Chapitre 24

OoOoOoOoOoO

- Chier !

Vous vous laissez glisser le long de la gouttière en vous accrochant d'une main, et de l'autre, vous décrochez votre portable.

- Sougo ! Le voleur se dirige droit vers toi... Choppe-le, on n'aura pas d'autre chance !

- Compris.

Vous raccrochez au moment où vos pieds touchent le sol et vous penchez aussitôt pour vérifier les constantes de votre espion inconscient sur le sol. Ouf, il est vivant... il a peut-être quelque chose de cassé ceci dit, et il a probablement reçu un coup sur la tête. Tout en contactant l'équipe médicale, vous tendez l'oreille avec anxiété en guettant tout mouvement dans les rues alentours. Quelques minutes plus tard, des voix se font entendre ; ça vient de cette rue... Vous vous redressez quand vous voyez trois silhouettes se dessiner dans la pénombre. Plus précisément, deux debout et une traînée par les deux autres...

- Oh, Hijikata-san, qu'est-ce que qui est arrivé à Yamazaki ?

- C'est bon, il va bien, il est juste... Mais on s'en fout, explosez-vous, qu'est-ce qu'il fout là, lui ?

- Euh... Bonsoir, Hijikata-san, vous salue le garçon binoclard qui était arrivé en traînant l'autre bras du fugitif. C'est une surprise pour nous aussi, je vous l'assure...

- Comment ça, « nous » ? Tu veux dire que ton abruti de patron est là, lui aussi ?

- Eh bien, oui, répond-il en faisant l'impasse sur votre insulte, et Kagura et Sadaharu également... C'est notre amie, Tetsuko, qui a eu vent de ces cambriolages et qui nous a demandé de venir l'aider à monter la garde dans sa maison...

- Tetsuko, ce n'est pas la nana qui forge les sabres ? intervient Sougo.

- Si, c'est elle...

- Celle qui habite dans la maison d'où est tranquillement sorti le voleur il y a moins de dix minutes ? ajoutez-vous.

- Euh... On ne dirait pas comme ça, mais c'est très difficile de surveiller toutes les issues en même temps dans un atelier, c'est très aéré, il y a beaucoup d'ouvertures...

- Toujours est-il, Hijikata-san, l'interrompt Sougo, que je suis tombé sur celui-là qui courrait après notre homme pendant que j'en faisais autant, à tel point que je l'ai pris pour son complice. Sur le moment, j'ai failli l'égorger...

- Je confirme...

Maintenant qu'il le dit, c'est vrai que le garçon est un peu pâle, comme quelqu'un qui a vu passer la Shinigami d'un peu trop près...

- … Et du coup, poursuit Sougo, vu que je l'ai épargné et que j'ai perdu un peu de temps à cause de lui, il s'est gentiment proposé pour m'aider à le rattraper et le ramener jusqu'ici.

C'était sans aucun doute une manière très personnelle de voir les choses, ce que semblent confirmer les vagues marmonnements du gosse Shimura. Mais ça ne vous préoccupe guère pour le moment : votre attention est bien davantage retenue par le corps inconscient traîné par les deux jeunes hommes.

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Mission accomplie ! On se retrouve au chapitre 39 pour l'interrogatoire.