Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.
Le temps du renouveau
Chapitre 26
An 2012
Héraclès s'était retiré sitôt Ingrid dans les bras de son père. Tout comme Reno, il préférait ne pas se mêler des affaires de famille. Il patienterait le temps nécessaire avant de revenir afin de leur parler ainsi qu'il le souhaitait.
Il patienta dans un coin de la salle où s'était déroulé le faux mariage, regardant d'un air amusé les personnes qui s'y trouvaient encore, sans dévoiler sa présence. Une faculté bien utile qu'il tenait de son divin père et dont il ne se plaignait pas. Pouvoir être invisible, même s'il n'était en mesure que de le rester que quelques minutes, se révélait parfois source d'informations précieuses.
Cette fois ne fit pas exception, tandis qu'il se tenait dans un endroit où il était certain que personne ne viendrait, un homme passa près de lui, un de ces appareils que les humains affectionnaient tant collé à l'oreille. Héraclès tendit l'oreille pour entendre ce que l'inconnu murmurait dans l'appareil. Par expérience il savait que les personnes murmurant de la sorte avaient des choses à cacher. Il aimait par dessus tout surprendre les secrets. Dans sa position cela lui avait plus d'une fois sauvé la mise.
Il fut vite convaincu qu'il avait bien fait d'écouter cette personne, elle était en train de retracer l'union dont elle venait d'être témoin à un interlocuteur visiblement très en colère des informations fournies. De là où il se trouvait Héraclès entendait sa voix vibrer de fureur et se répandre en insultes concernant la mariée. Il ne portait visiblement pas Ingrid dans son cœur.
Il attendit que la personne sorte de la pièce pour en faire autant, et une fois certain qu'elle ne se retournerait pas, il se dirigea vers Reno qui montait toujours la garde devant la porte de la salle où étaient les Shinra. Il se dévoila à lui, souriant devant son sursaut de surprise.
- Je crois que cette personne est en lien avec celui que vous voulez mettre hors d'état de nuire. Tout du moins, il était en communication avec quelqu'un, un homme d'après la voix que j'ai pu entendre, qui avait bon nombre d'épitaphes malsonnant à prononcer à l'encontre de la jeune Ingrid.
Reno ravala son début d'indignation en entendant l'information, pour irritant que soit Héraclès, il avait le mérite de lui fournir une piste qui semblait sérieuse à première vue. Il se tourna en direction de l'homme qui s'éloignait, son portable toujours à l'oreille.
Comme l'un de ses hommes se trouvait un peu plus loin dans le couloir, il lui désigna l'individu d'un signe discret et vit avec satisfaction que son partenaire se mettait à le suivre. Il réprima un sourire satisfait. Pour lui, qui n'avait pas douté une seule seconde des chances de réussite de son plan, c'était indéniablement une victoire éclatante. Ils ne tenaient pas encore leur cible, mais ils avaient indéniablement progressé dans sa direction. Si l'homme qui était désormais pris en filature ne les conduisait pas à celui qu'ils voulaient stopper, ils n'auraient qu'à le ramener dans les locaux de la SHINRA et lui faire cracher les informations voulues.
Près de lui, Héraclès toussota pour attirer son attention. Reno se tourna à nouveau vers lui, le regard méfiant.
- Vous voulez quoi ? Demanda t'il.
- Seulement aller leur parler. Répondit Héraclès d'un ton calme en désignant la porte que gardait Reno.
Reno hésita. Même si l'individu était un demi dieu, il avait reçu l'ordre de ne laisser entrer personne. Il préférait déplaire à ce type que désobéir à ses employeurs.
- Navré, mais personne ne rentre. Répondit il finalement.
Héraclès le considéra avec déplaisir. Il ne s'était pas attendu à cette réponse et cela le contrariait. Il estimait s'être montré assez patient et mériter un peu d'égards en retour de son aide.
Puisque la diplomatie ne suffisait pas, il était temps de passer à une autre approche.
- Je vous conseille de vous écarter. Dit il d'un ton qui ne souffrait pas de refus.
Reno se tendit mais ne recula pas.
- J'ai des ordres mon pote. Dit il en mettant la main sur son arme.
Héraclès n'attendit pas qu'il fasse quoi que ce soit de plus et attaqua avec la rapidité de l'éclair, balayant le jeune homme roux de son chemin sans ménagement.
Pris par surprise par la réaction, Reno n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit, avant d'avoir pu comprendre ce qu'il se passait, il s'écrasa contre un mur et s'effondra sur le sol, sonné.
Alarmés par le bruit Ingrid et son père sortirent en vitesse de la pièce. Lorsqu'ils découvrirent Reno à terre et Héraclès non loin, l'homme en combinaison grise se plaça entre le demi dieu et Ingrid pour la protéger.
Héraclès le considéra avec satisfaction.
- Enfin. Je commençais à m'impatienter. Dit il d'un ton calme. Vous êtes un homme difficile à rencontrer. Pas autant que votre ancêtre, mais pas loin.
Pendant que son père affrontait le demi dieu, Ingrid elle s'agenouilla aux côtés de Reno et s'alarma de voir du sang sur la chevelure rousse.
- Reno ? Reno, vous m'entendez ? Appela t'elle d'un ton angoissé.
Reno, visiblement inconscient, ne répondit pas. Elle s'assura qu'il respirait et ne chercha pas à le bouger, ne sachant pas s'il était gravement blessé.
- Père, Reno est blessé. Dit elle sans se relever, ni même regarder en direction des deux autres hommes. Quoi que veuille ce déplaisant individu, je m'y oppose. Je refuse de céder quoi que ce soit à une brute pareille.
- Je n'ai fait que me défendre, il allait sortir son arme ! Protesta Héraclès.
Cette fois, Ingrid lui adressa un regard chargé de mépris.
- Vous espérez me faire croire qu'un demi dieu a peur d'un simple humain ?
Héraclès haussa les épaules.
- Un simple humain ? Je vous croyais plus attentif. Dit il avec ironie.
L'homme en combinaison grise fronça les sourcils, puis se tourna vivement vers Ingrid.
- Ingrid, recule immédiatement ! Lança t'il nerveusement.
Ingrid le regarda avec ébahissement, jusqu'à ce qu'il la force à faire ce qu'il venait de lui demander.
La jeune femme était à peine debout que le corps de Reno se mettait à luire et sous les yeux stupéfaits d'Ingrid, sa blessure qui saignait abondamment se referma sans laisser de traces.
- Père... qu'est-ce que cela signifie ? Balbutia Ingrid.
Son père se passa une main lasse sur le visage.
- J'espérais que le sang humain de sa mère prévaudrait sur celui de son père... soupira t'il. Chérie, ton ancien amant est un ifrit.
Ingrid se figea, stupéfaite. Ce que venait de dire son père n'avait aucun sens. Reno ne pouvait pas être un ifrit. Elle s'en serait rendue compte si tel avait été le cas. Les ifrits étaient des démons cornus, enflammés, des êtres souvent mauvais.
Bien sur, Reno n'était pas un ange, mais il n'avait rien d'un démon non plus.
- Ce n'est pas possible... il n'a rien à voir avec ces êtres... balbutia t'elle. Regardez le père... il n'a ni cornes, ni flammes, vous devez vous tromper...
- J'aimerai beaucoup me tromper ma chérie, mais j'ai combattu auprès de son père pendant des années, je suis certain de ce que j'avance.
- Mais... si son père était un ifrit, comment...
- Comment a t'il été tué au combat ? Il s'est attaqué à plus fort que lui. Soupira l'homme en combinaison grise.
Ingrid cilla. Ce qu'elle entendait la bouleversait. Elle considéra Reno, les larmes aux yeux. Si le père de sa fille était le fils d'un ifrit, alors leur fille Aria ne serait probablement pas humaine non plus...
Satisfait de la tournure des événements, Héraclès se retira. Il en avait terminé avec eux pour l'heure, il reviendrait plus tard, lorsqu'ils en auraient fini avec l'émotion.
Reno gémit, remua et se redressa maladroitement, avant de porter une main à son crâne.
- Ouf... heureusement que j'ai la tête dure... grogna t'il.
Il fronça les sourcils en découvrant du sang sur ses doigts.
- Oh merde alors, cet enfoiré a réussi à faire en sorte que je me déchire la peau du crâne... génial, je vais devoir me laver et me changer... comme si j'avais besoin de cela.
Ingrid le regarda d'un air égaré, avant d'éclater d'un rire nerveux qui fit sursauter Reno. Il considéra avec perplexité la jeune femme et s'alarma de la voir ensuite fondre en larmes et se blottir contre son père.
- Euh... j'ai manqué quelque chose ? Demanda t'il.
- Non. Elle est seulement sous le choc. Répondit l'homme en combinaison grise. Vous voir inconscient et ensanglanté lui a fait peur.
Il préférait éviter de dire la vérité au jeune homme roux pour le moment, ce n'était pas le genre de chose que l'on révélait dans un couloir. Pour le moment, mieux valait que Reno Sinclair ignore ce qu'il était vraiment.
Reno grimaça et se passa la main dans les cheveux.
- Vraiment désolé de vous avoir fait peur... mais là, j'ai pas choisi... c'est l'autre enfoiré... il est passé où d'ailleurs ?
- Il est reparti. Je pense qu'il en avait fini avec nous. Répondit le père d'Ingrid.
Reno fit la moue.
- Ah oui ? Et bien moi, je n'en ai pas fini avec lui, et si je me retrouve en face de lui, il va le sentir passer, c'est moi qui vous le dit patron.
L'homme en combinaison grise réprima un sourire. La façon de s'exprimer de Reno lui faisait tellement penser à son père. Seymour aussi était décidé et agressif lorsqu'il se sentait floué ou humilié.
- J'ai dit quelque chose de drôle ? Demanda Reno avec humeur.
- Non, c'est juste que tu me fais penser à ton père... tu n'as pas seulement hérité de ses cheveux roux, tu as aussi son caractère. Sourit le père d'Ingrid.
Reno se figea, perturbé par les propos, il hésita, secoua nerveusement la tête, regarda en direction de l'homme qui avait réussi à le surprendre, partagé entre l'envie de le questionner et celle de filer sans demander son reste.
Depuis son plus jeune âge, il s'était toujours interdit de penser à ce père dont sa mère disait tant de mal. Même si la tentation était forte, il ne voulait pas dévier de son cap.
Après un dernier regard, mitigé, en direction de celui qui lui avait asséné ces propos dérangeants, Reno fila en direction de la sortie.
Parfois la fuite était la meilleure des options. Même s'il savait fort bien qu'il ne pourrait pas échapper à la réalité des choses.
Ce type, qui était visiblement son patron, avait connu son père... il allait devoir faire avec et plus encore, faire avec la tentation que cela représenterait par la suite.
Une fois au dehors il prit une profonde inspiration et se passa la main sur le visage.
Dire qu'il pensait que son plan se déroulerait sans accroc, qu'il n'y aurait pas de mauvaise surprise... bon, ce n'était peut être pas exactement une mauvaise, mais niveau surprise, elle se posait là.
Ingrid elle, fut frappée par l'expression de tristesse qui se peignit sur les traits de son père après la fuite de Reno.
- Père, vous connaissiez vraiment le sien ? Demanda t'elle doucement.
- Oui... Seymour Sinclair était mon ami depuis l'enfance. Nos mères se connaissaient, nous avons grandi ensemble, lorsque j'ai pris la suite de mon père, il a pris la suite du sien à mes côtés. Nous sommes restés amis jusqu'à ce que nos routes se séparent.
- Mais, justement, que s'est il passé ? Comment un ifrit a t'il pu mourir en combattant ? Questionna Ingrid troublée par les révélations.
Le regard de son père se fit plus sombre.
- Seymour n'est pas mort... il a disparu en affrontant ceux qui voulaient me tuer. Je ne sais pas comment ils ont procédé, mais ils ont réussi à l'envoyer autre part. Où, je l'ignore, malgré toutes mes recherches je n'ai jamais réussi à le découvrir.
Il soupira.
Il avait pris la suite de son père en 1970, à l'âge de 25 ans, Seymour avait tout naturellement trouvé sa place à ses côtés. Lorsqu'il s'était marié, l'ifrit avait approuvé ses choix, et ne s'était pas montré jaloux de ne plus être le seul à bénéficier de ses attentions.
Pendant plus de dix ans tout s'était déroulé à merveille, l'homme choisi pour être sa doublure ne faisait pas de vagues, il restait discret lorsqu'il le fallait, assumait ses fonctions lorsqu'il partait rejoindre son épouse. Mais, en 1983, des troubles avaient commencé à agiter la SHINRA, ils avaient fait le nécessaire pour que cela ne transpire pas au dehors. Cela avait débuté bien plus tôt en vérité, depuis le début des années 80, mais il avait fallu trois ans pour que cela devienne vraiment sérieux. C'était en tentant de régler l'un de ces troubles qu'ils s'étaient retrouvés face à des personnes étrangères à la SHINRA et que Seymour avait été éloigné de lui. Tout ce qu'il savait, c'était que l'ifrit était blessé lui aussi, mais il ignorait la gravité de son état.
Depuis plus de vingt ans il s'accrochait à l'idée que Seymour étant un ifrit, ne pouvait pas être mort si facilement, qu'il devait être en vie, quelque part, qu'il reviendrait un jour. Il n'avait pourtant aucune certitude à ce sujet. Peut être se faisait il des illusions.
Mais... même s'il s'était marié, et aimait profondément son épouse, Seymour était la personne avec qui il avait vécu le plus longtemps. Ses sentiments pour lui étaient différents de ceux qu'il portait à son épouse, ils n'en étaient pas moins une réalité qu'il ne cherchait pas à nier.
Ingrid préféra ne pas argumenter, même si elle doutait quelque peu que le dénommé Seymour soit encore en vie. Elle ne voulait pas gâcher les retrouvailles avec son père.
Alors qu'elle patientait, la porte s'ouvrit sur un couple qui lui fit ouvrir des yeux ronds. L'homme ressemblait trait pour trait à Angeal, mais elle sentait qu'il ne s'agissait pas de lui, quand à la femme, sa robe rouge ressemblait curieusement à une robe de mariée, impression encore renforcée par le voile qui couvrait son visage.
Malgré elle, Ingrid fit un pas en arrière, par réflexe.
- Ingrid... la salua l'homme avec un sourire paisible. Heureux de te revoir. Désolé pour cette usurpation, mais lorsqu'ils ont fait appel à moi, j'ai pensé qu'accepter était une bonne idée.
- On se connaît ? Questionna Ingrid qui ne comprenait pas qui il était.
- Plus ou moins. Répondit l'homme. Mais il est normal que tu ne m'identifie pas... nous ne nous sommes rencontrés qu'en de rares occasions. Je suis Lazard.
Ingrid cilla, elle le pensait mort depuis des années, qu'il soit présent la surprenait beaucoup.
Comme s'il devinait ce qu'elle pensait, Lazard sourit à nouveau, de ce demi sourire qui lui était familier.
- J'étais effectivement décédé, mais l'un des compagnons de la Déesse m'a renvoyé sur Gaïa pour participer à ce piège. J'étais le meilleur choix pour ce faire, j'ai toujours en moi les gênes de ton mari. J'ai l'avantage de ne pas craindre de perdre la vie si quelqu'un tente d'attenter à mes jours.
Ingrid fronça les sourcils, n'appréciant guère les propos.
- N'es-tu donc revenu que provisoirement ? Questionna t'elle.
Lazard haussa les épaules.
- Je ne saurai le dire... mais c'est probable. Après tout, je suis le fils de l'usurpateur, je ne suis donc pas le moins du monde un Shinra au final. Maintenant que votre véritable père est revenu, je n'ai aucune raison de prétendre encore en être un. Cela ne va pas changer grand chose pour moi de toute façon, je n'ai jamais été ouvertement reconnu comme tel. Je n'ai pas d'avantage tiré d'orgueil de ce fait mensonger. J'ignorais la vérité, tes parents ont eu la bonté de me croire et de ne pas me tenir rigueur des actes de mes véritables parents...
- Pourquoi l'aurions nous fait ? Questionna le père d'Ingrid. Comme tu viens de le dire, tu ignorais la vérité, tu te croyais vraiment un de mes fils illégitimes. Tu en avais le droit, après tout, si je ne suis pas ton père, je suis bien celui d'Evan. Ton père a usurpé mon identité, il a fait du dégât, mais je n'étais pas un saint pour autant.
Son épouse laissa échapper un léger rire.
- C'est le moins que l'on puisse dire. Commenta t'elle, avant de repousser en arrière son voile afin d'embrasser Ingrid qui se laissa faire, tout en contemplant avec fascination cette mère encore inconnue d'elle.
Cette dernière lui sourit et lui effleura le front.
- Ton père m'avait dit que tu me ressemblerais beaucoup, je constate qu'il ne se trompait pas...
Ingrid rougit et baissa les yeux.
- Sauf en ce qui concerne ma tâche... souffla t'elle.
- J'en ai une également. Lui assura sa mère, mais sur la poitrine. C'est un peu notre marque de famille.
Ingrid cilla en entendant ces mots, ainsi, ce n'était pas quelque chose qui la rendait différente, mais bien un héritage familial... elle en était soulagée. Même si Angeal et Rufus lui avaient permis de faire la paix avec elle même sur ce sujet, elle en avait souffert trop longtemps pour pouvoir l'oublier.
Sa mère continuait à lui caresser le front avec douceur. Elle comprenait ce que pouvait ressentir Ingrid, même si elle même n'avait pas eu à endurer quelque chose de ce genre, elle se doutait que sa fille avait été malmenée pour cette différence.
- Tu n'as pas à avoir honte de cette marque Ingrid, c'est la preuve de tes origines, dont tu n'as pas à rougir. Que ceux qui en sont offusqués ou ne savent pas apprécier s'étouffent avec leurs préjugés imbéciles.
Ingrid sourit timidement, puis se risqua à enlacer sa mère, laquelle lui rendit son étreinte. Même si elle ne séjournait pas sur Gaïa et vivait séparée de sa famille la plupart du temps, elle n'en aimait pas moins son époux et leurs enfants. Pouvoir profiter de leur compagnie lui était agréable.
Elle cherchait d'ailleurs Rufus du regard et fronça les sourcils en constatant son absence.
- Ingrid, où est donc passé ton frère ? Questionna t'elle avec perplexité. Je pensais le retrouver ici.
- Rufus est reparti. Expliqua son époux. Je crains fort qu'il n'ait du mal à accepter notre retour. Il était très jeune lorsque j'ai disparu et il ne te connaissait pas.
La mère d'Ingrid fit la moue. Même si elle ne pouvait réfuter l'argument, il ne lui convenait pas. Ce n'était pas par plaisir ou par égoïsme qu'elle avait renoncé à vivre auprès des siens, mais parce que sa position l'obligeait à cela. Tout comme son mari avait des responsabilités sur Gaïa, elle en avait sur un autre monde. Un monde où il aurait été trop risqué pour elle de faire vivre leurs enfants. C'était donc pour les savoir en sécurité qu'elle les avait confiés à son époux. Même si la vie sur Gaïa pouvait sembler difficile à certains, elle n'était pas aussi risquée que celle sur le monde où elle séjournait. Ce monde, nommé Turmoil, méritait bien son nom.
Elle s'efforça de masquer la déception qu'elle ressentait devant l'absence de Rufus. Elle ne l'avait gardé près d'elle que quelques jours... pas assez pour s'en sentir comblée, mais assez pour ressentir un manque.
Bien sur, elle avait vu des photos, ses contacts sur Gaïa lui en envoyaient aussi régulièrement que possible, et même quelques vidéos, mais cela ne suffisait pas à remplacer un contact direct.
Entendre son époux affirmer que leur fils les rejetait peut être lui était pénible. Elle n'avait pas fait tant de chemin pour se voir être repoussée. Il était hors de question qu'elle se résigne à perdre un fils qu'elle ne connaissait pas encore. Qu'il le veuille ou non, elle était sa mère et elle avait bien l'intention de le rencontrer et de parler avec lui. Ils aviseraient ensuite.
À suivre
