Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Avertissement : cette histoire est la suite directe du Temps des gardiens.
Petit mot à l'intention de Suu-Kkuni : Merci pour les vœux et le message, cela m'a fait grand plaisir de lire tes mots, comme chaque fois. Bonne année à toi aussi, que 2020 te soit propice.
Le temps du renouveau
Chapitre 27
An 2012
Héraclès rejoignit ensuite Kadaj et le considéra pensivement.
- Ainsi, voici le roi des ailés... je dois dire que je m'attendais à quelqu'un de plus... impressionnant. Mais visiblement le destin a parfois des caprices étonnants. Ceci dit, peut être que vos ailes ne sont qu'un hasard, ou la preuve que les souverains de naissance ne sont plus qu'un souvenir du passé.
Kadaj le regarda avec froideur, conscient que les mots étaient pure provocation et refusant d'y céder. Silencieux il attendit la suite. Si le trublion n'était venu que pour le provoquer, il en serait pour ses frais cette fois, et repartirait sans doute sans tarder, et s'il avait d'autres motivations, il finirait par le dire.
Devant son manque de réactions, Héraclès fit la moue.
- Je vous croyais plus réactif que cela... maugréa t'il.
Un sourire moqueur se dessina sur les lèvres de Kadaj.
- Je ne suis plus si impulsif, et nullement désolé de vous décevoir.
- Je n'ai aucun doute à ce sujet. Rétorqua Héraclès, mais si vous voulez vraiment être un roi digne de ce nom, il faut faire plus que ramener quelques emplumés à la vie.
Kadaj étrécit les yeux en un mince fente. Ils y étaient, Héraclès commençait à dévoiler son jeu, s'il était venu, c'était visiblement pour obtenir quelque chose de lui, restait à découvrir de quoi il était question.
- Et que ferait donc un roi digne de ce nom d'après vous ? Questionna t'il avec ironie. S'il s'agit d'épreuves comme les vôtres, je passe mon tour, je ne crois pas que ceux dont je suis le roi par naissance attendent de moi que je me livre à quelque chose du genre.
Héraclès se renfrogna, même s'il s'était passé beaucoup de temps depuis l'époque où il s'était plié aux épreuves en question, il n'aimait pas entendre qui que ce soit s'en moquer. Surtout pas un gosse qui n'avait pas encore dépassé la vingtaine.
- Je me garderai bien de vous imposer des épreuves comme celles dont j'ai triomphé, répondit il avec dédain, vous n'êtes pas assez solide, et encore moins assez costaud pour y résister. Le but est de vous tester, pas de vous tuer.
Kadaj haussa les épaules avec dédain.
- Si vous le dites... bien, puisque visiblement, je ne vais pas passer d'épreuves, pourquoi ne pas aller trouver quelqu'un d'autre à ennuyer ? Je ne suis peut être pas un roi digne de ce nom, et franchement vu que je n'ai pas demandé à l'être, cela m'est bien égal, mais je fais mon possible pour être un bon père et il se trouve que mes fils ne vont pas tarder à s'éveiller.
- Vos fils... ah oui, ceux qui vont grandir avec pour exemple un homme qui se dérobe devant l'effort en se cachant derrière de l'ironie. Vous avez une curieuse façon de leur donner l'exemple. De quoi pourront ils être fiers lorsqu'ils seront en âge de comprendre ce qu'il en est ? Du mal que vous avez fait à vos frères ? De votre participation aux desseins mauvais d'une entité maléfique ?
Kadaj se raidit et lui lança un regard bien plus glacial que le précédent.
- Je crois que mes fils sauront faire la part des choses concernant mon passé. Cela n'est visiblement pas donné à tout le monde. Laissa t'il tomber avec dédain.
- Non, en effet, mais qui pèsera le plus dans la balance ? L'avis de vos enfants ou celui de ceux qui ne considéreront que vos crimes. Si vous prouvez que vous êtes vraiment un roi digne de ce nom, vous devez accomplir une action d'éclat qui marquera les esprits.
- Et ramener à la vie les membres du peuple dont je suis le roi n'est pas une action assez éclatante ? Je me demande ce qu'il vous faut. Si vous disiez franchement ce que vous voulez ? Je ne suis peut être pas aussi âgé que vous, mais je ne suis pas stupide pour autant. Je vous vois venir depuis le début, et je commence à me lasser de ce petit jeu. Vous avez une idée en tête, crachez la et j'aviserai.
Héraclès le regarda sans se troubler.
- J'en ai une en effet. Vous pourriez secourir un Dieu.
- Tiens donc ? Et quel Dieu est assez misérable pour avoir besoin de l'aide d'un être tel que moi ?
- Le fils d'Apollon, qui d'autre ?
Kadaj haussa les sourcils.
- Le fils d'Apollon, celui qui a été embarqué par Reno Sinclair ? Je ne vois pas en quoi je pourrai lui venir en aide. Les autres Dieux n'ont rien pu faire pour lui ?
Cette fois le regard d'Héraclès trahit sa rage, il se détourna quelques secondes.
- Les autres Dieux ? Ils n'en avaient que faire qu'il soit aveugle et que son jumeau ait perdu l'usage de la parole. S'ils s'étaient souciés d'eux, ils les auraient réunis au lieu de les garder loin l'un de l'autre.
L'affirmation figea Kadaj de surprise.
- Je vous demande pardon ? Le jumeau n'est pas mort ? Je croyais qu'il avait été étouffé par l'or fondu autour de sa gorge.
- Il n'en est rien, c'est ce qu'on a affirmé à Hyphidorus pour qu'il se résigne à ne pas le revoir. Apollodorus est bien vivant et croit que son jumeau est décédé lui aussi.
Kadaj croisa les bras sur sa poitrine.
- Donc, vous savez où se trouve le jumeau ?
- Oui.
- Très bien, alors voici ce que vous allez faire : vous allez le chercher. Je soignerai les deux ou je n'en soignerai aucun.
- Pourquoi cela ? Vous ne les connaissez pas.
- Je ne connais pas plus la plupart de ceux que je ramène à la vie, et pourtant, je le fais. C'est ce que font les rois, quels qu'ils soient.
Héraclès réprima un sourire, en vérité, pour autant qu'il s'en souvienne, les rois qu'il avait eu l'occasion de rencontrer n'agissaient pas ainsi. Certains étaient même loin de se soucier de qui que ce soit d'autre qu'eux et leurs intérêts.
- C'est comme si c'était fait. Mais une fois qu'ils seront réunis il va vous falloir assurer, comme l'on dit de nos jours.
Il s'évapora sans attendre de réponse.
Kadaj secoua la tête et laissa échapper un soupir. Il n'était pas surpris de la disparition d'Héraclès. Il s'était attendu à quelque chose de ce genre. L'autre avait obtenu ce qu'il voulait, il n'avait plus de raisons de rester. Il espérait cependant qu'il allait faire ce qu'il était censé faire. Qu'il ramènerait l'autre jumeau. Il faudrait également retrouver celui embarqué par Reno Sinclair.
Soren le rejoignit, ayant préféré le laisser gérer Héraclès seul. Il enlaça doucement Kadaj et déposa un baiser sur sa tempe.
- Tout s'est passé comme tu le pensais ? Demanda t'il.
Kadaj hocha la tête, un sourire satisfait sur les lèvres.
- Oui, il a joué toutes ses cartes, comme cela était prévisible, avant de finalement dire ce qu'il attendait de moi.
- Et tu as accepté ? Sourit Soren.
- Bien sur, si j'avais refusé il m'aurait fait une vie impossible. Plus vite je lui aurai donné ce qu'il espère, plus vite nous en serons débarrassés.
- Tout va bien dans ce cas.
- On peut dire cela, mais je suis tout de même un peu déçu, je m'attendais à autre chose de sa part. Quelque chose de vraiment pénible, qui soit destiné à satisfaire son ego, que j'aurai pu refuser, au lieu de cela je vais devoir soigner ces deux hommes.
- Je croyais que tu t'attendais à ce qu'il te le demande.
- C'était l'une des éventualités que j'avais envisagé, mais en même temps j'espérais que ce serait autre chose qu'il demanderait. Je n'ai pas envie de l'apprécier.
- Tu n'es pas obligé à cela.
- Non, en effet, mais cela aurait tout de même été plus facile de ne pas l'apprécier s'il avait choisi autre chose.
Soren laissa échapper un léger rire et l'embrassa à nouveau. Puis il le regarda, le visage sérieux.
- Tu es certain que cela ira ? Tu as dépensé pas mal d'énergie pour ramener ceux de ton peuple.
- Ne t'en fais pas, je ne crois pas que cette action me demande autant de force que participer à leur retour, je vais seulement modifier de la matière, pas en créer. Affirma Kadaj d'un ton qui se voulait léger.
Soren le considéra sans dire mot, ne voulant pas le contredire, mais tout de même un peu inquiet pour lui. Au cours des derniers jours il l'avait vu aller jusqu'au bout de ses forces pour les ailés, il redoutait qu'il ne se soit pas assez reposé pour secourir les deux hommes à la fois. Il aurait préféré l'entendre dire qu'il en soignerait un, et ensuite l'autre, mais la fierté de Kadaj, avait été, une fois de plus, plus forte que son côté raisonnable.
Il entraîna fermement son compagnon en direction d'une chambre, non pas celle qui leur avait été attribuée, mais une autre encore libre, où personne ne viendrait le déranger.
Kadaj sourit et le regarda avec malice, tout en désignant le lit d'un geste de la main.
- Pressé de faire un nouveau tour dans les draps avec moi ?
Soren sourit, secoua la tête en signe de négation, et le poussa en direction de la couche.
- Pas cette fois, je ne veux que te regarder dormir. Ne t'en fais pas pour les enfants, Sand veille sur eux.
- Sand ? Je crois que je vais m'en faire deux fois plus après une telle information. Répliqua Kadaj en s'étendant pourtant sur le lit.
Soren s'assit à ses côtés et lui caressa les cheveux. Il savait aussi bien que Kadaj qu'il ne s'agissait là que d'une plaisanterie. Même s'ils ne s'entendaient pas vraiment, son compagnon et son ami se respectaient de plus en plus. Kadaj ne doutait pas du dragon de la terre, il savait qu'il ne ferait jamais de mal à leurs enfants, et qu'il ne laisserait personne leur en faire.
Kadaj ferma enfin les yeux et se laissa sombrer dans le sommeil, plus fatigué qu'il ne voulait bien l'admettre.
Soren resta auprès de lui, veillant sur son repos. Remarquant les marques trahissant sa fatigue et son inquiétude. Même si pour l'heure, le retour des ailés se passait assez bien, à plusieurs reprises ils avaient été à deux doigts d'en voir disparaître, et il avait fallu l'entêtement de Kadaj et sa forte implication, pour que cela ne soit pas le cas.
Telfer se matérialisa à ses côtés, Soren se tourna vers lui, pour déterminer ce qui l'amenait. Le visage du précédent roi était fermé, son regard sombre.
"Ne troublez pas son repos." ordonna Soren.
"Je n'en ai pas l'intention. Vous n'êtes pas seul à vous soucier de lui." répondit Telfer avec un peu d'agacement.
Soren préféra ne pas faire de commentaires, même si son regard indiquait clairement qu'il n'était pas vraiment convaincu.
Telfer se détourna avec humeur, quelque peu blessé par la méfiance du dragon. Même s'il s'était parfois montré un peu dur envers Kadaj, il n'en était pas moins attaché au jeune homme et reconnaissait sa valeur, ce n'était pas parce qu'il se gardait de le complimenter qu'il n'appréciait pas ses efforts.
"Vous ne devriez pas avoir le jugement aussi prompt." grogna t'il.
Soren haussa les épaules et soutint son regard lorsqu'il se tourna à nouveau vers lui.
"Je suis son compagnon, je suis l'un de ses dragons, mais vous, qu'êtes vous exactement pour lui ? Ne me répondez pas son modèle, même s'il a cherché cela en vous, nous savons tous les deux que ce n'était pas votre intention. Vous n'avez accepté que pour complaire à celui que vous aimiez, s'il n'avait pas été présent, ou si le sort de Kadaj lui était indifférent, vous n'auriez pas hésité à refuser tout net."
Telfer se fit plus sombre encore. Il ne pouvait totalement nier, mais cela le mettait tout de même en rage que le dragon se permette de tels commentaires, après avoir malmené Kadaj lui aussi au temps de leur rencontre.
"Il me semble pourtant que lorsque vous avez été admis en sa présence, vous ne vous êtes pas conduit de façon amicale envers lui... vous targuer d'être à présent son compagnon efface t'il donc ces instants ?" questionna t'il avec ironie.
Soren tressaillit, durement touché par la question. Il cilla nerveusement, puis baissa la tête avec honte.
"Je regrette de m'être comporté de la sorte, et il m'a pardonné depuis..."
"Alors qu'il m'en veut toujours ? Je ne crois pas. J'ai plus l'impression que c'est vous qui m'en voulez toujours et je ne trouve pas cela très correct de votre part."
Ils restèrent un moment sans échanger plus encore, puis Telfer soupira et se passa une main sur le visage.
"Tout cela est ridicule...c'est du passé. Nous ferions mieux de nous tourner vers l'avenir, le sien surtout... il risque de ne pas en avoir beaucoup s'il continue à ce rythme. Même si j'apprécie de voir revenir ceux de mon espèce, je ne veux pas que cela se fasse au prix de sa vie. Il y a eu bien assez de victimes."
Soren était pleinement d'accord avec lui sur ce point. Jenova avait fait bien assez de morts, causé bien trop de dégâts, il n'était pas envisageable que même disparue elle puisse encore en faire d'avantage.
"Que proposez vous ?" Questionna t'il d'un ton plus calme.
Telfer observa longuement le visage fatigué de Kadaj avant de répondre. Il y avait des choses que seul le jeune homme pouvait accomplir, mais il n'était pas pour autant obligé de le faire seul. Il pouvait faire appel à d'autres pour le soutenir et l'aider dans ces efforts considérables.
"Je crois qu'il serait bon que ceux qu'il a déjà secouru lui rendent la politesse. Plusieurs sont désormais assez rétablis pour cela, et si cela ne suffit pas, alors nous devons trouver d'autres gens en mesure de lui fournir un peu plus d'énergie."
Il se mordilla les lèvres.
"Pas seulement pour faire revenir les derniers d'entre nous, mais aussi pour ces deux frères victimes d'un malheureux accident. Je ne les connais pas, mais je partage l'avis de Kadaj. Ils méritent d'être secourus eux aussi." ajouta t'il.
Pendant qu'ils discutaient, Kadaj se retrouvait dans une étrange caverne, Lucrecia s'approcha de lui, le visage empreint d'inquiétude.
Kadaj la regarda avec un peu de froideur, même s'il voulait bien admettre qu'ils lui devaient la vie, ses frères et lui, il ne parvenait pas à cesser de lui tenir rigueur de ce qui, à ses yeux, s'apparentait à une forme d'abandon. Même si elle avait été contaminée par Jenova, qu'elle affirmait avoir voulu agir pour préserver, il n'était pas totalement convaincu. Il y avait forcément une autre solution, qui ne nécessitait pas d'abandonner ses enfants. Elle avait même abandonné Sephiroth, alors qu'elle n'était pas aussi atteinte que lorsqu'elle avait décidé de les faire naître.
- Je ne voulais pas vous abandonner, je n'avais pas d'autre choix Kadaj. Soupira Lucrecia qui n'était pas venue pour débattre de cela, mais pour une autre raison.
- J'ai bien entendu vos explications, il n'empêche que je trouve que vous ne vous êtes pas tellement battue. Répliqua Kadaj. Vous avez baissé les bras, laissé Sephiroth aux mains d'Hojo, et vous avez fait la même chose pour nous plus tard. Ce n'est pas cela être une mère. Soren n'abandonnerait nos enfants pour rien au monde. Je sais qu'il se battra pour eux jusqu'à la dernière seconde.
- Je n'en doute pas. Je n'ai hélas pas la force mentale d'un dragon. Murmura Lucrecia.
Kadaj ricana et croisa les bras.
- Vous vouliez me parler ? Demanda t'il afin de mettre un terme à cette rencontre le plus rapidement possible.
Lucrecia hocha la tête, s'éloignant de lui, elle se dirigea vers un ensemble de cristaux qui se trouvaient un peu plus loin.
- Je ne veux pas que tu t'épuise. Dit elle doucement en posant la main sur l'un des cristaux. Pas quand j'ai ici de quoi t'aider à agir sans pour autant mettre ta vie en danger. Ces cristaux sont chargés d'une énergie énorme, en puisant en eux, tu pourrais...
Le regard de Kadaj flamboya de rage. Décroisant les bras, il serra les poings.
- Vous n'apprendrez jamais de vos erreurs n'est-ce pas ? Demanda t'il avec amertume. Ce ne sont pas de simples cristaux, ils sont vivants. Ils vous ont protégé de Jenova, par leur pureté ils ont réussi à la garder en sommeil, et vous... vous, vous les remerciez en envisageant cela... comment pouvez vous leur faire insulte à ce point ?
Le visage de Lucrecia s'empourpra devant le reproche. Elle cilla nerveusement.
- Tu te trompe à mon sujet Kadaj, je sais très bien que ces cristaux sont vivants, j'ai communiqué avec eux plus d'une fois. Si je te propose leur aide, c'est qu'ils sont d'accord pour cela.
Kadaj n'était pas vraiment convaincu. Cela lui semblait quelque peu hasardeux de faire appel à des entités de ce genre. Outre le fait qu'il ressentait leur puissance, et la pureté mentionnée un peu plus tôt, il pressentait qu'ils étaient importants, pour ne pas dire indispensables à Gaïa, il redoutait de les affaiblir en puisant en eux la force qui lui manquait.
- C'est tout à ton honneur. Commenta un homme blond vêtu d'une combinaison blanche en se matérialisant à leurs côtés. Tu es plus sage que l'on le pense, Kadaj Crescent Valentine.
Kadaj se raidit, c'était la première fois que quelqu'un lui donnait autre chose qu'un prénom et même si l'inconnu s'était donné la peine de le nommer des noms de ses deux parents, il n'était pas certain d'apprécier. Lucrecia elle sursauta devant cette arrivée qu'elle n'attendait pas et qui la prenait au dépourvu. Lorsqu'elle avait attiré Kadaj, elle n'avait pas imaginé que quelqu'un puisse en profiter pour s'introduire dans ce lieu. Mais c'était pourtant ce qui venait de se produire, un inconnu, sans nul doute possible assez puissant pour cela, était venu.
L'inconnu se dirigea vers les cristaux, qui étaient visiblement la raison de sa venue. Lucrecia s'interposa, elle ne pouvait pas lui laisser les approcher, encore moins les toucher, cela était hors de question.
L'homme s'arrêta et la considéra avec un peu d'amusement.
- Vous n'avez pas à craindre que je veuille leur nuire. Je suis seulement venu voir à quel stade ils sont.
Lucrecia le considéra avec méfiance. Même s'il semblait savoir ce qu'il en était des cristaux, elle n'avait pas l'intention de lui faire confiance.
Comme s'il devinait ses craintes l'homme tourna la tête.
- Crystal ? Tu veux bien nous rejoindre ? Lança t'il.
Lucrecia et Kadaj se raidirent un peu plus, se préparant à l'arrivée d'un second intrus, mais ce fut une créature des plus incroyable qui se présenta en réponse à l'appel.
Ils n'auraient su dire s'il s'agissait d'un dragon ou d'une licorne, elle ressemblait à un dragon, mais avait un corps dépourvu d'écailles, une tête qui réunissait les caractéristiques des deux espèces et une corne délicate ornait son front. Elle semblait à la fois solide et délicate. De la taille et de la corpulence d'un cheval de guerre, elle en avait les membres solides et le poitrail développé. Son pelage, d'un blanc pur, s'harmonisait avec sa corne nacrée. Il était à la fois magnifique et inquiétant. Lucrecia recula jusqu'à être le dos contre le cristal derrière elle. Plus nerveuse et angoissée qu'elle l'aurait voulu.
- Bon sang, mais c'est quoi ça ? Grommela Kadaj.
- Je vous présente l'un de mes fils. Répondit l'homme en combinaison blanche.
- Votre fils ? Reprit Kadaj. Vous baisez n'importe quoi vous ou quoi ?
À suivre
