Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.
Le temps du renouveau
Chapitre 25
An 2012
Alors que Rufus assistait, la rage au cœur, au faux mariage improvisé par Reno, Ingrid était abordée par Héracles. Elle le considéra avec un peu de défiance, il leva aussitôt les mains, pour lui signifier qu'il ne venait pas chercher les problèmes, ce qu'elle eut un peu de mal à croire malgré tout.
- Je peux savoir ce que vous me voulez cette fois ?
- Je venais m'assurer que vous étiez au courant de ce que faisait votre homme de main aux cheveux roux.
Ingrid fronça les sourcils, se demandant où il voulait en venir, et soupçonnant des intentions cachées qui n'étaient pas bonnes pour elle.
- Je sais fort bien ce que fait Reno Sinclair, il travaille pour moi. Pour rétablir l'honneur de mes parents. Vous ne parviendrez pas à me faire douter de lui.
Le visage d'Héracles prit une expression peinée.
- Loin de moi cette idée ! Je tenais seulement à être certain que vous étiez au courant qu'il avait organisé votre faux mariage.
Cette fois, malgré tous ses efforts pour rester impassible, Ingrid ne parvint pas à réprimer un sursaut involontaire.
Même si elle avait donné les pleins pouvoirs à Reno pour atteindre le but qu'elle souhaitait, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il ose quelque chose de ce genre.
Elle se reprit très vite, trop tard cependant pour éviter de montrer son trouble à Héracles. Le demi dieu se garda bien de sourire, cela ne servirait pas ses projets, il garda son expression peinée et reprit la parole.
- Je peux vous conduire là bas, afin que vous repreniez le contrôle de la situation. Il me semble clair que votre subordonné ne fait pas vraiment ce qu'il faut pour vous satisfaire.
Ingrid le considéra avec une méfiance accrue.
- Et que pensez vous obtenir en échange de ce service ?
- Je ne veux que vous aider. Assura Héracles.
- Je ne vous crois pas une seule seconde. Répliqua Ingrid. Si vous êtes ici, c'est parce que vous avez une idée derrière la tête.
Héracles secoua la tête, une légère moue aux lèvres.
- Je suis vraiment navré que vous ayez une si piètre opinion de moi. Je suis un guerrier, pas un tacticien, je laisse la ruse et les manigances aux Dieux. Je n'ai aucune idée particulière en tête, de la curiosité oui. Je suis intrigué par ces gens qui aident votre affilié, je l'admets, je voudrai les rencontrer.
Ingrid prit le temps d'y réfléchir, puis approuva d'un signe de tête.
- Parfait. Nous y allons alors ? À moins que vous ne vouliez prévenir votre époux afin qu'il se joigne à nous pour ce voyage vers votre bâtiment ?
Ingrid n'hésita pas, elle refusait de mêler Angeal à ce qui était en train de se produire. Il ne méritait pas d'être impliqué dans les problèmes de la famille Shinra, il avait déjà bien assez souffert. Elle reviendrait vers lui une fois la situation réglée, si cela était possible.
- Non, il doit rester en dehors de cette affaire. Mais, tant que j'y suis, pourquoi être venu me prévenir ? Vous auriez pu rencontrer ces gens seul.
Héracles sourit.
- Je pourrai en effet, mais que vous soyez présente rendra la rencontre plus agréable.
- Je ne vois pas en quoi...
- Oh, vous verrez, faites moi confiance, vous verrez.
Avant qu'Ingrid ait pu faire ou dire quoi que ce soit, Héracles avait déjà agi, les emportant en un clin d'œil dans la tour Shinra.
Ils arrivèrent directement dans la pièce où se trouvaient Reno et l'homme en combinaison grise.
Reno réagit immédiatement, se plaçant instinctivement entre celui avec qui il était et les intrus.
Même s'il les avait identifié immédiatement, et que l'un d'eux n'était autre qu'Ingrid, le fait qu'elle soit en compagnie d'Héracles le rendait quelque peu nerveux. Il n'avait pas oublié qui était ce type et il ne voulait pas prendre de risques.
L'homme en combinaison se leva vivement, fixant Ingrid avec émotion. Écartant Reno de son chemin avec fermeté, il s'avança vers la jeune femme.
- Tu ressembles tellement à ta mère... elle sera heureuse de te revoir, autant que moi. Tu nous as beaucoup manqué.
Ingrid le regarda puis plaqua ses deux mains sur sa bouche, bouleversée de le revoir après toutes ces années. Elle peinait à y croire. Elle sentit des larmes se mettre à rouler sur ses joues. Il n'avait pas changé, c'était comme si le temps n'avait pas de prises sur lui. Il était tel que dans ses souvenirs.
Finalement, n'y tenant plus, elle se jeta entre ses bras.
- Papa !
Reno se détendit légèrement, ce qu'il voyait confirmait la réalité des informations qu'il avait déjà reçu. L'homme était donc bien LE Shinra.
Il se recula contre un mur et croisa les bras.
Cette fois, les choses allaient bel et bien évoluer, la SHINRA ne redeviendrait peut être pas ce qu'elle avait été, mais elle allait changer, il en était persuadé. Il serait là pour y assister, il allait y participer, peut être même pourrait il placer sa propre troupe, l'intégrer à un projet plus grand, ainsi qu'il en avait toujours eu le désir.
Depuis qu'il avait commencé à monter son équipe il avait toujours eu en tête de l'intégrer un jour à celle qui lui avait permis de devenir l'homme qu'il était. Pas par fidélité à qui que ce soit, ni à quoi que ce soit, mais seulement pour prouver qu'il n'était pas l'abruti que certains voyaient en lui, qu'il avait les capacités nécessaires pour être un meneur, quelqu'un qui savait prendre les bonnes décisions et agir. Qu'il n'était pas seulement un bouffon tout juste bon à suivre les ordres d'autres personnes.
Il était Renouveau "Reno" Sinclair. Il n'était plus Violin, mais il n'avait pas pour autant oublié l'enfant refusé par sa propre mère qu'il avait été. Cet enfant en quête de ses origines.
Il voulait savoir qui était son père, qui était sa mère et comment ils en étaient arrivés à le faire naître alors qu'ils n'avaient rien en commun.
Veld avait su lui donner cette envie, et Tseng l'avait entretenue, la lui remettant en tête à intervalles réguliers afin qu'il ne perde pas le cap.
Regardant Ingrid et son père, ces deux personnes qui ne s'étaient pas revues depuis vingt six ans, il se demanda comment aurait pu se passer sa réunion avec son propre père, si ce dernier avait survécu.
Sans doute assez mal, il n'avait pas, comme Ingrid, le moindre bon souvenir de son géniteur. Il n'avait aucune raison de lui faire bon accueil.
Il revint à la réalité en voyant Rufus entrer dans la pièce et s'arrêter en découvrant sa sœur entre les bras d'un inconnu.
Rufus fronça les sourcils et croisa les bras.
La cérémonie venait de s'achever, les personnes y ayant assisté se pressaient autour de l'estrade afin de féliciter les mariés.
Lui avait préféré se retirer, ne voulant pas se livrer à cette action qu'il trouvait hypocrite au possible. Qui que soient cet homme, et cette femme, ils n'étaient pas sa sœur et le mari de cette dernière. Il aurait bien le temps de leur parler lorsqu'ils en auraient fini avec cette mascarade.
Mais la porte de la pièce où il savait trouver Reno et l'inconnu passée, il avait découvert avec déplaisir qu'Ingrid était là, et qu'elle était entre les bras de l'inconnu. Il vit qu'elle pleurait, mais souriait en même temps et cela le perturba plus qu'il ne l'aurait cru possible.
- Je peux savoir ce qu'il se passe ici au juste ? Ingrid, je croyais que tu étais heureuse d'avoir retrouvé ton mari, qu'est-ce que tu fais avec ce type ? D'ailleurs qui est il ?
Ingrid et l'inconnu se tournèrent vers lui. Ils s'écartèrent l'un de l'autre.
Ingrid essuya ses joues trempées d'un revers de main.
- Rufus, c'est notre père. Dit elle doucement.
Rufus cilla, n'en croyant pas ses oreilles.
Leur père ? Qu'est-ce que c'était que cette fable ?
- Notre père est mort ! Je suis bien placé pour le savoir, je l'ai tué !
Un silence pesant salua son affirmation. Il prit une profonde inspiration, se passa une main tremblante sur le visage. Après des années de silence, il avait enfin avoué son crime. Ce n'était pas Jenova qui avait mis un terme à l'existence du président, elle l'avait approché sous son apparence de Sephiroth, avant de reprendre sa véritable forme, l'avait examiné avec dédain et s'était détournée comme s'il ne présentait aucun intérêt pour elle.
- Vous n'êtes pas celui qui m'a emprisonné. Vous n'êtes même pas de son sang. Avait elle dit avant de reprendre l'apparence de Sephiroth et de repartir comme elle était venue.
Caché dans une pièce voisine de celle où s'était déroulée la rencontre, Rufus n'en avait rien manqué, et alors que la calamité s'éloignait, il avait rejoint le président, encore sous le choc et avait fait ce que la créature n'avait pas fait. Il l'avait fait sans hésiter, sans le moindre remords. Pour lui le président n'était pas un père, ne l'avait jamais été.
- Rufus... commença Ingrid.
- Toi, tu étais loin, tu ne sais pas ce que c'était de vivre avec lui, tu ne sais pas ce qu'il exigeait de moi, jour après jour... quoi que je fasse, cela n'était jamais assez bien, il passait son temps à critiquer le moindre de mes actes, il me parlait froidement, je ne pouvais plus le supporter, alors, quand la calamité l'a épargné, j'ai décidé de corriger cette erreur.
- Oh, Rufus... je suis désolée... je suis tellement désolée... balbutia Ingrid. Je ne savais pas que c'était si pénible pour toi. J'avais conscience qu'il était dur avec toi, mais pas que tu étais malheureux à ce point.
Rufus la regarda avec stupeur, décontenancé par sa réaction et ses propos. Il venait de lui apprendre qu'il avait tué le président, et c'était tout ce qu'elle trouvait à dire ? Cela n'avait pas de sens...
- Est-ce que tu as bien compris ce que je viens de dire ? Lança t'il d'un ton âpre.
- J'ai compris oui.
- Nous l'avons tous compris, ricana Reno. Une chance qu'il n'y ait que nous, ça reste en famille. Mais faudrait mieux éviter de le crier sur les toits à l'avenir. Tuer le président, même s'il s'agissait d'un imposteur, ça pourrait en chatouiller plus d'un par ici.
L'homme en combinaison grise lui lança un regard froid.
- Je crois qu'il est temps pour vous de sortir de cette pièce, mes enfants et moi avons à parler. Ne vous éloignez pas et surveillez la porte, que nous ne soyons pas dérangés.
Reno salua avec un peu d'ironie malgré tout, et quitta la pièce. Il se planta devant la porte en sifflotant.
Ainsi, le président n'avait pas été tué par la calamité mais par Rufus en personne... pour une surprise, s'en était une de taille. Dommage qu'il doive garder cette information secrète, il se serait fait un plaisir d'en parler à Rude et à Tseng, et d'observer leurs réactions, cela aurait sans doute valu son pesant d'or.
Pas étonnant que le fils Shinra ait su si vite surmonter son "chagrin" après la "tragédie". Il avait du bien se marrer lorsqu'il était seul. Il n'était pas le salaud sans coeur qu'avaient imaginé les gens, non, en vérité, il était bien pire.
Tout de même... en arriver à tuer son propre père... il lui tirait son chapeau, lui même n'avait pas eu à se donner autant de mal, sa mère était morte sans qu'il ait besoin de la pousser dans la tombe, et c'était très bien ainsi. Même s'il aurait probablement été capable de lui en faire baver, autant qu'elle l'avait fait pour lui, il n'était pas certain qu'il l'aurait tuée.
Une fois Reno sorti et la porte refermée, l'homme en combinaison grise se rapprocha de Rufus, et l'empêcha de reculer en l'attrapant par les épaules. Ils s'affrontèrent du regard quelques secondes, puis Rufus détourna la tête, incapable de soutenir le regard de l'autre plus longtemps.
- Mon père est mort... je ne sais pas qui vous êtes, mais vous n'êtes pas mon père. Murmura t'il d'un ton mordant.
- J'imagine qu'en effet, après 26 ans passés loin de vous, j'ai perdu le droit de me faire appeler papa, admit l'homme, mais je n'en reste pas moins votre véritable géniteur, et le président légitime de la SHINRA...
- La SHINRA telle que vous l'avez connue n'existe plus ! Ragea Rufus. Tout s'est écroulé, miné de l'intérieur par celui qui avait pris votre place; et par ceux dont il s'était entouré. Vous n'avez plus aucun droit !
- C'est là où tu te trompes Rufus, j'ai les droits que me confèrent ma naissance. Mais dis moi, qu'en est-il de toi et de ton rôle dans cet effondrement ? Lazard m'a déjà avoué le sien, je suis curieux d'entendre ta propre confession.
- Je n'ai rien à confesser. Aboya Rufus. J'ai fait ce que j'estimais nécessaire. Si mes actes et mes façons ne vous conviennent pas, alors il ne fallait pas disparaître et me laisser l'occasion d'agir à ma guise.
- Je n'ai pas choisi de disparaître, soupira l'homme en combinaison grise, je suis tombé dans un piège, dont je n'ai réussi à sortir que de justesse.
Rufus resta silencieux, indifférent aux propos de ce père miraculeusement revenu d'entre les morts. Même s'il voulait bien admettre qu'il soit vraiment leur père, ce point de détail ne lui faisait ni chaud, ni froid. Il avait trente ans passé, aucun besoin d'un père, il avait tué celui qui s'était fait passer pour tel pendant des années, ce n'était pas pour en accepter un autre quelques années plus tard.
- C'est heureux pour vous. Commenta t'il avec froideur. Ingrid, je vais rejoindre Sun et poursuivre ce que j'avais entrepris.
Ingrid le regarda d'un air peiné.
- Rufus, nous avons une chance unique de reconstituer notre famille... pourquoi...
- Pourquoi ? Ma chère sœur, c'est peut être ta famille, mais ce n'est pas la mienne. Répondit Rufus. Je ne connais ni cet homme, ni sa compagne. Ils ne sont rien pour moi.
Il se détourna pour ne pas voir les larmes rouler sur les joues de sa sœur. Il ne se sentait pas à sa place, il n'y avait plus rien qui le rattachait à ceux qui lui avaient donné la vie. Trop de temps avait passé, trop d'années difficiles et douloureuses. Il préférait ne plus penser à eux pour le moment.
Il quitta la pièce sans se retourner. Reno ne chercha pas à l'arrêter, même s'il était surpris de le voir sortir si vite et s'en aller sans un seul mot.
Se risquant à jeter un rapide coup d'œil dans la pièce Reno se rendit compte que la situation n'était pas brillante et préféra ne pas s'en mêler. Les affaires de famille, valait mieux pas s'y risquer, surtout lorsqu'elles concernaient les Shinra. Il avait beau être le père de la seconde fille d'Ingrid, il n'était pas convaincu que le père revenu d'entre les morts le voit de cette façon.
Son attention fut attirée par le couple qui venait de quitter la salle où avait eu lieu la fausse cérémonie. Visiblement les "mariés" avaient décidé qu'il était temps pour eux de prendre congé, il les regarda s'en aller, suivis par quelques personnes qui semblaient fascinées par eux.
Rufus lui avait rejoint Sun qui attendait dehors.
Le dragon blanc réalisa immédiatement que quelque chose n'allait pas, mais Rufus ne lui laissa pas le temps de poser des questions.
- Partons. Nous n'avons plus rien à faire ici. Dit il d'un ton qui fit ciller Sun.
Le dragon se transforma pourtant, attendit que Rufus ait pris place sur son dos, et s'envola.
Une fois haut dans le ciel, Rufus se laissa aller sur le cou du dragon et ferma les yeux. Il ne craignait pas de tomber, ne s'en souciait pas à vrai dire, tout ce qu'il avait en tête était ce qu'il venait de vivre.
Son père... en vie, celui qu'il avait tué un vulgaire imposteur... en quelques secondes sa vie venait de basculer à nouveau et cela était dur à admettre.
Il laissa enfin couler les larmes qu'il retenait depuis qu'il avait entendu Ingrid affirmer que l'homme était leur père.
Un père... il n'avait pas le souvenir d'en avoir eu un... il était sans doute trop jeune pour se souvenir du temps où leur vrai père était présent. Désormais, il comprenait pourquoi celui qui l'avait élevé se montrait si distant et dur avec lui, pourquoi aurait il fait preuve d'intérêt pour lui ? Il n'y avait aucun lien de famille entre eux. L'homme à qui il avait essayé de plaire lorsqu'il était enfant n'était pas son géniteur. Il avait perdu son temps.
Un profond sentiment d'amertume et d'inutilité s'empara de lui.
"Rufus ? Se risqua à demander Sun. Que s'est il passé ?"
"Oh trois fois rien, mon véritable père vient de faire sa réapparition. Au bout de plus de vingt ans, il se montre, aussi guilleret qu'un chocobo au printemps. Il ne fait pas comme s'il n'était jamais parti, mais presque." Ironisa Rufus.
"N'est-ce pas une bonne chose ? La famille n'est elle pas importante pour les humains ?" s'étonna Sun qui ne comprenait pas pourquoi Rufus n'était pas resté auprès des siens et semblait si affecté.
"Peut être chez les gens normaux, mais pas dans notre famille." soupira Rufus.
"Je ne comprends pas." avoua Sun.
"Tu peux t'en estimer heureux. Personne ne devrait connaître quelque chose de ce genre." répondit Rufus amèrement.
"Pourquoi être parti si vite ?" insista le dragon.
"Je n'ai rien à faire avec lui. J'ai préféré partir que risquer de gâcher la joie de ma sœur."
"Vous auriez pu prendre le temps de renouer avec ce père que vous pensiez perdu."
"Je ne crois pas. Vois tu, j'ai tué celui qui m'a élevé, difficile dans ces conditions de me comporter en bon fils. Ce ne serait pas très crédible, tu ne crois pas ?"
"Je ne suis pas de cet avis. Répliqua Sun. J'ai rejeté mon père moi aussi. Parce que c'était la seule chose à faire pour qu'il puisse rester en vie. Depuis ce jour, j'attends de le revoir, tout en redoutant cette réunion."
"Cela n'a rien à voir." protesta Rufus.
"En êtes vous certain ?" questionna Sun doucement."Quelque part, je crois qu'au contraire cela présente beaucoup de similitudes. J'affirme avoir agi pour protéger mon père, vous avez d'autres explications pour vos actes. Mais la vérité qui se cache derrière est indéniablement que c'était nos propres personnes et intérêts que nous cherchions à protéger. L'admettre n'est certes pas évident, mais une fois qu'on l'a fait, alors il est possible d'avancer et de revenir sur la décision prise, si cela est encore possible. Pour vous, comme pour moi, cela l'est toujours."
Rufus resta un long moment silencieux, pesant le pour et le contre. Les arguments de Sun se tenaient, mais il n'était pas encore prêt à l'admettre. En lui des sentiments contraires se livraient un combat acharné. D'un côté l'orgueil qu'il tenait de ses ancêtres, de l'autre l'envie de croire que comme l'affirmait le dragon, il y avait encore un espoir pour lui de retrouver une vie de famille digne de ce nom.
Il se mordilla les lèvres jusqu'à en avoir mal. Il avait vécu si longtemps en suivant des certitudes fausses, il ne savait pas trop comment s'en sortir à présent.
Sun le laissa réfléchir sans plus argumenter, sachant, pour l'avoir vécu aussi, combien cela était une lutte éprouvante contre soi même. Rufus allait avoir besoin de temps, et l'endroit vers où ils se dirigeaient serait le lieu idéal pour ce faire.
À suivre
