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Bonne année 2020 et bonne santé !
Oui, Noël est passé depuis longtemps... Mais le chapitre est là tout de même !
Bonne lecture !

Petit changement pour les réponses aux reviews : je n'écrirai ici que les réponses aux anonymes. Ceux qui ont un compte recevront un MP ^^

Missbettyb : Je suis grave contente que tu continues de me lire alors. J'espère que cette suite te plaira tout autant que le reste !


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24. COMPLICATION

Que le vent d'automne était vivifiant. Une promenade sur les berges de la rivière Kamo-gawa se trouvait être une activité parfaite pour conclure sa journée éreintante. Alors que le soleil disparaissait sous l'horizon, les couleurs du ciel et des végétaux ravissaient sa vue et lui apportaient un peu de sérénité. La presque absence de passants n'était qu'un bonus au silence relatif. Hinata avait eu la bonne idée de ne pas s'être attardée au cabinet. Elle espérait que ses collègues ne lui en voudraient pas : jamais personne ne quittait son travail aussi tôt. Hinata passa une main sur son ventre, comme s'excusant auprès de sa fille de s'être servie d'elle pour partir si tôt.

Elle avait préféré s'éloigner de l'agitation qui régnait dans son bureau. À quelques jours du procès, apprendre qu'un responsable de l'entreprise qu'ils défendaient avait bel et bien détourné des fonds sociaux n'était pas une très bonne nouvelle. Par ailleurs, Hinata n'avait pas été capable de se concentrer sur ses tâches. Elle avait sans cesse eu l'esprit occupé par son week-end bouleversant, repensant à Gaara, à Temari, à la fraternité qui les liait très certainement et enfin, à la raison qui avait provoqué chez eux un si gros traumatisme. Hinata aurait voulu être certaine d'avoir tort, mais plus elle y avait pensé et plus l'hypothèse d'une tragédie familiale semblait être la seule explication. Elle sentait de toute son âme qu'ils avaient tous deux, enfants, assisté à un meurtre.

Elle aimerait tant en parler avec Temari, mais elle ne pouvait pas lui confier ses soupçons tant qu'elle n'était sûre de rien. Il fallait qu'elle sache si Temari était une enfant adoptée, ça lui assurerait que sa piste était la bonne. Elle savait au moins que son amie était entre de bonnes mains avec Shikamaru. Mais Gaara… Hinata ne pouvait que revoir son désespoir, sa souffrance et sa terreur quand il semblait s'être souvenu. Il était seul, il n'avait ici aucune famille et elle n'avait plus aucune nouvelle depuis son dernier message qui n'était pas des plus rassurants.

Hinata fit demi-tour assez brutalement, décidée à rendre visite à Gaara mais une douleur lui tirailla sauvagement les entrailles, comme pour lui rappeler qu'elle avait des priorités plus urgentes. Elle se résigna alors à prendre un bus qui la ramènerait chez elle ainsi qu'un rendez-vous chez le médecin. Son transit devenait de plus en plus douloureux ce qui l'inquiétait quelque peu. Elle se doutait que ça avait un rapport avec sa grossesse et que son père serait capable de lui donner des conseils nutritionnels, mais elle n'avait pas trop envie d'en parler avec lui.

Elle vit son bus arriver après avoir pris rendez-vous et, alors qu'elle montait les marches, elle sentit son portable vibrer. Elle n'attendit pas de s'asseoir pour en vérifier la raison et qu'elle ne fut sa surprise en voyant inscrit sur son écran le prénom du peintre. Il lui envoyait enfin des nouvelles. Hinata préféra s'asseoir avant d'ouvrir le message mais ne fit pas durer plus son angoisse.

« Je ne suis pas sur le lit de la mort, Hinata. J'ai juste besoin de retrouver du contrôle sur mes pensées. Je l'ai déjà fait avant, et je le refais aujourd'hui. Tout va bien alors ne t'inquiète pas pour moi et prend soin de toi. »

Allait-il vraiment bien ? Pouvait-il traverser cela seul ? Hinata soupira, elle venait de le lire, mais elle était convaincue que rien ne serait arrangé. Elle ne savait ni quoi faire ni quoi penser mais à ses yeux, il avait besoin d'aide. Peut-être que la sienne lui était inutile ? Elle ne le connaissait finalement que depuis peu et il ne souhaitait certainement pas tout lui dire, tout partager. Hinata lui envoya alors un très simple message qui transmettait son soutien ainsi que l'adresse d'une psychiatre, celle que voyait Temari. Et lorsqu'elle serait descendue du bus, elle appellerait cette même psychiatre pour lui faire part de son hypothèse, qu'elle soit prévenue de la situation au cas où Gaara viendrait à la consulter.

Hinata avait terminé son appel sous le début d'une pluie battante et avançait au pas de course pour éviter de finir trempée. Elle avait seulement pu laisser un message mais elle pensait que ça devrait suffire. Lorsqu'elle arriva chez elle, elle n'eut pas besoin de mettre les clés dans la serrure pour que la porte s'ouvre. Son père lui la lui tint avec un regard sévère.

— Bonsoir père, dit-elle dans une tentative d'apaisement.
— Bonsoir Hinata. Tu as oublié ton parapluie de ce je vois. Va vite te changer avant que la mort ne vous emporte, toi et ta fille.

Elle ne protesta pas devant l'accueil fort chaleureux de son père et se rendit sans plus attendre dans sa salle de bain avec de quoi se changer. Une fois sèche et enveloppée dans un survêtement bien confortable, Hinata rejoignit son père qui semblait occupé sur son ordinateur. Elle se rendit dans sa cuisine, ne souhaitant surtout pas le déranger et commençait à regarder ce qu'elle pourrait bien préparer pour ce soir quand son portable sonna. Elle le prit négligemment et laissa échapper un juron murmuré mais qui parvint toutefois aux oreilles de son père.

— Hinata ? s'éleva la voix de Hiashi.
— Père, j'ai rendez-vous ce soir avec un… un collaborateur. J'avais oublié !

Elle sortit précipitamment de sa cuisine sans prêter attention à son père qui venait de se lever. Elle voyait rien qu'à son expression qu'il souhaitait de plus amples informations. Elle rejoignit à nouveau sa chambre pour mettre le plus vite possible une tenue correcte : une robe en maille fine kaki avec un boléro noir. Il s'agissait de vêtements achetés la veille par son père. Son sac fait, un coup de brosse rapide dans ses cheveux, elle sortit en courant de sa chambre pour enfiler ses bottes et son manteau.

— Hinata, tu es tant en retard ?
— Je risque de l'être si je ne presse pas le pas. Oh mon dieu, le bus passe dans moins de deux minutes ! désespérait-elle alors qu'elle prenait son parapluie d'un geste vif.
— Calme-toi, Hinata. Je t'emmène, déclara-t-il en se chaussant à son tour.
— Non !

Son père la dévisagea. Elle ne devait surtout pas paniquer et vite réfléchir à une excuse.

— Je… je vous remercie, mais je ne veux surtout pas vous déranger, elle ricana nerveusement. Mais je peux vous prendre votre voiture ?

L'heure tournait, les dix-neuf heures se rapprochaient et son père devenait de plus en plus suspect. Elle devait respirer, se calmer, elle allait trouver une solution. Faites que son père cesse de douter…

— Qu'est-ce que tu me caches, Hinata ?

Elle dut résister à fermer les yeux de désespoir. Son père n'était pas un homme à se laisser berner. Et pourtant, elle allait devoir trouver un moyen de le faire, coûte que coûte. Avec un sourire qu'elle espérait serein, elle allait tenter de le convaincre.

— Rien, père. Je voulais juste vous éviter tout dérangement. Mais si vous y tenez, elle agrandit son sourire en espérant qu'il serait cette fois charmant, je veux bien que vous m'emmeniez.

Il hocha de la tête et finit de se préparer avant de prendre les clés de la voiture.

— Bien, allons-y.

Ils sortirent donc pour se rendre au véhicule. Hinata réfléchissait à cent à l'heure et ne trouva que ce moyen pour éviter tout drame. Elle écrivit un message le plus rapidement possible tandis que son père lui prodiguait sa morale.

— Je sais que tu souhaites me démontrer que tu peux te débrouiller seule mais je ne te laisserai pas mettre ta vie et celle de ta fille en danger. Tu vas devoir apprendre à cesser de te mettre dans tout tes états dès qu'un imprévu se présente.
— Oui, père, répondit Hinata un peu distraitement alors qu'elle envoya son message à son rendez-vous.

La plus grande partie du trajet se passait dans le silence quand Hinata n'avait pas à enrichir son mensonge pour le rendre crédible aux oreilles de son père.

— Il m'a l'air d'être un intéressant personnage.

Elle avait trop embelli son mensonge, voilà que son père voulait rencontrer cette personne imaginaire.

— Je vous le présenterais s'il décide de signer ce soir.
— Faisons cela, Hinata. C'est bien dans cette rue ?

Elle acquiesça et commença à se sentir nerveuse. Elle espérait que son rendez-vous attendrait bien à l'intérieur du restaurant. Hinata indiqua le lieu et son père s'arrêta devant pour la déposer avant de repartir sans se méfier de rien. Elle attendit de voir sa voiture disparaître au loin avant d'entrer.

Les lieux n'avaient pas changés depuis, elle pouvait s'y attendre. Elle croisa le même hôte à l'accueil qui l'emmena à sa table.

Sasuke l'y attendait et son visage, bien qu'impassible, ne semblait pas indiqué d'agacement quant à son retard.

— Bonsoir, mademoiselle Hyûga.
— Bonsoir, monsieur Uchiwa, le salua-t-elle alors qu'elle s'installait.

Elle avait l'impression d'être observée de la tête au pied.

— Vous avez finalement réussi à venir sans chaperon ?

Ce très simple trait d'humour avait réussi à la détendre.

— Oui, même si c'était un peu compliqué.
— Je dois avouer que j'ai eu peur qu'il ne vous laisse qu'une fois arrivé ici, à notre table.

Il semblait être de très bonne humeur. Cela simplifierait les choses pour elle.

— J'ai au moins réussi à le convaincre de me laisser rentrer seule dans un restaurant.

Il y eut un sourire puis quelques secondes de silence avant qu'il ne reprenne la parole en lui tendant le menu.

— Merci, Monsieur Uchiwa.

Le silence se poursuivit jusqu'à ce que le serveur vienne prendre leur commande. Hinata avait repenser à sa discussion avec Temari l'autre jour. Son amie lui avait bien rappelé qu'elle devait faire comprendre à Sasuke qu'il n'allait pas être un père, mais un simple géniteur. C'est ce qu'ils s'étaient promis au départ, ce qu'elle avait promis à son épouse.

— Sinon, vous allez bien ? Et… la petite aussi ?

Mais comment pouvait-elle faire à présent qu'elle lisait clairement dans ses yeux cette curiosité bienveillante, ce désir de faire plus connaissance avec l'enfant qui grandissait en son sein.

— On se porte toutes les deux très bien, je vous remercie.

Elle allait essayer de s'en tenir à ce qu'elle avait conclu avec Temari. Mettre à nouveau de la distance, faire apparaître une claire limite. Peut-être qu'elle n'aurait pas besoin de lui montrer les échographies ? Il se rendrait compte que ce serait déplacé vis-à-vis de leur « contrat ».

— Et votre… écoutez Mademoiselle Hyûga, je sais que ce n'est pas ce qu'on avait prévu au départ mais…

Hinata comprit dès lors que le « contrat » allait changer. Elle le voyait en train de chercher ses mots, il semblait complètement perdu et elle se reconnaissait finalement dans ses expressions. Lui aussi était malheureusement en train d'accepter et d'accueillir la parentalité. Et quoiqu'elle ait pu penser avec Temari, les choses allaient être bien plus difficile à présent. Ses yeux noirs qui la fixaient le lui soufflaient distinctement.

— J'ai réfléchi, je n'arrête pas d'y penser et… j'en suis venu à la conclusion que je ne pouvais pas me contenter d'être… juste un géniteur.
— Mais, et… votre épouse ? Vous ne pouvez pas, enfin…
— Oui, ce sera compliqué mais cette fille que vous portez est aussi la mienne.

Ces derniers mots furent un uppercut. Hinata s'apercevait qu'elle ne voulait pas qu'il apparaisse dans la vie de sa fille, qu'elle ne voulait pas qu'il s'y intéresse. Il ne pouvait pas, tout ne ferait qu'empirer.

— Écoutez…
— Vous ne pouvez pas faire ça, Monsieur Uchiwa !

Elle essayait de parler sans lever le ton afin que leur conversation continue de rester inaudible pour les autres.

— Comment cela je ne peux pas ? demanda-t-il alors que ses sourcils se froncèrent.
— Cet enfant que je porte est biologiquement notre fille. Mais elle doit et restera ma fille. Vous ne pouvez pas intervenir comme ça. Vous avez votre vie, votre femme, votre famille !

Elle prit une grande inspiration et repositionna son dos contre sa chaise, elle s'était approchée, emportée par ses émotions. Lui était resté stoïque et avait seulement croisé ses doigts. Elle sentit qu'elle devait expliquer, qu'il la comprenne.

— Je ne veux pas que ma fille souffre, Monsieur Uchiwa. Je ne veux pas qu'elle soit au centre d'un combat qu'elle ne pourra pas même comprendre. Elle n'a rien demandé. Et moi-seuleai décidé de la garder.

Elle savait déjà que sa décision avait été égoïste et elle reconnaissait à présent qu'elle avait très mal gérer ses actes avec lui.

— Vous n'auriez jamais dû me le dire alors.

Sa voix était impitoyable, comme la situation dans laquelle ils étaient empêtrés.

— C'est ce que je voulais faire au départ, mais…

Elle se rappela cette fois où elle en avait parlé avec Temari. Son amie l'avait convaincue qu'il fallait le mettre au courant.

— Mais, c'était votre droit de le savoir.
— Et c'est aussi le mien de pouvoir connaître ma fille.

L'accablement commençait à l'envahir tandis que toutes sortes de pensées se confrontaient en elle. Les droits… elle commençait à ne plus pouvoir entendre ce mot, ce principe qui menaçait le bonheur de sa fille.

— Hinata.

Il l'avait appelée par son prénom avec tant de calme… Elle avait presque l'impression qu'il cherchait à l'apaiser. Comprenait-il enfin la situation ?

— Je sais. Tout ce que vous me dites est vrai. Mais, pouvez-vous essayer de me comprendre ?

Pouvait-elle essayer ? Bien sûr que oui, c'est pour cela qu'elle se sentait actuellement au bord de la crise de nerf. Mais elle ne voulait pas rendre leur situation plus complexe qu'elle ne l'était déjà. Elle ne voulait plus essayer de le comprendre.

Elle ne répondit alors rien, elle ne savait de toute façon pas quoi lui dire vu l'état dans lequel elle était à présent. Il soupira et laissa son regard se porter sur le paravent qui les séparaient des autres clients.

Aucun mot ne fut prononcé jusqu'à l'arrivée de leur entrée. Le silence se prolongea alors qu'ils attendaient leur plat principal.

Hinata ne savait pas à quoi il pensait, mais elle se demandait encore comment elle faisait pour continuer de manger, ici, face à lui. Elle se sentait à la fois victime et coupable. Elle se blâmait pour lui avoir proposé de voir les échographies dans l'euphorie de la semaine dernière.

Ce silence lui devenait insupportable.

— Sasuke.

Elle l'appela aussi par son prénom, parce qu'il l'avait fait, parce qu'elle savait depuis longtemps que ces « monsieur » et « mademoiselle » étaient hypocrites et parce qu'il fallait que la situation avance. Il cessa de manger et attendait, toujours silencieux et calme.

— Je suis principalement fautive dans ce qui vient de se passer.

Il leva un sourcil.

— Je n'aurais jamais dû vous envoyer ce message l'autre fois. Je n'aurais pas dû vous proposer de voir mes échographies.
— Et moi, dans ce cas, je n'aurais pas dû accepter et vous proposez ce rendez-vous.
— Un rendez-vous que j'aurais dû décliner, ajouta-t-elle tout en baissant le regard.

Ils tournaient clairement en rond. Elle réprima un sourire naissant.

— Je pense que nous pouvons nous mettre d'accord à présent.
— Nous mettre d'accord sur quoi ? demanda-t-elle en relevant les yeux.
— Sur les conditions, expliqua-t-il avec un sourire dont elle avait du mal à déterminer le sens.

Leur plat arrivèrent, interrompant cette fois leur conversation qui reprit sans attendre.

— On devrait tout recommencer, annonça-t-il. Je suis Uchiwa Sasuke et à cause de circonstances exceptionnelles et d'employés particulièrement attachés à leurs fonctions, je me retrouve…

Ses yeux s'abaissèrent et s'attardèrent sur le ventre d'Hinata qui était bien surprise de la tournure de leur discussion.

— Bientôt père. Et la mère, n'est pas mon épouse.

Il l'invitait du regard à faire de même.

— Moi, Hyûga Hinata, à cause de ces mêmes circonstances, je vais devenir mère. Et vous, le père qui devait rester loin de tout ça, vous voulez maintenant… vous investir.

Elle avait prononcé les derniers mots avec difficulté.

— Oui. Mais nous avons encore le temps d'y réfléchir, dit-il avant de poursuivre son repas avec une décontraction qui perturbait grandement Hinata.

Elle avait acquiescé bien qu'elle ne pensait pas disposer d'autant de temps qu'il le suggérait. Elle essaya à son tour de déguster ses mets mais l'agitation qui régnait en elle l'empêchait de profiter des saveurs.

— Vous venez tout chambouler, assena-t-elle à un moment, le regard perdu sur ses derniers bouts de viandes.
— Disons que c'est à mon tour de prendre une décision, répondit-il sans détour bien qu'elle le trouvait navré avec son sourire indulgent.
— C'est vrai que, malgré tout, je vous ai un peu les miennes jusque-là…
— Un peu ? répéta-t-il avec une ironie qu'elle ne savait pas comment interpréter.
— Je fais comme je peux, se défendit-elle, dans le doute.
— Je sais.

Il soupira avant de sourire discrètement. Elle pouvait à présent voir qu'il hésitait à poser ses yeux sur son ventre.

— Je vais essayer de ne pas trop m'imposer aussi, Hinata.

Il la regardait avec ce même air compatissant qui commençait à la rendre mal à l'aise. Elle prit rapidement son sac et en sortit une petite pochette qu'elle ouvrit, ce qui détourna son regard. Avec tendresse, elle posa au centre de la table son échographie qu'elle orienta vers lui. Immédiatement, les yeux de Sasuke regardait la photographie avec une grande curiosité.

— Je peux ? demanda-t-il en désignant de l'index ce qui accaparait toute son attention.

Elle accepta généreusement et il se saisit de l'image avec ses doigts hésitants. Il observait, silencieusement, le visage inexpressif.

— C'est assez flou… commenta-t-il, perplexe.

Hinata retint son rire. Elle pouvait comprendre, l'image ne capturait absolument pas ce qu'elle avait pu découvrir ce jour-là, alors qu'elle voyait clairement à l'écran ce que la sonde percevait.

— C'est vraiment une fille ? demanda-t-il en levant le regard.

Elle devait se reprendre.

— Oui, c'est une fille, répondit-elle avec une voix qui était encore trop marquée des traces de son rire dissimulé. Vous devez confondre avec le cordon ombilical, ou autre chose.
— Hm, hm, marmonna-t-il, apparemment peu convaincu. Et bien tenez, il lui rendit l'image qu'elle rangea. Je ne vais pas vous cacher que ça m'a un peu surpris.

Elle voyait clairement sa déception et pouvait seulement s'empêcher de rire en souriant largement.

— Elle devrait être bien plus visible sur la prochaine échographie, lui dit-elle calmement.
— Je vois que ça vous amuse, répliqua-t-il, un sourire en coin sur les lèvres.

Elle se racla la gorge.

— Excusez-moi. Mais votre réaction, je ne m'y attendais pas.
— Je suis assez terre à terre.

Le serveur passa prendre leurs assiettes.

— Votre grossesse se passe bien ?

Hinata lui répondit que oui, en lui décrivant avec concision l'essentiel. Elle n'entra jamais dans les détails des surprises que lui réservait parfois son corps.

— Donc pas vraiment de changement sur ces deux dernières semaines, conclut-elle.

Le silence qui suivit fut des plus étranges. Hinata aurait pu dire quelque chose mais elle préféra se taire, ayant la désagréable impression qu'ils risquaient de dépasser des limites qu'elle n'avait même pas réussi à établir. Son échographie avait été montrée, ils avaient parlé de sa fille, ils avaient fini de dîner. Plus rien ne semblait justifier leur présence ensemble.

— Je vais parler avec ma femme, dit-il, la sortant brusquement de ses pensées. Nous devrons certainement nous voir à nouveau, tous les trois.
— Oui, elle ramassa son sac qu'elle posa sur ses jambes. Vous savez, je ne veux pas rendre les choses plus compliquées.
— Je sais, il se leva, c'est moi qui les complique. Mais nous allons trouver la solution.

Son regard semblait dire qu'il ne se serait pas mis dans une telle situation sinon.

— Nous l'avons toujours fait jusque-là, n'est-ce pas ?

Elle répondit avec un petit oui. Elle n'était pas parfaitement d'accord avec lui. Ils avaient toujours ignoré des éléments depuis Macao. Ce n'était pas ce qu'elle appelait une solution. Elle se leva à son tour.

— Tenez-moi au courant, Sasuke.

Il acquiesça.

— Je vous laisse sortir en premier ? Votre père doit vous attendre.
— Oh, dit-elle surprise, je ne l'ai pas encore appelé. Vous pouvez y aller sans risque.

C'était notamment un des éléments, et pas des moindres, qui avaient été ignorés. Sasuke sourit à son commentaire.

— Dans ce cas, je vous souhaite un bon retour. Bonne soirée, Hinata.
— Merci Sasuke, vous de même.

Ils inclinèrent tout deux brièvement leur tête et Hinata le regarda partir. Elle se rassit et sortit son portable pour compter les minutes, cinq devraient suffire. Elle appellerait ensuite son père pour qu'il vienne la chercher. Ainsi, s'il se trouvait dans le coin, il ne devrait pas risquer une rencontre avec Sasuke.

Sasuke… Hinata pouvait-elle lui en vouloir ? Après tout, il souhaitait juste connaître sa fille, être un minimum présent dans sa vie. Elle avait été la première à réfléchir à sa parentalité et elle avait pris une décision sans vraiment considérer son point de vue.

Tous deux, portés par leurs désirs, entraînés par leurs statuts et leurs relations, acheminaient sur une voie des plus confuses. Elle allait devoir composer avec Sasuke et sa femme à présent. Elle pensa à son père et à ses amis d'enfance. Elle pensa à Temari et à Gaara. Sa vie n'avait jamais été aussi complexes.

Son père avait répondu. Il arriverait d'ici une dizaine de minutes. Elle savait qu'il n'était pas rentré et l'avait certainement attendue non loin, probablement dans un izakaya*. Hinata se rendit à l'accueil et paya son addition. Quand son père franchit les portes, elle vit son regard fureter.

— Nous pouvons y aller, père, dit-elle en le rejoignant.
— Ton collaborateur est parti ?
— Oui, il y a quelques minutes.
— Ça s'est bien passé ?
— Je le saurais vraiment s'il signe au cabinet.
— Il n'a pas signé ici ?
— Non, il préfère réfléchir.

Il ne fit aucune remarque, mais elle sentait sa déception. Il aurait certainement voulu arriver plus tôt. Hinata essayait au mieux de parler avec naturel de son rendez-vous d'affaires fictif. Mais durant tout le trajet, son père ne lui posa que très peu de questions dessus. Il ne commentait jamais ses réponses. Elle se demanda s'il la croyait.

Quand ils arrivèrent chez elle, le silence de son père l'inquiéta davantage qu'une potentielle remarque acerbe de sa part. Finalement, elle peina à s'endormir, aussi troublée par Sasuke et ses intentions, par Gaara et son repli que par son père et ses probables soupçons.

*izakaya : vous savez, ces lieux au Japon où se réunissent les collègues, les personnes de bureaux après le travail, les amis, mais pas que. Il boivent, ils échangent, ils mangent, c'est convivial.

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NDA ~

Oui, je sais, je suis en retard de presque un mois. Ne m'en voulez pas trop siouplaît. Ce chapitre était une vraie galère, j'ai pris un temps fou pour l'écrire. Enfin, j'espère qu'il vous aura plus !

Traditionnelles questions : Pensez-vous que Gaara s'en sorte aussi bien qu'il l'écrit à Hinata ? Après ce resto, que pensez-vous de Sasuke ? Et Hiashi, aurait-il vraiment des soupçons ? Lesquels seraient-ils ?

News :
- Toutes les corrections que j'avais entreprises sont terminées. Les chapitres sont mis à jour, le résumé de CA est mis à jour (l'ancien ne correspondait plus vraiment) et l'intrigue est mise à jour !
- Autant j'étais dans le flou pour le futur de CA quand j'ai écrit le précédent chapitre, autant maintenant, je sais exactement où je vais et peut même vous dire qu'il y aura un total de 42 chapitres et, peut-être, un épilogue. Je n'avais pas l'intention de faire cette fic si longue, mais avec tous ce que j'ai introduit à ce jour, c'est le seul moyen de la continuer sans ignorer ce qui est déjà écrit.
- Alors l'insta... c'est clairement pas adapté, je le sais depuis longtemps mais je m'entêtais... il est fermé xD. Par contre, mon profil ici va me servir de vitrine pour vous communiquer les MAJ, les news, et tout ce dont j'ai envie.

N'hésitez à commenter ^^

À la prochaine !