Bonjour à tous ! Non non, je n'avais pas disparu, mais les études, tout ça tout ça... Bref ! Voici un nouvel OS, j'avais commencé à l'écrire il y a longtemps, j'espère qu'il vous plaira.
Merci pour toutes vos reviews !
Résumé : Jack revient sur Terre après être resté un mois sur la lune d'une planète avec Maybourne.
PARADISE FOUND
«Je sais que parfois il vaut mieux rester comme ça, à l'intérieur de soi, refermé. Car il suffit d'un regard pour vaciller, il suffit que quelqu'un tende sa main pour qu'on sente soudain combien on est fragile, vulnérable, et que tout s'écroule, comme une pyramide d'allumettes.» Delphine de Vigan
Sam soupira lentement. Elle tourna la tête et observa ses coéquipiers, installés sur les lits de l'infirmerie, tandis que Janet avançait vers elle.
— Tout va bien ? demanda le docteur.
— Oui, répondit Sam dans un sourire discret.
— Sam ?
La scientifique détourna ses yeux des trois hommes en train de discuter barbecue et questionna Janet du regard.
— Vous savez que vous pouvez m'en parler.
— Je vais bien, Janet. Vraiment.
— Ne jamais en parler n'arrangera rien.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez, répliqua Sam.
— C'est encore pire alors, répondit Janet en s'éloignant.
Sam replongea dans ses pensées, le regard dans le vide.
Le soir même, la maison de la jeune femme accueillait exceptionnellement la soirée d'équipe. Habituellement, leurs petites réunions se déroulaient chez le Colonel O'Neill, mais ce dernier ayant été absent durant un mois, son frigo était vide. Sam avait tout de suite proposé de délocaliser le barbecue dans son jardin et ils étaient donc tous présents, Jack s'occupant de la viande.
— Un mois à manger du poisson et cette plante bizarre, je vous assure qu'un bon steak me fera le plus grand bien ! déclara Jack alors qu'il emmenait l'assiette de viande dans le jardin.
À l'intérieur, Sam resta comme figée quelques secondes puis, sous le regard de Janet, Teal'c et Jonas, finit sa bière d'une traite. Elle partit jeter la bouteille dans la cuisine et revint quelques minutes plus tard, un verre à la main.
— Quelqu'un veut de la téquila ? demanda-t-elle en montrant son verre.
— Je ne connais pas ce breuvage, indiqua Teal'c.
— Je vais rester au jus de fruits, merci, répondit Jonas.
Sam interrogea Janet du regard, mais celle-ci secoua négativement la tête. L'astrophysicienne haussa les épaules avant d'avaler cul sec son verre.
Quelque chose n'allait pas.
— Teal'c, toujours saignant pour vous ? demanda Jack depuis le jardin.
Le Jaffa sortit le rejoindre, tout en acquiesçant. Jonas suivit le mouvement tandis que Janet rejoignait Sam qui se resservait un verre.
— Sam ? Tout va bien ?
La jeune femme ne répondit rien, se contentant de vider son verre aussi rapidement que le précédent.
— Sam ? demanda de nouveau Janet.
— Je suis au top de ma forme, Janet, répondit Sam la voix serrée.
— Parle-moi, s'il te plaît.
Lorsqu'un troisième verre fut avalé et que Sam remplissait un quatrième, fortement dosé en alcool, Janet lui attrapa doucement le bras.
— Il est là maintenant.
— Ah ? Et pour combien de temps ? questionna subitement Sam d'un ton sec.
Elle descendit son verre, s'en servit un autre contenant bien plus de téquila que de jus de fruits, et s'éloigna vers le salon avant de rejoindre le jardin. Sa démarche commençait à se faire hésitante. De la cuisine, Janet soupira. Au moins, elle avait parlé un peu. En une phrase, elle venait d'énoncer une partie du problème. La soirée ne lui disait rien qui vaille. Elle s'éloigna vers le jardin également, comptant bien surveiller sa meilleure amie de près.
— Vous avez troqué votre bière contre du jus de fruits, Carter ? s'étonna Jack en voyant Sam approcher.
— Le major Carter nous a parlé de téquila, mais je ne connais pas encore ce fruit, déclara Teal'c tandis que Janet souriait devant l'adorable ignorance de leur ami Jaffa.
— Ah, Teal'c, la téquila est un alcool qu'on mélange le plus souvent avec du jus de fruits. Ce n'est pas mauvais, on vous fera essayer ça ! répondit Jack en tournant la tête pour observer la cuisson de la viande.
— Vous en voulez un verre, mon Colonel ? demanda Sam.
— Non, merci, Carter, je préfère la bière.
Sam haussa les épaules et avala une gorgée de son cocktail.
— Je ne savais pas que vous buviez de la téquila, dit Jack.
— Je ne savais pas que vous n'en buviez pas, répondit Sam.
Tout en retournant les steaks sur la grille du barbecue, Jack fronça les sourcils doucement. Sam venait-elle juste d'oublier de l'appeler « mon Colonel » ou « Monsieur » ? Cela n'était pas dans ses habitudes.
— Bon alors, racontez-moi un peu, j'ai raté quoi en un mois ? demanda Jack.
Sam, qui s'apprêtait à boire, stoppa son mouvement.
— SG-4 a trouvé un artéfact très intéressant sur lequel je vais pouvoir travailler, répondit Jonas.
— Le sergent Siler a encore été victime d'une explosion au niveau 7, dit à son tour Teal'c.
— Oh, et il a fait beau durant douze jours, contre dix-neuf de pluie, continua Jonas.
— Les Buffaloes ont remporté leur match du mois, dit Janet.
Jack les écoutait, souriant, quand son regard se posa sur Sam qui était restée silencieuse. Il la questionna des yeux, étonné qu'elle ne lui raconte pas une avancée scientifique ou un dernier gadget fabriqué. La jeune femme détourna le regard et termina son verre d'un cul sec.
— Je vais aller dire à Cassie que la viande est bientôt prête, dit-elle subitement en tournant les talons.
Jack resta un instant interdit, trouvant que sa scientifique préférée était quelque peu étrange tout à coup. Il retourna auprès du barbecue tandis que Jonas entamait une discussion avec Teal'c et que Janet observait son amie s'éloigner. Lorsque Sam arriva dans son bureau, où Cassie s'était installée pour faire ses devoirs, elle soupira lentement. Sa tête commençait à tourner et ses pensées se bousculaient.
— Cassie ? C'est bientôt prêt, dit-elle doucement.
L'adolescente lui fit face, toujours assise sur la chaise de bureau.
— Tant mieux ! Je n'arrive à rien avec cette dissert', se plaignit-elle.
— Tu as besoin d'aide ? demanda Sam.
Cassandra soupira. Elle se leva doucement, attrapa une photo et l'observa pendant plusieurs secondes.
— Ça dépend, finit-elle par répondre. Tu peux le faire revenir ? J'aurais tellement besoin de lui, qu'il m'explique encore une fois tous ces dieux égyptiens et pharaons qui régnaient dans les temps anciens. J'écouterais vraiment, pour une fois…
À la vue de la photo, le cœur de Sam se serra. Ce n'était pas vraiment le bon moment pour elle d'en parler, mais en même temps Cassie avait visiblement besoin de réconfort.
— Ça ne vaudra pas ses paroles, mais son site internet pourrait t'aider, tenta-t-elle.
— Ça ne sera pas vraiment lui, répondit Cassie.
— Rien ne le sera vraiment.
— Je sais…
— Je dois avoir un de ses livres dans ma bibliothèque, si tu veux, dit Sam.
— C'est lui que je veux, Sam, répliqua Cassie, les larmes aux yeux.
— C'est quelque chose que je ne peux pas t'apporter, ma puce.
Cassandra souffla un coup, ravalant ses larmes, puis approcha de l'immense bibliothèque de la jeune femme. Elle repéra rapidement le livre de Daniel, l'attrapa et avança vers la porte, où Sam se tenait toujours. Elle allait s'éloigner lorsqu'elle s'arrêta et interpella la scientifique visiblement perdue dans la contemplation du vide du bureau.
— Sam ?
Elle tourna la tête vers Cassie.
— Merci d'avoir ramené Jack.
Elle l'embrassa sur la joue et partit en direction du salon, laissant Sam à ses pensées. Janet observa Cassie revenir, puis fronça les sourcils lorsqu'elle s'aperçut que Sam ne la suivait pas.
— Où est Sam ? demanda-t-elle à sa fille.
— Elle a peut-être besoin de quelques minutes. C'est un peu de ma faute… répondit la jeune fille.
— Comment ça ? demanda Jack, soucieux.
— J'ai parlé de Daniel.
Jack grimaça un peu et Janet serra les mâchoires. Cassie lui attrapa la main et la pressa doucement, en signe de soutien. Elle savait que Daniel avait eu une place spéciale dans le cœur de sa mère. Après une petite minute silencieuse, Sam apparut dans le jardin et chacun sortit de sa torpeur.
— À point ton steak, Cassie ? demanda Jack pour changer de sujet.
— Oui, s'il te plaît.
Une fois les steaks prêts, le repas commença dans la bonne humeur. Jack faisait des blagues, Teal'c et Jonas essayaient de comprendre et Cassie riait de bon cœur. Janet souriait, appréciant le moment. Seule Sam était assez silencieuse, sirotant son verre entre deux bouchées de viande. Sa tête lui tournait un peu, mais peu lui importait. Elle voulait oublier, même ne serait-ce qu'un instant, la peur ou le chagrin. Quand l'heure du dessert arriva, elle se leva afin d'aller chercher la mousse au chocolat dans le frigo. Janet l'accompagna pour prendre la salade de fruits en même temps.
— J'espère que la mousse sera bonne, c'est sûrement le seul dessert que je sais faire, lança Sam d'une voix forte, le saladier dans les mains.
— Ne vous en faites pas, Carter. Tout me paraîtra meilleur que sur cette lune, répondit Jack du jardin en plaisantant.
Le saladier bascula des mains de Sam. Il s'écrasa au sol dans un fracas, la blessant à la jambe au passage. Pourtant, elle ne sentit pas la douleur. Seul son cœur battait la chamade, sa gorge se serra et ses mains tremblaient. C'en était trop pour elle. Elle ne pouvait plus l'entendre plaisanter à propos de ce mois sur cette lune. Elle ne pouvait plus supporter le fait d'avoir failli le perdre et d'avoir été faible par rapport à ça. Elle ne pouvait plus supporter de feindre l'indifférence. Tandis que le petit groupe demanda ce qu'il se passait dans la cuisine, Janet posa la salade de fruits sur le comptoir et se pencha pour voir la blessure de la scientifique, en prenant garde de ne pas se couper aussi. Elle n'eut cependant pas le temps de stopper le saignement que la jeune femme s'éloigna en courant vers le couloir et s'enferma dans la salle de bain. Janet la suivit et s'arrêta devant la porte fermée.
— Sam ?
Aucune réponse. Elle patienta quelques secondes.
— Sam, est-ce que ça va ?
Un bruit sourd lui répondit. La scientifique venait visiblement de frapper le mur. Janet s'éloigna et avança vers la table de jardin où Jack, Jonas, Teal'c et Cassie attendaient des explications.
— Est-ce que tout va bien ? demanda Jonas.
— Où est Sam ? questionna Cassie.
Le médecin eut l'air gêné, mais son amie avait définitivement besoin de parler avec quelqu'un, et ce quelqu'un n'était pas elle. Elle fit donc ce qui lui semblait le plus juste, quitte à subir les foudres de Sam plus tard.
— Colonel, je pense que vous devriez aller parler avec Sam.
— Comment ça ? demanda Jack.
— Il me semblerait important que vous ayez une discussion avec elle, Colonel. Elle est dans la salle de bain. Je vais apporter la salade de fruits, nous serons dans le jardin en attendant.
— Très bien, Doc, répondit Jack.
Il entra dans la maison et avança vers la salle de bain, au bout du couloir. Il entendit Janet récupérer le saladier de fruits et retourner dehors. Les conversations reprirent et il se tourna vers la porte close en face de lui. Il souffla doucement, sachant d'avance que l'état de Sam allait lui briser le cœur.
— Carter ? demanda-t-il doucement.
Le silence fut sa seule réponse.
— Est-ce que je peux entrer ? questionna-t-il.
— J'arrive dans deux minutes, monsieur, répondit-elle entre deux sanglots.
— Carter, je vais ouvrir cette porte, maintenant.
Il vit la poignée s'abaisser et la porte s'entrouvrit. Il la poussa doucement et entra. Il observa Sam, debout sur la droite, adossée contre le mur en carrelage froid. Des larmes roulaient le long de ses joues. Il referma la porte et fit quelques pas vers elle. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres de la jeune femme, il lui prit la main. Les sanglots de Sam redoublèrent et elle se passa son autre main sur le visage en tentant de les étouffer.
— Venez-là, lui dit doucement Jack en la tirant vers lui pour l'étreindre.
— Je suis désolée, parvint-elle à prononcer.
— Vous n'avez pas à l'être, Sam.
Il la garda dans ses bras durant de longues minutes, attendant patiemment que ses pleurs se calment doucement.
— Il vous manque ? demanda-t-il.
— Oui, chaque jour, mais…
— Mais ?
— C'est juste que…
Elle s'arrêta.
— Expliquez-moi.
— Je ne peux plus perdre personne.
Jack plongea son regard dans celui océan de Sam.
— Ça n'arrivera pas.
— Je ne peux pas vous perdre.
— Je suis là, Carter.
Sam soupira en détournant les yeux.
— Je crois que vous ne comprenez pas.
— Expliquez-moi alors.
— Je ne peux pas.
— Pourquoi ?
— Vous savez pourquoi.
— Carter…
— Je vous en prie, ne dites rien…
Il l'observa, le cœur serré.
— Et si j'en avais assez de me taire ?
Sam releva la tête.
— Quoi ? questionna-t-elle.
— Et si j'en avais assez de me taire ? Et si pour une fois je disais… et si pour une fois nous disions les choses que doivent être dites ?
— Non.
— Non ?
— Non, je ne peux pas.
— Et si moi, je peux ?
— Je…
— Et si je n'utilisais pas de mots ?
Il caressa ses mains lentement et elle observa ce geste tendre. Trop tendre.
— Mon Colonel ?
— Je serai toujours là, Sam. Tant que vous serez là, je sais que je ne serai jamais vraiment perdu. Tant que vous serez là, je sais que vous me retrouverez toujours.
— Et si je n'y arrive pas ? Et si…
— Et si on arrêtait les suppositions, Sam ?
Une larme tomba de nouveau sur la joue de la scientifique et Jack vint l'essuyer tendrement. À ce contact, Sam ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, la main de Jack n'avait pas quitté sa joue et son regard était intense. Dans une infinie délicatesse, il se pencha vers elle et l'embrassa lentement. Dans un gémissement, elle lui rendit son baiser. Alors que leurs lèvres se détachaient et que leurs fronts vinrent se toucher, Sam reprit son souffle.
— Où que je sois, tu seras toujours là, Sam, murmura Jack.
La jeune femme recaptura ses lèvres et ce nouveau baiser fut bien plus sensuel et passionné que le premier. Ils ne surent combien de temps ils restèrent là, dans la salle de bain, mais peu leur importait. Ils avaient trouvé leur paradis et ne comptaient pas en revenir…
FIN
