Hello mes p'tits chous ! Bcp de retard, je sais, mais j'ai des dissertations dans tous les sens et c'est la course. Je vous laisse profiter du dernier chapitre et je retourne pleurer sur mon rapport. Bisous et bonne lecture !


Chapitre 26 – Dîner aux chandelles

Laureen faisait les cent pas dans la salle de bains, se rongeant nerveusement les ongles. Elle arrêta immédiatement son geste, et avec un soupir et un mouvement de baguette, rectifia sa manucure. Elle jeta un dernier regard dans le miroir et se décida enfin à sortir de la salle de bains.

Elle portait un pull fin beige au large col rond, une jupe patineuse plissée bordeaux, des collants noirs et des escarpins vernis noirs. En guise d'accessoires elle n'avait mis qu'une paire de boucle d'oreilles en forme de roses, bordeaux elles aussi, et une pochette beige vernie où elle glissa sa baguette. Elle enfila son trench coat noir sans le boutonner et failli passer nerveusement la main dans ses boucles auburn mais se retint, se rappelant le mal qu'elle avait eu à faire tenir ses cheveux dans un chignon simple et élégant d'où s'échappaient déjà quelques mèches. Vérifiant une dernière fois son très léger maquillage dans un miroir, elle sortit de sa chambre et descendit les escaliers en se cramponnant à la rampe pour ne pas tomber.

Elle atteignit enfin le bas des marches, et releva avec hésitation ses yeux vers les six personnes qui se trouvaient là. D'abord, son père et son parrain, qui la regardait avec bienveillance, lui disant d'un seul regard à quel point elle était belle, comme sa mère. Ensuite, les jumeaux, dont les yeux agrandis ne masquaient pas la surprise de voir leur meilleure amie ainsi apprêtée. Toutefois Fred eut la présence d'esprit de lui faire un clin d'œil discret, la rassérénant. Il y avait ensuite Molly Weasley, qui semblait hésitante, avec son léger froncement de sourcils. Puis tout ce qu'il y avait autour d'elle s'évanouit quand elle vit Charlie, dont la mâchoire balayait le sol, la fixant comme si c'était la première fois qu'il la voyait. George lui mit un assez peu discret coup de coude.

-Laureen… tu… tu es…

Il peinait à trouver ses mots, Merlin il n'était même pas capable de formuler une pensée cohérente !

-Merci, rougit-elle. Tu es très élégant, ça te va bien.

Il sourit, ses nerfs semblant se calmer un peu, et lui présenta son bras. Avant que Sirius ne puisse protester, il les fit transplaner devant la boutique du vieux Ollivander. Personne ne se trouvait devant la boutique à cette heure, et Charlie ramassa ce qui semblait être une cannette sur le sol.

-Notre Portoloin, expliqua-t-il devant l'air étonné de sa petite amie. Il ne devrait pas tarder à…

Il n'avait même pas fini sa phrase qu'ils disparaissaient du Chemin de Traverse. Laureen cria sous le choc, et s'attendait à tomber comme un tas sur le sol, comme la dernière fois, mais fut rattrapée juste à temps par le bras puissant d'un dresseur de dragons autour de sa taille.

-Tu es vraiment magnifique, lui murmura-t-il d'une voix légèrement rauque dans l'oreille.

Elle rougit, mais décidée à ne pas jouer les effarouchées toute la soirée, elle passa sa main derrière la nuque de Charlie et se mit sur la pointe des pieds pour pouvoir chuchoter à son oreille.

-Tu es très élégant, mais je te préfère en tenue de travail, ça donne un côté viril… elle laissa traîner sa phrase de façon suggestive avant de reprendre. Mais je crois que le mieux reste sans chemise, finit-elle en lui mordillant doucement le lobe avant de lui prendre la main et de marcher dans une direction au hasard comme si de rien n'était.

Charlie faillit s'étouffer de surprise. Cette femme allait le rendre fou ! Comment était-il possible d'être aussi mignonne et innocente, et en même temps aussi indécemment désirable et sexy ? Il se laissa entraîner un instant avant de reprendre ses esprits, et de la guider silencieusement jusqu'au restaurant où il avait réservé.

-Ah, signore Charlie ! tonna une voix grave quand Charlie tint la porte ouverte pour Laureen.

Un beau serveur italien se campa devant eux, détaillant Laureen d'un air appréciateur.

-Bonsoir, Giacomo, le salua Charlie. J'ai réservé une table pour deux, ce soir.

-Sì, sourit Giacomo. Pour toi et pour la sublime signorina, je présume ? C'est un plaisir de vous rencontrer, bella.

Il lui fit un baisemain agrémenté d'un clin d'œil aguicheur. Charlie grinça des dents et prit la main de Laureen, la dégageant de celle de Giacomo, avant d'entourer protectivement de ses bras la jeune fille.

-Enchantée, sourit timidement Laureen. Vous connaissez Charlie depuis longtemps ?

Giacomo hocha la tête en leur faisant signe de le suivre.

-Sì, cet énergumène a squatté mon canapé et mangé ici pendant plus de six mois il y a deux ans.

-Ah bon ? demanda Laureen avec une lueur d'amusement dans les yeux. Et pourquoi ?

-Oh, un dragon venait de naître dans la réserve cachée au nord de Firenze, expliqua Giacomo avec un haussement d'épaules.

Laureen marqua un temps d'arrêt.

-Je suis un cracmol, ajouta Giacomo devant son air incertain. Mes deux petites sœurs et mes parents sont des sorciers. Et ce restaurant est régulièrement le point de ralliement des dresseurs italiens.

-Un dragon venait de naître dans la réserve et ils avaient besoin de l'aide de quelqu'un d'habitué aux bébés dragons, intervint Charlie. J'ai accepté la mutation temporaire, voilà tout. Giacomo, notre table est encore loin ?

-Juste là, sourit l'italien en tirant un rideau, dévoilant un balcon.

Une table pour deux avec bougies et fleurs avait été installée, sur un balcon isolé donnant vue sur le centre-ville. Laureen porta la main à sa bouche, émerveillée. Giacomo fit un clin d'œil à Charlie et disparut discrètement alors que le roux posait sa main dans le bas du dos de sa petite amie. D'une délicate pression, il l'enjoignit à s'approcher de la table, et tira une des chaises pour elle avant d'aller s'asseoir en face. Il fronça les sourcils et se leva avant de décaler sa chaise plus près de celle de Laureen.

-Là, beaucoup mieux, sourit-il en lui prenant doucement la main. Alors, comment trouves-tu la vue ?

-C'est magnifique, Charlie, c'est…

Elle lui serra la main plus fort.

-Je suis content que ça te plaise, répondit Charlie. J'avais peur d'en faire beaucoup trop pour un premier rendez-vous, je pensais que-

Laureen l'embrassa tendrement sur la joue, le coupant dans sa phrase. Elle lui offrit un petit sourire timide.

-Merci Charlie, c'est vraiment parfait.

La timidité de Laureen s'effaça peu à peu alors qu'ils discutaient de tout et de rien, et bientôt Giacomo revint avec une grande assiette où trônait une pizza margherita… en forme de cœur. L'italien disparut sans un mot, et Charlie s'occupa de découper la pizza avant de servir un verre de vin rouge à Laureen.

-A nous deux ? proposa-t-il, incertain.

-A nous, sourit Laureen en trinquant avec lui avant de prendre une gorgée de vin. Hmm, ce vin est très bon.

-Tu verras, les pizzas ici sont un pur régal.

Elle hocha la tête et ils commencèrent à manger dans un silence confortable. Après la pizza, Charlie paya l'addition sans même prêter attention aux protestations de Laureen, et l'aida à remettre son manteau avant de l'escorter hors du restaurant après avoir dit au revoir à Giacomo.

Après avoir placé la main de Laureen au creux de son bras, Charlie la guida à travers le centre-ville de Florence, discutant de choses sans aucune importance, juste pour le plaisir d'entendre la voix de sa petite-amie.

-Par la barbe de Merlin, il est déjà vingt-deux heures ! s'exclama Laureen. On devrait rentrer, mon père et Remus doivent être morts d'inquiétude !

Charlie allait protester mais l'air réellement inquiet de la jeune femme le décida. En soupirant, il sortit de sa poche un vieux mouchoir brodé et après avoir vérifié qu'aucun moldu ne se trouvait autour d'eux, il lança un sort qui fit briller le mouchoir de bleu, et rangea sa baguette. Il enroula son bras autour de la taille de Laureen et la serra contre lui. Moins d'une minute plus tard, le Portoloin les emmenait dans le Chemin de Traverse, et encore une fois à l'atterrissage, Charlie rattrapa Laureen, en profitant pour serrer davantage la jeune femme contre lui. Sachant qu'ils ne devaient pas traîner là, il les fit transplaner directement dans la cuisine de la maison des Black. Sirius y était assis, un verre de Whiskey Pur Feu dans la main.

-Enfin ! s'exclama-t-il en les voyant. J'ai bien cru que j'allais devoir me rendre en Italie…

-Désolée papa, Charlie m'a fait faire une promenade dans le centre-ville de Florence et je n'ai pas vu le temps passer, excuse-moi.

Sirius enlaça sa fille un instant.

-Aucun problème. Tout s'est bien passé ?

-A merveille.

Il ne put s'empêcher de sourire quand il vit les étoiles qui brillaient dans les yeux de sa fille. Il l'embrassa sur le front avant de lui désigner l'escalier du menton.

-Bonne nuit, ma grande. Tu me raconteras demain.

Elle allait protester mais comprit que son père voulait parler seul à seul avec Charlie. Elle hocha la tête et l'embrassa sur la joue. Elle se tourna ensuite vers Charlie et allait l'embrasser sur la joue également mais le raclement de gorge de son père l'arrêta et elle dut se contenter d'un regard avant de disparaître dans l'escalier puis dans sa chambre.

-Enfin te voilà ! firent deux voix quand elle referma la porte.

Elle poussa un cri en se retournant, baguette en main, et lâcha un soupir de soulagement en voyant les jumeaux qui l'attendaient, étalés sur le lit.

-Bande d'idiots, grommela-t-elle. J'ai failli avoir une crise cardiaque. Qu'est-ce que vous fichez là ? Si mon père vous voit dans ma chambre il va se mettre à lancer des sorts dans tous les coins…

-Mais non, Sirius nous adore, répondit George.

-On lui rappelle l'époque des Maraudeurs, ajouta Fred. Alors, ce rendez-vous ?

Il agita ses sourcils de manière suggestive qui fit rire sa meilleure amie.

-C'était très bien, répondit-elle en lui lançant un coussin. Ton frère a été charmant et le dîner était très bon. Maintenant si vous voulez bien sortir, je comptais dormir.

-Attends, intervint George. On ne t'a presque pas vue depuis… Enfin on ne t'a presque pas vue et on voulait t'annoncer quelque chose.

-M'annoncer quelque chose ? reprit-elle en se laissant tomber entre eux sur le matelas, jouant avec les cheveux de George.

-Le magasin de farces et attrapes, commença Fred. Ça y est, on a les fonds nécessaires. On n'a pas encore de local, mais ça viendra. Après tout, il nous reste encore une année de cours avant de lancer notre entreprise.

-Comment avez-vous trouvé l'argent nécessaire ? s'étonna Laureen en se relevant sur ses coudes.

-Tu dois promettre de ne rien dire à personne, surtout à Ron ou à Maman, prévint George. Mais c'est Harry qui nous a donné les mille gallions qu'il a gagné au Tournoi.

Laureen resta silencieuse. Harry avait vraiment un cœur en or. Et les jumeaux allaient enfin pouvoir accomplir leur rêve. Elle soupira discrètement.

-Dis, Lau' ?

-Oui George ?

-On aimerait bien que tu viennes travailler au magasin, avec nous.

-George, on en a déjà parlé, soupira Laureen. Même si je suis entièrement derrière vous dans cette idée, les farces et attrapes ne sont pas la perspective d'avenir que j'ai choisi.

-Et quelle perspective as-tu choisie ? demanda Fred. Tu es toujours restée tellement secrète sur tes projets…

-Parce que je ne suis pas encore vraiment décidée, répliqua Laureen en se levant abruptement. Je suis fatiguée, on en reparlera demain.

Les jumeaux savaient qu'il n'aurait servi à rien d'insister, aussi ils se levèrent et lui souhaitèrent bonne nuit avant de sortir de la pièce. Laureen se changea rapidement et se glissa sous les couvertures, sentant un sommeil lourd l'envahir.

Après une discussion – un interrogatoire – avec Sirius, Charlie était remonté dans la chambre qu'il occupait et s'était rapidement glissé sous les couvertures, très heureux de la charmante soirée qu'il avait passée. Il s'endormit comme un bébé. Ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'il se réveilla en sursaut, entendant un cri de terreur dans une des chambres au-dessus de lui.

Aussitôt il sauta hors du lit et attrapa sa baguette, courant hors de sa chambre. Il ne prêta aucune attention à ce qui l'entourait jusqu'à ce qu'il détermine que les cris de terreur venaient de la chambre de Laureen. Sans plus réfléchir, il entra dans la chambre de la jeune fille et se précipita vers le lit où elle se retournait dans tous les sens, criant et pleurant.

Il tenta de l'enlacer pour l'empêcher de bouger mais reçut une gifle non-intentionnelle de la part de Laureen. Il s'assit tout de même sur le lit, et passa rapidement ses bras sous le corps de la jeune femme pour la soulever et la ramener contre lui. Tenant les bras de Laureen contre son corps, il la berça aussi bien qu'il le pouvait, et peu à peu les cris diminuèrent, jusqu'à ce qu'elle ouvre des yeux agrandis par la terreur.

-Cha… Charlie ?

-Shh, c'est fini, Laureen, murmura-t-il en la berçant contre lui. C'est fini, je suis là.

Si Laureen avait arrêté de se débattre comme une forcenée contre un ennemi invisible, ses sanglots quant à eux ne tarissaient pas. Sirius fit irruption dans la chambre, pestant contre tous les escaliers de cette maison. Charlie grimaça légèrement en s'attendant à des réprimandes, mais fut assez surpris de voir l'air brisé du père de sa belle.

-Qu'est-il arrivé ? demanda-t-il.

-Cauchemar, je pense. Elle s'est réveillée mais…

-Tu peux t'en occuper ? demanda Sirius en le regardant dans les yeux.

Charlie faillit sursauter à la question.

-Le moins de monde il y a dans la chambre, le mieux c'est, ajouta Sirius. Si tu gères, je te fais confiance. Sinon, je te jette hors de la chambre et je m'occupe de ma fille. Alors ?

-Je peux m'occuper de dragons énervés, je crois que je peux m'en sortir, tenta Charlie avec un petit sourire.

Sirius hocha la tête et embrassa sa fille sur le front avant de sortir de la chambre, fermant la porte derrière lui.

-Charlie ? fit une toute petite voix.

-Je suis là, Laureen. Je suis là, murmura-t-il en continuant à la bercer. Tout va bien.

-J'ai… J'ai fait un cauchemar, dit-elle en cachant son visage contre son large torse. C'était… Il y avait… Enfin j'ai vu…

-Shh, c'est bon, c'est fini. Tu n'es pas obligée d'en parler, tu sais. Quand tu voudras, je serai là pour t'écouter.

-Merci, sanglota-t-elle.

-Ce n'est rien. Tu veux dormir ?

Elle hocha la tête. Il se releva et allait la replacer sous les couvertures mais elle s'agrippa à lui comme un animal effrayé, commençant à trembler et à pleurer encore plus fort.

-Eh, calme-toi, tout va bien, tenta de la rassurer Charlie.

-Pars pas, sanglota-t-elle.

-Ton père aura ma peau, grommela le dresseur de dragons avant de se glisser à ses côtés sous la couverture et de la ramener contre lui. Allez, dors maintenant. Je te promets de veiller sur toi. Sois tranquille.

Elle posa la tête sur son torse et replia carrément son corps autour du sien avant de fermer les yeux. Charlie laissa un petit sourire s'installer sur son visage quand il entendit la respiration de sa petite amie se régulariser, signe qu'elle s'était enfin endormie. Lui ne put fermer l'œil de la nuit.