Oui, je poste les deux d'un coup pour me faire pardonner.

Je vous promets que j'essaie de me remettre à écrire dès janvier, mais avec le taf et entre deux soirées D&D... C'est un peu chaud.

Je ferai de mon mieux quand même!

J'espère que ça vous plaira tout de même malgré l'attente!


Kairi me regardait. Pour la première fois depuis qu'elle était là, elle me regardait, et elle me regardait vraiment.

Presque comme si elle me voyait pour la première fois, ma fille, la chair de ma chair, me dévisageait.

Son expression était neutre, mais ses lèvres étaient pincées et ses sourcils légèrement froncés.

Étrangement, c'était exactement la même expression qu'avait Larxène quand je rejetais ses avances, quand je refusais de la toucher et qu'elle se retenait d'exploser, de fondre en larmes et de me traiter de tous les noms – ce que j'aurai d'ailleurs sans nul doute mérité.

Là, nichée au fond des yeux bleus vert de ma propre fille, la colère et la déception que je connaissais si bien.

Mon cœur se serrait douloureusement dans ma poitrine, et soudain, plus rien n'avait d'importance.

Ma propre fille. J'ai déçu et brisé ma propre fille.

Je ne connaissais ni Naminé ni Kairi, je ne les avais, après tout, que peu fréquentées. Et pourtant, à cet instant, il me semblait que mon monde s'écroulait comme s'il avait été fait de cartes.

Je déglutis difficilement et essayai de détourner les yeux de ceux de Kairi, dont le regard s'intensifia un peu plus. Il va sans dire que cela me fut absolument impossible.

Elle se leva brusquement et m'intima d'un simple balancement de la tête à la suivre.

En sentant mon corps – et mon cœur – trembler un peu, je me redressai à mon tour pour la suivre.

Nous nous sommes éloignés de quelques pas seulement pour se retrouver dans le petit couloir près de l'entrée de l'appartement. Pas trop loin pour avoir disparu, mais suffisamment pour avoir au moins l'illusion d'être seuls.

Elle ressemblait incroyablement à sa mère. Elle se tenait droite, le regard glacial et les bras croisés sur la poitrine. Elle s'éloignait de moi sans (même) avoir besoin de le faire.

Mon cœur se serrait un peu plus alors que mon sang refroidissait un peu plus dans mon corps. Mon sang battait si fort dans mes tempes qu'il me semblait que mon crâne allait exploser.

Elle prit une inspiration brève avant de se mettre à parler.

- Tu n'es pas mon père.

Dure, froide, tranchante. Difficile de croire qu'elle n'avait pas encore sept ans.

- Et tu ne l'as jamais été.

Ah. C'était mérité… Mais horriblement douloureux.

- Alors arrêtes de faire semblant si tu vas nous abandonner encore une fois.

J'étais incapable de répondre.

Non, en fait j'étais incapable de penser. A chaque nouvelle remarque, j'avais un peu plus baissé la tête, si bien que je fixai maintenant le sol.

J'avais honte. Honte d'avoir été absent. Honte de n'avoir pas été meilleur que ce que les psys que j'avais vu avaient présagé. Honte d'avoir laissé ces deux fillettes livrées à elles-mêmes, livrées à la haine incontrôlable qu'elles me portaient sûrement sans comprendre pourquoi.

J'avais honte d'avoir forcé une petite fille à devenir une adulte avant l'heure, de l'avoir rendu capable

de tenir de tels propos par ma seule absence.

Je l'entendis décroiser les bras et pousser un soupir exaspéré avant de commencer à partir. J'aurai pu la retenir. Au lieu de ça, je tombai à genoux, comme si toute force m'avait quitté et qu'il ne restait plus rien de moi que ma propre déception, ma propre colère.

Je relevai la tête. Elle était toujours là. Elle me regardait avec pitié et colère.

Elle avait raison.

- Je ne fais pas semblant, Kairi.

Ses yeux, trop semblables aux miens, qui s'écarquillent.

- Je fais seulement de mon mieux.

La première larme qui roula sur ma joue n'était pas voulue. Elle eu l'air choqué, l'espace d'un court instant, avant qu'une grimace dégoutée ne prenne place sur son visage et qu'elle s'en aille vraiment, cette fois.

Roxas – évidemment que Roxas était là – s'écarta très légèrement pour la laisser passer, l'air surpris.

Puis ses yeux glissèrent sur moi. Il s'approcha encore. Et pour la première fois depuis que je l'avais rencontré de l'autre côté de cette foutue porte, j'entendais ses pas. Ils me semblaient si lourds, si lents…

Ou peut-être était-ce parce que que je trouvais qu'il était trop loin de moi.

Il finit tout de même par s'accroupir, près, mais sans me toucher, alors qu'un sourire cruel jouait à la bordure de ses lèvres.

- Alors ? Axel se rend compte qu'il n'est pas aussi indispensable qu'il aimerait l'être ?

Il était impossible d'exprimer à quel point j'eusse aimé qu'il ait eu tort. Il s'approcha encore un peu de moi, et je dus me retenir de ne pas envoyer un poing dans son odieux visage.


Mon ordi boude un peu, donc le format doit pas être terrible... :/

Bon, encore une fois, je suis infiniment désolée et je vous promets de revenir vite.

~ paopu. *love*