, articula sa fille dans un bâillement.
-Bonjour ma grande. Bien dormi ?
Sa fille secoua la tête avec une grimace. Molly fit la moue. Depuis la troisième épreuve, peu de gens dormaient vraiment bien. La fête pour les dix-sept ans de Laureen avait mis du baume sur les cœurs et avait ramené un peu de joie de vivre dans les esprits, mais les blessures n'avaient toujours pas cicatrisé.
Une fois que tous ses enfants furent attablés, le nez dans leur petit-déjeuner, Molly se racla la gorge.
-Nous allons déménager jusqu'à la rentrée, dit-elle simplement.
Cela amena un silence, vite brisé par les protestations stridentes de Ginny qui avait besoin du jardin pour s'entraîner pour le Quidditch, par les cris des jumeaux qui avaient commencé la confection de leurs Boîtes à Flemme pour les tester à Poudlard, par Ron pour le principe, mais le plus étonnant fut le poing de Charlie qui s'abattit violemment sur la table, ramenant le silence aussi vite qu'il était parti.
-Je ne bougerai pas d'ici, prévint-il avec les mâchoires contractées.
-On a un mal fou à te faire venir, et maintenant que tu y es tu ne veux plus partir ! s'énerva la matriarche Weasley. C'est nouveau, ça !
Charlie s'empourpra mais ne répondit rien. Bill posa une main apaisante sur son épaule.
-Je disais, nous allons déménager pour quelques semaines, reprit Molly.
-Où allons-nous habiter, maman ? demanda Ginny d'une voix morose.
-Au 12 Square Grimmauld, à Londres. Nous allons habiter avec Sirius Black.
Charlie hoqueta. Bill et les jumeaux éclatèrent de rire. Même Ginny sembla retrouver le sourire. Seul Ron semblait encore de mauvaise humeur.
-Et Harry ? demanda-t-il.
-Il doit rester chez les moldus, ordre de Dumbledore, répondit sa mère d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction. Par contre, Hermione Granger habitera aussi dans la maison des Black. Bien, allez vite préparer vos affaires, nous partons dans une heure.
Alors que ses enfants remontaient rapidement dans leurs chambres respectives pour préparer leurs affaires, la matriarche enchanta la vaisselle pour qu'elle se lave et se range toute seule, et elle rassembla ce dont elle-même et Arthur allaient avoir besoin dans ce déménagement temporaire. Au bout d'une heure de rangement, grognements pour faire fermer les malles, et autres bruits divers, ils descendirent tous devant la cheminée.
-Dites bien « 12 Square Grimmauld à Londres », leur rappela Molly. Bill, vas-y en premier.
Dans la maison du 12 Square Grimmauld à Londres, Laureen et Remus étaient rentrés avec la malle de la jeune fille, qu'elle s'était empressée de remonter dans l'ancienne chambre de son père pour s'y barricader. Puis la faim se faisant sentir, elle était redescendue dans la cuisine pour se préparer des sandwichs.
Le bruit d'un « pouf » dans la cheminée la fit sursauter cette fois, et elle se tourna pleine d'espoir vers la personne qui venait d'arriver, priant pour que ce soit Charlie.
-Oh, ce n'est que toi, souffla-t-elle l'air déçu en voyant Bill se courber pour sortir de la cheminée.
-Bonjour à toi aussi, rit l'aîné Weasley.
Elle leva les yeux au ciel et retourna à ses sandwichs. Sirius fit alors irruption dans la cuisine, Remus sur les talons, et se figea en voyant Bill.
-Bill ? s'étonna Remus. Il y a un problème ?
Bill s'approcha d'eux et leur parla à voix basse. Ils avaient l'air extrêmement surpris mais hochèrent la tête tout de même. Un deuxième « pouf » retentit dans la cheminée, et Laureen pivota d'un bond en espérant que cette fois-ci ce serait le bon Weasley. Ses prières furent exaucées et elle bondit au-dessus de la table d'un seul mouvement agile en poussant un cri de joie, atterrissant dans les bras de Charlie qui lâcha sa malle juste à temps pour la rattraper, rejetant sa tête en arrière dans un rire avant de l'embrasser sur le front.
Sans plus s'occuper de sa malle, de son frère, ou du père et du parrain de sa petite-amie, il serra Laureen contre lui et monta les escaliers sans détacher ses yeux des siens. Elle poussa d'une main la porte de l'ancienne chambre de son père qu'elle avait annexée et il la ferma du pied derrière eux.
Il la déposa délicatement sur le canapé et s'assit près d'elle. Elle haussa un sourcil et grimpa sur ses genoux avant de lover sa tête contre son épaule. Il referma ses bras sur elle et embrassa à nouveau son front, heureux.
-Dis-moi, murmura-t-il en la berçant, tu es déjà allée à Florence, en Italie ?
-Non, pourquoi ?
-Je connais un petit restaurant là-bas, tenu par un ami. Que dirais-tu d'y aller demain soir ?
-Tu veux dire… un rendez-vous… en Italie ?
-Ça ne te plaît pas ? On peut aussi aller ailleurs si tu préfères, dit-il d'une traite avec nervosité.
-Non, non, l'Italie, c'est parfait, sourit-elle. Juste un peu inattendu. Mais parfait.
Il souffla son soulagement, et allait ajouter quelque chose quand des coups sur la porte retentirent. Il se leva avec un grognement d'exaspération après avoir doucement enlevée Laureen de ses genoux, et ouvrit la porte. Aussitôt deux grandes tornades rousses se précipitèrent à l'intérieur pour enlacer leur meilleure amie.
-Fred, George, on était en train de discuter, grommela Charlie.
-A d'autres ! lança Georges avec un regard suspicieux. S'enfermer seul avec une jeune fille innocente, sous le toit de son père en plus, ce n'est pas le summum de la discrétion. Maintenant, tu devrais ramasser ta malle dans la cuisine et te trouver une chambre avant que maman ne fasse une crise ou que Sirius ne décide de laisser son hippogriffe t'égorger.
Charlie lança un regard désolé à Laureen, qui lui répondit d'un sourire. Il lui souffla un baiser et descendit l'escalier en traînant des pieds.
-Toi et Charlie ? demandèrent alors les jumeaux en même temps.
Laureen se laissa tomber sur le canapé sans répondre.
-Intéressant… ajoutèrent les jumeaux avant de retourner dans la chambre d'amis dans laquelle ils s'étaient installés.
