Coucou à toutes ! Merci à Kaname20, Pims10 et apfeltorte pour leur commentaire sur le précédent chapitre.

Je voudrais vous parler de Kaname20, elle s'est lancée dans l'écriture et la publication d'une fanfiction qui est vraiment très prometteuse alors allez y jeter un coup d'oeil, ça s'appelle You only live once et si vous aimez les enquêtes, c'est pour vous.

Sinon, ce chapitre est assez spécial, je vous laisse le lire et on se retrouve en bas.

Merci à crazybells pour la correction.

Bonne lecture.


Point de vue d'Edward

En ce mercredi matin, alors que Jasper, Alice et Bella sont partis pour la capitale hier dans l'après midi, je me retrouve à ne rien faire dans la maisonnette où j'ai établi mes quartiers depuis presque deux mois. Le repas hier soir était bien plus calme sans l'enthousiasme d'Alice et l'ambiance était même pesante par moment, en partie par ma faute, je dois le reconnaître. Tout ça parce que je n'ai pas su cacher ma surprise de voir Siobban le jour de son arrivée. Officiellement, nous ne nous connaissons pas, officieusement, nous sommes des compagnons de galère.

N'ayant pas de séance avec Rosalie ce matin, je décide de prendre mon temps pour petit déjeuner et me préparer. Je ne sors pas de chez moi avant 10 heures et même si au départ, ce n'était pas gagné, j'aime rester avec les chevaux à présent, pas toute la journée mais une demi heure ou une heure me repose. De l'entrée des écuries, j'aperçois Siobban qui semble se rendre au cabinet médical, probablement pour une séance avec la psy. Elle utilise ses béquilles et semble moins en peine qu'à son arrivée pour les utiliser. Mon premier réflexe est de faire comme si je ne la voyais pas mais d'un point de vue extérieur, ça paraîtrait étrange alors qu'on se côtoie depuis presque un mois. Alors je lève ma main pour la saluer et elle me répond d'un hochement de tête.

Je traîne dehors tout le reste de la matinée, profitant du temps clément de ce mois de mai pour jouer avec les chiens et marcher un petit peu jusqu'à l'heure du repas. Et pour la première fois depuis mon arrivée au centre, nous nous retrouvons que 6 à table, James et Victoria ainsi que Carlisle sont absents, les deux premiers étant partis donner un coup de main avec le bétail ce matin et le dernier ayant des consultations dans des ranchs éloignés. Nous nous retrouvons avec Rosalie, Esme, Rachel, Siobban et Liam.

-Vous avez eu des nouvelles de Bella, Jasper et Alice ? Demande Rachel à Rosalie.

-Ils vont bien, répond la psy. Ils rentrent demain et vous pourrez leur poser toutes les questions que vous voulez sur leur voyage, Bella ne m'a donné aucun détail.

-La Maison Blanche doit être impressionnante ! S'exclame Liam. De même que rencontrer le Président, même si je ne l'aime pas. Ce n'est pas rien dans la vie d'un militaire.

-Vous avez raison, lui dit Rosalie. Même y aller juste en tant qu'accompagnateur est impressionnant, mais c'est surtout par l'idée qu'on s'en est fait. En tout cas, ils ont hâte de rentrer.

-Washington peut paraître incroyable aussi. C'est tellement loin de la vie qu'on a au centre, renchérit Siobban et pour le coup, je pense qu'elle aurait mieux faire de ne rien dire vu le regard suspicieux que lui lance Rachel.

Heureusement qu'Emmett n'est pas présent parce que le rancher a vraiment la sensation qu'on lui cache quelque chose avec Siobban et il n'a pas tort, pour autant si nous n'en parlons pas, c'est que nous avons nos raisons.

-Tu as déjà été là bas ? Lui demande Liam avec un faux air naïf. Il est peut-être plus jeune que nous, mais il est loin d'être un novice puisqu'il s'est tout de suite engagé à 18 ans.

-Oui, répond la brune avec un sourire bien trop innocent, c'est là bas que j'ai rencontré ma femme.

La conversation dévie donc sur la femme de Siobban et sur les circonstances de leur rencontre laissant derrière tout ce qui concerne l'armée et je ne peux m'empêcher de pousser un léger soupir de soulagement. Il y a des choses que j'ai faites dont je ne suis pas très fier et il y a d'autres choses que j'ai subi et dont je n'ai pas envie qu'elles soient étalées. Ma période de détention en compagnie de la militaire de l'Air Force en fait partie et par extension, les circonstances qui ont abouti à l'amputation de mon tibia gauche.

Heureusement pour mes nerfs, le repas ne s'étire pas et après avoir aidé à débarrasser comme tout le monde, je quitte la maison principale et je rentre un moment chez moi. Je ne sais pas si participer à l'atelier de James aujourd'hui est une bonne idée sans mes deux camarades habituels et surtout dans mon état d'esprit. James m'a dit une fois que les chevaux ressentent en partie ce que nous éprouvons et même une jument calme comme Perséphone pourrait devenir un peu plus rude que d'ordinaire. D'un autre côté, passer du temps avec la jument pourrait me permettre de me calmer. De toute façon, j'ai encore une heure avant de me décider et mes pensées dérivent sur Bella.

Contrairement à ce qu'elle semble penser, je ne la déteste pas, c'est même le contraire. Sa compagnie est loin d'être désagréable et ça remonte à l'époque du lycée même si nous ne nous parlions pas beaucoup. Elle est intelligente et paraît s'intéresser à de nombreux sujets divers et variés, ce qui permet d'avoir de bonnes conversations. J'ai été méchant voire même cruel envers elle, mais elle représente ce que je ne serais jamais, une personne forte.

Alors oui, je lui en ai voulu lorsque j'ai compris que Bella était en fait Isabella, mon binôme de bio du lycée, parce qu'elle m'a menti, parce que j'avais fini par lui accorder un minimum de confiance. Mais elle m'a caché la vérité même si paradoxalement, c'est moi qui lui mens depuis le départ. Elle a lu le rapport officiel lié à mon amputation, mais ce n'est pas la véritable version, ce n'est pas ce qui m'est arrivé. Et lorsqu'elle a voulu me parler après que je lui ai lancé des piques et des méchancetés, je me sentais mal alors en réponse, je lui ai dit des atrocités que je ne pensais pas, que j'ai aussitôt regrettées.

Même si j'avais détesté et haï Bella, je ne lui aurais jamais dit une chose pareille si j'avais été plus calme et moins sur la défensive. Charlie, le père de Bella est un homme bien et qui compte aussi beaucoup pour moi et durant le repas qui a suivi cette conversation, j'ai clairement pu voir sa désapprobation. Ce regard m'a réveillé même si il m'a fallu un peu de temps pour m'excuser auprès de la jeune femme. Lorsque les deux militaires sont arrivés dans leur S.U.V noir et que Bella a reçu une invitation pour qu'on lui remette une médaille, je me suis vraiment aperçu que c'était une femme bien, contrairement à moi qui ai travaillé dans l'ombre pendant de nombreuses années et ayant fait des choses moralement douteuses. Alors, j'ai fait des recherches sur elle, pour en savoir plus et me rendre compte à quel point, je me suis trompé sur elle.

Mais même si Bella est une femme forte, elle semble avoir ses propres faiblesses. Le regard lorsque je lui ai clairement balancé à la figure qu'elle aurait dû se tirer une balle dans la tête... Ce regard me hante parfois dans mes cauchemars et je n'arrive pas à en parler à Rosalie parce que même si la blonde est très professionnelle et que je n'ai jamais l'impression qu'elle me juge, la directrice du centre est son amie.

Alors, maintenant qu'elle est loin, je m'inquiète mais aussi pour Jasper et Alice. Cette dernière allait mal pendant une semaine après avoir retrouvé quelques souvenirs et si elle avait encore des flashbacks là bas ? Ou même Jasper qui vit mal ce qu'il a pu faire pour son pays et je ne le comprends que trop bien.

Pour essayer de ne plus penser à tout ça, je prends le livre de mots croisés que ma mère m'a offert peu avant ma sortie de l'hôpital, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé mais ça permet de penser à autre chose et aussi de faire un peu travailler l'esprit. J'ai presque fini la petite grille lorsque quelqu'un toque à la porte. Je suis surpris puisque personne ne vient jusqu'à ma petite maisonnette, sauf Alice qui en compagnie de Jasper, aime venir me chercher pour les repas mais puisqu'elle n'est pas là, ça ne peut être elle. Parfois Bella vient toquer à ma porte, notamment au début quand je ne m'investissais absolument pas dans les ateliers proposés puisque je refusais carrément d'y participer, mais elle aussi est absente. Je me lève pour ouvrir la porte et je constate que c'est Siobban qui se tient debout à l'aide de ses béquilles, sur le pas de ma porte.

-On peut parler ? Me demande-t-elle en entrant sans même demander l'autorisation.

Elle regarde l'intérieur de ma maisonnette et remarque la paire de béquilles qui se trouve dans un coin du petit salon. Elle hausse un sourcil en les voyant avant de s'asseoir sur une chaise.

-De quoi ? Je l'interroge. Du fait qu'on ment éhontément à tout le monde ?

-Tu sais très bien que nous n'avons pas le droit d'en parler, nous n'aurions même pas dû se retrouver tous les deux dans le même centre ! S'exclame Siobban.

-Je n'y suis pour rien, je lui fais remarquer. Mais au fait, dis moi, ta femme est au courant des circonstances de ta blessure ? Je lui demande.

-Ce que je dis ou non à ma femme, ne te regarde pas. Et toi, tu l'as dit à Bella ? Me questionne-t-elle avec un sourire perfide.

-Nous ne sommes pas mariés à ce que je sache, je rétorque.

-Pas de ça avec moi Edward, je te connais suffisamment pour deviner que tu veux plus qu'une relation thérapeute / patient avec elle.

-Nous sommes amis, je lui dis, mais comme tu l'as dit toi-même, ça ne te regarde pas.

-Si, ça nous concerne tous les deux, aucun de nous n'a le droit de parler de ce que nous faisions et de ce que nous avons vécu à qui que ce soit, si nous le faisons, c'est de la trahison. De plus, ça impliquerait aussi une troisième personne…

-Elle ne nous a jamais vu ! Elle ne connaît même pas nos identités !

-Ce serait franchement embêtant si l'un de nous deux se faisait mal et criait !

-Elle est amnésique ! Elle ne se souvient pas de son temps à l'armée et par conséquence de nous, tu n'as rien à craindre.

-Mais si ses souvenirs reviennent, elle va forcément en parler à quelqu'un, Jasper ou Rosalie voire même Bella, plaide Siobban.

-Et quoi ? Il y a très peu de risques que cela sorte d'ici d'autant que Rosalie et Bella sont soumises au secret professionnel.

-Mais pas Jasper, me rappelle ma compagne de torture. Emmett et Bella sont méfiants depuis le premier jour et ce, à cause de ta réaction ! Si Bella fait des recherches…

-Elle ne trouvera rien et tu le sais très bien, nos dossiers officiels n'indiquent aucunement que nous nous sommes déjà rencontrés pour une mission.

-Et elle n'a sans doute pas les bons contacts, Rosalie en revanche… Son père est colonel. Même si ce n'est pas lui qui dirigeait notre opération.

-Dis moi, tu es vraiment venue ici pour suivre une thérapie ou pour espionner le centre ? Je l'interroge plus qu'étonné par les réponses calculées qu'elle donne.

-Tu penses que je fais semblant ? Que j'utilise ces béquilles par pur plaisir ? Demande Siobban avec dédain. Tu étais dans la même cellule que moi lorsqu'ils m'ont planté un clou dans le dos ! Tu étais avec moi lorsqu'ils m'ont violée parce que j'étais soi disant impure !

Pendant un instant je revois ces images dans ma tête, moi à moitié inconscient alors que ma collège se fait torturer et violer par ces terroristes. Lorsque j'ai essayé de me lever pour l'aider, un des leurs m'a jeté à terre, me rouant de coup et se défoulant sur ma jambe gauche à coups de machette. Ce jour là, j'ai cru que nos derniers instants étaient arrivés. Les seules choses qui me maintenaient dans un état semi conscient était mes cris et ceux de Siobban. Je ne me pardonnerai probablement jamais de n'avoir rien pu faire, même si je n'étais pas en état de quoique ce soit.

-Je n'ai pas dit que tu ne souffrais pas ou que tu simulais. Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, par contre rien ne t'empêche d'effectuer une mission, surtout que tu fais la parfaite infiltrée avec ta blessure.

-Tu n'es qu'un connard ! S'écrit Siobban. Tu crois que je fais encore confiance à l'armée, que je referais une mission de renseignements ? Nous avons été retenus prisonniers pendant plus de 3 semaines avant qu'un commando ne vienne nous chercher, alors oui, c'était les risques du métier mais non, j'arrête. Je ne suis pas ici pour espionner qui que ce soit, mais pour tenter d'aller mieux même si c'est difficile puisque nous ne pouvons rien dire à personne ! Je n'ai simplement pas envie de finir en prison et c'est ce que nous risquons si nous parlons.

Je passe une main dans mes cheveux et je m'affale à mon tour sur une chaise puisque depuis le début de la conversation, je suis debout. Je ne sais plus quoi faire.

-Nous devrions en parler quand même, au moins à Rosalie, je précise.

-Tu n'as rien écouté, ma parole ! S'exaspère la jeune femme.

-Si et je t'ai entendue mais prend aussi en compte Alice. Il est fort probable qu'elle se souvienne un jour, si tu ne crois pas en notre rédemption, pense à elle. Alice est lumineuse, chaleureuse et loin d'être aussi cynique que toi ou moi. Il faut que Rosalie puisse l'aider.

-Et si par inadvertance elle en parle à son fiancé ou à Bella ?

-Elle est professionnelle et je lui fais confiance, elle n'en parlera pas à Emmett et pas à Bella même si je pense qu'on devrait aussi lui dire.

-Tu ne vas pas organiser une conférence de presse pendant que tu y es ? Histoire que tout le monde soit bien au courant. Tu n'as pas l'air de saisir que nous risquons gros !

-Et toi, tu ne comprends pas le principe d'une thérapie ! Je m'écrie à mon tour avant de reprendre un ton plus doux. Ça ne fonctionne pas à part si nous sommes complètement honnête. Tout ça nous mine de l'intérieur et nous le savons, ce serait la meilleure option.

-Donc quoi ? On leur annonce ça de but en blanc ? M'interroge Siobban.

-J'en sais rien, mais attendons de voir l'état d'Alice lorsqu'elle rentrera de Washington. Il se peut que certains de ses souvenirs lui soient revenus. Nous attendons quelques jours et nous disons tout à Rosalie et Bella.

-Tu crois sincèrement que ta Bella chérie pourra supporter cette vérité ? Je ne relève pas l'expression de l'ancienne militaire avant de froncer les sourcils.

-Qu'est ce que tu entends par là ?

-Tu es tellement amoureux de cette femme que tu n'as pas remarqué qu'elle est légèrement dépressive sur les bords ? Demande Siobban avec un léger sourire. Je ne connais pas les circonstances de sa perte de jambe et je doute que tu les connaisses mais ça a dû être violent et elle ne le vit pas bien. Et en plus de ça, tu comptes pour elle, lâche l'ancien membre des renseignements.

-Et même si elle était effectivement fragile émotionnellement, elle reste la directrice de ce centre. Il faut la mettre dans la confidence.

-Comme tu le souhaites, mais si jamais elles viennent à en parler et que sommes envoyés en prison après être passé en Cour Martiale, je te pète ta jambe droite, moi même, compris ? Me menace Siobban en se levant pour sortir.

-Ne t'en fais pas trop, je lui dis. Et de cette façon, c'est moins risqué que si elles continuent de faire des recherches sur nous.

-Je l'espère.

Siobban quitte ma maisonnette sur cette dernière phrase. Toute cette conversation m'a mis sur les nerfs mais elle était sans doute nécessaire, même si le plus troublant sont les allusions de Siobban sur la potentielle relation entre Bella et moi. Même si je devrais dire « la non relation ». Je suis son patient et je sais qu'il ne se passera rien tant que je le resterais mais en y réfléchissant, je ne serais pas contre de devenir plus pour Bella même si je ne me fais pas trop d'illusions. Pour me changer les idées, je décide de quand même assister au cours d'équitation de James, peut-être que Perséphone me changera les idées.


Alors voilà pour ce chapitre qui est plein de réponse concernant Edward, j'espère que vous allez vous déchaîner au niveau des commentaires parce que j'en veux plein !

N'oubliez pas si vous avez des idées concernant cette mystérieuse troisième personne, la réponse la semaine prochaine .