Yo !
En cette période de Noël, je crois que le monde a besoin de fluff. Comme s'il n'y en a assez. Et pour ceux que le fluff fait vomir … Ils ont besoin de personnes encore plus fragiles qu'eux à qui s'identifier ? Nan en vrai j'essaie juste de voir si mon chapitre leur plairait.
En tout cas, fluff it is ! Bonne lecture !
5 sens : le goût, 5
Chocolat chaud
Eijiro ne peut pas comprendre comment ils sont arrivés là. Ils sont dans un genre de bar qu'il sait être le QG de la Ligue des Vilains, une musique jazzy joue en fond sonore et on lui a fiche un chocolat chaud dans les mains sans qu'il demande rien. Et il est bizarre, ce chocolat chaud, Eijiro est certain qu'il le brûle – oui, un goût d'alcool et de piment. Sur un canapé, Izuku Midoriya et Katsuki sont assis.
Katsuki n'a pas touché au thé qu'on a mis devant lui. Peut-être parce qu'Izuku Midoriya a réquisitionné ses deux bras pour s'y blottir. Peut-être aussi parce qu'il semble atrocement mal à l'aise. Le vilain, lui, sirote son café, dodeline de sa tête où du sang a coagulé. Seule la blessure à son ventre a été pansée, le reste est à l'air libre, et Eijiro ne peut que compatir à l'avance à l'horreur de nettoyer du sang séché dans des cheveux. Midoriya dodeline de la tête et chantonne sans discontinuer, un sourire sur les lèvres qui effraie Eijiro.
« Tu veux peut-être manger quelque chose ? »
Le vilain a redressé la tête. Eijiro se demande s'il lui propose un dernier repas. S'il va le tuer.
« Je suis un hôte horrible, mes excuses, je n'ai pas l'habitude de recevoir. »
Quand ils sont remontés de la cave, le vilain a fait vider la salle illico presto et personne n'a ne serait-ce que fait objection. Eijiro ne sait pas exactement qui est ce type, ce qu'il a fait, parce que les images qu'il a de lui se superposent sans se lier les unes aux autres. Il se demande si sa boisson est droguée, mais face au regard du vilain il n'a rien pu objecter.
« Red Riot ?
— Oh, foutu nerd ! Tu vois bien qu'il est mal !
— Il est mal ? Mais pourquoi ? Red Riot, c'est vrai ce que dit Kacchan ? »
Eijiro remue un peu pour se rasseoir, boit une gorgée. Le vilain doit être sacrément renseigné, pour savoir combien il aime le chocolat chaud – et il doit bien être drogué, ou au moins alcoolisé, parce qu'il sent que ça le détend. Le piment le fait sursauter chaque fois, mais la douceur revient.
« C'est que … je comprend moyen ce qu'on fout là …
— Hein ? Mais on boit un café ! Ça se voit, non ? »
Donc ils prennent juste un café. Et après ? Tout fait si peu de sens qu'il sent que son crâne va exploser.
« Oh ! Tête de piques ! Aligne tes neurones, Deku va pas te buter.
— Il croyait que j'allais le tuer ?
— T'es un peu son ennemi, abruti.
— Oui, mais c'est ton ami ! Et comme tu es mon ami, les amis de mes amis sont mes amis, ceci dit dans ce cas l'ami de mon ami est mon ennemi mais c'est parce que mon ami est aussi mon ennemi, mais à prendre en compte le contexte on se comporte plus comme des amis, puisque je l'ai détaché, mais ce fait suggère que je l'ai effectivement attaché avant mais je ne l'ai pas tué, alors que j'aurai pu, vraiment beaucoup de fois, parce que Kacchan a mis beaucoup de temps à venir, si j'avais voulu le tuer il serait déjà mort, ça se voit –
— La ferme, Deku. »
Le vilain fait la moue, remue la main vers le comptoir où il a forcé un jeune à rester. Les cheveux décolorés en un blond criard, il est plutôt musclé, plus grand que Katsuki. Eijiro n'a jamais entendu parler de cette personne en tant que vilain, mais il pourrait être surpris. Il doit avoir un peu moins de vingt ans, et il se roule presque aux pieds de Midoriya quand il lui apporte un paquet de cigarettes. Le vilain lui tapote le haut de crâne et il retourne derrière le comptoir en quatrième vitesse.
« C'est un nouveau, explicite le vilain en allumant sa cigarette. Dabi pense que Shigaraki va le tuer avant la fin de la semaine, mais moi je suis certain qu'il tiendra au moins jusqu'à septembre. Il a beaucoup gagné en maîtrise de lui. »
Eijiro manque de s'étouffer avec son chocolat. Il fixe Midoriya qui se prend une légère frappe sur le haut du crâne, une remarque de Katsuki et qui sourit. C'est étrange, comme ça a l'air de fonctionner. Soudain il revoit ce qui, une demi-heure plus tôt, l'a poussé à lier leurs mains. Cet instinct primaire qui lui dit qu'ils vont ensemble, que c'est leur place. Leur lien qui devient visible. Et malgré leurs différences, malgré l'antithèse de leurs objectifs, ils vont bien ensemble. Comme ce chocolat chaud plein de piment, le sucre et la brûlure. Izuku Midoriya lance comme si de rien une question de vie ou de mort, et Eijiro ne peut pas s'empêcher de grimacer. Il songe, aussi, que Katsuki le tuerait s'il lui avouait que dans cette métaphore, c'est lui le sucre.
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Voilà ? Nan, sérieusement, avec tout ce qu'ils ont vécu, j'avais besoin de tenter un fluff avec eux, et j'avais bien envie depuis un certain temps de mettre un regard extérieur à leur relation.
Du coup, c'était comment ?
À très vite !
