Bonsoir à tous.

Je ne saurai comment me faire pardonner se retard, puisque à chaque fois, rien ne change.
Ce n'est pas une excuse mais rester devant mon écran me donne mal à la tête (sachant que je suis devant un PC toute la journée au boulot), plus boulot, plus vie perso. Je suis rarement chez moi, difficile de trouver du temps. Pour les fêtes, je suis rentrée chez mes parents. C'est si difficile d'écrire avec du monde juste à côté. Du coup, je ne suis absolument pas satisfaite de mon chapitre que je trouve, sur la fin, particulièrement baclé.

Je voulais l'écrire pour Noel, mais j'ai eu le dernier Fire Emblem, et j'ai passé cinq jours à violer le jeu dans le seul et unique but d'épouser Edelgard. J'écrirai surement un petit OS sur ce couple canonique d'ailleurs.

Enfin, je dis ça, mais j'ai l'impression d'avoir un peu perdu la motivation d'écrire, et à force, de perdre aussi ma plume. Ce qui fait que j'ai encore moins envie d'écrire. Cercle vicieux.

Voila cependant, le tant attendu chapitre (pas taper pas taper).

Haki: Désolée de te faire connecter tous les jours pour rien, c'est vraiment pas cool pour un auteur de faire autant attendre. J'espère que ce chapitre t'apportera consolation (et j'espère pouvoir écrire plus vite la prochaine fois...).

Blacky (tu permets ? xD): Je t'en prie ! Je suis ouverte à la conversation, hein ! Je suis humaine xD Il faut bien mettre des petits moments mignons, même si c'est un drame, à la base. Enfin là j'ai l'impression que y'a un peu trop de moments mignons, il va falloir vite remédier à ça ! Meiko j'en fais souvent un personnage à la fois chiant et idiot. Je ne sais pas pourquoi ce rôle lui colle à la peau dans toutes mes histoires. Je détestais ce personnage, mais il fallait bien que Miku ait des amies, et c'était dur de choisir parmi tous les vocaloïds. J'ai préféré en prendre une qui soit cool et connue ! Et puis maintenant, je l'aime beaucoup ! Agatha, oui, c'est son nom ! Il faut bien qu'elle en ait un, la pauvre (RIP a elle xD). Et pour le frère de Luka, on s'attendait tous à ce qu'il s'appelle Luki, mais je ne k'avais jamais nommé jusqu'à maintenant, tu m'obliges à le faire ! xD Le chapitre précédent n'est pas vraiment plus "court" (il y a quand même entre 12 et 14 pages) mais il fait plus court que certains qui font le double, c'est vrai (notamment le Chapitre 16 je crois). Je me rend d'ailleurs compte que j'ai utilisé beaucoup trop de chapitres pour poser mes différents éléments d'intrigues xD On va finir par s'y perdre et ne plus rien comprendre. Enfin, je te laisse savourer ! Donc j'attends ton commentaire disons à 4h du mat ;)

Yolnosh: Deux chapitres de retard, ça va, t'es large ! (surtout vu le temps à poster celui-ci ahaha). J'ai du mal à rejoindre ton avis quand tu dis que c'est de mieux en mieux, perso, j'ai l'impression du contraire xDD (il faut vraiment qu'on se reparle en PV, peut-être que je n'entends pas assez de connerie pour avoir la motivation et l'envie d'écrire xD). Des cordes sensibles ? Tu parles de quel sujet ? J'en ai abordé tellement que je ne sais même plus à quoi tu peux faire allusion xDD

BeautyFire: Elle sort maintenant ! :D

Sur ce, enjoy !


Chapitre XXI

En ce monde imparfait...

L'odeur de rose qui se dégageait d'elle était encore plus intense que d'habitude. C'était vraiment agréable. Les yeux clos, je me laissais bercer par ce parfum tandis qu'une fois encore, elle me déposait chez moi. Je repensais à la première fois que j'étais montée avec elle, bourrée, et incapable de la moindre réaction. Je me souvenais, cette fois aussi, être restée dans mon monde, pourtant accompagnée d'un immense embarras. Mais celui-ci, au fil du temps, avait presque totalement disparu. Me retrouver avec la grande me paraissait presque naturel alors que nous ne pouvions partager que de rares moments à deux. Une pensée qui en rappela une autre...

« - Luka... l'interpellai-je. Tu sais, propos de ce que tu as dis tout à l'heure... »

Je captais son attention, même si elle n'en montrait rien. Je savais maintenant le remarquer.

« - Personne ne doit savoir. »

Je lui imposais cette contrainte, mais je n'avais pas le choix. Supporter les brimades et les moqueries étaient une chose, mais tôt au tard, si cela venait un jour à se savoir à l'école, je savais pertinemment que cela finirait par arriver aux oreilles de mon père. Et si ce jour venait à arriver, le prix n'en serai que trop élevé. C'était un risque que je n'étais définitivement pas prête à prendre. J'espérais qu'elle puisse le comprendre.

« - Ca m'est égal, répondit simplement la rose. »

Vraiment ? C'était aussi simple que ça ? Rester cachées ne lui posait vraiment aucun problème ? Tant de questions qui ramenaient avec elles autant de doutes. Mon esprit allait encore me jouer des tours. Je sentais ce petit côté parano que j'essayais de refreiner apparaitre de nouveau. Je ne pouvais m'empêcher de penser que ca ne pouvait que l'arranger, elle aussi, de ne pas avoir à se montrer en public avec moi. Après tout, ce n'était pas comme si on sortait ensembles, non ?

« - J'arrive à lire en toi comme dans un livre ouvert, tu sais, me fit remarquer la grande à qui mon silence n'avait pas échapper. »

Quelle prétention. Je ne pouvais pas croire qu'elle devine mes pensées si facilement. Etais-je en ce moment si prévisible que ça ?

« - Ce n'est pas comme si j'aimais exposer ma vie privée, de toute façon. »

Si, elle avait tout compris. Encore. Je savais que cette remarque qui semblait totalement naturelle avait été prononcée dans l'unique but de me rassurer, même si elle ne l'avouerait surement jamais. Cette fille avait réussi à me cerner plus vite que n'importe qui, c'était déconcertant.

« - Je dois y aller, fis-je en ouvrant la porte. A demain, Luka. »

Je souris avant de refermer, puis rentrai chez moi. J'avais ce soir, je l'espérais, réussi à réparer les quelques dégâts causés par mon amie un peu plus tôt. J'allais sans doute à un moment ou à un autre devoir avoir une petite discussion avec elle, mais pour le moment, je ne pensais plus qu'à une chose: la journée que j'allais bientôt passer avec Luka. Et si l'idée de passer toute une demi-journée avec mon amante était très satisfaisante, la possibilité de passer un moment dans ses bras en toute intimité vint bientôt faire naitre des papillons dans mon bas-ventre. Je me trouvais bien impatiente, alors que j'allais maintenant m'enfermer dans ma chambre, refreinant malgré moi l'envie de satisfaire ce désir qui ne cessait de monter et de me rendre folle. Etait-ce normal, à seulement quinze ans, de penser à ce genre de chose ? Ou plutôt, de ne penser qu'à ça ? Est-ce que tous les ados ressentaient ça également ? Mes amies ? Je ne cessais de m'inquiéter à l'idée d'avoir un problème, et de devoir admettre que je n'étais peut-être que tout simplement dépravée. Avoir expérimenté les relations sexuelles m'avait peut-être révélé à moi même, une face cachée que j'ignorais jusque-là. Que devait penser Luka ? Je m'étais littéralement jetée sur elle.

Gumi se moqua de longues minutes au téléphone alors que je l'avais appelée pour lui faire part de mes réflexions. Je savais qu'à elle, je pourrais en parler. Après tout, n'avait-elle pas elle même une relation avec une femme ? J'espérais tout simplement entendre qu'elle aussi ressentait la même chose, mais tout ce à quoi j'avais droit étaient ses rires qui n'en finissaient plus, jusqu'à ce qu'elle puisse enfin me répondre après avoir reprit son souffle.

« - Désolée de te décevoir, Miku, mais il se n'est rien passé avec Lily. »

Je tombais des nues. Même si je savais que Gumi n'était pas une fille aux mœurs légers, j'imaginais avec facilité comment avait-pu se terminer la soirée du week-end, après le rapprochement entre les deux la veille.

« - Mais Meiko m'a pourtant dit que...

- Elle devrait se taire parfois, me coupa ma camarade, tu sais que Meiko à tendance à très rapidement se faire des idées. »

Bon, d'accord, Gumi n'avait pas tort, mais si la brune avait dit l'avoir vu rejoindre la blonde, c'était surement vrai.

« - J'ai passé une partie de la nuit avec elle, c'est exact, mais ça n'a pas été plus loin que ce que vous avez tous pu observer.

- Pourquoi ? fis-je plus que surprise.

- Pourquoi pas ? »

Ma question n'avait en effet aucun sens. Pourquoi ma première pensée était d'être surprise qu'elles n'aient pas couchées ensembles ? Elles venaient à peine de se rencontrer, et pourtant, cette réflexion m'était venue naturellement. C'était surement moi, alors, qui devait avoir un problème.

« - Mais, si ça peut te rassurer, je t'avoue que ce n'était pas l'envie qui m'en manquait, fit-elle avec un calme et une franchise à toute épreuve.

- C'est elle qui ne voulait pas ? Fus-je plus que surprise en connaissant le personnage.

- Si, elle aussi en avait très envie, l'entendais-je sourire.

-J'ai un peu du mal à suivre, devais-je avouer à mon tour.

- Ca n'est tout simplement pas arrivé, il ne faut pas chercher à comprendre plus. C'est comme ça, c'est tout. »

Bon, je n'étais donc qu'un animal incapable de contrôler ses instinct primaires, conclus-je rapidement. Peut-être ne pouvais-je vraiment penser à rien d'autre que manger et à me reproduire. Pourtant, d'un point de vue biologique, puisque la rose était une femme, pouvais-je vraiment appeler ça l'instinct ? Je ne faisais pas ça pour agrandir ma lignée ou voir naitre des mini-moi un peu partout. Je soupirai, je me posais vraiment des questions farfelues depuis qu'elle était entrée dans ma vie. Je débloquai, c'était certain.

« - Miku, reprit la verte d'un ton sérieux. Puisqu'on en est aux confidences... J'ai l'intention de la revoir. »

Je me demandais pourquoi mon amie m'annonçait ça de façon si solennelle. Elle m'avait déjà prévenue quelques jours avant que Lily lui plaisait, malgré son côté libertin. Mais je compris assez rapidement que même si Gumi était prête à l'accepter, me l'annoncer était preuve que cette décision était accompagnée d'une longue réflexion. C'était sans aucun doute elle la plus responsable de nous toutes...

Je trouvai ce soir là le sommeil bien difficile, un peu perdue dans ma tête, me questionnant sur le présent et l'avenir. Entre celui que je souhaitais, et celui que j'aurais, jusqu'à quel point un fossé les sépareraient ? Pouvais-je continuer à vivre de cette façon, insouciante ? Plus que tout, le devais-je ? Ne dit-on pas qu'il faut profiter à fond de son adolescence ? Et pourtant, si je me laissais aller, je savais pertinemment que ma vie se transformerait en véritable enfer. Ma relation à peine naissante avec la rose avait-elle seulement une chance d'exister, malgré la différence d'âge, notre vision des choses, et par dessus tout nos familles ? Le destin avait-il voulu être aussi cruel, de me faire tomber éperdument amoureuse d'une personne qui devrait m'être à jamais interdite ? Avais-je ne serait-ce que le droit de l'aimer ? Comme si j'en avais demandé la permission... Cette sensibilité, ces doutes, prenaient le dessus sur moi, systématiquement, au point que j'en oubliais de me poser les bonnes questions : et elle, comment le vivait-elle ?

J'espérais ne pas paraitre trop fatiguée malgré la nuit difficile et les deux heures de sciences par lesquelles nous finîmes la demi-journée. Cette fois, j'avais réussi à garder un minimum de concentration, assez pour ne pas me faire remarquer. Si je ne faisais pas d'effort, j'allais peut-être finir par foirer mon année. Même si quelques semaines encore auparavant, c'était inimaginable, il suffisait visiblement d'un rien. Les trois dernières minutes que je surveillais sur l'écran de mon téléphone me semblaient durer éternellement. J'avais tellement hâte d'entendre la sonnerie retentir que j'en tapais du pieds d'impatience sous le bureau. Ca devait faire au moins quinze fois que je regardait l'écran, alors que deux minutes s'étaient seulement écouler. Plus qu'une, une seule et ce serait la délivrance. Je m'inquiétais quand même du prof, qui lui, était toujours plongé dans la correction de son exercice au tableau et qui ne s'inquiétait absolument pas de la fin de l'heure, quand soudain...

Le son retentit, tous les élèves commencèrent à s'agiter. La plupart avait déjà rangé leurs affaires quand d'autres, plus assidus, continuaient à prendre des notes et à corriger leurs éventuelles erreurs. Satisfaction, je n'en avais pour le moment fait aucune.

« - Allons allons, s'écria le vieil homme. Vous sortirez quand la correction sera terminée, nous ne sommes pas à deux ou trois minutes. »

J'entendis des soupirs de déception derrière moi, mais aucun n'était aussi terrible que le mien que je m'étais bien évidemment retenue de laisser échapper. C'était interminable. Deux ou trois minutes seulement disait-il ? Pour moi c'était comme attendre deux heures de plus. Une impatience digne d'un réveillon de Noël.

« - Elle ne va pas disparaitre, me souffla soudain ma camarade aux cheveux verts constatant ô combien je ne tenais plus en place. Qui sait, elle est peut-être même derrière la porte ! »

Mon cœur redoubla dans ma poitrine à cette pensée. Et si elle était là ? Non, impossible qu'elle ait déjà fait le chemin jusqu'ici, elle devait avoir philo à cette heure-ci, et elle en était déjà sortie en retard. Devais-je aller la chercher ? Ou bien l'attendre à la sortie ? Où bien à sa voiture ? En y repensant, je n'avais aucune idée de l'endroit où on était censée se rejoindre, il faudrait surement lui envoyer un sms. Et quand le prof eu enfin posé sa craie, je salua mes deux amies d'un sourire qui montrait mon impatience, et me précipitai la première en dehors de la salle de cours. Les couloirs étaient dignes d'un film d'Indiana Jones, alors que tous les élèves semblaient pressés de tous rentrer chez eux. Evidemment, le temps que ce dinosaure finisse sa correction, ça avait laisser toutes les autres classes finir, et tout le monde arpentait maintenant les couloirs. Je slalomais, évitais des élèves par-ci, des coups de sac à dos par-là, avant d'enfin pouvoir respirer l'air frais extérieur.

Je m'étais postée à la sortie nord du lycée, non loin du parking pour les élèves véhiculés, à l'opposée de ceux qui prenaient le bus. c'était bien plus calme par ici. Luka venait de m'avertir qu'elle aurait quelques minutes de retard, elle aussi. les profs de philo ne s'arrêtaient visiblement jamais. Et puis, après un court moment passé à faire les cents pas, je la vis enfin apparaitre.

« - Tu ne rentres pas avec ta mère ? demandai-je en constatant que la jeune fille m'avait bien souvent raccompagnée seule.

- Conseil de classe, m'informa-t-elle. »

Et bien, quelle réponse froide. Devais-je m'en étonner ? Comportement habituel ou bien sujet de conversation déplaisant ? Peu importait, au moins, la journée était finit, et je trouverais sans doute plus d'une occasion pour la détendre un peu.

La maison de la rose me sembla plus calme et familière qu'à ma première visite. Je posai mon sac dans l'entrée, retirai mes chaussures, et vint instantanément me plaquer dans le dos de ma camarade que j'enlaçai de mes deux bras.

« - Qu'est-ce que tu fais ?

- Juste une minute, soufflai-je le visage enfoui entre ses épaules. On ne peut pas le faire à l'école. »

J'avais l'impression d'être toute petite par rapport à elle alors qu'en vrai, elle ne devait faire qu'une tête de plus que moi. Cette sensation fut atténuée quand, après une minute ou deux, elle se retourna pour me faire face. Plonger mes yeux dans les siens me fit rougir alors que je me rendais compte que nous étions enfin seules, ou presque...

Les câlins devraient attendre, venait nous faire comprendre la masse de poils ronronnant dont le ventre criait surement famine. Les petits miaulement qui accompagnaient la rose à chaque pas qu'elle faisait en direction de la cuisine étaient beaucoup trop mignons. Comment pouvais-je lui en vouloir d'avoir briser ce petit moment de tendresse entre mon amante et moi ? Je soupirai.

« - Tu as faim ? demanda la rose en me sortant de mes pensées.

- Un peu, répondis-je. Mais je ne suis pas sûre que cela soit adaptée à mon estomac, fis-je fixant le sachet de nourriture féline fraichement ouvert. »

Ce petit sourire en coin qu'elle s'efforçait de cacher, là, maintenant, était une première victoire. Je savais que mon humour - un peu particulier - ne m'avait pas fait défaut. J'approchai de ma camarade, dont les yeux étaient maintenant rivés sur le frigo. Je fus assez surprise de le trouver quasiment vide, presque uniquement rempli de plats tout préparés.

« - Je n'ai aucun talent pour la cuisine, se justifia la grande en apercevant ma réaction.

- Vraiment ? Megurine Luka ne serait-elle donc pas aussi parfaite que ce que les gens disent ? M'amusais-je.

- Personne ne dit ça, me contredit-elle. Et je suis loin d'être parfaite.

- Ca dépend pour qui, souris-je en scrutant le réfrigérateur. Tu veux que je cuisine quelque chose ?

- Tu sais cuisiner ? s'étonna-t-elle

- Evidemment, pourquoi cet air surpris ?

- Pour rien. »

Sa réaction me laissait perplexe. Pensait-elle que je n'étais bonne à rien ? Ou bien c'était-elle faite une idée de moi qui se centrait sur les jeux-vidéos et les manga ? Je cuisinais depuis toute petite, avec ma mère au début, puis j'avais finit par apprendre de plus en plus de recettes élaborées. Ce n'était pas une passion, mais j'aimais vraiment ça. Je me retrouvai ainsi à sortir quelques légumes du frigo, abandonnés derrière les boites de plats préparés, oubliés.

« - Tu n'es vraiment pas obligée de t'embêter avec ça.

- Ca ne me dérange pas ! »

Je sorti une boite de riz d'un placard que m'avait indiqué la grande, et lavait mes légumes. Avec ces quelques trouvailles, ce n'était pas grand chose, mais j'arriverai certainement à préparer un semblant de curry végétal.

« - Tu as besoin d'aides ? demanda la rose qui ne savait visiblement pas trouver sa place dans cette cuisine.

- Pour que tu te coupes un doigts ? Ca ira, riais-je à ses dépends. »

Je l'entendis souffler derrière moi. Avais-je réussi à la contrariée en me moquant d'elle de cette façon ? Je prenais seulement malin plaisir à lui rappeler qu'elle n'avait surement pas souvent éplucher de légumes du haut de ses dix-huit ans, c'était fort amusant. Mais par dessus tout, cuisiner quelque chose pour elle, à cet instant, me remplissait de joie.

Je sentis soudain ses bras envelopper ma taille alors que sa poitrine venait se lover dans mon dos. Mon cœur tapa dans ma poitrine, si je n'avais pas été attentive, c'est moi qui aurait pu me couper un doigts.

« - Qu... Qu'est-ce que tu fais ? balbutiai-je.

- J'aide. »

Mes joues s'empourprèrent. Son souffle réchauffait mes oreilles alors qu'elle observait avec attention le moindre de mes gestes. Je du redoubler de concentration alors que cuisiner me semblait soudainement bien difficile. Se rendait-elle compte de la difficulté pour moi de garder mon calme alors que ce rapprochement physique était un des premiers à son initiative ? Concentration, concentration, concentration, me répétais-je.

« -Peut-être qu'on devrait en garder pour ta mère, non ? »

Ce sujet semblait en effet bien contrariant pour mon amante qui fit un geste en arrière pour se reculer sur le côté. Quelle déception, j'aurai du me taire plutôt qu'avoir voulu être simplement polie.

« - Elle rentrera trop tard. »

La troisième année sortit deux assiettes du placard qu'elle disposa sur la table de la cuisine quelques mètres derrière. C'était donc un non. Que c'était-il passé entre les deux femmes, après mon départ quelques jours plus tôt ? Le saurais-je un jour ?

« - Et si elle t'invite à dîner, ce n'est certainement pas pour que ce soit toi qui cuisine, prit-elle la peine de rajouter. »

C'était plus que clair. J'avais ouvert une discussion sur terrain glissant, gâché mon unique moment câlin, et rendu l'ambiance plus que pesante. Au moins, mon curry sentait bon.

Je laissai mijoter encore un peu, puis servit le plat. J'observai avec attention la réaction de la troisième année lorsqu'elle porta la première cuillère à sa bouche. Celle-ci fut plus que satisfaisante lorsque ses yeux s'écarquillèrent. Etait-ce si bon que ça ? Depuis combien de temps n'avait-elle pas mangé de vrai repas ?

« - Alors ? demandais-je sûre de moi.

- Etonnant, se contenta-t-elle de répondre. »

Sérieux ? Elle ne pouvait pas être honnête avec elle même, juste une minute, ne serait-ce que pour me faire plaisir au moins ? Ou alors c'était peut-être justement pour ça qu'elle ne disait rien. Peut-être était-ce sa vengeance quant au fait de m'être moquée d'elle un peu plus tôt. J'avalai le contenu de mon assiette en ronchonnant entre deux cuillérées épicées, tandis que la rose avait presque finit la sienne. Je savais que c'était excellent, même si elle n'en disait rien. Le repas se passa de la plus étrange des façon, comme si Luka savait que j'attendais un compliment qu'elle ne s'autoriserait à prononcer, tandis que je me comportais comme si ça ne m'affectait pas. Évidemment, je n'étais absolument pas convaincante. Les assiettes vides, je me dirigeai instinctivement vers l'évier pour les laver, avant même que ma camarade ne m'en empêche. C'était une habitude, ça aussi.

« - Et bien, tu ferais la parfaite épouse, me fit remarquer la rose.

- C'est un peu sexiste, tu ne crois pas ? »

C'était même vraiment sexiste, en fait. Une remarque très surprenante de la bouche d'une femme, surtout d'une femme comme elle. La parfaite épouse ? Tu parles. Qui voudrais-je épouser pour être considérée de cette façon ? Comment pouvait-elle me dire ça ? J'étais surement un peu trop contrariée, mais la place des femme au sein de la société était un sujet qui me tenait à cœur.

« - Je plaisantais, fit la troisième année en m'entourant de nouveau de ses bras. C'était parfait. »

Et voila, je rougissais, et ne savait plus où me mettre tandis que la respiration de mon aînée venait caresser mon dos. Ses réflexions étaient vraiment vexante, et pourtant, mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Je ne voulais pas qu'elle le remarque, et lui apporter cette satisfaction, mais là encore, j'étais peu convaincante.

« - Tu devrais travailler ton sens de l'humour... murmurai-je. »

Ses mains descendirent sur mes hanches, puis elle me retourna face à elle. Son visage affichait un tel calme. Quand avais-je acquis cette faculté d'étirer ses lèvres si naturellement ? Elle paraissait si douce.

Son souffle vint se mêler au mien. Elle effleura mes lèvres. Son corps poussa le mien contre l'évier de la cuisine sur lequel je pris péniblement appui. Ses doigts redessinèrent ma mâchoire, caressèrent ma joue, passèrent vers mon oreille. Elle saisit mon visage, puis m'embrassa. Etait-ce sa façon de se faire pardonner ? Ce baiser avait un goût de trop peu.

Nous nous retrouvâmes dans sa chambre quelques instants après, et non, nous n'étions pas nues à partager un agréable moment de rapprochement intime et sensuel. Luka m'avait invitée à faire comme chez elle, et évidemment, curieuse comme j'étais, j'avais envie d'ouvrir le moindre des placards de la pièce, fouiller dans chaque boite que j'aurais pu trouver, mais je me retins. Je scrutai chaque recoin avec l'intérêt que je n'avais pas eu la première fois, avant de m'avachir sur son lit, à côté d'elle. Son téléphone vibra, c'était pénible. Je n'arrivais à capter son attention plus de quelques minutes. Son téléphone sonnait, le chat miaulait ou grattait à la porte, il y avait toujours quelque chose pour venir nous perturber.

« - C'est ma mère, signala-t-elle. »

Je n'avais d'autre choix que de prendre mon mal en patience. Je laissai la grande répondre sans même porter oreille à leur conversation alors que je me retrouvai maintenant la tête à l'envers sur le rebord du lit. J'avouai avoir probablement l'air d'une enfant de cinq ans, à cet instant, mais je m'ennuyais profondément en attendant ma belle. Mon attention fut cependant bien vite attirée par une petite boite rangée sous le lit parmi d'autres, mais celle-ci ne ressemblait pas à ses semblables. Faire comme si j'étais chez moi ? Je laissai mes bonnes manières de côté, et tirai la boîte que je ramenai sur le lit au moment même où j'entendis la rose raccrocher. Je soulevai le couvercle.

« - N'ouvre pas... cette boîte. »

Trop tard. J'écarquillai les yeux, refermai la boîte et la rangeai là où je l'avais trouvée, silencieusement. Mon visage s'était certainement figé alors que je sentais mon sourire nerveux surement gravé à jamais, il me laisserait une ride ou deux. J'avalai ma salive, et tournai enfin la tête vers ma camarade qui n'avait plus dit un mot. Je trouvai ses joues pour la première fois bien colorées.

« - Ce n'est pas ce que tu crois, Lily qui m'a offert ça pour mes dix-huit ans, se justifiait-elle. Je ne l'ai jamais utilisé, alors ne vas rien t'imaginer, continua-t-elle. »

Moi ? M'imaginer des choses ? Ce n'était absolument pas mon genre. Qu'aurais-je pu imaginer en voyant cet objet tout droit sorti d'un film pour adulte, caché sous son lit, après tout ? J'étais restée tellement bouche-bée que je n'avais d'ailleurs même pas eu le temps de me poser la moindre question.

« - Ma mère ne regarde jamais sous mon lit alors... »

J'aimais la voir embarrassée, ça lui donnait vraiment un côté mignon. Et cette façon de se justifier me donnait envie de me jeter sur elle. Mais c'était vraiment amusant de la voir essayer de se sortir de ce bourbier dans lequel je l'avais mise. Elle avait enfin posé son téléphone, le chat semblait calme, l'occasion était à ne pas manquer.

Je me rapprochai, passai mes jambes par dessus les siennes sur lesquelles je vins m'asseoir, et capturai ses lèvres. Mes mains caressaient sa nuque et sa langue vint bientôt trouver la mienne. Ses doigts passèrent très rapidement sous ma chemise. Je les sentais remonter dans mon dos, brûlant chaque centimètre de ma peau.

« - Ta mère rentre quand ? soupirai-je.

- Pas avant deux bonnes heures. »

C'était largement suffisant. Ma bouche embrassait son cou alors que je déboutonnais les premiers boutons de son uniforme, impatiente. Je pouvais sentir sa respiration accélérer sur mon épaule alors qu'elle me laissait prendre l'initiative. Je souri sur le galbe de ses seins presque découverts lorsqu'elle tira sur le nœud de ma chemise pour le défaire. Celle-ci se retrouva rapidement froissée un peu plus loin, bientôt rejointe par nos jupes respectives. J'attendais ce moment depuis des jours. Ma bouche retrouva la sienne, dans laquelle je glissai de nouveau ma langue. Mes lèvres la dévoraient. Mes mains passaient et repassaient, sur ses cuisses, sur ses hanches. Mon corps entier était chaud. Je ne tenais déjà plus.

« - Luka... gémissais-je. Tu sais, on pourrait essayer...

- Essayer quoi ?

- La boite... murmurai-je près de son oreille. »

Je levai les yeux pour trouver son regard étonné. Etait-ce si surprenant de vouloir tester de nouvelles expériences ? Peut-être que oui.

« - On se fréquente depuis seulement quelques jours, et tu veux déjà essayer ça ? demanda la rose entre deux baisers. Mes mains ne te suffisent pas ? ajouta-t-elle en me retournant par les hanches.

- On se fréquente, alors ? Souris-je en ignorant ses questions. »

La jambe de mon amante se fit soudain plus pressante entre mes cuisses qui me brûlaient un peu plus. Elle se délectait de me faire attendre. Elle déposait un à un baisers humides sur ma peau, tout en prenant plaisir à me mordre de temps en temps. Je pouvais sentir la totalité de mes muscles se tendre sur son corps contre le mien. Sans difficultés, elle me saisit par la taille avant de me faire chavirer sur le ventre. Je n'eus pas le temps de comprendre ce qui m'arrivait que je sentis ses doigts redessiner ma colonne pour venir se poser sur mes fesses. Sa langue en fit bientôt de même, m'arrachant déjà mes premiers gémissements. J'ignorais être aussi sensible. Ses canines s'enfoncèrent timidement sur mes épaules alors que je sentais son ventre chaud se lover dans le creux de mon dos.

« - Si tu veux vraiment essayer, alors pourquoi pas... souffla-t-elle à mon oreille. »

Je l'entendis faire glisser la boite le temps de me relever, pour en sortir l'objet que j'avais découvert quelques minutes plus tôt. Je trouvais ce cadeau toujours aussi étrange, mais n'en était pas moins curieuse. Je la voyais pourtant hésiter à passer le harnais autour de sa taille, comme si cette pratique paraissait vraiment tout droit sorti d'un film pour adulte.

« - Ferme les yeux une minute. »

Elle était embarrassée. Adorable. Je fis mine de fermer les yeux, mais ne pu me retenir de l'observer passer l'objet sur ses longues et fines jambes pour venir l'accrocher à sa taille. Je ne manquais pas d'insister sur ses fesses lorsqu'elle fit glisser sa culotte en dentelles noires, encore, pour s'en débarrasser. Elle était terriblement bien foutue.

« - Alors, de quoi j'ai l'air ? Osa demander la grande qui ne savait plus où se mettre. »

Ce moment était définitivement gênant. Je ne savais dire si l'idée qui m'avait traversée l'esprit était bonne ou mauvaise maintenant que Luka était affublée d'une protubérance en silicone. Je ne pouvais m'empêcher de la trouver toujours aussi belle, même habillée de cet appareil. Mais elle, ne semblait que très peu convaincue. Je me levai, et tournai autour d'elle pour l'observer plus en détail, et la mettre un peu plus mal à l'aise. La situation était risible. J'avais autant envie d'elle que d'exploser de rire, mais ce fut tout autre chose qui vint soudainement me frapper.

« - Quelque chose ne va pas ? Demanda mon amante qui n'avait rien loupé de l'expression de mon visage.

- Tu as dis que tu ne l'avais jamais utilisé... me rappelai-je. Alors comment se fait-il que ça te soit parfaitement ajusté ? »

Les doutes me reprenaient, et le silence de la grande ne m'aidait absolument pas à garder quelconque tranquillité, bien au contraire. Pourquoi ne disait-elle rien alors que les secondes défilaient ? Pourquoi son visage normalement calme et détaché affichait maintenant la surprise ? Avais-je des raisons d'avoir peur ? Peur de ce qui allait sortir de sa bouche ?

« - Ce n'est pas parce que je ne l'ai jamais utilisé que je n'ai pas eu la curiosité de le mettre. »

Vraiment ? Sa réponse ne me satisfaisait aucunement. Je sentais ma mâchoire se serrer et commencer à me faire mal. Je me sentais soudainement triste, décue. La première de mes envie fut de partir. Je n'arrivais plus à lui faire face alors que je ne savais si je devais la croire ou non. Alors que j'étais presque nue, devant elle, je me sentis soudainement bien trop fragile. J'allai pour attraper ma chemise qui trainait plus loin lorsque la rose m'attrapa par les poignés et me plaqua contre le mur juste derrière moi. Je n'arrivais pas à soutenir le bleu profond de ses yeux qui ne quittaient maintenant plus les miens tandis que l'étreinte de ses mains se faisait presque douloureuse.

« - Parle-moi ! exigeait-elle.

- Tu as hésité...

- Hein ?

- Tu as hésité avant de répondre à ma question. »

Mon regard rencontra enfin le sien. Je voulais y trouver des réponses. Pourquoi n'arrivai-je pas à la croire ?

« - Ca m'a juste surprit, je ne m'attendais vraiment pas à ce que tu demandes ça. »

Cette justification, tellement simple, était-elle vraie ? J'espérais en tout cas qu'elle soit suffisante pour faire taire cette tristesse et cette colère naissante, à l'imaginer me mentir, ou pire.

« - Je ne veux pas que tu vois d'autres femmes, lâchai-je alors. Je sais que tout le monde a un passé, mais t'imaginer avec d'autres m'est insupportable...

- Tu penses que je suis ce genre de personne ?

- Je n'en sais rien, justement, répondis-je presque sèchement. Après tout, qu'est-ce que je suis, moi ? finis-je par enfin demander.

- Tu as vraiment besoin de mettre un mot là dessus ? s'énervait maintenant la rose.

- Oui. »

Je l'entendis soupirer, contrariée, alors que ses doigts se desserraient enfin de mes poignets. Je détestais la voir comme ça, mais je détestais par dessus tout douter. Et malgré la sensation d'avoir foutu notre semblant de relation en l'air par ma réaction, je n'avais pu m'en empêcher. Après tout, que savais-je d'elle ? Dans le monde d'aujourd'hui, personne n'avait la même vision des choses, ou la même vision du couple. Ce terme de couple ne parlait d'ailleurs même pas à certain. J'avais pu le constater avec Lily, mais aussi avec Gumi. Pour certaines personnes, c'était quelque chose qui paraissait totalement naturel...

« - Tu crois vraiment que je te retiendrai ainsi si je voyais d'autres femmes ?

- Tu ne réponds à mes questions que par d'autres questions.

- Miku, souffla ma compagne de façon résignée. J'étais encore vierge il y a une semaine, que te faut-il de plus ? »

Ses doigts caressèrent ma joue, ses lèvres capturèrent tendrement les miennes alors que je sentais étrangement mon cœur se calmer.

« - Est-ce que c'est une preuve suffisante ? »

Non, évidemment que non. Ce côté parano était vraiment détestable. Essaierait-elle autant de se justifier, elle qui ne le faisait habituellement jamais, si je n'étais qu'un jouet ?

« - Miku, si tu as envie que ça fonctionne, il va falloir me faire confiance. »

Cette seule phrase venait d'apaiser toutes mes craintes. Que ça fonctionne, lui faire confiance, alors elle prenait ça au sérieux ? Du peu que je connaissais d'elle, de sa façon d'agir, de l'image qu'elle avait, ou plutôt qu'elle faisait tout pour avoir, il fallait reconnaitre qu'elle se donnait vraiment du mal. Seulement pour moi.

« - Où est passé cette fille bien trop sûre d'elle, entreprenante, qui me courrait après jusque dans le réfectoire au déjeuner ? souriait-elle maintenant.

- Elle est toujours là, fis-je en posant ma main sur sa poitrine. Elle est juste un peu jalouse. »

Je la poussai en direction du lit sur lequel elle tomba à la renverse avant de m'installer à califourchon sur elle.

« - Comment peux tu être jalouse au bout d'une semaine seulement ? s'étonnait-elle.

- Oh, ça date de bien avant ça, avouai-je sans aucun embarra.

- Tu n'as pourtant aucune raison de l'être. »

Je relevai son menton, glissai ses cheveux derrière son oreille avant de passer mes doigts le long de sa mâchoire. Je plongeai mon regard dans ses yeux céruléens. Jamais ne je pourrais m'en lasser.

« - Regarde toi, soufflai-je alors. Tu pourrais avoir celle que tu veux. Moi je suis...

- Belle ? Intelligente ? me coupa soudain la rose. Et par dessus tout entêtée. »

Je sentis mon cœur faire un bond dans ma poitrine en entendant ces mots. Je ne pouvais pas la contredire sur son dernier adjectif, mais c'était la première fois que mon amante faisait preuve de tant de franchise à mon égard et m'avouait clairement lui plaire. Mes joues s'empourprèrent alors qu'elle n'avait même pas sourciller. Sa confiance en elle, battait de loin toute concurrence.

Il ne fallut pas grand chose de plus pour faire de nouveau mon corps trembler. Je capturai ses lèvres, faisais de son corps mien. Et pendant que je l'embrassais de façon bien langoureuse, je sentais l'intérieur de mes cuisses frotter contre la bosse en silicone qui ne se trouvait habituellement pas là.

« - Pour être tout à fait honnête, je dois quand même avouer que ça a un côté excitant... soupirai-je en sentant la chaleur devenir insupportable. »

Ses mains vinrent faire glisser ma culotte et détacher mon soutien-gorge avant qu'elle n'embrasse ma poitrine et vienne réchauffer ma peau. Toute cette tension accumulée ne demandait qu'à sortir, je me sentais incontrôlable. Je libérai à mon tour ses seins, admirais ses formes bien généreuses, avant de la plaquer sur le lit d'un geste de la main. Ses lèvres s'étirèrent. Je saisi la forme phallique dans une main avant de lentement descendre sur elle. Cette sensation qui m'arracha un cri était très différente de celle de ses doigts, mais loin d'être désagréable. J'avais l'impression qu'elle me possédait entièrement. Peu à peu, j'entamais des gestes de descentes et remontées sur son membre artificiel, sous son regard qui s'en délectait. Prenait-elle autant plaisir à me voir ainsi remuer sur elle, prendre mon pieds, satisfaire mes désirs, dans cette position très provocante ? Je pouvais sentir ses yeux brûler la peau de mon corps exposé, là, juste sur elle. Le sang pulsait dans chacune de mes veines et remontait jusqu'à ma tête où j'entendais maintenant mon cœur battre. Mes gestes, bien plus rapides, se faisaient aussi plus difficile alors que je m'enfonçais de plus en plus profondément sur elle. Luka se releva, me saisit par taille et m'embrassa à pleine bouche. Sa langue vint fougueusement caresser la mienne, son bassin se mit à bouger. Ses mains appuyaient sur mes hanches lorsque les siennes se soulevait sous mon corps pour s'enfoncer un peu plus en moi. Mes doigts s'agrippèrent dans ses cheveux quand mes bras se resserrèrent derrière sa tête. Cette sensation était insoutenable. Je ne m'entendais même plus crier. Mon amante me fit basculer lorsque mes poumons fatiguèrent, et se retrouvai maintenant sur moi. Je n'eus pas le temps d'observer son visage que sa bouche rencontrait à nouveau la mienne. Mes cuisses se refermèrent lorsque la forme dure et allongée me pénétra de nouveau, dans des gestes rapides et répétés. Je serrai son corps contre le mien, m'agrippai de mes bras frêles et tremblant sur son dos nu. J'hurlai.

Nos souffles tout deux difficiles s'entremêlèrent une dernière fois avant que le corps lourd de mon amante ne vint rejoindre le mien en s'écroulant de tout son poids. Sa peau était si chaude. Je me redressai sur le côté en poussant sur un bras pour venir trouver son visage satisfait. Et il y avait de quoi l'être, elle venait de m'offrir un agréable orgasme, une fois encore.

« - On devrait peut-être se rhabiller si on ne veut pas que ma mère nous trouve de cette façon, s'amusait-elle maintenant en se relevant.

- Tu es sûre ?

- L'orgasme n'est pas la seule satisfaction, croit-moi, reprit-elle en me jetant ma chemise. »

Je le savais bien, j'avais pu moi même constater la satisfaction mentale et le plaisir procuré uniquement en la touchant, mais quand même. J'avais également envie de mettre mes mains sur elle, de la faire mienne, et de la faire hurler autant qu'elle, me faisait hurler. Mais ce serait surement pour une prochaine fois. En tout cas, je l'espérais, car malgré ma tendance à toujours vouloir la dominer, c'était inévitablement elle qui finissait par prendre le dessus. C'était quelque chose que j'aimais particulièrement.

Quelques instants après, nous nous retrouvâmes de nouveau habillées, dans le salon, à attendre que madame la directrice ne rentre enfin. L'ambiance était passée du feu à la glace alors que je sentais de nouveau cette tension palpable dans la pièce. De l'appréhension ? Cette invitation à dîner ne faisait que me tendre un peu plus.

« - Luka, je me demandais, me risquai-je alors. Tu as reparlé à ta mère ? A propos de...

- Oui. »

Je tâtais le terrain. Je n'avais pas vraiment envie de me retrouver dans une situation gênante, même si c'était surement inévitable. Je voulais au moins savoir si les deux femmes s'étaient parlées, ou bien si j'allais devoir animer la soirée en servant de relai entre les deux. Cette situation était bien compliquée. En plus de m'être mêlée d'histoires de famille qui ne me regardaient pas, j'entretenais une relation plutôt charnelle avec la rose. Dans un cas comme dans l'autre, quelle mère apprécierai ce genre d'individu ?

« - Après ton départ, dimanche, elle ne m'a pas vraiment laissé le choix, soupirait ma compagne. Mais c'est toujours compliqué, je ne supporte pas le mensonge, surtout sur des choses aussi graves. »

Comme je m'en doutais, les relations étaient encore tendues entre la mère et sa fille. Dans quoi m'étais-je fourrée, à mettre mon nez partout ? Quand la curiosité se fait plus forte que de raison, la tentation est rude. La décision que j'avais prise était pourtant la bonne, d'une certaine façon, j'en étais convaincue. Luka devait savoir. Mais d'un autre côté, tout ça était arrivé parce que j'avais fouiner dans le bureau de mon père. J'étais donc l'unique responsable. Je me triturai les méninges, intérieurement, pendant de longues minutes. Tantôt à me répéter que j'avais fait le bon choix, tantôt que j'étais coupable. C'était comme si un ange et un démon se disputaient, sur chacune de mes épaules, tandis que je restais au milieu, à ne pas savoir qui croire. Quel cauchemar.

« - Je sais qu'elle voulait me protéger, avoua difficilement la grande. Mais je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. Tout ça, c'est la faute de mon père... »

J'essayais de suivre avec toute l'attention et la concentration que je pouvais lui donner. Je n'avais pas envie de m'introduire dans sa vie, et pourtant, j'y étais déjà mêlée. Si son père était vraiment le responsable, le mien avait aussi sa part à assumer.

« - Si mon père n'avait pas été jusqu'au bout de ce procès, Agatha ne se serait sûrement pas suicider et mon frère... »

La rose prit une grande inspiration.

« - Luki serait toujours là. D'une certaine façon, j'arrive presque à comprendre son geste. Comment peut-on continuer à vivre quand on se sent responsable de la mort de la personne qu'on aime ? »

Cette simple pensée me donnait mal à ventre. Luka paraissait tellement mature et réfléchie. Comment pouvait-elle avoir ce genre de discours, assumer autant de peine mais comprendre ce choix ? Comment pouvait-elle continuer de sourire comme il lui arrivait de le faire après ce traumatisme ? Plus je la découvrais, plus je la comprenais, elle et sa façon d'être, son rejet du monde et des gens qui l'entouraient. Comment peut on aimer quelqu'un, quand on a vu un être aimé disparaitre ?

« - Désolée de te raconter tout ça, ce n'est pas la plus joyeuse des discussions, souriait-elle tristement. »

Je fis un pas dans sa direction et la serrait dans mes bras.

« - Je serai toujours là pour t'écouter. »

Les siens se resserrèrent à leur tour sur moi. J'espérais ce contact apaisant. Il l'était pour moi. Nous restâmes ainsi quelques minutes, à se réconforter. Je lui offrais ma chaleur, toute celle que je possédais, toute celle que je pouvais donner. Pendant ce court instant, je me tenais où je devais.

... ma place était trouvée.

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