Bon... J'ai vraiment braiment honte.
Plus d'un an que j'ai disparu de la circulation... je suis très en colère contre moi-même. Je suis infiniment désolée. Sachez que je n'ai pas abandonné, J'ai juste été dépassée...
Je suis vraiment vraiment désolée.
J'espère quand même que ça vous plaira.
Je vous adore.
~ paopu.
J'avais l'impression de partir. C'était une sensation glaçante, comme si j'étais très loin de mon salon, de mon sofa, de Demyx, Zexion et mes filles. Et pourtant, mon corps était bel et bien là, affalé, tandis que mes yeux fixaient le plafond.
Je n'entendais rien d'autre que ma respiration, et même le rire de mes filles me paraissait distant, alors qu'elles n'étaient pourtant qu'à quelques pas de moi.
J'avais l'étrange sensation d'être enfermé à l'intérieur de moi-même, dans un brouhaha assourdissant que j'étais le seul à entendre.
Mes pensées se bousculaient. Tout se passait en même temps. Mon livre, les jumelles, Roxas, ma mère, Roxas, le psychiatre vraisemblablement taré, Larxène qui le défend, Roxas, Roxas, Roxas…
A quoi bon me mentir, je ne pensais qu'à lui, en réalité. J'essayais vainement de fuir son nom, qui revenait, comme une prière, une litanie lugubre, dans le creux de mon esprit.
En à peine quelques jours, il s'était fait une place de choix dans mon âme. Un nid chaud, duveteux, bordé de toute la haine, du désir et de la fascination presque morbide que je lui portais.
J'avais énormément de mal à me l'admettre, mais il était temps d'être honnête. Ce type m'obsédait. Une obsession étrange, trop intense, trop vive pour être saine.
J'avais l'impression de devenir fou quand il me regardait. Je voulais le dévorer quand il me souriait, et l'enfermer dès qu'il ouvrait la bouche et que sa voix douce racontait l'indicible avec innocence.
Je n'aurai su dire s'il s'agissait d'amour.
Si c'en était, alors ça n'avait rien à voir avec ce que j'avais ressenti autrefois pour Larxène. Et si ce n'en était pas… Alors qu'est-ce que c'était ? La haine n'est pas censée faire battre le cœur ou exciter la libido. La haine n'est pas censée donner l'envie de partager le lit de la personne qui en est l'objet.
J'aurai préféré qu'il ne s'agisse que d'un désir passager, un simple besoin de sexe. Mais les aventures d'un soir ne faisaient pas naître de pareille obsession, ou du moins cela ne m'était-il jamais arrivé.
Je sentis une main se poser sur mon genou, et celle-ci me sortit brutalement de ma transe. Alors que je baissais la tête pour voir de qui il s'agissait, mon regard rencontra une grande paire d'yeux bleu roi, qui me regardait avec curiosité. Mon cœur s'arrêta soudainement dans ma poitrine.
Devant moi, avec un air curieux, se tenait la jolie tête blonde de Naminé.
─ Est-ce que tu es en train de mourir ?
Elle avait une petite voix d'enfant, ingénue, un peu sarcastique peut-être, ce qui était surprenant pour une fillette si jeune. Malgré moi, un sourire fleurit sur mon visage.
─ Non, Naminé. Désolé, mais pas encore.
Je fus surpris de la chaleur nichant dans le creux de ma voix. Je me trouvais beaucoup plus tendre que je ne me croyais pouvoir être. Elle sembla satisfaite de ma réponse alors qu'un petit rire passait sa bouche.
─ Tu devrais peut-être jouer avec nous. On ne sera pas ici très longtemps, tu sais.
Juste derrière elle Kairi leva un regard choqué, ses grands yeux bleus parfaitement identiques à ceux de sa sœur violemment écarquillés et ses joues avaient pris une charmante couleur pivoine.
A côté d'elle, Demyx me lança un sourire encourageant.
Je soupirai et me levai pour rejoindre ce charmant petit monde.
Kairi me lança un regard noir avant de retourner à son dessin. Naminé me tenait par la main, et l'idée que cette même main avait été, peu de temps auparavant, en train de caresser le corps d'un monstre me donna une désagréable sensation de nausée. Je serrai un peu plus la minuscule main dans la mienne.
Elle m'incita à m'asseoir près d'elle et de Kairi, puis commença à me montrer une multitude de dessins qu'elle avait fait depuis qu'elle était arrivée.
La plupart représentait Zexion, mais il y en avait de Demyx, de Kairi, et il y en avait même un de moi.
Mais ce qui me surprit le plus fut le dessin de Roxas. Naminé était étonnamment douée. Même si ses coups de crayon étaient enfantins, il y avait dans ses croquis une sensibilité indéniable qui accentuait leur beauté innocente.
Avec un sourire, je me penchais sur les feuilles de Kairi. Elle dessinait nettement moins bien, et ne semblait pas très à l'aise. Elle me regardait avec défiance, comme si elle s'attendait à ce que je la critique.
Je me contentai de lui sourire, un sourire que j'espérai tendre et rassurant. Cela lui fit piquer un fard et détourner la tête avec une moue énervée que je trouvais absolument adorable.
Près de moi, Demyx m'offrit un sourire amusé qui se voulait apaisant.
Je lui lançai un sourire en retour, sourire que je perdis dès que Roxas émergea de nouveau dans mon champ de vision.
Sans que je puisse m'en empêcher, un air mauvais déforma mes traits et une remarque mordante teinta ma langue d'amertume. Je dus la mordre pour que les mots, que je savais sifflants et mordants, ne passent pas la barrière de mes lèvres.
Lui, dans sa grande insolence et dans son mépris absolu de mon tourment, me sourit. Il avait, à cet instant, un air supérieur, moqueur, et perfide.
L'envie viscérale de lui éclater mon poing au milieu du visage fit chauffer mes entrailles.
L'instant d'après, une folle envie de l'embrasser et de le retourner sur la table du salon titilla mes sens.
Je suis si désolée, plus d'un et tout ça pour ça.
J'espère que vous l'aimerez quand même.
Je vous aime fort!
~ paopu.
