23 Décembre.
Où est passé ma raison ? C'est vrai, j'oubliais qu'elle s'était fait la malle.
Longueur : One-shot.
Univers : UA.
Pairing : Yaoi – SasuNaruSasu.
Personnages : OOC.
Genres : Romance. / Humour.
Rating : T.
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent exclusivement à Masashi Kishimoto.
Résumé : Naruto se fait aborder par un inconnu très attirant.
Incapable de me retenir, je soupire comme si je voulais tout faire s'envoler autour de moi. J'adore Sakura, vraiment. Elle est adorable, elle a un côté bizarrement attachant, elle veut toujours mon bien et même si elle s'énerve facilement, au fond, c'est toujours pour les bonnes raisons, même si je déteste l'avouer. Mais aujourd'hui, elle est juste pénible. Ni plus ni moins, pénible. Elle s'acharne à vouloir me caser avec quelqu'un, et ne veut absolument pas lâcher l'affaire.
— Mais t'en as pas marre de vivre dans l'ennui le plus total ?
Et elle m'insulte, en plus !
— Je ne m'ennuie pas du tout si ça peut te rassurer. Je sors quand je veux, je mange ce que je veux, je fais ce que je veux, où je veux, quand je veux. Qu'est-ce qu'il me faudrait de plus ? Ma vie est parfaite.
— Parfaitement vide d'amour, oui…
Je ferme les yeux un instant, reprenant mon souffle pour tenter de rester calme.
— J'ai pas encore trouvé qui que ce soit à la hauteur, d'accord ? Et tant que je n'aurais pas trouvé, il n'est pas question que je m'engage dans une relation monogame. C'est beaucoup trop ennuyeux…
— Tu cherches même pas, comment tu veux trouver ?
Elle est agaçante, elle me fait grincer des dents, elle me rend fou. Je préfère ne rien répondre, par peur de devenir vulgaire. Je pense que Sakura a très rapidement compris le sens de mon silence et perçu les éclairs que je lui lance de mon regard, car elle finit par se lever en soupirant.
— Je vais m'acheter un paquet de clopes et je reviens.
Sans lâcher le moindre mot, je fais un signe ennuyé de la main pour lui dire qu'elle peut y aller, que je l'attends. Si partir cinq minutes peut lui changer les idées et la faire revenir avec un nouveau sujet de conversation, je serais satisfait. Je n'aime pas spécialement être assis au milieu d'un café, seul, comme un chiot abandonné, mais ce ne sont que quelques instants… n'est-ce pas ?
Je pianote, je pianote, je pianote… Mes doigts jouent une mélodie que je ne connais pas moi-même sur le faux bois de la table, tentant de tuer l'ennui en me concentrant sur autre chose. Mais cela ne fait pas vraiment passer le temps plus rapidement. Depuis quand il faut autant de temps pour trouver un konbini ? Je ne connais pas beaucoup ce quartier, mais cela ne change rien au problème : il y a des konbinis à tous les coins de rue, à Tōkyō ! Peut-être qu'elle a décidé de s'en aller en me laissant sur place comme le dernier des imbéciles pour se venger ? Pour me faire réaliser que je me sens davantage seul dans ma vie que je ne veux bien le laisser entendre ? Peut-être qu'à travers ce geste, elle voulait…
— Naruto ?
Je sursaute presque, coupé au beau milieu de mes élucubrations sordides par une voix grave qui me fait frissonner. En levant les yeux vers l'importun, impossible d'articuler le moindre mot. Je reste à le fixer, la bouche à moitié ouverte, incapable de réagir ; mon cerveau s'est déconnecté de mes terminaisons nerveuses. Par contre, s'il y a un de mes sens qui fonctionne parfaitement, c'est la vue. Je me prendrais bien un seau d'eau froide sur la figure pour être sûr que je ne rêve pas. Cet homme est foutrement attirant. Son corps d'Apollon est habillé d'une simple chemise un peu ouverte, qui laisse entrevoir un petit triangle d'une peau parfaite, et d'un jean noir qui met parfaitement en valeur ses cuisses. Je les verrais bien s'enrouler autour de mon bassin, ces jambes-là.
Naruto, Naruto, lève le regard. Bordel, ce n'était peut-être pas une si bonne idée… Ses yeux sont si profonds que je pourrais rester les regarder des heures durant… Et voilà que ses lèvres dessinent un discret rictus, qui me fait définitivement perdre l'esprit.
— Oui, je t'ai reconnu au premier coup d'œil, impossible d'oublier un tel visage.
J'ai dit que j'avais perdu l'esprit ? C'était peut-être un peu trop vrai. Ce type m'a reconnu, je l'ai bien compris, mais moi je ne le reconnais absolument pas. Que ma mauvaise foi m'en soit témoin, je ne l'ai jamais vu. Comment puis-je en être aussi sûr ? Parce que je n'aurais jamais oublié un tel chef d'œuvre de Mère Nature ! Heureusement qu'il me reste un peu d'amour propre, sinon je lui aurais sauté dessus immédiatement pour le déshabiller et le faire mien sur cette table.
Lorsqu'il s'assoit en face de moi et que, de nouveau, ses yeux ensorcelants fondent dans les miens, cela me fait l'effet d'un électrochoc. Je reprends possession de mes sens et parviens à articuler :
— Excusez-moi, ça va sûrement vous paraître impoli mais… qui êtes-vous ?
Plus que d'être vexé, ce type a surtout l'air surpris. Il jette un regard autour de lui avant de se retourner de nouveau vers moi en répondant, comme si c'était évident :
— Sasuke. C'était bien aujourd'hui qu'on avait rendez-vous, non ?
Rendez-vous ? J'aimerais beaucoup dire oui, mentir et m'approprier cet homme le temps d'un date, mais il faut croire que je suis trop honnête pour cela. Je creuse ma mémoire aussi loin que je le peux, à la recherche d'un détail, quelque chose qui m'aurait échappé, qui me confirmerait qu'en fait je connais ce beau gosse absolument bandant – pardon, il faut que je retienne mes ardeurs. Mais ma mémoire refuse de coopérer. Je ne me souviens pas de quoi que ce soit à propos d'un plausible rendez-vous avec ce mec. Je dois afficher un air parfaitement incrédule, car il renchérit :
— Tu es bien Naruto, non ? Uzumaki Naruto, celui avec qui j'ai discuté sur Tinder ?
Encore une fois, j'aimerais de tout mon cœur répondre par l'affirmative.
— Je m'appelle bien Uzumaki Naruto, mais je n'ai jamais… Oh.
Ça y est. J'ai toutes les pièces du puzzle en mains et une envie irrésistible d'étrangler ma meilleure amie prend place dans mon esprit où tout s'est éclairci. Sakura, tu es morte. Tu ne le sais pas encore, mais tu vas bientôt décéder dans d'atroces souffrances. Je savais que tu avais un côté manipulateur, mais à ce point, c'en est presque artistique ! Elle m'avait bien parlé de Tinder quand nous nous sommes vus, la semaine dernière. Elle m'avait donné tous ses arguments pour que je me crée un profil, mais malheureusement pour elle, je suis encore plus têtu qu'elle. Maintenant, je comprends pourquoi elle ne m'a pas ressorti quelques-uns de ses arguments aujourd'hui.
— Je pense que… commencé-je avant de prendre une profonde respiration. Je pense qu'on a commencé à discuter il y a une bonne dizaine de jours, non ?
Sasuke n'a pas l'air de comprendre réellement la situation, mais il acquiesce. Bordel, je vais étrangler Sakura en prenant tout mon temps. Elle va souffrir le martyre, et ce sera tant mieux.
— Ce n'est pas avec moi que tu as discuté, mais avec ma meilleure amie. lâché-je en regrettant immédiatement de l'avoir dit si vite, sans même préparer un peu ce pauvre homme, qui me fixe maintenant d'un air tout à fait décontenancé.
Le pauvre ne devait pas s'attendre à cela. J'aimerais faire quelque chose pour lui, avoir un geste rassurant, mais je suis tellement surpris moi-même que j'avoue ne pas être au mieux de ma forme intellectuelle.
— Je… je comprends. Vaut mieux que je te laisse, dans ce cas. hasarde-t-il sans oser croiser mon regard.
Alors qu'il fait mine de s'en aller, mon instinct prend le dessus sur le reste de mes réflexions et me hurle que je ne dois pas laisser échapper une telle occasion. Un peu maladroitement, je me lève pour attraper sa manche de chemise et hausse les épaules devant son regard interrogateur.
— Puisque tu es venu jusqu'ici, autant en profiter, non ?
L'idée a l'air de le séduire, vu d'ici. Il réfléchit un court instant, juste le temps de raviver le bûcher ardent qui brûle dans ses yeux, puis se rassoit en déclarant innocemment :
— J'espère qu'elle n'a pas menti…
Où est passé ma raison ? C'est vrai, j'oubliais qu'elle s'était fait la malle dans la Cordillère des Andes. Où diable Sakura est-elle allée dégotter une bombe pareille ? Même quand il fait des sous-entendus salaces, il a la classe. Peut-être est-ce un prototype de cyborg, qui sait ? Son grain de peau est trop parfait pour être humain.
Je me donne quelques claques intérieures pour recouvrer un semblant de logique et réplique :
— Ben tiens, justement, ça m'intéresse ! Qu'est-ce qu'elle a bien pu dire sur moi ?
Plutôt que de partir dans des discours interminables, Sasuke sort son téléphone et me le tend, allumé sur « notre » discussion. Oscillant entre hâte et peur, je récupère l'objet d'une main fébrile et survole rapidement la conversation. Et je suis loin d'être déçu.
Sakura a l'art du sous-entendu graveleux, et le moins que je puisse dire, c'est qu'elle en a usé, mais pas abusé, d'une manière proprement efficace. Elle me connaît encore mieux que je ne le pensais ! C'est assez fou, mais j'ai réellement l'impression de lire une conversation que j'aurais pu avoir avec cet inconnu, plus si inconnu que cela. Elle lui a expliqué que je n'avais eu qu'une seule relation sérieuse, qui s'était mal terminée, puis un certain nombre de relations chaotiques, voire sans lendemain. Elle a dépeint mon caractère avec une facilité déconcertante, et laissé filer quelques informations sur moi, juste ce qu'il faut pour que Sasuke s'intéresse.
Quant à lui, justement, j'apprends qu'il est également à la recherche de stabilité, mais qu'il ne veut surtout pas se prendre la tête en promesses vides sans connaître vraiment la personne. Il a trente-deux ans – un an de moins que moi –, un boulot qu'il aime et un appartement un peu trop vide, animé par les miaulements éternellement affamés de son gros chat. Et les allusions qu'il a glissées au fil de la discussion me laissent présager une nuit de folie. S'il pouvait être à la fois une bête de sexe et un homme charmant, ce serait le jackpot ! En tous les cas, je suis bien décidé à ne pas laisser la chance me filer entre les doigts aujourd'hui. Sasuke, ce soir, c'est moi qui invite, et crois-le ou non, tu vas passer à la casserole.
En me relisant, je me rends compte que la fin est un peu rapide, mais je n'ai pas le temps de la modifier ce soir. J'espère que ça vous aura plu quand même, et qui sait, peut-être un jour reprendrai-je cet OS pour le développer un peu. À demain pour le dernier OS de ce Calendrier de l'Avent !
