Bonjour à tous !
J'ai décidé de vous proposer ce chapitre avec cette fin. Désolée si je l'arrête aussi abruptement mais premièrement, je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup d'informations dans ce chapitre, vous allez découvrir pas mal de choses, et puis, il est déjà très long dans mes standards (plus de 5000 mots) ;) et je ne voulais pas attendre avant de vous le poster (j'essaie toujours de tenir ma promesse d'un chapitre par semaine, oui oui et j'aimerais m'y tenir !).
Et puis, vous saurez enfin ce qu'affronteront les Champions pour la deuxième épreuve ;) Vous me direz ce que vous avez pensé de la charade XD (je suis nulle en charade mais c'est le mieux que j'ai pu faire ahahah).
En tout cas, j'espère que la suite vous plaira ! Moi, perso, je m'amuse beaucoup à écrire sur Sarah et Severus ^^ (ou plutôt à les torturer oui XD)
Très bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 25 - Les soupçons de Severus
Une grande femme blonde accueillit le groupe de sorciers. Elle leur remit à chacun un panier avec un peignoir, des chaussons et des produits de bain.
- Je vous prie de vous laver avant d'entrer dans le premier bain thermal. Les maillots de bain sont autorisés. Nous vous conseillons de toujours porter ce peignoir et ces chaussons entre les bains. Nous avons quatre bassins à disposition. Le premier est un bain extérieur dont l'eau thermale est à 38°C. La profondeur de l'eau ne vous permettra pas de nager. Néanmoins, vous aurez accès à un magnifique panorama sur les Pyrénées. Nous avons un deuxième bassin, un peu plus petit, qui donne également sur l'extérieur. Il est proche de la source sulfureuse et propose une eau à 39°C. Nous avons enfin deux antiques baignoires qui ont été taillées dans un bloc de granit d'une seule pièce. Nous n'avons jamais réussi à dater la construction de ces deux baignoires mais nous pensons qu'elles sont là depuis l'antiquité. Sachez que l'eau thermale des bains des Dorres a de très grandes propriétés bénéfiques pour votre corps. Elle vous apportera détente et repos. Nous espérons que vous passerez un très agréable moment dans notre station. Une collation vous attendra à 14h30 à l'accueil.
Les sorciers remercièrent leur hôtesse et partirent vers les vestiaires, les femmes d'un côté, les hommes de l'autre.
- Tu es déjà venue dans cette station, Rachel ? demanda Ginny qui était rapidement devenue familière avec la professeur française.
- Non, jamais ! C'est pourquoi quand Alban m'en a parlé, j'ai tout de suite accepté de venir. Et puis, c'est rare d'avoir toute une station pour nous seuls !
Les femmes échangèrent un sourire sauf Sarah qui se déshabillait en faisant mine de ne pas écouter la conversation. Elle mit son bikini se sentant un peu mal à l'aise. Elle jeta un oeil vers les trois autres jeunes femmes et heureusement, elle n'était pas la seule en deux pièces. Ginny et Rachel en portaient un également. Hermione portait un une-pièce plus sobre mais finalement, Sarah trouva que son maillot de bain était bien plus sexy que celui des autres. Il montrait moins sa peau mais mettait bien plus en valeur les courbes de la représentante du Ministère. Sarah se sentit quelque peu rassurée. Severus allait la voir ainsi dévêtue, ce n'était pas rien… Et elle… non, elle chassa à nouveau cette pensée de sa tête. Elle avait toujours de la rancoeur envers le professeur et ses fantasmes ne viendraient pas embrouiller son jugement.
Elles mirent leur peignoir et munies de leurs chaussons, se dirigèrent vers les douches. Puis, lavées, elles sortirent des vestiaires pour aller dans le premier bain. Les hommes étaient déjà plongés jusqu'à mi-torse dans le grand bassin. Sarah, malgré sa mauvaise humeur, s'extasia sur la vue qui s'offrait à elle. Le bain était en hauteur et donnait sur une grande prairie et des montagnes au loin. Il avait neigé la veille et le sol avait été dégagé pour que les baigneurs puissent se rendre jusqu'au bassin. Il faisait froid mais l'air frais de la montagne n'était pas désagréable. L'eau chaude fumait.
Sarah suivit les trois autres femmes et déposa son peignoir sur un banc et ses chaussons à côté et plongea rapidement dans l'eau chaude, qui la brûla presque, tellement la différence entre la température extérieure et celle de l'eau était grande. Néanmoins, elle adora cette sensation et avança laissant son corps s'habituer peu à peu à la chaleur. Elle s'approcha des hommes qui lui firent un sourire, sauf Severus qui n'avait même pas tourné la tête vers elle. Elle se renfrogna un peu et décida de s'asseoir à son opposé pour faire face aux belles montagnes françaises.
Rachel Fontaine, comme par hasard, s'assit à côté de lui. Sarah la maudit en silence. Elle aimait de moins en moins la professeur des Arts Moldus.
Ils discutèrent tous avec animation : de la nature et de ce qu'elle pouvait leur proposer, des bienfaits bénéfiques de l'eau sulfurisée pour le corps, des autres stations thermales des Pyrénées et leurs spécialités...
Alban Giraud se trouva être un très bon orateur et leur raconta quelques anecdotes sur la région.
En fin observateur, Harry qui se trouvait en face de Sarah sentit rapidement qu'elle n'était pas dans son assiette. Il jeta un regard vers Severus, vit son regard renfrogné et comprit assez rapidement. Ce dernier ne participait pas non plus aux discussions. Il jeta un coup d'oeil vers ses amis et sans préambule, dit :
- Nous allons essayer le deuxième bain. Alban, Mathilda, profitez-en pour aller dans l'une des baignoires ! Elle est d'une taille parfaite pour les couples. Venez avec nous Rachel ! Je dois vous parler d'une exposition d'arts moldus que j'ai lu sur un prospectus !
Sarah les regarda tous partir les yeux ronds. Il était rare qu'Harry soit aussi éloquent devant autant de personnes. Elle décida de ne pas y prêter attention. Elle n'avait pas envie de profiter du deuxième bain, pas tout de suite, et souhaitait être un peu seule. L'occasion lui était enfin donnée de profiter pleinement du bassin.
Elle ferma les yeux et décida de faire la planche. Elle savoura l'eau chaude sur son corps et se détendit finalement. Depuis plusieurs jours, elle ne dormait pas correctement, troublée par sa dernière dispute avec Severus ainsi que l'aventure du verre de champagne. Elle ne savait que penser d'Olivier Morteau.
Au bout de quelques instants, elle fut tirée de sa rêverie en entendant un splash. Elle se redressa et découvrit Severus qui était resté dans le bassin avec elle. Elle se tendit brusquement et décida de se rasseoir contre l'une des parois du bassin. Elle ne put empêcher ses joues de rougir, malgré le ressentiment qu'elle gardait encore envers le professeur.
Elle resta pensive pendant un temps avant que Severus ne prenne enfin la parole.
- Je souhaiterais m'excuser pour l'incident du bal, lui dit-il finalement.
Elle releva la tête vers lui, étonnée.
- Pourquoi vous excusez-vous, Severus ?
- Car je vous ai mise dans une position délicate…
- Oui mais vous avez vu Olivier Morteau mettre une substance dans mon verre, n'est-ce pas ?
Severus ne dit rien.
- C'est ce qu'il m'a semblé, répondit-il finalement.
Un silence se fit entre eux. Au bout d'un long moment, Severus reprit la parole.
- Je voudrais également m'excuser pour mon attitude, dit-il d'une petite voix.
Sarah écarquilla les yeux. Il était rare que le professeur s'excuse ainsi. Cependant, elle le laissa parler. Ses paroles après le bal l'avaient blessée.
- Je ne vous ai pas très bien parlé le soir du bal mais voilà… j'étais irrité. Irrité car j'avais cette impression que vous preniez cette soirée avec légèreté, à accepter les invitations de tous ces hommes. De plus… je ne faisais pas confiance à Olivier Morteau, d'ailleurs, je ne lui fais toujours pas confiance… pourtant, je vous avais prévenu mais vous vous êtes obstinée à garder de bonnes relations avec cet homme. Vous avez même accepté de danser avec lui devant tous les professeurs… Oui… cela m'a vraiment irrité car vous ne m'avez pas fait confiance…
- Mais je vous fais confiance, Severus, le contredit-elle.
- Laissez-moi terminer, s'il vous plaît !
Le ton du professeur était tranchant et Sarah se tut immédiatement.
- Pendant cette soirée, je l'ai surveillé. J'avais un mauvais pressentiment, j'étais persuadé qu'il tenterait quelque chose, je ne savais pas quoi. Je l'ai vu ou plutôt j'ai le cru voir verser un produit dans votre verre. Je me suis immédiatement précipité pour que vous évitiez de boire le champagne, je ne savais pas quel genre de poison il avait mis. Malheureusement, il s'est avéré qu'il n'y avait rien dedans. Devant l'air confiant de Morteau, je m'en étais douté avant que le professeur de potions de Durmstrang nous le confirme. Si j'avais ma pensine… Enfin… après cela, j'étais énervé et je m'en suis pris à vous car vous n'aviez rien vu, vous avez laissé venir ce moment. Oui, je vous en voulais. Mais je me rends compte que vous ne pouviez pas savoir… Vous êtes une personne un peu trop naïve mais c'est vous, Sarah. Vous ne portez pas de jugement hâtif sur les gens. Vous ne pouviez pas savoir…
Il s'arrêta enfin de parler.
Sarah resta pensive quelques instants. Elle le comprenait enfin. Les mots de Severus envers elle avaient été dures mais il les avait dit sous le coup de la colère et ne les pensait pas au fond.
- Severus, dit-elle finalement, il y a deux mois, vous m'avez mise en garde envers le professeur Morteau mais vous ne m'avez jamais donné les raisons. Vous avez été évasif et je n'ai pas compris. Pourquoi ? Si vous m'aviez expliqué vos raisons, peut-être que nous aurions pu éviter cette situation.
Ce dernier soupira.
- En effet. C'était une erreur de jugement de ma part. Je voulais vous prévenir sans vous expliquer car j'ai pensé sur le moment que ce n'était pas à moi de vous faire part des soupçons qui portent sur le professeur Morteau.
- Les soupçons ?
- Hum… cet homme est soupçonné de pratiquer de la contrebande en tout genre : cela va de l'alcool aux substances illicites… Malheureusement, ce ne sont que des soupçons. Rien n'a été avéré. Il m'était difficile de l'accuser alors que je n'avais aucune preuve. De plus… il est également connu pour être un invétéré coureur de jupons…
- Oh…
- Je ne connais pas ses intentions à votre encontre. Il s'intéresse peut-être à vous car il vous apprécie… physiquement… ou peut-être recherche-t-il quelque chose qu'il pourrait retirer de vous… En tout cas, c'est un fin manipulateur. Voyez-vous, avec cette histoire de champagne, il a réussi à me décrédibiliser. Désormais, s'il perpétue un nouveau méfait et que j'en suis témoin, qui me croira quand je lancerai une nouvelle accusation ? Bien sûr, Minerva n'est pas dupe mais elle ne peut pas se mettre à dos Beauxbâtons et le comité d'organisation. Elle doit garder la face. Elle ne pourra pas me soutenir. Donc, je vous conseille fortement, et cette fois-ci, faites-moi réellement confiance, de ne plus vous approcher de cet homme ou en tout cas, limitez toute relation avec lui.
Sarah le regarda dans les yeux. Severus semblait sûr de lui, néanmoins, elle sentit qu'il l'implorait plus qu'il ne l'obligeait à le croire. Elle se détendit vraiment cette fois. Un poids s'était finalement enlevé. Elle ne ressentait plus de rancoeur, ni de colère. Elle avait compris. Severus avait tenté de la protéger. Il avait été maladroit mais c'était pour elle qu'il avait fait ça.
Elle lui sourit.
- Je vous crois, Severus. Je ne m'approcherai plus d'Olivier Morteau. Enfin… je dois encore venir à l'un de ses cours avec un Sombral…
- Un Sombral ?
- Oui, il m'a demandé de venir présenter un Sombral à ses élèves de sixième et septième année. Je pense qu'il n'y a rien de mal à cela… enfin… j'ai déjà accepté, alors…
Severus resta pensif mais ne dit rien. Sarah l'observa quelques instants. Elle avait envie de lui poser une question indiscrète mais ne savait pas comment la formuler. Elle regarda autour d'elle. Les autres sorciers ne faisaient pas mine de revenir. Elle inspira profondément et se lança. Elle avait besoin d'en avoir le coeur net.
- Euh… excusez-moi Severus, dit-elle d'une voix hésitante. Je sais que vous ne voulez pas en parler… que sûrement cela ne me concerne pas et qu'en vous posant cette question, je m'immisce un peu trop dans votre vie privée… mais voilà… j'ai… besoin de savoir.
Elle le regarda, embarrassée. Elle sentit ses joues rougir mais la chaleur pouvait en être la raison. Severus la dévisageait l'air perplexe. Elle détourna légèrement le visage. Les yeux perçants du professeur la déroutaient.
- Bien sûr, vous n'avez pas à me répondre, mais voilà… euh… qu'y a-t-il entre Rachel Fontaine et vous ?
Elle n'osa pas le regarder. Allait-il se mettre en colère ? Allait-il lui répondre, à raisons, que ce n'était pas ses affaires ? Mais elle avait besoin de savoir. C'était important pour elle.
Elle entendit Severus se racler la gorge.
- Il n'y a rien entre cette femme et moi, dit-il.
Sarah releva la tête et l'observa. Etait-ce elle ou Severus était un peu rouge aussi ? C'était certainement dû à la chaleur du bain… tout comme elle…
- D'accord, répondit-elle simplement.
Mais subitement, elle se sentit soulagée et ne put empêcher un sourire poindre sur les lèvres. Severus fronça les sourcils.
- Pourquoi souriez-vous ?
- Oh pour rien ! s'exclama-t-elle en détournant le regard mais le sourire toujours bien présent sur son visage.
- Cela vous dit-il d'aller visiter les autres bassins ?
- Oui, bien sûr ! dit-elle en tentant d'effacer sa joie.
Ils se levèrent pour sortir du bain. Sarah avait oublié que la température extérieure était basse et le froid la mordit violemment. Mais finalement, la vision de Severus quasi nu valait bien ce petit désagrément. Bien que cela ne dura qu'une dizaine de secondes, elle eut tout le temps d'admirer le dos plutôt large du professeur et ses fesses enserrées dans son boxer mouillée. Subitement, elle n'eut plus très froid.
Habillés de leur peignoir et de leurs chaussons, ils rejoignirent les autres sorciers dans le deuxième bassin qui était un peu plus profond et donnait sur un autre point de vue des Pyrénées.
Ils passèrent une journée agréable à aller d'un bassin à un autre, à discuter de tout et de rien, à savourer le moment présent.
Ils revinrent à Aragnouet sur Charme en fin de journée et décidèrent d'aller dîner dans l'Axbraxan Etoilé. Sarah qui n'était pas encore allée au fameux pub le trouva très agréable : les sorciers présents étaient accueillants et ils mangèrent des spécialités de la région comme une côte de porc noir de Bigorre avec une garbure (une soupe de légumes et de haricots, mijotés avec des os) et dégustèrent un bon vin rouge.
Severus et Sarah rentrèrent au Poudlard Express. La jeune femme était avinée et dût plusieurs fois se rattraper sur le bras du professeur. Ce dernier ne disait rien et la soutenait comme il pouvait. Elle ne tenait vraiment pas bien l'alcool. Il la laissa ensuite devant sa chambre en lui souhaitant une bonne nuit. Sarah regarda pendant de longues secondes la porte de son compartiment fermé. Elle aurait tout donné pour aller le rejoindre à cet instant. Finalement, elle se dégonfla, ouvrit sa porte et plongea sur son lit toute habillée.
- Professeur Turner ! Professeur Turner !
Une voix criait à travers la porte de sa chambre et toquait nerveusement contre le bois. Sarah mit du temps avant de comprendre qu'elle n'était pas en train de rêver. Elle releva la tête de son oreiller et essuya le filet de bave qui avait coulé du coin de sa bouche. Elle avait oublié de fermer les volets de sa chambre et la lumière l'éblouit. Brusquement, elle ressentit une douleur dans sa tête, comme si on l'avait enserrée dans un étau. Elle se souvint de sa soirée de la veille et se maudit d'avoir trop bu. Elle n'avait même pas pensé à boire un seul verre d'eau avant de se coucher. Elle se leva et croassa plutôt que cria "Oui, oui, j'arrive, laissez-moi une minute !". La voix à l'extérieur s'interrompit et arrêta de tambouriner à sa porte.
Là, c'était mieux. Sarah sortit sa baguette et fit apparaître un grand verre d'eau qu'elle but goulûment. Puis, elle se dirigea dans la salle de bain et chercha dans sa boîte à pharmacie une potion anti-gueule de bois. Après l'avoir bue, elle se passa de l'eau sur le visage, s'essuya et tenta de coiffer ses cheveux emmêlés avec une brosse. Voilà, elle était désormais un peu plus présentable. D'un coup de baguette, elle changea de vêtements et ouvrit enfin la porte de son compartiment.
Jenna Harrington, habillée d'un pull bleu ciel et d'un jean noir, les cheveux attachés, sa baguette dans sa poche arrière, avait le dos tourné à la porte et regardait vers l'extérieur. Elle semblait stressée car elle cognait l'un de ses ongles contre la vitre.
- Bonjour Jenna ! lança Sarah en imprimant un sourire amical sur son visage. Que me vaut votre visite si tôt le matin ?
En effet, il ne devait même pas être 8h du matin. Pour un dimanche, il était vraiment trop tôt pour Sarah. La Championne de Poudlard se retourna et regarda la professeur de Potions, les yeux pétillants.
- Bonjour professeur ! Et désolée de vous réveiller aussi tôt mais je ne pouvais plus rester en place. Je sais ce que je vais devoir affronter pour la deuxième épreuve ! Un Spectre de la Mort !
Elle avait dit ces derniers mots avec un grand sourire sur les lèvres.
Sarah soupira mais décida d'être la professionnelle qu'elle était : une professeur attentive et bienveillante. Elle proposa à Jenna d'entrer dans sa chambre. Elle ouvrit immédiatement la fenêtre afin d'aérer la pièce exiguë, demanda à la jeune fille de s'asseoir sur le lit et proposa de lui servir un thé, ce qu'elle accepta.
Jenna était surexcitée. Pendant que Sarah la servait, elle récita :
Mon premier est un jambon typiquement italien
Mon deuxième est le chiffre trois dans la langue du compositeur moldu des Quatre Saisons
Mon troisième divise les nombres pairs
Mon quatrième est un article défini féminin singulier
Mon cinquième n'est plus vivant
Mon tout peut te rendre fou si tu l'entends
- J'ai vraiment eu du mal avec la première phrase, continua-t-elle sans s'arrêter. Bien sûr, pour mon deuxième, c'était simple : "tre" est le chiffre trois en italien, puisque les Quatre Saisons a été composé par Vivaldi, un compositeur italien. Puis, ce qui divise les nombre pairs, certainement le chiffre "deux". Mon quatrième était bien trop facile. Et mon cinquième, s'il n'est plus vivant, il est forcément mort… C'est par déduction avec "mon tout" que j'ai compris que la charade parlait du Spectre de la Mort ! Le jambon typiquement italien est le Speck, n'est-ce pas professeur ?
Sarah ne dit rien. Elle lui lança juste un sourire.
- Voilà, maintenant, je sais ce que je vais devoir affronter et donc, je sais quelle potion je dois fabriquer : une potion d'hilarité ! C'est pourquoi j'ai besoin de votre aide !
- Mais vous êtes tout à fait capable de fabriquer cette potion seule, Jenna, lui confirma Sarah, se sentant soudainement privée de ses forces. Elle avait besoin de dormir quelques heures supplémentaires.
- Oui, c'est sûr, professeur ! dit Jenna, sans faire attention aux yeux assoupis de l'enseignante. Mais j'ai besoin de vous pour surveiller sa confection. Cela reste une potion délicate et je veux être sûre qu'elle soit parfaite.
Sarah inspira profondément.
- Vous savez que je ne peux pas vraiment vous aider pendant le Tournoi…
- Oui, mais vous pourrez me guider. Je ne vous demande pas de faire la potion à ma place, juste de juger le résultat s'il est bon ou pas.
- D'accord, capitula la professeur de Potions, souhaitant se débarrasser de l'étudiante au plus vite.
- Merci beaucoup professeur ! la remercia Jenna. Je la commencerai dès demain. Je vais maintenant vous laisser tranquille ! Bon dimanche !
- Bon dimanche à vous aussi, Jenna !
Et cette dernière partit aussi vite qu'elle était arrivée en laissant Sarah seule avec sa tasse de thé. Elle fit disparaître le tout, se mit en pyjama, ferma les volets et se lova dans son lit douillé. Elle ne mit pas beaucoup de temps avant de rendormir.
Les semaines qui suivirent, Sarah surveilla l'avancement de la potion de Jenna. L'étudiante était une de ses meilleurs élèves, donc, l'enseignante n'eut pas grand chose à lui dire. Elle la guida juste dans la découpe de ses ingrédients qui devaient être parfaits si elle voulait réussir la potion. En effet, la potion d'hilarité requérait une très grande finesse. Mal préparée ou mal dosée, elle pouvait engendrer une folie hystérique ou une inconsolable mélancolie à son utilisateur, dont les effets pouvaient être permanents. Le but de cette potion était de faire rire le Spectre de la Mort, non d'en subir les conséquences.
Jenna était très consciencieuse et suivit toutes les instructions de Sarah sans la contredire.
Les deux autres professeurs, ainsi que Minerva, suivirent de loin les avancées de la Championne. Néanmoins, Jenna ne mit pas de côté les autres enseignements. En effet, personne ne savait dans quelles conditions elle allait rencontrer la sombre créature. Peut-être devrait-elle faire face à d'autres dangers avant celui-ci. Elle se devait d'être prête à toute éventualité.
Finalement, la potion de Jenna fut prête. La Championne avait désormais plusieurs semaines avant l'épreuve qu'elle attendait sereinement. Il semblait que les Champions des autres écoles étaient tout aussi calmes. Ils avaient certainement trouvé en quoi consistait la deuxième épreuve.
Début février, Sarah ne put refuser plus longtemps les demandes insistantes du professeur Morteau à venir à l'un de ses cours pour présenter un Sombral. Elle l'avait évité pendant tout janvier mais elle ne pouvait plus reculer. Elle avait accepté sa demande, elle devait aller jusqu'au bout. Elle ne sut pourquoi mais la veille, elle en fit part à Severus, comme si elle avait besoin de sa bénédiction. Quand elle lui fit part de ce qu'elle comptait faire, il hocha la tête.
- Souhaitez-vous que je vous accompagne ? lui demanda-t-il.
Sarah fut surprise de sa question.
- Euh… non, je ne pense pas que ce soit nécessaire… et puis… vos relations avec le professeur sont plutôt tendues… je ne suis pas sûre qu'il voit cela d'un très bon oeil.
- Vous savez, je n'ai que faire de ce que peut bien penser le professeur Morteau.
Sarah haussa un sourcil. Severus ne l'aimait vraiment pas, voire, le détestait. Lui aussi pouvait être rancunier. Elle le pensait au-dessus de tout ça…
- Si vous voulez, vous n'avez qu'à m'attendre à la fin du cours. Je veux dire, vous n'avez pas besoin de m'accompagner mais si vous n'êtes pas trop loin, ça ira… Je vous enverrai un patronus si je juge votre présence nécessaire.
Elle avait dit ces mots les joues rougissantes. Severus accepta sa proposition ignorant son embarras.
Le lendemain, ils allèrent ensemble à l'école de Beauxbâtons sur leur Sombral et atterrirent devant la belle entrée. Sarah laissa Severus et se dirigea vers l'arrière du château. Elle trouva le professeur Morteau avec une dizaine d'élèves, devant la forêt enchantée. Muskogee la suivait de près.
- Bonjour ! lança-t-elle à la volée.
- Ah vous voilà, Sarah ! répondit Olivier Morteau d'une belle voix de ténor. Nous n'attendions que vous ! Approchez s'il vous plaît !
Sarah aimait de moins en moins le professeur de Créatures Magiques mais approcha néanmoins de la classe, toujours Muskogee sur ses talons. La plupart des élèves ne pouvait pas voir le Sombral, seulement un ou deux étudiants en étaient capables. Toutefois, personne ne tenta de s'approcher de la créature.
Sarah dirigea Muskogee jusqu'à Olivier. Elle caressa le Sombral pour le rassurer. Le professeur Morteau toucha également la créature magique les yeux brillants. Elle n'aima pas son regard mais tenta de chasser le malaise qu'elle ressentait. Finalement, l'enseignant proposa à ses élèves de s'approcher de la créature, même s'ils ne la voyaient pas. Les plus courageux se postèrent devant le Sombral et posèrent une main dans le vide, sauf qu'un animal était bien en face d'eux. Sarah vit leurs yeux écarquillés et leur incompréhension.
Muskogee, en Sombral très bien éduqué, ne fit aucun geste brusque, il se laissa faire. Même lorsqu'un élève le monta, il ne broncha pas et fit juste quelques pas sous les yeux ébahis du reste de la classe. Sarah accepta de voler avec l'élève en question. Il eut la plus grande peur de sa vie mais revint à terre avec un air enthousiaste sur le visage.
- Merci Sarah, s'exclama le professeur français à la fin des trois heures de cours.
En effet, après la première classe de septième année, des sixièmes années étaient arrivés et avaient également admiré le Sombral.
Olivier la raccompagna jusqu'à l'entrée du château. Sarah lui avait pourtant assuré que ce n'était pas nécessaire mais il avait insisté, comme s'il voulait prolonger un moment avec elle.
- Mes élèves ont adoré s'approcher d'un Sombral. Je pense que ce sera certainement la seule fois de leur vie ! Merci encore !
- Mais je vous en prie, Olivier. C'était un plaisir.
Pourtant, intérieurement, Sarah avait envie de se débarrasser de lui le plus rapidement possible. Ils arrivèrent devant la grande entrée de Beauxbâtons. Severus attendait patiemment l'enseignante, assis sur un banc. Quand le professeur de Créatures Magiques remarqua la présence du professeur de DCFM, son visage s'assombrit. Il lui lança un regard noir.
- Je vous souhaite une bonne fin de journée, Olivier, lança Sarah en voulant couper court à quelconque altercation. Mais c'était sans compter le mauvais caractère de l'enseignant français.
- Que fait-il là ? demanda-t-il d'une voix acerbe.
- Oh ça…
- Vous et Severus ?
- Mais non, pas du tout ! s'écria-t-elle en rougissant.
- Je passais simplement voir Alban Giraud, répliqua Severus, d'un air glacial. Je savais que Sarah était à Beauxbâtons, j'ai donc décidé de l'attendre. Cela vous pose-t-il un problème ?
Sarah sentit qu'Olivier fulminait et s'apprêtait à lancer une pique.
- A bientôt ! s'exclama Sarah en se raclant la gorge. Nous nous reverrons ce soir pour le dîner.
Ils montèrent sur leur Sombral et s'envolèrent. Sarah n'osa pas regarder en arrière mais elle savait que l'enseignant français les observa jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans le ciel.
Le jour de la deuxième épreuve arriva enfin. Tous les étudiants et les professeurs se retrouvèrent à nouveau derrière l'école française sauf que cette fois, ils ne faisaient plus face à la forêt enchantée comme la dernière fois mais à un immense manoir dont l'architecture sombre faisait froid dans le dos. Sarah s'était assise à côté de Severus et regardait la maison avec appréhension. Pour rien au monde ne serait-elle entrée dans ce lieu sinistre. Oh bien sûr, si on lui avait dit que le professeur de DCFM y était enfermé et qu'elle devait le sauver, elle y serait allée mais à cette seule condition.
Benoit Roussel, suivi de plusieurs équipes de reporters, arriva devant tous les spectateurs et le jury qui s'était installé, comme la dernière fois devant les estrades, en compagnie des directeurs, des délégations officielles des Ministères et des trois anciens Champions.
Il se racla la gorge avant d'amplifier le son de sa voix.
- Bonjour à tous ! Nous voici maintenant à la deuxième épreuve du Tournoi des Trois Sorciers. Je vous rappelle l'actuel classement. Avec 42 points, le Champion de Durmstrang, Borys Jankowski est en bas du classement. Mais ne vous y fiez pas, le jeune homme en a encore sous la main et il passera certainement à la vitesse supérieure grâce à cette épreuve. Comme vous le savez, il a remporté par trois fois le championnat junior de duels et il est le plus jeune duelliste à avoir participé au championnat du monde de duel. Avec un tel palmarès et à la vue de ce sombre manoir, nous sommes certains que cet étudiant est paré à tout. Anna Morel-Kebede tient la deuxième position avec 43 points à son actif. La jeune femme a été la plus rapide lors de la première épreuve et je suis persuadé qu'elle fera tout aussi bien lors de celle-ci. Quant à la première place, elle est détenue par la Championne de Poudlard, Jenna Harrington avec ses 44 points. Elle a épaté le jury avec ses ingrédients parfaits et a certainement concocté une puissante potion pour l'épreuve à laquelle elle fera face.
L'orateur attendit que les applaudissements s'éteignent avant de continuer à parler.
- Veuillez accueillir les trois Champions ! cria-t-il.
Et les trois élèves arrivèrent devant le public, sous un tonnerre d'applaudissement et sous les cris stridents des étudiants. Sarah se boucha les oreilles mais sourit : ces cris étaient aussi aiguës que celui du Spectre de la Mort. En avaient-ils seulement conscience ? Les élèves de Beauxbâtons étaient les plus virulents, vu leur nombre et scandait "Anna ! Anna ! Anna !" au rythme d'une chanson qu'ils avaient créé à son attention. Cette dernière leva la main vers ses camarades et leur fit un grand sourire. Les étudiants furent encore plus excités. La Championne de l'école française était vraiment leur idole.
Sarah admira l'attitude de Jenna qui, malgré les encouragements pour son adversaire, resta stoïque. Elle lança néanmoins un grand sourire vers les quelques élèves de Poudlard qu'elle repéra. L'enseignante ne put s'empêcher de se mettre debout et de hurler "Courage, Jenna !". Elle se rassit sous les yeux réprobateurs de Severus. Ce dernier la fusillait du regard : ce ne devait certainement pas être le rôle d'un professeur d'encourager ainsi son élève. Mais Sarah lui fit un grand sourire à la place en haussant les épaules. Le professeur de DCFM se renfrogna en émettant un léger grognement, ce qui fit pouffer de rire l'enseignante.
Les trois Champions s'approchèrent du jury.
- Le président du jury, Stanislav Ivanoff, explique les règles de cette deuxième épreuve, commenta Benoit Roussel. Les Champions vont devoir rentrer dans ce lugubre manoir à des points différents. Puis, ils devront passer quelques obstacles pour arriver au quatrième étage de cette bâtisse afin d'affronter la dernière créature. Ils auront deux heures.
Jenna, Anna et Borys hochèrent la tête et s'écartèrent du jury pour se diriger vers différentes entrées de la maison.
- Comme pour la première épreuve, un groupe de reporter suivra l'avancée de chaque Champion. Sachez que les Aurors sont déjà à l'intérieur du manoir et patrouilleront afin de prévenir toute attaque extérieure. Si le Champion se sent en difficulté, il pourra lancer des étincelles rouges afin que du renfort lui soit envoyé. Ça y est ! Ils se sont positionnés devant l'entrée dédiée. Allez, c'est parti !
Et les Champions entrèrent dans le manoir.
