Salutatiooons !
Joyeuses fêtes de fin d'année mes bichons ! Papa Noël a-t-il été généreux avec vous ? Le pied du sapin débordait-il de cadeaux ? J'ai presque honte, mais mon Noël à moi a foisonné de cadeaux Marvel, c'est dingue. Comme si papa Noël me connaissait hyper bien. J'avais rien demandé en plus ! Faut croire que mon fanatisme n'est plus un secret (l'a-t-il jamais été ?)
Parlons peu parlons fic ! Et c'est l'arrivée fracassante de Thor ! Et Natha...lie 8D pas d'emballement les enfants, qui a parlé d'une Natasha ? Vraiment, je ne vois pas. (Comment ça je dupe personne ? chuuut pour les deux du fond qu'ont pas suivi). J'ai vraiment pris mon pied à écrire ce Livre du Feu, j'espère qu'il vous plaira ^^
Itsme : Aaaah merci :D Ça me fait trop plaisir que t'ai aimé, parce que cette partie part sur quelque chose d'un peu plus dynamique comme ça, du coup ça me donne confiance pour la suite ! "relation de confiance avec Tony" c'est exactement ce que je voulais transmettre, oui ! (ah bah d'ailleurs quand on voit le nom du chapitre qui arrive... x)) Et évidemment que je poste encore à Noël, penses-tu ;) j'ai au contraire plus de temps pour ça pendant les vacances (même si je bloque un peu dans l'écriture en ce moment, passage à vide... vos commentaires me booste comme toujours, heureusement que vous êtes là)
Mutekiam : Yes tu as fait les liens \o/ trop forte :D j'étais pas sûre d'être explicite sur le coup, puisque Loki est prince de l'Air, en toute logique Thor devrait être un maître de l'Air aussi... 8) Mais non, héhé ! Dans la suite je vois vraiment mon Thor comme celui des deux premiers films, un peu pompeux mais très attachant (pas celui de Ragnarok, donc, encore moins celui des derniers Avengers ! Le Thor qui casse encore sa chope de bière pour en demander une autre quoi) Tu me diras ce que tu penses de lui ^^ Ah non, ne te censure pas ! C'est quoi ton jeu de mot, je veux savoir maintenant xD t'en as trop dit ou pas assez :3 (par mp ça le fait sinon ^^)
Luna : Hey bonjour toi :D merci beaucoup pour ton commentaire, ça fait très plaisir de voir de nouvelles têtes de temps à autre :) Loki arrive, moi qui le promets depuis plus de 20 chapitres déjà ^^' je pense qu'on le voit sans mal arriver dans cette partie du Feu, avec Thor pas loin, c'est nécessaire ! En tout cas merci de prendre le temps de lâcher une review si positive, ça fait du carburant pour l'auteure 8)
Chapitre 25 - Confiance
Tony était resté plus longtemps que les autres au banquet. Heureux comme un prince, il prenait un malin plaisir à être au centre de l'attention. Les gens se pressaient autour de lui et échangeaient avec entrain, le milliardaire jouait de connaître leur nom et d'en user pour les flatter.
Il savait se faire apprécier.
Beaucoup l'interrogeait sur ses séjours au Nord et dans la Terre, lui posaient des questions de curieux n'ayant jamais voyagé.
« Est-il vrai que les gens au Nord boivent le gras du morse pour se réchauffer ? »
« J'ai entendu dire que les terreux ne se lavent jamais. »
« Il parait que le roi de la Terre est un véritable dictateur. »
« Et comment sont les femmes, là-bas, Tony ? »
Et l'ingénieur s'amusait à grossir le trait, décrire les citoyens de l'Eau comme plus frigides que des stalactites, les habitants de la Terre des paysans qui prenaient des bains de boue, et le roi de la Terre comme un homme très distant.
Steve et Gamora en furent vite agacés, ils battirent en retraite dès que la décence le leur permis. Peter les suivit, déçu. Loki avait disparu depuis longtemps déjà.
À la fin, ne restait que Rhodey. L'ingénieur et son allié de toujours, le Général de l'armée du Feu, parlaient fort dans les rues éclairées de la capitale. Ils rentraient vers la maison Stark, James Rhodes soutenant son ami qui avait du mal à tenir debout.
« Tony, t'abuses, sermonna le général. Tu dois donner ta première leçon demain et là tu marches pas droit ! »
Pour le contredire l'ingénieur se redressa aussitôt, refusant de prendre appui plus longtemps sur cette épaule médisante.
« Je gère Rhodey. J'ai sur-hic-vécu à pire.
— Tu vas donner un bel exemple.
— Pff. Ça risque pas. »
Nouveau chancellement, James se positionna en béquille de secours et Tony l'accepta, déjà oublieux de sa contrariété éphémère.
« Ça sera pas pire que ce qui a été fait jusque-là ! bafouilla-t-il.
— Pourquoi, ça s'est passé comment, jusque-là ? questionna, curieux, le militaire. T'as beaucoup parlé ce soir, mais t'as un peu omis le plus important. Ça se passe bien avec les autres ? »
Tony se décala à nouveau, il ne voulait pas aborder ce sujet-là. Son humeur était à la fête, pourquoi Rhodey l'embettait toujours avec des questions qui fâchaient ?
« Allez, Tones ! l'encouragea l'homme à la peau sombre. Rogers, il est comment ?
— C'est un idiot.
— Ah, tu l'apprécies ! »
Tony eut un mouvement d'hésitation. Il avait pourtant l'impression d'encore contrôler les mots qui sortaient de sa bouche.
« Je viens pas de dire que c'était un idiot ?
— C'est la manière dont tu l'as dit qui t'as vendu, » sourit le général.
Pour toute réponse Tony leva les yeux au ciel, mais son ami ne le laissa pas s'éloigner très loin.
« Donc tu l'aimes bien ? Tu lui fais confiance ? »
Confiance ? Rogers ? Rhodey aussi avait trop bu.
« C'est un idiot, maugréa l'ingénieur.
— Tu l'as déjà dit. »
Ben oui mais il n'avait pas l'air de vouloir l'entendre. Non, Tony n'irait pas avouer qu'il – s'il ! s'il, c'était ce qu'il avait voulu dire – faisait confiance à Rogers. D'ailleurs, il faisait encore moins confiance à...
« Nathalie.
— Rushman ?
— Elle, je la sens pas.
— Ah non ? s'étonna l'homme sobre. T'as passé ta soirée à la reluquer.
— Je l'ai déjà vu.
— Où ça ?
— 'sais pas. Mais c'était pas au Conseil. Elle cache un truc... »
Tony fit un intense effort de concentration. Il avait prévu de demander un truc à James, c'était quoi déjà ? Il s'arrêta dans sa marche titubante lorsque ça lui revint en mémoire.
« Vérifie d'où elle vient.
— Tu veux que j'enquête ?
— Elle m'a dit son île... Sai... Gon... Suajon ? Suijon ! Elle vient de Suijon ! Tu peux regarder ?
— Je ne sais pas Tones...
— S'te plait, elle est pas nette je t'assure. »
James acquiesça sans rechigner davantage, il avait appris à se fier aux intuitions du génie. Il ferait ce qu'il pourrait. Si vraiment Nathalie Rushman n'était pas qui elle prétendait être, mieux valait le découvrir rapidement. Il abandonna l'homme ivre au pied de ses escaliers en lui souhaitant la bonne nuit, le sommant de ne pas être en retard pour la première leçon de l'Avatar.
Steve toqua à la porte de Gamora. La mercenaire acceuillit le soldat avec un brin de retenue, elle ressentait, dans la terre ferme enfin retrouvée, qu'il n'était pas venu échanger des banalités. Il s'autorisa à refermer la porte derrière lui, et s'assit en bout de lit. Elle l'imita.
« Je m'inquiète pour la sécurité de Peter, entama-t-il.
Gamora l'étudia d'un œil attentif.
« Ça ne concerne pas les esprits, comprit-elle.
– Non, en effet. »
Il dévoila sous sa ceinture la flèche récupérée quelques jours plus tôt. Après une seconde de surprise, Gamora s'en saisit et commença à l'étudier.
« Je l'ai découvert dans les débris de la cité royale de Ba Sing Se, expliqua-t-il, encastrée dans un rocher.
– C'est du métal pur. »
Steve fut rassuré que son hypothèse soit confirmée, il pouvait au moins exclure la possibilité que Gamora soit derrière la conception de l'objet.
« Elle provient peut-être de la garde de T'Challa, tenta la femme.
– Avez-vous vu des archers à Ba Sing Se ?
– Non... aucun. Mais alors, qui ? »
Il hésita, avant de désigner sur la flèche les parties les plus sophistiquées, comme si de la technologie y avait été incrustée. Il connaissait peu d'ingénieurs aptes à confectionner une telle flèche.
« Vous suspectez Stark, comprit-elle immédiatement. C'est impossible, il ne s'en prendrait jamais à l'enfant.
– C'est également de mon avis, mais admettez que la possibilité est troublante.
– Tony Stark n'a aucune intention cachée. »
Le soldat voulut questionner la force de cette conviction qu'il ne connaissait pas à sa collègue, mais son silence le fit pour lui.
« Il est peut-être... moins insouciant que ce que je pensais, s'expliqua-t-elle. Même s'il a créé cet objet, il ne peut avoir cherché à nuire à Peter ou au Royaume de la Terre, croyez-moi. Je vais mener l'enquête de mon côté, mais je pense qu'il reste notre meilleure chance de découvrir à qui nous avons à faire. Vous devez lui en parler. »
Steve considéra Gamora avec un œil nouveau. Il n'avait pas anticipé que ce soit elle qui l'enjoigne à faire confiance au milliardaire. Il aborda cette idée avec optimisme, il leur restait peut-être de l'espoir, après tout.
Il rangea soigneusement l'objet dans sa ceinture.
Et après un hochement de tête entendu, quitta la mercenaire.
Le lendemain matin, Tony ne fut pas en retard. Il portait des lunettes d'aviateur qui n'avaient pas pour objectif de protéger ses yeux du soleil, mais il n'était pas en retard. Il retrouva l'Avatar assis sur les marches en bois.
« Paré ? » salua-t-il, laconique.
Peter lui répondit en se levant mollement. Tony l'observa par-dessus ses lunettes fumées. Il l'avait connu plus enthousiaste.
« Ça ne va pas ?
— Pourquoi tu as raconté ces mensonges hier ? »
Ah.
Ça lui apprendrait à se soucier de l'humeur des autres.
« De quoi tu parles, feignit-il, agacé.
— Sur les peuples de l'Eau et de la Terre, et sur le roi T'Challa aussi. Tu as inventé toutes ces histoires.
— J'ai peut-être légèrement exagéré... éluda-t-il d'un mouvement de main.
— Tu as menti... »
Le gamin avait l'air davantage triste qu'en colère, et ça n'arrangeait pas les affaires de l'industriel.
« Je leur ai juste dit ce qu'ils souhaitaient entendre.
— Steve m'a expliqué que c'était à moi d'assurer l'harmonie entre les peuples, expliqua le garçon, que c'était fondamental au maintien de la paix. Si les gens se font des fausses idées des autres nations, l'harmonie ne peut pas se faire. À quoi ça sert de raconter des mensonges alors que les gens de la Terre sont comme ceux du Feu ?
— C'était rien Peter, s'obstina le milliardaire. C'est ce qui se fait pour amuser la galerie, c'est inoffensif et sans conséquence.
— Ils ne savent pas que tu exagères, ils te croient. Ils ne pourront pas vérifier par eux-mêmes.
— Ils discernent le vrai du faux, ne t'inquiètes pas...
— Non, je ne pense pas. La plupart penseront vraiment que les habitants de Gaoling se roulent dans la boue. C'est ce que tu penses de moi ? »
Ah, la claque ! Évidemment que non, la caricature grossière et hilarante n'incluait pas l'enfant. C'était une caricature.
« Non, bien sûr que non, » s'agaça-t-il.
Pourquoi tant de sérieux quand le monde ne réclamait jamais qu'une bonne crise de rire ?
« Tu me fais confiance ? demanda le fils de la Terre.
— Oui, je te l'ai dit. »
Impossible de se contredire à présent.
« Tu me crois quand je te dis que c'est une mauvaise idée ? »
Il soupira.
« Oui, Peter.
— Steve et Gamora ont été vexé, je crois. Tu irais leur parler ? »
Ben voyons, des excuses maintenant ! Bon sang l'audace de ce gamin n'avait d'égale que sa diplomatie.
« On verra. »
Peter se tenait déjà sensiblement plus droit, et Tony comprit qu'il avait obtenu ce qu'il voulait. Une leçon par un gamin de treize ans. Voilà ce que Tony Stark venait de se recevoir.
« En route. »
Il mena la marche et l'Avatar le suivit sans protester, sans savoir où ils allaient.
L'ingénieur ne pipa mot durant la demie-heure qui suivit et Peter présuma qu'il l'avait un peu contrarié. Mais il avait passé une très mauvaise nuit, hanté par l'image du milliardaire qui déversait quantité de mensonges à la minute, déformant la réputation des peuples voisins pour le divertissement général et sans éthique ni considération pour les représentants desdits peuples. Ce comportement l'avait tourmenté une bonne partie de la soirée. Il avait atteint la conclusion qu'il devait en parler à Tony, et passa l'autre moitié de la nuit à chercher les mots appropriés pour aborder le sujet.
Tony avait ôté ses lunettes teintées. La douche froide lui avait rincée sa gueule de bois. Le maintien de la paix et l'harmonie des peuples, voilà le genre de leçons que Rogers lui avait enseigné. Ça lui faisaient une belle jambe ! Maintenant le sentiment de culpabilité lui donnait un arrière-goût désagréable qu'il irait bien dissoudre dans un verre de liqueur.
Il se força à ravaler son irritation. Pour faire plaisir à l'Avatar – et oui, d'accord, peut-être aussi parce qu'il n'avait peut-être pas tout à fait tort – Tony ferait des efforts. Il cesserait de véhiculer des clichés et lui donnerait raison, pour montrer l'exemple. Et parce qu'il était un bon mentor.
De là à aller s'excuser à Steve et Gamora, il ne fallait peut-être pas trop en demander.
En silence, ils suivirent un sentier hors de la ville qui menait en pente douce vers des hauteurs délaissées par les constructions humaines. Collines de granite noir irrégulières depuis lesquelles la cité du Feu était à portée de vue. De l'autre côté des reliefs, une grande forêt verte s'étendaient jusque derrière l'imposant volcan.
Tony s'arrêta une fois au sommet de l'une des buttes.
Le soleil rayonnait en pleine ascension, il aurait conquis les cieux dans quelques heures à peine. Il réchauffait avec générosité la cité lovée au pied de la montagne noire ainsi que les deux maîtres perchés sur leur dune de lave séchée.
« La maîtrise du Feu est aidée par le soleil, affirma soudain l'homme en rouge – et le fils de la Terre fut presque soulagé d'enfin entendre le son de sa voix. Mais ça, tu le sais déjà. »
Tony invita Peter à s'asseoir en lotus et s'accroupit à ses côtés.
D'un claquement de doigts le feu naquit au bout des phalanges de l'ingénieur. Une petite flamme rouge et jaune qui n'éblouissait pas.
« Tends tes mains. »
Le disciple s'exécuta.
L'ingénieur supporta de sa main libre celles de l'enfant et approcha la flamme du bout des doigts. Peter grimaça par anticipation d'une brûlure, fut surpris de constater que la chaleur était douce. Le maître déposa délicatement le feu vacillant aux creux des paumes du garçon. Peter observa, ébloui, le feu crépiter au cœur de ses mains toujours nichées dans celle plus large de son mentor.
« Le feu que tu maîtrises aura la chaleur et la destruction que tu lui insuffles. Il n'est pas un élément ravageur par nature, il le devient seulement si tu le choisis. C'est pourquoi il ne faut pas en avoir peur. C'est toi qui le contrôle. »
Tony insista sur ces derniers mots et Peter s'était perdu dans les reflets dorées de son nouveau trésor. Il sentit la main de l'ingénieur abandonner progressivement son soutien, et constata, béat, que la petite flamme était encore là.
La main de Tony disparue, et la flamme toujours en vie.
Le milliardaire se redressa, et Peter resta hypnotisé par la vie qui s'agitait entre ses dix doigts. Comme un petit cœur qui bat.
« Ta respiration te permet de doser la puissance de ta maîtrise. Contrôle ton souffle, et tu contrôles ton feu. Essaie. Inspire et expire fort. »
Peter obtempéra, dès la première inspiration il fut surpris d'apercevoir sa flamme brusquement vaciller. Comme s'il avait soufflé trop fort sur une bougie allumée. Il expira avec plus de douceur, et les tremblements de son feu furent atténués.
Il reproduisit l'exercice, médusé de constater que son trésor dansait au rythme de sa respiration. Il eut besoin de le répéter un bon nombre de fois avant de cesser d'être surpris, de parvenir à stabiliser son souffle pour ne plus perturber la douce ondulation de ses vagues rouges et or.
Alors Tony lui demanda de faire grandir la flamme. De ressentir la chaleur du soleil sur sa peau et d'en transmettre l'énergie jusqu'au creux de ses mains. Quelques profondes respirations plus tard, et la flamme grandit. La grande sœur de deux fois la taille de la petite avait pris place dans les mains de Peter.
Le maître réclama ensuite l'exercice inverse.
« Laisse la s'atténuer, doucement, jusqu'à disparaître. »
Diminuer, progressivement, l'afflux d'énergie. Atténuer l'intensité jusqu'à ce que l'amie enflammée s'endorme, sans brusquerie.
Cet exercice-là demanda plus de temps à Peter. La flamme tremblota, oscilla dangereusement, menaça de rompre l'enchantement, jusqu'à ce qu'elle se calme, s'amenuise, fatiguée de ses excès, se réduise à la taille d'une étincelle d'allumette, et s'évanouit enfin dans un soupir indiscernable.
Tony à nouveau s'accroupit.
« Fais la revenir. »
Peter ferma instinctivement les yeux, s'imagina vouloir faire grossir son alliée qui n'avait pas tout à fait disparut. Elle était là, dans sa peau, dans son souffle, il lui suffisait de lui redonner un peu de chaleur. Il prit une profonde inspiration, et lorsqu'il rouvrit les yeux constata son feu ravivé, flamme endiablée, à nouveau danser entre ses doigts.
Il avait généré son propre feu.
Et le sourire de Tony pour le récompenser.
« Félicitations Peter. Tu es un maître du Feu. »
Loki était confiné dans sa chambre. Il aurait été inexact de le décrire comme un lion en cage, ou alors un lion remarquablement calme qui ne faisait aucune vague. Les mains dans le dos, il faisait quelques pas dénué de toute nervosité apparente.
Il fallait le connaître pour savoir que cette attitude trahissait en fait un bouillonnement intérieur démesuré.
Un "entraînement".
Ce mot l'obsédait depuis qu'il avait été prononcé.
En cinq ans, l'insolent guerrier n'avait pas changé. Il s'était même empiré. Conforté par sa nouvelle stature royale indûment acquise, il se pavanait comme un paon persuadé d'être le plus beau, le plus fort. Déjà Loki avait abhorré l'extravagance de l'individu lorsqu'ils se côtoyaient, alors maintenant, il était mis au supplice.
Un entraînement.
Thor voulait se venger. Le prince ne voyait que ça. Il voulait se venger de ce que Loki avait infligé à sa famille. Il allait lui faire payer, exécution publique, pour tous les crimes dont il l'accusait. Comme si l'exil n'avait pas suffit !
Mais alors pourquoi l'avoir nommé Mentor de l'Air si ç'avait été pour le tuer plus tard ? Pour le faire sortir de son trou ? Mettre la vermine à découvert pour mieux pouvoir l'abattre ? C'était ça, le plan de son perfide bourreau ? La chasse à courre ?
Non, Thor n'était pas assez malin pour avoir pensé un plan pareil. C'était Loki le génie de sournoiserie, certainement pas cet abruti de guerrier dont la taille des biceps dépassait, et de loin, celle de sa boite crânienne.
Un entraînement !
Loki aurait juré par Odin s'il n'avait pas davantage exécré le père au fils.
Une présence.
Dans le couloir. Quelqu'un s'approchait.
Le prince glissa jusqu'à sa porte pour mieux percevoir les vibrations qui l'avaient averti. Les sens aux aguets, même les moustaches les plus sensibles de chat n'auraient pu remarquer la venue de l'intrus.
Ce pas sourd.
Ce léger flottement à sa suite.
Cette énergie écrasante.
Loki pesta :
« Que veux-tu ? »
Thor s'immobilisa, surpris que la porte à laquelle il s'apprêtait à toquer lui réponde avec la voix de son cadet.
« Je suis venu te voir, répondit-il le plus naturellement du monde.
— Je ne veux pas de ta visite.
— Ne te cache pas, mon frère...
— Cesse de m'appeler ainsi ! »
La véhémence avec laquelle Loki cracha sa hargne déconcerta les deux hommes. Thor recula de quelques pas. Échange frugal, brutal. Il n'en tira rien de plus.
Il espérait encore, le grand homme. Il comptait sur le fait que son frère revienne à lui, qu'il tire des leçons de son exil, qu'il apprenne. Sa réponse positive à l'appel de Fury l'emplissait d'espoir plus que n'importe quelle nouvelle auparavant.
Même s'il buttait sur le même homme qui avait été banni de son peuple une demie-décennie plus tôt, Thor restait confiant. Il patienterait jusqu'à ce que son petit frère paraisse à nouveau.
« Demain, je t'attendrai au zénith du soleil dans la cour principale de mon palais, annonça-t-il. Mes hommes viendront te montrer le chemin. À demain... Loki. »
Et il fit volte-face.
Le prince attendit à la porte, les pas s'éloignèrent jusqu'à devenir imperceptibles. Alors il se décala, hébété.
Il serra les poings, poussa un cri et généra un vent de panique et de colère.
Clameur de rage qui fit valser tous les objets de la grande pièce, n'en laissant pas un debout.
Une escorte ? Il lui enverrait une escorte ?! Des gardes pour venir le cueillir et s'assurer qu'il ne fuit pas ! Voilà ce à quoi il était rendu, être un putain de prisonnier de guerre ! Un condamné qu'on amènerait à sa sentence ! Un butin, au mieux, qu'on exhiberait avant de massacrer !
Cet entraînement n'en serait pas un.
Cet entraînement serait une mise à mort.
Ce que Thor n'avait pas prévu, c'est qu'elle deviendrait la sienne.
