Mot du jour : Ubuesque


Nouvelle-Zélande ne comprenait toujours pas très bien ce qu'il s'était passé.

Tout allait bien, il était à une réunion du Commonwealth, personne ne disait rien d'intéressant et ça convenait à tout le monde. Et puis tout était allé très vite. Alfred était entré en hurlant à la cantonade qu'il cherchait quelqu'un, avait vu Toby du coin de l'oeil et pouf ! Deux clignements d'oeil plus tard, le petit brun s'était retrouvé avec Egypte qui avait l'air tout aussi perdu, avec l'américain qui parlait beaucoup trop vite pour que les deux comprennent le sujet.

Et deux semaines plus tard, les deux bruns se retrouvaient dans la situation ubuesque où ils visitaient ensemble tous les lieux de Nouvelle-Zélande où le tournage du Seigneur des Anneaux avait eu lieu.

Heureusement, ils n'en faisaient qu'une partie en randonnée et avaient eu le temps de parler et d'échanger un peu plus. Toby avait ainsi comprit que Gupta était un grand fan de Tolkien, ce qui était... pour le moins inattendu. Mais en approfondissant un peu, le Kirkland avait compris la passion de l'égyptien pour les mythologies complexes et longuement développées. D'où sa fascination pour l'écrivain britannique, qui avait réussi en une vie ce que certaines civilisations mettaient des siècles, voire des millénaires à construire.

- Après, Tolkien a pris énormément à la mythologie nordique et aux légendes populaires du moyen-âge anglais et européen, argumentait le néo-zélandais.

- Même en prenant en compte ces inspirations, il a retravaillé un grand nombre des créatures dont il s'est inspiré pour leur donner un tout nouvel aspect, contrait Gupta.

Et leur discussion pouvait durer des heures. En fait, ils ne s'interrompaient que lorsqu'ils arrivaient sur un lieu de tournage, Toby se faisant alors un plaisir de raconter toutes les anecdotes auxquelles il avait assisté (avantage d'être la nation hôte). L'égyptien l'écoutait avec une attention totale, posant régulièrement des questions sur le choix d'une scène ou l'attitude des acteurs.

Au bout de quelques jours, les deux nations sentaient qu'une solide amitié, sinon plus, était en train de se créer autour de ces vacances de Noël imprévues.

Gupta fut surpris d'apprécier autant la compagnie du néo-zélandais, mais son charme candide et son intérêt sincère pour les histoires étaient tout bonnement fascinants. Et les yeux verts de la jeune nation n'étaient pas dénués d'attrait.

Toutefois, pour célébrer dignement leur dernier jour ensemble, Toby l'emmena assister à une rencontre de rugby apparemment calme et détendue, auquel la nation participait.

Au bout des quatre-vingt minutes, l'égyptien ne savait plus trop s'il devait admirer la confiance et la puissance physique que son hôte déployait sur le terrain, ou s'il devait être effrayé et se montrer extrêmement prudent dans ses avances.

Dans le doute, il décida de faire les deux.