Bonjour !
Voici le nouveau chapitre et son titre particulier.
J'espère que votre rentrée s'est bien passée et que vous allez bien...
Bonne lecture !
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– Isilmë –
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Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'Ondine et Maglor étaient arrivés à la Vallée d'Imladris et les jours s'allongeaient de plus en plus. Maintenant complètement guérie de la blessure qui avait faillit l'emporter, la jeune fille coulait des jours heureux dans la cité sans que rien ne vienne plus perturber son quotidien, d'autant plus qu'elle s'était liée d'amitié avec Glorfindel avec qui elle apprenait à se battre. Il était vrai qu'entre entraînements aux armes et apprentissage de la musique, l'adolescente était très occupée.
Pourtant, ces deux loisirs n'étaient presque là que pour éviter d'aborder un sujet qui pinçait le cœur d'Ondine. Ce fameux sujet qu'elle n'avait pas abordé avec Maglor depuis qu'il l'avait surprise un soir, à jouer de la flûte à côté de la rivière. Et, la jeune fille préférait penser à autre chose…
Un jour, alors que Glorfindel lui montrait une nouvelle attaque à l'épée, le tueur de Balrog lui avait demandé si elle avait déjà fait de l'équitation. Tout en essayant de reproduire le mouvement de l'elfe, Ondine lui avait répondu qu'elle n'avait pas vraiment pratiqué mais qu'elle connaissait les bases. L'elfe avait alors interrompu l'entraînement en expliquant à la jeune fille qu'il était primordial qu'elle sache combattre habilement tant sur terre qu'avec un cheval. Et ce, surtout à l'arc.
Il l'avait alors amené à l'écurie de la cité afin de voir s'il était possible de trouver un cheval adapté pour l'adolescente. Après plusieurs minutes, Glorfindel s'arrêta devant une petite jument à la robe blanche, et à la croupe comme saupoudrée de gouttes argentées. Dans ses yeux, où se mêlaient bleu et argenté, une lueur douce brillait. Tout en lui parlant en Sindarin, l'elfe invita le cheval à sortir de son box et guida la jeune fille et l'animal jusqu'à un champs dans le fond de vallée. Un peu plus loin, un gué était visible et sur l'autre rive, une forêt s'étendait cachant le paysage qui s'étalait derrière.
Reportant son attention sur la jument qui attendait sagement que Glorfindel ait fini de poser un tapis et une selle sur son dos, Ondine demanda :
« Quel est son nom ?
- Nous l'avons choisi en l'honneur de sa robe. Son nom est Isilmë. C'est du Quenya et cela veut dire…
- Clair de lune, traduisit l'adolescente avant de se rendre compte qu'elle venait de couper la parole de son ami. Désolée…
- Ce n'est rien.
Puis, changeant de sujet, l'elfe invita Ondine à s'approcher de la jument et reprit.
- J'imagine qu'il est inutile de te dire comment monter un cheval, puisque tu m'as dis en avoir déjà monté un.
L'adolescente sourit et grimpa sur le cheval assez facilement. Comme elle l'avait déjà fait une fois avec Aldor, le cheval qui les avaient emmené au Bois Doré, la jeune fille voulut prendre les rênes avant de se rendre compte, qu'il n'y en avait pas. Remarquant son trouble, Glorfindel éclata de rire et lui demanda, un petit sourire aux lèvres :
- Tu cherches les rênes ?
- Euh… Oui, s'empourpra Ondine en se demandant ce qui était si drôle.
- Nous n'en utilisons pas… Accroche toi à la crinière de ta jument et penches-toi légèrement du côté où tu veux aller.
Puis, se décalant de quelques pas afin de ne pas gêner l'animal et Ondine, il fit signe à la jeune fille d'essayer de faire avancer sa monture.
Voulant faire de son mieux, l'adolescente effectua une légère pression des talons sur les flancs d'Isilmë et la jument s'ébranla. Elle se mit d'abord au pas, pendant que la jeune fille essayait de mettre en pratique ce que lui avait expliqué l'elfe. Décalant son centre de gravité légèrement vers la droite, Ondine fut agréablement surprise de voir l'animal suivre son mouvement et tourner dans la direction indiquée. Ravie, l'adolescente se pencha alors vers la gauche et Isilmë suivi son mouvement sans broncher ni renâcler. Revenant vers l'elfe qui n'avait pas bougé et regardait la jeune humaine découvrir les joies de l'équitation, Ondine arrêta la jument et regarda Glorfindel à la recherche d'une réaction de sa part.
Remarquant le regard interrogateur de l'adolescente, le tueur de Balrog sourit et posant sa main sur l'encolure de l'animal, il la fit s'agenouiller, ce qui ne manqua pas de surprendre Ondine qui se trouvait toujours sur le dos d'Isilmë. Une fois la jument couchée, l'adolescente en descendit prestement ne voulant pas que l'elfe la surprenne une deuxième fois en demandant à l'animal de se rouler par terre ou quelque chose du même genre.
En se remettant debout à côté de Glorfindel, celui-ci esquissa un petit sourire tout en murmurant comme pour lui-même :
- Dommage…
Puis, sans crier gare ni prévenir, il claqua de la langue et la jument se leva d'un seul coup arrachant un cri de surprise à l'adolescente. Comme fière de ce qu'elle venait de faire, Isilmë secoua sa crinière or pale et poussa un doux hennissement qui ressemblait fortement à un cri de victoire. Revenant de sa surprise, Ondine lâcha avec une moue dubitative mais les yeux pleins de joie :
- C'est la dernière fois que tu me surprends…
Et comme pour la contredire, l'animal fit quelques pas et donna un léger coup de tête dans l'épaule de la jeune fille ce qui eut pour effet de la faire reculer d'un pas.
- J'ai compris… Je me rends ! Tu as gagné ! abandonna l'humaine en levant les mains en signe de soumission.
Isilmë releva la tête et, se retournant vivement, elle s'élança au galop dans le champ profitant de sa liberté et de la chaleur du printemps.
- Qui aurait cru qu'un cheval puisse être aussi espiègle ?
- Isilmë a du caractère, elle ne se laisse pas soumettre aussi facilement.
- J'ai vu ça…
- Elle semble t'apprécier. Elle n'est aussi joueuse qu'avec les personnes en qui elle a confiance.
- Si tu le dis, accepta Ondine.
Au même instant, la jument revint vers eux et s'arrêta devant Glorfindel.
- Il est temps de rentrer, la soleil sera bientôt à son zénith.
- LA soleil ? l'interrogea l'adolescente surprise.
- En Sindarin, le mot soleil est féminin et celui de lune est masculin, expliqua Glorfindel en commençant à se diriger vers la cité à peine visible en contre-jour.
- Je n'avais jamais remarqué.
L'elfe ne prit pas le temps de répondre à la jeune fille, mais celle-ci ne s'en formalisa pas. Cela faisait plusieurs mois maintenant qu'elle côtoyait les elfes, et elle avait comprit que la plupart d'entre eux ne parlaient que lorsque c'était nécessaire. Il lui était arrivée à un certain nombre de moments de se retrouver sans réponse à une question parce que son interlocuteur ne lui répondait tout simplement pas, ou que son explication s'était avérée sibylline. Ce mot rappela un souvenir à la mémoire de l'adolescente. Varda lui avait donné pour consigne de réunir les trois anneaux des elfes et de faire comme avec Elaiano. L'adolescente était ensuite allée voir le Seigneur Elrond et Gandalf, mais ceux-ci n'avaient fait que lui dire que les paroles des Valar étaient souvent à double-sens avant de s'éloigner pour en discuter. Se désolant d'avoir pu oublier ce point important aussi vite, Ondine se promit de le leur en parler dès que possible.
Revenant à l'instant présent, l'adolescente eut tout juste le temps d'éviter la porte en bois ouverte de l'écurie. Elle avait été si plongée dans ses pensées qu'elle n'avait pas vu passer le chemin de retour. Par chance, Glorfindel n'avait pas remarqué la gaffe d'Ondine et était entré dans l'écurie. La jeune fille s'empressa de l'y rejoindre avant que celui-ci ne le remarque.
Dans le box de la jument, l'elfe expliqua tranquillement à l'adolescente l'utilité des différentes brosses et objets qui permettaient de nettoyer et de prendre soin du cheval. Entre les différences parfois subtiles entre certaines brosses, la manière de les appliquer, l'ordre, l'endroit où il fallait les utiliser… l'adolescente ne savait plus où donner de la tête et était sûre qu'elle n'en retiendrait pas la moitié. Lorsque Glorfindel eut fini de tout lui présenter, il demanda à son interlocutrice s'il fallait qu'il répète, mais cette dernière répondit avec un grand sourire que tout allait bien et qu'elle avait compris. De fait, Ondine n'avait pas envie d'écouter un second monologue de dix ans et rempli de mots compliqués…
Durant les jours qui suivirent, l'adolescente passa le plus clair de son temps à s'entraîner à cheval avec son ami. Dès que l'elfe eut considéré qu'Ondine savait suffisamment bien gérer la jument, il fit travailler la jeune fille sur le tir à l'arc à cheval. Les premières fois, l'adolescente eut du mal à tendre l'arc et viser sans se retrouver sur les fesses ou sans heurter les oreilles de sa monture. Isilmë se faisait d'ailleurs un plaisir, si on peut dire ça à propos d'une jument, de se mettre de façon à ce qu'Ondine ne puisse pas tirer, ou alors, elle faisait un écart au dernier moment arrachant des mots plus ou moins délicats à sa cavalière lorsque sa flèche manquait la cible. Malgré tout, un lien assez fort se tissa entre l'animal et la jeune fille et en apprenant à mieux se connaitre, elles arrivaient à évoluer dans le champs sans problème.
Environ une semaine après avoir commencé ses "leçons" d'équitation, Ondine demanda à Glorfindel s'il était possible de s'entraîner ailleurs que dans le champs. L'elfe hésita avant de lui dire qu'il en parlerai au Seigneur Elrond, et ils n'abordèrent plus le sujet.
Deux jours plus tard, alors que le soleil venait tout juste de paraître au-dessus des montagnes, quelqu'un toqua à la porte de la jeune humaine. Réveillée en sursaut, elle se dépêcha d'ouvrir et tomba nez-à-nez avec Glorfindel. Ce dernier ne fit pas grand cas de la tenue un peu légère de l'adolescente et lui demanda :
- Es-tu toujours intéressée de découvrir d'autres endroits avec Isilmë ?
- Oui, bien sûr !
- Dans ce cas, je t'attends sur l'esplanade de la sortie est.
- J'arrive ! s'exclama la jeune fille en se précipitant vers le placard dans lequel elle rangeait ses vêtements.
En moins de cinq minutes, Ondine fut prête et déboula de sa chambre tout excitée. Quel ne fut pas sa surprise lorsqu'en arrivant à ladite esplanade, elle vit qu'une troupe d'une dizaine de cavaliers en armure étaient en train de seller leurs montures. Remarquant Glorfindel dans un coin, la jeune fille se pressa de le rejoindre.
- Tu ne m'avais pas dit qu'il y aurait d'autres personnes… Que font-ils ?
- La même chose que nous, répondit le tueur de Balrog avec un sourire en coin.
- Mais quoi ?
- Nous partons en patrouille, répondit une voix caractéristique venue de derrière la jeune fille.
Cette dernière fit volte-face et vit que ce n'était autre que le Seigneur Elrond qui lui avait répondu. Ondine fut d'abord surprise car il ne portait ses habituelles tenues, mais avait opté pour une armure de cuir souple couverte par de légères plaques de métal qui couvrait son torse. Au contraire des soldats tout autour, il ne portait pas de casque mais gardait sa couronne qui descendait en fils entrelacés sur son front. L'adolescente remarqua que Glorfindel n'en portait pas non plus, et, en creusant dans ses souvenirs, elle n'avait jamais vu Haldir en porter. Peut-être que les Seigneurs et leurs généraux n'en portaient pas…
- … et ensuite revenir, acheva Elrond.
Ondine paniqua un instant. Elle n'avait pas écouté ce qu'il venait de lui dire, mais heureusement, l'elfe se contenta de tapoter l'épaule de l'adolescente avant de lui sourire et de s'éloigner. Il rejoignit son cheval et monta dessus en un geste si fluide que la jeune fille se demanda s'il n'avait pas simplement volé jusqu'à la selle. Faisant pivoter son monture dont la robe noire était éclatante, il lâcha quelques ordres en Sindarin avant d'achever ses paroles par :
- Aphado nin !
Et de s'élancer sur le pont qui menait à la sortie de la cité, aussitôt suivit par les autres cavaliers.
Aussitôt, Glorfindel tira la jeune fille de sa contemplation et lui indiqua qu'elle devait monter sur Isilmë et les suivre. Sans poser de questions, l'adolescente mit son pied dans l'étrier et enfourcha sa jument. Une fois installée, elle s'empressa de mettre sa monture au trot pour ne pas perdre de vu le groupe de cavalier qui avait presque fini de vider la place.
S'accrochant à sa monture, Ondine se pencha légèrement en avant afin de faire comprendre à sa monture qu'elle devait suivre le soldat qui se trouvait devant elle. La jument bougea légèrement les oreilles en signe d'assentiment et s'exécuta.
La longue file de cavaliers sortit de la cité au petit trot, longea le champs dans lequel s'était entraînée Ondine et arriva au gué que cette dernière avait aperçu. Sans peur, les chevaux le traversèrent en soulevant des gerbes d'eau tout autour d'eux. Une fois sur l'autre rive, ils longèrent le bois qui s'étendait et débouchèrent sur une vaste plaine.
A cet instant, comme un ballet répété des centaines de fois, la file se brisa et les chevaux et leurs cavaliers s'organisèrent en trois groupes de trois, plaçant à chaque fois un chef et deux personnes côte à côte qui suivaient. Le tout formait un grand triangle plaçant Ondine, Glorfindel et le Seigneur Elrond à l'arrière entre deux trinômes et derrière le trio de tête.
- C'est assez impressionnant la première fois, fit remarquer Elrond en se plaçant à gauche de la jeune fille, laissant ainsi le soin à Glorfindel de se placer en tête de leur propre trio.
- Oui ! lâcha l'adolescente qui ne trouvait pas quelque chose de constructif à dire en réponse.
- Je vois que Glorfindel, vous a appris à guider un cheval sans utiliser de rênes, ajouta-t-il.
- Il m'a expliqué qu'ils n'étaient pas nécessaires, répondit Ondine.
- En effet, mais, nous les utilisons lors de patrouilles, expliqua le Seigneur en avisant le cordon de cuir qu'il tenait dans sa main gauche. Nan forn ! ordonna-t-il d'un coup à l'attention de la patrouille.
Aussitôt, tous pivotèrent vers la droite et poursuivirent leur route. Afin de suivre le mouvement général, l'adolescente se pencha imperceptiblement vers la droite et la jument suivit. Voyant que l'adolescente avait à peine tiqué au changement de direction, Elrond ajouta :
- Je comprends maintenant pourquoi cela fait deux jours que Glorfindel me harcèle pour que vous veniez. Vous semblez tout à fait à l'aise à cheval.
- Merci, s'empourpra Ondine. C'est principalement grâce à lui si je suis capable de vous suivre.
A cette remarque, la jument renâcla l'air de s'insurger que tout le mérite revienne au tueur de Balrog.
- Et grâce à Isilmë qui a bien voulu m'accepter sur son dos… ajouta la jeune fille en souriant.
- Elle a du caractère à ce que je vois.
- Vous n'avez pas idée…
Elrond s'apprêtait à répondre à la jeune humaine, lorsqu'un des soldats qui avait quitté son trio, arriva à son niveau.
- Monseigneur ? Une troupe de cavaliers est visible au Sud-Est et se dirige vers la cité. Que faisons-nous ?
- Rejoignons-les, ce doit être Dame Galadriel et le Seigneur Celeborn.
Le soldat repartit, rejoignit son trinôme et orienta le groupe vers la troupe de cavaliers qui se distinguait parfaitement à l'horizon. Tout en suivant le rythme imposé, Ondine regarda au loin, cherchant du regard les fameux cavaliers. Il ne lui fallu qu'une poignée de secondes pour les repérer.
- Ils sont cinq, nota l'adolescente.
- Vous pouvez les voir ?
Face à la question d'Elrond qui chevauchait toujours à ses côtés, la jeune fille le regarda surprit, avant de se rendre compte qu'elle avait fait la remarque à voix haute.
- Oui… Pourquoi ? Je ne devrai pas ?
- Difficilement à cette distance…
L'adolescente ne releva pas le dernier commentaire du Seigneur elfe, mais resta tout de même perplexe. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un lui faisait cette remarque. Était-il donc si surprenant qu'elle ait une bonne vue ? Peut-être que les hommes de ce monde n'avaient pas de bons yeux…
Il était vrai que lorsqu'elle était sur Terre, la jeune fille n'avait jamais été considérée comme ayant une bonne vision. De fait, elle avait toujours été très sensible des yeux et supportait difficilement la lumière de écrans. Quand elle en regardait un plus d'une quinzaine de minutes, elle avait toujours eu une sensation de brûlure, comme si la lumière de l'écran lui brûlait la rétine. Pourtant, lorsque les opticiens avaient faits des tests, ils avaient tous décrétés qu'il n'y avait aucun problème. Le sujet était donc resté un mystère pour l'adolescente et avait simplement nécessité des aménagements à l'école, afin qu'Ondine ne soit pas pénalisée par une trop forte sensibilité de la rétine. Le plus surprenant avait été qu'en arrivant en Terre-du-Milieu, la jeune fille avait rapidement noté qu'elle voyait plus loin et plus de détails. Dans sa cellule à Barad-Dur, elle avait découvert que les pierres qui lui avaient semblé lisses, étaient en réalité parcourues de minuscules aspérités qu'on ne sentait qu'à peine au toucher. Ainsi, Ondine ne s'était plus vraiment posé la question se doutant qu'une explication rationnelle devait exister et que de toute façon, se ne serait pas ce genre de détails qui l'aiderait à s'échapper de sa prison.
La voix d'Elrond ramena la jeune fille à la réalité.
- Mae govannen herdir Celeborn.
Levant la tête, qu'elle avait baissé alors qu'elle était plongée dans ses pensées, Ondine remarqua que les trinômes s'étaient défaits et que des Galadhrims, très reconnaissables à leur blason en forme de feuille de Mallorn, s'étaient mêlés aux soldats d'Imladris. A quelques pas devant elle, Elrond venait de saluer le Seigneur Celeborn qui s'approchait, lui aussi juché sur un cheval à la robe grise pommelée.
- Mae govannen. Anann gen ú-gennin.
- Le temps passe vite, je vous l'accorde. Êtes-vous seul ? Il me semblait pourtant que Dame Galadriel vous accompagnait.
A peine eut-il prononcé ses paroles qu'un cheval blanc comme neige s'approcha avec sur son dos, nul autre que la Dame des Galadhrims, assise avec élégance et dignité sur sa monture. Elle portait comme à son habitude, une robe blanche qui était immaculée malgré le voyage qui semblait ne pas avoir été de tout repos, comme en témoignait les traces de poussières et de boues qui tachaient les jambes et les tenues des autres soldats. Même les pattes du cheval du Seigneur Celeborn étaient sales. Et pourtant, la monture et sa cavalière ne portait aucune trace passée ou présente de salissure. Galadriel était comme une étoile ou une Valar descendue du ciel. Et le fait qu'elle soit installée en amazone n'entachait pas sa beauté.
En s'approchant, elle salua le Seigneur Elrond mais ses yeux étaient plantés dans ceux d'Ondine qui se tenait légèrement en retrait. La jeune fille ne fut donc qu'à peine surprise lorsque la voix de la Dame se fraya un chemin dans son esprit.
- Nous nous retrouvons à nouveau, Ondine. Mais cette fois, vous connaissez la raison de notre présence ici.
L'adolescente voulut lui répondre, mais la Dame la coupa :
- Le temps n'est pas encore venu. Nous verrons tout cela cette nuit.
Et le silence se fit dans l'esprit de la jeune fille la laissant avec ses questions.
Entre temps, la discussion s'était poursuivie et le groupe maintenant composé de dix-sept personnes entamait le chemin de retour vers la vallée cachée.
Au cours du retour, Glorfindel vint se placer à la hauteur d'Ondine et lui demanda si elle avait apprécié. Enthousiaste, la jeune fille lui répondit que malgré le fait que la patrouille se soit vue écourtée, elle avait été ravie de découvrir d'autres terrains en-dehors de la cité. Peut après, la groupe longea une forêt et l'elfe cessa de parler pour surveiller les bois, guettant le moindre danger. Mais, une fois que les arbres eurent disparus derrière eux, il se pencha vers l'adolescente et lui demanda, un petit sourire aux lèvres :
- Tu as envie d'aller un peu plus vite.
- Nous sommes dans un groupe… Comment veux-tu que nous…
Ondine se fit couper la parole par Isilmë qui venait de pousser un hennissement.
- Oui !
- Dans ce cas… Rendez-vous à Imladris.
Et sans donner plus d'informations à la jeune fille, Glorfindel sortit de la file et lança son cheval au galop dans la lande. Comprenant qu'il s'agissait d'une course, l'adolescente sortit à son tour de la file et s'élança à la poursuite du tueur de Balrog en criant sur le ton de la rigolade :
-Tricheur ! Tu n'attends rien pour attendre. »
Mais l'elfe ne se retourna même pas et accéléra l'allure doublant par la même occasion les trois Seigneurs elfes qui chevauchaient en tête de file. Redoublant d'effort, Ondine poussa sa jument à accélérer encore. En arrivant au niveau du trio de tête, la jeune fille aperçut comme un sourire sur le visage du Seigneur Celeborn, de la surprise sur celui d'Elrond, et un sourire mystérieux sur celui de Dame Galadriel. Puis, ils disparurent du champs de vision de l'adolescente et Ondine se pencha sur l'encolure d'Isilmë.
En cet instant, elle se sentait en symbiose avec l'animal. Elle et la jument ne faisaient qu'un, et la jeune fille n'était plus la même. Elle n'était plus la frêle adolescente qui s'était retrouvée sans explication sur les pentes d'un volcan. Qui qu'elle soit et d'où qu'elle vienne, elle était enfin elle-même.
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Bon... C'était un chapitre un peu plus joyeux que le précédent, je vous l'accorde.
J'espère qu'il vous aura plu !
A la prochaine !
