GOLDORAK : LA GUERRE D'EUPHOR

LA GUERRE D'EUPHOR Episode 22

Yoshi arrive au ranch du bouleau blanc sur sa bicyclette alors que le soleil point à l'horizon. Banta s'étire sur la terrasse de la maison.

- Hé ! Te voilà déjà, s'exclame le vieux garçon de ferme.

- Oui m'sieur ! J'ai cours d'bon heure s'matin, répond l'adolescent. Et m'zelle Kohumé, elle rentre quand ?

- Dans quelques jours, d'après le médecin.

- Bien, alors j'vais m'occuper des bêtes.

- Je te rejoins, le temps de mettre mes bottes !

Mais Yoshi n'a pas attendu la fin de la phrase de Banta, car il dépose déjà son vélo contre l'étable.

- Ah ! La jeunesse, soupire le vieux garçon de ferme en se dirigeant vers l'intérieur.

Le général Zota se trouve dans ses appartements, dans sa main droite un verre contenant un alcool d'un autre monde. Il contemple la cicatrice qui traverse la paume de son autre main. Il repense au serment qu'il a fait. Il a juré de venger son fils et son ami.

- Je dois trouver le moyen de me débarrasser de Vesta et de son influence. Non, sa manipulation sur Chronaris.

Le général boit une gorgée.

- Nous n'aurions jamais dû venir sur cette planète !

Le capitaine Yamato se trouve dans l'un des hangars de la base lunaire. C'est là que le prince a déposé les conteneurs qu'il a rapportés avec la navette miroir. Le capitaine borgne se tient droit, les bras croisés sur le torse. Il attend patiemment que l'équipe qu'il supervise termine l'inventaire des trois conteneurs. Mais l'attitude calme qu'il affiche est fausse, car si on observe bien, le capitaine tapote son index gauche sur son bras droit. Yamato ne peut s'empêcher de penser que la reconstruction du bombardier Xanta dépend du contenu de ces énormes caisses en métal. Des tas se sont formés devant chacun des conteneurs, on y trouve des pièces électroniques, mécaniques, de panneaux de métaux ou en polymère, tout y est mélangé. Devant ses yeux, les soldats s'activent, ils notent, inventorient tout ce qu'ils trouvent.

Chronaris est assis sur son lit, il tient dans ses mains le coffret contenant les fioles au liquide bleuté. Il fixe la boite en bois.

- La tentation est grande, marmonne-t-il. Mais je dois encore attendre avant de les utiliser. Il faut…

Le tyran laisse sa phrase en suspense, la panthère mécanique qui est allongée à ses pieds tourne la tête en direction de son maitre.

Daisuké et le professeur Alcor travaillent dans le laboratoire sous terrain du centre de recherche spatiale. Ils portent tous les deux une combinaison blanche stérile. Grâce à l'aide fournie par Sayaka et son centre de recherche photonique pour la fabrication des pièces, la sonde spatiale prend forme. Ils sont en train de procéder à l'assemblage des capteurs solaires sur le module.

- Nous avons bien avancé. D'ici peu, nous pourrons lancer la sonde, déclare Dai.

- N'allons pas trop vite. J'ai hâte aussi de savoir ce qui se passe sur Euphor. La sonde est bientôt achevée, mais hélas, dans notre enthousiasme nous avons négligé une chose !

- Ah ! Et quoi donc, demande le jeune homme avec surprise.

- La réalisation du lanceur ! Nous n'avons pas pensé à la fusée qui la lancera dans l'espace !

Daisuké éclate de rire à la grande surprise du professeur.

- Que t'arrive-t-il ? Tu as perdu l'esprit !?

- Vous n'avez pas lu le mémo ?

- Le mémo ? Quel mémo !?

- Celui qu'il y avait dans la dernière livraison du centre photonique.

- Non. Pourquoi ?

- Sayaka annonçait que le centre s'occupait de la réalisation de la fusée. Je croyais que vous lui aviez demandé !

- Quoi ? Non, je ne lui ai rien demandé ! Mais comment…

- Je crois que votre femme vous connaît bien !

- Possible, répond Alcor en se frottant le menton avec sa main droite.

- Il faudrait peut-être se remettre au travail, remarque Dai. Sinon Sayaka aura fini la fusée avant que nous terminions la sonde.

- Tu as raison, confirme Alcor. Au travail ! Au fait ! Kohumé doit bientôt quitter l'infirmerie avec le bébé ?

- En effet, répond le jeune papa en connectant des circuits. Le doc veut la garder encore quelques jours.

Yoshi sort de l'étable où il vient de traire les chèvres. Il dépose les deux sceaux de lait qu'il porte pour s'essuyer le front. Soudain, le ciel s'assombrit suivi d'un vent violent. L'adolescent détourne la tête en fermant les yeux, car le vent soulève une fine couche de terre.

- Pourtant, la météo n'avait pas annoncé de mauvais temps, bougonne-t-il.

Mêlé au bruit du vent, résonne un bruit assourdissant comme les réacteurs d'un avion. Intrigué, l'adolescent ouvre un œil. Une forme semble descendre du ciel.

- Qu'est-ce que c'est que c'bazar !

En entendant le bruit, Banta et Mizar sortent de l'écurie en courant. Les deux hommes lèvent la tête tout en mettant une main sur leurs chapeaux pour ne pas qu'ils s'envolent.

- Le revoilà, s'exclame le vieux garçon de ferme. Alors qu'il est parti comme un voleur il y a peu !

Un bruit sourd, celui d'un objet lourd qui touche le sol résonne dans la cour du ranch. Le vent retombe et Yoshi découvre une masse imposante. Il met un moment à réaliser que la chose a une forme plus ou moins humaine, de couleur rouge délavé presque rose, une tête argentée en forme de sceau retourné.

- Salut la compagnie, lance soudain une voix.

Le torse d'un homme sort de la tête de l'engin.

- Bélier ! Qu'est-ce que tu viens faire là, lance Banta avec vigueur ! La dernière fois, tu es parti sans rien dire alors qu'on avait besoin d'aide au ranch !

- Justement, je suis partie pour aller dans mon atelier pour vous fabriquer quelque chose.

Yoshi regarde ce qui se passe avec de grands yeux.

- Je crains le pire, rétorque Banta.

- Attendez, j'ai tout dans Boss Robot !

Bélier disparaît puis le robot s'assoit sur le sol. Yoshi voit Banta et Mizar qui s'avancent vers la machine, il décide donc de faire pareil.

- C'est quoi c'truc, demande-t-il en regardant Mizar.

- C'est le robot d'un ami.

- Un robot ! C'machin !

- Oui ! Et je l'ai fait de mes mains, lance Bélier avec le bras charger.

- C'est quoi tout ce bazar, demande Banta avec suspicion.

- Cela va vous aider à traire les animaux !

- Tu sais que les trayeuses automatiques existent déjà, remarque Mizar.

- Oui ! Mais elles ne sont pas aussi efficaces que celle que j'ai inventée.

- Tu parles, proteste Banta. Tu vas réussir à tuer nos bêtes avec tes machines !

Bélier s'avance vers le vieux garçon de ferme, les deux hommes se font face à face, leurs visages se touchent presque.

- Imbéciles, hurle Bélier. J'ai créé tout ceci pour que tu puisses te reposer !

- J'ai pas besoin de tes machines pour me reposer, riposte Banta.

Les deux hommes grognent comme des bêtes.

- C'est bien aimable à toi Bélier, intervient Mizar. Mais ici, on travaille de façon traditionnelle sans machine. On trait nos animaux à la main, on laboure avec des chevaux. J'ai juste un tracteur pour vendre des récoltes en villes, car les animaux n'ont pas le droit d'y circuler.

Bélier tourne la tête vers Mizar avec un visage triste en montrant les objets qu'il a dans ses bras.

- J'ai donc fait tout ceci pour rien, se lamente-t-il.

- Exactement, annonce Banta en levant le menton fièrement.

La colère de Bélier remonte instantanément.

- Et dire que je me suis creusé la cervelle pour ce bon à rien !

- Comment çà ! Bon à rien, fait Banta en relevant ses manches de façon agressive.

Mizar soupire de façon dépitée.

- Et c'est reparti, fait le propriétaire du ranch.

De l'électricité passe entre le pilote du robot et le vieux garçon de ferme, ils s'affrontent du regard, jusqu'à ce que le ventre de Bélier gargouille. Banta éclate de rire.

- Bon, je ne vais pas frapper un homme qui a le ventre vide ! La victoire serait trop facile.

- C'est ce que tu crois, rétorque Bélier avec un nouveau gargouillement.

- Allez, allons voir Hikaru dans la maison, fait le vieux garçon de ferme. Il doit bien rester quelque chose du petit-déjeuner.

- Bien ! Je repose ceci dans Boss robot et je viens avec toi, déclare le pilote.

Yoshi a assisté à tout ceci sans bouger. Il est comme fasciné par la machine pendant que Banta et Bélier partent vers la maison.

- Ho ! Hikaru, hurle Banta. Sort à manger ! Y'à Bélier qui a le ventre affamé !

- Yoshi, fait Mizar.

L'adolescent sursaute.

- Oui m'sieur ?

- Tes cours ne commencent pas plus tôt aujourd'hui ?

- Si !

Yoshi regarde sa montre.

- Non de non ! J'vais être en r'tard !

Le jeune homme fonce en direction de son vélo pour sauter dessus et quitter le ranch à grand coup de pédale.

Le roi est attablé dans la cavité royale. Il est en compagnie de la reine, ainsi que de la reine honorifique. Les femmes mangent pendant qu'Actarus a le regard perdu dans le vide. Les deux femmes le remarquent et échangent un regard.

- Actarus, fait sa sœur Phénicia. Hé oh !

Mais le roi ne réagit pas.

- La Terre appelle Actarus, fait à son tour Vénusia. Oh ! Pardon ! Euphor appelle Actarus !

Le roi a enfin une réaction.

- Et bien mon cher frère, on dirait que tu étais dans la lune.

- Je le souhaiterais. Crois-moi !

- Qu'est-ce qui te tracasse, demande son épouse.

- Je parie qu'il cherche le meilleur moyen de reprendre la planète, lance Phénicia.

- Je suis certaine qu'il y a déjà longtemps qu'il a mis au point son plan, enchérit Vénusia.

Les deux femmes l'observent avec insistance alors que le roi reste silencieux.

- Disons, que j'ai mon idée sur la façon de procéder, finit par annoncer Actarus.

- Est-il si compliqué que cela pour que cela te perturbe autant ?

- Oui et non. Une grande partie est en place.

- Alors, demande Phénicia.

Le roi se penche en avant vers le centre de la table pour indiquer qu'il doit parler doucement. Les deux femmes penchent à leur tour.

- Quel est le problème, demande Vénusia.

- Je me demande si je dois le partager avec les autres dirigeants de cellule, murmure le roi.

- Tu crains qu'il y ait des espions dans les rangs, questionne Phénicia.

- Il faut l'envisager, dans ce cas tout est perdu.

- Voyons, fait Vénusia. Il va bien falloir à un moment où un autre que tu leur fasses confiance. Tu crois pouvoir attendre le dernier moment pour dévoiler ton plan d'attaque ? Même si tu l'annonces aux derniers instants, s'il y a un ou des espions, Chronaris l'apprendra et fera le nécessaire pour te contrer. Même si c'est difficile pour lui.

- Crois-tu que s'il y avait un espion ou des espions, ajoute Phénicia. N'auraient-ils pas déjà informé Chronaris de l'endroit où nous nous cachons ?

- C'est ce que je me dis, déclare le roi. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir un doute.

- Alors dans ce cas, teste leur fiabilité !

- Et comment, demande Vénusia.

- Actarus n'a qu'à donner de fausse information, annonce la reine honorifique. Nous verrons bien si notre ennemie en a vent. Si c'est le cas, il n'y aura plus de doute.

- Mais quel genre d'information ?

- Que je dois rencontrer le pilote de Goldorak dans un endroit précis pour lui transmettre des informations, dit subitement le roi.

Vénusia et Phénicia le regardent avec frayeur.

- Que désire le plus Chronaris, demande Actarus. Me capturer, ainsi que le pilote de Goldorak pour l'avoir pour lui.

- Je vois, fait Phénica. Les trois choses qui l'empêchent de régner sur Euphor en paix. Tous au même endroit au même instant. Il ne pourra pas passer à côté de cette chance.

- Nous devons élaborer ce plan, déclare Vénusia.

- Certes, admet Actarus. Mais avant, cessons de chuchoter et redressons-nous pour finir de manger, car je commence à avoir des douleurs dans le dos. Pas vous ?

Sur la table de la cuisine du ranch, du pain et des bols contenant de la nourriture sont étalés devant Bélier. Le vieil homme prend les baguettes en bois posé devant lui, il les serre entre ses deux mains.

- Bon appétit, lance-t-il juste avant de plonger ses baguettes dans l'un des bols.

Au coin de la table, Banta a un filet de bave au coin des lèvres, car il n'a plus le droit de manger certain des aliments présents devant le pilote du robot.

- Alors, qu'est-ce qui t'amène ici, demande Mizar.

- Je vous l'ai dit, répond Bélier entre deux bouchées.

- Tu parles de tes fameuses trayeuses ?

- Oui ! Je ne suis pas fermier, j'ignorais que cela existait déjà !

- Quel imbécile, lance Banta. Être capable de construire un robot, mais ne pas savoir que les machines à traire sont plus anciennes que son robot !

- Je ne peux pas tout savoir, répond Bélier en crachant des bouts de nourriture.

Soudain, le pilote du robot cesse de mâcher pour regarder autour de lui.

- Un problème, demande Banta.

- Ben ! Elle est où Kohumé ?

- À l'infirmerie du centre, annonce Hikaru.

- L'infirmerie ! Elle est malade ?

- Elle a accouché, il y a quelques jours.

- Accouché ! Déjà ! En avance ?

- Non, c'est à peu de choses prés la date prévue.

- Alors, fait Bélier pensif. Je suis parti beaucoup plus longtemps que je ne le pensais !

Le pilote tourne la tête vers le vieux garçon de ferme.

- Je comprends mieux ton accueil, s'excuse Bélier.

Le capitaine Yamato fait les cent pas dans le hangar en attendant que ses hommes aient fini l'inventaire des trois conteneurs. Le militaire borgne à l'impression que des jours se sont écoulés depuis le début de l'inventaire, mais il n'y a que quelques heures qu'il se trouve à cet endroit. Le capitaine est tellement concentré sur ses allers-retours qu'il ne remarque pas un sergent qui s'avance vers lui, il sursaute quand ce dernier se dresse devant lui.

- Nous avons fini l'inventaire, annonce le soldat en tendant une plaquette informatique.

Yamato prend la plaquette pour la parcourir avec attention.

- Aucune erreur, demande le borgne sans lever les yeux.

- Négatif, affirme le sergent.

- Bien, répond le borgne songeur. Vous pouvez disposer !

Le sergent se retourne pour faire un signe aux autres soldats. Rapidement, un groupe se forme puis, ils prennent la direction de la sortie en laissant le capitaine seul dans le hangar.

Le professeur Krema est dans son laboratoire, celui-ci se trouve dans l'un des vaisseaux en orbite. La sauterelle géante travaille sur son ordinateur quand la porte de son laboratoire s'ouvre.

- Professeur. Nous devons parler, déclare Vesta en entrant.

Krema se retourne.

- Je vous attendais, répond la voix synthétique du professeur qui se tourne en même temps.

La femme à la chevelure rose s'avance pendant que les portes se referment.

Dans le couloir du vaisseau, une forme s'approche, avec prudence, de la porte du laboratoire. Il s'agit du colonel Niiva. Le colonel a suivi le commandant, car il l'a vue sortir du palais pour rejoindre une navette de commandement qui l'attendait dans l'une des cours. Cela a attiré l'attention de Niiva qui a rejoint une navette individuelle pour prendre en chasse sa supérieure. La navette de Vesta a atterri sur l'un des vaisseaux, celle de Niiva s'y posa quelques instants plus tard. Quand le contrôleur de vol demanda la raison de la venue du colonel, celui-ci déclara qu'il faisait une inspection surprise. Quand Niiva se posa sur le pont d'envol, il aperçut le commandant qui sortait par une porte, il s'y précipita avant de suivre la jeune femme dans les couloirs du vaisseau. Plusieurs fois, il crut que Vesta avait senti sa présence, car elle s'immobilisa et se retourna pour regarder la coursive, mais fort heureusement Niiva trouva toujours un endroit pour se dissimuler. Maintenant, il colle son oreille sur la porte du laboratoire pour tenter d'entendre ce que mijotent Vesta et Krema.

- Que s'est-il passé, demande Vesta.

- Je ne comprends pas, s'exclame Krema. Ce Gat aurait dû être supérieur à ce Goldorak !

La sauterelle géante se dirige vers une console informatique qu'elle actionne.

- D'après mes premières analyses, reprend Krema. Le temps de réponse du Gat était inférieur à ce que nous avions prévu. Pourtant, la cybernétisation de la machine devait augmenter sa rapidité de réaction, ce qui ne fut pas réellement le cas. Le problème ne vient pas de l'interface que j'ai mise au point. Je viens de refaire des tests dessus, tout fonctionne comme cela était prévu.

Pour argumenter ses dires, une vidéo passe sur l'écran montrant le combat qui vient d'avoir lieu.

- Alors quoi ? En quoi Goldorak est-il supérieur à nos créations, questionne le commandant.

- Si seulement je pouvais le savoir, soupire Krema. Il se peut que la mécanique de nos machines ne suive pas assez rapidement les instructions données par le cerveau-pilote.

Vesta se met à réfléchir un instant.

- C'est une possibilité, admet-elle. Je vais voir cela avec Niiva et ses ingénieurs.

- J'ai déjà réalisé une étude, voici les modifications que je pense devoir appliquer sur nos machines et sur celles qui ne sont pas encore terminées.

Krema tend un support de données au commandant.

De l'autre côté de la porte, dans le couloir, le colonel Niiva sourit intérieurement. Il n'entend pas tout ce qui se dit, mais arrive quand même à saisir le principal de la conversation.

- « Ils pensent que leur échec est dû à un problème mécanique, se dit-il. Ils pourront faire toutes les modifications qu'ils veulent ! Ils ne viendront pas à bout de Goldorak de cette façon ! Moi seul peux y arriver ! Rien ne vaut l'expérience d'un bon pilote ! Même cybernétisé ! »

- Vous pensez que cela sera suffisant, questionne Vesta.

- Ces changements doivent donner un temps de réponse inférieur de 0.012%, déclare Krema. Vous me direz que c'est peu, certes ! Mais dans un combat, cela peut faire une énorme différence.

- Si vous l'affirmez, fait le commandant avec peu d'enthousiasme. Je vais transmettre ces informations à l'équipe du colonel dès mon retour au palais.

En entendant Vesta annoncer son retour sur Euphor, le colonel Niiva retire son oreille de la porte pour s'éloigner rapidement de façon à ne pas être découvert, la chance lui a souri jusque-là, personne n'est passé dans le couloir durant sa séance d'écoute. Le colonel regagne le pont d'envol et sa navette individuelle pour rejoindre le palais.

- Le colonel Niiva ne fera aucune difficulté, s'inquiète la sauterelle géante.

- Niiva, éclate de rire Vesta. Il n'est rien ! Je me demande comment il a pu atteindre ce grade ! Je suis censé être sous ses ordres, mais malgré mon grade inférieur, j'ai plus de pouvoir que lui !

- J'en conviens, notre maître vous écoute aisément, confirme Krema.

- J'ai su prouver ma valeur sur le terrain lors des précédentes conquêtes.

Vesta se tait, elle semble absorbée dans des pensées.

- « Et je prouverais encore ma valeur, pense la femme à la chevelure rose. Bientôt, Procius Fleed, prince d'Euphor, je t'aurais vaincu et tu ramperas à mes pieds ! J'aurais enfin ma victoire et ma vengeance ! »

Le commandant sort de ses pensées en voyant dans sa main le support de données.

- En avons-nous fini, demande Vesta.

- Je ne vois rien d'autre à ajouter pour l'instant, déclare Krema. Je vais continuer à étudier le combat afin de voir si je découvre d'autres problèmes à résoudre.

- Bien !

Vesta se retourne brusquement, ce qui fait voler sa cape verte. Elle marche rapidement vers la porte du laboratoire. Le commandant se déplace rapidement dans le vaisseau pour rejoindre sa navette de commandement sur le pont d'envol.

Au même instant, la navette du colonel Niiva entre dans l'atmosphère d'Euphor.

Le prince Procius est dans son bureau de la base lunaire, il étudie des rapports sur les mouvements des vaisseaux en orbite quand on frappe à la porte de la pièce.

- Entrez, lance-t-il en déposant une tablette informatique.

La porte s'ouvre sur le capitaine Yamato. Le borgne se positionne devant le bureau pour exécuter le salut militaire.

- Capitaine. Que puis-je faire pour vous ?

- Mon équipe a fini l'inventaire des conteneurs que vous avez dérobé à l'ennemi.

Procius se repousse sur le dossier de son fauteuil en croisant les mains.

- Alors, demande-t-il ?

Yamato semble chercher ses mots.

- La majeure partie du matériel, finit par dire le capitaine. Sera utilisable pour la reconstruction du bombardier Xanta.

Un sourire s'étire sur le visage du prince.

- Parfait, s'exclame Procius. Prenez tous les hommes dont vous avez besoin pour réparer le bombardier.

- Merci, répond Yamato avec surprise.

- Faites une liste de ce qui vous manque. Nous la donnerons au responsable du vaisseau Kirigan à leur prochain retour pour vous procurer ce qui vous manque.

- Je vais faire au plus vite. Le retour du vaisseau est prévu dans deux ou trois jours.

- Il me semble. Je serais heureux d'avoir un vaisseau pour m'épauler quand nous donnerons l'assaut final.

Le prince se lève pour faire le tour de son bureau, il vient poser une main amicale sur l'épaule du vieux capitaine borgne.

- Prenez le temps qu'il faut pour ressusciter le Xanta, déclare le prince. Il faut qu'il soit parfaitement fiable pour livrer le combat final.

- Je comprends, répond Yamato avec un hochement de tête.

Le général Zota se trouve assis sur le siège central dans la salle du commandement du palais, son regard est plongé sur une tablette informatique.

- Les comptes ont été refaits, marmonne-t-il. Trois conteneurs ont bien disparu lors de l'attaque de Goldorak. Est-ce uniquement pour nous nuire ou a-t-il lui aussi besoin de matériaux ?

Le général est interrompu dans ses réflexions, car la porte de la salle s'ouvre, Chronaris apparaît en compagnie de sa panthère et de sa garde personnelle. Zota se lève pour l'accueillir.

- Maître.

Le tyran observe son subordonné un instant.

- Un problème général ?

- J'ai demandé une vérification de l'inventaire des conteneurs provenant du démontage du vaisseau.

- Et alors ?

- Il nous manque trois conteneurs.

- Trois, c'est ridicule. N'avons-nous pas récupéré assez de matériaux pour nos projets ?

- Effectivement, nos réserves sont en excédant.

- Alors où est le problème ?

- Tout nous prouve que c'est Goldorak qui s'est emparé de ces conteneurs.

- Vous craignez qu'avec ces pièces, il puisse étudier notre technologie ?

- C'est une possibilité, mais il est plus probable que lui aussi a besoin de matériaux pour un projet, suggère Zota.

Chronaris semble réfléchir.

- C'est fort probable, finit-il par dire. Mais n'ayez crainte, même s'il construit une nouvelle arme, dans quelque temps, j'aurais l'arme qui le vaincra.

Le général regarde le tyran étrangement, il se demande ce que veut dire cette déclaration.

- Où en est la production des nouvelles navettes ? Et les Gats, demande Chronaris.

- Pour les navettes, les rapports indiquent que nos chaînes de montage tournent à plein régime. Nous avons pratiquement reconstitué toute notre flotte. Ce qui commence à nous manquer, ce sont les pilotes pour ces navettes.

- Dans ce cas, je vais ordonner qu'on forme de nouveaux pilotes rapidement. Je suis certain qu'il doit bien y avoir des volontaires dans nos troupes. De simple soldat qui rêve de piloter.

- C'est probable, répond avec condescendant Zota.

- Ne soyez pas inquiet général, dit Chronaris. Je suis persuadé que Goldorak sera bientôt vaincu.

Zota tente de découvrir l'expression de Chronaris sous son masque. Un frisson parcourt le dos du général, car les yeux du tyran pétillent de joie.

- « Que dissimule-t-il, frémit le général. Aurait-il vraiment trouvé le moyen de vaincre Goldorak ? Dans ce cas, pourquoi ne l'utilise-t-il pas sur-le-champ ? Qu'est-ce que signifie tout cela ? »

- Général, je vous laisse travaillé, lance Chronaris. Surveiller bien ce qui se passe pour éviter une nouvelle attaque-surprise de Goldorak.

- À vos ordres.

Chronaris se retourne, fait deux pas puis s'immobilise.

- Au faite ? Des nouvelles de ce signal-espion, demande-t-il subitement.

- Hélas, il est très rare et ne dure pas assez longtemps pour que nous puissions le localiser avec précision.

- Quand était sa dernière transmission ?

- Je n'en suis pas certain, mais il me semble quelques jours avant la dernière attaque. Vous pensez qu'il y a un lien ?

- Est-ce le cas à chaque fois ?

- Il faudrait que je compulse le rapport pour ne pas me tromper, mais il me semble que ce n'est pas le cas. Il y a eu plus d'attaques de Goldorak que de signal-espion recensé.

- Bon. Quoi qu'il en soit, nous n'avons toujours pas pu le démasquer !

- J'en suis conscient.

- Il faut régler cela rapidement.

- Nous faisons de notre mieux.

- Je n'en doute pas.

Chronaris se remet en marche, la porte de la salle s'ouvre. Le tyran aperçoit Alièna dans le couloir qui pousse un chariot rempli de nourriture et de boisson.

- Ah, s'exclame-t-il. Je vais pouvoir profiter du beau temps pour prendre mon déjeuner dînatoire dehors.

L'homme au masque sort en compagnie de son escorte.

- De plus en plus étrange, murmure le général.

Le soleil brille sur la capitale d'Euphor, il fait chaud pour la saison. Dans les rues, peu de gens circulent, les patrouilles de soldats de Chronaris parcourent la ville. Il faut dire que la population souffre des restrictions imposées par l'envahisseur. Restrictions alimentaires, mais surtout en énergies et en eaux. Quelques débits de boissons sont encore ouverts, mais ce n'est pas pour boire que les gens s'y retrouvent. Ces lieux sont devenus des endroits où les discordes se créent, des mouvements de colère, c'est ce que rapportent les informateurs de la rébellion.

Malgré le soleil et la chaleur, une personne se déplace dans les rues sous une épaisse cape encapuchonnée, une cape de prêtre Samitche. La personne longe les murs, mais marche tranquillement, elle ne cherche pas à se dissimuler. Une patrouille croise sa route, elle continue de marcher sans changer son allure, les soldats la dépassent sans qu'aucun militaire ne l'interpelle. Elle continue ainsi son chemin jusqu'à un débit de boisson. L'intérieur de l'établissement est rempli d'une foule compacte, ce qui oblige le porteur de la cape de jouer des coudes pour se frayer un chemin jusqu'au fond de l'établissement pour trouver un endroit où s'asseoir. Il régné une chaleur atroce dans la pièce, la température extérieure, plus la foule rassemblée dans ce lieu rendent l'atmosphère irrespirable. Un serveur s'approche du prêtre.

- Que désirez-vous ?

- Une tisane de Grévenier.

- Nous n'en n'avons plus. Je peux vous proposer une tisane de Barosse ?

- Va pour une tisane de Barosse alors.

Le serveur s'éloigne pendant que le prêtre Samitche ouvre ses oreilles afin d'écouter tout ce qui se dit dans la pièce. La plupart des conversations tournent autour des restrictions, de l'occupation de la ville, mais aussi de l'absence de réaction de la soi-disant résistance et du roi.

Le serveur dépose devant le prêtre une tasse légèrement fumante.

- Elle est tout juste tiède, navré, je ne peux pas faire mieux avec les restrictions.

- Cela ne fait rien, nous subissons tous le même sort en ce bas monde.

- Si on veut, répond l'homme sans grande conviction.

Le prêtre lui glisse une pièce.

- Pour la tisane et le reste pour vous.

- Grand merci, si seulement cela avait encore de la valeur, soupire le serveur.

- Il ne faut pas perdre espoir.

Soudain, le silence se fait dans le débit de boisson. Le serveur tourne la tête pour comprendre ce qui se passe. Le prêtre lève la tête tout en abaissant sa capuche d'une main. Le silence est dû à des soldats entrant dans le commerce. Les soldats passent dans la foule en regardant les visages de chaque personne. L'un des soldats tout en blanc s'arrête devant le prêtre.

- Hé ! Toi ! Montre-moi ton visage !

Le prêtre reste immobile. Le militaire braque son arme dans sa direction.

- Je répète, montre-moi ton visage !

Tous les regards se tournent vers le prêtre et le soldat.

- Si tu ne me montres pas ton visage, je fais feu, annonce le soldat.

Un autre soldat blanc se faufile dans la foule rapidement, il s'approche de son camarade et lui glisse un mot à l'oreille. Le soldat baisse alors son arme et s'éloigne.

- Veuillez le pardonner votre essence, s'excuse l'autre militaire. Il ne connaît pas votre ordre. Que le géniteur vous garde.

- Qu'il vous conduise dans la grande plaine verdoyante, répond le prêtre.

Le soldat s'incline respectueusement avant de s'éloigner pour disparaître dans la foule. Quelques instants plus tard, les militaires quittent l'établissement. Les conversations reprennent doucement, la plupart pour commenter l'incursion des soldats.

Le prêtre repousse légèrement en arrière sa capuche, mais son visage reste toujours invisible.

- « J'ai eu de la chance qu'il y ait eu un adepte Samitche dans cette section, sinon j'aurais été refait, soupire Actarus. Et que je connais quelques-unes de leurs formules. »

Le roi s'est rendu sous ce déguisement dans la capitale, car les rapports des informateurs l'inquiètent au plus haut point. Il est donc venu lui-même, en secret, prendre la température de la population.

Son audition est attirée par un groupe dans le commerce. Il ne peut pas le voir de sa place, mais il entend leurs voix.

- … c'est à nous d'agir ! La résistance ne fait rien ! Le roi a disparu !

- C'est vrai ! La situation ne bouge pas !

- Nous devons agir par nous-mêmes et ne pas compter sur les autres !

- Le peuple doit prendre les choses en mains !

- Oui ! Une révolution !

- Révolution ! Révolution !

Les esprits s'échauffent rapidement dans le débit de boisson. Des points se dressent.

- Libérons le palais ! Délivrons Euphor du tyran, scandent des voix à l'unisson.

Soudain, une voix autoritaire s'exclame dans la pièce.

- Écoutez tous ! Écoutez-moi, peuple d'Euphor !

Les gens se tournent vers la source de cette phrase. Ils découvrent un homme, vêtu simplement, debout sur une table.

- Que veux-tu, lance une femme.

- Vous tous ! Je suis le roi Actarus d'Euphor ! Je vous demande de vous calmer !

Un silence se fait dans le commerce. Des regards s'échangent, ils se demandent si c'est vraiment le roi qui est là dressé devant eux.

- Qu'est-ce qui nous prouve que tu es bien le roi, demande un homme.

- Rien, effectivement, répond Actarus d'une voix calme et posée. Mais parmi vous, certains ont déjà dû me voir en portrait ou lors d'allocutions retransmises. Non ?

Des dizaines de regards observent le roi de la tête aux pieds.

- Imaginez-moi avec d'autres vêtements.

Subitement, un homme et une femme s'agenouillent, suivis par d'autres.

- C'est le roi, circule dans la foule.

- Malgré ce que certains peuvent penser, je ne me suis pas enfui sur une autre planète ou je ne me terre pas dans un coin reculé de la planète.

Alors que toute la foule a le regard braqué sur le roi, un homme sort discrètement de l'établissement. Une fois dans la rue, il se met à courir.

- Non, continue le roi. Je travaille au moyen de libérer notre planète, mais vous devez comprendre que ce n'est pas si simple, que les moyens sont limités. Que nous devons prendre le temps nécessaire pour arriver à cela.

La foule écoute, avec attention, le discourt du roi. Pendant ce temps, l'homme qui est sorti du commerce s'approche d'une patrouille.

- Hé ! hé !

Les soldats pointent leurs armes dans sa direction.

- Halte où nous faisons feu, tonne le chef de section.

L'homme ralentit sa course.

- Agent 43567. Je viens de localiser le roi, crie l'homme en approchant.

Le chef de section fait signe de baisser les armes alors que l'homme s'avance.

- Où avez-vous localisé le fugitif, questionne-t-il.

- Dans un bar, non loin d'ici ! Faite vite ! Il est en train d'y parler !

Le chef de section fait un nouveau geste de la main pour que la patrouille se mette en position.

- Montrez-nous le chemin, ordonne le gradé.

L'homme hésite.

- Un problème ?

- Si on me voit avec vous, ma couverture sera compromise.

- Montrez-nous juste l'endroit.

- Suivez-moi !

L'homme et la section partent au pas de course vers le débit de boisson.

Actarus est toujours debout sur la table.

- … ayez confiance en moi et la résistance, nous travaillons à notre liberté, conclut-il.

Des applaudissements résonnent dans le commerce.

- Calmez-vous, fait le roi avec des gestes d'apaisement. Vous allez attirer les soldats.

Au même instant, un homme situé à côté de la porte pousse un cri.

- Une section s'approche !

Un mouvement de panique se produit dans l'établissement. Des personnes tentent de sortir, mais les soldats bloquent déjà la porte. Acatrus saute de la table et se faufile vers le fond de la pièce avec sous un bras la cape des Samitches. Le roi pousse une porte et disparaît. Personne ne l'a vue disparaître dans la panique. Dans le débit de boisson, les militaires passent en revue chacun des présents. Le roi se trouve dans une ruelle, il remet la cape sur ses épaules avant de remettre la capuche sur sa tête.

- « J'ai eu chaud, s'exclame-t-il intérieurement. »

Actarus marche d'un pas lent et calme quand il débouche de la ruelle, personne ne fait attention à lui. Cela lui permet de disparaître tranquillement dans la capitale.

Chronaris est assis à une table dressée dans les jardins du palais. Divers plats sont disposés sur la table, mais l'assiette de l'homme masqué est vide. Un autre couvert est posé en face de lui, la chaise est vide. Le tyran attend quelqu'un, la panthère mécanique est allongée de tout son long au pied de la table. La garde personnelle de Chronaris l'entoure le lieu à quelques mètres de distance. L'un des gardes tourne sa tête en voyant une forme approchée au loin. Marchant sur la pelouse verdoyante, le commandant Vesta s'avance calmement vers la table. Elle franchit les gardes, la panthère artificielle ne bouge pas quand elle s'installe à la table.

- Vous voilà enfin, s'exclame joyeusement Chronaris. Je n'attendais que vous pour goûter à ces succulents plats qui sont devant nous.

- Vous m'en voyez chagrinée de vous avoir fait attendre, répond la femme à la crinière rose.

L'homme au masque se sert dans plusieurs des plats pour remplir son assiette.

- Que vous a dit le professeur Krema, demande-t-il en même temps.

- Il a analysé le combat. Il suggère quelques modifications sur les Gats pour que les instructions se fassent plus rapidement.

- Et qu'en pense le colonel Niiva ?

- Je ne lui en ai pas parlé pour l'instant, répond-elle en se servant.

Chronaris regarde son interlocutrice un instant.

- Je vois, finit-il par dire.

- C'est à dire, que je ne me suis pas encore rendu au hangar depuis mon retour, précise-t-elle.

- Ce n'est pas grave. Vous avez toute ma confiance. Pourtant, Niiva n'est pas incompétent, mais j'avoue qu'il me déçoit.

- Goldorak n'est pas un adversaire comme les autres.

- C'est vrai que vous l'avez déjà affronté vous aussi.

- Indirectement, précise-t-elle. Mais le résultat a été désastreux. Je tiens à ma revanche !

- C'est la raison pour laquelle je vous ai pris à mes côtés, sourit l'homme au masque.

- Et je vous en serais éternellement reconnaissante.

Vesta se met à penser.

-« Grâce à lui, je vais pouvoir vaincre le prince Procius ! Dommage que j'ignore l'identité du pilote qui m'a abattu ici il y a quelques années ! J'aurais pu avoir une double vengeance ! »

- Ces mets sont délicieux, ne trouvez-vous pas, interroge Chronaris.

- Ils sont un régal pour le palais, effectivement, confirme-t-elle.

Recouvert de sa cape de prêtre Samitche, Actarus traverse plusieurs quartiers de la capitale pour rejoindre une entrée qui conduit aux tunnels qu'occupe la résistance.

- « J'ai eu de la chance de pouvoir m'enfuir, se dit-il. Ce n'était pas prudent de ma part de me montrer dans cet établissement, mais je ne pouvais pas rester passif alors que tout cela partait d'un très mauvais pied ! Au moins, j'ai pu capter le ressentiment de la population à travers les différents endroits où je me suis rendu. »

Actarus remarque un prêtre Samitche qui marche vers lui sur le même trottoir.

- Zut, s'exclame-t-il entre ses dents.

Le prêtre est à quelques pas de lui.

- Que le grand géniteur, commence l'homme de foi.

- Vous éclabousse de sa grande clairvoyance, ajoute le roi sous sa capuche.

- Pour le divin repos dans la plaine verdoyante, font-ils en cœur.

Ils se croisent sans échanger un regard, ni aucun autre mot.

- « Pourvu que je ne me sois pas trompé dans la formule, s'inquiète le roi. Ils ont tellement de préceptes divers ! »

Le religieux Samitche continue son chemin tout comme le roi.

- « Aucune réaction. Ouf, j'ai eu une frayeur ! »

Le roi marche droit devant très calmement puis disparaît dans une ruelle.

- Elle commence à avoir fière allure, s'exclame Alcor.

Le professeur, Daisuké et Sayaka sont réunis dans le laboratoire souterrain du centre de recherche spatiale. Ils contemplent la sonde qui commence à prendre forme.

- Mais elle n'est pas encore finie, remarque le jeune homme.

- Heureusement, que je vous aide, les garçons, sinon cette sonde ne serait jamais partie, déclare la compagne du professeur.

- Certes, fait Alcor avec embarras. Mais c'est quand même nous qui en avons eu l'idée.

- Normal, répond Sayaka en levant le menton. Si vous n'aviez pas caché que le contact avec Euphor était rompu !

Daisuké fait un pas en arrière par prudence et tente de se faire petit étant habitué aux prises de bec entre le professeur et sa compagne.

- Cela ne sert à rien de s'énerver, hasarde-t-il. L'important c'est que nous puissions envoyer la sonde pour savoir ce qui se passe sur Euphor.

La tension redescend rapidement.

- Il n'a pas tord, admet Sayaka.

- Il ne nous manque plus que la protection pour le lancement, annonce Alcor.

- Et le lanceur, ajoute Dai.

- Nous aurons terminé la fusée dans quelques semaines, déclare Sayaka.

- Nous touchons au but, fait Alcor en regardant le plafond.

Les patrouilles dans la capitale ont subitement redoublé. Les soldats qui ont investi le débit de boisson. Ils ont appris par l'un des clients qu'il y avait un prêtre Samitche dans le coin de la pièce où est apparu le roi. Le chef de section a donc demandé du renfort en précisant que le fugitif devait se dissimuler sous l'apparence d'un prêtre.

Les patrouilles arrêtent tous ceux qui dans la population portent des vêtements masquant le visage.

Sortant d'une ruelle, une forme portant une cape de Samitche s'engage dans une grande artère de la capitale. Une patrouille marche sur le trottoir opposé. L'un des soldats remarque le prêtre. Il se signale au soldat à côté de lui. Les deux militaires traversent la rue pour intercepter le moine. Après un instant, toute la section franchit la rue pour cerner le porteur de la cape. La forme s'immobilise, elle n'a aucune possibilité de fuite. Toutes les armes sont pointées dans sa direction. Le chef de patrouille s'approche.

- Montrez-moi votre visage, ordonne-t-il.

Le Samitche ne réagit pas.

- Retirez votre capuche, fait à nouveau le responsable.

Le prêtre se recroqueville alors que les soldats assurent leurs armes.

- La capuche !

Le Samitche se replie encore un peu plus, le gradé tend une main pour saisir la capuche afin de la repousser. Le militaire a un mouvement de recul en découvrant le visage du prêtre. Le Samitche est un albinos en moitié défiguré, avec un œil mort.

- Ce n'est pas lui, déclare le chef de section en se retournant. On poursuit !

Bélier est debout sur la terrasse du ranch, il boit un café, son regard est dirigé dans la direction du barrage où se trouve le centre de recherche spatiale. Banta arrive à son tour.

- Tu sais qu'on ne voit pas le centre d'ici, il est trop loin, lance le vieux garçon de ferme.

- Oui, je sais, rétorque Bélier. Je me demandais juste quand Kohumé revenait avec son enfant.

- Bientôt, d'après ce que nous a dit Daisuké.

- Ils vont rester au ranch ?

Banta est surpris.

- Aucune idée, pourquoi ?

- Je ne sais pas. Je me disais que la maison du professeur Procyon était vide depuis trop longtemps. Il serait peut-être temps qu'elle soit occupée de nouveau. Il n'y a aucune chance qu'Actarus revienne pour y vivre.

Le vieux garçon de ferme est pensif.

- Un problème, demande Bélier inquiet. La maison est en piteux état ? Je n'ai remarqué en la survolant en arrivant.

- Non ! Du moins, je ne crois pas. C'est juste que je viens de réaliser que cela fait longtemps, que je ne suis pas retourné à ma ferme pour l'aérer.

Bélier donne une claque dans le dos du vieux garçon.

- Allez, on y va dès que j'ai fini mon café !

Mizar est sur le pas de la porte, il a entendu la conversation entre les deux hommes. Rigel a racheté la ferme de Banta quand sa mère est morte. Mais la maison du professeur Procyon et tout le terrain qui jouxte celui du ranch, est revenu au centre à sa mort, dû à l'absence de son héritier, Acatrus étant reparti sur Euphor.

- « Il faudrait que j'en parle à Alcor, se dit Mizar. »

Actarus sort d'un étroit tunnel naturel débouchant dans les galeries occupées par la résistance. Il retire la cape de prêtre Samitche tout en marchant.

- Combien de temps encore la situation va-t-elle durée, fait-il tout haut. Cela ne va pas pouvoir continuer très longtemps.

Le roi continu sa marche, il arrive dans les galeries qui sont bien éclairées.

- « J'ai réussi à calmer la situation cette fois, pense-t-il. Mais pour cela, j'ai pris un immense risque en me dévoilant. J'ai failli me faire capturer. Numéro un avait bien raison, il est dangereux que je m'expose dans la capitale. Pour que les soldats arrivent si rapidement, il doit y avoir des informateurs ou des traîtres qui fréquentent ces établissements. »

Il croise sur sa route des résistants qui le saluent avec respect. Actarus leur répond machinalement, tellement absorbé par ses pensées.

Le général Zota est assis au centre de la salle de commandant du palais, il consulte des rapports sur papier quand il se lève subitement de son siège.

- Comment, s'exclame-t-il.

Quelques têtes se retournent dans sa direction. Le général s'en rend compte, il se racle la gorge avant de reprendre place dans le siège.

- « Le roi a été vu dans la capitale ! Une patrouille a été avertie par un de nos agents, mais à leur arrivée dans l'établissement, le roi a profité de l'agitation pour disparaître. Il est probable qu'il se soit déguisé en prêtre Samitche. »

Le général pose le bloc de feuille sur ses genoux.

- « Cela signifierait que le roi d'Euphor ne se cache pas très loin de la capitale. Pourtant, nous l'avons passé au crible à de nombreuses reprises sans jamais rien trouver ! Et que faisait-il en ville ? »

Zota se masse les tempes.

- « D'après notre espion, il a mis fin à un début de soulèvement en se découvrant. Hélas, nous ne savons pas ce qu'il a pu dire, car notre agent a quitté les lieux pour prévenir les soldats. »

Le général s'adosse dans le siège en fermant les yeux.

- « Quel dommage que notre agent ait quitté les lieux. Si le roi a réussi à calmer le soulèvement, c'est qu'il a dû faire des révélations, ou du moins des promesses pour calmer le peuple ! Nous aurions peut-être appris des choses importantes ! »

Zota croise les bras avec un air sombre.

- « Comment vais-je bien pouvoir annoncer cela au Maître sans qu'il explose de colère, se demande-t-il. »

Vesta arrive dans le hangar secret du palais. L'équipe d'ingénieur travaille sur l'assemblage de plusieurs machines de combat en cours de réalisation. Elle regarde en direction du bureau pour voir si le colonel s'y trouve. Celui-ci y est bien présent, il est debout derrière la baie vitrée pour suivre la progression des montages. La femme à la chevelure rose se dirige vers le bureau d'un pas rapide. Le colonel la voit s'approcher, il reste stoïque, mais il ressert ses mains sur sa badine qu'il tient dans son dos. La jeune femme entre dans le bureau rapidement.

- Colonel. Nous devons parler de notre échec, lance-t-elle.

Niiva se tourne vers le commandant lentement.

- « Elle a dit notre échec, remarque-t-il intérieurement. Elle ne m'accable pas de la faute, c'est une bonne stratégie, mais je ne suis pas dupe de ton jeu ! »

Le colonel va s'asseoir derrière son bureau.

- Quelles sont les conclusions du professeur Krema, demande-t-il en tordant sa badine.

- Comment savez-vous que j'ai rencontré le professeur, s'étonne le commandant.

Niiva sourit intérieurement.

- C'est évident ! C'est lui qui nous a conseillés pour les modifications cybernétiques. Il est des plus logique de le consulter pour comprendre ce qui a cloché. N'est-ce pas ?

Vesta regarde Niiva qui reste calme.

- En effet, admets la jeune femme. Il a analysé le combat et en a tiré des conclusions.

- Qu'a-t-il donc découvert, demande Niiva faussement intéressé.

Le commandant fouille dans ses poches pour sortir un support de données.

- Voici quelques modifications à apporter à l'interface.

Niiva se lève de son fauteuil. Le colonel sourit intérieurement en s'approchant de la baie vitrée. Il fait un signe à l'ingénieur albinos pour qu'il vienne dans le bureau, puis il se retourne vers Vesta.

- Nous allons immédiatement les mettre en applications, fait-il en adressant à sourire au commandant.

Actarus écarte la toile qui clôt l'entrée de la cavité qu'il occupe avec les siens. Il marque un arrêt quand il voit, Phénicia, Vénusia et numéro un qui l'attendent autour de la table. Le roi porte toujours la cape de Samitche dans ses mains. Tous les regards sont braqués sur lui. Il avance et la toile se remet en place, il rejoint la table sous des regards noirs.

- Vous vouliez me voir peut-être, demande-t-il au quinquagénaire.

- Où étais-tu, éclate Phénicia.

- Nous nous faisions un sang d'encre, ajoute Vénusia.

- Vous êtes allé en ville, fait le cinquantenaire sur un ton accusateur.

- C'est exact, répond calmement Acatarus. Je voulais voir de moi-même ce qui se passe dans la capitale. Savoir le ressentit de la population.

- Et alors ?

- Les rapports ne nous permettent pas de juger la situation telle qu'elle est !

- Que veux-tu dire, demande Phénicia.

- Nous savons que la situation est difficile et tendue, mais la réalité est telle que c'est, un vrai baril de poudre prêt a explosé. Il suffirait d'une simple altercation entre les soldats de Chronaris et la population pour que tout explose et que cela se transforme en révolution !

- Vous exagérez, fait numéro un. Nos agents font circuler nos appels au calme…

- Et cela n'est plus suffisant, coupe Actarus. Êtes-vous sortis dans la capitale récemment ?

Le cinquantenaire est désemparé.

- Je dois admettre que non, déclare-t-il. Je ne suis pas retourné en ville depuis que je vous y ai suivi il y a quelques mois.

- La situation a grandement empiré depuis le temps. Je sais que vous refusez que je fasse une allocution, mais je crois que le temps est venu que je sorte de l'ombre et que j'affronte Chronaris à visage découvert !

Le général Zota approche du bureau de Chronaris, devant la porte deux gardes personnels du tyran surveillent la porte. Tout en marchant, le général se demande comment il va pouvoir faire son rapport sans que son maître s'emporte. Il se présente devant les gardes qui l'observent de la tête au pied avant de s'écarter de la porte. Quand il entre dans la pièce, il découvre Chronaris assis derrière son bureau, l'homme au masque semble détendu avec ses mains croisées sur son ventre.

- Général, lance chaleureusement le porteur du masque. De quoi venez-vous m'entretenir ?

Zota salue son maître puis se redresse pour rester droit.

- La présence du roi, nous a été signalée dans la capitale…

- Comment, s'exclame Chronaris en bondissant de son siège.

La panthère artificielle qui était allongée dans un coin de la pièce se lève, elle aussi.

- Sa présence nous a été signalée par l'un de nos agents infiltrés dans la populace, reprend calmement Zota. Le roi a été vu dans un établissement. Malheureusement, notre agent a quitté les lieux pour avertir une patrouille. Nous ignorons ce qu'il a pu dire aux gens présents dans l'établissement.

- A-t-il été capturé, demande avidement Chronaris.

- Le fugitif a profité de la confusion provoquée par l'arrivée de nos soldats pour s'enfuir de l'établissement. D'après notre informateur, il est fort probable qu'il était dissimulé sous une cape de prêtre Samitche. L'information a été transmise à toutes les sections de la capitale, mais hélas tous les prêtres de cet ordre qu'ils ont contrôlé n'étaient pas l'homme qu'ils recherchaient.

Intérieurement, le général s'attend aux vindictes de Chronaris. Étrangement, l'homme au masque s'assoit dans son siège avec calme avant de s'accouder sur le bureau pour croiser les mains devant son visage masqué.

- Ceci est ennuyeux, déclare Chronaris d'une voix posée.

Le général reste de marbre même si la réaction du tyran le surprend.

- Je suis persuadé que le fugitif reviendra dans la capitale, fait Chronaris. À ce moment-là, nos soldats s'en empareront. Même si cela ne se produit pas, aucune importance, car ma victoire est pour bientôt !

Zota est de plus en plus décontenancé par la réaction de son chef.

- Merci général pour ces informations. Vous pouvez disposer !

Le général ne s'attendait pas à être congédié de cette façon. Il sort du bureau comme un automate avant de partir dans le couloir.

- « Pourquoi Chronaris est-il si calme, se demande-t-il. Aurait-il trouvé le moyen infaillible de gagner cette guerre ? Ne serait-il pas trop optimiste ? A-t-il perdu pied avec la réalité ? »

Zota marche en se posant tout un tas de questions, il cherche à comprendre la réaction de l'homme au masque.

- Que comptes-tu faire, demande avec inquiétude Vénusia.

- Je ne le sais pas encore clairement, répond Actarus. Mais il faut que ce soit quelque chose de fort pour rassurer le peuple, mais aussi pour montrer à l'envahisseur que je ne baisse pas les bras.

Phénicia se lève pour venir aux côtés de son frère.

- Je sais ce que tu ressens, mais est-ce bien le moment pour une telle action, demande la reine honorifique pour calmer les ardeurs de son frère.

Actarus plonge son regard dans ceux de sa sœur.

- Cela n'a que trop duré. Il est temps que je monte en première ligne. Nous ne pouvons pas laisser … notre combattant faire tout. Il est temps que je joue mon rôle de dirigeant dans ce conflit !

- Mais Votre Majesté, intervient numéro un. Vous avez un rôle important, vous êtes le chef de notre mouvement !

Acatrus regarde le cinquantenaire.

- C'est aimable à vous, mais nous savons bien que c'est vous le véritable chef de la résistance. Je n'ai fait que vous organiser grâce à mon rôle de dirigeant. Je vous ai suggéré certaines choses afin de vous développer, mais mon rôle est plus honorifique qu'autre chose. Il est temps que je sois sur le terrain.

- Votre Majesté se trompe, elle…

Actarus lève une main pour couper la parole au quinquagénaire.

- Inutile de dire le contraire. De plus, la situation va nous échapper un jour. Comme vous le savez, certains groupes en ont assez d'attendre. Le risque qu'un groupe passe à l'initiative est élevé. Vous le savez tout comme moi. Il y a quelque mois l'une de ces cellules a attaqué une base reculée. Quel a été le résultat ? L'installation militaire a été détruite, l'un des membres est mort en déclenchant les explosifs. Résultat, le village a été retourné par les militaires et la base reconstruite rapidement avec des préfabriqués.

- Je ne peux pas vous dire le contraire, admet numéro un. Mais que comptez-vous faire ? Une nouvelle allocution vidéo ?

Le roi reste silencieux quelques secondes avant de répondre.

- Parfaitement ! Mais cette fois-ci, je ne la ferais pas d'un lieu sécurisé, mais en plein cœur de la capitale !

Vénusia et Phénicia frémissent de peur.

- Elle sera aussi retransmise partout sur la planète, sur toutes les fréquences possibles. Je veux que chacun puisse voir que je suis dans la capitale, au cœur de la population qui y vit !

- C'est de la folie, fait la reine.

- Je le sais parfaitement, répond le roi avec un regard froid. Il faudra que cela soit très rapide afin d'éviter l'arrivée des soldats.

- Mais dites quelques choses, implore Phénicia en regardant numéro un.

- Ce n'est pas irréalisable, déclare le cinquantenaire.

- Vous êtes de son côté !

- Je dois dire que malheureusement sa majesté a raison. C'est extrêmement risqué, mais cela permettrait de donner un signe fort aux autres groupes de résistant.

- C'est pure folie, s'exclame Vénusia.

- Certes, fait Actarus. Mais c'est un risque que je dois prendre pour Euphor.

- Tu as intérêt à revenir, lance Phénicia avec des larmes dans les yeux.

Dans l'un des couloirs du centre, Daisuké marche de long en large devant la porte de l'infirmerie. Le professeur Cochir le regarde amusé alors qu'il est assis tranquillement sur une chaise dans le couloir.

- Tu parais plus nerveux que lors de l'accouchement, lance Cochir.

Le jeune homme cesse de marcher pour regarder le vieux professeur.

- Possible. Je me demande si je vais être à la hauteur pour élever le bébé. Comment allons-nous l'installer dans notre chambre au ranch ?

- Respire un bon coup, conseille Cochir. Chaque chose en son temps. Dans un premier temps, rentrez tous les deux au ranch pour profiter de votre enfant. Après vous verrez comment vous installer confortablement au ranch. Je suis certain que ton père va vous arranger un endroit dans le ranch rien que pour vous. Je me rappelle encore Mizar gamin et le voici grand-père tout comme moi.

Une ombre rapide passe sur le visage de Cochir.

- Quelque chose ne va pas, s'inquiète Daisuké.

- Non, non ! C'est juste que je viens de réaliser que j'aurais dû contacter ton père pour que tous les deux nous préparions un lieu pour vous ! J'étais trop absorbé par mon travail encore une fois, Kohumé me le reprochait assez souvent. Où alors, je n'étais pas prêt à devenir grand-père.

Dai s'approche du vieil homme.

- Oui Kohumé vous reprochait de passer trop de temps au centre quand elle était adolescente, mais cela a changé depuis. Je suis convaincu que vous serez un bon grand père, car vous n'avez pas été un si mauvais père que vous le croyez.

La porte de l'infirmerie s'ouvre, le docteur apparaît.

- Ils sont bien là, fait-il en regardant derrière lui.

Puis, il fait un pas en avant pour arriver dans le couloir afin de libérer le passage de la porte. Kohumé apparaît avec dans les bras le bébé. Daisuké et Cochir s'approchent sur la pointe des pieds, car l'enfant dort profondément.

- Allez, fait le vieux professeur en posant une main sur l'épaule de Dai. C'est le moment pour vous trois de regagner le ranch.

Alcor est dans la salle d'observation du centre, il regarde par les vitres le véhicule dans lequel Kohumé, Daisuké et leur enfant s'installent pour rejoindre le centre. Sayaka arrive doucement dans son dos.

- Une nouvelle famille s'est créée, murmure-t-elle.

- Je suis heureux pour eux.

- J'espère que cette idée de sonde, n'est pas uniquement pour savoir ce qu'est devenu ton fils, lui glisse-t-elle à l'oreille.

Le professeur se retourne vers sa compagne.

- Tu remets ça sur le tapis, soupire Alcor. Pour rappel, nous n'étions plus ensemble depuis des années quand j'ai eu une histoire avec Phénicia. Tu sais très bien que j'ignorais son existence jusqu'à ce qu'il débarque sur Terre. Il ne sait même pas que je suis son père, Phénicia lui a juste dit que son père était un terrien qu'elle a connu lors de son séjour sur notre planète.

Sayaka se recule avec embarras.

- Tu te m'éprends sur mes intentions. C'est juste que, je t'ai vue maussade, j'ai juste voulu occuper ton esprit avec autre chose.

- En lançant une dispute ?

- J'avoue que ce n'était pas la bonne solution.

Alcor pousse un soupir avant d'allé s'asseoir sur le fauteuil autrefois occupé par le professeur Procyon.

Le prince Procius se rend dans le hangar où un groupe d'homme travaille à la reconstruction du bombardier Xanta. L'aspect extérieur du vaisseau a légèrement changé, des brèches dans sa coque ont été comblées, à d'autres endroits de gros faisceaux électriques pendent avant d'être connectés. Procius rejoint le capitaine Yamato qui se tient à quelque distance du chantier.

- Il me semble que c'est en bonne voie, lance Procius.

- Effectivement, répond le capitaine borgne avec une étrange voix.

- Un problème ?

Yamato se tourne vers le prince.

- Aucun, répond-il en se raclant la gorge.

Procius perçoit l'émotion qui étreint le capitaine.

- Bientôt, vous pourrez retourner au combat avec votre vaisseau et son équipage.

- C'est certain. Mes hommes s'acharnent à la tâche, ils sont si motivés pour le remettre en état que je suis obligé de leur ordonner d'aller se coucher.

- Je vais leur dire que c'est inutile qu'ils se tuent à la tâche. Le combat final n'est pas pour demain. J'attendrais le temps qu'il faut.

- Vous êtes certain de pouvoir attendre ?

- En vérité, cela ne dépend pas de moi, mais des projets de Chronaris. Mais, nous ne sommes pas obligés de leur dire, sourit le prince.

Les deux hommes échangent un regard, puis Procius s'avance vers le bombardier.

- Bravo messieurs, lance le prince en marchant. Je vois que la reconstruction est en bonne voie.

L'équipe qui travaille sur le vaisseau cesse son activité en voyant le prince.

- Je vous félicite pour l'ardeur que vous mettez à l'œuvre, mais il est inutile de…

Mizar est dans une petite pièce du ranch qu'il utilise comme bureau. Il sort d'une poche son téléphone cellulaire puis il consulte son répertoire pour sélectionner le nom d'Alcor.

Le professeur Alcor est assis dans la salle d'observation quand son téléphone se met à sonner. Il le prend dans sa poche et sourit en voyant que l'appelant est Mizar.

- « Il doit se demander où sont les nouveaux parents, pense le professeur. Il s'inquiète de ne pas les voir arriver. »

Alcor prend la communication.

- Salut Mizar. Dai et Kohomé sont partis avec le bébé, ils ne devraient plus tarder, annonce-t-il.

- Merci Alcor, mais ce n'est pas pour cela que je t'appelle.

- Ah !? Je t'écoute.

- La maison du professeur Procyon appartient toujours au centre ?

- Euh… Oui. Pourquoi demandes-tu cela ?

- Si elle est toujours habitable, ce serait bien que Daisuké et Kohumé y emménagent avec leur enfant.

- Cela des années qu'elle n'a pas été habitée, mais régulièrement une équipe vérifie son état.

- C'est possible ou pas ? Je payerais la location.

Alcor éclate de rire.

- Tu n'auras rien à payer ! Demain, j'enverrais une équipe pour faire le ménage à l'intérieur et rafraîchir le terrain. Il y a encore les meubles du professeur. Je n'ai pas eu le courage de la faire vider depuis sa mort.

Alcor se frappe le front.

- Bon sang ! Que je suis idiot, s'exclame-t-il.

- Quelque chose ne va pas ?

- J'aurais pu y loger le neveu d'Actarus au lieu d'une simple chambre au centre !

- Nous sommes deux idiots, car moi non plus je n'y ai pas pensé.

- Écoute, je t'appelle dès que la maison est prête, reprend le professeur.

- Les voilà, crie la voix de Hikaru quelque part dans la maison.

- Allez grand-père, va accueillir ton petit-fils, lance Alcor au téléphone.

Le professeur raccroche, de son côté Mizar range le téléphone dans une poche avant de quitter la pièce. Il perçoit des rires et des mots joyeux quand il se dirige vers l'entrée.

- Oh, regardez ça ! Il a autant de cheveux que son arrière-grand-père, lance joyeusement Bélier.

- Qu'il est stupide celui-là, ajoute Banta. Les cheveux vont pousser plus tard !

L'entrée est bouchée quand Mizar arrive.

- Mais écartez-vous ! Qu'ils rentrent, ordonne Hikaru. Sinon, le bébé va prendre froid !

Dai, Kohumé et leur enfant s'avancent dans le couloir pour rejoindre le salon. Ils arrivent devant Mizar. Le bébé le regarde avec de grands yeux curieux, son grand-père fait alors une grimace en tirant la langue tout en faisant rouler ses yeux. Le bébé se met à hurler et à pleurer.

- Ça commence bien, soupire Mizar avec les épaules tombantes.

Tout le monde éclate de rire en voyant la tête déconfite du propriétaire des lieux.

- Tout est presque prêt, déclare numéro un.

- Combien de temps encore, interroge Actarus.

- Deux ou trois jours au plus.

Les deux hommes sont assis autour de la table dans la cavité qu'occupe la famille royale.

- C'est encore trop long, s'impatiente le roi.

- Je le sais, mais nous devons mettre le matériel en place discrètement. Et nous devons assurer votre sécurité.

- Je sais tout cela.

- Cela me fait pensé.

- Quoi ?

- Oubliez la cape de prêtre Samitche. Les patrouilles continuent de les contrôler tous les porteurs.

- Il était bien pratique se déguisement, soupir le roi.

- Le lieu que vous avez choisi pour vous montrer n'est pas des plus facile à sécuriser. Il est facile d'accès.

- Justement, grâce à cela, nous pourrons le quitter aussi très facilement. Les troupes de Chronaris n'auront pas le temps de le cerner complètement.

- J'aimerais en avoir la certitude, fait le cinquantenaire.

- Pour une fois, soyons optimistes.

Dans une autre région d'Euphor, le cirque du nain Pouki termine sa représentation. Au grand désespoir du directeur, le chapiteau n'était pratiquement occupé par des soldats en permission. La troupe fait son tour de piste avant de sortir. Le spectacle est terminé, les membres de la troupe se dirigent vers leurs caravanes pour se démaquiller et se changer. Les soigneurs s'occupent des bêtes. Pendant que le chapiteau se vide de ses spectateurs, à l'arrière une femme clown contemple la lune. Thalia retire son nez rouge en poussant un soupir languissant.

- Où es-tu Antarès ? Que fais-tu ? Vais-je te revoir un jour mon amour ?

Elle lève les mains en direction de la lune comme si elle allait prendre un visage entre ses mains.

Non loin de là, un colosse observe la scène dans l'ombre. Minima se demande ce qu'il pourrait faire pour aider la jeune femme, car il sait très bien que celui qui se faisait appelé Antarès ne reviendra sûrement jamais. Le géant secoue la tête en s'éloignant avec un visage triste.

- Je suis convaincue que nous nous retrouverons une fois cette guerre terminée, reprend Thalia en direction de la lune.

Au même instant, sans le savoir, Procius regarde en direction d'Euphor depuis une salle de repos. Mais ce n'est pas des pensées romantiques que le prince a en tête.

- « Mon oncle, où es-tu ? Que fais-tu ? Je ne peux pas imaginer que tu restes inactif face à cette invasion depuis ta libération ! J'aurais besoin de tes conseils, car je commence à être à court d'idées pour affronter Chronaris. Combien de temps vais-je pouvoir tenir face à lui ? »

Procius se frotte les yeux.

- « Que m'arrive-t-il ? Pourquoi suis-je envahie par ses doutes, cette lassitude ? »

Un soldat entre dans la pièce.

- Pardon, s'excuse-t-il. Je ne savais pas que la salle était occupée.

Le prince se retourne en souriant.

- Allons ! Cet espace de détente est ouvert à tous ! Je n'ai pas vu de pancarte à l'entrée indiquant qu'il était à mon unique usage.

Le soldat ne sait pas quoi faire.

- Savez-vous jouer aux échecs ?

Le militaire est surpris.

- Oui, mais pas très bien, répond-il.

- Cela ne fait rien. Je cherchais un partenaire avec qui jouer autour d'une tasse de café, ou toute autre boisson qui vous conviendra. Vous n'êtes pas forcé d'accepter mon invitation.

- Les modifications des interfaces sont terminées, demande Vesta.

- Oui, affirme Niiva. Toutes les machines qui étaient en assemblage ont été modifiées.

Le commandant et le colonel sont dans le bureau du hangar.

- Croyez-vous que ces modifications seront suffisantes pour vaincre Goldorak, lance Niiva.

- N'auriez-vous pas confiance dans les compétences du docteur Krema ?

- Pas le moins du monde, commandant. Je pose cette question du fait de mon expérience contre cet adversaire.

- Je crains de ne pas saisir, fait Vesta.

- À de nombreuses reprises, j'ai fait des modifications sur les Gats, pensant que cela leur ferait remporter la victoire. De ma propre initiative, ou suite à des suggestions, mais toutes ces modifications ont échoué lamentablement. Il est vrai que je n'avais pas le docteur Krema pour m'épauler dans cette tâche.

- Que voulez-vous dire ?

- Juste que rien n'est certain. Le… comment s'appelait déjà la personne que vous serviez sur Terre ?

- Le Stratéguerre, répond le commandant en serrant les poings.

- Voilà. Le Stratéguerre a dû faire apporter des modifications sur bon nombre de vos… Golgoths ?

- Je ne peux le nier.

- Et malgré tous ces efforts, vous n'avez pas conquis la Terre. Goldorak vous a vaincu.

Vesta baisse la tête, ses cheveux masquent ses yeux dans lesquels la colère gronde. De son côté, le colonel Niiva jubile intérieurement, car il pense avoir porté un coup au commandant. Niiva se tourne vers la baie vitrée pour regarder les Œufs sombres qui sont terminés en faisant claquer sa badine sur sa cuisse.

- Nous verrons bientôt le résultat, ajoute le colonel.

Le commandant reste silencieux et tente de se maîtriser. Le colonel voit l'ingénieur albinos qui s'avance vers le bureau. Vesta redresse la tête, son regard est redevenu calme.

- En effet, nous le saurons sous peu, fait-elle. Veuillez me pardonner, mais j'ai d'autres choses à faire.

La femme aux cheveux rose sort du bureau au moment où l'ingénieur albinos y entre. Vesta marche d'un pas rapide vers la sortie du hangar.

- Colonel, hasarde l'ingénieur.

Niiva vérifie bien que le commandant s'engouffre dans le couloir qui conduit au palais avant de se retourner vers l'albinos.

- Alors, où en est mon projet, questionne le colonel joyeusement.

Alièna est dans les quartiers de Chronaris. La jeune femme attend patiemment debout qu'on lui donne des ordres. Cela fait des heures qu'elle est là dans un coin de la pièce à attendre. Chronaris est à demi allongé sur un canapé, il lit un ouvrage en silence. Une bouteille et un verre sont posés à côté sur une table basse, la panthère mécanique dort sous cette table. Soudain, l'homme au masque pose le livre puis se lève en s'étirant. Il se retourne et remarque la jeune femme.

- Vous êtes là, s'étonne-t-il. Je croyais vous avoir congédié.

- Ce n'est pas le cas, répond Alièna en baissant la tête.

- Comme vous êtes là, allez donc me faire couler un bain.

- Tout de suite.

Alièna se dirige rapidement vers la salle de bain pendant que Chronaris fait quelques pas vers une fenêtre pour regarder l'extérieur.

- « Actarus a été vue en ville il y a quelques jours, mais depuis plus rien. Il se cache sûrement, sourit intérieurement l'homme au masque. Que pourrait-il faire contre moi ? Rien ! Dans peu de temps, j'aurais l'arme absolue qui vaincra Goldorak ! Une fois Goldorak et son pilote anéantis, plus rien ne s'opposera à mon règne sur ma planète natale ! Je serais le monarque absolu d'Euphor, même si ce n'est pas vraiment mon Euphor. »

Un homme en tenue campagnarde s'approche du monument érigé à la mémoire des victimes de l'attaque de Véga, un chapeau cache une partie de son visage. Cette attaque qui a rendu la planète inhabitable durant des années. Cette stèle se dresse sur une grande place au cœur de la capitale. D'autres personnes vêtues de la même sorte se dispersent sur la place, certaines portent un sac. La foule n'est pas importante en ce lieu. La population sort de moins en moins. Les patrouilles qui avaient redoublé après l'apparition du roi ont repris normalement depuis quelques jours. L'homme qui se tient devant la stèle jette un regard sur la foule de la place, il cherche ceux qui sont habillés de la même façon. Quand il les trouve, les hommes ou les femmes portant les mêmes vêtements lui font un signe. Une fois qu'il a localisé tout le monde, l'homme retire son chapeau et sa veste. Les autres campagnards sortent de leur sac du matériel électronique, des transmetteurs, des caméras. C'est alors que l'homme prend la parole devant le monument.

- Peuple d'Euphor ! Je vous demande votre attention ! Je suis votre souverain, Actarus Fleed votre roi !

Quelques passants s'arrêtent, intrigués, d'autres continuent leur chemin sans se soucier de ce qui se passe.

Alors que le roi commençait son annonce, les fréquences radio et les canaux de diffusions vidéos étaient piratés par la résistance pour que le souverain légitime soit entendu partout sur la planète et par le plus de monde possible.

- Je suis assis pour affirmer, continu Actarus. Que je continue d'être votre roi, je ne laisserais jamais Euphor aux mains de l'envahisseur. Le combat sera peut-être encore long, mais je suis convaincu que nous le remporterons. Ne perdez pas espoir, habitant d'Euphor ! Il ne faut pas que notre ennemi se croie inexpulsable, mais ne montez pas au créneau ! La résistance existe ! Elle travaille pour la libération de la planète. Ne partez pas dans une révolution que l'envahisseur balaiera en un rien de temps…

Le général Zota était en train de boire une tasse, dans la salle de commandement du palais, quand l'image d'Actarus est apparue sur certains écrans de la pièce. Le général à manquer de s'étouffer quand cela c'est produit.

- Trouvez-moi la source d'émission, ordonne le général en se levant.

Zota regarde l'image.

- Ce monument, ne m'est pas inconnu, constate-t-il.

- La retransmission passe par plusieurs relais, annonce un soldat.

- Faites-moi une recherche sur le monument que l'on voit derrière !

Vesta arrive dans la salle et voit l'agitation.

- Que se passe-t-il, demande-t-elle.

- Le fugitif. L'ancien roi fait une annonce sur toutes les fréquences, déclare Zota.

Le commandant regarde l'écran.

- Il faut envoyer des troupes pour le capturer, remarque-t-il.

- Il faudrait déjà connaître l'endroit où cela se passe, répond Zota.

Vesta sort précipitamment de la pièce, mais le général est trop occupé pour faire une remarque.

Le capitaine Knoch entre en trombe dans le bureau de Procius sur la base lunaire.

- Que vous arrive-t-il, demande le prince.

- Nous captons une émission, annonce le capitaine en reprenant son souffle.

- Bien, et ?

- Elle provient d'Euphor. Le roi fait une allocution sur tous les canaux.

- Quoi, s'exclame Procius en bondissant de son siège.

- Oui, nous la captons même ici ! Toute la flotte adverse en orbite doit la recevoir aussi.

Le prince s'assoit puis pianote sur sa console informatique. Bientôt l'image du roi surgit sur le moniteur.

Vesta pousse la porte des quartiers de Chronaris, elle arrive dans la pièce principale, mais l'homme au masque ne s'y trouve pas, il n'y a la panthère artificielle qui s'est dressée et qui la fixe. Le commandant aperçoit Alièna qui se tient dans un coin de la pièce.

- Où est-il !?

- Le maître prend son bain, répond la jeune femme.

Vesta se dirige vers la salle de bain, elle entre sans frapper. Le commandant découvre Chronaris dans sa baignoire. Celui-ci finit de remettre son masque sur son visage avec une main.

- Commandant, fait l'homme masqué. Pourquoi, une telle irruption dans mes quartiers !

- Le fugitif Actarus fait un discourt dans la capitale !

- Vous en êtes sûr ?

- Oui, j'ai reconnu le monument de la place du renouveau !

- Bien. Il s'est montré.

- Vous ne comprenez pas ! Il est retransmis sur toute la planète.

Chronaris se lève dans la baignoire.

- Vous comptez envoyer des hommes pour le capturer ?

- Non, fait sèchement le tyran tout en dégoulinant. Je vais faire envoyer un Gat pour l'anéantir, ainsi que tous ses partisans !

Vesta passe la pointe de sa langue sur ses lèves avec jubilation.

Procius et Knoch ont rejoint la salle de commandement de la base.

- Y a-t-il des mouvements dans la flotte, demande le prince.

- Aucun, répond un soldat.

Procius reporte son attention sur le moniteur central.

-… l'affront fait à mon peuple sera lavé, déclare Actarus. Quand nous aurons fait déguerpir l'envahisseur, il y aura un nouveau temps de reconstruction malgré la perte de proche nous devrons continuer à aller de l'avant…

- Alors, vous avez trouvé, s'impatiente Zota.

Les portes de la salle s'ouvrent, mais le général n'y prête aucune attention.

- Il faut trouver sa localisation, insiste le général.

Sur l'image, la foule grandit sur la place.

- Bon sang, s'exclame Zota. Où se trouve cet endroit !

- Il s'agit de la place du renouveau, dans la capitale, annonce la voix de Chronaris.

Le général se retourne. Il découvre l'homme masqué en compagnie de Vesta.

- Maître. Quelles sont vos instructions. Combien d'hommes dois-je envoyer pour sa capture ?

- Aucun.

- Aucun, répète Zota le visage stupéfié.

- Envoyez un Gat réduire cette place en miettes, ordonne Chronaris.

Le général se retourne vivement, ce qui fait voler sa cape.

- Vous avez entendu l'ordre de notre Maître, lance-t-il. Faites décoller un Gat !

Les instructions sont transmises rapidement, les panneaux du hangar commencent à s'écarter dans les jardins du palais.

- … je jure sur mon honneur que je n'aurais de cesse tant que ce Chronaris ne sera pas vaincu, clame le roi.

Procius suit l'allocution de son oncle avec angoisse. Il se demande combien de temps cela va pouvoir durée avant que les soldats n'envahissent la place, car il a très bien reconnu l'endroit.

- Il se passe quelque chose, lance un soldat avec angoisse.

- Qu'avez-vous capté , demande Yamato.

- Une machine de combat vient de décoller du palais.

- Chronaris ne va pas se contenter de vouloir le capturer à nouveau cette fois, lâche froidement Procius.

- Il semblerait, confirme le vieux militaire borgne. Mais nous sommes trop loin pour pouvoir intervenir.

- Ce n'est pas certain !

Le prince se met à courir en direction de la sortie.

- Préparez le hangar au lancement de Goldroak, ordonne Yamato.

Knoch se glisse à côté de son collègue.

- Pensez-vous qu'il arrivera à temps, demande-t-il.

- Je n'en ai aucune idée. Mais si le roi disparaît, ce sera un rude coup pour notre cause.

Procius débouche dans le hangar, il remarque que la galerie menant à la surface est déjà illuminée.

- Métamorphose !

Il revêt la combinaison de vol tout en courant dans la direction de la soucoupe. Il bondit sur Goldorak pour rejoindre le poste de pilotage. La verrière se referme alors que l'interface de pilotage prend place sur ses membres.

- Allez ! Plus vite, s'impatiente-t-il.

Il regarde les instruments, quand ils indiquent tous que tout est opérationnel, il serre ses mains sur les commandes.

- Goldorak ! Go !

Le robot géant s'élance vers la surface lunaire.

La foule est de plus en plus grande sur la place du renouveau. Par instant, des « Vives le roi » sont scandés par des personnes.

- … Euphor reviendra à ses habitants, clame Actarus. J'accomplirais quoiqu'il arrive mon devoir de souverain et de protecteur. Maintenant, je me suis montré à vous, mais vous devez comprendre que…

Le roi se tait, car un bruit assourdissant distant résonne. Les yeux se lèvent pour en trouver l'origine.

- « C'était étonnant que Chronaris n'ait pas encore envoyez de troupe pour m'interrompre, pense Actarus. Une section aéroportée ? »

Soudain des cris partent de plusieurs endroits dans la foule, les premières personnes à avoir vu l'œuf sombre s'approcher.

La retransmission se coupe. Les membres de la résistance rangent rapidement le matériel dans leur sac, pendant que qu'autres accourent pour évacuer le roi.

Sur le moniteur central de la salle de commandement du palais, le mouvement de panique se voit. La foule se disperse dans toutes les directions.

- Que le Gat entre immédiatement en fonction, ordonne Chronaris. Qu'il décime tout ce qui se trouve dans ce lieu !

Dans le ciel de la capitale, l'œuf sombre se met à luire. Une lumière parcourt sa surface pour se concentrer en un point pour former un rayon qui pointe vers le sol.

- Kamikochoc !

La soucoupe porteuse vient percuter l'œuf sombre. Le tir du Gat part vers le ciel. Au sol, le roi est entouré de résistant qui l'entraîne à l'abri. Mais Actarus tourne la tête en entendant le choc, il distingue Goldorak poussant la forme sombre.

- Goldorak, hurle Chronaris. Mais d'où sort-il !?

Un silence se fait dans la salle de commandement.

- Aucun instrument n'a détecté son arrivée, finit par annoncer un soldat.

- Grâce à Goldorak, le roi va s'échapper ! Mais cela n'est qu'un détail, fait calmement l'homme masqué. Que le Gat règle son compte à ce maudit robot.

Le colonel Niiva se trouve dans sa chambre, il a été averti du décollage du Gat, il s'est donc installé devant le moniteur de sa console informatique pour suivre le combat. Niiva se sert un verre d'alcool puis il pose ses pieds sur le bureau de façon très détendu.

- Voyons combien de temps la cybernétisation va tenir contre un vrai pilote, éclate-t-il de rire.

Procius pousse toujours l'œuf sombre hors de la capitale.

- Allez ! Pourvu qu'il attende qu'on survole une zone non habitée, supplie Procius.

Le Gat semble inerte. Depuis que les deux machines sont entrées en contact, l'œuf n'a eu aucune réaction combative. Subitement un flash d'une extrême blancheur aveugle Procius. Le prince ressent dans ses commandes que Goldorak ne pousse plus l'œuf sombre. La vue revient à Procius, effectivement son champ de vision est dégagé. La soucoupe vire de bord pour chercher son adversaire. Procius ne le trouve pas. Soudain, une alarme résonne dans le cockpit suivi d'un choc provenant du dessus. L'œuf s'est changé en une forme humanoïde de combat qui se tient debout sur la soucoupe de Goldorak. À l'intérieur du poste de pilotage, Procius se tord le cou pour tenter d'apercevoir son ennemi.

Durant tout ce temps, la place du renouveau s'est complètement vidée. La résistance a reconduit le roi Actarus dans les galeries souterraines.

- Vous voilà hors, de danger, déclare le cinquantenaire.

- Nous l'avons échappé belle, répond le roi en retirant son couvre-chef. Je n'imaginais pas que Chronaris enverrait l'une de ses machines de combats !

- Votre représentant est arrivé à temps.

- Sans Goldorak, j'ignore où nous serions en ce moment.

- Allons bon ! Qu'ont-ils encore inventé !?

Procius aperçoit une partie de son adversaire.

- On dirait que ces jambes sont recouvertes d'écaille.

Un rayon vert vient frapper la verrière du poste de pilotage. Les mains du Gat tiennent la dérive de la soucoupe pour perturber sa trajectoire.

- Il faut que j'arrive à m'en débarrasser ! Spirogyre !

La soucoupe se met à faire la toupie pour faire lâcher son adversaire. Procius augmente lentement la vitesse de rotation en voyant que son ennemi ne se détache pas de lui. Après une minute, les mains du Gat perdent leurs adhérences ce qui le fait chuter. La soucoupe cesse sa rotation, le prince découvre enfin complètement son ennemi. Le Gat est entre le lézard et le serpent avec une forme humaine, sa tête est celle d'un serpent, l'extérieur semble recouvert d'écaille dont les couleurs vacillent du vert au jaune en passant par le marron. Procius est en plein examen de son adversaire quand de la bouche de celui-ci sort une langue fourchue qu'il projette en direction de Goldorak. Le prince n'a pas le temps de réagir que l'extrémité de la langue frappe la coque de la soucoupe, dès que le contact est fait, une décharge électrique se produit. Des arcs d'énergies parcourent la soucoupe porteuse. Dans le poste de pilotage, Procius ressent les décharges, ses muscles sont tétanisés, il n'arrive plus à bouger ses membres. Avec de grandes difficultés, il arrive à bouger un doigt pour appuyer sur un bouton situé à côté des manches de pilotage.

- Planitrons !

Les deux disques quittent leurs supports, ils foncent en direction de la langue de serpent, mais le Gat la replie en la faisant claquer comme un fouet avant que les projectiles ne l'atteignent. Les arcs qui parcourent la soucoupe se volatilisent.

- Pulvonium !

Goldorak déplie ses bras pour que les rayons partent de ses poings, mais il ne rencontre que le vide, car son adversaire a déjà bondi dans sa direction.

- Mégavolt !

Les quatre rayons partent de la soucoupe. Procius espère que les rayons vont l'atteindre, mais le Gat les esquive avec souplesse si rapidement que le prince ne voit rien jusqu'à ce que son ennemi s'enroule autour de la soucoupe.

Un sourire de joie se dessine sur le visage de Vesta dans la salle de commandement du palais. Chronaris quant à lui détourne la tête du moniteur pour s'adresser au général.

- Le fugitif a-t-il été arrêté ?

Zota se retourne vers un subalterne, ce dernier fait un signe négatif de la tête.

- Pas pour l'instant, répond le général.

- Ce n'est rien, fait l'homme au masque calmement.

- Bodyrepulsor !

Un rayon multicolore entoure Goldorak, le serpent se ressert sur la soucoupe. Des grincements se font entendre dans le poste de pilotage où se trouve le prince.

- Ça ne fonctionne pas évidemment ! Cela aura été trop facile !

La tête du serpent surgit devant la verrière, il commence à ouvrir la bouche.

- Mégavolt !

Les rayons sortent de la soucoupe pour frapper les écailles du serpent qui se trouve sur leurs trajectoires. Les écailles touchées se mettent à fumer, mais cela n'a aucun effet sur l'étreinte de cet adversaire. La langue fourchue vibre dans sa bouche, les yeux se mettent à briller. Procius à un mauvais pressentiment, il lève son bras droit vivement pour saisir la poignée au-dessus de sa tête.

- Transfère !

Au moment où le siège de pilotage recule, deux rayons verts frappent le poste de pilotage.

Niiva a déposé son verre sur le bureau, il a quitté sa position détendue pour approcher son visage du moniteur.

- La chance serait-elle avec eux ?

Le siège de pilotage arrive dans la tête de Goldorak.

- Autolargue !

Le robot bouge, mais ne se dégage pas de la soucoupe, il est retenu par l'étreinte du serpent.

- Maxi Bodyrepulsor ! Autolargue !

De nouveaux rayons multicolores plus puissants que précédemment entourent la soucoupe pendant que le robot tente de quitter la soucoupe porteuse. Procius actionne plusieurs fois la commande de largage avant que le robot arrive à se libérer. Le serpent se rompt en plusieurs morceaux quand Goldorak est expulsé de la soucoupe porteuse.

En voyant cela, le colonel Niiva sourit en s'adossant sur son siège.

- J'ai failli avoir peur.

Goldorak atterrit sur ses pieds, pendant que les morceaux du serpent chutent sur le sol. Procius regarde les éléments de son adversaire s'amonceler à terre. Le prince lève les yeux vers le ciel et découvre avec stupeur le tronc du serpent flottant dans le ciel.

- Ce n'est pas encore fini, fait entre ses dents Procius.

L'ambiance est tendue dans la salle de commandement du palais. Le général jette un regard discret en direction de l'homme masqué, celui-ci est étrangement détendu, son regard semble apaisé. Cela intrigue de plus en plus Zota, la façon dont leur dirigeant aborde la situation actuelle.

Le prince n'en revient pas, le corps de son adversaire flotte encore alors qu'il n'a plus de bras ni de jambes. La tête de son ennemi se baisse comme pour regarder l'endroit où se trouvent ses membres. Procius instinctivement suit le regard, il découvre que les éléments au sol se regroupent pour former quatre serpents, un frisson parcourt le dos du prince. Les serpents se jettent sur le robot géant, Goldorak les évite, sauf un qui s'enroule autour de ses jambes.

- Et zut, s'exclame Procius.

L'un des serpents surgit dans le dos de Goldorak pour venir s'entourer autour du coup. Avec les mains du robot, il tente de le retirer, mais un mouvement plus brusque que les autres le fait basculer sur le sol. Les deux autres serpents bondissent vers le tronc du Gat, ils deviennent ses bras.

- Quel imbécile, jure Procius.

Au-dessus de lui, son adversaire ouvre sa gueule, le prince s'attend à voir surgir la langue fourchue, mais au lieu de cela, il voit poindre la pointe d'un missile.

- Non, fait Niiva avec inquiétude. Impossible que cela se termine de cette façon.

Le colonel a les poings serrés sur son bureau.

- Nous n'avons aucune idée de ce qui se passe sur la planète, pleurniche le capitaine Knoch.

Le capitaine se tient droit au centre de la salle de commandement de la base lunaire, alors que son homologue a le dos voûté.

- En effet, répond le capitaine borgne. Le discourt de notre souverain a été interrompu brutalement, quand cette chose sombre à surgit au-dessus de la place. Depuis toutes les fréquences sont muettes.

- Vous pensez qu'il est arrivé à temps ?

- Je le souhaite intensément, répond Yamato en crispant ses mains.

Pendant ce temps, au ranch du bouleau blanc, Mizar est assis dans le canapé avec dans ses bras son petit-fils. Bélier lui apporte une coupe de champagne. Dans la salle à manger du ranch, l'ambiance est festive pour le retour de Kohumé et de son enfant. Tous ceux qui sont présents ont dans les mains une coupe qui pétille. Bélier s'avance vers le centre de la pièce en levant son verre. Banta regarde par la fenêtre, il voit Yoshi qui arrive pour travailler, il lui fait signe de venir les rejoindre.

- Chers amis, lance-t-il. Souhaitons un bon retour à Kohumé, mais surtout la bienvenue à… Au faite, vous l'avez prénommé comment ?

Bélier regarde la mère puis le père de l'enfant.

- Nous n'avons pas encore choisi son nom, annonce Daisuké avec embarras.

- Nous ne sommes pas encore tombés d'accord, ajoute Kohumé.

- Ah ! Ben alors… Comment je vais faire pour porter mon toast, rétorque Bélier en se frottant les cheveux avec sa main libre.

Des éclats de rire éclatent dans la pièce. Yoshi arrive à ce moment dans la pièce.

- Allez, fait Banta en donnant une tape à l'adolescent. Viens souhaiter la bienvenue aux heureux parents et au bébé !

Le vieux garçon de ferme lui tend une coupe de champagne.

- On ira travailler après, ajoute-t-il.

- Merci. Mais je n'ai pas encore l'age de boire de l'alcool, s'excuse-t-il.

Hikaru arrive pour échanger la coupe avec un verre de jus de fruit.

-Alors, reprend-il joyeusement Bélier après cette interruption. Bienvenue à toi, jeune bébé sans nom !

Le vieux pilote lève sa coupe avant de la vider d'un trait, puis il essuie ses lèvres avec le revers de sa main.

- Pas mauvais, commente-t-il.

Il regarde autour de lui, les autres boivent tranquillement leur coupe. Il jette un œil un Banta qui lui aussi boit doucement le verre.

- Pourquoi c'est toujours moi qui finis le premier, soupir Bélier.

Procius n'arrive pas à détacher son regard de la pointe du missile qui est braqué sur lui.

- Je crains que ce soit la fin, mon vieux Goldorak.

Dans une région de la planète, le cirque de Pouki a fait une halte près d'un cours d'eau sur le chemin de leur prochaine étape. Thalia et Minima sont assis sur la berge avec les pieds dans la rivière, ils rient tous les deux quand soudain la jeune femme se tait, elle porte une main sur sa poitrine serrée.

- Quelque chose ne va pas, s'inquiète Minima en la prenant par les épaules.

- Je ne sais pas, articule la femme clown. Une étrange sensation.

Aliéna débarrasse la table dans les quartiers de Chronaris, quand subitement ses mains se mettent à trembler. Elle laisse échapper de la vaisselle qui se brise sur le sol. La fille du chambellan est toute tremblante, son regard est apeuré en fixant les morceaux sur le sol.

Hikaru rit à une plaisanterie de Bélier, sa coupe est remplie à la moitié. La jeune femme se prépare à en boire une gorgée quand le pied de sa coupe se brise dans ses mains. Le pied en verre éclate.

- Ma parole, fait Bélier. Tu as trop de force dans les mains ! Attends, je vais te chercher une autre coupe.

Sans en connaître la raison, la jeune femme lève son regard.

Actarus arrive en compagnie du quinquagénaire dans la cavité qui sert de salle de réunion.

- Quelqu'un a des informations sur le combat qui a lieu actuellement, demande le roi.

Numéro un regarde les hommes présents.

- Alors ?

Personne ne bouge.

- Eh bien ! Bougez-vous pour savoir ce qui se passe, lance le cinquantenaire.

La pointe du missile brille sous les yeux du prince. Dans la salle de commandement du palais, les regards sont pointés sur le moniteur central. Le général, Chronaris et Vesta reteignent leur souffle.

- « Enfin, le moment de la vengeance est venu, se dit la femme aux cheveux rose. Dommage que tu ne périsses pas de mes mains, prince d'Euphor ».

Procius transpire, ses pensées sont focalisées sur l'extrémité du projectile se trouvant devant ses yeux.

- Incrustochoc !

Les doigts de Goldorak s'enfoncent dans la coque du serpent qui lui enserre le cou.

- Qu'est-ce qu'il attend pour tirer, remarque soudainement Chronaris.

Le colonel Niiva est toujours appuyé sur son bureau, un rictus d'angoisse déforme sa bouche. De la sueur coule de son front.

Une légère fumée sort de la gueule du serpent, au même instant, Procius actionne une commande.

- Fulguropoings !

Les deux poings quittent les bras du robot en déchiquetant le serpent qu'il avait sur son cou. Goldorak roule sur le côté de justesse pour éviter l'impact du missile. Les deux mains regagnent le robot, Procius les commande pour arracher celui qui se trouve au pied de Goldorak. Celui-ci commence à se lever quand son adversaire se prépare à lancer un nouveau missile.

- Je n'ai pas été assez rapide, grogne le prince.

Le Gat fait feu, mais la soucoupe porteuse vient le heurter dans le dos, ce qui le déséquilibre. Le missile s'écrase sous lui en laissant un cratère. Goldorak est de nouveau debout. Le prince voit les morceaux de serpent se regrouper pour se reformer. Les deux créatures se dirigent vers le Gat pour devenir ses jambes. La langue fourchue sort et claque comme un fouet dans les airs. Le serpent la fait tournoyer plusieurs fois en direction de Goldorak sans l'atteindre jusqu'à ce que le robot géant la saisisse dans l'une de ses mains et l'enroule fermement dessus.

- Tu m'as envoyé tout à l'heure des décharges, fait Procius. Voyons si tu aimes cela à ton tour ! Cornofulgure !

Le rayon éclair quitte les cornes du robot géant pour frapper la langue de son adversaire. Les arcs électriques frappent un point au milieu de l'appendice avant de remonter la langue pour atteindre la gueule du Gat. De la fumée sort de la bouche du serpent, des yeux coulent un liquide sombre. Goldorak tire alors un coup sec et ferme sur la langue qui se détache.

Le colonel Niiva se détend, il reprend place dans son fauteuil.

- C'est fini, déclare-t-il en saisissant son verre.

Goldorak jette la langue au loin, alors qu'un trident apparaît dans les mains du serpent.

Le général Zota pensait que le combat était terminé jusqu'à ce que le trident surgisse dans les mains du Gat.

- Ce n'est pas encore la fin, fait Vesta en passant sa langue sur ses lèvres.

Le serpent se jette sur Goldorak en brandissant son arme, mais il le manque de beaucoup.

- J'ai l'impression que ses commandes sont perturbées, remarque Procius.

Le Gat se retourne vers son adversaire, mais ses mouvements sont désordonnés.

- Que se passe-t-il, demande Chronaris dans la salle de commandement.

- Se pourrait-il que l'attaque de Goldorak ait plus endommagé notre machine, demande Zota en regardant Vesta.

- C'est une possibilité, admet la jeune femme en grimaçant.

Le colonel Niiva se ressert un verre d'alcool en souriant.

- C'est encore mieux que je ne l'aurais espéré !

Le serpent manque de perdre l'équilibre, mais se redresse in extremis. Il revient à la charge en attaque directe vers son adversaire.

- Astérohache !

La double hallebarde surgit, Goldorak la prend à deux mains. Il décrit plusieurs arcs de cercle avec les extrémités de son arme. Le trident tombe des mains de son adversaire. Le serpent est comme pétrifié jusqu'à ce que des écailles se détachent de son corps, puis c'est une main, un bras. Le corps du Gat se divise en plusieurs morceaux qui tombent sur le sol, bientôt il est complètement en pièce sur le sol en formant un amas.

Dans la salle de commandement, Chronaris se retourne violemment ce qui fait voler sa cape. Il marche d'un pas rapide vers la sortie.

- Encore un échec, commente-t-il. Mais cela ne fait rien. Bientôt, j'aurais ma revanche.

Goldorak se tient près de l'amas représentant son adversaire.

- Cornofulgure ! Pulvonium !

Les rayons frappent le tas sur le sol. Les débris s'enflamment. Le robot géant lève la tête, il cherche sa soucoupe porteuse.

- Récupération !

Le robot bondit dans le ciel, alors que de la fumée monte vers le ciel provenant du Gat qui se consume. Une fois réuni, Goldorak passe au travers du nuage de fumée alors qu'il prend la direction de l'espace.

- Missiles fantômes ! Mégamach !

Bélier apporte une nouvelle coupe de champagne à Hikaru.

- Ça va, demande le vieux pilote. Tu ne t'es pas coupé ?

- Oui, oui. Merci, ça va. Non, aucune coupure.

Alièna ramasse les morceaux de la vaisselle qui lui a échappé des mains, quand l'homme au masque entre dans ses quartiers, il n'y prête aucune attention et file directement dans sa chambre. Chronaris est entré si rapidement que sa panthère mécanique n'a pas eu le temps de s'introduire dans la pièce, elle fixe la porte.

Thalia retire la main de sa poitrine.

- Tu te sens mieux, questionnes Minima.

- Oui. C'est passé, sourit-elle.

La femme clown commence à se lever. Le colosse se lève plus rapidement pour l'aider à se redresser.

- Tu es certaine, insiste-t-il.

- Un léger malaise. Sûrement de la fatigue.

Goldorak survole la face cachée de la lune, il se dirige tranquillement vers l'entrée de la base.

- Étrange. Je n'ai perçu aucun mouvement dans la flotte en orbite. Aurait-il renoncé à me poursuivre, se demande le prince.

FIN

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