À deux.
Ils passèrent les portes du 221b Baker Street chacun une pointe dans le cœur. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas foulé ce sol ensemble.
Mrs Hudson, remise de l'explosion qui avait eu lieu la vieille, sortie de son appartement (heureusement intacte) en émettant un petit bruit de surprise.
« -Sherlock! John! Tous les deux ensemble! J'ai du mal à y croire!
-Bonjour Mrs Hudson. C'est un plaisir de vous revoir. »
Après une accolade et quelques échanges de nouvelles, elle s'éclipsa pour les laisser monter.
John et Sherlock, bien que ce dernier fut au courant, eurent un choc lorsqu'ils vient l'état de l'appartement. Il n'en restait plus rien, tout était recouvert d'une couche de suie noire.
« - Que s'est il passé Sherlock? Je n'ai pas tout comprit à cette histoire »
Alors Sherlock raconta. Il raconta Eurus, Victor, l'explosion de l'appartement. Il souffrait en parlant de ça. Jamais il n'avait pu imaginer que son passé lui avait été enlevé et jamais il n'aurait imaginé qu'il soit si douloureux. Maintenant, il savait d'où il venait mais ne savait pas quoi en faire.
John le regardait fixement réalisant ce par quoi était passé son ami. Sherlock avait connu l'enfer ces deux dernières années , bien plus que lui-même.
Alors il s'approcha de lui et avec une infinie douceur et précaution il le prit dans ses bras. Si le plus jeune fut surpris au début , il s'agrippa ensuite à l'autre homme comme si sa vie en dépendait.
Il restèrent enlacés ainsi, pleurant , retrouvant celui qui faisait leur monde , celui qu'ils avaient aimés plus que tout. Des mots furent murmures , de demande de pardon, d'excuses.
Mais ils ne parvinrent pas à gérer toutes ces émotions et , à même le sol, dans les débris et les cendres, ils s'endormirent, épuisé par cette vie qu'était la leur.
Le réveil fut douloureux. Le sol ne leur avait fait aucun cadeau, mais il s'étaient retrouvés main dans la main toute la nuit. Une odeur de thé chatouilla leurs narines , Mr Hudson était une sainte!
Après s'être levé tant bien que mal et sans un mot, ils se nettoyèrent vaguement à ce qui restait de lavabo puis, debout contre le mur, il savourèrent leur thé.
Le silence n'était pas pesant, plutôt apaisant après la violence des derniers jours. Et tous deux savait qu'il précédait la conversation la plus importante de leur vie , celle qu'ils tenaient à repousser autant que possible.
« - Je vais demander à Mycroft de faire venir quelqu'un pour réparer l'appartement, il me doit bien ça. »
Surpris par la banalité de Sherlock, John se mit à rire. Un rire de relâchement qui essuya ses peurs un instant. Sherlock était toujours Sherlock et il le resterait sans aucun doute. Il le connaissait par cœur et inversement. Ce qu'ils s'étaient fait en était d'autant plus douloureux. Enfin ce qu'il avait fait.
Sherlock se mit à rire légèrement lui aussi, toujours tendu mais avec un certain apaisement de pouvoir rire encore avec John. Il ne savait pas comment commencer cette conversation.
Ils eurent la même idée finalement, sortant d'un même mouvement un bout de papier de leur poche.
«-Reprendre là où on en était.
-Reprendre là où on en était. »
Chacun avait en main la lettre de l'autre, les derniers mots qu'ils s'étaient échangés. Leurs lettres de suicides sauf qu'ils s'étaient retrouvés.
« -Tu as écrit ne pas m'en vouloir. Je ne peux que te dire que je ne comprends pas et que tu as tort. Ce que j'ai fait à l'époque… Ce que je t'ai fait c'est…
-Ça s'est passé, c'est tout, c'est un fait. Pour le commun des mortels, c'est inimaginable, pour moi c'est un fait. Ça m'a fait souffrir, je mentirai en disant le contraire mais je ne suis pas le commun des mortels. Tu souffrais, je t'ai fait du mal, tu m'aimais sans le savoir mais tu ne pouvais pas gérer tout ça donc tu as craqué. C'était moche, mais c'est un fait.
-Ce n'est pas si simple ça ne peut pas être si simple.
-Tu veux que je te déteste? Que je te dise que je ne veux plus jamais te voir et que je te préférerai mort?
-Oui… non… C'est absurde ça n'a aucun sens. Bien sûr que je ne veux pas que tu me haïsses.
-Bien. Car je ne le peux pas, je n'ai jamais pu. Je n'ai pas pu oublier non plus et à en juger l'état dans laquelle est la lettre que je t'ai laissé, tu n'as pas pu non plus. -Sherlock assena ces mots avec son ton de déduction, celui que John n'avait pas entendu depuis longtemps-.
-Non. Jamais. Attends. »
Il sorti son téléphone et mit sur play le dernier morceau joué. S'élevèrent alors les premières notes du morceau que Sherlock avait improvisé pour lui.
« -Chaque jour, à chaque fois que j'ai pu, je l'ai écouté, c'est plus toi que tout ce que tu as pu jouer. »
Sherlock hésita un moment puis se rapprocha de John, jusqu'à pouvoir sentir son odeur malgré celle des cendres.
«- Ai-je le droit de le dire maintenant? John, je t'en supplie, donnes moi l'autorisation de te le dire. -Il semblait presque désespéré, comme si cela allait tout régler-.
-Sherlock, je… Ce n'est pas…
-John s'il te plaît! Plus rien n'a de sens depuis un an et demi. J'ai tout perdu le jour où tu as quitté cet appartement pour la dernière fois. Laisses-nous nous reposer, enfin. »
John n'arrivait pas à se décider, tout cela lui paraissait impossible, fou et pour lui ça ne pouvait pas bien se passer. Il ne méritait pas d'entendre ça. Il ne méritait pas Sherlock. Et pourtant, il le voulait, plus que tout au monde, il voulait l'entendre, l'assimiler et envoyer toute leur histoire aux oubliettes, dans le passé où elle appartenait et enfin, enfin avoir un avenir avec l'homme qu'il aimait.
Alors qu'il réfléchissait la musique continuait à s'égrainer, accompagnée de la respiration de Sherlock bien trop proche.
Celui-ci attendait, impatient que John lui donne son accord. Il ne le dirait pas sinon. Pas comme ça. Si John n'était pas prêt, il ne lui ferai pas ça. Car il le savait, tout changerait à ce moment là. Certes, il lui avait déjà dit, mais alors que tout était un immense bordel dans leur vie. Là, tout était calme, l'impact serait définitif, ils étaient à un pas de leur avenir mais c'était à John de choisir.
Et la musique s'arrêta, faisant peser un silence qui lui sembla durer des heures. Lorsque John hocha enfin la tête, son cœur bondit et il murmura avec la même force que si il hurlait:
« -Je t'aime, John Watson, plus que je ne le comprendrais jamais.
-Je t'aime, Sherlock Holmes, tu es mon passé, mon présent et je te veux pour mon avenir. »
Alors avec infini précautions, il attira Sherlock à lui et posa ses lèvres sur les siennes, scellant leur premier baiser.
Sherlock se laissa faire, et il se perdit dans leur étreinte, se sentant enfin entier.
Quelques temps plus tard, le 221B fut reconstruit, quasi à l'identique, jusqu'au smiley percé de balles sur le mur. Sherlock et John emménagèrent ensemble juste après, bien que Greg et Mycroft aient fait part de leur désaccord.
Ils se mirent d'accord pour ne plus travailler ensemble sur les affaires que Scotland Yard pourrait donner car Lestrade ne voudrait pas de John. Néanmoins, ils retrouvèrent leurs habitudes sur celles que des particuliers leurs apportaient. Les fans du blog étaient heureux de retrouver le duo ainsi que les histoires allant avec.
Ce fut si facile de se retrouver. Ils étaient restés les mêmes et fonctionnaient parfaitement ensemble. Ils retrouvèrent leurs habitudes d'avant, auxquelles s'ajoutaient des petits gestes, des mots de tendresse et des baisers. Le fait de dormir dans la même chambre aussi. C'était doux, simple, évident. Ils s'aimaient mais ne se touchaient pas.
Les mois passèrent et sans qu'aucun d'eux ne sache de qui cela venait, ils ne partageaient un lit que pour y dormir, incapables de passer le pas. Pourtant, souvent, cela avait failli arriver, après une longue enquête épuisés et inquiet l'un pour l'autre les baisers s'était fait plus pressant, plus envieux. Mais ils s'arrêtaient juste avant. Le désir était là, plus d'une fois, ils se réveillèrent, excités l'un par l'autre mais ne sachant qu'en faire, échangeant quelques caresses chastes. John se levait alors pour préparer le thé, ignorant son désir. Sherlock se levait à son tour, allant chercher un dossier pour se changer les idées.
Ils étaient terrifiés tous les deux au final, craignant de faire exploser la bulle de bonheur dans laquelle ils se trouvaient. Mais l'envie se faisait de plus en plus présente et ils savaient qu'il se passerait peu de temps avant qu'ils ne craquent et que leurs corps ne fassent plus qu'un.
Ce jour arriva. Un jour compliqué, comme toutes les semaines, celui où Sherlock allait voir Eurus. Si elle ne parlait pas littéralement , c'était par la musique qu'ils échangeaient. Et à chaque fois son frère revenait épuisé à la maison. Et à chaque fois John l'attendait avec une tasse de son thé préféré, en silence laissant son compagnon parler seulement si il le désirait. Ce qu'il ne faisait jamais.
Depuis six mois qu'ils étaient ensemble officiellement, jamais Sherlock n'avait précisé la nature de ses sentiments par rapport à Eurus. Il lui avait dit qu'ils jouaient ensemble, que parfois leur famille venait, mais jamais ce qu'il ressentait.
Ce jour là, il semblait plus attristé que d'habitude quand il passa la porte mais John ne dit rien. Ce n'était pas à lui de parler. Il lui apporta son thé et s'assit dans le canapé à ses côtés.
Le silence dura longtemps quand la voix de Sherlock se fit entendre:
« -C'était son anniversaire aujourd'hui. Toute ma famille est venue pour l'occasion. »
Il se tut et John s'attendant à ce que qu'il n'en dise pas plus, se contenta de poser sa main sur celle de Sherlock.
Mais celui-ci avait plus à dire, bien plus. Il ne trouvait pas les mots justes, ceux qui en diraient assez pour exprimer la complexité de ses sentiments.
« -Elle a parlé. Pour la première fois en six mois, juste pour dire « merci » quand nous lui avons souhaité son anniversaire. Maman était aux anges. C'était la première fois qu'elle entendait la voix de sa fille depuis toutes ces années. Mon père aussi, mais aucun des deux ne savait quoi faire ou dire. Alors comme elle n'a pas dit plus, j'ai joué pour eux. Quelque chose de joyeux, car c'était un moment joyeux, plus ou moins. Car en fait c'était triste, c'était évident, tout le monde était quand même triste. C'est si compliqué pour moi, John. Je suis le seul avec qui elle communique d'une façon ou d'une autre et pourtant ça n'a aucun sens. Ou plutôt si ça en a trop. Il y a six mois, elle n'existait pas et maintenant je la vois toutes les semaines mais je ne la connais pas et je ne la connaîtrai jamais. C'est tant d'efforts. Je suis épuisé de réfléchir à ça car il n'y a pas de solution. Et je n'aime pas ça. »
Sherlock avait penché la tête en arrière et fermé les yeux pendant qu'il parlait semblant essayer de faire le tri dans ses idées.
Et John le regardait, surprit. Quand ils s'étaient rencontré, jamais Sherlock n'aurait tenu un tel discours à ce point ouvert sur ce qu'il avait sur le cœur. Et voilà qu'il parvenait enfin à faire le point et à parler.
John n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était censé répondre, il n'était même pas sur de devoir répondre quelque chose.
Alors, il attira l'homme dans ses bras. Sherlock se laissa faire et à peine sa tête posée sur la poitrine de son ami, il s'accrocha à lui, avec la même ferveur que lorsque il avait tout expliqué à John, lorsqu'ils s'étaient retrouvés.
Ce dernier passa tranquillement sa main dans les boucles brunes, administrant un pseudo-massage, un peu aléatoire mais se voulant apaisant.
«-C'est bizarre ce que tu fais.
-Et alors? C'est agréable non?
-hum… Un peu. »
John émit un petit rire et continua son massage en silence jusqu'à ce que son cadet se relève et le regarde droit dans les yeux.
«-Oui?-demanda John perplexe-.
-Je t'aime. Je crois que je le dis pas assez.
-Je t'aime aussi et je te rassure tu me le dis tous les jours c'est déjà très bien. »
Le plus jeune souri, satisfait puis posa tendrement des lèvres sur celle de son homme.
Le baiser fut doux jusqu'à ce que Sherlock se détache de lui très légèrement pour aller embrasser son cou. Ils avaient l'habitude de ce genre d'échange, John en profita penchant légèrement la tête sachant que ça ne durerait pas, que l'un d'eux allait repousser l'autre assez rapidement.
Il fut donc surpris quand soudain, avec un éclair de malice dans le regard, Sherlock se déplaça pour s'assoir sur ses genoux. Ça n'allait jamais aussi loin, aussi tendancieux.
« -Sherlock?
-Shhh, tais-toi maintenant. »
Et il l'embrassa de nouveau pour le faire taire. Puis il glissa sa main dans sa nuque rendant le baiser plus intense. Ils se perdaient l'un et l'autre, l'un pour l'autre.
Ce fut John qui interrompit l'échange afin de glisser à son tour dans le cou de Sherlock, mordillant légèrement la chair fine et sensible. Le brun ne put retenir un léger halètement. D'un léger mouvement pour se rapprocher encore plus de John, il fit se rencontrer leurs virilités, leur arrachant à tout deux un petit gémissement mêlé de surprise.
John ne faisait plus un geste, les mains posées sur ses cuisses, il laissait à l'homme qu'il aimait la gestion totale de ce qui allait se passer. C'était lui qui avait le contrôle, lui qui choisirait jusqu'où les choses iraient.
Alors Sherlock n'hésita plus, prit de désir, il arrêta de réfléchir et agit. Il ôta le t-shirt de John et se mit à caresser de ses lèvres le torse mis à nu. Il passa délicatement sur la cicatrice à l'épaule et joignit sa main au ballet. Il pouvait enfin découvrir son corps et il ne s'en privait pas.
Il se déshabilla à son tour, les mettant à égalité et, d'un mouvement très doux, il prit les mains de John et les posa sur lui-même, lui indiquant par ce geste qu'il avait le droit de le toucher. D'un énième baiser, il lui indiqua qu'il en avait le devoir.
John parcouru alors à son tour le corps du détective, avec douceur et précaution. Il s'arrêta net quand un coup de langue titilla son téton droit lui arrachant un gémissement.
Les caresses se firent plus insistantes, plus désireuses jusqu'au moment où Sherlock se dégagea soudainement pour relever John.
« -Viens. »
C'était un ordre. Il n'y avait rien d'autre à faire que le suivre jusqu'à leur chambre.
Arrivée dans celle-ci, ils reprirent leurs baisers plus passionnés encore. Sherlock, plus courageux que John, qui le laissait toujours gérer, déboutonna le jean de son aîné et le fit descendre puis il posa enfin sa main sur l'érection qui n'attendait que ça. Un gémissement plus fort s'échappa de la bouche entrouverte de John, perdu dans ses sensations.
Celui-ci prit alors un peu plus confiance, enleva à son tour le pantalon de Sherlock et posa à son tour sa paume sur le membre durci.
Ils ne surent pas vraiment comment mais quelques instants plus tard, ils étaient complètement nus, allongés dans le lit, Sherlock au-dessus de John. Sherlock en John.
Ils n'avaient pas réfléchi, ne s'étaient pas vraiment préoccupé de préparatifs et John eut mal. Mais il ne dit rien. Ils restèrent sans bouger, silencieux, jusqu'à que la sensation passe, aidé par quelques mouvements de va et vient sur sa verge.
Et sans plus de réflexion, Sherlock se mit à bouger. Vite. Fort. Plus rien n'avait d'importance. Toutes les émotions contenues, tous les non-dits, tout le désir qu'il avait pour John le rendirent fou. Il ne parvint pas à ce contrôler. Chaque mouvement lui arrachait un râle de plaisir et il se noyait dedans.
John avait mal. Beaucoup au début. Mais il laissa faire. Il accepta. Il reçu. Sherlock le masturbait en même temps, essayant vaguement de le détendre mais faisant ça de façon aléatoire plus préoccupé par là où leurs corps ne faisaient plus qu'un. Puis il commença à ressentir du plaisir mélangé. Chaque coup le fit gémir à son tour.
Les mouvements furent de plus en plus forts, aléatoires et violents. Ils se perdaient dedans. Ils s'agrippaient l'un à l'autre, les ongles de Sherlock rentrèrent dans la peau de John, juste à côté de la cicatrice sur son épaule. Ils ne s'arrêtèrent pas quand John émit un gémissement ressemblant plus à un cri de douleur. Leur plaisir augmenta jusqu'à ce qu'il ne puisse plus aller plus loin. Et, dans un dernier coup de bassin, dans un dernier cri, ils jouirent ensemble.
Épuisés, ils s'endormir à peine séparés, en silence, dans les bras l'un de l'autre.
Ils ne parlèrent jamais vraiment de ça. C'était comme ça pas autrement. Chaque fois qu'il faisait l'amour, c'était violent et puissant.
Ils expérimentèrent toujours plus loin, allant, au tout début des griffures et des morsures, pour finir par faire entrer dans objets dans leurs ébats. Entre autres choses, une cravache qu'affectionnait particulièrement Sherlock.
Et Sherlock aimait ça. Voir John gémir sous l'action de l'objet. Sentir que ses gémissements de plaisir étaient mêlés à des gémissement de douleur.
Et John aimait ça. Être un objet à ce moment là pour Sherlock. Se laissait faire, se laissait marquer pour que chacun prouve son amour, aussi particulier soit il.
En dehors de tout ça, ils étaient douceur et tendresse l'un envers l'autre. Pensant à faire le thé pour deux quand l'un se réveillait le premier, ayant toujours un petit geste, une petit caresse pendant la journée. Se rappelant chaque jour ou presque à quel point ils s'aimaient.
L'anniversaire de leur un an arriva presque trop rapidement. Ils avaient du mal à y croire. Ils étaient ensemble, enfin et depuis si longtemps.
La plupart de leurs proches étaient au courant et heureux pour eux. Seuls Mycroft dont la colère n'avait jamais cessé et Greg, qui voulait bien admettre que John avait fait une erreur, mais une de celles qu'on excusent pas si facilement, gardaient leurs distances.
C'était si beau, si apaisant. Sherlock continuait à être le génial détective consultant et John avait prit un travail de médecin dans un centre social. Et c'était parfait. Ils étaient heureux et fêtèrent leur anniversaire tranquillement à la maison, profitant pour manger un bon repas et faire l'amour sans presque s'arrêter.
Ils avaient tout. Alors quand John passa, plusieurs semaines plus tard, les porte du 221B Baker street, pour la dernière fois, ils perdirent tout.
Ils avaient été stupides aussi, c'est ce qu'ils ne cesseraient de se répéter toute leur vie.
Ils avaient entière confiance l'un envers l'autre, ne doutant jamais de ce qu'ils avaient.
Alors un jour, alors qu'il étaient sur le canapé, se cherchant mutuellement à l'aide de quelques caresses tendancieuses, Sherlock fut prit d'une envie. C'était une idée qui s'inscrivait dans son esprit depuis quelques temps mais qu'il n'osait pas mettre en place.
Il attira John jusqu'au lit et le déshabilla. Il en fit de même et s'approcha de lui. Son amant, par réflexe, écarta les jambes, offert et, d'un mouvement sec, il les replaça droites. Si il fut surpris, John ne dit rien, se laissant manipuler à sa guise.
Le plus jeune se plaça au dessus et après avoir fait un geste que John ne pouvait voir il commença à descendre ses hanches, s'empalant sur le membre en érection.
Ils ne bougèrent plus, tendus. Mais il s'était préparé depuis quelques temps et, encore une fois, ce fut le plus jeune qui entama la danse. Ils se laissèrent porter par ces nouvelles sensations. Ce fut doux et lent, John ressentit plus de plaisir que jamais et apposa à son tour des gestes sur la verge de son amant. L'orgasme prit du temps, ils allaient à un rythme beaucoup moins soutenu que d'habitude, mais il les délivra avec une force dévastatrice.
Ils s'allongèrent dans la position des cuillères, John derrière enlaçant de toutes ses forces l'homme qu'il aimait. Ils étaient heureux, tout allait bien, ils avaient enfin dépassé tout ça. C'était finit pour de bon. Enfin.
Mais les jours passèrent et le comportement de Sherlock changea. Il parlait moins, esquissait de moins en moins les caresses qu'il avait coutume de faire quand il en avait l'occasion. Ils ne se touchaient plus.
Un soir, il disparu dans rien dire et, pour la première fois, John dormit seul. Le détective ne revint que le lendemain matin, un air peiné sur le visage.
« -Parles. »
C'était une supplique, John avait besoin de l'entendre car il savait. Il savait que c'était fini mais tant que les mots n'étaient pas dits, il n'arriverait pas à partir.
Égoïste. Toujours.
« -On a fait une erreur, John. Enfin, c'est de ma faute. C'est moi qui ait voulu. Mais ce qu'on a fait, au final, ça m'a fait mal.
-Sherlock, je…
-Désolé John. Je suis comme tous les autres mortels, je ne peux passer outre finalement. Désolé, je n'aurais pas dû.
-Si ça explose maintenant, c'est que ça devait exploser. Nous avons fait semblant si longtemps mais au fond de nous, il y a toujours eu ça, bien caché mais là. Je ne t'en veux pas, comment le pourrai-je? J'ai profité de la vie avec toi et ce fut l'année la plus belle de ma vie. Alors merci, Sherlock, merci de m'avoir permis de rester à tes cotés. »
Son amant le regarda, triste et soulagé en même temps. Ils seraient libres maintenant, il n'y aurait plus de regret ni de remords. Ils étaient aimés, appartenus et c'était fini et ça allait.
Il s'avança vers John, le prit dans ses bras et l'embrassa pour la dernière fois. Ce fut long et doux.
Après s'être séparés, John rassembla ses affaires mais il fut surpris de voir Sherlock en faire autant.
« -Je pars aussi. Le 221b Baker Street c'est toi et moi, c'est tout, je ne peux plus vivre ici non plus. »
Cela prit quelques jours pour tout vider. Mrs Hudson fut triste mais compréhensive et ne fit aucun commentaire.
Il sortirent ensemble de l'immeuble, Sherlock passa la porte en premier. John suivait traînant un peu plus le pas. Ce fut lui qui ferma la porte noire derrière eux pour la dernière fois. Son cœur se serra.
Se retournant une ultime fois pour regarder l'homme qu'il aimerait toujours, il murmura:
« -Adieu Sherlock.
-Adieu John. »
