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Cela faisait trois mois et demi que Drago était parti, j'étais à l'hôpital et buvais un café avec ma collègue. Je lui racontais mon déménagement, quand elle se permit une remarque : « Tes seins ont grossi depuis quelques temps, non ? Tu es sûre que tu n'es pas enceinte ? ». Je ris en répliquant que ce n'était pas possible, mais elle me fourra un test dans les mains, tout en disant : « Sérieusement, fais-le. ». Je soufflai, excédée, comment pouvais-je être enceinte alors que nous n'étions arrivés à rien durant les mois pendant lesquels nous avions essayés.
Le test était sous nos yeux, je rechignais à le regarder, certaine que le rose ne virerait jamais au bleu. Puis j'entendis ma collègue pousser un cri de joie et taper des mains. Je me précipitais pour regarder la solution qui avait une belle couleur bleue. Elle mit une languette dedans et souligna : « Tu es enceinte d'environ trois à quatre mois. ». Les yeux exorbités, je ne pouvais pas croire à ce qui m'arrivait. Ma collègue était ravie de son action et en profita pour se féliciter pour son travail auprès des femmes enceintes.
- « Tu vois, c'est ma spécialité les femmes enceintes. Tu aurais dû me croire. »
Le soir, je rentrais chez moi et m'installais sur le canapé, face à la photo de moi et Drago qui trônait sur le guéridon du salon. Dire qu'il était parti avant même que ça ne fonctionne. Dire que j'étais enceinte. Et seule.
Je posais la main sur mon vente, ne réalisant toujours pas la nouvelle. Je n'arrivais pas à être heureuse, ni à ne pas l'être. Mais surtout, une question m'obsédait : Où est-il ? Je ne voulais pas vivre cette grossesse seule et plus que jamais, la présence de mon époux me manqua. Les jours suivant, j'avais l'impression de vivre dans une sorte de secret. Je posais discrètement la main sur mon ventre à l'hôpital et je sentais la joie de cette future naissance m'envahir de plus en plus.
Le temps passait. Alors je me contentais d'attendre. Ne reviendrait-il pas vers moi quand il le voudrait ? Je continuais d'attendre que quelque chose arrive. Mais rien ne se passait. Maintenant que je savais que j'étais enceinte, j'avais besoin d'une oreille maternelle à qui parler. Je me rendais donc dans l'appartement de Narcissa à Londres. Elle n'avait jamais voulu me révéler l'endroit où pouvait se trouver son fils. Au fond, je la croyais quand elle me disait qu'elle-même l'ignorait. Elle souffrait énormément de son départ. Elle aussi se sentait seule, non seulement son mari était emprisonné mais en plus son fils était parti. Au final, j'étais la seule personne qui venait régulièrement la voir malgré sa déchéance. Lorsque je lui annonçais ma grossesse, elle rayonnait. Elle fut gentille à mon égard et m'étreignit, puis elle me fit promettre de venir la voir chaque semaine. Après ce moment agréable, je me sentis le courage d'annoncer la même nouvelle à ma cousine.
Je me rendis chez Fleur le jour même. En sonnant à sa porte, elle sembla gênée de me voir chez elle. Je compris pourquoi lorsque j'aperçu sa belle-sœur dans le salon, enceinte jusqu'aux yeux. Je cachais ma surprise de croiser Lavande, encore plus grosse que la première fois que je l'avais vue. Elle me servit une tasse de la tisane qu'elles étaient en train de boire tandis que le petit Louis jouait dans le jardin. Il avait bien grandit et pouvait maintenant courir et parler avec son langage d'enfant. J'annonçais la nouvelle à ma cousine malgré la présence de Lavande Les deux femmes me félicitèrent, ma cousine plus chaleureusement que la jeune femme. Je regardais le ventre rond de la femme de Ron et soudain, une pensée s'imposa à moi et emplit tout mon esprit : « Et si cet enfant était de Ron ? ». Je ne restais pas plus longtemps, mal à l'aise de me retrouver face à elle. Cette question tourbillonna dans mon esprit pendant toute la semaine qui suivit.
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