Chap. 25 Lo-Fi Soul || Haley Reinhart

Il m'était difficile de trouver les bons mots pour expliquer calmement la situation tout en rassurant les autres. Je changeais sans arrêt de point de vue, jouais avec les synonymes, ne terminais jamais mes phrases... Je peinais à me convaincre moi-même que cette situation n'était pas insurmontable. Je paniquais toute seule. Comment convaincre les autres ? Surtout Itachi, qui était quand même le principal concerné dans cette affaire ? J'occupais son corps ! Et lui occupait le mien… Nous n'avions en commun que notre taille, pour le reste… Sans oublier bien sûr les différences basiques entre un homme et une femme. Qu'allions-nous faire si nous restions bloqués ainsi ? J'allais devoir vivre avec le visage d'un homme recherché dans tous les pays ninjas pour meurtre de masse ! En étant en plus incapable d'utiliser ma pupille et donc de profiter des conseils de mes ancêtres !

Je m'arrêtais un instant dans ma course pour rejoindre les trois autres, luttant contre la vague de panique qui menaçait de m'engloutir. Si nous étions à jamais coincés dans le corps de l'autre, quelles en seraient les conséquences ? Itachi faisait parti de l'Akatsuki pour une raison bien spécifique, tout comme moi. Il avait ses propres projets, ses propres responsabilités, sa propre destinée… Comment pourra-t-il poursuivre sa route s'il reste prisonnier de mon corps ? Et moi ? Comment pourrais-je contribuer à la renaissance de mon clan sans y être directement reliée ? De plus, ce n'est pas comme si j'avais interverti mon esprit avec quelqu'un de lambda, sans grande importance pour le monde ninja… Il avait fallut qu'il s'agisse d'Itachi, un Uchiha, ennemi reconnu de mon clan et responsable de la disparition du sien. S'il s'était s'agit de Deidara, les choses auraient été tout de suite moins compliquées… Mais non, il avait fallu qu'il s'agisse de lui, l'homme de moins de vingt le plus recherché du monde ninja pour génocide !

Je secouais résolument la tête, tentant de retrouver un semblant de calme. Cette tentative fut soldée par un échec, car une mèche noire me tomba dans les yeux et acheva de me terroriser. Toute ma vie coincée dans le corps d'Itachi ! Nous allions finir comme Reiji et Chiko, sauf que nous serons obligés de nous voir vieillir l'un l'autre ! Je me mis à courir comme une dératée vers la salle où je les avais quittés, poussée par la peur, la même question résonnant sans fin dans ma tête : qu'allions-nous faire ?

Lorsque j'arrivais en trombe dans la grande salle où avait eu lieu l'affrontement, je crus que mon cœur allait s'arrêter : personne. Mais où sont passés ces abrutis ! Ce n'est pas possible, on les laisse quelque part, tout va bien, ils sont sages, on les abandonne deux minutes, plus personne ! On ne peut décidément compter sur personne dans cette foutue organisation ! La colère succéda à la panique, et je m'élançais dans la pièce, inspectant chaque recoin des yeux. Le corps de Yasuko non plus n'était plus là. Une traînée de sang s'arrêtait devant un mur, que je déduisis être en vérité une autre entrée secrète. On n'est plus dans un château mais dans un labyrinthe... Excédée, je suivis la piste, m'énervant contre le mur jusqu'à finir par le réduire en cendre. Ce jutsu de flammes est décidément bien pratique. Je traversais les braises encore ardentes, puis le couloir, et débouchais cette fois-ci sur une grande et luxueuse chambre, où la traînée de sang conduisait jusqu'à sa propriétaire, allongée sur un futon. Comment ruiner une pièce en une leçon, par les membres de l'Akatsuki.

Impressionnée par la solennité des lieux et par le corps qui avait appartenu à ma cousine, je me rapprochai lentement, ma colère un peu refroidie. Me sentais-je coupable ? Pas vraiment. J'avais ma conscience pour moi : j'avais vengé mon frère, qui n'avait rien demandé à personne et qui n'avait rien à voir avec toute cette histoire d'héritage et de coups bas. Yasuko avait mal parié, voilà ce qu'elle gagnait. En ne prenant pas la peine d'enquêter un peu plus sur ma personnalité, elle s'était trompée dans ses calculs : je n'étais pas aussi malléable que son petit frère, et bien plus entêtée que la plupart des gens. Ce qui était un de mes principaux défauts était en train de devenir ma principale qualité. Je commençais à réellement changer ma perception du monde depuis que je côtoyais tous ces renégats.

Contrairement à ce que j'avais pu voir dans les films, le corps sans vie de ma cousine n'avait pas l'air en paix. Ses traits étaient étirés en un rictus de douleur. Je fus reconnaissante à celui qui lui avait fermé les yeux : le spectacle était suffisamment dérangeant comme cela. Elle qui devait prendre tellement soin de son apparence… Je m'étonnais un instant de ne trouver cette vision que « dérangeante », là où celle du corps de mon frère me hanterait à jamais. Etais-je déjà devenue si dure ? Si habituée à côtoyer la mort ? Ma vie avec l'Akatsuki m'avait-elle rendue inhumaine ?

Je continuais à observer son corps quelques minutes de plus, comme détachée de la réalité, ces questions dérangeantes tournant en boucle dans mon esprit. Mue par un soudain instinct, je mis fin à mon immobilité et me penchais sur elle, écartant un pan de ses vêtements pour pouvoir scruter son cou. Pas de trace de marque… Elle n'avait même pas l'excuse d'être sous le contrôle d'Orochimaru. Je grognais dédaigneusement en la rhabillant puis m'éloignais d'elle, sans plus lui accorder d'attention. Yasuko resterait un mystère glaçant, mais un mystère qui sera oublié dans quelques années. J'étais satisfaite de ma victoire et personne ne réussirait à m'ôter ce sentiment.

Je quittais la chambre et son atmosphère étouffante pour me retrouver dans un nouveau corridor, encore très luxueux, que je traversais rapidement en maudissant les architectes de ce château. Où avaient-ils eu la tête ? Construire autant de couloirs et de passages secrets, franchement ! Ils ne pouvaient pas créer quelque chose de simple, pour que nous puissions tous gagner du temps ? De petite salle en petite salle, je commençais à désespérer de retrouver mes hommes, lorsqu'un son plaintif m'arrêta. Un survivant ? Sur mes gardes, je tendis l'oreille et le laissais me guider jusqu'à la personne qui le produisait. Je jugeais le son trop aigu pour pouvoir être émis par un homme, ce qui ne me rassura qu'à moitié : qu'il s'agisse d'une femme ou d'un enfant, je reste en danger, puisqu'on entraîne des ninjas de tout âge et de tout sexe. Méfiance…

Je me rapprochais lentement, silencieusement, maîtrisant aussi bien que possible ce nouveau corps, n'oubliant jamais qu'il était plus massif que celui auquel j'étais habituée. Je sentais les muscles fonctionner d'une manière différente, bien plus puissants que les miens, me permettant de progresser plus vite en esquissant de plus grands pas et me propulsant plus loin. Être dans le corps d'Itachi avait quelque chose de grisant, comme d'être proche d'un animal dangereux et de savoir qu'il vous obéira au doigt et à l'œil. Je me sentais… Incroyablement libre. Puissante.

J'ignorais cet étrange sentiment, préférant me concentrer sur le plus pressant : la personne dissimulée. Il ne pouvait en aucun s'agir d'une ninja, car elle avait choisi la pire cachette possible. Cachée derrière un paravent, une femme s'y tenait recroquevillée, inconsciente que le soleil dans son dos révélait sa position en projetant son ombre sur le tissu. Je souris, amusée de son innocence qui aurait très bien pu être la mienne quelques mois plus tôt.

Plutôt que de lui causer une nouvelle frayeur, je choisis d'annoncer mes intentions pacifiques immédiatement. Qui sait, elle pourra peut-être m'indiquer la direction prise par mes idiots de compagnons… J'avais besoin d'un allié dans ce château. Enfin, plutôt d'un guide, parce qu'avec le massacre qui vient de se dérouler, je doute qu'elle souhaite développer un jour des liens d'amitié ou qu'elle me témoigne des marques de reconnaissance. Sauf si elle n'aimait pas non plus ma feu-cousine. Dans ce cas-là, nous nous rendrions mutuellement service. Je m'approchais lentement, prenant soin de la laisser entendre le bruit de mes pas, puis toussotais et l'abordais poliment :

- Excusez-moi ? Je ne vous ferai rien, je vous le promets. Pourriez-vous-

Avec un grand cri qui me vrilla les tympans, la femme, probablement dans la cinquantaine, quitta sa cachette de fortune et se jeta sur moi. Le corps pétri de réflexes d'Itachi réagit instinctivement. Une seconde, une furie m'attaquait au kunaï, la suivante, l'arme était fichée dans l'estomac de sa propriétaire, me laissant estomaquée par la vitesse des mouvements d'un ninja expérimenté. Je comprends mieux pourquoi malgré tous mes efforts, je n'ai jamais réussi à le battre en combat rapproché ! Je n'ai même pas eu besoin d'ordonner à mes muscles de s'activer, ils l'ont fait d'eux-mêmes, ils ont détecté le danger avant moi ! Comment espérer rivaliser avec ce genre de réflexes reptiliens ?

Les gargouillements étonnés de la femme me rappelèrent à la réalité, je lâchais l'arme comme si elle m'avait brûlée et paniquais, me répandant en excuses. Ma victime- Oh mon Dieu, ma victime ! J'ai blessé une civile ! Oh non, oh non, oh non, je suis un monstre, j'ai quasiment éventré une pauvre femme juste parce qu'elle m'a prise par surprise, j'ai juste eu peur ! J'essayais avec des gestes maladroits d'endiguer le sang de sa blessure, mais elle chassa violemment mes mains avant que je ne puisse faire quoi que ce soit d'utile. Lentement, elle s'affaissa, je l'accompagnais dans sa chute, paniquée et coupable.

- Je suis sincèrement désolée, vous m'avez fait peur aussi, je ne voulais pas… Tenez bon, je vais aller chercher quelqu'un, vous allez vous en tirer. Je-

- Laissez-moi, chien ! - me cracha-t-elle au visage, tentant à nouveau de me repousser. - Je préfère mourir dignement. Allez finir votre sale besogne, assassin ! Allez décimer le reste des personnes vivantes de ce clan, comme vous l'avez fait avec le votre ! Ça vous rappelle de bons souvenirs je suis sûre !

Ouah, hargneuse, la vieille noble. Je m'éloignais d'elle, ma compassion et ma panique brusquement refroidies par ses paroles. Je commence à comprendre l'attitude glaciale d'Itachi. Si on vous crache ce genre de choses à la figure alors que vous essayez juste d'aider… J'en fus blessée, d'autant que je ne trouvais rien à lui rétorquer. Oui, techniquement, Itachi est quand même bien l'assassin de son clan tout entier. Et- Oh non. Oh… Si je ne trouve pas de solution à cette situation actuelle, je vais rester coincée avec le visage d'un des ennemis numéro 1 du village de Konoha. Et ce n'est pas comme si son visage était inconnu du grand public. Je ne me sens pas capable de vivre ainsi, je ne suis pas… Enfin, je n'étais pas une meurtrière… J'ai un clan à recréer, je ne suis pas faite pour porter le poids d'un génocide dont je ne suis même pas responsable !

- Accrochez-vous, je ne vais pas vous laisser tomber avec une plaie dans le ventre, l'honneur, ce n'est pas de mourir pour rien. Je n'ai rien contre vous en particulier.

- Ah oui ? Dites ça à mes hommes, que vous avez tué par dizaines sans raison !

- J'en avais une de raison ! J'ai tué Yasuko ! - j'eus la satisfaction de voir la haine dans ses yeux vaciller un instant, remplacée par l'incompréhension et l'incrédulité. C'est toujours mieux.

- Vous… Vous êtes venu pour notre otage ? Cette moins que rien ?

- Vous êtes vraiment quelqu'un de sympa vous, non ? - ne pus-je m'empêcher de lui rétorquer, choquée par l'usage du mot « otage » et son insulte à son égard alors que je venais d'annoncer sa mort. Manifestement, les deux femmes étaient proches l'une de l'autre…

- Cette… Cette garce m'a volé mon mari, mes garçons, mon rang et toute ma vie ! Vous l'avez trouvée dans « ses » appartements, je présume ? Vous croyez vraiment qu'on laisserait une otage dans un tel luxe ? Elle a usé de je ne sais quel jutsu pour dominer tout le monde ici. Tout le monde.

- Vous êtes sûre ? Parce que vous ne me semblez pas trop sous son joug.

- J'ai toujours refusé de croiser son regard de poisson mort. Elle l'avait dès son entrée ici. Je savais que c'était une erreur de la prendre chez nous… - elle soupira puis grimaça de douleur, les mains plaquées contre sa blessure, me rappelant l'urgence de sa situation.

Mais tout de même. Parler comme ça de Yasuko… Avant d'arriver ici, si je me souviens bien, elle a vu sa mère mourir devant elle. Je pense que ça peut être légèrement traumatisant comme expérience, on excusera donc son regard vide… Désolé que madame la châtelaine se soit sentie si gênée par celui-ci. Et qu'elle ait toujours refusé de la regarder dans les yeux… ça veut surtout dire qu'elle l'ignorait royalement. Aussi terrible que ce soit à dire, j'ai moyennement envie de la sauver maintenant. Elle est quand même un peu… horrible. Si les autres sont comme ça aussi, je comprends mieux pourquoi elle a mal tourné. Et non, je ne commence pas à ressentir de la compassion à l'égard de ma cousine, c'est trop tard, et elle est toujours responsable de l'assassinat de mon frère.

Je pesais le pour et le contre puis haussais les épaules. Tant pis si elle était quelqu'un d'horrible, elle n'était aujourd'hui qu'une victime collatérale d'une histoire qui ne la concernait, techniquement parlant, pas. Je la pris doucement dans mes bras et me relevais, m'émerveillant devant la force de ce corps qui me permettait de la soulever sans difficulté. C'était vraiment grisant. J'espère que mon corps ne déçoit pas trop Itachi… Oh, cette phrase sonnait mal. Herm. Occupons-nous plutôt de cette noble, qui ne s'offusque plus d'être aidée par un renégat. Au moins, point positif, j'ai trouvé quelqu'un capable de me guider dans ce dédale et, pour le coup, elle a plutôt intérêt à m'aider. C'est sa vie qui est en jeu après tout.

- Il faut… il faut descendre aux cuisines. C'est là qu'on ordonne à nos gens de se cacher en cas d'attaque. Il y a… Il y a sûrement encore quelqu'un…

- Je pense, je ne crois pas qu'ils soient passés par là pour entrer. - réfléchis-je à haute voix, toujours aussi étonnée de m'entendre avec un timbre aussi grave. Maintenant que j'y pense, Itachi a une belle voix. Et je ne suis vraiment pas habituée à l'entendre aussi souvent. Je vais finir par avoir la gorge enrouée, je pense que ses cordes vocales ne sont pas aussi faites que les miennes à être utilisées régulièrement. Je vais lui ruiner sa réputation si je n'y prends pas garde et ça lui donnera une raison supplémentaire de vouloir me tuer pour ce qui nous est arrivé.

Je continuais donc mon avancée en silence, ignorant les plaintes de ma victime avec un pincement au cœur. Enfin, au moins j'essaie de me racheter… Je fus soulagée d'arriver rapidement aux cuisines et d'y trouver effectivement des serviteurs, même si ceux-ci tremblaient de peur. En me voyant arriver avec leur employeur blessée, je manquais de me prendre des couteaux en pleine figure.

- Arrêtez ! - tonnais-je, exaspérée. A ma grande surprise, tout le monde m'obéit immédiatement, laissant tomber leurs autres armes de fortune au sol avec divers sonorités. Quelle présence je possède. Je suis impressionnée par moi-même. - Vous allez la toucher et elle n'a vraiment pas besoin d'une autre blessure ! Quelqu'un peut-il prendre soin d'elle ?

Deux femmes s'approchèrent en baissant les yeux. Je souris et déposais alors la noble sur une table de préparation. Alors que je m'éloignais, celle-ci me retint par un pan du manteau réglementaire de l'Akatsuki et articula péniblement.

- Cet homme a tué la folle. Soyons au moins reconnaissants pour cet acte.

- Techniquement, c'est… - non, je ne peux pas dire « moi » puisque je suis dans son corps. Oh, cette histoire va très vite devenir usante. - c'est ma partenaire. Une grande rousse aux yeux verts, plus sympa que votre Yasuko. Vengeance familiale. J'ai juste participé.

- Excusez-moi de vous le demander de la sorte mais… vous êtes vous cogné violemment, Uchiha-san ?

- Probablement. - déclarais-je après une courte pause, préférant offrir à Itachi une pseudo-excuse pour mes agissements complètement hors-caractère. Histoire que sa réputation n'en prenne pas un trop grand coup. - Vous savez, dans la mêlée…

- Ah… Oui, parce que vous n'êtes pas du tout comme on me l'a dépeint.

- Tu m'étonnes. - confirmais-je sombrement avant de me mordre la langue, mortifiée par mon impair. Il faut que je m'en aille avant que je ne commette d'autres bourdes qui achèvent d'assassiner l'image de guerrier sanguinaire soigneusement entretenue par l'avant-dernier Uchiha.

Je profitais de la stupeur générale pour m'éclipser sans ajouter un mot de plus. Ce que ça va être dur de tenir ma langue pour rester fidèle à sa réputation de taiseux ! J'ai besoin de m'exprimer moi, de montrer que je suis, de donner mon opinion, lui il n'a même pas besoin d'ouvrir la bouche pour qu'on prenne en compte ses réactions, mais moi, j'ai besoin de donner de la voix ! Franchement… Comme si ce n'était déjà pas assez d'avoir son corps, il faut en plus que je m'adapte à sa personnalité.

Oh et avec tout ça, je me suis perdue à nouveau ! Je commence vraiment à en avoir assez de cette mission, rien ne s'est passé comme prévu, je me retrouve avec une montage de problèmes supplémentaires là où tout devait se résoudre simplement. Finalement, la mort de Yasuko n'aura servi à rien d'autre qu'à me passer les nerfs et c'est peut-être la pire des choses à réaliser. Je me suis conduite comme… comme une ninja. Je suis finalement devenue comme les criminels qui m'ont enlevée. J'ai pris d'assaut un château pour accomplir une vendetta personnelle en me moquant totalement des conséquences de mes actes, trop focalisée sur ma propre souffrance et ma colère pour réfléchir correctement. Je me sens mal…

Je décidais de m'accorder un court instant de répit au milieu de toute cette pagaille et me laissais glisser lentement contre un mur, terminant presque prostrée. Je savais bien que ce n'était pas le moment de craquer, que les autres m'attendaient, que j'avais un « discours » à prononcer, que j'avais une situation autrement plus préoccupante à gérer, mais là, juste pour quelques secondes, j'avais juste besoin de reprendre mon souffle. Je fermais les yeux et comptais jusqu'à trois entre chaque respiration, toujours aussi perturbée par la puissance du corps que j'occupais. Je sentais les muscles de mes épaules rouler, les mèches de cheveux effleurer la peau de mon front, les muscles de mes jambes se détendre… Tout était si différent de mon corps et pourtant si semblable ! Le poids était différent, mais les connexions nerveuses étaient les mêmes. C'était comme changer d'outil, ou plutôt d'arme dans le cas d'Itachi, après s'être habitué des années à manier le précédent.

J'ouvris à nouveau les yeux et levais une main. Elle m'obéissait. Je levais l'autre et les observais toutes les deux, notant les quelques minuscules cicatrices blanches, les veines apparentes, la finesse de ses doigts. Je ne m'étais jamais rendue compte que Itachi était si… viril malgré sa grâce naturelle. Je le sous-estimais. Maintenant que je sentais tout son corps, je ne pouvais que me rendre à l'évidence : cet homme était une montagne de muscles, plus fins et secs que Kisame, mais bien présents. Contrairement à mon corps, il n'y avait rien de doux, pas de gras, pas de superflu. Un corps de combattant sur-entraîné. J'eus subitement honte de mon propre corps : quel changement ça doit être pour lui, et pas le meilleur ! Il doit se sentir horriblement vulnérable, et encore, au moins nous faisons la même taille, il n'a pas à supporter de devoir lever la tête plus que d'habitude pour échanger avec les autres !

Quelle horrible erreur nous avons commise… Je ne sais vraiment pas commet nous allons faire pour arranger ça. Je poussais un long soupir puis décidais que mon moment d'apitoiement avait suffisamment duré. Il est grand temps de quitter les lieux pour que nous puissions nous concentrer entièrement sur cet énième problème, qui concerne tout l'Akatsuki.

Je me relevais et décidais de chercher le chakra de mes compagnons, chose à laquelle j'aurais dû penser dès le début. Je ne trouvais que celui de Tadao, qui devait estimer ne pas être assez recherché pour se le permettre. Cet homme est un cadeau au milieu de tout ce chaos. Je suivais donc sa trace et me réjouis de tous les retrouver sur les remparts, trottinant pour les rejoindre. Je me fis immédiatement fusiller du regard par mon propre corps, ce qui est plus dérangeant qu'on ne le pense. J'ai toujours eu des yeux aussi… intenses ?

- Enfin ! - m'accueillit Zetsu, un sourire moqueur aux lèvres. - J'espère que tu n'as pas avancé comme ça dans le château, c'est vraiment… complètement hors-caractère pour notre sombre ami.

- C'est ridicule et humiliant. - trancha Itachi en s'approchant de moi, clairement mécontent. Bon d'accord, carrément en colère. Mon visage est bien plus expressif que le sien, j'ai l'impression que ça décuple ses émotions. - J'espère vraiment que tu n'as croisé personne.

- Heu… Si ? Mais j'ai fait bonne impression. - me justifiais-je aussitôt, tentant un sourire. Le reste du groupe se figea en me dévisageant. Kisame semblait le plus perturbé de tous, son regard naviguant de moi à Itachi, ou du corps d'Itachi au mien, sans parvenir à cacher son inquiétude.

- Vous avez intérêt à échanger de nouveau vos corps le plus rapidement possible. - conclut pour tous Zetsu sur un ton lugubre.

- On fera ce qu'on pourra ok ? Pour le moment, on se concentre sur notre départ de ce château de merde. Itachi, tu vas devoir être mon porte-parole, on ne va pas perdre de temps à expliquer la situation aux gens.

- Je n'aurais donc qu'à dire une suite de bêtises sans lien direct entre elles et conclure sur une parole rassurante. Simplissime.

- Je rêve ou tu viens ouvertement de te foutre de moi ?

- Et qu'est-ce que tu comptes faire ?

J'en restais sans voix, la bouche grande ouverte. Itachi qui se moque devant tout le monde ! Ça ne lui va vraiment pas de changer de corps, ça lui a retourné la tête ! Ou alors c'est que je suis tellement sarcastique que mon propre corps influence le détenteur par habitude ? Ce serait mon réflexe de ninja ? Je haussais les sourcils devant son attitude et fermais la bouche, me contentant de le juger du regard. Kisame poussa alors une exclamation qui nous surprit tous.

- Parfait ! Surtout, ne bougez plus, gardez ces expressions, on a enfin l'impression que vous êtes dans les bons corps, c'est parfait ! Suzuki, laisse Itachi s'occuper du discours, il maîtrise ce genre de choses à la perfection. Itachi, évite juste d'être trop long, on a d'autres choses à gérer, tu t'en doutes.

- Je sais. Qu'on en finisse. - déclara mon corps en levant les yeux au ciel, vivante image de l'agacement. Je suivis le mouvement qu'il avait amorcé et nous nous retrouvâmes tous à observer de haut ce qui restait du régiment censé défendre les lieux. Ils y étaient allés fort… Les rangs étaient clairsemés. La gorge sèche, j'attendis qu'Itachi prononce à ma place une explication pour la défaite que nous venions de leur infliger.

Quand ma propre voix résonna dans le silence, je me sentis mal. Me voir m'exprimer de façon martiale, droite et fière, alors que je justifiais des meurtres me rendait malade, j'avais la tête qui tournait et ma vision qui se troublait.

- Soldats ! Votre château a été attaqué, vous avez subi de lourdes pertes, vous ignorez le sort qui sera réservé aux survivants. Rassurez-vous ! Notre devoir ici a été rempli. Nous allons quitter les lieux et vous laisser reprendre le cours de votre vie. Nous ne ferons aucun mal aux survivants.

D'ailleurs, en parlant de vision… Est-ce normal d'avoir autant de peine à distinguer les traits des personnes en contrebas ? Ils sont tous flous… Et Zetsu, qui n'est pourtant qu'à quelques pas de moi, est également flou. Je sais qu'il regarde mon corps, mais je dois plisser des yeux si je veux distinguer ses traits. J'ai toujours vu aussi peu ? Je n'avais pas cette impression…

- Quel était notre devoir ? Celui d'éliminer un assassin que vous hébergiez en votre sein depuis des années. Yasuko Yasaemon a tué mon frère. Je l'ai vengé.

Et maintenant que je me concentre là-dessus… Les hommes sont tous plus près de mon corps que du corps d'Itachi. Vraiment près. Je distingue Tadao qui semble prêt à poser sa main sur mon épaule au moindre signe de faiblesse, Kisame l'observe attentivement, Fuhito se tient à l'arrière et Zetsu le surveille entre deux regards vers moi.

- Nous avons appris qu'elle avait usé de sa pupille sur vos maîtres. Les voilà libérés de l'emprise qu'elle exerçait sur eux. J'ai accompli ma vengeance, vous êtes débarrassé d'elle. Nous partons en vous offrant la liberté.

Un silence de mort pesait sur la foule. Pas de vivas pour saluer cette déclaration romanesque… J'ignorais Itachi si bon orateur. Tous les yeux étaient posés sur mon corps, qui se tenait droit et fier, le menton relevé, les yeux… Oh, je n'arrive même pas à distinguer l'expression qu'arbore mon corps à ce moment si étrange ! Je me sentis vaciller et ce mouvement attira l'attention de Zetsu puis de Kisame.

- Zetsu… Je ne me sens pas bien je crois… - murmurais-je d'une voix blanche. Tout mon corps tremblait. Des gouttes de sueur perlaient à mon front. En plissant les yeux, j'aperçus Tadao poser sa main dans mon- dans son dos, comme pour la soutenir discrètement. Le contre-coup ne m'était pas réservé.

L'homme bicolore posa sa main derrière mon omoplate, prêt à me rattraper au cas où mes jambes failliraient à leur tâche, les sourcils froncés, attendant que je m'explique. L'ennui, c'est que je n'avais rien à expliquer : je me sentais fébrile, j'avais horriblement chaud, comme si un brasier intérieur venait de démarrer. J'avais l'impression d'étouffer dans ma propre peau.

- Je suis Suzuki Yasaemon. Voilà la seule chose que vous devez connaître à mon sujet. - continua bravement Itachi en usant ma voix. J'ignorais s'il se laissait aller contre Tadao pour profiter de son soutien. - Ne cherchez pas à nous suivre, ne cherchez pas à nous retrouver. Adieu.

Ce mot agit comme un signal. Aussitôt, le traditionnel nuage indiquant l'utilisation du ninpo de transmutation apparut, nous dissimulant aux yeux de la foule. Je fermais les miens et plaquais une main contre ma bouche durant le transport. La sensation d'apesanteur qui l'accompagnait était affreuse alors que je me sentais déjà souffrante. Lorsque mes pieds trouvèrent de nouveau appui sur le sol, je ne pus que remercier silencieusement Zetsu de se tenir prêt à me rattraper au moindre signe de faiblesse alors que je manquais de m'écrouler.

L'exclamation inquiète de Tadao m'indiqua qu'Itachi traversait les mêmes affres que moi. Je grimaçais de douleur en m'appuyant sans vergogne sur Zetsu pour me tenir debout. Hors de question que je m'écroule comme ça ! Je dois comprendre… Je dois savoir ! La douleur est omniprésente, j'ai l'impression que des charbons brûlants se trouvent sous ma peau et mes pensées tournent au ralenti. C'est à vouloir s'ouvrir la peau pour s'en débarrasser. J'entends vaguement les hommes autours de moi nous poser des questions et se concerter entre eux. Je dois me rapprocher de mon corps, demander à Itachi s'il ressent la même chose que moi. Et je ne vois rien !

J'obligeais Zetsu à m'emboîter le pas alors que je me dirigeais vers les reflets rouges que j'aperçois, estimant qu'il devait s'agir de mes cheveux. Ce fut seulement à deux mètres de lui que je pus finalement apercevoir mon corps et mes traits correctement. Itachi devrait s'inquiéter de porter des lentilles plutôt que de se dessiner des traits sur la figure ! Je le saisissais par les épaules et voilà que nous nous raccrochions l'un à l'autre pour ne pas tomber. Quel attendrissant spectacle nous offrions.

- Toi aussi… Tu as mal ? - lui demandais difficilement entre deux halètements, la gorge sèche. Il hocha la tête. Je le sens frissonner violemment. Sa peau sous mes mains était glacée. J'en restais perplexe quelques secondes : pourquoi avait-il des symptômes différents des miens ? - Tu as froid ?

- Horriblement… Horriblement froid… Et toi tu es brûlante de fièvre…

- Tu penses que… nos corps nous rejettent ? Enfin, je veux dire… Nos chakras ne sont pas compatibles ? Les Uchiha maitrisent le feu, les Yasaemon l'eau… Tu crois que-

- Je ne sais pas, je veux juste que ça s'arrête !

Il y eut un tel accent de désespoir dans sa voix que tout le monde autour de nous se figea, leur inquiétude presque palpable. Zetsu nous oblige à nous asseoir et pose une main sur mon front, l'autre sur celui d'Itachi. Ou l'inverse. Je ne sais déjà plus. Je me laissais aller contre sa main, l'esprit de plus en plus perdu dans une impression cotonneuse. Je portais ensuite des yeux distraits sur les gens qui nous entourent. Je me sentais vaseuse et j'avais toujours aussi chaud.

-Il faut toujours que vous nous foutiez dans la merde. Itachi, tu- Zetsu poussa un grognement de frustration lorsque nous relevâmes tous les deux la tête pour répondre à ce prénom. Et oui, les choses ne sont simples pour personne. - Le vrai Itachi. Oh et puis peu importe, l'un de vous deux peut-il activer sa pupille ? Si vous retentez votre échange dans le sens inverse, on parviendra peut-être à s'en sortir.

C'était une bonne idée. Je fronçais les sourcils et fixais un point loin devant moi. J'essayais de ressentir de la colère, de la rancœur, puis de tout simplement laisser l'inquiétude s'emparer de moi. Rien n'y fit. Et en face de moi, Itachi n'eut pas plus de succès. Nous échangeâmes un regard paniqué. Si nous n'arrivions même plus à activer nos pupilles respectives… Comment allions-nous nous sortir de cette situation ? Pire, quel intérêt aurions-nous pour l'Akatsuki ? Comment réussir à vivre dans le corps de l'autre avec ses responsabilités respectives concernant l'avenir de son clan ?

Et là, comble de l'horreur, je me vis fondre en larmes. De vrais sanglots secouaient mon corps alors qu'il se recroquevillait sur lui-même, comme s'il voulait disparaître en rapetissant encore et encore, jusqu'à devenir trop petit pour être distinguable à l'œil nu. Je ne m'étais jamais vue aussi petite et fragile. Passée la surprise initiale de me voir pleurer toutes les larmes de mon corps sans l'aide d'un miroir, une révélation s'imposa à moi.

Itachi goûtait devant nous tous la joie des hormones féminines.

Ses sanglots résonnaient dans le silence perplexe de l'assistance. Je tendis doucement une main vers mon corps et caressais gentiment… mes cheveux ? Ses cheveux ? Qu'importe. Zetsu suivit mon exemple et posa sa main dans son dos, le tapotant doucement. Il poussa même le vice jusqu'à lui murmurer des paroles réconfortantes tout en m'adressant un regard perdu et vaguement inquiet.

- Allons… Itachi, on va t'aider, rassure-toi. Ce n'est que passager, j'en suis sûr. Et les gars aussi. Hein les gars ?

Un concert d'accords suivit sa question alors que chacun regardait n'importe quoi, sauf mon corps en train de pleurer alors qu'Itachi était au manœuvre. Je levais les yeux au ciel, serrais les dents puis me rapprochais de lui pour le prendre dans mes bras. Nous restâmes ainsi quelques secondes.

A mesure que le temps passait, je me sentais mieux. Le fait de tenir son corps froid contre le mien m'apaisait. Lui aussi, à en juger par ses tremblements qui s'espaçaient peu à peu. Je recommençais à respirer normalement.

- Est-ce que tu te sens mieux ? - lui demandais-je doucement en continuant à caresser ses cheveux. Tant pis pour le spectacle que nous offrions.

- Je déteste ce que tu m'obliges à vivre. - me répondit-il en retour en cachant son visage dans le creux de mon épaule. La sensation était étrange. Un visage mouillé de larmes dans votre cou, ça chatouille, sans parler de tous les cheveux.

-Crois-moi, si j'avais pu nous épargner cela, je l'aurais fait avec joie. Ça va encore, c'est normal de pleurer. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai pleuré devant vous, ils sont habitués.

- Là c'est moi !

- Et alors ? Ce sont mes larmes quand même.

- Si je peux me permettre… - intervint alors Tadao après s'être raclé la gorge pour attirer notre attention à tous- Itachi-san, vous n'avez pas à vous sentir humilié par les réactions du corps de Suzuki. Chaque être réagit d'une manière qui lui est propre, il y a des réactions qui sont ancrées dans l'ADN. Des gens pleurent plus facilement que d'autres, ont le visage plus souriant, des muscles plus ou moins réactifs… Suzuki, même si je ne l'ai pas connue vraiment, a toujours eu la larme facile.

Je levais la tête, les lèvres pincées. Merci de rappeler cela maintenant à des ninjas renégats de rang S avec qui je passe mes journées et qui sont déjà persuadés que je suis le maillon faible de la bande. C'était vraiment ce qui me manquait.

Les pleurs d'Itachi se calmèrent doucement alors que les hommes acquiesçaient et citaient chacun les fois où ils m'avaient vue pleurer. Génial. Parce que lorsque je vis une situation difficile, j'adore qu'en plus on se fiche de moi ouvertement. C'est vraiment un plaisir, je passe un excellent moment ?

Voyons, j'ai perdu mon frère hier, j'ai abandonné tout espoir de revenir un jour à la vie civile, j'ai menacé mon cousin, la seule « famille » qui me reste puisque j'ai tué de mes mains ma sœur et j'ai accidentellement échangé de corps avec le trop célèbre Itachi Uchiha en cherchant justement à assassiner ma-dite cousine.

On peut parler de journée bien remplie.

Oh ! Et je tiens en plus le dit Itachi Uchiha, modèle de stoïcisme s'il en est, en larmes dans mes bras, devant des témoins qui ne nous laisseront jamais oublier ce moment absurde de notre vie. Accrochez-vous !

- Bon, ça va bien maintenant ! Rendez-vous utile, montez le campement ou prévenez le reste de la troupe !

Mon exclamation les prit de court et un mouvement de flottement la suivit. Même moi, je m'étais surprise en m'entendant élever la voix. Parler normalement n'allait pas du tout au timbre de voix d'Itachi. Je me raclais la gorge, embarrassé.

- Ne m'obliger pas à me répéter.

- Au moins, c'est que tu te sens mieux si tu trouves la force de nous donner des ordres. - s'amusa Kisame, dissipant ainsi l'atmosphère pesante qui s'était installée dans le groupe. - N'ayant ni pupille, ni connaissances nécessaires pour résoudre ce cas de figure, je m'occupe du campement.

- Je vais vous aider Kisame-san.

- Ah Fuhito, tu tombes bien bonhomme, je voulais justement te causer. Tu sais, c'est impressionnant que tu m'aies maintenu immobile aussi longtemps malgré ton gabarit, tu nous as caché quelques petites choses !

Kisame s'éloigna avec mon cousin en continuant sur sa lancée, l'air de rien. Je le connaissais maintenant suffisamment pour savoir ce qu'il faisait. Il offrait uns distraction bien nécessaire au garçon, dont les nerfs avaient été rudement mis à l'épreuve entre hier et aujourd'hui. Je

Je ne suis pas la seule à passer une journée de merde.

Tadao et Zetsu échangèrent un regard et inversèrent leur position. Le premier vint s'asseoir en tailleur près de nous pendant que le second se relevait, déclarant qu'il allait informer de la situation les personnes concernées, soit Pein et Konan. Et peut-être Sasori aussi, en tant que puits de sciences officieux de l'organisation. Restés tous les trois, je me raclais une nouvelle fois la gorge pour maquer ma gêne. Je ne comprends pas d'où vient ce nouveau tic, je ne fais jamais ça habituellement. Ce n'est vraiment pas quelque chose qui- oh. Merci Itachi.

- Et maintenant ? - demandais-je sans regarder personne, ne sachant pas trop si je m'adressais à eux ou à une conscience omnisciente.

- Reposons-nous. Nous avons tous été secoués par les récents événement. Laissons la tension retomber, nous avons tout le temps de réfléchir à la suite des opérations plus tard. - me répondit gentiment Tadao. Enfin. Je présumais qu'il s'adressait à moi, même s'il regardait la mauvaise personne. Ce changement de corps est compliqué pour tout le monde : Itachi va comprendre ce que c'est, les échanges humains. Pour un peu, je le plaindrai presque : ça va le changer violemment. - Pour l'instant, réjouissons-nous d'avoir des problèmes à résoudre : cela signifie que nous sommes toujours en vie.

Nous acquiesçâmes tous les deux, le dépit et l'inquiétude lisibles sur nos visages respectifs.

Pourvu que nous ne soyons pas contraints à réfléchir à ces problèmes pour le restant de nos jours…

Vous n'y croyez plus ? Eh bien moi non plus ! Je vous épargnerais les énièmes excuses et explications sur cette longue absence, à ce stade, ça ne se justifie plus. Je tiens néanmoins à terminer cette histoire, quand bien même vous n'êtes certainement plus très nombreux à la lire. 2020 est l'année où je termine enfin des projets qui traînent depuis trop longtemps. La suite est prête, elle attend gentiment. Je posterai toutes les semaines jusqu'à ce que le mot « FIN » décore le dernier chapitre. Peut-être même aurais-je la patience de réécrire les premiers chapitres, qui datent maintenant.

Merci pour votre patience, merci pour vos retours et merci de lire cette histoire.