Hey ! J'ai bien carburé et comme je suis sadique, mais rapide, voici déjà la suite :p 200.000 mots déjà, je m'impressionne, c'est la première fois que je fais ça ! Je regardais vite fait hier, mon histoire ferait environ 435 pages en version ebook et environ... 800 pages en format roman xD oui, oui, on dirait pas comme ça, mais si...
Bonne lecture
Attention, c'est pas franchement la rigolade ce chapitre...
Réponse Super Guest J :
J'ai aimé faire ce petit (long) moment détente, l'histoire en avait besoin et honnêtement, je ne sais pas quand il pourra y en avoir un nouveau...
Elle a fait vite oui, c'est une Luthor :p Et elle sait s'entourer de personnes efficaces.
Keira va-t-elle contacter Joe ? À voir...
Oui Luthor débarque en force ! Et elle frappe fort ! On menace pas sa famille comme tu dis, encore moins Kara !
Mike est-il mort ? Maybe...
Où est Keira ? Qui sait... pas toi en tout cas :p
Luthor Puissance Max dans les chapitres qui suivent ? Peut-être...
Bonne lecture :p
CHAPITRE XXII
•••
Vendredi 24 Janvier , Maison Danvers, Midvale :
Lena fronça les sourcils, fixant la poignée de porte devant elle avec angoisse. Son coeur s'accéléra subitement, de crainte de ce qui l'attendait derrière. Comment sa journée avait-elle pu virer à une telle catastrophe, alors qu'elle avait si bien commencé ? Elle expira profondément, fermant les yeux, alors qu'elle se souvenait de l'appel de détresse que lui avait lancé Alex, ainsi que le visage dévasté d'Eliza et de la soeur aînée de sa petite amie, quand elle était arrivée en catastrophe chez les Danvers.
Elle n'avait pas vraiment eu de précision sur ce qui s'était passé, tout ce qu'avait pu lui dire l'étudiante en médecine, était que sa petite soeur avait besoin d'elle, là, maintenant et il n'en avait pas fallu plus à la brune, pour monter les escaliers en trombe et se poster devant la porte de la chambre de Kara, qui pour le moment, restait résolument fermée.
Allez, ce n'était pas le moment de faiblir, se dit la Luthor. Kara avait besoin d'elle maintenant, pour elle ne savait trop quelle raison, mais elle avait besoin, alors Lena serait là, qu'importe à quel point, cela pourrait être difficile à supporter. La blonde était tellement communicative, que sans été vraiment difficile de rester solide dans les moments les plus sombres.
Sa main s'activa enfin, se posant sur la poignée et baissant celle-ci, elle poussa ensuite la porte de la chambre qui grinça, dévoilant la chambre en bazar "organisé" de Kara, recouverte par une pénombre inquiétante, éclairé uniquement par quelques rayons paresseux qui filtraient à travers les vieux volets en bois. La milliardaire s'avança doucement dans la salle après avoir refermé derrière elle, faisant attention à ne pas trébucher sur des papiers ou des vêtements éparpillés un peu partout.
Mon Dieu, heureusement que la blonde avait vraiment besoin d'elle, sinon son petit côté maniaque aurait eu raison de la brune et elle aurait sans doute fait une mini crise cardiaque devant le désordre de la pièce. Cependant, celui-ci ne semblait pas vraiment habituel, mais plutôt comme si quelqu'un avait tout balancé dans un excès de rage et cela l'inquiéta immédiatement, ne voyant absolument pas Kara recourir à un tel extrême. Quoi qu'elle ait, ceci était donc grave… Très grave….
Elle examina rapidement la pièce, cherchant sa petite amie du regard. Cependant, elle ne l'aperçut pas et elle allait faire demi-tour pour se diriger vers le grenier où elle serait peut-être, quand elle entendit un sanglot étouffé, l'immobilisant immédiatement, alors qu'un long frisson parcourait sa colonne vertébrale. Puis, elle la vit, son coeur se serrant douloureusement.
Elle était là, prostrée dans un coin sombre de la pièce, recroquevillée sur elle-même, sa tête cachée dans ses genoux, ses épaules tremblants devant les puissants sanglots qui parcouraient tout son corps.
Tout de suite, Lena sentit ses yeux la piquer, mais elle se retint courageusement, s'avançant doucement en direction de sa petite amie dévastée, s'accroupissant devant elle. Elle posa ensuite une main délicate sur son genou, voulant doucement montrer à la blonde à lunettes, qu'elle était là. Elles restèrent ainsi pendant de longues minutes, l'héritière de LuthorCorp ne sachant absolument pas que faire pour aider la chouchoute de madame Miller, dans son chagrin ravageur.
Elle examina la blonde, se rendant compte qu'elle n'avait pas la place pour la prendre correctement dans ses bras, sa petite amie étant plaquée entre le mur et l'une de ses commodes. Cela étonnait d'ailleurs énormément la brune, qui se disait que Kara devait se sentir comme enfermée dans cette position, ce qui était vraiment étrange pour la claustrophobe sévère qu'elle était.
— Ka-
— Laisse-moi tranquille, la coupa Kara dans un souffle douloureux, surprenant grandement Lena, qui ne s'attendait absolument pas à se faire recaler de la sorte par la soeur de Supergirl.
La brune ouvrit la bouche, restant sans voix pendant quelques instants, les yeux écarquillés.
— Je-
— T'es sourde ?! Je t'ai dit de dégager ! Cria soudainement la blonde, sa tête toujours enfoncée dans ses genoux, rendant son cri étouffé, mais non moins douloureux pour sa petite amie, qui resta complètement choquée.
Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Kara avait besoin de soutien, elle le savait, mais en même temps, la blonde ne voulait pas d'elle… Avait-elle fait quelque chose de mal ? Kara lui en voulait-elle pour elle ne savait quoi ?
Le souffle de la jeune Luthor s'accéléra soudainement. L'angoisse prenait possession de son corps. Ses pensées défilaient à toute allure dans sa tête, essayant de comprendre si elle avait fait quelque chose que la jeune Danvers pourrait lui reprocher, alors que son coeur se brisait de plus en plus, en observant le mal-être évident que dégageait le corps de sa belle.
Le bras tremblant, Lena retira doucement sa main qu'elle avait posée sur le genou de Kara, une larme coulant silencieusement sur sa joue, alors qu'elle se sentait soudainement impuissante. Si elle ne pouvait aider la blonde dans un moment comme celui-ci, alors à quoi servait-elle exactement ? Elle ferma les yeux, contrôlant ses larmes qui voulaient déferler par vagues et se redressa. Si Kara ne voulait pas d'elle à ce moment là, alors elle respecterait son souhait et appellerait Keira en renfort. Cependant, alors qu'elle allait faire demi-tour, une main flageolante attrapa désespérant la sienne, attirant immédiatement le regard de Lena vers le bas.
Elle tomba alors sur le visage dévasté de larmes de sa petite amie, qui la regardait avec un tel affolement et une telle peine dans les yeux, que la brune sentit ses jambes faiblir sous elle et qu'elle dût utiliser toute sa volonté, pour rester solidement cramponnée sur ses pieds.
— Non je….. Re- Reste…. S'il te plaît… implora Kara, la voix complètement anéantie, démolissant encore plus le coeur déjà mutilé de la future femme d'affaires.
Lena s'assit alors lentement en face de la blonde, son dos appuyé contre le côté d'une bibliothèque pleine à craquer. La soeur de Supergirl la suivit du regard, ses yeux embués de larmes et après un moment de flottement qui parut infini pour Lena, Kara se précipita soudainement dans les bras de sa petite amie, calant son visage dans son cou, ses mains se cramponnant désespérément à son haut, alors qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps, poussant des cris désespérés à lui broyer les cordes vocales.
La brune resserra immédiatement ses bras autour d'elle, posant sa joue sur le haut de la chevelure dorée de sa belle, alors qu'elle fermait férocement les yeux, essayant de retenir elle-même ses propres larmes, en vain…
La seule fois où Lena avait vu Kara aussi dévastée, c'était lors du réveillon de Noël, au moment où elle lui avait parlé de son passé et de la mort de ses parents. Alors… que s'était-il passé pour la mettre dans un état pareil ? Soudainement, un vent de panique s'empara d'elle. Où était Keira ? Pourquoi n'était-elle pas là ? Elle connaissait très bien Supergirl maintenant et elle savait qu'elle aurait déjà dû rappliquer dans la seconde, en connaissant l'état de sa soeur, mais alors, où était-elle ? Et si…. et si… non, non, non ! Ça ne pouvait pas être ça ! Keira allait bien ! Elle devait aller bien ! Et si…. et si elle avait poussé Darhk trop loin ? Et s'il était arrivé quelque chose à Keira ? Par sa faute ?!
La jeune Luthor étouffa un sanglot, son corps tremblant de plus en plus, alors qu'elle resserrait son emprise sur sa petite amie, ses joues inondées de torrents salés. À cet instant alors, elle pria tous les dieux qu'elle connaissait, même si elle croyait à aucun d'eux. Elle priait, priait pour que ses soudaines peurs, terreurs même, ne soient pas une réalité. Elle priait, pour que Keira soit saine et sauve…
•••
Vendredi 24 Janvier , Maison Danvers, Midvale :
Keira ouvrit la porte de la maison et salua tout le monde dès qu'elle fut dans le hall d'entrée. N'entendant personne lui répondre, la blonde fronça les sourcils et passa une tête en direction du salon, apercevant Eliza et Alex, qui buvaient chacune une tasse fumante. L'ambiance était lourde et silencieuse, leur expression tirée, inquiétant immédiatement la footballeuse.
— Qu'est-ce qu'il se passe ?
Les deux femmes redressèrent soudainement la tête, se rendant compte, seulement maintenant, de la présence de la deuxième jumelle Zor-El. La plus âgée baissa de nouveau piteusement la tête, fixant un point invisible sur le sol, alors qu'elle prenait une gorgée du liquide brûlant d'un air complètement absent, qui inquiéta encore plus la capitaine de foot. Alex, elle de son côté, se redressa du canapé dans lequel elle était assise et s'approcha de Keira, pour la prendre dans ses bras.
— Sérieusement, qu'est-ce qui se passe là ? Lâcha-t-elle avec impatience, alors qu'elle resserrait automatiquement ses bras autour de sa grande soeur.
L'étudiante lui glissa alors quelques mots à l'oreille, l'expression de la blonde tombant de plus en plus, pour la laisser finalement le souffle tremblant, le regard hagard. Ce n'était pas possible… Tout cela n'était qu'une funeste blague n'est-ce pas ? N'en pouvant plus, elle s'échappa des bras de son aînée et se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche, l'esprit vide, l'expression choquée.
Pourquoi le destin s'acharnait-il sur elles ?
— Où est Kara ? S'agita subitement Supergirl, un vent de panique s'emparant d'elle.
— Là-haut ma chérie, souffla douloureusement Eliza, qui avait le coeur en miettes de voir ses filles aussi anéanties.
Comment pouvait-elle les protéger du monde, quand celui-ci semblait déterminé à les détruire ?
Immédiatement, Keira se redressa en vitesse et se dirigea vers les escaliers, montant les marches deux par deux et se précipitant vers la chambre de sa jumelle, qui devait être complètement dévastée par la nouvelle…
— Kara ? Appela-t-elle en rentrant dans la chambre telle une furie.
Seul un reniflement douloureux lui répondu, attirant son attention sur le côté. Elle s'approcha alors et les larmes lui montèrent aux yeux, alors qu'elle avisait les deux silhouettes enlacées désespérément l'une à l'autre.
Lena et Kara n'avaient pas bougé d'un pouce depuis que la blonde à lunettes s'était précipitée dans les bras de sa petite amie. La seule différence étant, que Kara s'était endormie d'épuisement et que Lena fixait le vide d'un air morne, reniflant de temps en temps, alors que ses yeux rougis par les larmes la piquaient atrocement.
La brune passait distraitement ses doigts dans la chevelure de la blonde, son esprit tourmenté par des pensées noires et une culpabilité reposant uniquement sur des faits imaginaires, que son cerveau avait inventés. Elle était tellement perdue dans un miasme d'émotions négatives, qu'elle ne remarqua même pas la présence de Keira, qui s'était accroupi à côté d'elle, essayant d'attirer doucement son attention.
— Lena…
La milliardaire papillonna doucement des paupières, avant de finalement tourner son regard vert en direction de la footballeuse. En premier lieu, Supergirl eut l'impression que la petite amie de sa soeur ne la voyait même pas, jusqu'à ce qu'une soudaine lueur apparaisse dans son regard et qu'elle se mette à lâcher un souffle tremblant, qui sonnait presque comme un sanglot désespéré :
— Kei… Keira ? Tu- Tu vas bien ?
La sportive fronça des sourcils devant l'expression de Lena, qui la regardait presque comme si elle voyait un revenant.
— Oui, enfin… Aussi bien qu'on peut dans une situation pareille, ajouta Keira, restant vraiment perplexe en apercevant la brune soupirer de soulagement.
— J'ai cru… J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose, souffla la milliardaire, son corps se détendant légèrement.
— Non, non, je vais bien Lena, lui assura la blonde, qui finit de détendre complètement son amie, alors qu'elle soupirait encore une fois, en fermant les yeux. Pourquoi, pourquoi tu croyais qu'il m'était arrivé quelque chose ?
— Kara est vraiment mal et je n'ai pas vraiment été briefé sur la situation et je ne t'ai pas vu alors… commença à expliquer la jeune Luthor.
Keira soupira à son tour, s'asseyant à côté du couple entrelacé. Lena venait vraiment de se faire une petite frayeur visiblement, mais la réalité n'était pas beaucoup plus reluisante…
— C'est…. c'est Kenny… lâcha difficilement Supergirl, le regard fixé douloureusement sur le visage crispé de sa jumelle. Il est mort…
Le coeur de Lena loupa plusieurs battements, son expression se figeant immédiatement à la nouvelle.
— Que- que….. Quoi ? Bégaya d'une façon tremblante l'héritière de LuthorCorp. Que- Comment ?
— On- On la retrouvé ce matin…. une balle dans la tête.
Sa respiration se coupa soudainement, son regard vert s'écarquillant et se perdant dans le vide. On avait tué Kenny. On avait tué le plus ancien ami de Kara. L'un de ses meilleurs amis. Celui qu'elle était extasiée de revoir après tant d'années. Ce n'était pas possible. Cela ne pouvait être vrai. Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Parce que oui, tout ceci était probablement de sa faute ! Elle avait voulu jouer les gros durs. Elle était persuadée d'avoir remis Darhk à sa place et résultat…. un ado de 17 ans était mort… à cause d'elle. Elle venait de faire tuer le meilleur ami de sa petite amie… Comment, après une chose pareille, pourrait-elle de nouveau se regarder dans le miroir ? Jamais, jamais elle ne pourrait de nouveau le faire. Jamais…
•••
Dimanche 26 Janvier , Appartement Danvers, Midvale :
— Alex, ne fais pas ça, souffla doucement Sam, alors que la motarde prenait au hasard des affaires dans sa penderie, pour les enfourner sans ménagement dans un sac de voyage.
L'étudiante n'écouta même pas la femme enceinte, continuant frénétiquement à s'emparer de plusieurs de ses affaires. Alex était complètement incontrôlable, son esprit complètement fermé à tous stimuli extérieurs. Cela faisait presque trois jours que l'annonce fatale de la mort de Kenny Li avait été donnée et depuis, un silence de mort régnait dans la maison des Danvers. Un silence de mort, seulement dérangé par les pleurs et les hurlements désespérés de sa jeune soeur.
Elle se stoppa soudainement, fermant les yeux, retenant difficilement des larmes, alors qu'elle se souvenait du désespoir que Kara crachait depuis vendredi. Elle était si anéantie. Elle qui venait à peine à commencer à faire le deuil de ses parents, se retrouvait à devoir faire le deuil de son plus ancien ami. Lui aussi, sauvagement tué par une arme à feu. Qu'avait fait Kara pour mériter pareils tourments ? Qu'avait fait Kenny, pour mériter pareil sort ? Alex ne le connaissait pas très bien, mais du peu qu'elle l'avait connu, il s'était montré extrêmement gentil, drôle, intelligent et surtout, il rendait sa soeur heureuse. Alors pourquoi, pourquoi l'avait-on tué ?
Une main se posa doucement sur son bras et elle sursauta au contact, avant de braquer soudainement son regard brun, dans celui de Sam, qui la regardait d'un air triste et inquiet.
— Alex, pose toi deux minutes. S'il te plaît, l'implora presque la pompom girl.
— Je peux pas. Faut que je rentre. On a besoin de moi là-bas, lâcha la plus âgée, s'activant de nouveau nerveusement.
— Alex, il faut que tu te calmes cinq minutes, je t'ai croisé qu'au coin de la rue et rien que là, je me suis dit que t'allais avoir un accident. Tu peux pas conduire dans ton état.
— Je l'ai déjà fait à aller, je vois pas où est le problème ! S'énerva la fille aux reflets rouges, s'agaçant de ne pas trouver ce qu'elle cherchait.
— Alex, Alex, AL-
— Lâche-moi ! Gronda l'étudiante en se retournant soudainement pour faire face à la cheerleader. Il faut que je rentre d'accord ! Ma mère est complètement dépassée, elle sait plus quoi faire pour aider ! Mon père est aux abonnés absents à faire je ne sais quoi, je ne sais où, avec je ne sais qui ! Keira essaye de rester forte pour tout le monde et elle s'inquiète pour tout le monde, elle est pas en meilleure des formes en ce moment, elle ne devrait pas avoir à gérer tout ça ! Lena est avec Kara depuis vendredi, elle fait tout pour la soutenir, mais j'ai croisé son regard hier et j'ai très bien vu qu'il y avait quelque chose qui la rongeait ! Et Kara- Et Kara elle….. Elle… Alex s'arrêta, le souffle tremblant, les larmes aux yeux, alors que Sam la regardait avec une expression douloureuse, ressentant le désespoir de la Danvers comme s'il s'agissait du sien.
L'étudiante secoua la tête. Elle ne voulait pas craquer, elle ne devait pas craquer… Sa famille avait besoin d'elle, là, maintenant et il était hors de question qu'elle fasse comme son père, en les laissant se débrouiller seules. Kara était tellement dévastée… Elle se souvenait encore les hurlements qui la réveillaient en pleine nuit depuis vendredi soir. Elle se souvenait encore des torrents de larmes qui inondaient sans cesse ses joues. Elle se souvenait encore du regard bleu, terne, presque sans vie, qui fixait le vide sans aucune expression. Elle se souvenait encore comment elle se cramponnait à Lena, comme si sa vie en dépendait…
Des bras s'enroulèrent soudainement autour de son cou, l'attirant dans une étreinte chaude et réconfortante, la prenant par surprise. D'abord les bras ballants, son esprit embrouillé par tous ses souvenirs des jours passés, elle enserra à son tour, la taille de la pompom girl, ses larmes passant enfin la barrière de ses paupières, alors qu'elle posait son front contre l'épaule de son amie.
Elle n'en pouvait plus. Elle avait besoin de craquer. Maintenant. Elle en avait besoin pour pouvoir repartir et trouver la force de rester solide, dans cette tempête de tourments qui s'abattait sur sa famille qu'elle chérissait tant.
Silencieusement, elle remerciait Sam d'être là. Elle la remerciait qu'elle soit apparue au coin de la rue, au moment où elle s'arrêtait en moto. Elle la remerciait d'être assez observatrice pour avoir tout de suite perçu, que quelque chose n'allait pas. Elle la remerciait de l'avoir suivi, malgré le froid glacial avec lequel elle lui avait répondu. Elle la remerciait d'être là. D'être forte en ce moment sombre et d'être le pilier, qu'elle devrait être pour sa famille. Elles restèrent ainsi pendant un temps indéterminable, dans le silence, mais dans la chaleur rassurante du corps de l'autre.
Sam était inquiète. Inquiète pour Kara, car elle était sans conteste la personne la plus proche de Kenny et elle avait déjà tant vécu de choses traumatisantes dans sa courte vie.. Pour Alex, qui ne voulait pas craquer et qui se faisait un devoir d'épauler tout le monde, au détriment de ses propres sentiments. Pour Keira, si semblable à sa soeur aînée et qui semblait avoir déjà tant de problème en ce moment. Pour Lena, qui l'avait appelé en pleurs l'autre nuit, déblatérant des propos incompréhensibles pour la pompom girl, qui ne comprenait absolument pas pourquoi, sa meilleure amie se sentait si coupable de la mort de Kenny. Pour Mike, qui de nouveau, ne répondait à aucun de ses messages. Pour Eliza, cette femme fantastique, qui se faisait un sang d'ancre pour ses enfants adorés et qui ne pouvait même pas compter sur le soutien de son propre mari…
Des coups à la porte les firent soudainement sursauter et les deux filles se séparèrent, chacune s'essuyant les joues. De nouveaux coups nerveux tambourinèrent la porte et Alex fronça les sourcils, avant de se diriger vers celle-ci et de l'ouvrir, tombant nez-à-nez avec une personne qu'elle n'attendait absolument pas.
— Papa ? Lâcha-t-elle, incrédule.
— Alex, fit-il en se précipitant vers elle, la prenant dans ses bras et l'embrassant sur le front.
Il s'avança ensuite dans l'appartement, le corps agité et se figea lorsqu'il tomba sur Sam, qui le regardait avec une expression fermée.
— Papa ? Qu'est-ce que tu fais là ? Lança Alex, espérant que son père était enfin rentré, pour l'aider à gérer cette situation merdique, dans laquelle ils se trouvaient tous.
Jeremiah détourna la tête des yeux de la pompom girl qui le regardait toujours avec un air presque dur et posa son attention sur sa fille.
— Il fallait que je te parle, c'est très urgent, lui dit-il nerveusement, regardant vite fait dans le couloir, avant qu'Alex ne referme la porte.
— Est-ce que tu es passé à la maison ? Demanda-t-elle, s'inquiétant devant l'angoisse évidente de son père.
— Non, non, je n'ai pas le temps pour ça. Il faut qu-
— Comment ça, tu n'as pas le temps pour ça ? Grogna immédiatement Alex.
— Alex, souffla-t-il. Je suis sûr un travail extrêmement impor-
— Mais j'en ai rien à faire ! Le coupa-t-elle en criant, énervée. On a besoin de toi à la maison, là ! Maintenant ! Kara est au bord du gouffre ! Maman ne sait plus quoi faire pour gérer correctement la situation ! Keira traîne, je suis sûre, dans une histoire bizarre ! Je suis submergé de tous les côtés ! Et toi, t'es où dans tout ça ?!
L'homme baissa la tête piteusement, puis ferma les yeux. Il se sentait si pitoyable et démuni de ne pas être là pour sa famille, dans un moment qui semblait si désespéré… Mais, il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. Pas si près du but. Il redressa alors la tête, regardant nerveusement sa montre et blêmit en avisant l'heure.
— Alex, je suis vraiment désolé. Je ne peux pas rentrer, pas maintenant…
Il sortit une clé usb de sa poche et la posa dans le creux de la main de son aînée, la fixant droit dans les yeux, essayant de lui faire comprendre l'urgence de la situation.
— Écoute-moi Alex, c'est extrêmement important. Il faut que tu gardes cette clé en sé-
Rageusement, l'étudiante saisit correctement la clé et l'envoya valdinguer à travers la pièce, celle-ci s'écrasant quelque part au milieu des feuilles de cours et des livres de médecine, laissant le regard de Jeremiah horrifié.
— Tu débarques comme ça de nulle part, après plus de deux mois de silence radio. Tu me dis que tu n'as pas le temps de t'occuper de ta famille qui a cruellement besoin de toi en ce moment et t'as l'audace de me demander quelque chose ?! Cria Alex avec colère.
— Alex, tu ne comprends pa- l'implora son père.
— NON ! Non je ne comprends pas, comment l'homme qui a toujours été mon héros, puisse nous abandonner comme ça ! Dégage !
— Alex je-
— FOUT LE CAMPS ! Hurla-t-elle, en ouvrant rageusement la porte de son appart.
Son père avait vraiment choisi le mauvais jour pour sa "petite visite". Celui-ci lui lança un regard de détresse, mais Alex n'était absolument pas réceptif à ce moment-là. Il baissa alors la tête, vaincu et se dirigea vers la porte. Cependant, il se stoppa devant sa fille et lui dit ces quelques mots avant de disparaître :
— J'onn J'onzz. Souviens-toi de son nom Alex, c'est très important. J'onn J'onzz.
•••
? ? ? :
Elle ouvrit les yeux difficilement, sa tête semblant compresser dans un étau, tant elle était embrouillée et douloureuse. Que s'était-il passé ? Pourquoi était-elle comme ça ? Où était-elle d'ailleurs ? Elle bougea son corps raide, tenta du moins, celui-ci semblant peser une tonne. Sa tête basculait mollement de gauche à droite, son cerveau ayant du mal à se réveiller correctement. Pourquoi ne voyait-elle rien ?
Son coeur commença lentement à accélérer, sa peur du noir aussi intense la rappelant à l'ordre. Où était-elle ? Où était-elle ?! Elle essaya de se relever, mais bientôt, elle sentit une paroi derrière elle, où son dos était visiblement adossé. Elle en sentit une ensuite à sa gauche, puis à sa droite…
Cette fois-ci, son coeur fit une embardée improbable dans sa poitrine et ses gestes, jusqu'à présent lents, s'activèrent nerveusement, alors qu'elle tatonnait les planches de bois, à la recherche d'une sortie. Sortie, qui n'existait visiblement pas…
Son corps entier commençait à trembler sous la panique, alors que son souffle devenait de plus en plus erratique et ses gestes, frénétiques. Pourquoi était-elle enfermée ? Où était-elle ?! Elle voulait se lever, mais elle manquait cruellement de place, la boîte dans laquelle elle semblait enfermée, étant envahie d'une multitude de vêtements, diminuant encore plus son espace vital pour garder un esprit un tant soit peu serein. Pourquoi cet endroit lui disait-il quelque chose ?
Ses coups contre les parois qui l'entouraient et que son imagination s'amusait à rapprocher doucement d'elle, se faisaient de plus en plus puissants. Les vieilles planches grinçaient sous la force de ses poings, mais ne cédaient pas, préférant lacérer férocement les articulations de sa prisonnière, lui pétant presque les os, tant les coups étaient de plus en plus brutaux et désespérés.
Elle se mit alors à crier à s'en déchirer les cordes vocales. S'époumoner à s'en brûler les poumons. Hurler à s'en faire mal à la tête, tant l'air était expulsé de son corps, sans jamais entrer de nouveau. Elle se débattait dans tous les sens, les larmes inondant ses joues d'eau salée, son coeur battant douloureusement dans sa poitrine, l'étau se resserrant encore plus autour de son crâne. Pourquoi était-elle ? POURQUOI ?!
Soudainement, un courant d'air glacial la fit frissonner atrocement, des frissons lui parcourant la colonne vertébrale et lui laissant la chair de poule sur toute l'étendue de sa peau. Immédiatement, elle se tut, alors qu'elle entendant une porte s'ouvrir à la volée, le bois claquant contre le mur avec force. Un silence de mort s'ensuivit, simplement dérangé par le battement frénétique du coeur de la prisonnière, qui était au summum de la terreur.
Des pas lourds firent craquer le plancher, alors qu'elle mettait ses mains devant sa bouche, pour s'empêcher de hurler et dissimuler le bruit de sa respiration erratique, des larmes coulant encore silencieusement sur son visage terrifié. Les pas se rapprochaient, lentement, lourdement, faisant accélérer de plus en plus le pauvre coeur déjà paniqué de la fille.
Finalement, les bruits s'arrêtèrent, juste à côté d'elle. Elle savait. Elle savait que la personne, qui qu'elle soit, se trouvait juste de l'autre côté de la planche et ironiquement, cette armoire qui jusqu'à présent, avait été une véritable source de panique, se transformait en un refuge inespéré…
— Je sais que tu es là, sort de ta cachette…. résonna une voix rauque, brumeuse, terrifiante…
Elle entendit une main se poser dangereusement sur la poignée de l'armoire. Son coeur rata un battement. Elle entendit la poignée s'abaisser. Encore un battement manqué. Puis, l'homme ouvrit la porte… en vain, celle-ci était fermée à clef. Un grognement guttural résonna dans ses tympans. Elle allait craquer. Elle était trop terrifiée. Son corps était soumis à un stress trop intense. Elle devait bouger. Hurler. Respirer. S'échapper. Faire quelque chose ! Elle commença alors à ouvrir la bouche, n'en pouvant plus, puis, alors qu'elle allait se mettre à crier, un téléphone sonna, puis plus rien. De nouveau, le silence. Un long, sombre et interminable silence…...
— NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
Ce hurlement déchira soudainement l'air, faisant sursauta la prisonnière de l'armoire, qui s'était recroquevillée sur elle-même, complètement épuisée, n'ayant même plus la force, ni même le courage, de sortir de sa cage de bois. Cependant, elle reconnaissait cette voix, ce cri, ce désespoir.
— Keira ? Murmura difficilement la prisonnière.
Immédiatement la fille tenta de nouveau de sortir, tambourinant la porte qu'elle avait réussi à repérer malgré l'obscurité et contrairement à précédemment, celle-ci s'ouvrit tout de suite, dans un grincement long et inquiétant. La lumière soudaine, aveugla la blonde, qui posa une main devant ses yeux rougis de larmes. Son coeur serré d'angoisse, alors qu'un nouveau silence s'était abattu autour d'elle, elle posa un pied en dehors de sa prison et immédiatement, celui-ci entra en contact avec un liquide visqueux et rouge, qui la fit grimacer de dégoût, en plus de la faire de nouveau paniquer à des sommets ahurissants.
Elle se leva malgré tout, le corps douloureux d'être resté autant prostré sur elle-même et suivit la longue et interminable traînée rouge, qui sortait de la pièce, tournant dans le couloir, puis les escaliers…
Quand tout ceci allait-il s'arrêter ? Elle n'en pouvait plus. Son corps n'en pouvait plus. Son coeur n'en pouvait plus. Son esprit n'en pouvait plus. Son âme n'en pouvait plus…
Elle débarqua alors dans un salon. Celui de son enfance, où elle avait vécu tant de moment heureux en famille et entre amis. Cependant, maintenant, tout ce qu'elle voyait, c'était le nombre incalculable de cadavres qui traînait à ses pieds, peignant le sol et les murs de rouge, arrêtant le coeur de Kara, qui avait tout simplement freezée, en reconnaissant chaque visage de chaque mort, qui la fixait d'un air lugubre et sans vie. Sa mère. Son père. Eliza. Jeremiah. Alex. Lena. Sam. Mike. Winn. Barry. Iris. Joe. Caitlin. Cisco. Kenny… Puis, au milieu de ce véritable cimetière, se tenait Keira. Debout. La tête basse. Le corps rouge de sang qui n'était pas le sien.
Elle leva ensuite lentement sa tête, en direction de sa jumelle, qui avait juste envie de hurler, vomir et fuir devant ce spectacle morbide.
— Tout ça c'est de ta faute, lâcha amèrement sa soeur, lui lançant un regard à la fois noir et pourtant si brisé. Tous ceux qui s'approchent trop près de toi, finissent par mourir. Ce n'est qu'une question de temps, avant que ça soit mon tour…
Kara pleura douloureusement devant ses mots crachés avec haine, mais tout ceci n'était rien, comparé à la terreur qui s'emparait soudainement d'elle, alors qu'elle voyait son bras se lever sans qu'elle n'en donne l'ordre. Ses yeux, emplis d'une panique sans nom, fixèrent l'arme, qu'elle tenait dans sa main et qu'elle braquait sans le vouloir, en direction de sa jumelle, qui se contenta de lui lancer un regard anéanti.
Elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas. Elle se débattait, essayant d'arrêter son bras armé avec son autre main, en vain, celui-ci restait solide et alors que la panique n'avait jamais encore atteint un seuil pareil, elle se sentit appuyer sur la détente…
PAN !
•••
— NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
Lena se réveilla en sursaut, alors que le hurlement déchirant brisait le silence tranquille de la nuit. Des pleurs frénétiques et des agitations nerveuses se faisaient sentir contre elle, alors qu'elle tournait son attention vers sa petite amie, qui criait à pleins poumons dans son sommeil, son visage brisé pour le chagrin.
— Kara, souffla doucement Lena, paniquant complètement devant le comportement presque fou de la blonde.
Elle se débattait dans son sommeil, n'arrivant visiblement pas à en sortir, alors que la milliardaire devait faire attention de ne pas se prendre un coup malencontreux.
— KEIRA ! KEIRA ! NOOOOON ! Hurla encore Kara, tandis que Lena essayait désespérément de la maîtriser, pour l'empêcher de se faire mal ou même de briser le nez de la brune.
— LENA ? Appela Sam, complètement paniquée, en entrant en trombe dans la chambre de sa meilleure amie.
La pompom girl se stoppa immédiatement, écarquillant les yeux en apercevant l'état dans lequel se trouvait la soeur de Supergirl. Cette fille, faisant concurrence avec le soleil, tant elle était lumineuse, pleurait, hurlait, tremblait, se débattait de tout son soûl, court-circuitant instantanément le cerveau encore embrumé de sommeil de la châtain.
— Sam, appelle Keira, ordonna Lena, alors qu'elle se mit à chevaucher la blonde, lui tenant les poignets aux environs de sa tête, l'immobilisant du mieux qu'elle put, alors que Kara se débattait comme une forcenée. Sam active-toi ! Reprit la brune, quand elle vit que la cheerleader n'avait pas bougé d'un pouce.
Comme si elle venait de se prendre un coût de jus, Sam sursauta soudainement et hocha la tête avant de se précipiter hors de la pièce et exécuter l'ordre que lui avait confié sa meilleure amie.
— Kara. Kara. Réveille-toi. Ce n'est qu'un rêve. Kara je t'en prie, réveille-toi, supplia Lena, le coeur dévasté devant la folie passagère de sa petite amie.
Elle se sentait tellement impuissante depuis la mort de Kenny. Elle faisait son possible pour être présente auprès de Kara, ne la quittant que lorsque celle-ci lui demandait de lui laisser de l'espace, ce qui était très rare, la blonde l'agrippant généralement une bonne partie de la journée, comme un koala à sa branche.
Cependant, la jeune Luthor se sentait tellement mal. La culpabilité la rongeant de jour en jour. Elle serrait sa belle dans ses bras pour la réconforter, alors qu'elle avait l'impression malsaine d'être la personne qui avait appuyé sur la détente, pour tuer ce pauvre garçon, qui avait décidément emménagé dans la mauvaise ville, au mauvais moment.
— Kara, s'il te plaît… implora de nouveau la brune.
Après un temps qui sembla interminable pour la milliardaire, qui commençait sérieusement à avoir mal aux bras à force d'essayer de maintenir l'endormi en place, les gestes frénétiques de Kara se calmèrent petit à petit. Ses yeux bleus, dévastés d'eau salée, s'ouvrirent lentement et elle posa un regard nébuleux et complètement perdu, sur la brune au-dessus d'elle, ne semblant même pas la reconnaître dans un premier temps.
Les deux jeunes femmes gardèrent leur position, se fixant intensément, leur souffle saccadé par l'effort et l'émotion.
— Lee, pleura la blonde, son cauchemar hantant encore son esprit embrumé de sommeil, de chagrin et d'angoisse.
— Je suis là Kara. Je suis là, lui assura Lena, se penchant un peu plus vers le visage de sa petite amie, alors qu'elle desserrait doucement son emprise sur les poignets de celle-ci.
— Tu devrais pas… lâcha-t-elle douloureusement. Toi aussi tu vas finir par te faire tuer si tu restes avec moi….
Le coeur de Lena se serra douloureusement dans sa poitrine à ces mots jetés avec tant de culpabilité et de désespoir. La brune rapprocha alors encore plus son visage et déposa un tendre baiser sur les lèvres de Kara avant de lui souffla amoureusement :
— Il n'est pas né celui qui me sépara de toi Ghrian, fit-elle, avant de lui poser un baiser, sur le front cette fois.
La Danvers ferma les yeux, savourant la douceur dont faisait preuve l'héritière de LuthorCorp, pour réparer son coeur brisé. Lena descendit finalement du corps de sa blonde, s'allongeant de nouveau à ses côtés, alors que Kara se collait de nouveau immédiatement à elle, reniflant doucement l'odeur de son cou, alors que la brune passait ses doigts dans sa chevelure dorée, lui envoyant des frissons agréables dans tout son corps.
— Où est Keira ? Murmura faiblement la chouchoute de madame Miller.
— Sam est parti l'appeler. Elle ne devrait pas tarder à arriver telle que je la connais.
Kara soupira de soulagement, son rêve s'effaçant lentement dans les méandres de sa mémoire, alors qu'elle savourait au mieux les papouilles expertes de Lena.
— Lee ?
— Hum ? Fit la milliardaire, véritablement épuisée depuis quelque temps, ne parvenant pas à avoir un sommeil réparateur depuis vendredi.
— Ça veut dire quoi Ghrian ?
La brune sourit doucement, l'atmosphère se détendant enfin après ce réveil mouvementé et riche en émotions.
— Soleil, en Irlandais.
— Pourquoi en Irlandais ?
— Parce que je suis née là-bas.
Kara se redressa difficilement, son corps lourd de sommeil et lança un regard interrogateur à sa petite amie.
— Vraiment ? Pourquoi j'apprends ça que maintenant ?
— Je suis sûr qu'il y a encore des tonnes de trucs que tu ne sais pas sur moi et que je ne sais pas sur toi Kara, sourit gentiment Lena, savourant le moment le plus léger qu'elles aient eu depuis la mort de Kenny.
— Il va très vite falloir qu'on change ça, lâcha Kara, en se réinstallant à sa place.
Lena sourit de nouveau et un nouveau silence s'installa dans la pièce, nettement plus léger que tous les précédents qu'il y avait pu y avoir entre elles depuis la funeste nouvelle.
— Je te remercie d'être là Lena, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi, avoua difficilement la soeur de Supergirl, alors qu'elle jouait et fixait l'alliance en plastique qu'elle portait toujours depuis sa "demande" en mariage.
La brune observa aussi la bague, lui apportant une chaleur bienfaisante dans le ventre, alors que la culpabilité qui l'enserrait depuis quelque temps, revenait au galop pour s'emparer de son coeur.
— Je serais toujours là Kara autant de temps que tu voudras de moi.
— Alors attends-toi à le rester longtemps… souffla la blonde, resserrant son emprise sur le corps de sa petite amie, alors que le sommeil s'emparait de nouveau d'elle.
— J'espère… J'espère… lâcha douloureusement Lena, sombrant elle aussi, peu de temps après la chanteuse.
•••
Dimanche 26 Janvier , Appartement Luthor-Arias, Midvale :
— Hey, souffla Sam d'un air endormi, alors que Lena prenait son café, debout devant la baie vitrée, en regardant le ciel gris de nuage, qui lui rappelait les vertes contrées d'Irlande.
Lena lui envoya un simple signe de tête, son esprit à des milliers de kilomètres de là, n'ayant pas vraiment l'énergie de converser pour le moment. La pompom girl le compris tout de suite et se contenta de poser un plaide sur les bras nus de sa meilleure amie qui frissonnait. La brune lui envoya immédiatement un sourire reconnaissant et Sam hocha la tête avant de se diriger vers la cuisine.
Kara ayant eu besoin de changer un peu d'air, Lena, après avoir eu la permission d'Eliza, avait proposé à la blonde de venir chez elle quelques jours et la blonde avait accepté, son seul souhait pour le moment, étant de rester auprès de sa petite amie, l'une des seules personnes qui arrivaient à la faire se sentir un peu mieux.
Alors, depuis dimanche matin, Kara avait en quelque sorte élu domicile ici et le moins que Sam pouvait dire, c'est que la blonde faisait atrocement mal au coeur. Alex lui en avait bien parlé, mais le voir en vrai était tout autre chose. Sa crise d'hier soir, durant son sommeil était… flippante. Lena lui avait bien parlé de cas similaire, lorsque la brune était encore chez les Danvers, mais jamais, au grand jamais, elle n'aurait imaginé un truc aussi… Puissant.
Sam soupira, son téléphone toujours vide de réponse de la part de Mike. Ce n'était pas possible, le monde leur tombait sur la tête en ce moment. Ce début d'année commençait vraiment mal… La châtain prépara une montagne de pancakes, ainsi que de bol de lait aux chocolats, comme elle savait que les jumelles Danvers l'appréciaient. Elle entassa le tout sur un plateau et se dirigea vers la chambre de Lena.
Enlacé l'une à l'autre, les deux jumelles dormaient à poings fermés, essayant de rattraper le sommeil qui leur faisait cruellement défaut depuis quelque temps. Sam sourit doucement, déposant le plateau sur le bord de la table de nuit, avant de sortir de nouveau et refermer la porte derrière elle.
Elle porta de nouveau son attention vers la brune, qui n'avait pas bougé d'un pouce, puis elle soupira lourdement, alors que des coups à la porte se firent soudainement entendre.
— Joe, qu'est-ce que tu fais là ? Demanda Sam, alors qu'elle ouvrait la porte de l'appartement, dévoilant le policier qui la regardait avec un air étrangement.
— Samy, la salua-t-il avec un air désolé, qui ne plut pas du tout à la pompom girl. Est-ce que Lena est là ?
— Oui, ainsi que Kara et Keira, alors je ne sais pas ce que tu viens faire là, commença la cheerleader, sentant soudainement une panique s'emparer d'elle. Mais je te conseille de bien réfléchir à ce que tu fais.
Le flic soupira, son coeur visiblement pris entre deux feux, puis il jeta un regard derrière lui, un de ses collègues hochant la tête silencieusement, Sam le remarquant seulement maintenant.
— Est-ce que je peux entrer ?
— Qu'est-ce que tu veux Joe ?
— Sam, s'il te plaît, n'aggrave pas la situation, elle n'en a pas besoin… soupira tristement l'inspecteur.
La pompom girl, ouvrit la bouche mais la referma aussitôt, laissant passer les trois policiers qui pénétrèrent directement dans le salon, après avoir salué Sam de la tête.
— Joe, qu'est-ce que tu fais ici ? Lâcha soudainement Keira, qui venait tout juste de sortir de la chambre, Kara déjà accroché au corps de Lena, qui lui laissait un baiser sur la tempe.
— Bonjour les filles…
Vraiment, c'était vraiment pas son jour, ce maudit le West. Pourquoi fallait-il que les jumelles soient là aussi… Un raclement de gorge de la part d'un de ses deux collègues le ramena dans la dure réalité et il se redressa, tournant son attention en direction de la maîtresse des lieux.
— Vous devriez me laisser un instant avec Lena, signala l'inspecteur.
— Non, grogna presque Keira, alors que Kara resserrait son emprise sur sa petite amie, sachant pertinemment que quelque chose n'allait pas.
— Ke-
— T'as quelque chose à dire ? Vas-y je t'en prie, intervint Sam, en se positionnant devant lui, Lena fixant intensément le flic, sa mâchoire se contractant, son esprit comprenant déjà un minimum la situation.
Joe souffla, en baissant piteusement la tête. Dans des moments comme ça, il détestait vraiment son boulot. Faisant un pas en arrière, il fit un signe de tête à l'un de ses coéquipiers, ne se sentant vraiment pas le coeur de faire ce qui devait être fait.
— Mademoiselle Luthor, fit un grand brun. Je vous demanderais de bien vouloir vous avancer doucement.
— Quoi ? Mais non attend, commença à paniquer Kara, alors que la brune se décoller d'elle et demandait à Supergirl de s'en occuper. Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce qui se passe ?
Lena envoya un regard désolé à sa belle, alors que Keira enserrait la taille de Kara pour l'empêcher d'avancer davantage, sa mâchoire elle aussi contractée, tandis que Sam était complètement immobile, la panique prenant place de plus en plus dans son esprit. Une fois bien en face du policier qui lui avait demandé de s'approcher, les membres des forces de l'ordre échangèrent un regard en silence, rendant l'atmosphère lourde, jusqu'à ce que le brun parle de nouveau, glaçant le sang des trois spectatrices, alors que Lena gardait la tête haute, son regard froid, son regard de Luthor :
— Mademoiselle Lena Lutessa Mercer Luthor, je vous arrête pour avoir commandité le meurtre de Kenny Li.
Voilà, voilà... Pas grand chose à dire si ce n'est, ça sent le roussi...
