BONNE ANNÉE !
Je vais commencer tout en douceur avec un "petit" chapitre dont le titre est très suggestif.
Vous voyez ce que ça sous-entend ? Non ?
Bon et bien dans ce cas, bonne lecture !
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– La musique unit les cœurs –
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Quelques jours étaient passés depuis l'arrivée du magicien à Fondcombe et rien de particulier n'avait survenu. Ondine passait ses matinées à s'entraîner avec Glorfindel. Et ce dernier essayait une fois de plus de faire comprendre à la jeune fille que se battre avec une épée n'était pas impossible et nécessitait seulement un peu d'entrainement. L'adolescente s'amusait alors à tenter désespérément d'appliquer les différentes méthodes que l'elfe cherchait à lui enseigner. Malgré tout, Ondine regrettait l'absence de Maglor. Il n'avait pas parlé avec la jeune fille depuis l'arrivée de Gandalf, et il ne se présentait que rarement aux repas. L'adolescente était attristé par son absence, car elle s'était beaucoup attaché à l'elfe, mais elle se doutait qu'il finirait bien par reparaître.
Un jour que le soleil brillait et que la température était plus chaude qu'à l'accoutumé, Ondine décida de partir se balader dans le jardin.
En suivant un des ruisseaux qui couraient dans la vallée, l'adolescente laissa son esprit s'envoler et tourbillonner avec le vent de printemps qui caressait les branches des arbres en fleurs. Non loin, un oiseau pépia et comme en réponse, l'adolescente se mit à fredonner en retour.
Ce n'était que quelques notes, frêles et douces, comme hésitantes… Mais l'oiseau pépia à nouveau, et son chant sonna, pur et plein de vie. Alors, sans prêter attention à ce qui l'entourait, Ondine se mit à chanter. Il s'agissait d'une berceuse qu'elle connaissait par cœur. Elle ne se rappelait pas l'avoir entendue, mais les notes douces qui la composait étaient ancrées dans la mémoire de l'adolescente. C'était la première fois que ce chant, qui était de fait un poème, franchissait la barrière de ses lèvres…
Le soleil meurt
La lune née
La mort pleure
La vie se crée
.
Le vent se tait
L'oiseau frétille
La lumière disparaît
Les étoiles scintillent
.
A chaque seconde
En cet instant
Tout autour du monde
Le temps se suspend.
Alors que les dernières notes s'envolaient dans les airs, Ondine se rendit compte qu'un léger son de harpe avait accompagné son chant. Se retournant, l'adolescente aperçut Maglor assit sur une pierre, un petit sourire aux lèvres et une harpe sur les genoux. L'instrument était petit et ne comptait qu'une poignée de cordes, mais l'elfe les faisait sonner délicatement et chaque note s'élevait dans les airs comme le chant de l'oiseau. S'approchant de l'elfe, la jeune fille lui fit remarquer :
- Je n'avais pas vu que tu étais là.
- Tu étais plongée dans ton chant, jamais je ne t'aurais interrompue…
- Et pourquoi ? souffla l'adolescente en s'asseyant à côté de Maglor.
- Parce que tu chantes si bien que je n'aurais pu me résoudre à t'interrompre.
Ondine rougit et chercha un moyen de détourner le sujet de la conversation.
- Tu ne m'avais jamais dit que tu étais musicien.
- Je n'ai pas vraiment pu pratiquer durant mon enfermement à Barad-Dur.
- Tu peux me jouer quelque chose ?
- Si tu veux…
L'elfe fit jouer quelques cordes de son instrument comme pour chercher à se remémorer une musique, puis entama une mélodie.
Elle était à la fois douce, triste et poignante. Au travers de chaque note, c'était comme si une douleur et une tristesse trop longtemps contenue s'exprimait. Soudain, sans crier gare et sans s'arrêter de jouer, Maglor se mit à chanter. Il s'agissait d'un chant en Quenya, mais la jeune fille pouvait le comprendre.
Après de longues minutes de chants, l'elfe s'arrêta et les dernières notes de la musique s'éteignirent.
- C'est… magnifique, souffla Ondine émue. C'est toi qui l'a composé non ?
- Je l'ai nommée Noldolante.
- C'est un beau nom…
- Aussi beau que le tien, murmura-t-il à l'oreille de son interlocutrice.
Surprise, l'adolescente se retira en rougissant.
- Qu'essaies-tu de me dire ? Demanda-t-elle de façon la plus neutre possible.
Mais, malgré toutes ses tentatives, de l'espoir sonnait dans sa voix et une lueur brillait au fond de ses yeux.
- Je crois que tu le sais très bien… répondit l'elfe doucement. Tu es mon âme-sœur, Ondine. J'ai essayé de rester éloigné de toi car j'avais peur. Je ne savais pas comment tu allais réagir, ni ce que tu ressentais. Sache juste que je t'aime, et que rien ne me ferais t'abandonner. Où que tu ailles, mon cœur te suivra. Peu importe dans quel monde tu vivras, je serais toujours là. Je…
La voix de Maglor s'éteignit. Cela faisait si longtemps qu'il gardait ses sentiments pour lui. Il ne s'était presque jamais laissé aller à des sentiments, mais la jeune fille faisait craquer toutes ses barrières, le laissant seul devant la réalité. Il l'aimait, c'était un fait. Mais, l'aimait-elle aussi ? Elle l'avait toujours appelé par l'appellation ami. Mais, irait-elle plus loin ? Elle avait toujours été proche de lui, mais en cet instant où il lui avait révélé ses sentiments, en cet instant précis… Elle n'avait jamais semblé aussi lointaine. Telle une vierge pâle et mortelle, elle le fixait immobile. Son silence pesait sur les épaules du fëanorion et le temps semblait s'être suspendu. Soudain, elle le rompit :
- Maglor… Je ne sais pas…
Ondine remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille, un tic qui la prenait lorsqu'elle ne savait pas quoi dire, et elle expliqua hésitante :
- C'est la première fois que je ressens cela. Lorsque j'étais en Lorien ton absence m'a pesé et j'avais constamment peur qu'il ne te soit arrivé malheur. Et lorsque tu es revenu, je me suis sentie si bien… Mais, je n'ai que seize ans… et tu as… euh…
Maglor posa son doigt sur le bouche de la jeune fille.
- Ne parle pas… Cela ne m'importe pas. Pour les elfes, l'âge n'est pas un critère… Lorsque l'on rencontre son âme-sœur, plus rien d'autre ne compte. Nous pourrions parcourir le monde entier, découvrir des terres inexplorées…
- Mais, tu oublies que je suis une humaine ! répliqua Ondine en éloignant la main de l'elfe. Et ce faisant, je suis mortelle ! Si l'on reste ensemble, tu me verras grandir, puis vieillir, et enfin mourir ! Si ce que tu m'as dit sur les âmes-sœurs est vrai et que je suis vraiment ton âme-sœur, ma mort te briserais… Et je ne veux pas être responsable de ton malheur, acheva-t-elle la mort dans l'âme, toute joie ayant disparue de son visage.
- Mais…
- Je suis désolée… Mais, il vaut mieux que nous ne nous voyons pas…
Et Ondine s'éloigna sans un regard pour Maglor et retourna à sa chambre. Une fois arrivée, la jeune fille se laissa tomber sur son lit. Des larmes coulaient le long de ses joues. L'adolescente se sentait coupable d'avoir abandonné son ami. Il l'avait toujours soutenue, aidée, guidée… Et il venait tout juste de lui déclarer sa flamme, une flamme qui était partagée, mais qui ne pourrait exister sans douleur pour eux deux. Cet amour serait aussi éphémère qu'une plaque de neige sous le soleil de l'été. A peine accepté et, il disparaîtrait sans laisser d'autres traces que de la tristesse et de la douleur. Selon Ondine il était donc évident qu'ils ne pourraient vivre de cette façon et qu'un jour ou l'autre, le temps les rattraperaient et emporterait la jeune fille avec lui. Peut-être fallait-il ignorer cet amour naissant, le noyer et le faire disparaître quitte à provoquer une blessure. Mais, cette blessure finirait par cicatriser pour finalement disparaître complètement.
Séchant les larmes qui avaient coulés, l'adolescente releva la tête en ayant pris sa décision. Elle irait s'expliquer auprès de Maglor en espérant qu'il comprendrait sa réticence.
Maglor regarda Ondine s'éloigner en courant. Et en la regardant s'enfuir, il eut l'impression que quelque chose se brisait en lui. Et cette chose, était son cœur. Il avait eu un instant l'impression qu'elle l'acceptait, et soudainement, sans crier gare, elle s'était retirée et l'avait repoussé. Que c'était-il passé ? Tout allait bien jusqu'à ce qu'il parle de l'âge… Il semblait que ce soit ce point qui l'ait effarouchée. L'elfe était bien conscient que la mortalité de la jeune fille allait poser quelques problèmes, mais maintenant, il préférait de loin vivre une centaine d'années avec elle plutôt que de rester éternellement seul. Un amour, aussi éphémère soit-il, ne valait-il pas le coup d'être vécu ? Chaque seconde et chaque instant serait d'autant plus précieux et prendraient d'autant plus de sens.
Soupirant, le fëanorion laissa tomber sa main dans le ruisseau et regarda sa main faire des sillons dans l'eau. Sa famille avait toujours était maudite, tout était arrivé à cause de ce fichu serment qu'ils avaient proférés… Pourquoi fallait-il que ce choix qu'ils avaient faits les poursuivent. Et plus Maglor y pensait, plus un détail s'imposait à son esprit. Curufin, son frère, avait été le seul à se marier et à avoir un enfant. Celui-ci, Celebrimbor, s'était fourvoyé face à Sauron et avait payé le prix cher. Fallait-il donc que l'héritage de Fëanor s'éteigne avec lui ?
Se ressaisissant, Maglor secoua la tête et se dit qu'il ne devait pas se laisser abattre. Qu'importe ce qui c'était passé, il devait continuer d'avancer. Certes Ondine l'avait rejeté, mais c'était apparemment dû à la peur. Avait-elle eu peur de ses sentiments ? Ou plutôt, du fait qu'ils n'appartiennent pas à la même race ? Il devait chercher à comprendre ce qui avait provoqué une telle réaction…
Jetant un regard au soleil, l'elfe nota qu'il était presque midi et qu'il était temps d'aller déjeuner. Maglor hésita à sauter le repas, mais il avait déjà été trop absent ces derniers jours, il ne pouvait se permettre de manquer à l'appel une fois de plus. Il se leva, ramassa la harpe qu'il avait posé dans l'herbe, et partit pour rejoindre les dignitaires et partager leur repas.
Lorsque l'elfe arriva il était bon dernier. Il ne restait qu'une seule place autour de la table et celle-ci se trouvait en face d'Ondine. Maglor s'y assit après avoir soigneusement déposé l'instrument qu'il transportait contre un mur.
L'adolescente passa le repas entier à éviter le regard de l'elfe, mais se concentra plutôt sur une discussion avec Glorfindel. Il semblait que leur sujet de conversation tournait autour des épées et des différents mouvements que le tueur de Balrog avait enseigné à la jeune fille. Au vu des exclamations joyeuses de cette dernière, elle avait fait des progrès et en était ravie. Maglor éprouva un petit pincement au cœur lorsqu'il vit Ondine s'en aller en compagnie de l'elfe après le repas. Il était évident qu'elle allait s'entraîner avec lui et qu'elle allait y passer le reste de l'après-midi.
Lorsqu'elle eut quitté la terrasse où avait eu lieu le repas, le fëanorion hésita entre la suivre ou s'en aller dans son coin. Il décida finalement de retourner dans les jardins. Il prit alors sa harpe et s'en fut, à nouveau seul et délaissé.
Il joua tout l'après-midi assis sur un rocher au bord d'un ruisseau et chanta sa douleur. Lorsque le soleil commença à descendre vers l'horizon, il se rendit compte qu'il avait manqué le repas du soir, mais il s'en moquait un peu. En retournant à la demeure de celui qu'il avait élevé, Maglor entendit une douce mélodie jouée à la flûte. L'elfe fut surprit car il n'avait jamais entendu cette musique auparavant. Il se rapprocha donc de la source du son cherchant à savoir qui jouait et quelle était cette mélodie qui lui était inconnue.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit Ondine, assise en tailleur dans l'herbe et, en train de jouer de la flûte. L'elfe s'arrêta à quelques pas de l'adolescente tout en restant soigneusement hors de son champs de vu et l'écouta jouer. Elle soufflait doucement dans l'instrument et les notes qui en sortaient étaient hésitantes mais délicates. Par moment, la jeune fille s'arrêtait, replaçait ses doigts, et reprenait le morceau. La dernière note ne s'était pas éteinte et résonnait encore dans les airs quand Ondine reposa l'instrumente et dit, sans se retourner :
- Je sais que tu es là, Maglor.
Sachant qu'il ne servait à rien de se cacher ou de partir, il s'avança et lui répondit :
- Je t'ai entendu jouer et j'ai voulu savoir quel morceau c'était… Je ne l'ait jamais entendu.
- Il vient de la Terre, répondit simplement la jeune fille. Ça s'appelle, La lettre à Élise, et le compositeur s'appelle Beethoven.
- C'est très beau.
- Oui… acquiesça l'adolescente évasive.
- Tu ne m'avais jamais dit que tu savais jouer de la flûte.
- J'ai pris quelques cours lorsque j'étais encore sur Terre… Les flûtes que vous avez sont un peu différentes mais y ressemblent beaucoup. Lénudir, un des musiciens, m'a aidé à prendre mes repères et m'a prêté un instrument pour que je m'exerce.
- Quand te l'a-t-il appris ?
- Cet après-midi… Je comptais m'entraîner avec Glorfindel, mais en chemin pour le terrain d'entraînement, nous avons croisé un groupe de musiciens qui s'accordaient, je suis resté avec eux et voilà… expliqua-t-elle un peu moins fuyante.
Sur ces mots, Ondine regarda le ciel et voyant que le soleil plongeait vers l'horizon, elle se leva et s'apprêta à partir.
- Attends ! l'arrêta Maglor en l'attrapant par le poignet.
- Quoi donc ? demanda la jeune fille en s'arrêtant. Tu sais très bien ce que je vais te dire… Je suis mortelle et toi immortel… C'est un amour impossible, mieux vaut l'ignorer et éviter de se faire des illusions, souffla-t-elle une pointe de tristesse dans la voix.
- C'est donc cela qui te fait peur… comprit-il en lâchant le bras de l'adolescente.
- Comprends-tu mon choix ? l'interrogea-t-elle.
- Il y a déjà eu de l'amour entre deux personnes de nos races… tenta Maglor.
- Cela s'est-il bien terminé ?
A cette question pourtant simple, l'elfe ne su que répondre. La réponse n'était ni positive, ni négative. Mais, devant le silence de son ami, Ondine acheva implacablement :
- C'est bien ce que je pensais… »
Et elle s'en fut en courant, sans un regard en arrière.
Maglor aurait pu croire qu'elle l'avait complètement rejeté, mais un détail avait attiré son attention et lui faisait garder espoir. L'elfe avait peut-être rêvé ce détail, pourtant il était là, ancré au fer rouge dans sa mémoire… Il aurait juré qu'au moment où Ondine s'était enfuie, il avait aperçu une larme coulant sur sa joue.
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Et voilà !
Bon, je vous avais prévenu !
Bref...
Le poème était sans prétention car je ne suis pas très expérimentée dans la poésie...
J'espère que ça vous a plu et je vous dis à la prochaine !
